Mon p'tit blabla : Rapidement car je n'ai pas la grande forme, désolée. Comme toujours j'espère que ce chapitre vous divertira, bonne lecture.

Une dernière chose : Merci à Bibidibabidibou et à Khalie qui me sauve avec ses corrections.

3lpis : Merci pour ta longue review, désolée d'y répondre très brièvement. Duncan contre Severus… je pense que les jeux sont truqués dès le départ dans ce duel ^^ Et oui je décide et m'amuse à ses dépens, un peu.

Kyrua : La suite est là ! J'espère que l'attente vaut le coup. Merci pour ton message.


Chapitre 10 : Un lapsus…

J + un an, deux mois et trois jours !

Le soleil de midi darde ses rayons sur l'Angleterre. Hermione, une main protégeant ses yeux, le contemple un instant. Elle n'a plus guère le temps d'exposer sa peau claire à sa chaleur et c'est devenu pour la jeune femme une joie simple de l'admirer. Les douze coups du clocher tout proche la ramènent brusquement à la réalité. Il est plus que temps qu'elle se rende au manoir pour reprendre le travail.

A son grand étonnement, Severus, puisque c'est ainsi que désormais elle le nomme avec plaisir, lui a donné sa matinée afin qu'elle profite un peu plus du bonheur familial. En effet, ses parents et amis lui ont organisé un petit quelque chose pour ses vingt-sept ans et, lorsqu'elle en a touché un mot à Severus, sa réaction a été pour le moins surprenante.

Comme elle s'y attendait malheureusement, le sorcier a décliné son invitation, mais lui a, sans difficulté aucune, accordé sa fin d'après-midi en plus de sa soirée. Et surtout, une semaine plus tard, soit le jour même de son anniversaire, s'il a à nouveau refusé sa proposition en prétextant, certainement à juste titre, qu'il n'y serait pas à sa place et que certains de ses amis ne seraient pas enclins à partager sa compagnie, il lui a fait la surprise de lui donner sa matinée.

Alors qu'elle se dirige vers l'aire de transplanage, elle le revoit encore lui adresser la parole d'une voix un peu plus sèche qu'à l'accoutumée, son regard fixé sur le contenu du chaudron autour duquel ils s'affairent, ajoutant tous deux de l'essence de Mimbulus Mimbletonia.

- Revenez pour midi sonnante et ne soyez pas en retard, bougre d'écervelée !

Interloquée, elle l'observe un instant sans vraiment être convaincue d'avoir bien saisi le sens de ses propos.

- Severus ?

Elle note le tressaillement de ses épaules et l'agitation de plus en plus visible de son index droit… Ce qu'il semble avoir également remarqué, de par la façon dont il rabat brusquement la main coupable derrière son dos et continue, l'air de rien, son brassage tout en bénissant son ambidextrie.

- Un problème Miss Granger ?

Un froncement de sourcils plus tard, elle le reprend :

- Si vous me redonnez du "Miss Granger", je crains bien que oui !

Sans un mot, il se détourne de la paillasse et contemple un moment les bocaux soigneusement rangés et étiquetés, alignés sur les rayonnages qui habillent les murs du laboratoire. La sorcière, mécontente d'être ainsi éconduite, cesse toute activité, attendant de plus amples éclaircissements. Finalement, saisissant un pot d'ailes de chauves-souris qui semble le passionner, il précise d'un ton toujours aussi sec qui témoigne de son sentiment d'insécurité :

- Demain, soyez de retour pour midi.

Le silence est la seule réponse qu'il obtient. N'ayant pas le courage de se retourner, il poursuit en s'adoucissant, de peur que le ton de sa voix n'ait poussé la jeune femme à mal interpréter ses dires :

- Votre soirée risque d'être longue… et épuisante. Il vous faudra supporter la présence de vos imbé… De vos amis…

Il s'est repris au dernier moment, mais doute qu'Hermione soit dupe. Aussi, encore plus angoissé, il reprend ses explications bancales.

- Vous n'avez pas pris de repos depuis que je vous ai engagée. Cela ne pourra que vous être bénéfique… Ainsi qu'à votre travail. Vous serez plus productive.

Il se sermonne intérieurement et, s'il n'était pas certain que le regard réprobateur de sa collègue est braqué sur sa personne, il se frapperait volontiers la tête contre l'étagère qui lui fait face. Il est incapable de lui donner la cause réelle de son geste sans ajouter une idiotie de plus en guise de protection. Protection contre quoi ? Contre qui ? Tsss, il est ridicule et le sait. Quelque part, c'est encore pire ! Son acte est purement désintéressé. Il fait cela pour elle seule et non pour une question de rendement ou il ne sait quoi, cependant, il ne parvient à l'admettre.

D'ailleurs, il ne comprend pas pourquoi il se préoccupe autant de ce qu'elle pense ou pourquoi il ressent le besoin d'être agréable avec elle, surtout le jour de son anniversaire… Comme s'il lui faisait un cadeau. Impensable ! Il n'a pas offert de présent à quelqu'un depuis ses quinze ans et le bracelet qu'il avait acheté pour Lily… Bracelet que Sirius s'était empressé d'arracher du gracile poignet et jeter dans le lac de Poudlard. Les cris de l'adolescente n'y avaient rien changé… Et lui s'était retrouvé humilié, une fois de plus.

Sa main se crispe sur le bocal, les jointures de ses doigts blanchissant sous la pression excessive. Respirant lentement pour se calmer, il chasse ses sombres souvenirs, repose les ailes de chauves-souris dont il n'a nullement besoin si ce n'est pour se dérober au regard de son associée, et se dirige vers la sortie en avouant, presque honteusement, la raison de son offre.

- Vous ne sortez guère. Vous êtes là à longueur de journées, de nuits, de semaines… Vous ne profitez pas de vos week-ends, et préférez venir travailler ici encore et toujours. Par Merlin, j'ai plus de couleurs que vous ! Je… Je suppose que vous n'avez pas rendu visite à vos parents depuis fort longtemps… Ils seront sans aucun doute heureux de voir leur fille unique et… la réciproque est vraie j'imagine… Il y aura vos amis, vous ne verrez pas vraiment votre famille et vous coucherez tard… Vous allez être fatiguée demain, une grâce matinée vous fera le plus grand bien et… Et vous pourrez être en tête à tête avec vos parents… C'est… Ce… Je pense que… Soyez simplement de retour à douze heures et profitez de votre anniversaire… Hermione.

Elle n'a pas dit un mot. Il parle depuis il ne sait combien de temps et elle n'a rien dit. Aucune indication de ce qu'elle pense. Il attend encore dix secondes avant de craquer et se réfugie dans sa bibliothèque, hors du laboratoire, loin d'elle… Elle qui le rend faible… Elle qui va se moquer de lui et ses incertitudes… Elle qui vient de lui saisir la main.

Il se fige, incapable de bouger, de voir, de penser, de respirer. Il ne sent plus rien si ce n'est cette main douce et chaude au creux de la sienne. Cette main féminine qui s'accroche désespérément à sa paume… Sa main. Lentement, il prend conscience du souffle court de la sorcière. Elle a dû courir pour le rattraper… Alors pourquoi est-ce son cœur, à lui, qui semble s'emballer ?

Il se raisonne, tente de rassembler son self-control tandis que, les joues rougies, elle vient doucement se placer face à lui… Sans jamais lui lâcher sa main, comme si elle avait peur qu'il ne s'échappe. Peut-être a-t-elle raison, ne peut-il s'empêcher de songer avec un brin d'amertume. L'homme parvient à prendre suffisamment sur lui pour plonger son regard dans celui de la jeune femme.

Incertain, il a posé un masque sur son visage… Masque qui se fissure, s'effrite, s'étiole irrémédiablement quand il perçoit la tendresse, l'affection, la reconnaissance qui transparaissent dans l'ambre des yeux qui l'observent. Il réalise qu'elle a parfaitement compris ses intentions et que, si elle n'a pas répondu à ses paroles, ce n'est pas par méchanceté, désintérêt ou moquerie… Elle est simplement émue et il l'aurait su immédiatement s'il ne lui avait pas lâchement tourné le dos.

Finalement, les lèvres rosées s'entrouvrent et, sa main pressant plus fortement la sienne, elle articule enfin avec chaleur et émotion les quelques mots qui lui faisaient défauts :

- Merci Severus.

Alors qu'il pense qu'elle en a fini, elle reprend et l'ébranle d'une simple phrase :

- Vous allez me manquer ce soir.

Puis l'achève impitoyablement :

- J'aime nos soirées et votre présence tranquille. Etes-vous sûr de ne pas vouloir m'accompagner ?

Il ne sait trop comment réagir. Les sentiments qui l'agitent le troublent plus que de raison. Il n'est pas habitué à cette forme de relation, ce qu'il a connu de plus proche de l'amitié depuis son adolescence… Aussi, se réfugie-t-il derrière quelques banalités acides.

- Ne soyez donc pas sotte. Nous nous verrons demain soir pour converser autour d'un thé, comme à l'accoutumée, et vous pourrez me saouler de paroles ineptes, futiles et inutiles, tel c'est le cas pour ainsi dire à chaque fois.

En d'autres temps, Hermione se serait sentie offensée. Néanmoins à présent, comprenant son mal-être, elle lui sourit avec tendresse. Prise d'une soudaine impulsion, elle se dresse sur la pointe des pieds afin d'approcher son visage du sien et, aussi mortifiée que rougissante, stoppe son mouvement en s'adressant à lui avec plus d'assurance qu'elle n'en ressent, avant de retourner au laboratoire :

- J'y compte bien ! J'ai une partie d'échecs à gagner, mon cher rustre !

Elle ne lui a pas laissé le temps de répondre mais, perplexe, il n'aurait sans doute pas saisi l'occasion si elle s'était présentée. Il lui semble qu'elle s'est trouvée sur le point d'apposer un baiser sur sa joue à la barbe naissante. Cette idée est si saugrenue qu'il préfère la chasser. Il ne paraitra plus devant elle jusqu'à son départ où il lui souhaitera seulement une bonne soirée, avant de passer la sienne un whisky pur feu de grand âge à la main.

C'est à ce "bonne soirée" impersonnel qu'Hermione songe ce midi, après avoir transplané, et qu'enfin elle pénètre dans le bureau, ses yeux survolant la table basse où reposent un verre plein et une revue scientifique. Elle n'a pas le temps de se questionner plus avant que, déjà, Severus apparait dans son champ de vision.

Elle rayonne, à nouveau. Il la trouve belle. Ce n'est pas tolérable. Il jette un œil à l'horloge et commente simplement :

- Vous êtes en retard.
- J'en suis navrée, la soirée fût…
- Je n'ai que faire de votre soirée ! Du travail vous attend.

Elle préfère s'abstenir de répondre de peur d'être cinglante sur son manque de politesse. Le bonjour n'est pas fait pour les goules ! Elle passe à sa droite, le bousculant légèrement au passage, et s'enferme dans le laboratoire.

Lui, fixe un instant le liquide ambre qui le nargue depuis la veille. Il n'a pu se résoudre à le boire, seulement penser à elle, à l'iris de ses yeux, et contempler le vide, furieux de se sentir jaloux de cette partie de vie qu'il ne connait pas. Furieux de cette sensation de manque qui lui noue l'estomac. Furieux qu'elle ne soit assise face à lui à bavasser et pester tandis qu'il la fait échec et mat… Ce soir là, c'est lui qui s'est senti échec et mat… Et c'est encore le cas en ce moment.

A cette pensée, il brise d'un geste rageur le verre dans les flammes ardentes et, renouant ses cheveux, va prendre place à sa paillasse. Il note qu'elle n'a pas levé le regard à son arrivée… Elle est furieuse, il est furieux, c'est une merveilleuse après-midi qui s'annonce.

Les heures s'écoulent lentement dans un silence tendu. Aussi têtu l'un que l'autre, ils ruminent leurs pensées chacun dans leur coin. Fort heureusement, la qualité de leurs potions ne sent ressent pas. Mûs par l'habitude, ils s'exécutent avec la même harmonie.

Hermione n'est pas sûre de comprendre… Pas plus qu'elle ne sait si elle souhaite réellement analyser la situation dans son ensemble. Ce qu'elle sait en revanche, c'est qu'il lui a vraiment manqué la veille au soir. Elle s'est surprise à le chercher du regard à plusieurs reprises. Etrangement, ce sont ses silences qui lui ont le plus fait défaut. Elle était heureuse de venir au manoir pour leurs recherches… et pour le voir. A présent elle est agacée.

Pourquoi faut-il qu'il soit si difficile à vivre, à comprendre ? Actuellement, elle en est là de ses réflexions.

"Severus, foutu crétin, pourquoi dois-tu être tellement… exaspérant ! Ce n'est pas l'envie qui me manque de te botter les fesses ! J'ai bien une trentaine de sortilèges en tête. Et encore, tu trouverais sans doute le moyen de retourner la situation à ton avantage. Arrogant imbécile ! Asocial ! Tu n'es qu'un asocial et moi… Peut-être que tu as raison : je suis sotte de vouloir te connaitre, devenir ton… Argh je te hais !"

En effet elle a pris l'habitude de le tutoyer lorsqu'elle se parle à elle-même. Elle trouve cela bien plus naturel et commode quand elle fulmine contre lui et son fichu caractère… Ce qui survient très régulièrement. De son côté, le sorcier - moins enclin à cette forme de familiarité - conserve le vouvoiement même lorsqu'il la maudit intérieurement… Ce qui est tout aussi fréquent.

"Petite impudente qui se complait à se jouer de moi ! Si vous croyez m'avoir aussi facilement, me faire plier à votre volonté capricieuse… Vous auriez meilleure chance de réussite en tentant de discipliner votre ignoble parure capillaire qu'en essayant de m'amadouer ! Maudite vipère ! Insupportable gamine ! Non, pire, insupportable femme ! Pourquoi faut-il donc que vous soyez une femme ? Par Circé, vous le faites exprès pour me… Me corrompre ! Je ne me laisserai pas faire ! Foi de Snape ! Et cessez de mordiller votre lèvre inférieure… Ou mangez la, qu'on en soit débarrassé ! Je ne suis pas un de vos… de vos… Je ne suis pas votre Duncan !"

Encore plus ennuyé d'avoir songé, tel un mari jaloux, à cet homme en compagnie de qui il l'a surprise voici quelques mois, il choisit de s'absorber dans la confection du breuvage auquel il œuvre, se récitant la liste d'ingrédients qu'il reste à ajouter au mélange. Ce qui ne l'empêche pas, à son corps défendant, de jeter quelques coups d'œil à cette lèvre tentatrice qui rosit et enfle sous l'action implacable des dents blanches.

Finalement, le son irritant d'une clochette qui s'affole les informe que la journée est plus qu'avancée et qu'il est par conséquent grand temps de se restaurer, voire de laisser en l'état leurs travaux jusqu'au lendemain, si cela est possible. Une rapide inspection de leurs chaudrons suffit à les rassurer… Ils n'auront pas, ce soir, à subir les reproches de Cassandre. Ni la répétition, horripilante, du "ding ding" de la sonnette que l'elfe a tenu à installer pour s'assurer qu'ils dinent à des heures restant relativement décentes.

Ils ont encore en tête le souvenir cauchemardesque d'une nuit où le carillon infernal leur a résonné aux oreilles durant plus de cinq heures. Ils avaient eu beau tenter d'insonoriser la pièce à l'aide de divers sortilèges puis, en désespoir de cause, expliquer à Cassandre qu'il leur était impossible de laisser leurs recherches en état, elle n'avait rien voulu savoir. Parfois, elle est réellement effrayante.

Quelques sorts de stases plus tard, ils ôtent dans un même mouvement leurs robes de protection, Hermione tournant ostensiblement le dos à son acolyte. Il est hors de question qu'elle se laisse aller à l'observer se dévêtir. Et c'est avec une pointe de regret qu'elle constate, en pénétrant dans le bureau l'instant suivant, qu'il a défait le premier bouton de sa chemise et qu'elle ne l'a pas vu agir. Pas que cela exerce encore le moindre effet sur elle, bien entendu mais…

L'ambiance est toujours glaciale tandis qu'ils finissent leur dessert, cependant, ce n'est pas cela qui les empêche de s'installer face à face autour de l'échiquier. Peut-être est-ce par habitude… Ou peut-être ce moment leur a-t-il, à tous deux, manqué la veille. Peu importe, c'est dans un bel ensemble qu'ils ont pris leur place. Cela leur a simplement paru naturel.

Et c'est pour cette raison que, malgré leur discorde - ou peut-être à cause de celle-ci justement - se produit l'impensable, après une heure d'un jeu serré. En effet, lorsqu'elle joue, Hermione parle énormément, que ce soit pour le distraire, râler après un beau coup de son adversaire… ou jubiler lorsqu'elle s'empare d'une de ses pièces maitresses.

Malheureusement, elle a également passé toute l'après-midi, ainsi qu'une bonne partie de la soirée, à ruminer intérieurement contre l'orgueilleux personnage, et tout cela en le tutoyant… Ainsi, lorsque brisant le silence qu'elle a réussi à maintenir pendant tout le début de la partie, elle s'exclame, l'irréparable survient.

- Argh ! Tu m'énerves, tu m'énerves, tu m'énerves ! Tu es pire qu'insupportable ! Espèce de… de… Il n'y a même pas de nom pour te qualifier ! Tu boudes comme un enfant depuis mon arrivée, et ce sans même une explication qui tienne la route ! Et en plus, tu veux te targuer de m'avoir encore vaincue ce soir ? Ah non ! Tu n'as pas encore gagné mon cher… Et crois moi Severus, la victoire sera mienne !

Elle redresse résolument la tête, attendant qu'il réagisse. Néanmoins, rien ne vient. Il la fixe, bouche légèrement entrouverte, regard écarquillé… En bref, le choc est clairement lisible sur son visage. Un court et magnifique instant, elle se sent fière. Enfin elle est parvenue à le moucher, le laisser sans voix. Cependant, quelque chose la trouble. Ce n'est pas normal… Elle repense à ce qu'elle lui a dit qui pourrait avoir eu un tel impact et, brusquement, pousse un petit cri en couvrant sa bouche de ses mains.

Ce faisant, elle bouscule le plateau de jeu, éparpillant les pièces en tous sens. Aucun n'en a cure. Ils s'observent en silence, aussi effrayés l'un que l'autre. Elle n'a pas pu exprimer cela à voix haute n'est-ce pas ? C'est ce que semble dire chacun de leurs regards, et pourtant… Hermione s'attend à présent à une explosion de colère, voire même qu'il la renvoie sur le champ, sans préavis et sans retour possible. Mais rien ne vient.

Lui est perdu. Elle l'a insulté, traité d'enfant… Tutoyé ! Comment a-t-elle pu oser cela ? Il connait suffisamment la nature humaine pour comprendre qu'elle doit avoir pris l'habitude d'agir ainsi, dans son esprit, depuis un long moment. Il est choqué, en colère et, paradoxalement, heureux. C'est étrange, personne ne s'est permis cette familiarité depuis qu'il est adulte, mis à part Albus et Minerva, deux de ses anciens professeurs en somme. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, il trouve cela rafraichissant et libérateur.

Il est enfin un homme libre, un homme comme un autre. Elle le traite comme n'importe qui et non pas avec déférence, crainte ou avec un respect hypocrite… Il est enfin libre. Son passé n'influence plus ses interactions avec le monde… Ou tout du moins avec elle. Elle est folle… Unique… Précieuse. Elle n'était pas son employée ou sa collègue lorsqu'elle s'est exclamée… Non, elle était son amie. Elle a agi comme elle l'aurait fait avec un de ses imbéciles de condisciples de Gryffondor… Elle le considère de la même façon… Elle l'apprécie… Elle est son amie. Il a une amie.

Il sent une forme d'ivresse envahir ses sens. La tête lui tourne. Il a besoin d'air, de faire le point. Est-il prêt à cela ? Est-il assez fort pour cela ? Ne risque-t-il pas de se brûler à l'amitié ? D'être abusé, blessé… Rejeté ? Ou pire, de la décevoir elle ? A-t-il vraiment bien interprété cet événement majeur dans sa vie ? La désire t-il comme amie ? Sans un mot, il se lève vivement, renverse son siège au passage, se dirige à grands pas vers la sortie et disparait dans le froid nocturne avec, pour seuls vêtements, un pantalon et une chemise légère.

Il faut quelques secondes à Hermione pour réagir. Dans un premier temps, figée, elle contemple l'espace vide laissé par son départ soudain. Quand enfin les données nécessaires parviennent à son cerveau, elle se dresse et se lance dans une course effrénée jusqu'à la porte d'entrée. Elle n'a aucune idée de ce qu'elle pourrait bien lui dire… Peut-être s'excuser tout simplement… Elle est néanmoins convaincue qu'elle ne peut le laisser disparaitre comme ça, sans un mot. Toutefois, lorsqu'elle parvient à destination, elle n'a d'autre choix que se résigner à voir la nuit l'absorber dans ses ténèbres.


Mon p'tit blabla de fin : Je suis par terre, vais me coucher mais j'espère que vous aurez passé un bon moment. Une petite review pour la route ? Bon week-end tout le monde.