Disclaimer : Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, seul le scénario et les mots sont à moi.

Note de l'auteur : Celui-ci est un texte cadeau à Fluwoh, mon amie de toujours et ma première fan.

Je ne savais pas où le mettre, alors je vous l'offre ce soir... Il est très différent des autres. Plus long également... Ce n'était pas un défi.

Sinon, j'ai vachement écrit aujourd'hui, donc pleiiiin de drabbles à prévoir la semaine prochaine !

Pairing : Harry P. et Draco M.

Rated : T . Je crois.


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DU BOUT DES DOIGTS AU BORD DU COEUR

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Leur premier baiser nous rappela d'une manière cruelle le nôtre, celui que nous avions raté. T'en souviens-tu, Malefoy, de la brûlure amère de tes lèvre sur les miennes, de l'écume bouillonnante qui a rongé nos veines ?

Te souviens-tu, Malefoy, de cette sixième année où nous nous sommes perdus à tout jamais ? Te retournes-tu parfois sur l'immense gâchis que nous avons laissé derrière nous, là-bas entre les murs de pierre et les draperies de velours ?

Ils sont là nos fils, rayonnant de bonheur du haut de leur quinze ans, et ils s'aiment comme nous ne sommes jamais parvenus à nous aimer. Ils s'embrassent sur le quai de cette gare, pour la dernière fois de l'année, et ils s'en foutent, eux, des gens qui regardent et des qu'en-dira-t-on qui suivront.

Et nous, nous sommes là, les bras ballants et l'air prodigieusement con, avec nos rides au coin des yeux et nos regrets écrasés dans un coin du cerveau. Ils s'en fichent de nous, tu vois. Qu'on soit présent, qu'on assiste à tout ça, ils se moquent des querelles éculées et du poids du passé. Ils ont quinze ans et ils veulent vivre, en vol plané sans parachute, ivres morts d'amour et d'insolence, pendant que nous on se dessèche, disloqués au sol depuis trop longtemps, la gorge sèche et avide de passion.

Je te regarde et je sais que tu les vois toi aussi, depuis l'autre côté du quai. Mon regard accroche ta silhouette déjà usée par le poids du temps et sous tes cheveux blonds, je vois tes yeux trop gris, rongés par des ombres qui me hurlent que tu penses à la même chose que moi.

Il n'y a plus de mots, Draco, à mettre sur l'incroyable gâchis qu'on a fait de nous deux à trop vouloir se haïr, à se repousser pour ne pas subir. On s'est bousillé à ne savoir qu'en faire, à s'aimer trop et trop fort au détour d'un couloir à se frapper, à se faire mal à nous-même, du bout des doigts au bord du cœur.

On s'est saigné à blanc, brûlé à vif. On n'aurait jamais pu, je sais que tu as pensé la même chose à l'époque où tout a commencé, quand tout était si difficile, si noir, qu'on ne parvenait plus à faire un pas sans s'embourber, sans s'écrouler. Et lorsque tout a changé, après, lorsqu'il est mort et moi un peu aussi avec lui, on a cru qu'il serait trop tard et qu'on ne nous laisserait pas le choix. Je suis parti, tu t'es enfui, on nous a collé la femme parfaite entre les bras et on a su intuitivement que c'était le mieux à faire, pour nous et pour tous les autres. On a tout bien exécuté selon leurs vœux, à la perfection, avec minutie et application, pour qu'ils soient tous heureux et soulagés, et qu'on range tout le reste dans de grandes boites étiquetées en noir dans l'armoire des souvenirs.

De toi et moi, il ne reste que les bribes évaporées de ces nuits à se faire hurler dans les salles désertes, des échos de jouissance sur des bureaux poussiéreux, et autant de baisers que de cicatrices aux cœurs qu'on s'est mutuellement broyés.

Tu les vois nos fils, Draco ? Eux qui sont passés à côté des rivalités idiotes et de l'honneur cuirassé, des idéologies erronées, eux qui n'ont rien connu des atrocités qui ont ruiné notre adolescence et nos amours. On leur a laissé le choix à eux, et regarde ce qu'ils en ont fait. Un truc beau qui a l'air vrai, dans l'air brûlant de cet été, si réel que je me sens comme une envie de pleurer.

Parce qu'à cet instant, Dray, j'aimerais que ce soit toi et moi au même âge qui nous embrassons à en crever, et qu'on puisse cette fois essayer de ne pas tout faire foirer.


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C'est le moment où on sort toutes nos Kleenex, on se tombe dans les bras et on se fait des câlins. Voilà.

Moi aussi je vous aime.

RDV sur mon profil, un sondage tout chaud vous y attend, sans oublier l'interview de votre auteur préférée par Giselle !

Amy.