Hello à toutes et à tous!

Voici le chapitre 10 de l'histoire d'Iris. Dans le dernier, elle avait fait sa retenue en classe de potions avec Rogue, après avoir appris que son "grand-frère", Adrien, était mort et elle était partie.

Bonne lecture!


Chapitre 10

Ce soir-là, un peu avant minuit, Rogue fut interrompu en plein milieu de la lecture d'un article particulièrement intéressant sur la troisième loi de Golpalott.

Énervé, il referma sèchement le magazine et alla ouvrir la porte pour voir quelle espèce de cinglé suicidaire osait frapper à sa porte à une heure pareille. Lorsqu'il l'ouvrit, il tomba nez à nez avec les professeurs Dumbledore et McGonagall qui avaient l'air inquiet.

« Pourquoi venez-vous ici à une heure aussi tardive ? leur demanda-t-il.

- Severus, miss Bloomwood est-elle chez vous ? interrogea le directeur.

- Bien sûr que non ! Que ferait-elle chez moi à minuit ?

- Mais vous lui aviez bien mis une retenue ce soir ? demanda McGonagall.

- En effet. Elle a fait sa retenue en classe de potions tout à l'heure. Ça fait environ deux heures qu'elle est partie.

- Oh Albus ! Où peut-elle bien être ? J'espère qu'elle n'a pas fait de bêtises…

- Allons, allons… Calmez-vous, Minerva, nous allons la trouver. Je doute qu'elle soit partie bien loin… Et ne craignez rien ce n'est pas le genre de fille à avoir des tendances suicidaires…

- Vous voulez dire qu'elle n'est pas retournée dans sa salle commune après sa retenue ? demanda Rogue, surpris.

- Hélas, non. Son amie, miss Fawley, l'a attendue longtemps mais vers vingt-trois heures trente, voyant qu'elle ne revenait toujours pas, elle est venue m'avertir de son absence, répondit Minerva.

- Minerva m'a prévenu directement et nous avons cherché un peu partout : dans le parc, près des serres, dans les cuisines, … sans résultat. Puis nous nous sommes dit que sa retenue n'était peut-être pas encore finie et qu'elle était peut-être encore avec vous.

- Elle n'était pas dans la Grande Salle pour le souper… Elle s'est sans doute encore réfugiée au même endroit que tout à l'heure… » pensa Rogue tout haut.

Severus Rogue faisait les cent pas, sourcils froncés, signe d'une intense réflexion.

Minerva voulut lui poser une question mais Dumbledore l'en empêcha d'un signe de main. Le vieil homme sentait que le potionniste était sur le point d'avoir un éclair de génie.

Brusquement, Rogue s'arrêta net, il venait d'avoir une sorte de flash dans son esprit.

« Suivez-moi, je sais où elle est », dit-il à ses collègues.

Et sans attendre leurs réactions, il sortit de ses appartements et se dirigea droit vers la tour d'astronomie.

Le professeur Rogue parvint en haut des nombreuses marches bien avant ses collègues plus âgés et il la trouva là, endormie, recroquevillée sur elle-même, en position fœtale.

Il examina la jeune fille d'un peu plus près et constata que ses lèvres étaient bleues, elle allait être en hypothermie si on ne la réchauffait pas bientôt. Il ôta sa cape noire pour en couvrir son élève puis il s'agenouilla près d'elle et la souleva dans ses bras. Dumbledore et McGonagall qui venaient d'arriver n'en croyaient pas leurs yeux.

Le professeur Rogue, agacé par leurs regards éberlués, déclara froidement :

« Ses lèvres sont déjà cyanosées. Il faut la réchauffer à tout prix pour éviter l'hypothermie. Sinon croyez bien que je m'épargnerais la peine de la porter sur plus de trois cents marches. »

Et il passa devant eux, avec son fardeau sur les bras.

Les trois professeurs la conduisirent directement à l'infirmerie où ils réveillèrent madame Pomfresh. Rogue posa la Gryffondor sur un lit et la recouvrit d'épaisses couvertures en laine.

L'infirmière l'examina et déclara :

« Heureusement que vous l'avez trouvée ! Avec le froid qu'il fait dehors, elle n'aurait pas survécu en passant une nuit au sommet de cette tour.

- Oh Albus, c'est épouvantable ! Vous vous imaginez si Severus ne l'avait pas trouvée ?

- Mais, heureusement, il l'a trouvée, Minerva. Inutile donc de s'inquiéter de ce qui aurait pu advenir…

- Oh mais c'est affreux ! Vous qui disiez qu'elle n'avait pas de tendances suicidaires… renchérit McGonagall.

- Je doute fort qu'elle ait eu connaissance du danger de s'endormir là-haut par des températures si basses, répondit le directeur.

- Elle voulait simplement qu'on la laisse tranquille. C'est pour ça qu'elle s'est réfugiée là-haut, pour s'isoler des autres… »

Dumbledore, McGonagall et Pomfresh s'étaient tous les trois tournés vers Rogue, étonnés de son intervention. Lui qui d'ordinaire faisait bien peu de cas de ses élèves et de leurs ridicules problèmes d'adolescent avait l'air de se préoccuper d'Iris. Il faisait preuve d'une telle perspicacité à son égard que cela choquait littéralement ses collègues.

« Quoi ?! demanda-t-il, agacé qu'on le regarde encore avec des yeux ronds.

- Rien… C'est juste que nous n'avons pas l'habitude de vous voir vous intéresser à ce genre de problème… répondit le directeur.

- Oh, j'en ai assez ! Je vais me coucher ! Et je vous demanderai à l'avenir de ne plus me déranger pour des sottises pareilles ! Je vous conseille de surveiller vos Gryffondor et de les enfermer dans leur tour s'il le faut, Minerva ! Sur ce, bonne nuit ! »

Et il quitta l'infirmerie, telle une tornade, furieux, en plantant là les trois autres restés pantois.

Arrivé dans ses appartements, il se servit un verre de whisky pour essayer de se calmer les nerfs et se laissa tomber dans son fauteuil.

Quelle petite idiote ! Quelle idée de se réfugier là-haut par un temps pareil ! Elle serait morte s'il ne l'avait pas trouvée…

Oh non ! Il l'avait sauvée une fois de plus. Si jamais elle apprenait que c'était lui qui l'avait retrouvée, elle ne le lâcherait plus d'une semelle. Quelle plaie ! Pourquoi fallait-il toujours qu'il vienne à son secours ? Et comment se faisait-il qu'il ait su où la trouver ? D'où lui était venue cette espèce de flash ? Lui qui avait toujours eu une bien piètre opinion de la divination s'était transformé en une sorte de médium… Pfff… Ridicule !

Et dire que, maintenant, Dumbledore et sa comparse, McGonagall, pensaient qu'il se souciait du cas de cette jeune fille… Décidément cette gamine ne lui apportait que des tracas ! Il aurait sans doute mieux fait de la laisser mourir cette fameuse nuit.

À peine avait-il eu cette pensée que les yeux vert turquoise et les cheveux châtains aux reflets roux de la jeune fille lui revinrent en mémoire puis son image se superposa à celle d'une autre fille aux grands yeux verts et à la chevelure rousse.

Et il comprit soudain ce qui l'avait poussé à la protéger : elle lui rappelait sa Lily. Elle avait même un prénom de fleur comme elle… Énervé par sa découverte, il abandonna son verre de whisky sur la table basse et décida de se mettre au lit.

Iris passa tout le week-end à l'infirmerie. Son état de santé ne nécessitait pas un séjour prolongé mais elle avait supplié madame Pomfresh de lui permettre de rester et d'éviter de recevoir la moindre visite. La bonne infirmière, voyant la détresse de la jeune fille, avait accepté et avait refusé à ses amis le droit de la voir.

Entre-temps, les professeurs McGonagall et Dumbledore avaient décidé de mettre les meilleures amies d'Iris au courant du drame qui s'était produit vendredi afin d'éviter à la jeune rouge et or d'être harcelée de questions. Catherine, Cyrielle et Joanna avaient été terriblement émues par cette triste nouvelle et s'étaient promises de ne pas en parler à leur amie à moins que celle-ci ne le veuille.

Iris retourna en cours le lundi matin. Elle était même allée prendre son petit-déjeuner dans la Grande Salle en compagnie de Cath qui veillait à ce que personne ne lui pose la moindre question sur l'accident d'Adrien.

La jeune fille avait beaucoup réfléchi durant son séjour à l'infirmerie et en était venue à la conclusion que ni Adrien ni ses parents ne voudraient la voir comme ça. Bien sûr elle avait le droit de pleurer et d'être triste et abattue à cause d'une telle annonce mais elle ne devait pas se laisser sombrer dans le chagrin et la douleur. Elle avait donc résolu d'essayer de se comporter comme d'habitude, comme avant la mort d'Adrien. Elle fut très reconnaissante à ses amies de ne pas aborder ce sujet sensible et délicat et, mine de rien, sa journée ne se passa pas trop mal.

Après les cours, elle fila à la bibliothèque pour faire ses devoirs, prit un rapide souper dans la Grande Salle puis se rendit dans les cachots pour sa retenue avec Rogue.

En effet, elle n'avait pas oublié qu'il l'avait collée toute la semaine pour être arrivée en retard à son cours le vendredi précédent. La jeune fille avait bien pris soin de faire et de préparer tout ce qu'elle devait pour le lendemain car ce soir elle devrait enchaîner sa retenue et sa ronde de nuit.

La Gryffondor toqua à dix-neuf heures piles.

« Entrez, lui enjoignit le professeur Rogue.

- Bonsoir, professeur.

- Ce soir vous allez trier et classer les ingrédients de la réserve. Vous vérifierez que les ingrédients sont encore bons et aussi que le contenu des récipients correspond bien à ce qui est inscrit sur l'étiquette. Une fois que ce sera fait, vous établirez un inventaire de la réserve.

- Bien, monsieur. »

Iris déposa son sac et entreprit de vérifier les différents bocaux et fioles de la réserve un par un.

Rogue jetait de temps en temps des regards en direction de la jeune fille, guettant le moment où elle perdrait courage ou manifesterait son ennui, mais elle n'en fit rien. Il avait également pensé qu'elle essaierait de lui parler de la tour d'astronomie mais une fois encore il fut déçu dans ses attentes.

Elle vérifiait, triait, classait et rangeait les différents ingrédients avec rigueur et méthode. Elle ne semblait pas vouloir lui poser de questions ou le remercier de lui avoir éviter de mourir de froid. D'un côté, ça l'arrangeait bien, mais, d'un autre, il était quand même un peu désappointé.

« Ça suffit pour ce soir, déclara-t-il brusquement. Vous continuerez demain.

- Oui, professeur. »

Elle rangea les flacons qu'elle avait sortis, referma la porte de la réserve et attendit debout près du bureau de Rogue.

« Qu'est-ce que vous voulez ?

- Rien mais c'est ce soir que je dois effectuer la surveillance des couloirs avec vous.

- Ha oui, bien sûr… Dans ce cas, allons-y ! »

Le professeur et la préfète déambulèrent dans les nombreux couloirs de Poudlard pendant une heure et demi sans rencontrer âme qui vive.

En effet, la plupart des élèves avaient attrapé un rhume à cause du temps froid et humide de cette fin janvier et n'avaient pas la force de désobéir au règlement de l'école en se promenant de nuit dans les couloirs du château. Il fut bientôt l'heure de raccompagner la Gryffondor jusqu'à sa tour.

Sur le chemin qui menait à la salle commune de la jeune fille, Rogue décida de rompre le silence :

« Vous n'avez pas été très bavarde ce soir, miss Bloomwood.

- C'est parce que je n'avais pas grand chose à dire.

- D'habitude cela ne vous arrête pas.

- Je pensais que vous préfériez lorsque vos élèves ne vous adressent pas la parole. Et puis, de toute façon, vous ne vous intéressez pas à ce qu'on dit…

- Miss Bloomwood, je vous trouve bien insolente !

- Oh non… Pardonnez-moi, professeur. Ce n'est pas ce que je voulais dire… Enfin si mais… je me suis sans doute mal exprimée…

- Dans ce cas c'est plus grave… Vous êtes bien pessimiste.

- Oui, peut-être…

- Écoutez, je sais que c'est facile à dire mais vous ne devez pas vous laisser abattre par cet événement, vous devez continuer à vivre. Bientôt, lorsque le chagrin sera moins présent, ce sera un peu plus facile de faire comme avant, croyez-moi.

- Merci, professeur.

- Je vous en prie. Allez vous coucher dans votre chambre maintenant. Je ne tiens pas à vous retrouver, une fois de plus, frigorifiée en haut de la tour d'astronomie. »

L'élève sourit aux dernières paroles de son professeur.

« Oui, j'y vais. Et, au fait, merci de m'avoir trouvée l'autre jour, professeur. Bonne nuit. »

Et elle disparut derrière le portrait de la grosse dame.


Merci beaucoup d'avoir lu! J'espère sincèrement que ça vous a plu! En tout cas, si vous voulez, n'hésitez pas à me donner votre avis ;-)

A la prochaine! ;-)