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Faut croire qu'on était fait pour s'aimer.

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NdA : Comme promis il y a quelques jours, enfin la suite de cette fanfiction, après plus d'un an sans mise à jour, faute de temps, d'inspiration, et il faut l'avouer, d'envie. Le prochain viendra au plus tard dans un peu plus dans un mois, aux alentours du 25 octobre. J'espère que vous aimerez toujours cette fic.

Disclaimer : Comme d'habitude, il s'agit d'une fanfiction basée sur l'univers et les personnages de JKR. L'histoire est ma propriété, uniquement.

Rating : M

Avis : Certaines relations et/ou évènements ayant traits à l'homosexualité d'Harry ou d'autres protagonistes peuvent choquer. Merci de ne pas lire dans ce cas.

J'en profite pour dédier ce chapitre à Vert Emereaude. Elle sait pourquoi, comment, et tout le reste. C'est en grande partie grâce à elle que ce chapitre est mis en ligne.

Alors, en avant pour un nouveau « chaput ». Comme promis, également, c'est sadique. Très sadique. Mais je (te) l'avais dit. Et pour précision, le changement de PoV dans ce chapitre est un peu bizarre, la « caméra » bouge pas mal d'un personnage à l'autre, j'espère que ça ne sera pas trop déstabilisant. De plus, ce chapitre se décomposera en deux parties, et constituera donc un peu le « cœur » de la fic.

Bonne lecture.


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It's a Beautiful Day


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Première Partie : M'aimerais-tu autant que moi ?


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Harry et Theo allaient être en retard. Le mois d'avril était bien avancé déjà, et les semaines qui venaient de s'écouler étaient certainement les meilleures qu'ils aient vécues tous les deux. Rien, ni personne, à la surprise générale, n'avait mis fin à une relation que leurs amis considéraient encore comme étrange, ou tout du moins surprenante. Harry aimait Theo, et Theo l'aimait en retour.

Tout allait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Bien sur, il fallait supporter le caractère de Theo, tout en contraste, et pour lui, l'attitude parfois désinvolte de Harry à l'égard de Jedusor. Mais ils étaient prêts à faire cet effort, l'autre le méritait bien, finalement.

Le printemps était arrivé, plein de promesses, d'espoirs, et d'attentes pour eux deux. Harry avait brillamment passé ses examens semestriels, et Theo, de son côté, ne s'en était pas mal tiré lui aussi.

Il leur restait ainsi un mois de repos, avant de se remettre d'arrache-pied à la pratique artistique, et l'élaboration de leurs projets personnels suivait son chemin, lentement mais sûrement.

La partition qu'écrivait Harry depuis presque la rentrée prenait forme, bien que personne n'ait encore eu la chance d'en entendre ne serait-ce que quelques notes. De son côté, Theo griffonnait sans cesse quelque dessin sur ses cahiers, placés à l'abri dans le coffre fermé à clef qu'il cachait sous son lit.

Harry ferma la porte de sa chambre et, suivi de Theo, descendit rapidement les escaliers pour se diriger vers la Grande Salle, où Ron, Draco, et les autres, le reste du groupe inséparable d'amis qu'ils formaient devait déjà déjeuner. Harry rentra le premier, et se dirigea, toujours suivi du garçon aux longs cheveux anthracites, vers la table et les places qui leurs étaient, comme à l'habitude, réservées.

Ils prirent place côte à côte, entre Draco, à la gauche de Harry, et Ron, à la droite de Theo. Un silence de mort régnait sur la table. Draco fixait avec insistance son assiette, Ron se rongeait frénétiquement les ongles tandis qu'Hermione et Pansy discutaient à voix basse. Blaise et Neville, eux, faisaient semblant de lire un magazine que le plus grand des deux tenait à l'envers. Harry et Theo s'interrogèrent du regard, haussèrent les sourcils, et décidèrent muettement de s'en tenir à un silence de circonstance, bien que les circonstances leur soient inconnues.

Draco, depuis plusieurs semaines, s'était fait plus discret, passant le plus clair de son temps dans sa salle d'étude, à faire dix mille fois la même gamme, le même arpège. Il avait évité d'aborder certaines questions avec Harry, préférant ravaler sa fierté, et par la même occasion les sentiments qu'il pouvait éprouver à l'égard du brun.

De son côté, Harry avait accepté le choix de Draco, et empêtré tel qu'il l'était dans ses sentiments, il s'était peu à peu éloigné du jeune homme blond, n'échangeant plus que quelques mots avec lui, occasionnellement, concernant tel ou tel devoir à rendre, ou encore la qualité de la nourriture, qui allait, selon Ron, en diminuant depuis le repas désastreux de la Saint Valentin. Il avait passé la nuit à vomir, en compagnie de Theo, dont Harry avait sans rechigner, et élégamment, consentit à lui tenir les cheveux pendant que des crevettes (il était sur d'en avoir vu une nager) se déversaient dans la cuvette des toilettes, retrouvant la liberté dont elles avaient été privées (et zouuuuu 1).

Ce qu'Harry ignorait, c'était qu'à chaque baiser échangé avec Theo, le cœur de Draco se brisait en mille morceaux, et que la jalousie du blond grandissait, sans rencontrer aucune limite. Harry, lui, de tout cela, ne percevait que de rares sourires désolés, le regard fuyant de Draco, et tout un ensemble de choses qui laissaient davantage présager que le blond s'était irrémédiablement détourné de lui, autant en tant qu'amant potentiel qu'en tant qu'ami. Et Harry ne réagissait pas.

L'ambiance à table était des plus pesantes. Personne ne semblait disposé à rompre le silence morose qui planait au dessus de la petite troupe. Theo soupira longuement et donna un coup de coude à Ron, puis se pencha vers son oreille.

- Qu'est ce qui se passe Ron ? murmura-t-il.

Ron laissa un échapper un « pfffff » de découragement et se replongea dans le décorticage de ses ongles, avant que le coude de Theo ne heurte à nouveau une de ses côtes.

- Tu pourrais me répondre, putain de rouquin irlandais, lui glissa-t-il, un large sourire éclairant son visage.

Ron soupira à nouveau avant de se pencher à son tour et de chuchoter à l'oreille de Theo quelques mots énigmatiques.

- On est le 15 avril. Tu saisis. Le. 15. Avril.

Theo ouvrit de grands yeux.

- Tu veux dire que… Tu veux dire le 15 AVRIL. PUTAIN RON ! Je crois que c'est la nouvelle la plus terrifiante que j'ai entendu de ma vie. Le 15 AVRIL. Comment j'ai pu oublier « ça ».

Ron lui tapa méchamment sur l'épaule. De toute évidence, Theo et Harry avaient effectivement « oublié », ce qui ne manqua pas de provoquer un certain malaise, assez étrange, chez la petite assemblée.

- Arrête de te foutre de ma gueule, crétin. Le conseil d'administration visite l'école aujourd'hui. Il y a qui dans ce putain de conseil ? Les recruteurs viendront voir qui des dernières années mérite de passer pro et les parents de …

- … Draco feront passer des auditions. Comment j'ai pu oublier ça ? répondit Theo, lança un regard discret vers Draco, qui semblait particulièrement intéressé par la progression de sa marmelade vers l'extrémité de sa tartine.

Theo se tourna vers Harry et lui glissa quelques mots à l'oreille, tandis que Ron attaquait les ongles de sa main gauche. Le brun entrouvrit la bouche, hébété, avant que se lever avec précipitation.

- Vous auriez pu nous prévenir non ? bégaya-t-il à l'attention de ses amis. Où est mon putain de violoncelle ? Où EST CE PUTAIN DE VIOLONCELLE ?

- Certainement dans ta chambre, contre ton mur, comme d'habitude, là où tu l'as posé hier. A moins qu'il ne soit enfui grâce à de mystérieuses pattes invisibles…, murmura Draco.

Harry fixa le blond intensément, avant de lui répondre sèchement, sans l'avoir vraiment voulu.

- Parce que tu trouves ça drôle, peut être, Draco ? On va avoir une putain d'audition, tu comprends, ça, Dray ?

Le blond passa une main, nerveusement, dans ses cheveux platine, qu'il laissait pousser depuis quelques temps et qui encadraient maintenant parfaitement son visage longiligne et aux traits fins et gracieux. Il se mordit la lèvre, comme pour s'empêcher de parler et de dire des choses dont il regretterait la portée.

De son côté, Harry serait frénétiquement l'épaule de Theo, qui s'était levé à son tour, pour l'accompagner.

Quelques secondes passées à se jauger de regard plus tard, l'héritier Malefoy jeta sa serviette dans son assiette avec colère, planta son regard dans celui du brun, et articula douloureusement, imitant le ton acerbe qu'Harry avait trop souvent entendu chez le père de son ami :

- Oui, je trouve ça drôle, Harry, que le plus brillant d'entre nous s'inquiète pour son avenir…

Neville se leva à son tour, suivit de Ron, d'Hermione, de Blaise et de Pansy, qui sentaient la crise venir, prête à éclater à tout instant.

- Tu devrais aller chercher ton violoncelle Harry, et toi, Theo, tes esquisses, dit Neville, tentant de s'interposer entre Draco et Harry, dont les yeux jetaient des éclairs.

- Non, non Neville, j'aimerais savoir ce que Draco a à me dire, exactement, répondit Harry, se retournant à nouveau vers le blond, qui sentait ses joues s'empourprer sous l'effet de l'émotion, de la colère, et d'une tonne de sentiments contradictoires.

- Ce que j'ai à dire ? Harry ? Mais putain, ce que j'ai à dire, tous ici nous le pensons, mis à part ton putain de mec, peut être.

Les autres semblaient trouver le sol plus intéressant que les paroles échangées par les deux garçons.

- Theo, qu'est ce qu'il veut dire ? demanda Harry à celui qui lui prenait la main, prêt à l'entraîner à l'écart.

- Tu peux me le demander, Harry, directement, sauf si pour ça AUSSI, tu as besoin de la langue de Theo, répliqua Draco, acide, un rictus mauvais aux lèvres.

Harry sentit la colère monter en lui, pendant que Theo tirait sur sa main pour mettre fin à cette conversation.

- Tu nous emmerdes, Harry. Non, je voulais dire, tu m'emmerdes, MOI. T'as aucun souci à te faire, pour aujourd'hui, je suis sûr que Jedusor apprécie suffisamment ton cul pour que le conseil d'administration tombe à tes pieds.

Draco attendit une réaction de la part du brun, abasourdi, qui sentit la rage prendre possession de lui. Avant qu'il ait pu répondre, ou simplement assimiler tout ce que son ami venait de lui cracher à la figure, le blond s'éloignait, tandis que le petit groupe qui s'était levé lui tapait sur l'épaule, lui disant que non, tandis que Theo passait sa main sur sa nuque, lui murmurant à l'oreille que non, il n'avait pas à écouter, ni même à répondre à ce genre d'insulte. Non, tout ça n'avait plus aucune importance. Draco l'avait blessé, de la plus cruelle des manières qui soient.

Et le pire, ça n'était pas ça, pas uniquement. Draco l'avait blessé, et Harry savait pertinemment qu'il l'avait mérité. Entièrement mérité.

Il repoussa Theo sur le côté. Puis il disparut.


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Les déclarations de Draco avaient eu l'effet d'une bombe. Tout le monde, tous leurs amis, évidemment, étaient au courant de « l'affaire », des sentiments inavoués, ou presque, qu'éprouvait le jeune blond pour Harry. Ils étaient également au fait du refus de ce dernier de « voir », d'admettre qu'il pouvait être aimé de deux garçons à la fois, et surtout, qu'il ait à faire un choix entre celui qu'il avait toujours considéré comme un frère, et qui s'était révélé être un compagnon attentif et généreux, et Draco. Draco qu'il avait secrètement désiré, aimé, voulu pendant de longs mois.

Ron était parti à sa recherche, et il réapparut au milieu de l'après midi, la mine sombre. Il l'avait traqué dans tout l'établissement, et ne l'avait même pas entrevu. Il fallait se rendre à l'évidence : Draco Malefoy n'avait ni envie d'être retrouvé, ni envie d'avoir à s'expliquer pour ses propos vis-à-vis d'Harry.

Celui-ci s'était réfugié dans sa chambre, et Theo, après avoir tambouriné à la porte pendant près d'une heure, s'était résigné à laissé Harry ruminer sa rage, sa déception et sa tristesse seul. Lui-même ne comprenait pas bien comment Draco avait pu s'adresser en des termes aussi peu élogieux et aussi mesquin à son petit ami, mais ce qui le tracassait davantage encore, c'était l'insinuation sournoise qu'il avait glissé à propos de Jedusor. Se pouvait-il qu'il sache ? Il balaya cette idée d'un geste rageur de la tête. Draco ne pouvait pas savoir ce qui s'était passé, quelques mois plus tôt.

Theo passa en revue tous les moments passés avec Harry, songeant toujours aux insultes à peine masquées de leur camarade de pallier. Avril s'équilibrait, entre début et fin, et sa situation à lui, en l'espace de quelques semaines, avait bien évoluée. Il aimait Harry, il en était certain. Seulement … Il repensait à l'époque pas si lointaine où lui et le garçon aux cheveux jais n'étaient qu'amis, se contentaient d'une relation fraternelle fusionnelle, à bien des égards, beaucoup plus facile, évidente, naturelle presque, à supporter et à vivre.

Il détacha ses longs cheveux d'un gris bleuté si particulier, s'étendit sur son lit et se mit à rêver sa vie si … Harry avait été différent, Seamus avait été différent. Si lui, aussi, il n'avait pas réagi aussi promptement, inconsidérément. Ce qu'il vivait avec Harry était unique, et les ridicules amourettes qui avaient précédées cette relation si intense ne soutenaient pas le quart d'une seconde la moindre comparaison.

Seulement, aimer Harry Potter n'était ni simple, ni reposant. Et à cet instant très précis, au moment de fermer les yeux et de pousser un soupir à fendre l'âme, Theo était fatigué.

Très fatigué.


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Dumbledore parlait depuis au moins une bonne demi-heure quand il présenta aux élèves, surtout aux premières années, les membres du conseil d'administration de Poudlard, au nombre de sept. Parmi eux, Lucius et Narcissa Malefoy trônaient côtes à côtes, sur la droite de Dumbledore.

Assis à l'immense table des professeurs, on pouvait également distinguer John MacMillan, célèbre agent sportif irlandais, qui avait assuré à chacun de ses protégés une carrière des plus enviables. Sur sa gauche, l'artiste peintre Samuel Foxglow discutait à mots couverts avec Elisabeth Dellabre, que les élèves avaient identifiée comme étant une riche investisseuse française, ou belge, peut être. Restaient Prester Raw, de la maison d'édition Raw, et Jamie Fever, chef d'une des entreprises les plus puissantes de toute l'Angleterre.

Ils étaient tous arrivés en début d'après midi, et un cortège de grosses berlines avait envahi le parc de Poudlard, augmentant d'un cran le stress des septièmes années, qui comprenaient maintenant l'état d'irritation qui avait saisi leurs prédécesseurs, à la même époque l'année dernière. Leur avenir allait en grande partie se décider à cet instant, et Harry se demanda comment lui et Theo avaient pu oublier « ça ».

Il fallait vraiment qu'il soit amoureux pour ne pas avoir passé la semaine précédente à s'entraîner, à s'exercer, et plus simplement, à se préparer pour cet évènement. Bien sûr, il avait passé tout son temps libre avec Theo, délaissant leurs amis pour s'isoler. Bien sûr, il ne regardait plus suffisamment Draco pour s'être rendu compte de l'état de désespoir, d'angoisse et d'appréhension qui avait gagné le blond au début du mois d'Avril. Bien sûr.

Harry s'en voulait énormément, mais il ne parvenait toujours pas à réaliser que Draco lui avait parlé sur un ton qu'il n'avait jamais employé avec lui auparavant, et pour lui dire des choses qu'il aurait préféré ne jamais avoir à entendre. Comment en étaient-ils arrivés là ?

Il soupira, installé inconfortablement sur sa chaise, à l'écart des autres, qui s'étaient placés au centre de la salle. Il tourna son regard vers Theo, assis aux côtés d'Hermion, qui feuilletait nerveusement ses cahiers remplis d'esquisses. Puis il aperçut Draco, au deuxième rang, qui fixait intensément ses parents, toujours absorbés par le discours du directeur.

L'héritier Malefoy n'avait jamais aimé ses parents, lui avait-il dit, quelques mois auparavant. Quand Harry les avait rencontré, à l'occasion des vacances d'été, ils lui avaient parus charmants, pleins d'une attention non feinte, mais la froideur des traits de Lucius Malefoy laissait deviner que Draco n'avait pas du avoir une jeunesse des plus faciles. Ca, il le savait. Et il n'avait même pas pris la peine de faire comprendre à Draco que malgré tout, il était là pour l'aider à vivre cette délicate après-midi.

Harry soupira et se tortilla à nouveau sur sa chaise. Son violoncelle posé contre la jambe, il attendait que Dumbledore ait fini son discours. Après qu'il ait présenté aux premières années les membres du conseil d'administration, ceux-ci s'entretiendraient avec les professeurs, inviteraient les élèves à leur présenter leurs projets, en cours d'élaboration. Il s'agirait en réalité d'un premier repérage, l'examen final se déroulant sous les yeux de ce jury exigeant.

Après quelques minutes passées à essayer de saisir le sens de ce que leur vieux fou de directeur pouvait bien vouloir leur dire, Harry perçut que le moment de se lever et d'applaudir approchait à grande vitesse, et il sentit une tension plus forte encore s'installer dans la Grande Salle, qui avait été particulièrement aménagée pour l'occasion. Harry se demanda comment Dumbledore et ses équipes avaient pu à ce point transformer l'endroit en deux heures à peine.

« … et je vous invite à les applaudir tous les sept pour le soutien merveilleux qu'ils vous apportent, et sans lequel cette école ne pourrait se vanter de conjuguer à merveille, là aussi, les verbes « mériter » et « réussir ». »


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Jedusor était un homme complexe, mais sa personnalité pouvait se définir en quelques termes simples : volonté, orgueil et charisme. Peu d'artistes pouvaient se vanter d'avoir connu le succès aussi jeunes que lui, et parmi eux, rares étaient ceux à avoir « duré » autant que l'homme à la silhouette élancée qui discutait à l'instant avec Lucius Malefoy, ami de longue date de sa famille. Pour cela, il était unique. Car Lucius Malefoy, en règle générale, n'avait pas d'amis.

La famille Malefoy possédait le plus gros groupe de presse d'Irlande depuis des générations, et il fallait remonter plusieurs siècles en avant pour trouver un membre de leur clan qui n'ait pas été en moyen de s'acheter absolument tout ce qu'il voulait, au moment où il le désirait. Lucius Malefoy aimait l'art plus que tout, aussi avait-il acheté la maison de production la plus efficace du marché, la plus élitiste aussi. L'homme aimait sa vie, sa femme, aussi, et son fils. Mais s'il y avait une chose avec laquelle Lucius Malefoy ne transigeait pas, c'était bel et bien la médiocrité.

Or, à ses yeux, Draco, son fils, était médiocre.

Jedusor avait rencontré Lucius bien des années plus tôt, lorsque débutant sa carrière de soliste, il avait été approché par des émissaires de Malefoy's Production pour enregistrer son premier disque. Presque quinze années plus tard, les caractères proches des deux hommes en avaient faits des amis réels.

Et en tant qu'ami Jedusor s'était cru obligé d'amener le fils de Lucius au meilleur, à un niveau dépassant de loin celui de satisfaction tranquille qui était le sien en début d'année.

Car Jedusor connaissait parfaitement le goût de Lucius, et car Lucius n'aurait pas hésité à faire redoubler son fils.

Dumbledore allait finir son discours, et Jedusor lança un coup d'œil rapide au jeune Malefoy, qui essayait visiblement de tuer son père du regard. Il dirigea son attention vers le jeune Potter, qui s'était révélé être aussi talentueux qu'on le lui avait décrit, sinon plus, et sur qui il fondait de grands espoirs. Lucius lui avait parlé des Potter, de cette riche et puissante famille qu'on disait d'origine écossaise.

Il avait été un proche collaborateur de James H. Potter, et leur mort dans un terrible accident plusieurs années auparavant avait laissé le jeune Harry sous la garde de Sirius Black, cousin, lui-même, de Narcissa. Mais ce que Jedusor avait remarqué, c'était l'étrange ressemblance qui pouvait exister entre lui et le jeune garçon, ressemblance évidente pour Lucius, qui l'avait connu jeune, moins pour d'autres, qui de Jedusor ne connaissaient que l'apparente froideur et le mépris ostentatoire.

Tom nota que le jeune Potter s'était isolé du reste de ses amis, et le groupe si soudé qu'ils formaient à la vue et au su de tous semblait s'être éclaté et dispersé dans l'ensemble de la Grande Salle. Même Nott, le jeune garçon qui s'affichait sans relâche avec l'héritier des Potter, se tenait à l'écart. Les applaudissements le sortirent de ses interrogations et de ses observations diverses et le ramenèrent à l'ennuyeuse réalité du moment. Il allait falloir maintenant passer au gros du programme : présenter ses élèves à Lucius, Narcissa, et à cet étrange et répugnant bonhomme que Dumbledore avait désigné comme étant le riche et influent Jamie Fever.


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Harry se dirigea vers le cercle qui avait été aménagé dans la cour de l'établissement. Quelques chaises avaient été disposées autour d'un tabouret, placé au centre, d'un pupitre en face de celui-ci, et d'un piano, un peu excentré sur la droite. Il évita de croiser le regard de Draco, qui s'était installé au premier rang, aux côtés de son père, et qui le fixai avec insistance.

Sa partition sous le bras, il attendit que Jedusor soit retourné s'asseoir, à trois mètres de lui, pour sortir son instrument et son archet. Il posa les quelques feuillets qu'il avait écrits, et qui représentaient presque la moitié de son projet artistique. Il sentit le regard de Lucius Malefoy le détailler méticuleusement, leva la tête, et fut surpris de voir l'homme lui sourire chaleureusement.

Harry posa son archet sur les cordes du violoncelle, puis accorda pendant quelques secondes son instrument. Il pouvait sentir son cœur cogner contre sa cage thoracique, malgré l'habitude qu'il avait prise au cours de ces longues années à Poudlard de jouer devant un public. Il n'était qu'une douzaine, à l'observer, à étudier chacun de ses mouvements, mais ceux qui le faisaient, et la raison pour laquelle ils le faisaient, décideraient de son avenir musical.

Il n'aurait droit qu'à un autre essai, au début du mois de Juillet, mais son projet et sa partition étaient à un tel point avancés qu'il ne pourrait jamais être à temps pour l'examen final si le morceau qu'il présentait aujourd'hui ne plaisait ni aux Malefoy, ni à Jedusor, ni à cet étrange et visqueux bonhomme que Dumbledore leur avait présenté comme Jamie Fever.

Harry expira longuement, puis commença à jouer.

Les premières mesures, jouées à un tempo très lent, semblèrent suspendre le temps. S'il avait relevé la tête, il aurait pu apercevoir le sourire de Lucius Malefoy disparaître, vite remplacé par une moue dubitative. L'homme aimait l'esprit d'initiative, mais il n'aimait absolument pas l'audace, ni une trop grande modernité.

L'archet d'Harry accéléra, et les muscles de son bras se tendirent tandis qu'il achevait l'introduction de sa pièce pour augmenter le rythme, et faire se dégager une mélodie terriblement joyeuse.

Malgré lui, et malgré ses réticences, un sourire apparut sur le visage de Lucius Malefoy, qui comprit à cet instant qu'il avait eu raison, que Jedusor avait réussi, et qu'il pouvait écouter, en exclusivité, celui qui deviendrait à coup sûr l'un des artistes les plus doués de sa génération.

Près d'un dixième de minute plus tard, après être passé par une multitude d'émotions diverses et souvent contradictoires, l'auditoire se leva, poliment, puis applaudit. Harry su qu'il avait réussi.

Alors pourquoi, pourquoi malgré « tout » cela, il ne pouvait supporter que le regard de Draco se pose sur lui ?


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Près d'une heure plus tard, il devenait évident que la prestation d'Harry resterait la meilleure du jour, et que lui seul pour l'instant était assuré d'avoir plu au jury, aux Malefoy, à Jamie Fever. Vint le tour de Draco, qui s'installa au piano. Le jeune Malefoy pouvait sentir l'appréhension de son père, et même, chose rare, une certaine forme d'angoisse chez son paternel.

Les premières notes résonnèrent, faiblement, mélancoliques, et le silence se fit dans l'assemblée. Draco entama une série de variations sur un thème très particulier, profondément attristé. Le morceau était limpide, le jeu épuré, dénué de toute forme de sentimentalisme. Ne restait que l'émotion, tantôt la peine, timide, affleurant sous une série de notes et d'harmonies complexes. Puis la rage, la colère, la jalousie, se dessinaient sous les doigts de Draco, saisissant chaque spectateur.

Le rythme accéléra sensiblement, laissant les émotions déferler plus violemment encore, et Harry sentit son estomac se nouer, submergé par des sentiments étranges et intenses, beaucoup trop intenses. Une minute plus tard, à peine, les dernières notes s'élevèrent du clavier, Draco se leva, salua une foule muette, saisie.

Avant qu'il ait pu entendre les applaudissements, et juste après avoir remarqué que son père, lui aussi, s'était levé, il quitta la cour.


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Le repas promettait d'être encore long. Les élèves avaient revêtus pour l'occasion des costumes neufs, achetés, ou loués, pour les moins fortunés d'entre eux, et la musique qui envahissait la Grande salle faisait à peine écho aux conversations bruyantes, rires et exclamations qui s'élevaient au quatre coins de l'énorme pièce.

Harry, Ron, Theo et Hermione discutaient à l'écart, à mi-chemin entre le buffet et la sortie qui donnait sur la cour de Poudlard et sa roseraie.

- Alors, il paraîtrait que tu as encore fait des tiennes Harry… Tu nous feras entendre ce que tu as joué ? demanda Ron.

- Je ne crois pas, répliqua le brun, qui tentait d'avaler sa dixième coupe de champagne sans vomir, et en prenant soin d'éviter que Snape ou Rusard ne se rende compte de son forfait.

- Pourquoi ? Tu leur as bien joué, aux Malefoy… reprit Hermione, haussant un sourcil interrogateur et suspicieux.

- Je l'ai joué car j'y étais obligé, et sache que Lucius Malefoy me parait plus apte à juger de mon travail que toi, ou Ron.

Un blanc se fit dans la petite assemblée, jusqu'à ce qu'un toussotement de Theo et un regard contrit d'Harry en réponse ne vienne interrompre ce silence.

- Je suis désolé Hermione, ça n'est pas ce que je voulais dire, dit Harry, posant sa coupe vide sur la table au bord de laquelle il était adossé.

- Laisse tomber, Harry, je crois que tu as trop bu, et qu'en ce moment, tu pètes un peu les plombs, répondit Hermione

Ron chuchota quelque chose à l'oreille de la jolie brune, qui rougit, avant de s'excuser auprès d'Harry et Theo, et de suivre Ron en déambulant parmi la foule qui occupait la Grande Salle.

Harry et Theo se retrouvèrent seul à seul, une fois de plus, et se regardèrent dans le blanc des yeux quelques secondes, un peu mal à l'aise. Ce fut Theo, qui interrompit le silence gênant qui s'était installé. Il attrapa un verre posé sur la table, et sans savoir ce qu'il contenait, l'avala d'un coup, avant de prendre la parole.

- Elle a raison, Harry, en ce moment tu pètes un peu les plombs.

- C'est ce que tu crois aussi, demanda le brun, après quelques secondes de blanc. C'était, en fait, plus une affirmation qu'une question.

- Tu sais que je t'aime, et que nous …, enfin que ça se passe mieux que tout ce que j'avais imaginé. Le problème, c'est que depuis quelques jours, tu es un peu … absent ?

Harry réfléchit aux propos de Theo, et se dégagea de ses bras. Le garçon aux cheveux anthracites avait en effet passé un bras dans le dos du brun, autant pour être près de lui que pour l'empêcher de boire une coupe de champagne supplémentaire, et d'avoir à le porter jusqu'au sixième étage de la tour Serpentard.

- Qu'est ce que tu veux dire par absent ? Quand je suis avec toi, je suis absent aussi ? Mais putain, ça veut dire quoi, être absent ? Je suis là non ? Je t'embrasse quand tu m'embrasses, je te réponds quand tu me parles, je couche avec toi quand tu en as envie, alors ça veut dire quoi, merde, « tu es un peu absent » ?, répondit Harry, haussant le ton sur la fin de sa tirade, et fusillant Theo du regard.

- Le problème, tu viens de le souligner… C'est que tu m'embrasses quand je veux, tu me parles quand je veux, mais qu'en retour, je ne sais jamais quand tu le veux toi, je ne sais jamais de quoi tu as envie…

Harry sautilla sur lui-même, quelque peu mal à l'aise. Il pouvait sentir des milliers de petites bulles s'affairer dans son estomac et voltiger avec joie.

- Je crois qu'on devrait arrêter pour l'instant, Theo. Je vais rentrer tard, alors tu ferais mieux de dormir dans ta chambre.

Theo s'appreta à ouvrir la bouche, mais devant l'air convaincu de son petit ami, renonça au dernier moment, haussa les épaules en signe de découragement, et laissa le brun s'éloigner de lui sans réagir. Comment en étaient-ils arrivés là ? Il n'en avait pas la moindre idée.

Il réalisa, au bout d'un instant, que le garçon qui venait de partir en furie ne lui avait même pas demandé ce que Samuel Foxglow avait pensé de ses esquisses. Et il n'avait pas précisé ce qu'ils étaient censés arrêter, "pour l'instant".

Alors il soupira à nouveau, et se dit que réellement, il était fatigué.


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Draco n'avait pas pu supporter le regard de son père. Des années de mal aise, d'incompréhension mutuelle, de haine, d'amour aussi, parfois, s'étaient rappelées à lui au moment de se lever du tabouret bancal sur lequel il était assis.

Il l'avait retrouvé, pareil à lui-même, bouffi d'orgueil, de prétention, plein de certitudes. Et non, définitivement, il ne ressemblait pas à son père.

Il s'était réfugié dans le parc de Poudlard, et la soirée qui commençait laissa une brise chaude souffler entre les grands chênes et les frênes centenaires. De là où il se trouvait, il pouvait entendre la musique qui se jouait dans la Grande Salle, et un brouhaha incompréhensible lui parvenait aux oreilles.

La journée avait été compliquée, et longue, très longue. Trop longue.

Harry, d'abord, qui ne comprenait toujours rien à son attitude, ni même à la situation dans son ensemble à vrai dire.

Harry, d'avec qui il avait été inséparable pendant des années, qui ne lui avait quasiment pas adressé la parole en plusieurs semaines.

Harry qui l'avait oublié, et dont il était, toujours, éperdument amoureux. De plus en plus. Sans pouvoir rien y faire.

Harry, ses cheveux bruns sans discipline, ses yeux verts, du matin au soir, qu'il cherchait à saisir.

Harry, son sourire rare et précieux, qui ne lui avait plus était destiné depuis des jours et des jours.

Harry, du début de la journée jusqu'au plus profond de ses rêves, qui semblait le narguer des bras de Theo, sans même s'occuper de ce que lui, Draco, seul et amoureux, pouvait ressentir de jalousie, de rage, d'envie aussi.

Draco soupira longuement et s'allongea plus confortablement dans l'herbe. Il devait être huit heures, à ce moment, ou un peu moins peut être, et il lui restait quelques heures à tuer avant d'être sur qu'il pourrait regagner sa chambre sans croiser son père.

Il sortit son paquet de cigarettes de la poche de son jean, légèrement déformé et écrasé, en alluma une, et inspira profondément la fumée, sentant l'air chaud se cogner contre son palais, descendre lentement, inexorablement vers ses poumons, et décontracter chaque muscle de son anatomie.

Au moment d'expirer, il entendit un bruit, le craquement d'une branche sous des pas rapides, se retourna, et soupira encore plus longuement que précédemment.

- Draco, je t'ai cherché partout… Pourquoi n'es tu pas venu à la réception ?

- Je n'avais pas envie de te voir, ni de te croiser, et encore moins de te parler, répondit Draco à son interlocuteur, avec distance et désinvolture.

- Ca n'est pas très … gentil, ni agréable. Mais je peux te comprendre.

- Qu'est ce que tu veux ?, demanda le blond avec hargne. Un baiser tendre et doux ?

- Non, non Draco, j'y ai renoncé depuis bien longtemps. Je voulais juste discuter un peu avec toi, enfin, au moins échanger quelques mots. L'occasion a manqué ces derniers temps.

- L'occasion ou l'envie ? Tu ne vas pas me faire croire à ces conneries. Aucun signe de vie pendant des semaines, et aujourd'hui, je redeviens intéressant à tes yeux ? répliqua Draco, qui reprit avant que l'autre n'ait eut le temps de répondre. Je croyais que tu cherchais quelqu'un d'autre. Peut être Jedusor. Il doit être là bas, si tu veux « discuter ». Je n'ai pas envie de parler avec toi. Il est trop tard pour ça.

Le blond se leva d'une traite et se mit à faire les cent pas, tirant frénétiquement sur sa cigarette.

- Draco, écoute moi… Je venais juste te… féliciter. Tu as été exceptionnel.

- Draco se figea et fixa un point à l'horizon, perdu dans ses pensées.

- Tu as été brillant, et je voulais te dire que… Tu pourras continuer, à jouer, si tu le souhaites. Bellatrix a un fil qui pourra s'occuper de Malefoy's Production avec moi, le temps qu'il faudra.

- Tu me fais trop d'honneur, répondit Draco, avant de faire une pause, et de reprendre, doucereusement, Papa.

Lucius salua d'un signe de la tête son fils, avant de s'éloigner, laissant Draco seul finir sa cigarette. Une douzaine de mètres plus loin, sa voix s'éleva, douloureuse pour Draco

« Tu féliciteras Potter pour moi. Il signera son premier contrat chez nous, et je compte sur toi pour le convaincre. »


oOo


Harry avait marché pendant près d'une heure, évitant la foule de la Grande Salle, à la recherche d'un peu de solitude, de calme, histoire pour lui de faire le point sur … cette journée riche en émotions, révélations, et surprises, aussi.

Il revint dans la roseraie, apercevant quelques couples, ou groupes, avachis sous les arbres, sur des bancs ou à même le sol. Il hésita quelques secondes, avant de se diriger vers le cœur de la cour, vers la fontaine de la roseraie, priant autant qu'il le pu pour que l'endroit, qu'il aimait tant, soit désert.

L'ambiance dans cette partie était toute particulière, et les reflets de la lune sur l'eau de la fontaine chargeaient le lieu de romantisme. Les couples de Poudlard s'échappaient souvent ici, Harry lui aussi y était venu avec Theo.

Par chance, personne ne s'y était installé à cet instant, et Harry s'assit sur le rebord en pierre blanche de la fontaine, caressant la surface de l'eau de sa paume. Il replongea une profonde mélancolie. La journée n'avait pas été évidente.

Plusieurs minutes passèrent ainsi, jusqu'à ce qu'Harry entende quelqu'un se diriger vers lui. Il se releva précipitamment, avant qu'une voix familière ne le rappelle à l'ordre.

- Ne vous levez pas, Harry. Je ne faisais que passer. Je recherche le jeune Malefoy, vous ne l'auriez pas croisé, par le plus grand des hasards ? Son père souhaite à tout prix s'entretenir avec lui.

- Non monsieur, je suis désolé, répondit Harry à l'home élégant et fin qui lui faisait maintenant face. Je ne l'ai pas vu depuis… depuis l'audition de tout à l'heure.

Harry soupira et se fit la remarque en son fort antérieur qu'il l'avait perdu de vue depuis bien plus longtemps, en réalité.

Jedusor étudia rapidement le visage du jeune Potter, avant de se rapprocher de lui, et de s'asseoir à ses côtés. Il attendit quelques instants, puis posa sa main sur l'épaule du garçon.

- Vous avez été magnifique, Harry, une fois encore, lui dit Jedusor, d'une voix douce et profonde.

- Merci, Monsieur, vous me faîtes trop d'honneur, répondit Harry, légèrement mal à l'aise, mais qui sous l'effet de l'alcool, manifestait une certaine nervosité et curiosité.

- Non, non, Harry. Vous n'avez pas compris. Vous avez été magnifique, en tout point, articula-t-il.

- J'ai peur de ne pas comprendre en effet, répondit Harry, en tournant le visage vers Jedusor, qui l'étudiait toujours attentivement.

- Votre jeu était magnifique. Et vous aussi. Votre attitude. Vos gestes. Vous, en tant que personne, murmura Jedusor, baissant encore d'un ton.

Harry soupira, rapprocha son visage de celui de son professeur, et murmura, tout aussi bas :

- Je vous remercie, Professeur.

Jedusor s'éloigna du visage tendu vers lui du jeune garçon brun. Le message avait été presque explicite. Il plongea son regard dans celui d'Harry, puis se rapprocha de nouveau de son oreille pour lui glisser de façon presque inaudible :

"Un jour, Harry, je ne serai plus ton professeur. Je serai plus que ça, fais moi confiance."

Harry lui lança un regard incrédule, interrogateur, l'invitant à préciser. Jedusor épousseta les épaulettes de sa veste, négligemment, puis colla son front à celui d'Harry, et tous deux restèrent dans cette position quelques secondes, avant que le plus âgé n'avance ses lèvres vers celles du plus jeune, puis les colle, l'espace d'un instant. Harry sentit la langue de Jedusor caresser la sienne, avant qu'il ne s'éloigne et ne se redresser.

"Passez une bonne soirée Potter. Vous avez cours, demain, et je serai des plus exigeant."

Harry l'entendit à peine. Deux secondes auparavant, sentant les lèvres de Jedusor goûter aux siennes, il avait compris. Il avait vu Draco, à la place de l'homme aux longs cheveux jais. Et oui, il en était certain, il savait maintenant. Il lui fallait avant tout retrouver le blond.

Il espérait juste qu'il ne soit pas trop tard.

Ce qu'il ne savait pas, c'était que tapi dans l'ombre, abrité derrière un chêne immense et centenaire, quelqu'un l'avait vu embrasser Jedusor, et que cette personne, au moment où Harry se levait et partait, sentit son cœur se tordre douloureusement.


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TBC…


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Prochain chapitre : It's a Beautiful Day, Deuxième partie : Quand Harry rencontre Draco.

J'en profite pour remercier toutes les revieweuses et revieweurs (s'il y en a) pour les commentaires laissés jusqu'ici. Ce chapitre a été très compliqué à écrire, pour pas mal de raisons, mais surtout par manque d'habitude, de pratique et tout le tralala.

J'espère malgré tout que vous avez apprécié.

Les reviews et commentaires, positifs comme négatifs, sont toujours les bienvenus.

A dans un mois, au plus tard, pour la suite.

Je vous aime

S.


Ce chapitre est également dédié, outre Vert Emereaude, la star, à Anne Laure et Katia, qui apprécieront, j'espère. Bises à toutes les deux.


Les modifications pour les chapitres précédents seront effectuées fin septembre.