Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas. Je les emprunte à Stephenie Meyer pour m'amuser un peu et surtout pour votre plaisir personnel.

Notes : Je remercie tout le monde d'être près de moi lors de mes gribouillages. Je publie un peu en retard, je sais mais j'ai beaucoup d'occupation avec les vacances scolaires et mes soucis perso qui continuent. Mais c'est la vie donc voilà !

Paul est là, aujourd'hui, rien que pour vous ! Je vous le livre pour l'avant-dernière fois puisque viendra ensuite l'épilogue, comme convenu.

Merci pour tous les jolis commentaires qui sont encore une fois venus égayer mon quotidien, merci à toutes mes amies virtuelles pour leur soutien.

Je vous souhaite une bonne lecture... Ensuite, à vos reviews ! ^^ ET oui, encore !

OoOoOoOoOoOoO

Chapitre 9 : Le match.

Un mois plus tard - Janvier.

- Un… deux… trois…

Il ne fallait pas qu'il se relève, non il ne le fallait pas. J'avais tout fait pour, j'avais mis toute la rage que j'avais dans ce dernier coup et il ne devait pas se relever après ça.

- Quatre… cinq… six…

Je devais gagner. Je jetai un regard vers mon coin du ring. Elle était là, les yeux brillants, le corps impatient, le sourire aux lèvres. Je l'aimais tellement.

- Sept… huit… neuf… dix !

Une véritable liesse s'abattit soudain dans la salle, laquelle fut remplie de cris de joie et d'applaudissements. Quand à moi, je restai planté au milieu du ring, n'osant y croire. L'arbitre prit ma main et la leva en l'air.

- Paul Lahote est déclaré vainqueur par K.O. Il devient donc champion du Comté de Dublin !

Je vis l'équipe de secours se presser autour de mon adversaire qui n'avait pas bougé depuis que je l'avais mis au tapis. Merde, j'espère qu'il irait bien… L'arbitre me demanda de reculer et de ne pas approcher alors j'obéis, toujours abasourdi par tout ce qu'il venait de se passer. J'avais gagné. Putain de merde, j'avais gagné !

À partir du moment où j'en devins conscient, ce fut l'effervescence dans ma tête, je ne pensais plus qu'à une chose : Bella. Mais ce fut elle qui se jeta sur moi la première, faisant fi des journalistes et m'embrassant devant tout le monde comme si sa vie en dépendait. Je ris et la fis tournoyer dans les airs durant quelques instants avant de la reposer et de rire aux éclats avec elle comme si nous n'avions que cinq ans.

Des flashs se mirent à crépiter de partout et en conséquence, notre love story ferait sans doute la une des journaux dès le lendemain mais nous n'en avions cure. Le chemin pour enfin nous trouver complètement avait été long ces dernières semaines et semé d'embûches mais au jour d'aujourd'hui, nous nous aimions plus que tout et c'était ce qui comptait le plus à nos yeux. Cela paraissait fou, surtout après seulement un mois de vie de couple mais nous étions prêts à nous embarquer dans cette folle histoire. Nous étions sûrs de nous, nous en avions assez discuté, nous avions assez perdu de temps à nous fuir mutuellement. A présent, nous devions avancer. Et le plus tôt serait le mieux.

Lorsque Bella me relâcha, ce fut au tour de tous mes amis de venir me féliciter, de m'embrasser et de m'envoyer des bourrades à tout va.

- Je le savais mec, je le savais ! me dit Jacob en me serrant dans ses bras.

Je ne pris pas la peine de lui répondre. Je lui devais tout. Il le savait. Je le savais. Mais on en avait parlé des millions de fois sans devoir remettre ça sur le tapis à nouveau ce soir. Je lui serais à jamais reconnaissant. Point final.

Bella revint vers moi doucement et me dit :

- Tu dois donner ta première interview, Monsieur le champion.

- Alors tu viens avec moi, décidai-je.

- Ce n'est pas moi le champion, Paul, objecta-t-elle.

- On en a déjà discuté. Si j'en suis là, c'est grâce à toi. Les gens doivent savoir qui tu es. Je ne t'abandonnerai jamais, tu entends ?

Elle me sourit et acquiesça doucement. Je la pris par la main et nos doigts s'emmêlèrent naturellement. Les appareils photos s'animèrent de plus belle et les journalistes se mirent à crier plus fort dans notre direction :

- Paul ! Paul ! Par ici ! Quel effet cela fait d'être champion du Comté ?

- Paul, pourquoi ne vous a-t-on jamais vu sur un ring avant aujourd'hui ?

- N'êtes-vous pas trop vieux pour commencer une carrière de boxeur ?

Je soupirai brièvement mais ma tendre moitié pressa doucement ma main, me donnant ainsi tout le courage nécessaire pour faire face à tous ces prédateurs sans scrupule. Suivant les conseils qu'elle me glissait dans l'oreille, je donnai quelques interviews, expliquant brièvement mon parcours de boxeur puis récupérai mon prix avant de m'éclipser, au bras de ma bien-aimée et accompagné de mes amis pour fêter ça dignement en privé !

OoOoOoOoOoOoOoO

Le week-end suivant - Howth

Si j'avais flippé en retournant à Howth en tant que petit-ami officiel de Bella, j'avais encore plus flippé quand je lui avais fait l'amour dans la chambre qui avait bercé sa tendre enfance, laquelle était mitoyenne avec celle de son père. Elle avait ri en voyant ma gène et au lieu de me mettre à l'aise dès notre arrivée à Howth, elle m'avait excité encore plus que d'habitude. Ses pieds avaient joué avec les miens sous la table, ses mains baladeuses m'avaient poursuivi dans la cuisine chaque fois que j'avais aidé Charlie à débarrasser les plats et elle m'avait même suivi jusqu'aux toilettes pour m'offrir un baiser torride qui m'avait laissé dans une situation plus que gênante.

Je n'avais aucune envie d'attirer les foudres d'un ancien shérif et encore moins, d'un père d'un enfant unique. Dieu savait que si un jour Bella et moi avions une fille, je ferais tout pour la protéger de la gent masculine.

- À quoi penses-tu ? me demanda-t-elle d'une voix rauque, encore marquée par l'orgasme qui venait de la consumer.

- À nous.

- Mais encore ?

- À ce que je ferais au petit-ami de ma fille si un jour, il fait ce que nous sommes en train de faire dans cette chambre…

- Paul, je ne suis plus une enfant. J'ai l'âge requis pour me saouler et pour m'envoyer en l'air depuis un bail ! Mon père est content pour moi. Pour nous. Il t'aime bien.

- Ouais.

- Il a suivi le match à la télé ! Crois-moi, à part le foot d'habitude, il ne regarde rien d'autre ! Le jour où j'ai été blessée, il a été détruit autant que moi. Je pense qu'il s'est toujours senti plus où moins responsable alors qu'il n'y était pour rien. Il m'a toujours poussée à faire du sport, à aller au-delà de mes limites, à me surpasser car lui n'a pas eu cette chance. Ses parents sont morts dans un accident de voiture alors qu'il avait tout juste atteint la majorité et les dettes qu'ils lui avaient léguées ne lui ont laissé aucune opportunité de faire carrière dans le football. Il a dû trouver du travail très vite pour élever sa jeune sœur et rembourser les arriérés. Puis il a rencontré maman et ils m'ont eue. Fin de l'histoire.

Et merde, j'avais plombé l'ambiance avec mes conneries ! Je me sentais mal tout à coup de lui avoir fait ressortir tout ça.

- Bella, je suis désolé, m'excusai-je en lui caressant la joue.

- Ne le sois pas.

- Je te promets de faire des efforts. J'ai peut-être eu trop d'a priori.

- Il est très heureux aujourd'hui. Je crois qu'il a rencontré quelqu'un.

- Et comment tu sais ça ? demandai-je en plongeant ma bouche dans son cou pour l'embrasser.

- Une intuition, gémit-elle alors que je mordillais sa peau fine.

- Tu peux mieux faire… dis-je en posant un doux baiser sur sa mâchoire.

- Il… a mis du parfum. Il n'en met jamais d'habitude.

Je frottai mon érection contre sa cuisse et elle émit un râle de plaisir alors que ma main glissait entre ses jambes et caressait ses petites lèvres encore mouillées par notre précédente séance de sexe.

- On fera notre petite enquête demain. En attendant, j'ai envie de toi maintenant, Bella. Et peut-être encore une fois après ça.

- Petit joueur ! lança-t-elle, en me glissant un regard plus que provocateur.

Un grondement sourd émana de ma poitrine et en quelques secondes, je me retrouvai sur elle, prêt à la faire chavirer autant de fois que je le pourrais, quitte à ce que nous ne quittions pas la chambre de tout le week-end. Charlie pourrait venir tambouriner à la porte et nous menacer avec son fusil que cela ne m'arrêterait pas. J'aimais Bella et à ce moment précis, j'avais besoin d'être avec elle, de lui faire l'amour et de l'aimer.

OoOoOoOoOoOoOoO

En Irlande, l'hiver, les soirées en bord de mer n'étaient pas réputées pour être très agréables mais ce soir-là, exceptionnellement, l'air était assez doux et le ciel dégagé. Notre petite balade du soir en amoureux, sur le chemin des falaises, nous avait amenés jusqu'à un magnifique point de vue qui surplombait tout le port de Howth.

Avant d'entamer notre ascension, nous avions pris des Fish&Chips que nous avions engloutis avec de l'Orangina, sur le port, admirant les phoques qui venaient grappiller les restes de poissons que les pêcheurs avaient oubliés dans leurs filets ou n'avaient pas voulu garder pour des raisons diverses. Ces mammifères étaient les stars de Howth et vivaient ici comme n'importe quel habitant de la ville.

Le coucher de soleil était magnifique et nous étions restés à l'admirer dans un silence quasi religieux, assis sur un banc, enlacés et emmitouflés dans des parkas. Nous ne pensions à rien, ne parlions de rien. Nous avions passé une partie de la journée à dormir, nous remettant ainsi de la nuit agitée que nous avions eue. Bella avait eu raison de moi et alors qu'elle était partie se doucher aux alentours de cinq heures du matin, je m'étais endormi comme un loir.

Mais vers midi, ce n'était pas Charlie qui était venu nous sortir du lit. Mon téléphone avait sonné mais je n'avais pas répondu. Nous nous étions mis d'accord avec Bella pour que ce week-end soit uniquement pour nous, que nous ne reprendrions les "affaires" que le lundi. Seulement, une demi-heure plus tard, le téléphone de Charlie avait sonné et lorsque celui-ci avait répondu, il avait froncé les sourcils et m'avait tendu le combiné :

- C'est Jake. Il dit que ça ne peut pas attendre demain.

Mon coeur se mit à battre très fort, j'avais peur que quelque chose de grave se soit passé chez moi. Je demandai à Jake de me la faire courte, sans préambule. Je soufflai de soulagement quand il me raconta tout et la colère fit place à la peur.

Mon père avait essayé de me joindre à la salle de boxe. Il y avait laissé trois messages disant qu'il s'excusait, qu'il fallait que je le rappelle et qu'on se parle. Habituellement, Jacob n'allait jamais à la salle le week-end mais Demetri étant parti en famille pour le week-end, c'était Jacob qui s'était dévoué pour mettre en place le matériel pour les entraînements du lundi matin. Bella avait donné à Dem de nouvelles responsabilités à la salle depuis qu'elle s'était investie davantage sur ma carrière et le gars projetait même d'emménager dans ma piaule depuis que j'avais dit que je cherchais un appartement ou une maison en dehors de Dublin.

Évidemment, j'envisageais d'y amener Bella dès que possible mais je n'avais pas envie de précipiter les choses.

- Il n'a rien dit d'autre ? Hum... Ok... Ouais, merci Jake… Je n'y manquerai pas. À demain. Bye !

- Quelque chose de grave ? demanda Bella.

- Mon enfoiré de père s'est soudain souvenu qu'il avait un fils, crachai-je.

- Paul…

- Je n'ai pas envie d'en parler.

- Comme tu voudras, soupira-t-elle.

Charlie avait observé toute la scène sans rien dire et sans tenter de s'interposer et je l'avais remercié intérieurement pour ça. Je n'avais nul besoin de l'intervention d'un inconnu dans cette foutue histoire. Je n'étais pas franchement d'humeur à tout expliquer, pas maintenant, pas aujourd'hui. Bella et moi étions censés passer du bon temps, nous ressourcer après les longues semaines d'entraînement que nous avions dû affronter en vue de préparer le match que je venais de remporter.

Si l'on considérait qu'à toutes ces éreintantes sessions de préparation s'était greffée notre histoire d'amour cahotique, alors on pouvait dire que le mois dernier avait été plus qu'épuisant. Nous avions tous les deux des personnalités fortes et très à vif et cela n'avait pas été facile tous les jours de concilier boulot et amour. Nous étions partis sur des bases assez complexes et nous avions tenté de nous remettre à flot, même si cela nous avait coûté beaucoup d'énergie et d'amour propre. Chacun de nous deux avait fait de gros efforts pour avancer et, au bout de seulement un mois, nous avions fait un énorme pas en avant. Je ne voulais pas que tout parte en sucette, pas maintenant. Pas à cause d'un coup de téléphone stupide.

Tout ça allait devoir attendre demain. Même si je ne savais pas ce que j'allais bien pouvoir faire pour arranger tout ce bordel. Le rappeler ? L'ignorer ? Et même si je le rappelais, qu'est-ce que j'allais bien pouvoir lui dire ? J'ignorais tout de ce qu'il se passait à Galway en ce moment. J'avais même laissé Embry de côté pour vivre ma nouvelle vie ici. Je n'avais même pas pris la peine de décrocher le téléphone pour avoir de ses nouvelles depuis qu'on avait fini notre tour d'Irlande à moto. Cela faisait de moi un meilleur ami ignoble et un fils assez pitoyable, il fallait le dire…

Assis sur ce banc, à regarder le coucher de soleil avec ma seule raison de vivre, je savais qu'il me faudrait prendre une décision assez rapidement. Mon père n'était pas le genre d'homme à laisser tomber et il prendrait sûrement un vol dès le lendemain en direction de Dublin pour venir me trouver en personne. Je n'étais pas encore prêt pour ça. Cela faisait peut-être de moi un lâche mais je préférais en rester avec le téléphone pour le moment.

Les rouages de mon cerveau tournaient à plein régime tandis que les mains de Bella caressaient les miennes pour apaiser les tensions qu'elle sentait certainement émaner de tout mon corps. Je m'étais toujours bien entendu avec mon père. J'avais eu une enfance heureuse, il ne m'avait jamais frappé, ni violenté de quelque façon que ce soit. J'avais été un enfant choyé, aimé et adoré. Notre seul différent sur ma carrière s'était passé quelques mois plus tôt mais était-ce un motif suffisant pour se mettre à dos son père pour toute une vie ? Pour priver les enfants que j'aurais un jour avec Bella de leur grand-père, tout en sachant qu'ils n'auront déjà pas de grand-mère ? Je ne savais pas, je ne savais plus… Ma mère était morte et je n'avais plus que lui. Maintenant que j'étais lancé dans la boxe et que je lui avais prouvé que je pouvais être boxeur professionnel, peut-être qu'il me pardonnerait de ne pas l'avoir suivi dans son entreprise ? Je pouvais sans doute tenter le coup et aviser ensuite.

- Je crois que je vais le rappeler, dis je

- Je crois que c'est une sage décision, Paul.

- Merci de ne pas avoir tenté de m'influencer.

- C'est une décision que toi seul devais prendre.

- Je sais. Merci de si bien me comprendre.

- De rien. Tu aurais fait pareil pour moi.

- Ouais ! dis-je en l'embrassant doucement. Et si on rentrait maintenant ? Je commence à me geler.

- Hummm, je rêve d'un bon bain chaud et moussant… ronronna-t-elle en se frottant contre moi.

- Bella Swan, tu es la tentation incarnée. Dépêchons-nous ! La nuit est vite tombée et il va faire de plus en plus froid.

- Attends, j'ai des lampes de poche dans mon sac. Tiens, dit-elle.

- Merci ma puce, dis-je en la serrant dans mes bras. Merci d'être toujours là pour moi.

Je posai mes lèvres sur les siennes et me mis à l'embrasser comme si ma vie en dépendait. Elle me rendit mon baiser au centuple et resserra son étreinte autour de ma taille. Je la serrai encore plus fort contre ma poitrine, comme si elle allait s'enfuir et ne jamais revenir.

- Promets-moi que tu ne partiras pas, murmurai-je contre ses lèvres.

- Pour aller où ? demanda-t-elle, surprise par ma question.

- Je ne sais pas, éludai-je simplement.

- Je ne te quitterai jamais, Paul. Je t'aime.

- Je t'aime aussi, Bella.

Je lui pris la main et nous prîmes le chemin en sens inverse jusqu'à la maison de Charlie. Lorsque nous arrivâmes, nous étions gelés jusqu'aux os mais il ne dit rien malgré l'expression de totale désapprobation qui ornait son visage. Il nous annonça qu'il allait voir un match de foot chez un copain et qu'il nous avait laissé un plat dans le four si nous avions faim. Nous le remerciâmes avant de nous enfermer dans la salle de bain et de nous faire couler un bon bain chaud dans lequel nous avions ajouté des produits moussants à base d'agrume. Bella alluma quelques bougies tandis que je sortais les éponges de massages de sa trousse de toilette.

Nous rîmes en entendant la porte claquer car nous savions que Charlie n'allait pas chez un pote mais chez la veuve, Sue Clearwater. Nous n'avions pas mis longtemps à découvrir le pot aux roses puisque nous avions bêtement surpris une conversation téléphonique entre les deux amants, pas plus tard qu'en début d'après midi, juste après le coup de fil de mon père.

- Est-ce que le bain est prêt ? demanda Bella.

- Oui ma puce, il est à point.

- Parfait.

Voir Bella en tenue d'Eve me faisait toujours autant d'effet, même après toutes ces semaines passées à ses côtés. J'espérais sincèrement ne jamais m'en lasser et prendre toute ma vie autant de plaisir à la regarder, la toucher, la caresser, la choyer. Avec ce petit regard coquin peint sur son visage, elle passa devant moi et grimpa agilement dans la baignoire, me laissant entrevoir au passage chaque parcelle de son corps parfait. Le petit gémissement qu'elle poussa lorsqu'elle fut entièrement recouverte de mousse eut raison de moi et je la rejoignis aussi vite que je pus sans pour autant l'éclabousser et mettre de l'eau partout. Je me plaçai derrière elle et collai mon érection contre son dos pour lui montrer à quel point je l'aimais et à quel point elle m'excitait.

- On dirait que quelqu'un a envie de passer une très bonne nuit…

- Tu n'as pas idée, dis-je en plongeant l'éponge dans l'eau et en massant ses épaules avec.

- Tu as entraînement demain, Paul, murmura-t-elle doucement en penchant la tête en avant.

- Rabat-joie ! dis-je en la massant en cercles dans le dos, provoquant une émulsion aux senteurs d'agrumes.

- Je sais, c'est pour ça que tu m'aimes.

- Oh oui, pour ça et pour plein d'autres choses, ajoutai-je en passant l'éponge sous son bras pour atteindre son sein droit…

- Obsédé !

- Ose dire que ça ne te plaît pas, ajoutai-je en descendant encore plus bas.

- Jamais !

- Je m'en doutais… souris-je, satisfait de sa réponse.

J'atteignis son entrejambe avec l'objet désormais rempli de mousse et continuai à la masser doucement, au rythme de sa respiration, en cercles, jusqu'à ce que son corps se cambre et qu'elle crie mon prénom, plusieurs fois. Ses cris se répercutèrent sur les murs carrelés de la salle de bain et paraissaient se multiplier à l'infini, faisant écho à mes grondements sourds.

Son père étant absent, je constatai avec une certaine satisfaction qu'elle se lâchait vraiment, sans se soucier de savoir qui pourrait l'entendre… Ce qui me donna tout de suite encore plus d'idées.

Oh oui, beaucoup plus d'idées.

OoOoOoOoOoOoOoO

Le lendemain, alors que Bella conduisait pour nous ramener à Dublin, je téléphonai à mon père. Il décrocha dès la première sonnerie.

- Lahote, j'écoute.

Formel et professionnel. Il n'avait pas changé.

- C'est Paul.

- Paul. Mon fils.

- Mon ami Jacob m'a dit que tu avais appelé, dis-je pour aller droit au but.

- Je ne pensais pas que tu rappellerais.

- Tu as… insisté.

T'as laissé trois messages ! J'étais censé faire quoi ? Changer de numéro ?

- C'est vrai. Je t'ai vu dans le journal. Félicitations, fils.

Il semblait vraiment ému. Mais je ne voulais pas me laisser berner trop facilement. Je ne savais pas encore s'il était réellement sincère ou pas.

- Merci.

- Et bien… On dirait que j'ai eu tort… À propos de la boxe.

J'en eus le souffle coupé. Est-ce que mon père était vraiment en train de faire son propre procès ?

- On dirait bien.

- Tu es doué dans ce que tu fais, Paul, ne lâche pas le morceau, d'accord ?

- Je n'en ai pas l'intention. Et je ne t'ai pas attendu pour prendre cette décision, dis-je sèchement.

- Paul, je...

- Je dois aller m'entraîner là, on se parle plus tard, d'accord ?

Est-ce que je le voulais vraiment ? Sans doute. Mon esprit était tellement confus.

- Oui, bien sûr. Il hésita puis ajouta : Paul ?

- Quoi ? demandai-je un peu énervé.

-Elle est très jolie. J'espère que tu me la présenteras un jour.

Je souris et répondis :

- Bonne journée Papa.

J'insistai lourdement sur ce dernier mot avant de raccrocher. J'avais fait mon devoir, je l'avais rappelé. Peut-être que j'irais le voir un de ces jours, durant un week-end. Je ne savais pas. J'avais envie de lui crier dessus, de l'engueuler mais en même temps, j'avais envie de le serrer dans mes bras et de m'excuser d'être parti comme ça, pour aller vivre un rêve que je n'étais pas sûr de réaliser. J'étais conscient d'avoir joué à pile ou face avec ma vie et d'avoir pris de très gros risques. Mais ça avait fonctionné et aujourd'hui, j'étais le plus heureux des hommes. J'avais trouvé, ici à Dublin, tout ce que je pouvais espérer : des super potes, un avenir tout tracé dans la boxe et bien sûr, ma douce et charmante Bella. L'amour de ma vie. Jamais je n'aurais pu prévoir trouver mon âme sœur sur ma route.

Mais malgré tout ça, j'avais perdu en chemin une petite partie de moi, laquelle se trouvait toujours dans le Connemara.

- Est-ce que ça va ? me demanda Bella, me sortant ainsi de ma rêverie.

- Ouais, je crois.

- Ne me mens pas, Paul.

- Je ne sais pas, c'est ça la vérité, dis-je en me tortillant dans mon siège.

- Il te manque, constata-t-elle.

- Peut-être.

Elle sourit et je savais qu'elle avait tout compris. Je n'allais pas l'admettre mais elle avait tout pigé comme une grande parce qu'elle m'aimait et qu'elle lisait en moi comme dans un livre ouvert.

- Tu devrais appeler Embry.

- Est-ce que tu vas prétendre tout savoir sur moi ? la taquinai-je doucement.

- Je suis ta coach.

- Ça n'a aucun rapport ! contrai-je

- Je suis ta femme, renchérit-elle.

- Pas encore.

- Comment ça pas encore ? Elle semblait paniquée tout à coup.

- On n'est pas mariés, constatai-je prudemment.

- Tu as dit pas encore, insista-t-elle.

- Je sais ce que j'ai dit. Et tu n'es pas ma femme car nous ne sommes pas encore mariés

- Ça veux dire qu'on le sera ?

- Peut être un jour.

Bon sang ! Où est-ce qu'elle voulait en venir avec tout ça ?

- Sérieux ?

- Pourquoi, tu ne veux pas ? Là, ce fut mon tour de paniquer. Était-elle contre le mariage ?

- Si ! Je veux dire, je veux me marier, un jour. Mais, on a le temps, pas vrai ?

- Oh oui ! Ne t'inquiète pas, je n'ai pas encore la bague ! plaisantai-je doucement.

Elle se mit à rire et je la suivis. On n'avait encore jamais parlé de mariage et d'enfants avec Bella et dans le même week-end, on avait évoqué les deux. Pas que ça me faisait flipper, non. Mais plus les choses avançaient avec Bella et plus je me disais que c'était vraiment sérieux entre nous et que j'envisageais tout mon avenir avec elle.

J'attrapai la main qu'elle avait posée sur le pommeau du levier de vitesses et la caressai doucement. Notre fou rire dura encore longtemps et cela nous fit du bien de nous lâcher comme ça, de décompresser juste avant de reprendre les dures séances d'entraînement qui nous attendaient. Les Championnats Nationaux allaient vite arriver et j'allais devoir travailler dur. Je n'allais pas avoir beaucoup de temps pour le plaisir, pour les amis, pour la famille. Cette histoire avec mon père ne tombait pas très bien. Renouer avec lui alors que j'avais besoin de toute ma concentration pour me préparer à gagner ces combats n'était pas une bonne idée. C'était pareil pour Embry. Peut-être qu'ils comprendraient si je leur expliquais, tout simplement. S'ils tenaient encore un peu à moi tous les deux, peut-être qu'ils comprendraient…

Cela faisait sans doute de moi un égoïste qui ne voyait que par sa carrière et par sa femme mais c'était ça mon avenir. Bella. Et la boxe.

Et si mon père et Embry ne comprenaient pas alors ils pouvaient bien rester dans leur partie de l'île et vivre leur vie comme ils l'entendaient.

Je n'avais de comptes à rendre à personne. J'avais pris cette décision il y a longtemps maintenant.

- Alors tu vas l'appeler ?

- Ouais.

- Et ? s'impatienta Bella.

- Je dois préparer ces Championnats, je n'ai pas le temps de me prendre la tête avec tout ça.

Elle soupira et mit son clignotant. Elle se gara sur le bas côté, sur une espèce de mini parking, fait pour que les touristes puissent prendre des photos de la vue époustouflante qui s'offrait à eux. Elle mit le frein à main, coupa le contact et se tourna vers moi, plantant son regard brun dans le mien.

- Je te veux concentré et tu le sais. J'ai envie que tu gagnes. Je me bats pour ça depuis le début, Paul. Tu es un gagnant, un champion. Tu as ça dans le sang. Mais je ne te veux pas malheureux pour autant. Tu dois tenter de renouer avec eux.

- Je ne suis pas malheureux, m'offensai-je en tentant de fuir son regard.

- Ne me fuis pas Paul ! dit-elle en posant sa main sur ma joue. J'ai envie de t'aider. On a surmonté tout un tas de trucs ensemble et j'ai envie de te soutenir dans cette bataille là parce que je t'aime et que ça me fait mal de te voir comme ça. Appele-les. Parle avec eux et explique-leur la situation. Je suis sûre qu'ils comprendront. Invite-les au gala d'ouverture. Avec le temps, tout se fera naturellement. Personne ne te demande de sauter dans le prochain avion pour Galway et de tout arranger en cinq minutes. Mais si tu te sens responsable à ce point, alors fais le premier pas vers eux.

- Je suppose que tu as raison, marmonnai-je doucement.

Je vis qu'elle pleurait et ça me fendit le coeur. J'attrapai la boîte de Kleenex et lui en tendis un. Elle me remercia et se tamponna doucement les yeux.

- Ne pleure pas, Bella… Je suis désolé de t'entraîner dans toute cette merde.

- Ne le sois pas. Comme je t'ai dit, on va surmonter ça ensemble. Et on va gagner ces putains de Championnats !

Elle ne jurait jamais et ça me fit sourire. Je pris son visage en coupe et l'embrassai. Rapidement, elle déboucla sa ceinture de sécurité et vint se positionner à califourchon sur moi. Elle m'embrassa vigoureusement tout en me murmurant qu'elle m'aimait, des dizaines de fois. Puis, sans que je ne le voie venir, elle me débarrassa de mon sweat et de mon t-shirt, puis de son gilet et son top. D'un geste vif, je baissai le siège en position allongée et elle fit glisser mon jogging et mon caleçon le long de mes jambes tout en entraînant mes Nike. Elles fit de même avec ses affaires et se retrouva empalée sur moi en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Ce fut une séance de sexe, intense, rapide et brutale mais cela avait été nécessaire pour pouvoir extérioriser tous nos sentiments. Aucun de nous n'avait pensé qu'on aurait pu se faire surprendre. Et je crois qu'on n'en avait rien à foutre. On avait pris un putain de pied d'enfer et c'était tout ce qui comptait.

Alors qu'on finissait le trajet jusqu'à chez nous, je pouvais sentir les traces de griffes dans mon dos et de morsures sur mes épaules. Bella allait sûrement écoper d'une belle marque dans le cou qu'il lui faudrait cacher et elle aurait sans doute du mal à marcher pendant un jour ou deux car on y avait vraiment été durement. On avait déjà expérimenté le "rough sex" avec Bella et on aimait bien tester nos limites de temps en temps et expérimenter de nouvelles choses avec des objets qu'on trouvait dans des sex shops ou sur internet. Cette fille me fascinait et chaque jour, je découvrais un truc nouveau sur elle qui me faisait perdre la tête et me donnait encore une raison de plus pour l'aimer davantage.

Entre toutes ces discussions et notre escapade sexuelle, nous avions mis plus de temps que prévu pour rentrer au bercail. J'avais essayé d'envoyer un SMS à Embry au moins cinquante fois sans y parvenir alors j'avais décidé que je l'appellerais ce soir, après l'entraînement. J'avais le pressentiment que la poire de vitesse allait souffrir aujourd'hui, j'avais encore trop de rage à exsuder.

Démétri avait assuré tous les entraînements de la matinée et nous étions arrivés juste à temps pour l'inviter à déjeuner. Il en profita pour nous faire un topo complet.

- Bella, tu devrais recevoir trois nouveaux boxeurs cette semaine dont un vraiment bon. Enfin tu jugeras par toi-même demain matin, il vient vers dix heures. On a reçu les nouveaux gants et les nouveaux casques ce matin, le colis était nickel. Sinon rien d'exceptionnel, tout est prêt pour cet après-m', Bella. Paul, la poire est toute à toi, je l'ai lustrée exprès... dit-il avec un large sourire.

Apparemment, les nouvelles allaient bon train. Cool. J'allais devoir apprendre à Jacob à se taire !

- Merci mec, j'apprécie.

- Toujours là pour aider les copains ! dit-il en mordant dans son hamburger.

De retour à la salle, au moment où j'allais rejoindre l'instrument qui allait signer la libération de mon esprit, Démétri m'apostropha à nouveau :

- Paul, un agent immobilier a laissé un message sur le répondeur. Elle veut que tu la rappelles sans faute aujourd'hui.

- Merci Dem, je la rappellerai ce soir.

- Et pourquoi pas maintenant ? me demanda Bella.

- Mais, et l'entraînement ?

- Y'en a sûrement pas pour longtemps. Au pire, tu feras du rab' ce soir. Allez viens !

Je suivis Bella dans son bureau et m'assis dans son fauteuil avant de décrocher le combiné. Lors de mon entretien avec l'agence, je m'étais montré très pointilleux sur le type d'habitation que je cherchais et j'étais très étonné qu'elle me rappelle déjà. J'avais hâte de savoir ce qu'elle m'avait dégoté. Avec mon accord, Bella enclencha le haut-parleur et ferma la porte pour nous laisser de l'intimité. Au bout de deux sonneries, mademoiselle Weber répondit.

- Angela Weber, j'écoute.

- Ici Paul Lahote. Vous m'avez laissé un message pour que je vous rappelle immédiatement.

- Monsieur Lahote, je suis contente de vous entendre. Écoutez, je ne voudrais pas vous faire de fausse joie mais je pense avoir trouvé le parfait endroit pour vous. Les prix correspondent parfaitement à ce que vous avez stipulé dans vos demandes, ce n'est pas très loin de Dublin et il n'y aura que très peu de travaux. Si cela vous convient, il sera disponible dès septembre.

- Vraiment ? demandai-je tout excité.

Je n'osais pas croire que c'était possible. Je n'avais commencé les recherches que la semaine passée et je ne pensais pas que ça irait aussi vite. J'étais dans un bon karma. D'abord le combat puis ça. Je pourrais facilement demander Bella en mariage d'ici Noël et lui faire un enfant dans la foulée. Dieu que j'aimais cette femme ! J'étais prêt à tout sacrifier pour elle...

- Oui, mais il va falloir faire vite. Cette petite merveille ne va pas rester sur le marché très longtemps.

- Et où se trouve ce parfait petit coin de paradis ? demandai-je, vraiment curieux à présent.

- Si vous le permettez, je préfère vous laisser la surprise. Je passe vous prendre à dix-sept heures ça ira ?

- Oh… Patientez quelques instants, Mademoiselle Weber.

- Qu'est-ce que tu en penses ? demandai-je à Bella. Elle acquiesça, apparemment tout aussi excitée que moi.

- C'est d'accord ! dis-je à l'agent immobilier.

- Alors à ce soir, Monsieur Lahote.

Je raccrochai et me relevai pour me jeter sur Bella. Je la pris dans mes bras et la fis tournoyer dans tous les sens.

- Paul, arrête, je vais avoir le tournis !

- Oh Bella, je suis tellement content ! Je vais avoir une maison !

- C'est super, mon chéri ! Mais si tu veux pouvoir te la payer, il va falloir que tu gagnes les Championnats et pour ça, il faut retourner à l'entraînement !

- Rabat-joie ! boudai-je.

- Tu radotes, mon cher !

- C'est pour ça que tu m'aimes, souris-je d'un air moqueur.

- Hey, c'est ma réplique !

Je ris et m'enfuis en courant du bureau pour aller rejoindre la poire de vitesse. Bizarrement, j'avais moins envie de lui mettre une raclée. Le poids sur mon coeur s'était soudainement allégé.

Mais pour combien de temps ?

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Embry n'ayant répondu à aucun de mes appels, j'avais décidé de lui envoyer une lettre d'excuse, accompagnée de deux tickets d'entrée pour le gala d'ouverture des Championnats Nationaux de boxe. Je n'avais eu aucune réponse et je n'avais d'autre solution que d'attendre le jour J pour voir s'il se pointerait ou non pour me voir…

Mais sincèrement, j'en doutais.

J'avais foiré. J'en payais le prix.

Mon père et moi avions renoué des liens. On se téléphonait une fois par semaine, simplement pour se raconter des banalités mais c'était déjà un bon début. Il voulait venir nous voir Bella et moi mais je trouvais toujours une excuse pour qu'il ne le fasse pas. Cela paraissait peut-être lâche mais oui, je repoussais l'échéance. Cependant, je lui avais fais parvenir des tickets à lui aussi pour qu'il vienne me voir combattre lors du gala d'ouverture des Championnats. C'est ensuite, qu'il m'avait avoué avoir rencontré quelqu'un et qu'il souhaitait venir avec elle. Ça me faisait bizarre de savoir que mon père était avec quelqu'un mais je ne pouvais pas aller contre la nature les choses.

Contre l'avenir des personnes qui m'étaient proches.

Contre la vie. Leur vie. Notre vie.

OoOoOoOoOoOoO

Notes de fin : J'espère vraiment que ça vous a plu, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ! Je suis dans une mauvaise passe en ce moment et j'espère que vous me mettrez plein de jolis mots pour me redonner le sourire !

A très bientôt pour l'épilogue !

Des bisous ! Et si vous partez en vacances, faites attention sur les routes et passez un bon été !

Til