Chapitre huit, avec le commencement du mini-arc portant sur une fête qui a quand même son importance dans "mon" univers Skyrim ; Les fêtes du Solstice d'hiver... (Autrement dit les fêtes de Noël par chez nous...)
Ce mini-arc portera surtout sur les relations entres les personnages principaux, certains vont naître, d'autre vont "finir" d'évoluer... L'évolution des relations entrainement prochainement une évolution des personnages en eux-même par la suite, vous verrez tout cela assez vite. Surtout pour Nachael, qui est quand même le personnage principal de cette saga! Un nouveau petit personnage fait son apparition dans ce huitième chapitre, petit personnage qui a son importance pour une certaine mage que vous connaissez bien... Et je développe également encore un peu le personnage d'Ysolda, j'espère que vous l'apprécierez!
Sinon bisou et à la prochaine pour le neuvième chapitre!
Saga du Tigre-Dragon
Deuxième Arc : Compagnons
-Chapitre 8-
C'est agenouillé devant un autel de Talos que je me trouve actuellement. Et sincèrement, malgré que mes parents m'aient élevés avec les croyances des neufs divins, je n'aurai jamais cru avoir à faire un tel geste après le traité de l'Or Blanc! Et pourtant... Comme il s'agit ici d'une tradition sacré dont le non respect pouvant offenser la totalité des Divins, les elfes du Domaine Aldmeri acceptent que les nordiques puissent prier Talos et les autre Divins (Mais surtout Talos, on ne se le cachera pas...) durant les fêtes du Solstice d'hiver. Il est également possible de lui rendre grâce au solstice d'été, durant les premières moissons, mais c'est surtout la prière du solstice d'hiver qui est très importante pour tous les nordiques. Il est possible, durant cette prière, de demander protection et santé pour soi-même et sa famille ainsi que force et honneur pour tous les prochains combats dans l'année à venir. Je pris actuellement pour un peu tout cela...
Et en même temps, je demande à Talos et aux autres Divins de prendre soin de mes parents en Sovngarde, car je suis certain que c'est là-bas qu'ils sont maintenant. Ils sont mort pour que moi et Freyja puissions survive, vivre notre vie...
Je suis soulagé que Freyja ait d'ailleurs réussi à revenir à temps. C'était très drôle à voir d'ailleurs, elle a débarqué en courant ou presque ce matin très tôt, avant la fermeture officielle des portes. Elle a forcée les gardes en train de fermer les portes à s'arrêter en plein mouvement grâce à un léger trait de lumière et c'est ensuite faufilé entre eux comme un petit renard. Lucia était hilare et moi-même j'avais du mal à contrôler mon fou rire, voir ce petit bout de femme réussir si facilement à manipuler les gardes de Blancherive reconnu pour leur efficacité au combat par toutes les autres châtelleries...
Maintenant, elle est à côté de moi et prie avec sans doute la même ferveur que tous, cette fois vêtue d'une longue robe d'un blanc presque pur et d'une cape beige pâle avec un collet de fourrure. C'était pour cette robe que Freyja n'avait pas été là hier lorsque j'étais partit avec Ysolda et Lucia, elle était en train de coudre avec l'aide de Gerdur, la soeur de Ralof, les derniers bouts de tissus. Ses longs cheveux habituellement laissé libre dans son dos étaient maintenant soigneusement tressés autour de sa tête et quelques fleurs hivernales y étaient accrochées. Beaucoup d'hommes regardaient dans sa direction mais Freyja n'avait pas semblé intéressée par ces regards. Son médaillon était posé contre sa poitrine et brillait légèrement dans la lueur du timide soleil au dessus de nous. Sa lourde cape beige pâle l'entourait, lui donnant un aspect presque... Divin. Ou sacré.
Les mains jointes, la tête baissée, à genou parmi la foule avec Lucia collée contre moi dans la même position, je prie donc. Il fait un peu froid pour les jambes puisque nous sommes dehors, mais des draps de fourrure ont été disposés pour le confort de tous. Un peu plus loin devant nous, le prêtre continu ses sermons et ses prières sur chacun des divins, un par un et parfois, nous devons répondre aux questions que le prêtre donnait. Étant donné que ni moi, ni Lucia ne les connaissait, nous nous contentions d'imiter les autres le plus sincèrement possible. Ysolda était avec son amie Carlotta et sa fille Mila, quelques mètres à ma droite et un peu plus en avant. Quand à Freyja, bien qu'elle semblait un peu perdu parfois (Peut-être que les sermons et les prières ont évolué depuis mille ans et des poussières), elle répondait avec une passion certaine.
Au bout de la neuvième et dernière prière, dédié à Talos et il me sembla alors que tous répondaient avec plus de passion qu'avant. Et Lucia réussi à répondre cette fois avec un petit air très fier. La cloche de cuivre sonna alors douze fois et le début des fêtes du Solstice d'hiver fut officiel.
Si j'ai bien retenu le programme, le premier soir est par réputation un simple banquet en famille et entre amis, généralement à l'auberge du coin, à la cours du Jarl ou dans une guilde. Mais avant cela, il y avait des stands de jeux et de petites boutiques sur la place publique. Rien d'extraordinaire, la véritable foire n'aurait lieu que demain après tout mais ce serait intéressant d'aller y jeter un coup d'œil.
Beaucoup de gens étaient invité à Jorrvaskr, notamment la famille Grisetoison au complet. Freyja était évidement invitée, étant une de mes précieuses amies et Ysolda serait également de la partie, comme elle me l'avait promis. Elle avait également demandée à ce que Carlotta et Mila puissent également être présentes. Apparemment, malgré mon intervention auprès de Mikael le barde quelques mois plus tôt, Carlotta était encore une fois poursuivie par les hommes en chaleurs de la ville.
Et d'après Ysolda, les Compagnons eux respectaient le désir de célibat de Carlotta. Notamment parce que la majorité d'entre eux étaient déjà mariés. Et puis Mila et Lucia étaient en passe de devenir de très bonnes amies, cela ferait plaisir à ma petite d'avoir une amie de son âge avec qui jouer.
Justement, en parlant de la petite...
-Lucia, Lucia, les prêtres donnent des petites amulettes aux enfants, il faut aller en prendre une! Dit Mila en apparaissant soudainement devant ma petite.
Lucia s'écria de joie, mais ne bougea pas pour autant et me regarda, interrogative. Voyant son impatience et voulant lui faire plaisir, je lui souris en hochant la tête, même si l'idée de la laisser seule dans cette foule ne m'enchantait guère.
-Le repas ne commencera que d'ici une heure, vous pouvez aller jouer avec les autres. Dis-je en maîtrisant du mieux l'inquiétude de ma voix.
-Ouais! S'écrièrent les petites avant de disparaître dans la foule.
Je la perdis bien vite du regard. Et je réprimai une envie de hurler son nom, d'aller la chercher et de la garder auprès de moi férocement. Je déteste cette sensation... J'ai l'impression que Lucia n'est plus en sécurité lorsqu'elle s'éloigne de moi, moi qui fait pourtant le dur devant elle en lui demandant de ne plus pleurer lorsque je pars en mission... Une peur énorme de la perdre m'assaille lorsqu'elle disparaît dans la foule à quelques mètres de moi. Freyja s'approcha alors et me prit doucement le bras.
-J'aimerais aller voir les stands sur la place du marché, tu veux bien? Fit-elle doucement.
Elle était gentille de vouloir me changer les idées. Et puis, la guerre n'avait pas encore reprit et les gardes de Blancherive étaient partout... Mes frères d'armes aussi. Si quelque chose ose menacer Lucia dans cette foule...
Mais cette perspective me terrifie malgré tout. Je me força donc à sourire, et hocha la tête.
-Bien sur. Répondis-je. Mais sache que je suis aussi novice que toi dans cette fête!
Freyja eu un rire nerveux et nous nous dirigeâmes tous les deux vers les quelques stands de vente plus loin, tous deux curieux. Les fêtes du Solstice d'hiver n'existent officiellement que depuis à peu près 300 ou 400 ans, Freyja n'a jamais vécu une de ces fêtes... Et quand à moi, ma dernière visite à Bordeciel remonte à quand j'avais trois ans, j'étais un gamin, je ne me souviens de rien! Sauf de l'ours, mais ça c'est autre chose...
C'est donc avec une curiosité grandissante que mon amie millénaire et moi-même découvrons cette fête et ses activités. Alors que nous errons un peu à côté du puits, sans osé tenter un stand, Carlotta et Ysolda s'approchèrent.
-Vous deux, vous n'êtes pas des habitués de cette fête, pas vrai? Sourit Carlotta en voyant notre air perdu.
-J'ai vécu toute ma vie dans une école de magie, je ne connais presque rien au monde extérieur... S'excusa Freyja. Je vois qu'il y a beaucoup de stand présentant des espèces de jeux… Est-ce que c'est une sorte de compétition?
-Non, rien de cela. Venez, je vais vous présenter mon stand favori! Sourit la brune en nous guidant vers un stand où certains enfants lançaient des espèces de balles sur des bouteilles vides montées en pyramide.
À côté du stand, le propriétaire annonçait avec un grand sourire :
-Un Septim pour trois essais, vous pouvez recommencer autant que vous voulez. C'est un point par bouteille tombée, si vous avez 5 points vous gagnez un petit prix, 10 c'est un prix de taille moyenne et à 30 points, vous obtenez un grand prix! Et pour les plus adroits, si vous atteignez 100 points, vous aurez droit à une surprise très spéciale!
-Une surprise très spéciale, hein? Je me demande ce que c'est cette année... Fit Ysolda, intéressée. L'an passé c'était trois barils de feuilles de thé très rares et d'une fraîcheur incroyable...
-Et l'année d'avant des manteaux en fourrures du sud, cela avait été un prix très convoités! Enchérie Carlotta.
-Comment cela fonctionne? Demandais-je intéressée.
Cela pourrait être amusant. Freyja semblait tout aussi intéressée et écouta également.
-C'est simple. Expliqua Carlotta en déposant deux septims sur le comptoir. Les bouteilles sont posées en pyramide de trois, donc en détruire une te donne trois points. Donc atteindre les 100 points reviendrai à détruire plus de trente pyramides, sans se tromper!
Le marchand approuva le calcul et lui donna un petit panier avec six balles dedans. Camilla en prit une et la soupesa un instant, avant de la lancer avec force vers la première pyramide. Elle ne réussi à faire tomber que la bouteille du dessus. Ysolda rit et Carlotta grogna.
-Je déteste ça, je vise tellement mal! S'écria-t-elle, déterminée. Mais j'adore ce jeu!
Tellement contradictoire. Ysolda éclata sincèrement de rire alors qu'au stand, Carlotta avait déjà lancé quelques balles supplémentaires, manquant absolument toutes ses cibles. Au final elle n'avait touché que deux bouteilles sur six lancés... Et posa trois pièces supplémentaires sur le comptoir?!
-Allez, la suite maintenant! S'écria Carlotta en retroussant ses manches.
Elle était sérieuse?! Mais où est passée la mère modèle que j'ai toujours connu, celle qui n'a que pour seule priorité sa fille adorée? Depuis quand Carlotta était une accro aux jeux...? Ysolda me jeta un regard amusée quand à ma surprise, mais ne me donna aucune explication. C'est alors qu'une petite main s'agrippa à mon pantalon et je baissa le regard pour y reconnaître la chevelure blonde de Lucia et celle brun foncé de Mila.
-Oh non, maman est repartie dans le jeu... Soupira cette dernière en passant devant moi.
-Et c'est mal? Demanda timidement Lucia, qui lui tenait la main.
-Totalement. Maman déteste perdre. Et elle ne compte plus les sous quand elle est devant ce jeu. Soupira encore plus Mila. Ysolda, pourquoi vous n'avez pas arrêté maman?
-Tu connais ta mère, elle n'écoute personne jusqu'à ce qu'elle ait ce qu'elle veut. Sourit maladroitement Ysolda.
La fillette et la dame soupirèrent tous les deux en même temps, alors que du côté de Carlotta, seule une autre bouteille avait tombé, montant son score à trois. Et elle avait déjà dépensé presque douze septims... Elle allait se ruiner sur ce jeu!
Mais pourtant, il n'avait pas l'air si compliqué... Il fallait juste bien visé, et puis les bouteilles n'étaient pas si éloignée de la zone de lancé. Il n'y avait qu'à peine un mètre, une dizaine de centimètres de plus peut-être... Comment Carlotta faisait pour rater autant de bouteille était mon plus grand mystère actuel. Bon... Ces fêtes du solstice d'hiver étaient censé être des journées où le peuple priait et s'amusait en oubliant les soucis du quotidien. Alors allons nous amuser!
-Hum, Carlotta? Dis-je en m'approchant.
-Quoi?
-Puis-je essayer?
Elle me regarde presque suspicieusement et je lui tends un septim comme compensation. L'amie d'Ysolda sourit et me tendit alors trois balles, acceptant ainsi l'échange. Je pris sa première et la soupesa. Elle est un peu lourde, mais assez facile à manier, j'avais de la force. Je fixai ensuite la petite pyramide de bouteille. Un mètre dix de distance, comme je l'avais calculé quand j'étais éloigné.
Premier lancer, pas trop rapide, pour tester. Les trois bouteilles furent touchées et je souris triomphalement. Derrière moi, j'entendis Lucia pousser un cri de joie. Freyja l'attrapa pour la mettre à ma hauteur, également amusée. Mon lancé donnait maintenant six points pour Carlotta. Je pris la deuxième balle et la lança à nouveau, plus rapidement, confiant. À nouveau trois bouteilles, pour un total de neuf points, cette fois même Mila poussa un petit cri de joie.
Troisième lancé, trois bouteilles, douze points. Vu le regard du vendeur, il ne s'attendait pas à ce que j'aide sa cliente, j'imagine que Carlotta est celle qui lui rapporte le plus de profits... Cette dernière sautilla sur place et me donna un gros câlin, avant que je ne la regarde avec surprise.
-Ah, c'est l'émotion, n'y voit rien ici. Je suis très bien célibataire. Fit Carlotta rapidement en reculant.
Je ris devant sa mine déconfite et elle alla chercher son prix. Cela se révéla être de petite statuette décorative en pierre polie, d'un joli ambré coloré me rappelant les déserts de sable de mon pays natal (même si je suis techniquement né en Cyrodil, je me suis toujours considéré comme Rougegarde de naissance.) Puis alors qu'elle revenait, Mila s'écria, surprenant tout le monde :
-Mais si ton papa et ma maman sont ensemble, on sera soeur Lucia!
Je compris que la conversation devait avoir commencé depuis un petit moment. Lucia secoua la tête et affirma, avec assez de force pour que tous entende :
-Na, ma maman, je veux que ça soit Ysolda!
...
Hein?!
Aussitôt je prends Lucia et pose une main sur sa bouche, y mettant mon holà.
-Lucia, tu ne devrais pas dire des choses comme ça! Dis-je aussitôt.
Ma petite princesse se débattit un peu et je la laissai parler, mais la retenant tout de même (au cas où). Elle me dit alors avec un grand sérieux, d'un ton quand même moins fort :
-Papa, c'est des choses d'adultes je le sais, madame Camilla me l'a dit hier mais je veux quand même dire ce que je veux dire! Je veux que papa se marie avec Ysolda, je veux qu'Ysolda soit ma maman. Enfin... Ma nouvelle maman.
L'utilisation du mot "nouvelle" me dit alors rappeler que ma princesse avait été adoptée. Elle avait déjà eu des parents avant... Un père peut-être mieux que moi, une mère aimante... Je ne sais que dire devant son affirmation et Lucia du le comprendre car elle me fit un câlin en me chuchotant :
-Papa, tu sais, je crois que tu aimes Ysolda et Ysolda, elle t'aime aussi. Pourquoi vous ne pourriez pas être mon papa et ma maman?
Je ne répondis pas. La raison du pourquoi je ne voulais pas qu'elle dise ça aussi fort était assez simple... Freyja.
Freyja qui, sans savoir que j'étais réveillé, m'a confié ses sentiments. Et dont je ne sais toujours pas s'ils se sont effacés ou s'ils sont toujours en elle. Je ne veux pas la blesser davantage, je ne veux plus faire de conneries avec elle. Elle est mon amie, ma meilleure amie sans doute et je voulais la protéger, dans ce monde qu'elle ne connaissait pas... Je tourne mon regard vers elle et elle me fixe de son regard vert lumineux.
Elle est calme. Elle ne semble ni blessée, ni furieuse. Juste calme. Elle remarqua que je la regardais et me sourit tout aussi calmement, avant de poser une main sur l'épaule d'Ysolda et dit, d'une voix toujours calme :
-Je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais vous ferez quand même un joli couple, tous les deux. Ah, cependant je réclame quand même Nachael de temps en temps, c'est mon meilleur ami tu comprends?
Ysolda regarda Freyja, puis eu un petit sourire dont je ne pu en expliquer le sentiment exact et elle répondit, avec le même calme :
-Bien évidement.
Sans préciser sur quoi elle approuvait. Notre hypothétique mise en couple? La demande de Freyja? Ou le fait que ça ne la regardait pas? Freyja du cependant comprendre, puisqu'elle hocha la tête et sortit ensuite une petite bourse qu'elle posa sur le comptoir du stand et sourit :
-Bien, à mon tour. Je tente le prix spécial, vous pouvez me faire un prix? Dix septims pour une trentaine de balle
-Hum... Quinze pour les balles et avec cinq pièces de plus je vous assure que vous aurez un prix de taille moyenne, même si vous ne faites aucun point.
-Marché conclu. Accepta mon amie mage.
Elle sortit les vingt pièces d'or et prit le panier avec un conséquent nombre de balles. Elle en soupesa une, m'imitant quand j'avais tenter moi aussi, puis fixa la pyramide devant elle... Avant d'avoir un très grand sourire, presque sadique.
Elle lança. La pyramide fut toucher en plein centre, et les trois bouteilles s'écroulèrent, sans problème. Et Freyja sourit de plus belle.
Et mon amie mage... Eu toutes les pyramides. Toutes touchées parfaitement au centre. Et visiblement sans même se forcer. Elle gardait son sourire, et les deux petites sautillèrent en l'encourageant, impressionnées. Quand au vendeur... Son dépit et sa consternation était si visible que je sentis presque de la pitié pour ce pauvre homme. Presque...
Peu à peu une petite foule s'accumulait autour du stand, encourageant Freyja qui s'amusait énormément. Lucia était toute excité à la perspective que sa tante gagne et même moi j'étais impressionné. Depuis quand savait-elle si bien viser...? Ah, je suis con. La vision d'un sort de glace parfaitement exécuté ou des soins si précis qu'elle accomplissait tous les jours ou presque me donna la réponse. Magicienne un jour, magicienne toujours...
Finalement, après avoir emporté exactement 123 points (41 lancés si j'ai bien compté), elle regarda le marchand avec un grand sourire. Celui-ci semblait sous le choc, mais se repris vite et grimaça, visiblement embêté :
-Hum, damoiselle, je suis désolé mais... Il faudra attendre demain pour réclamer votre prix. Je n'avais pas prévu que quelqu'un réussisse le défi et le seul exemplaire que j'ai est... Défectueux.
-Dans quel sens? Demanda Freyja en fronçant des sourcils.
L'homme eu l'air gêné et regarda la foule entourant son stand. J'imagine qu'avec tous ces gens, il n'osait exposer sa marchandise défectueuse. Freyja du également deviner, car elle l'invita à aller parler en privé. Visiblement elle voulait son prix... Je me demande ce que c'est, d'ailleurs?
Freyja suivit le marchand avec prudence vers les caravanes stationnées plus loin. N'importe quoi pouvait arriver une fois dans l'angle mort de la foule, elle se tenait prête à riposter. Cependant, en arrivant devant l'emplacement donné aux vendeurs ambulants présent pour les fêtes, plus précisément devant le fameux prix défectueux, elle abandonna toute idée de riposte de tout genre. Elle était trop révoltée pour penser à autre chose.
Des cages. Toutes vides, excepter une, où s'agitait violement une boule de poil avec force. Sans aucun bruit, grâce à un sortilège de silence sans doute.
-Qu'est-ce que... Commença-t-elle, sous le choc, avant d'arrêter de parler.
Était-ce bien ce qu'elle croyait que c'était...?
-C'est un chien madame. Soupira le marchand. Le prix spécial de cette année sont des chiens entrainés et puissant, utiles pour la chasse ou comme chien de fermier, pouvant également faire office de chien de garde. On m'a livré celui-ci hier, il est très jeune mais surtout incontrôlable. Je recevrai le reste du stock demain, vous comprenez? Je comptais le faire tuer, il est impossible à dresser, même les menaces ne fonctionnent pas sur ce cabot inutile.
Freyja ne pouvait quitter des yeux la boule de poil dont elle voyait maintenant le sang séché sur quelques parties du corps. À son approche il c'était immobilisé dans le fond de la cage et grognait en montrant des dents. Elle reconnaissait la race, il s'agissait d'un Norsk Buhund, un chien du nord, sa famille dans le passée en avait posséder une meute complète... Celui-ci était cependant plutôt petit, sans doute à cause de son âge, et sans le sang et la saleté, il devait avoir une robe claire et magnifique. Ses yeux bruns foncés la fixaient alors qu'elle s'approcha doucement de la cage. Une des pattes étaient sombre, le poil mélangé au sang séché. Puis elle remarqua quelque chose.
-Il a un collier?
-C'était une muselière avant, demoiselle, mais ce petit monstre l'a dévoré en quelques heures. Écoutez, je peux vous faire un prix pour le prochain arrivage pour compenser l'attente, est-ce qu/
-S'agit-il d'un mâle ou d'une femelle? L'interrompis Freyja, sans quitter le chien des yeux.
Il y avait de la peur et de la méfiance dans son regard. Il avait peur des hommes. Était-ce les fournisseurs du marchand qui avaient été aussi violent avec lui? Mais pourquoi cela...? Il n'était qu'un jeune chien, pas plus d'un an vu sa taille...
-Madame, vous ne pensez tout de même pas prendre ce...? Cette bête va vous massacrer dès qu'on lui ouvrira la cage!
-Je le prends malgré tout. Alors répondez. Fit sèchement Freyja, cette fois en regardant l'homme qui suait énormément.
Celui-ci la regarda, puis fixa le chien puis soupira.
-Rah, je ne veux pas être accusé si ce chien dévore la gamine de votre ami!
-Ce sera de ma responsabilité. Maintenant répondez.
Le marchand soupira, puis alla chercher quelques feuilles. Il les parcouru et répondit ensuite d'une voix morne :
-Il s'agit d'une femelle de 8 mois, normalement entrainée pour la chasse et la protection du bétail, mais durant son entrainement elle est devenue complètement folle et n'obéis plus à personne. Depuis elle est enfermée dans cette cage et porte une muselière, enfin elle en portait une, en attendant une autre solution.
Freyja hocha la tête puis s'approcha encore de la cage, se mettant à genou dans la neige pour être à la hauteur de la petite chienne sans se préoccuper de sa robe immaculée, qui se salira à cause de son geste. L'animal gronda à son approche mais ne bougea pas. Freyja tendit ensuite sa main vers la cage et dès que celle-ci fut à l'intérieur, la chienne bondit et lui mordit violement la main.
Cependant Freyja ne recula pas et ne hurla pas, bien qu'elle en eu envie tant la douleur fut violente. Elle serra des dents et força à attendre. Elle empêcha le marchand de faire quoi que ce soit d'un regard noir et attendit.
La chienne la regardait férocement et gardait ses dents profondément plantés dans la chair de sa main. Cependant quelque chose du la retenir de dévorer son membre car elle ne fit rien de plus. Doucement, Freyja fit, sans faire de geste pour retirer sa main de la gueule puissante de la petite chienne malgré son jeune âge :
-N'ait pas peur… Je ne te veux aucun mal.
Elle avait parler très doucement, pour ne pas faire paniquer l'animal. Après quelques minutes, la chienne sembla se calmer, puis enleva lentement ses crocs de la main de Freyja, le regard cependant encore méfiant. Elle renifla la main ensanglantée de la Psijique et Freyja illumina son autre main, causant un sursaut de frayeur au marchand.
-Regarde, ce n'est pas méchant. Fit doucement Freyja dans sa vieille langue, annulant le sort de traduction pour un court temps.
Et comme elle l'avait devinée, les oreilles de la chienne se redressèrent sur sa tête lorsqu'elle parla son ancienne langue. Les plus vieilles races de chien comme le Norsk Buhund connaissaient depuis toujours le vieux parlé nordique. Il s'agissait de la race de chien qui avait accompagnés Ysgramor et ces 500 Compagnons dans leur conquête de Skyrim après tout. Si elle se souvenait bien, cette race avait justement été entraînée pour porter secours aux hommes au combat, et veiller sur leur maison en leur absence. Cette petite était une fière descendantes de ces guerriers à quatre pattes et avait la même force et intelligence qu'eux.
Freyja guérit sa main lentement, laissant la petite chienne voir le miracle, sachant qu'elle était assez intelligente pour comprendre ce qui se passait, malgré sa grande méfiance. Puis elle tendit son autre main, toujours lumineuse, dans la cage. Cette fois, la petite chienne ne fit rien pour l'arrêter, bien qu'elle continuait de grogner quand elle approchait trop. Freyja avança donc sa main jusqu'à la limite, puis attendit.
Le reste, cela devait venir de la chienne. Et ce fut plutôt long, mais Freyja avait tout son temps, elle était entièrement concentrée sur cette petite. Ce ne fut qu'après une dizaine de minutes où la mage fut très patiente que la chienne se rassura enfin de sa présence... Puis s'avança, en boitant de la patte avant droite, vers la main lumineuse. Freyja sourit doucement et la remercia doucement de sa confiance. Les oreilles s'agitèrent aux paroles d'un ancien langage et la petite chienne ferma les yeux, les membres tremblants. La fatigue prenait lentement le dessus sur sa volonté...
Freyja se dépêcha donc de scanner le petit corps devant elle. La petite chienne avait des côtes cassés, une patte foulée et avec une plaie ouverte, de nombreux bleus sur tout le corps et quelques blessures à moitié infecté par des maladies. Normalement, la mage guérisseuse n'aurai put que lui abréger ses souffrances mais... Ça lui semblait impossible. Cette petite chienne avait tant de blessures et pourtant, elle avait résisté lorsque le marchand et Freyja s'étaient approchés. Elle avait encore de la volonté de vivre. Ce serait horrible de ne pas respecter cette volonté.
-Ouvrez-moi cette cage. Je vais la prendre. Décida Freyja en réactivant son sort de traduction.
Le marchand n'osa plus protester devant son regard déterminé et ouvrit la cage. La chienne ne bougea pas et Freyja entra dans l'habitacle de métal pour coller doucement l'animal contre elle, continuant à la soigner. La chienne resta docile, s'endormant même sur ses cuisses lorsque les dernières blessures furent soignées. Freyja y alla patiemment, doucement malgré le sommeil de l'animal et caressa le doux poil en même temps. Une fois qu'elle fut entièrement soignée, Freyja réclama de quoi la nettoyer un minimum, ce que le marchand lui apporta rapidement, sous le choc du miracle qui se produisait sous ses yeux. La mage lava à la serviette la petite chienne, se promettant de lui donner un bain le soir même et sourit en voyant le pelage roux clair en dessous des traces de sang séchés et de la poussière.
Vidée de sa puissance magique, Freyja respirait un peu plus mal et se sentait très fatiguée, néanmoins elle était satisfaite. La chienne était soignée, nettoyée et dormait paisiblement, rassurée. Son prix lui convenait parfaitement. Elle inspira doucement pour reprendre son souffle, la petite chienne dans ses bras et sortit de la cage, satisfaite. La petite chienne était légère et molle dans les bras de Freyja, son museau humide posé dans son cou, ses griffes paresseusement accroché à ses vêtements. Adorable petite créature... Freyja l'aimait déjà. La mage tenait son nouvel animal contre elle soigneusement et retourna à la place du marché en souriant au marchand :
-Merci pour le cadeau, j'en prendrai soin.
-Heu... Pas de quoi mademoiselle... Répondit le marchand, surpris de l'espèce de miracle qui c'était produit sous ses yeux.
Cette femme n'avait pas été le premier mage guérisseur à tenter de s'approcher de la petite chienne, hors à chaque fois cette espèce d'enragée avait presque massacré les mages. Ceux-ci avaient déclarés la petite chienne comme étant impossible à dresser... Et cette femme qui ne devait même pas avoir atteint la vingtaine avait réussi après un seul essai?
Un miracle, tout simplement. Ou alors... Peut-être que c'était cette femme que la petite chienne attendait. Les chiens du nord étaient des animaux si mystérieux après tout... Aussi terrifiant physiquement que des loups, loyaux comme des chiens, intelligent comme des humains et pourtant d'une agressivité semblable aux ours.
-Ah, un petit chien! S'écria une voix d'enfant de l'autre côté des bâtiments, dès que Freyja dépassa les bâtiments et revint à la place du marché.
-Oui, c'est Styrke. Répondit la jeune femme.
Freyja sourit en voyant la lueur interrogatrice dans les yeux de Lucia. C'était un nom qui lui était venu très naturellement, en sentant la chaleur de la petite chienne contre elle. Force.
-Stirrekè? Tenta-t-elle de répéter.
-Non, non, il faut le prononcer avec l'ancien accent du nord. Rit gentiment Freyja. Styrke. Ça veux dire force en ancien nordique.
Les yeux de Lucia et de Mila brillèrent en entendant cela. Un prénom aussi grand pour un petit chien les impressionnait beaucoup. Mila ne put s'empêcher de manifester son excitation à voix haute :
-Ouah! Il est trop beau le petit chien! Pourquoi il fait dodo?
-C'est une petite fille et elle est fatigué. Elle dormira dans un petit panier ce soir pendant le repas et vous pourrez jouer avec elle demain, d'accord?
-Oui! Papa, t'es d'accord ? Demanda aussitôt Lucia en regardant Nachael.
-Maman, je pourrai jouer avec le chien et Lucia demain? Demanda Mila en même temps.
-Tant que Freyja est là pour vous surveiller, tu peux jouer avec Styrke. Répondit Nachael avec un sourire.
-Pareil pour moi. Fit Carlotta sans plus de résistance.
Comment résister aux yeux si pétillants de deux petites filles et de Freyja, visiblement heureuse de sa nouvelle amie? C'était juste impossible. La jeune femme leva alors le regard et vit Nachael et Ysolda, main dans la main, pratiquement collé l'un à l'autre en train de discuter ensemble. La rousse avait un petit sourire aux lèvres, le genre de sourire que Daren pourrait sortir lors d'une négociation et Nachael semblait embarrassé de quelque chose.
Si Freyja avait vu cette scène il y a quelques semaines, elle aurait eu mal. Ce serait sans doute poser des questions, toutes ayant trait à cette foutu phrase : Et si ça aurait été moi à la place d'Ysolda?
Personnellement, elle n'aimait pas ce questionnement. Ça lui faisait l'effet d'être une petite noble qui veut avoir tout l'attention du monde, une princesse gâtée pourrie qui est persuadée que le soleil se lève pour ses beaux yeux uniquement. Freyja détestait ce genre de femme. Et c'était détestée elle-même de ressentir ce genre d'égoïsme, elle qui avait pourtant apprit durant ses années auprès du cercle d'éloigner toutes tentations de son coeur. Elle avait lamentablement échouée, visiblement.
Mais là présentement... Ça allait. La piqure de jalousie n'était pas là. Était-ce parce que dans ses bras dormait cette courageuse petite chienne, dont le monde devait se résumer qu'à elle dorénavant? À cause de ses résolutions de l'autre soir? Lorsqu'elle avait envoyé Ysolda, Nachael et Lucia dans la même chambre?
La résolution d'enfin comprendre que les rêves de gamines, ce n'était pas pour elle. Nachael était un crétin. Un crétin qui visiblement ne voyait pas qu'il pouvait être heureux avec Ysolda. Un crétin qui ne comprend pas les sentiments des autres. Par chance, Ysolda semblait plus intelligente sur ce point. Et cette discussion la veille de l'arrivée de Nachael, lorsque la marchande lui avait demandé...
Flash Back
-Nachael a-t-il une fiancée?
Freyja se glaça complètement et regarda d'un oeil incrédule Ysolda, qui était assise prêt du feu et avait une chope de vin chaud dans les mains, les épaules couvertes de fourrures. La rousse avait tourné son regard vers la Psijique et attendait une réponse.
-Il n'en a pas... Répondit la mage. Pourquoi est-ce que tu me demande ça?
Mais Ysolda ne répondit pas tout de suite, et demanda encore une fois :
-Et toi, es-tu intéressée par Nachael?
-Mais... C'est quoi ces questions?! Rougit furieusement Freyja.
-Excuse ma brusquerie, mais j'aimerais réellement savoir ce qu'il en est avec cet homme. Dit doucement Ysolda en buvant une gorgée de vin.
-... J'ai été intéressée au départ par Nachael, mais je me suis vite rendu compte que jamais il ne me regarderait comme il regarde les autres femmes. Fini par avouer à moitié Freyja.
Hors de question qu'elle parle du coup de foudre de ce crétin de Rougegarde pour la nordique rousse! Mais Freyja avait comprit, avec l'aide de Daren, pourquoi Nachael ne la voyait pas... Comme une femme à séduire. C'était tellement évident qu'elle aurait put en pleurer.
Nachael savait qu'elle venait du passée. Qu'elle avait techniquement plus de mille ans. Et malgré sa réaction détendu lorsqu'il avait apprit la nouvelle, son regard avait changé. S'il l'avait trouvé belle la première fois qu'ils s'étaient vu, il ne voyait plus maintenant que son âge véritable. Et malgré les siècles passées, les hommes étaient toujours les mêmes. Ils préféraient des femmes plus facilement accessibles.
Ces histoires romantiques d'un chevalier combattant mille et un dangers pour les beaux yeux d'une quelconque fille de roi n'étaient que des contes pour les femmes au foyer, les jeunes femmes qui croyaient encore au grand amour et ces idiotes de noblesse qui espéraient avoir leur propre chevalier. Ces histoires ne reflétaient jamais la réalité. Jamais.
Les hommes préféraient toujours la simplicité pour leur ménage.
Et en sachant qu'elle était une mage issue d'une autre époque, forcée d'utilisée sur elle un sort de traduction tous les jours pour pouvoir discuter avec les gens et qui ne savait rien de ce siècle... Nachael n'avait certainement pas envie de passer le reste de sa vie avec une telle femme, même inconsciemment et Freyja pouvait le comprendre, même si ça faisait mal à son orgueil.
-Il est libre de tout engagement. Continua-t-elle. Tu devrais tenter ta chance... Ne pas hésité à être claire avec lui. Il est assez crétin sur les bords, surtout avec les femmes et leurs sentiments. Il se dit grand séducteur, mais il est surtout maladroit et assez lent à comprendre. Il ne doit pas être doué avec les femmes en fait, ses vantardises sur ces anciennes conquêtes ne doivent être que ça... De la vantardise. Je crois qu'il n'a jamais comprit ce que je ressentais autrefois pour lui, et pourtant j'étais peu subtile.
Ysolda hocha doucement la tête et posa sa chope sur le petit tabouret à côté d'elle et tendit une main vers Freyja. La blonde s'avança, prête à l'aider à ce lever, mais au lieu de tirer ce fut elle qui fut attiré.
La rousse avait une de ces forces! Elle prit la jeune femme contre elle et la colla contre son coeur. Freyja rougit devant ce câlin peu orthodoxe mais ne tenta pas de s'en défaire. Excepté Orgnar, il n'y avait personne pour les regarder étrangement. Ysolda passa une main douce sur le crâne de la jeune femme et lui dit avec douceur :
-Ce n'est pas la fin.
-De quoi est-ce que tu...
-Tu as renoncé à tes sentiments pour Nachael, pas vrai? Mais ça ne veux pas dire que plus jamais tu ne ressentiras à nouveau cette chaleur pour un autre. Tu es une femme magnifique, intelligente et débrouillarde, tu as le coeur sur la main et tu es forte. N'importe quel imbécile tomberait amoureux de toi, pour peu que tu accepte de t'ouvrir aux autres.
Il lui semblait à Freyja qu'on la berçait doucement, en même temps de lui murmurer ces mots d'encouragement et de réconfort. La jeune mage se mordit la lèvre et ferma les yeux, dans l'espoir de ne pas pleurer, mais peine perdu : ses joues étaient déjà mouillées. Ces mots étaient rassurants, murmurés au creux de son oreilles, la chaleur de la femme se transmettait à elle si facilement, ses mains lui frictionnait le dos doucement... Freyja avait l'impression d'être revenue dans le passée, d'être dans les bras de sa mère et que tout ce bordel, son voyage dans le temps, sa déception amoureuse et son combat pour tenter de démarrer une nouvelle vie... Tout cela ne s'était jamais passé.
Elle pleura. Sanglota à mi-voix, s'accrochant à Ysolda, qui lui caressait les cheveux en lui chuchotant des paroles réconfortantes. Freyja avait déjà un peu pleurer avec Daren, mais l'elfe noire n'était pas très douée pour réconforter les autres, un véritable bloc de glace... Mais avec Ysolda, ça passait tout seul...
La soirée passa dans cette même ambiance, Freyja pleurant en silence dans les bras rassurant d'Ysolda, qui la consolait et lui parlait avec douceur. Ce fut aux petites heures du matin que la jeune mage reprit ses esprits et que la rousse alla retrouver Lucia dans leur chambre.
Et c'était également à ce moment-là que Freyja avait définitivement coupé tous ses sentiments amoureux pour Nachael. Et comprit, en voyant Ysolda prendre soin de la petite de son ami qui ne réussissait pas à dormir et pleurait beaucoup, à quel point Nachael serait un crétin de la laisser partir. Cette femme était... Parfaite pour son ami.
Alors que le soleil commençait à timidement naître derrière les montagnes, Freyja sourit sincèrement en songeant que son ami et la nordique rousse feraient un merveilleux couple. Un imbécile guerrier trop insouciant et protecteur, avec une marchande intelligente, douce, forte et surtout compréhensive.
Fin Flash Back
Et encore maintenant, alors qu'elle les voyait aussi proche, Freyja pensait encore qu'ils seraient heureux ensemble. Et elle n'était plus jalouse, plus du tout. Au contraire. C'était un sentiment de bonheur léger qui lui prenait lorsqu'elle regardait ces deux-là ensemble.
C'est alors que Nachael tourna la tête vers elle, l'air inquiet. Il était peut-être un crétin, mais il était un crétin adorable. Freyja ne put que lui sourire, un véritable sourire sincère qui dut surprendre Nachael. Il la regarda un moment, puis regarda Ysolda, qui affichait également un sourire doux, et il se mit également à sourire. Un sourire apaisé.
Freyja fut soulager de voir un tel sourire sur son ami et Lucia, toujours près d'elle, dit doucement avec un petit sourire malicieux :
-Mon papa, il serait bien avec Ysolda, hein! Je la voudrais comme maman!
Une maman, hein? C'était fou comme ce titre collait si bien à Ysolda. Une maman. Une femme qui berçait et consolait sa rivale en amour, prenait soin de la fille d'un autre, veillait sur les autres tout en continuant sa vie de marchande sans jamais se plaindre ou réclamer plus. Une véritable maman, ou alors une future maman poule, Freyja le sentait.
Et ce fut pour ça qu'elle rit doucement et approuva les paroles de Lucia avec un petit clin d'oeil.
-Alors faisons tout pour que ton crétin de papa comprenne qu'il sera heureux avec ta future maman, d'accord?
-Oui! S'enthousiasma Lucia.
Pendant que Freyja était partit chercher son prix, Lucia était allé voir Ysolda et lui avait parlé à voix basse, l'air désolée et triste. Ysolda l'avait écouté puis avait répondu avec un sourire, qui avait fait disparaître l'air triste du visage de ma princesse.
Puis ma petite princesse était retournée auprès de son amie Mila et avait parlé avec elle très joyeusement, de jeux qu'elles voudraient tenter demain et d'autres choses qui ne préoccupait que les enfants. Carlotta était déjà sur un autre stand et quelques passants autour de nous discutaient des repas de ce soir, des invités dans les familles ou la cours du Jarl et d'autres choses banales de la vie.
Banale. Ordinaire en d'autres mots. C'était étonnant de voir une telle chose, en fait. Je ne sais pas trop pourquoi je pensais ainsi à ce moment-là, excepté que je me sentais un peu... À part. Le cristal de Mérida semblait peser de plus en plus lourd dans ma bourse, Nlaghn quand à elle semblait si légère que j'avais l'impression qu'elle allait disparaître d'un coup de vent et en moi, Fus sembla tourbillonner.
Depuis mon espèce d'absence sur le promontoire de l'observatoire de la rivière blanche, Fus semblait encore plus vivant que jamais, pourtant il ne "m'attaquait" pas. Il ne tentait pas de "forcer" ma voix à sortir, il restait sage... Tout en me faisant savoir qu'il était là. Mais sans vraiment communiquer, plutôt comme... L'impression qu'il y a une force en toi que tu ne contrôle pas vraiment. Que c'est plutôt cette force qui accepte, pour le moment, d'être tranquille.
Et c'est peut-être ça qui m'effraie le plus. Le fait que ce pouvoir... Je n'ai aucun contrôle dessus. Au Tertre, j'ai faillit attaquer Freyja et Daren sans m'en rendre compte. Sur le promontoire de la rivière blanche, j'ai tué quelqu'un. Certes, c'était un ennemi, mais qui sais ce qui pourrait se produire la prochaine fois? Qui sait si le prochain ne serait pas un Compagnon, un de mes amis ou pire encore, Freyja, Lucia ou Ysolda?
Ce fait m'avait énormément effrayé. Et alors que je tentais de reprendre le contrôle de cette peur stupide, Ysolda était venu auprès de moi. Son geste ne m'avait qu'à demi surpris.
Depuis les événements qui se sont produit entre elle et moi à Rivebois et sur la route menant à Blancherive, quelque chose avait changé entre elle et moi. Certes, cela ne faisait même pas 24h, mais c'était très visible, même pour un crétin comme moi. Je l'ai embrassé. Je lui ai clairement dit que je la voulais pour moi. Je ne lui ai pas avoué toute l'étendu de mes sentiments, mais à son regard, je sais qu'elle l'a devinée toute seule. Elle-même semblait plus ouverte auprès de moi et n'hésitait plus à prendre des initiatives sur Lucia, comme la corriger quand elle était insolente, ou la féliciter quand elle faisait bien les choses. Il m'était plus facile de la regarder et de lui sourire, plus naturel d'avoir une pensée pour Ysolda autant qu'avec Lucia. Et c'était presque une évidence d'avoir un contact physique avec elle.
Et comme à presque toutes les fois où elle se rapprochait de moi, elle posa une main sur mon poignet avant de glisser sa main dans la mienne. En retour je pressais toujours doucement cette main à la fois fine et pourtant un peu rugueuse. Des mains de travailleuses.
Cette pensée me fit rappeler cette discussion avec mère, la veille de sa mort, au coin du feu. Elle m'avait expliqué que Freyja avait des mains de fermière. Je savais aujourd'hui que c'était plutôt des mains de magicienne, qu'elle avait du travailler dur avec ceux-ci pour réussir à devenir une aussi puissante mage à 16 ans à peine.
Ysolda avait le même type de main. Des mains de quelqu'un qui ne relâche rien dans ses projets. Elle s'approcha un peu, à un point que nos bras se frôlèrent, nos doigts se lièrent étroitement et nous restâmes dans cette position, alors que Freyja revenait avec une petite chienne. Elle présenta son nouvel animal à Lucia et Mila, qui étaient en extase devant la boule de poil et je voulu m'éloigner un peu pour ne pas blesser Freyja.
Cependant Ysolda m'en empêcha et me regarda avec calme.
-Pourquoi tu t'éloigne? Fit-elle d'un ton tranquille.
-C'est que... Fis-je, embarrassé. Enfin... Je ne veux pas blesser Freyja...
-Parce qu'elle avait eu des sentiments pour toi autrefois? Compléta Ysolda. Sentiments que tu ne lui as pas retourné, n'est-ce pas?
Je hochai la tête, inconfortable dans l'idée que celle que je commençais à aimer de plus en plus ne me voit plus que comme un briseur de cœur sans scrupule, et Ysolda eu le même sourire que Daren lors d'une négociation particulièrement compliquée. Malicieux, amusée et déterminée. Bizarrement, ce sourire me fit rougir, béni soit ma peau foncé qui masque mes rougeurs!
-Nachael, c'est très noble de ta part de ne pas vouloir la blesser, mais je t'interdis de renoncer à ton propre bonheur pour une raison pareille. Tu ne lui as pas retourné ses sentiments, tu l'as déjà blessé. La ménager maintenant ne ferait que lui donner de faux espoirs, et la blessera davantage. Tu dois être sincère avec elle... Regarde-la.
Je tournai un regard un peu inquiet vers Freyja, qui nous regardait sans doute depuis un moment. Elle semblait perdue dans ses pensées. Mais après un petit instant, elle me sourit. Et cette fois, je ne vis pas la moindre trace de mensonge dans son sourire, elle était sincère. Je regardai ensuite Ysolda, qui me souffla en souriant doucement :
-Et puis, peut-être a-t-elle également renoncé à toi maintenant, tu ne crois pas?
Oh... Maintenant qu'elle le disait... En effet. Je le réalisais maintenant mais... Freyja n'avait pas été capable de me regarder dans les yeux pendant un long moment et maintenant, elle souriait et riait avec sincérité. Ysolda... Elle a raison. Ce serait vraiment stupide de ma part de resté coincé sur le passé, alors que mon amie c'est déjà tournée vers l'avenir. Alors je souris à mon tour, heureux et soulagé.
-Monsieur Nachael Draconis? Demanda soudainement une voix à ma droite.
Je tournai la tête et vit un type habillé chaudement, les vêtements usés par de nombreux voyage avec une lourde sacoche à son épaule. Je hochai la tête et l'homme soupira de soulagement avant de fouiller quelques secondes dans sa sacoche. Il me tendit par la suite une enveloppe.
Une lettre?
-Une lettre de votre amie, désolé du temps d'attente, j'ai eu quelques problèmes sur la route. Dit l'homme.
Je lui pris son colis et ouvrit l'enveloppe. Mais de quel ami parlait-il...? Oh... Oh!
-C'est une lettre de Daren! M'écriais-je, avec un grand sourire.
Sitôt que le prénom sortit de ma bouche, Lucia se précipita vers moi pour réclamer des nouvelles de sa "tantine" préféré (je crois que je ne m'y ferais jamais à ce surnom...) et Freyja bondit sur ses pieds.
-Elle se décide enfin à écrire cette foutue elfe noire? Demanda Freyja avec sarcasme malgré son sourire, tout en s'approchant pour lire par dessus mon épaule.
Mais le ton de la lettre nous fit perdre le sourire que nous avions. Alarmiste, prudente, Daren avait fait attention à ne jamais clairement décrire le Thu'um que nous possédions. J'entendis Freyja murmurer à mi-voix le titre du livre à trouver et approuva mentalement ; Il lui en faudra une copie rapidement pour faire des recherches en parallèles avec celles de Daren.
Puis la lettre mentionna une chose qui me glaça le sang.
Les dragons.
Depuis l'attaque d'Helgen, je n'en ai plus vu un seul, bien que des rumeurs circulent à ce propos, rien ne prouvait qu'un dragon ait attaqué des villages, ou des voyageurs sur la route. Ce n'était, pour la plupart, que des frayeurs de fermiers, pour expliquer la disparition d'animaux... C'était après tout plus impressionnant que ce soit à cause de dragons plutôt que de vulgaires loups.
Mais ce que Daren sous-entendait... C'était qu'elle et moi étions "devenus" des sortes de chasseurs de dragon, dans cette chambre dans le Tertre. En découvrant le Thu'um, en l'absorbant en nous, nous étions devenu... Autre chose.
Tant que cet autre chose ne soit pas inhumain...
Et voilà. Fin du chapitre. Laissez une review en partant, c'est de lire toutes celles que j'ai eu jusqu'à présent qui m'ont encouragés à ne pas relâcher mes écrits sur Skyrim! J'accepte toutes les critiques, et parfois même modifie certain chapitre en conséquence!
J'écris parce que j'aime écrire, mais ce que j'aime par dessus tout, c'est d'être lut et que les lecteurs apprécient mes mots! Donc toutes vos remarques seront toujours prises en compte, je le promets! (Sauf les remarques un peu débile du genre : Faudrait qu'untel meurs parce qu'il me gave, etc.)
Bisou à tous, merci de votre lecture!
RedChi-san
