Merci à shachou: ta review m'a fait très plaisir et c'est dommage que tu ne sois pas inscrite, sans quoi je t'aurais sans doute écrit une montagne de remerciement ! ^^ A la prochaine…
Note importante: merci également à Mrs Esmee Cullen : en effet, j'ai fait une grosse erreur d'inattention : dans le chapitre 8, la voiture de Bella est détruite par notre cher Edward (que ferait-on sans lui ? ^^), et dans le chapitre 9, Bella arrive au lycée avec sa Chevrolet. Donc, je vais remplacer ça immédiatement !
Merci à toutes celles qui ont laissé un commentaire ou tout simplement pour celles qui viennent lire cette fiction…
Chapitre 10 :
-Tu as oublié quelque chose, Swan ? demanda t-il, ironique.
Je fermai les yeux : rien que pour cette pique, j'avais envie de m'enfuir très loin. N'aggrave pas ton cas, Cullen ! Je respirai profondément.
Pense à Jack ! Pense à son rêve ! Pense au boulot de Charlie ! Que se passera t-il lorsqu'il devra embarquer ton meilleur ami en tôle ? Allez Bella, courage, que Diable !
Je rouvris grands les yeux et, froidement, annonçai :
-C'est OK.
POV Bella :
Il me fixait toujours, et son regard me brûlait. Ce n'était pas un regard torve, ni trop obscène. C'était un regard puissant. Passionné. Je déglutis difficilement.
Bon… Je lui ais dit oui ; il attend le déluge pour réagir, ou quoi ?
-Hum…
En plus, Charlie va s'inquiéter si je rentre en retard…
-Très bien, Cullen. Le suspens est intolérable, là, raillais-je. Donne-moi les photos.
Il eut un bref froncement de sourcils puis un sourire ironique éclaira faiblement son visage.
-Hum… non. Les photos seront pour plus tard. Pour le moment, il me faut une preuve que le marché tient des deux côtés.
-Parlons-en, de ce marché : en quoi consiste t-il réellement ? répliquais-je, sentant la colère montée de nouveau.
S'il ne me donnait pas ces fichues photos dans l'instant, je commettrais vraiment un meurtre. Ce n'était pas une menace, c'était une promesse.
-Premier point, commença t-il, pas le moins du monde effrayé.
Il semblait détendu, comme s'il réglait une affaire banale. Déjà acquise.
Je t'en ficherais, moi, des affaires déjà acquises…
-… C'est Ok ?
-Pardon ?
Bravo, Bella ! Perdue dans ton propre monologue intérieur…
Il me jaugea du regard. Peut-être doutait-il de ma santé mentale. Oh et puis, il n'avait rien à dire, lui, lorsqu'on voyait quelle sorte de plan sortait de son esprit machiavélique.
-Premier point : on se comporte ensemble comme tout couple le fait.
Glups.
-Tu veux dire… Même en privé ?
Il me regarda avec intensité, me laissant sans réponse.
Re-glups.
-Deuxième point : tu évites de sortir avec d'autres que moi.
Quoi ? Non, mais pour qui se prenait-il ?!
Il dut voir la colère rapidement m'envahir car il agita les photographies sous mon nez. Argh… Je vais le taper !
-Troisième point : le marché ne tiendra plus que lorsque j'en aurai décidé.
-C'est tout ?
Je serrai les dents, dans ma rage contre lui. Mais il sortait d'où ? On n'était plus à la préhistoire ! Et puis, ce côté possessif… Insupportable ! Il ne tenait même pas à moi !
Je te déteste, Edward Cullen !!
Il me regarda un instant encore puis soudain, il sembla prendre une brusque décision. Il s'empara de ma main et me força à le suivre. Jusqu'au parking. Il restait encore beaucoup d'adolescents, qui fumaient près de leurs voitures. Le ciel rosissait légèrement, signe que j'étais en retard à la maison.
Charlie va encore paniquer…
Edward s'arrêta brusquement devant moi et il me fit décrire un cercle pour que j'arrive face à lui.
Qu'est ce qu'il a dans la tête ?
Son regard était déterminé. Presque froid. Il se tenait bien droit. Ce ne fut qu'à cet instant que je m'aperçus de notre emplacement : en plein milieu du parking. Et tout le monde pouvait nous voir.
Re-re-glups
-On va tester la solidité de notre marché, me chuchota t-il enfin.
Mes yeux s'agrandir sous l'effet de l'étonnement. Je sentis ses mains glisser doucement le long de ma taille pour se refermer dans mon dos. Ainsi rapprochés, j'eus encore plus conscience des regards curieux qui se promenaient sur nous.
-Je… Qu'est ce que tu fais ? couinais-je.
Il me regarda, encore. Il était passé en mode silence, ou quoi ?
-Embrasse-moi, Swan.
Pour le coup, je sentis mon cœur battre en dehors de ma poitrine. Essayez, c'est une impression très étrange. Et puis soudain, je réalisai l'énormité de sa demande : QUOI ??!
Ca ne se demande pas, un baiser ! Ca se fait parce qu'on en a envie, point !
-Mais… Tout le monde nous regarde !
J'avais encore cette voix haut-perchée de souris effrayée. Ressaisis-toi, ma vieille ! Comme à son habitude, il ne me répondit pas, mais se contenta de me regarder.
Les photos ! Jacob ! Pense aux photos ! Pense à Jacob…
Je relevais la tête vers lui et fixai mes yeux dans les siens. Ils étaient impénétrables. J'inspirai un grand coup puis me mis pointe de pieds. Il était vraiment grand. Il me regardait toujours. Et il n'y avait pas que son regard posé sur moi. Tous les lycéens présents sur le parking nous regardaient. Dès demain, tout le lycée serait au courant…
Ben oui, banane ! Il ne t'aurait pas amenée ici sinon ! Il tient à ce que tout le monde sache que vous sortez ensemble…
Re-re-re-glups.
J'approchai mes lèvres des siennes et je sentis sa prise sur ma taille se resserrer. Serre plus fort, je n'étouffe déjà pas assez… Bon, on n'allait pas y rester trois heures ! Ce serait un petit baiser comme ça. En surface. Et tout le monde serait content. Lui serait content.
Je fermai mes yeux et plaquai rapidement mes lèvres contre les siennes.
Voila !
Je voulus reculer mais je compris instantanément qu'il ne me lâcherait pas tant qu'il ne le voudrait pas. Je sentis sa main remonter en flèche de mes reins à ma nuque, qu'il soutint légèrement. Très bien. Il voulait être sur que je ne m'échapperais pas. Le baiser ne s'approfondissant pas, je concentrai mon attention sur ce qui nous entourait. On pouvait entendre les mouches voler…
Sans doute la nouvelle allait-elle-même se répandre jusqu'au lycée de la Push, si ça continuait ainsi. Les lycéens ne pouvaient-ils simplement pas aller voir ailleurs ? Je repris brutalement conscience de la situation lorsque je sentis qu'il me mordillait légèrement la lèvre inférieure.
De… Ce… Quoi ??
De surprise, je lui autorisais l'accès à ma bouche Et il en profita instantanément.
Il embrassait bien. Même très bien. Tellement bien que mon corps se déroba à ma volonté. Aussitôt après que j'eus admis que ma raison ne valait rien en cet instant, je sentis mes lèvres partir à l'exploration des siennes tandis que j'abandonnais ma position rigide et froide pour me rapprocher un peu plus de lui. Mon esprit émettait inlassablement la même sonnerie d'alerte, alors même que mes mains se faisaient un plaisir de l'ignorer. Elles remontèrent de sa nuque à ses cheveux, lesquels elles parcourent en tout sens, comme animées d'une volonté propre. Inconsciemment, j'émis un gémissement de plaisir et Edward resserra encore plus sa prise sur moi.
C'était… incroyable, cette force qui nous parcourait lorsque nous nous enlacions, lorsque nous nous embrassions. Même lorsque nous nous touchions, il y avait cette décharge électrique qui nous faisait vibrer à l'unisson.
Peut-être cette force était-elle due au fait que nous ne nous aimions pas. En revanche, je sentais le désir couler à flot dans mes veines et j'étais sure que, si j'ouvrais les yeux à cet instant, ses pupilles à lui seraient noires d'un désir impatient.
Au fond, nous étions lui et moi exactement identiques.
Pendant un moment encore, notre baiser continua. Plus fort. Plus passionné. Et lorsqu'enfin il me relâcha, je m'agrippai à lui pour reprendre mon souffle. J'espérais vraiment que mes jambes ne flancheraient pas, ça aurait été trop stupide. Quelques secondes durant, le silence nous enveloppa, et seules nos respirations hachées et suffoquées retentirent. Je vis Edward se redresser et me fixer à nouveau, droit dans les yeux. L'espace d'un instant, je crus apercevoir l'Edward qui m'avait tenu dans ses bras après notre accident, celui pour lequel je craquais totalement. Puis, en même temps que se rétablirent les bruits environnants, un sourire victorieux éclaira son visage.
Je baissai les yeux. J'avais honte d'avoir réagi de la sorte à son contact et j'étais plus que déçue de son attitude. Ce sourire de victoire… Comme si je n'étais rien d'autre qu'un pari lancé à lui-même.
Et sans doute étais-je cela. Rien qu'un misérable pari. En m'embrassant ainsi, Edward Cullen clamait haut et fort que je lui appartenais, moi, la fille qui ne se laissait pas approcher par quiconque de trop entreprenant.
Je ne réalisai mes larmes que lorsque j'en sentis une glisser le long de ma joue. Je détournai la tête pour qu'il ne les vit pas. Ca aurait été pire que tout. Il ne fallait pas qu'il comprenne que ce qu'il faisait m'affectait. M'affectait beaucoup trop.
J'étais triste et déçue qu'Edward Cullen ne soit pas celui que j'attendais. Il avait été cette personne, l'espace d'un moment. Et puis cette facette s'en était allée. C'était comme si je l'avais rêvée.
Mes sanglots silencieux agitaient doucement mes épaules et, bien qu'Edward ne put les voir, j'étais sure et certaine qu'il les sentait. Après tout, ses mains entouraient toujours ma taille et ma nuque. Et il ne me lâchait pas. Que voulait-il, encore ? M'humilier davantage ? Il n'avait qu'à convoquer l'état major, tant qu'il y était, et faire une apparition télévisée pour clamer sur tous les toits : « Oui, oui, je vous assure ! Bella Swan m'a embrassé ! Et pas qu'un peu… »
Crétin crétin crétin CRETIN !!!
J'eus l'impression que mon esprit avait hurlé ce dernier mot, tandis que mes mains repoussaient brutalement Edward en arrière. Il n'avait pas vu le coup venir, aussi le sentis-je partir en arrière. Sans lui jeter le moindre regard, je me dirigeai, ou plutôt je courrai, vers ma voiture couleur citrouille. Je l'entendis m'appeler mais je me gardais bien de me retourner. Au diable Jacob et ces stupides photos ! Il n'y avait du reste rien à dire dessus : nous ne sortions pas ENSEMBLE !!
Et ça ne risque pas de se produire parce qu'à présent, tu es avec Edward Cullen, ma petite…
J'adressai à ma Voix Intérieure une baffe monumentale.
En arrivant à la maison, j'eus à subir les foudres de Charlie, qui s'apprêtait à revêtir sa casquette de Chef de la Police pour rechercher sa fille désobéissante. Sitôt que j'eus franchis le seuil du salon, j'entendis le téléphone sonner et, dans un sursaut, je crus à un appel d'Edward.
Il n'a pas ton numéro, Bella, relax un peu…
Je décrochai : c'était Angela. Ah oui, elle m'avait promis cette conversation, dans les toilettes.
-Bella ?
-Salut, Angela. Tu vas mieux ?
-Moi ? Oh, oui, merci. Ecoute, je voulais te remercier pour ce que tu as fait cette après-midi. Peu de gens aurait réagi comme toi tu l'as fait. Seulement…
J'entendis une profonde respiration puis :
-Bella, tu sais qu'Edward ne cherchait qu'à me faire réagir, face à Tanya.
Ce n'était même pas une question. C'était une affirmation. Sur le coup, je restai coite. Ainsi, Edward Cullen pouvait aussi faire montre d'un peu de caractère…
-Bella ?
-Je suis là, Angie.
Le surnom était venu tout seul, et il ne parut pas déplaire à Angela qui reprit :
-J'ai parlé avec Ben, tu sais.
Non, je ne le savais pas. Je ne savais même pas qu'ils se connaissaient. Pour être franche, Ben n'était pour moi qu'une figure parmi le flot d'élèves du lycée.
-Et qu'a-t-il dit ?
-Que j'avais eu tord de ne pas casser le nez à Tanya.
J'entendis son rire tandis qu'elle m'expliquait.
-Ben est un adepte du catch télévisé, mais au fond, c'est un grand pacifiste. Il m'a dit qu'il ira mettre les points sur les i avec Tanya demain.
-J'en suis heureuse, Angela. Seulement, il faudrait que tu puisses te défendre toi-même et que ce ne soit pas à Ben d'aller dire ses quatre vérités à Tanya, informais-je doucement.
Il y eut un silence durant lequel je compris qu'Angie réfléchissait.
-Tu as raison, mais Tanya me fait un peu peur. Et ce qu'elle a dit n'est pas entièrement faux…
Je sentis la colère monter à nouveau. Angela était bien trop influençable ! Tanya était une garce, d'un bout à l'autre, alors pourquoi prenait-elle en compte ses remarques ?
-Qu'a-t-elle dit qui te fasse douter de toi, Angela ?
Je l'entendis déglutir.
-Elle… elle m'a dit que j'étais bien trop banale pour Ben. Je ne suis pas très intéressante, Bella, tu sais et, sur ce point, Tanya avait raison. A vrai dire, je ne sais pas ce que Ben me trouve et…
-Angie ?
-Oui ?
-Angie, tu aimes Ben ?
-Quoi ? Mais non, je… tu… (Soupir) oui. Pourquoi ?
-Si tu tiens à lui, ce n'est pas pour rien. Ben doit forcément avoir des qualités de cœur qui te correspondent. Tu ne l'aimerais pas s'il ne savait pas reconnaitre ta valeur. Angie, tu es venue m'apporter du chocolat sur un lit d'hôpital alors que tu ne me connaissais même pas. Crois-moi, une personne banale ne l'aurait jamais fait. Ne doute pas de toi. Si jamais Ben te quitte (ce qu'il ne fera pas) sache que tu n'y perdras rien au change parce que le plus grand trésor dans l'histoire, c'est toi.
Il y eut un autre silence. Paisible.
-Merci, Bella.
J'indiquai par gestes à mon père que nous allions bientôt passer à table tout en répondant : « De rien, Angela. Passe une bonne soirée ». Puis je raccrochai et passai côté cuisine pour empêcher Charlie de mettre le feu à la casserole.
***
-Bella !!! Bella, Bella !!
Je me retournai et vis Alice accourir dans ma direction. Elle s'élançait dans le couloir vert pâle du lycée comme un mannequin sur son podium. Un grand sourire apparut sur mes lèvres. Alice était une toute petite chose qu'un rien faisait exploser. De joie comme de colère. Un volcan miniature. Je l'aimais bien.
-Alice ! Calme-toi, tu vas finir par nous faire une crise car…
Je ne pus finir ma phrase car une porte s'ouvrit brusquement devant Alice, qui trébucha et s'élança en vol planée dans ma direction. Une Alice volante. Incroyable. Et puis soudain, à mon grand soulagement, un bras la retint. Jacob.
POV Alice :
-Tu vas bien ? Je suis navré, j'ai ouvert la porte sans penser que quelqu'un pouvait venir. Tu n'a rien ?
La voix chuchotait à mon oreille, grave, réconfortante. Et j'avais bien besoin d'être réconfortée. La mine défaite, des trémolos dans la voix, je regardais mes chaussures défigurées par la chute.
-Mes talons-aiguilles ! Mes talons-aiguilles Gucci ! Ca ne peut pas être une chaussure à talon-aiguilles SANS talons-aiguilles !!! Bella !! J'ai cassé mes CHAUSSURES !!!!
-Laisse, Jacob, elle va bien, entendis-je Bella rassurer mon sauveur.
Comment ça, j'allais bien ?! Avait-elle vraiment vu le… Oh ! Ainsi c'était ce professeur craquant, Jacob Black, qui m'avait récupérée en plein vol ? ET JE N'EN AVAIS MÊME PAS PROFITE ? C'est vrai que j'avais déjà un petit ami (que j'aimai, par-dessus le marché) mais Jasper était en France… Si loin…
-Pourquoi crie t-elle ainsi, dans ce cas ? demanda Jacob.
Je vis Bella lever les yeux au ciel.
-Elle vient de casser le talon d'une de ses chaussures alors elle est triste.
Jacob me regarda comme si je venais de débarquer d'une autre planète. Ce garçon n'avait aucune compassion pour les chaussures. AUCUNE.
-Bella ? Appelais-je, sanglotant presque.
-Oui ? demanda t-elle en s'agenouillant à côté de moi. C'était vrai que j'étais toujours assise à terre, ma chaussure infirme coincée quelque part entre ma poitrine, ma tête et mes mains.
-Bella, répétais-je, il faut absolument qu'on aille faire du shopping à Seattle pour combler le gouffre affectif que la perte de ma chaussure a créé dans mon cœur. Bella, c'est vital !
Elle soupira.
-Alice ? C'est non.
-Mais Bella ! C'est de sa faute (je pointais Jacob Black du doigt, comme une gamine de sept ans) si je suis tombée à terre et que ma pauvre chaussure est morte ! Et c'est TON (mon doigt se déplaça vers elle) Professeur ! C'est donc aussi TA faute ! Si tu veux que je garde le silence, il FAUT que tu viennes avec moi, concluais-je, boudeuse.
Soudain, Bella parut énervée ; elle qui était amusée quelques secondes auparavant. Ce changement d'humeur me perturba un peu. Et d'un coup, elle explosa.
-Pourquoi les Cullen ont-ils toujours recours au chantage ?? Dis-moi, cela relève de l'éducation, du milieu ou c'est juste votre passe-temps favori pour emmerder les gens ??! Et puis, c'est-
-Brandon, la coupais-je.
Elle s'arrêta et me dévisagea.
-Pardon ?
-En réalité, je suis Alice Brandon. Pas Cullen. Du nom de mon père, poursuivis-je devant son air incrédule. Enfin, normalement, j'aurais pu prendre le nom de Carlisle vu que mes parents n'étaient pas mariés mais, je ne sais pas, Brandon, je trouvais ça pas mal, et toi ?
L'ardeur de Bella était complètement retombée face à mon petit discours. J'étais fière de moi.
-Bon, et pour ce shopping ?, conclus-je en levant vers mon amie un visage angélique.
***
POV Bella
J'avais finalement acceptée l'offre d'Alice, en précisant que je serai la conductrice. La pauvre, elle ne savait pas encore ce qui l'attendait, en me forçant à l'accompagner dans sa sortie shopping.
Cette dernière étant prévue pour samedi, il me restait un jour avant de pouvoir admirer la tête déconfite d'Alice devant ma surprise. Je jubilais intérieurement.
-Ca fait du bien de te voir sourire, Swan.
Je figeai presque et sa voix de ténor me fit frissonner. Je sentis son geste avant même qu'il ne l'eut esquissé et lorsque sa main se posa sur mon bras pour me faire pivoter, j'accompagnais le mouvement, presque consentante. D'un seul élan, il posa ses lèvres sur les miennes, doucement. Je n'eus pas le temps de fermer les yeux pour en profiter (parce que, oui, j'en profitais) que déjà il me repoussait brutalement en arrière pour m'éloigner de lui.
J'avais les yeux écarquillés de stupeur. Et il n'y avait pas que moi, apparemment, étant donné le cri surhumain qui retentit derrière moi.
Si Dieu existe, alors par pitié, faite que ce ne soit pas Alice qui vient de hurler comme ça !
-Mais qu'est ce que tu fais, espèce de pouf ???
Dieu existe très certainement, mais il a conclu un pacte avec le Diable. Tanya…
-Je rêve !! Edward ! Ca va ? Elle t'a pratiquement sauté dessus !!
Je regardai Tanya s'affairer autour d'Edward, la sentant à deux doigts d'appeler une ambulance. Non mais vraiment…
-Toi ! dit-elle, la voix suintante de venin, en se retournant vers moi d'un bloc, pointant en direction de ma poitrine son ongle parfaitement manucuré.
-Moi ?
-Oui, toi !! hurla t-elle. Qu'est ce qui t'a pris de sauter sur mon Eddy, comme ça ??! Pour qui te prends-tu, espèce de salope ??
Elle me poussa violement en arrière.
Mais quel genre de gamine pousse quelqu'un à terre juste parce que ce quelqu'un ose lui piquer son joujou ?
Dans ma brusque chute, je crus apercevoir Edward faire un pas rapide en avant pour me retenir, puis s'arrêter aux côtés de Tanya. J'attendis instinctivement que mes fesses touchent le sol cependant il ne m'arriva rien. Quelqu'un me retenait.
Mike Newton.
Il me remit d'aplomb et bafouilla :
-Ca… va aller, Bella ?
Je ne le regardai déjà plus. Mes yeux étaient fixés sur Tanya qui me dévisageait, méprisante.
-Merci, Mike.
Puis, haussant le ton :
-Ecoute, Tanya, que tu veuilles absolument te faire tous les garçons de cette école avant ta majorité, ça m'est égal. Mais que tu oses me toucher, me pousser à terre comme une vulgaire gamine, ça il n'en ait pas question. Touche-moi encore une seule fois et je peux te promettre que plus personne, jamais, ne voudra t'approcher.
Je m'éloignai de quelques pas puis l'observai à nouveau, compatissante.
-Ma pauvre, quelle horreur ce serait que de devoir être condamné à une vie entière d'abstinence…
Elle me fixa avec un air totalement abruti. On aurait dit que je parlais chinois.
-Abstinence, Tanya, oui, je t'assure que ce mot existe. Dois-je te l'épeler ? Ou te chercher un dictionnaire, peut-être, pour que tu en saisisses le sens ?, continuai-je, moqueuse.
-Ne t'approche pas d'Edward Cullen… gronda t-elle.
Wow. Elle était impressionnante, lorsqu'elle grognait.
-Edward est derrière toi, Tanya. S'il ne veut pas m'approcher, qu'il le dise haut et fort. Moi, ça me fera des vacances, finis-je d'un ton sec en fixant Edward dans les yeux.
Remontant mon sac sur mon épaule d'un geste plus sec encore, je me détournai d'eux et me rendis prestement dans ma salle de maths.
-Bella ! Attend !
Franchement, cette phrase est typique de notre relation… Edward la répète sans arrêt !
Une minute. Relation ??! Nous n'avions pas de relation. Lui m'avait forcé à sortir avec lui ; et moi je le détestai. Point final.
Mais tu adores quand il t'embrasse, avoue…
-Bella, je t'ai dis de m'attendre ! Tanya, tu bloques le passage, là… Pardon !
-Oh ! Excuse-moi, Eddy, minauda t-elle de sa voix flûtée.
Cette fille pouvait passer du chaton inoffensif à la tigresse redoutable en moins de deux secondes. Impressionnant.
Je tournais à l'angle lorsqu'il m'attrapa par le coude. Pouffant de rire, je notai sa mine déconcertée.
-Pourquoi rigoles-tu ?, me demanda t-il, décontenancé.
-Tu as remarqué qu'à chaque fois que tu me cours après, tu finis toujours par m'appeler en me priant de t'attendre et par m'attraper le coude ou la taille ? Tu n'as pas des idées très originales, Edward. Ce n'est pas bien. Ton manque de créativité te perdra, dis-je en faisant mine de le sermonner.
Ce qu'il apprécia moyennement.
-Ca suffit, Bella.
Je pouvais sentir la colère monter en lui par vagues successives. Ce ne fut qu'au moment où il resserra sa prise sur mon poignet que je me rendis compte de l'intensité de ma propre fureur.
-Tu peux me dire ce que ça signifiait, ta dernière phrase à Tanya ?
-Réfléchis, Edward, je suis sure que tu vas trouver.
Nos voix étaient froides, glacées, pour ne pas dire.
-Swan, on sort ensemble. Tu n'es pas sensée dire ce genre de trucs.
-Mais je les pense, persistais-je.
-Mais on s'en fout, de ce que tu penses !! Explosa t-il.
Je reculai, presque effrayée. Ses yeux brillaient de fureur. Il agrippa mes épaules et me plaqua contre le mur du couloir désert.
-Tu es mienne, Swan.
-Donne-moi les photos, Cullen, dis-je en essayant vainement de contrôler ma voix qui partait dans les aigus.
-Pas avant que tu ne l'ais reconnu. Répète-le, Swan.
-Non.
-Dis-le.
-Je…
Ses prunelles étaient si proches des miennes… Elles étaient noires. De colère. De fierté. De… désir.
Oui, voila, la nuance qui flamboyait dans ses yeux, c'était la couleur du désir. Mon souffle devint heurté. Il ne me convoitait pas, il me désirait.
Comme James…
- Dis-le-moi, Bella.
Alors, malgré moi, je fermai les yeux et je m'entendis répondre :
-Je suis à toi.
Alors seulement, Edward me relâcha, et avec lui, tous mes fantômes reculèrent. Evanouis pour le moment.
-Parfait.
-Les photos. Maintenant, exigeai-je.
Il eut un sourire en coin, moqueur.
-Voyons, Bella, tu me prends vraiment pour un bleu. Allez, rentre bien chez toi. Et fais attention sur la route, mon cœur ! dit-il plus fort, à l'attention d'un couple qui passait par-là.
Ils nous regardèrent avec curiosité puis sortirent dans la cour, et je vis Edward en faire de même. Des sanglots dans la gorge, je me laissai glisser le long du mur. En larmes.
J'étais de nouveau soumise.
Bonjour à toutes !
Prochain chapitre : la sortie shopping de Bella avec Alice (ou plutôt d'Alice avec Bella), et sans doute une ou deux Grandes Nouvelles qui n'attendent que ça pour sortir au grand jour !
Morgane
