Vous êtes nombreux à me l'avoir demandé, alors le voilà, le BONUS MERTHUR !

En espérant qu'il vous plaise !


Trois semaines avaient passées depuis que Theo avait quitté Camelot, et, si Merlin ne disait rien, Arthur voyait bien qu'il allait mal. Il ne souriait que très rarement, et ne parlait quasiment plus non plus. Ce qui, venant de Merlin, était définitivement la preuve que quelque chose n'allait pas.

Arthur avait tenté de lui en parler, mais il mettait toujours fin à la discussion, clamant que tout allait bien, qu'il devait aller aider Gaius ou n'importe quel autre prétexte.

Le roi était perdu. Il voulait vraiment aider Merlin, mais cela lui était impossible si ce dernier ne le laissait pas faire. D'ailleurs, il devait bien avouer que le fait que son ami refuse de s'ouvrir à lui lui faisait mal. Il avait espéré que leur amitié était assez profonde pour que Merlin partage ses problèmes avec lui, surtout après les récents évènements, mais il avait de toute évidence eu tort.

A vrai dire, plus le temps passait, et plus il avait l'impression que Merlin l'évitait, et il ne comprenait pas pourquoi.

Il aurait pu s'en accommoder, ou se dire qu'il avait besoin de temps pour se remettre de la trahison de Theo, si son ami se comportait de la sorte avec tout le monde, mais il s'était vite rendu compte que ce n'était pas le cas. Merlin semblait aller parfaitement bien lorsqu'il se trouvait avec les chevaliers, et tout particulièrement avec Gwaine. De toute évidence, ces deux-là passaient beaucoup de temps ensemble, et semblaient plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été. Et Arthur avait fini par reconnaître qu'il était jaloux. Il était jaloux de Gwaine, parce que Merlin semblait l'apprécier plus qu'il ne l'appréciait lui. Mais aussi et surtout parce qu'à chaque fois qu'il les voyait ensemble, Merlin souriait. Chose qu'il ne faisait plus avec Arthur.


Ainsi, le roi avait décidé d'en découdre avec son chevalier, en espérant qu'une conversation lui permettrait de comprendre ce qui avait éloigné Merlin de lui.

- Vous savez, ça fait assez peur de se faire convoquer dans la salle du trône, déclara Gwaine en entrant dans ladite salle. On a l'impression qu'on va se faire bannir.

- Vous n'avez pas assez peur pour que ça vous coupe l'appétit en tout cas, dit Arthur en désignant la pomme dans laquelle le chevalier avait de toute évidence déjà croqué.

- Non, pace que je sais que vous m'aimez trop pour vous passer de moi ! Qui sublimerait vos balades de sa magnifique voix si je n'étais pas là ?

- Bien sûr oui, marmonna le roi en levant les yeux au ciel.

- Non sérieusement, pourquoi je suis là ?

Arthur se leva de son trône pour faire face à son chevalier.

- Je voulais vous parler.

- Oui, ça je m'en doute, c'est généralement pour ça que vous faites convoquer les gens, vous savez, et…

- De Merlin.

- Ah.

Prononcer le nom de Merlin avait fait taire Gwaine, et Arthur savait que la seule personne dont les silences étaient encore plus alarmants que ceux de Merlin était Gwaine.

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien, vous dites que vous voulez parler de Merlin, j'attends que vous le fassiez, c'est tout.

- Il m'en veut, n'est-ce pas ?

Gwaine balaya la pièce du regard, semblant réfléchir, puis repris un morceau de pomme.

- Pas que je sache en tout cas, déclara-t-il en haussant les épaules.

- Alors pourquoi agit-il ainsi avec moi ? C'est à peine s'il m'adresse la parole !

- Pourquoi vous me demandez ça à moi ? C'est plutôt à lui que vous devriez poser la question.

- J'ai bien essayé, il refuse de me répondre !

- Ca n'explique pas pourquoi c'est moi que vous persécutez.

- Parce que si quelqu'un est au courant de ce qu'il passe, c'est bien vous !

- Pas du tout.

- Oh arrêtez, vous savez toujours tout sur tout le monde, c'est à se demander si vous ne passez pas votre temps à écouter aux portes !

Devant l'air outré de Gwaine, Arthur leva les yeux au ciel.

- Et vous vous êtes beaucoup rapprochés de lui depuis Theo, n'est-ce pas ?

- Possible.

- Alors pourquoi est-ce qu'il se rapproche de vous et pas de moi, hein ?

- Oooh la princesse est jalouse, comme c'est mignon ! S'écria Gwaine en bougeant les bras.

- Ah mais enlevez-moi ce trognon de pomme de devant les yeux ! Et je ne suis pas jaloux, j'ai simplement du mal à comprendre comment Merlin peut vous supporter.

- Parce qu'il sait apprécier les belles choses à leur juste valeur, lui !

Arthur croisa les bras sur sa poitrine.

- Bon, vous savez quelque chose, oui ou non ?

- A propos de quoi ? Demanda Gwaine innocemment avant de se reprendre devant l'air furieux du roi. Bon, bon d'accord, il y a peut-être une ou deux choses que je sais.

- Et… ?

- Et quoi ?

- Mais qu'est-ce que vous savez, bon sang ?

- Ah mais ne comptez pas sur moi pour vous le dire, je ne tiens vraiment pas à ce que Merlin m'égorge, et c'est ce qu'il fera à coup sûr si je vous dis ce que je sais.

- Gwaine… Vous avez plutôt intérêt à parler.

- Sinon quoi ?

- Sinon je vous mets au pilori.

- Le pilori ou une mort atroce et lente ? Hmmm je vais choisir le piloris ! Mais, si vous tenez tant à savoir pourquoi notre petit Merlin vous évite, vous devriez lui demander vous-même.

- Donc il m'évite bien ?

Gwaine haussa les épaules, lança son plus beau sourire à Arthur et quitta la salle du trône.

Arthur soupira. Parfois, il se demandait vraiment pourquoi il avait choisi de faire de cet imbécile aux cheveux longs un chevalier. Bon, au moins il avait la confirmation que Merlin l'évitait, et qu'il y avait donc un souci, même s'il ne savait toujours pas lequel.

Ayant compris qu'il ne tirerait rien de plus de Gwaine, il décida de retenter sa chance avec son serviteur, et l'attendit donc de pied ferme le soir venu.


Lorsque Merlin entra dans sa chambre pour le préparer pour la nuit, il trouva Arthur assis sur une chaise, face à la table.

- Ah, Merlin. Assis-toi, déclara-t-il en désignant la chaise qui lui faisait face.

- Que se passe-t-il ? Demanda Merlin en s'exécutant.

- J'ai décidé que j'en avais assez.

- De quoi ?

- De cette situation. Donc, soit tu me dis la vérité, soit…

-Arthur, de quoi est-ce que vous parlez ?

- Je veux savoir pourquoi tu m'évites depuis que Theo est parti. Est-ce que c'est parce que tu me rends responsable de son départ ?

- Quoi ? Bien sûr que non ! Ce qu'il s'est passé n'était pas votre faute, Arthur, je sais cela.

- Alors quoi ? Pourquoi est-ce que tu m'évites ? C'est à peine si tu m'adresses la parole ! Par contre, quand c'est avec Gwaine, pas de soucis, là tu lui parles à lui, et…

Arthur se stoppa, comme s'il venait d'avoir une révélation, tandis que Merlin le fixait en plissant les yeux, tentant de comprendre ce qui était en train de se passer.

- Oh mon dieu, dit-il lentement en se levant.

- Quoi ?

- Tu… Tu es amoureux de Gwaine et tu avais peur de me le dire, n'est-ce pas ?

Merlin explosa de rire tandis qu'Arthur ne bougeait plus, paralysé.

- Mais enfin qu'est-ce que vous racontez ?

- Mais si, c'est ça, j'en suis sûr ! Ca expliquerait ce rapprochement soudain, et…

- Vous savez que Gwaine moi sommes amis depuis longtemps, n'est-ce pas ?

- Oui, et ?

- Je ne suis pas sûr que ce soit la définition du mot « soudain ».

- Quoi ?

- Non rien, soupira Merlin en levant les yeux au ciel. Arthur, je ne suis pas amoureux de Gwaine, on est juste amis !

Arthur plissa les yeux, loin d'être convaincu, et Merlin se remit à rire.

- De plus, je ne vois pas pourquoi j'aurais peur de vous le dire.

- Eh bien parce que…

- Parce que ?

- Parce que je…

Parce que je t'aime. Il s'en était rendu compte environ une semaine auparavant. Il avait fini par réaliser que cette envie, ce besoin d'avoir Merlin toujours proche de lui ne pouvait pas être que de l'amitié, et cela s'était vérifié lorsque ce dernier avait commençait à vraiment l'éviter. Arthur mourrait d'envie de l'avoir près de lui, et le fait que Merlin refuse de lui dire ce qui n'allait pas le rendait fou. Et puis il avait réalisé qu'il était jaloux de l'attention que Merlin offrait à Gwaine, et les pièces s'étaient emboitées. Il était amoureux.

Etant incapable de répondre quoi que ce soit, il laissa son instinct prendre le dessus, et fit le tour de la table pour venir se planter devant Merlin, avant de se baisser pour écraser ses lèvres sur celles de son serviteur. Il fut surpris lorsqu'il sentit Merlin répondre à son baiser, et encore plus lorsqu'il sentit ses mains appuyer sur son dos pour le forcer à s'asseoir sur lui afin d'être plus confortable.

- Je n'aime pas Gwaine, Arthur. Parce que je t'aime.

- Est-ce que tu viens de me tutoyer ?

- « Je vous aime », ça ne sonnait pas très bien, déclara Merlin en haussant les épaules avant d'être interrompu par un autre baiser.

- Est-ce que ça veut dire que je peux tuer Gwaine pour ne m'avoir rien dit ?

- Absolument hors de question.

- Pourquoi ? S'offusqua Arthur.

- Parce que je veux pouvoir l'utiliser comme bouclier le jour où on se disputera.

- Il a intérêt à rester loin de toi, bougonna le roi, ce qui fit rire Merlin.

- Je suis désolé.

- De quoi ?

- De la manière dont je me suis comporté ces derniers temps. Je ne pensais pas que mes sentiments étaient réciproques, et je venais de les réaliser, à cause de tout ce qui s'est passé avec Theo, alors je…

- C'est pas grave, assura Arthur en déposant un autre baiser sur ses lèvres. Je te pardonne. Dès que tu auras nettoyé ma chambre, lavé mes vêtements et…

Arthur n'eut pas le temps de finir sa phrase, interrompu par Merlin qui lui avait jeté son verre à la figure.

- Est-ce que tu viens de me balancer de l'eau ?

- J'aurais bien jeté autre chose, mais je n'avais rien d'autre sous la main.

Arthur prit un air offusqué, avant de se venger en assaillant Merlin de baisers et de chatouilles. Finalement, avoir manqué de se faire tuer par Theo avait peut-être bien été la meilleure idée qu'il n'ait jamais eue.