Coucou,
Voici un chapitre que j'aime bien ! J'espère qu'il vous plaira aussi !
Merci à Lylène pour sa relecture !
P.S. Vraiment désolée pour toutes les fausses alertes ! J'ai eu quelques petits soucis, mais maintenant, tout est rentré dans l'ordre !
Chalini
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Chapitre 9
Le Poudlard d'une autre époque
Harry quitta le bureau du directeur, troublé à l'idée de rencontrer plus vite qu'il ne pensait celle qui serait sa mère. Il était partagé entre excitation et appréhension. Il avait toujours idéalisé sa mère. Celle qui lui avait donné la vie devait être une mère protectrice, aimante, douce. Il allait maintenant se retrouver face à une jeune fille de 17 ans, certainement bien différente de la Lily de son imagination. Il franchit la gargouille machinalement et se retrouva nez à nez avec Lily Evans.
Lily se figea : elle était identique au souvenir de la Pensine de Rogue, qu'il avait vu deux ans auparavant. Elle était de taille moyenne, mince, son épaisse chevelure rousse ondoyait doucement dans son dos et ses yeux verts et brillants étaient semblables à ceux qu'avait son fils d'habitude. Pendant quelques instants, ils restèrent là à se dévisager en silence, tous deux plongés dans leur pensée et aussi stupéfaits l'un que l'autre. Harry pouvait lire de l'incompréhension sur le visage de la jeune préfète et se doutait qu'il ne devait pas paraître moins ahuri.
Lily Evans… Sa mère âgée de seulement 17 ans… Sa mère qui avait le même âge que son fils… Sa mère qui, souriante, lui avait fait de grands signes de la main, lorsqu'il avait été rêveusement plongé dans la contemplation du miroir du Rised. Sa mère qui semblait si rayonnante sur sa photo de mariage. Sa mère dont les dernières paroles avaient été des supplications pour que son bébé soit épargné. C'était elle qui avait fait d'Harry ce qu'il était aujourd'hui : l'Élu, le Survivant. Mais ça, elle l'ignorait encore, tout comme elle ignorait sa tragique destinée.
Harry ne sut combien de temps ils restèrent à s'observer, mais Lily finit par prendre la parole, gênée par le silence qui s'était installé entre eux et qui semblait s'éterniser.
- Salut. Je m'appelle Lily Evans, se présenta-t-elle. Excuse mon trouble, mais tu ressembles étrangement à un de mes… camarades. Je dirais même que tu es son sosie. Il va halluciner en te voyant. C'est incroyable ! Est-ce qu'il est de ta famille ? James Potter, tu connais ?
- Non, ça… ça… ne me dit rien, bredouilla Harry, complètement perdu.
- Ah d'accord. Enfin bref. Je suis préfète et le professeur McGonagall m'a chargée de te faire faire le tour de l'école.
Harry n'arrivait pas encore à réaliser que sa mère, âgée de 17 ans, était en train de lui parler. Comme un automate, il la suivit à travers les couloirs et il l'écouta bavarder d'une oreille distraite sur les différents endroits de l'école qu'il connaissait bien sûr comme sa poche et sur le règlement qu'il avait tant de fois enfreint. Harry ne pouvait détacher son regard de la jeune fille et Lily finit par s'en rendre compte.
- Ca va ? Il y a un problème ? s'inquiéta-t-elle.
Harry rougit et détourna précipitamment les yeux.
- Non, non, tout va bien.
Il savait qu'il devait paraître totalement ridicule, mais il se trouvait dans une époque où lui-même n'existait pas, où Dumbledore était vivant et où sa mère semblait prendre son rôle de préfète très à cœur. Tout se brouillait dans son esprit et il était incapable de réfléchir et d'agir normalement.
- Voilà ! conclut Lily. Tu connais les lieux principaux. Maintenant, je t'emmène dans notre Salle Commune. C'est là que nous passons la plupart de notre temps, lorsque nous ne sommes pas en cours.
Elle prit donc le chemin de la tour de Gryffondor et s'arrêta devant le portrait de la Grosse Dame. Lily jeta alors un coup d'œil à Harry.
- Je te préviens, il y a ton sosie là-dedans.
Puis elle donna le mot de passe à la Grosse Dame qui les laissa entrer, avant de se précipiter dans un tableau voisin pour annoncer l'incroyable nouvelle : un deuxième James Potter était à Poudlard ! Tout ceci alimenterait les ragots des personnages des tableaux pendant quelques jours. Pas seulement les personnages des tableaux, d'ailleurs. Les élèves ne seraient pas en reste.
Avec appréhension, Harry entra dans la salle commune à la suite de Lily. Il savait qu'il s'apprêtait à rencontrer les Maraudeurs. Quelle joie de voir son père, Sirius et Remus, mais il savait qu'il lui faudrait aussi vivre avec celui qui avait vendu ses parents au Seigneur des Ténèbres. Il sentait ses entrailles se serrer en pensant à cette idée. Mais cela faisait partie du jeu et il devrait faire avec.
Au moment où Harry franchit le portrait, tous les regards convergèrent vers lui et le silence se fit. Il repéra rapidement le petit groupe que formaient les quatre Maraudeurs et qui se tenait près du feu. Tous le regardaient avec des grands yeux, mais le plus étonné fut sans doute James. Ce dernier l'observait, la bouche ouverte, les yeux exorbités, comme s'il venait de voir un fantôme – quoique l'apparition de Nick-Quasi-Sans-Tête l'aurait sans doute moins perturbé. Harry, de son côté, fixait intensément celui qui serait son père. Il avait l'impression de se contempler dans un miroir. Il sentait ses jambes flageoler et – toujours et encore - tout se bousculait dans sa tête.
- James ! Tu ne nous avais pas dit que ton frère jumeau allait débarquer! lança Sirius.
Harry se sentait de plus en plus mal à l'aise sous tous ces regards inquisiteurs. Mais Lily vint à son secours.
- Je vous présente Harry Parker, dit-elle d'une voix neutre. Il vient d'Australie. Son père a été muté en Angleterre et il vient finir ses études à Poudlard. Harry, je te présente tous les Gryffondor de la première à la septième année. Ils ne sont pas très loquaces aujourd'hui, mais ne t'en fais pas. Ils retrouveront vite l'usage de la parole. Surtout eux qui – soi-dit en passant – seront tes camarades de septième année, ajouta-t-elle en jetant un coup d'œil aux Maraudeurs.
Remus, qui avait été le premier à reprendre ses esprits, adressa un signe amical à Harry, l'invitant à les rejoindre. Harry s'exécuta et se retrouva face à face avec James. Ils se scrutèrent encore pendant quelques instants.
- Ferme la bouche, Potter, lança Sirius d'un ton amusé. Tu sais que ce n'est pas très élégant.
James réalisa alors le ridicule de la situation et obéit à Sirius.
- Bienvenue à Poudlard, Harry, ajouta Sirius. C'est vraiment incroyable ta ressemblance avec notre Jamesie. Heureusement que tu as les yeux bleus, sinon on aurait du mal à vous reconnaître, tous les deux.
- Effectivement, dit Harry. Je suis le premier surpris. C'est impressionnant.
James avait refermé la bouche, mais semblait encore trop éberlué pour parler.
- Bon, c'est bien joli, tout ça, dit Lupin, mais nous nous sommes pas présentés à Harry.
- Ça, c'est vrai, enchaîna Sirius. Nous sommes les célèbres Maraudeurs, les gars les plus populaires et les plus appréciés de Poudlard. Les incontournables, quoi !
Ils éclatèrent tous de rire, même James qui commençait à se faire à l'idée que son sosie venait d'arriver.
- Incontournables ? C'est une façon de voir les choses, Black ! lança une voix sévère derrière Harry.
Lily les avait rejoints et lançait un regard courroucé aux quatre garçons. Harry vit James blêmir, mais Sirius ne se laissa pas démonter.
- Evans, ce n'est pas parce que tu ne succombes pas à notre charme ravageur que c'est la même chose pour tout le monde ! J'en connais certaines qui…
- Oui, c'est bon, Black, j'ai compris, lança sèchement Lily. Je les entends et je les vois aussi toutes ces petites pimbêches qui gloussent sur votre chemin et vous lancent des regards pleins d'espoir, mais je pense que vous avez remarqué que je n'en fais pas partie.
- Au plus grand désespoir de certains ! fit remarquer Sirius en jetant un coup d'œil appuyé à James qui baissa les yeux en rougissant.
Harry s'amusait de voir son père si penaud sous le regard de sa mère. Mais il savait que la situation allait s'arranger entre ces deux-là pendant cette année.
- Je te souhaite bon courage pour les supporter, ajouta-t-elle en se tournant vers Harry. Enfin surtout Black et Potter. Il y a sept ans que j'espère les voir grandir un jour, mais ce jour béni par Viviane n'est pas encore arrivé.
- Ne désespère pas, Evans, dit Sirius. Tu sais bien que l'espoir fait vivre.
- N'importe quoi ! Bon, il serait temps d'aller dîner. Les garçons, je vous confie Harry ?
- Ne t'inquiète pas, Lily, la rassura Remus en souriant.
Harry remarqua que Remus était le seul à l'appeler par son prénom. Apparemment, les relations qu'il entretenait avec la jeune fille étaient moins conflictuelles que celles qui unissaient Lily et les deux autres. Rien d'étonnant à ça. Il suffisait de voir Remus pour se rendre compte qu'il était certainement beaucoup plus mature que James et Sirius. Son côté raisonnable et son calme ne devaient pas être de trop pour calmer les ardeurs de ses fougueux amis. Peter, lui, restait en retrait, il ne disait rien et se contentait d'observer la situation.
Harry fut un peu agacé d'être couvé de cette façon par Lily. Tout de même ! Il savait s'occuper de lui-même. Mais d'un autre côté, même s'il ne l'aurait jamais avoué ouvertement, il en était profondément touché.
- Allons-y ! dit Sirius en se levant, tu verras, Harry, nos elfes de maison font des plats succulents.
Leur entrée dans la Grande Salle fit sensation. Harry ne s'affola pas outre mesure, habitué à être l'objet de toutes les attentions. Et il semblait que la popularité de James n'était plus à prouver, car lui non plus ne se formalisa pas en voyant tous les regards se tourner vers eux.
- Ça leur passera ! leur souffla Sirius.
Harry s'installa à la table des Gryffondor entre Sirius et Remus.
- Alors comme ça tu nous viens d'Australie ? demanda Remus en lui tendant le plat de pommes de terre.
- Oui, mentit Harry avec aplomb. Mon père travaille pour la coopération magique internationale des pays anglophones. Je suis né en Angleterre et j'y ai passé mes premières années. Ensuite j'ai eu la chance de pas mal voyager, notamment au Canada, en Australie et aux États-unis. Et me voilà de retour en Angleterre pour quelques temps !
- Tes parents sont tous les deux des sorciers ? demanda Peter qui lui adressait la parole pour la première fois.
Harry se crispa un peu sur sa chaise, mais répondit brièvement :
- Non, ma mère est moldue.
- Et tu n'es pas de la famille de James Potter? demanda un élève de quatrième année qui écoutait leur conversation.
- Non, je ne connais aucun Potter. On m'a toujours dit qu'on avait un sosie sur terre. Je n'y croyais pas jusqu'à aujourd'hui.
- A part les yeux, commenta le jeune Gryffondor, vous êtes presque identiques.
« A part les yeux et une fine cicatrice en forme d'éclair », pensa Harry qui avait pris bien soin de la recouvrir par une mèche rebelle. Pendant tout le repas, les Gryffondor lui posèrent des questions sur sa vie en Australie et Harry mentit du mieux qu'il pouvait. Mais face à la curiosité de ses nouveaux camarades, Harry se dit qu'il lui faudrait aller faire, le plus vite possible, des recherches sur l'académie magique d'Australie.
- Et tu n'as pas passé le test du choixpeau ? demanda Sirius. C'est un vieux chapeau qui répartit les élèves entre les différentes maisons. Comment est-ce que tu t'es retrouvé à Gryffondor ?
Harry se mordit les lèvres. Il cacha ses mains sous la table pour que personne voit le tremblement qui les agitait. Il sentait le regard des élèves posé sur lui. Il devait trouver une réponse. Et vite.
- Le directeur m'a dit que… le… choixpeau ne pouvait être utilisé au cours de l'année, expliqua maladroitement Harry. En discutant avec moi, il en a conclu que j'aurais ma place à… Gryffondor.
- Ah ! fit Remus qui ne semblait pas convaincu par l'explication d'Harry, mais il n'insista pas.
A la fin du repas, Dumbledore prit la parole pour souhaiter la bienvenue à Harry et pour le présenter à ces nouveaux camarades. Harry remercia le directeur d'un sourire : par cette petite intervention, le directeur espérait certainement qu'il satisferait un peu la curiosité insatiable des élèves.
Quand ils quittèrent la Grande Salle, Harry perdit le fil de la conversation qu'entretenaient les Maraudeurs. Au fond de lui-même, il cherchait un moyen de se retrouver seul : il fallait absolument qu'il parle à McGonagall. Il se devait de la contacter, elle qui avait tout fait pour l'aider à partir.
Il réussit à semer les autres lorsqu'ils remontaient dans la tour de Gryffondor après le dîner. Il leur dit qu'il devait passer aux toilettes et les laissa prendre de l'avance. Arrivé dans une cabine, il fit apparaître une bulle de silence autour de lui afin que personne ne l'entende parler. Puis il sortit de sa poche la petite boîte que la directrice lui avait confiée. Il la contempla un instant avant de prononcer à haute et intelligible voix le nom du professeur McGonagall. Il sentit la boîte chauffer dans sa main et un instant plus tard, il entendit :
- Potter ! Comment allez-vous ?
- Je vais très bien, merci. Je suis arrivé sans encombre et j'ai rencontré Dumbledore.
- Et vos… vos… parents ? demanda McGonagall d'une voix hésitante.
- Une fois la surprise passée, ils se comportent avec moi comme avec n'importe quel camarade. Vous n'avez aucun souci à vous faire.
- Très bien. Je suis contente de vous l'entendre dire.
- Et de votre côté, y a-t-il eu des incidents ? demanda Harry d'une voix tendue.
- Non, la situation est « calme ».
Harry eut la nette impression qu'elle ne lui disait pas toute la vérité pour ne pas l'inquiéter, mais il n'insista pas.
- Et Maugrey a emmené la Coupe avec lui. Il va tenter de la détruire.
- Très bien. Je vous recontacte dès que possible et dès que j'ai du nouveau.
- N'y manquez pas, Potter. Je veux avoir régulièrement de vos nouvelles !
La directrice marqua une pause, puis ajouta d'une voix un peu tremblante:
- Prenez bien soin de vous.
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Fini pour aujourd'hui !
A vendredi !
