Salut à tous ! Vous avez passé de bonnes vacances ? Après une looongue pause estivale voici enfin un nouveau chapitre :) La suite arrive très bientôt. Bonne lecture !
Les personnages de cette histoire appartiennent à Stephenie Meyer.
Chapitre 8
Dans un bel ensemble, les quatre fugitifs tournèrent la tête vers la provenance de la voix. Avec l'obscurité, Bella ne distinguait rien. Mais Edward et Emmett avaient le regard verrouillé sur un point fixe. En plissant les yeux, la jeune femme finit par distinguer progressivement la forme d'une petite silhouette qui semblait mesurer la moitié de sa taille. Elle jeta un coup d'œil à Edward afin d'évaluer si la créature représentait un danger ou non – les Hydres de tout à l'heure l'avait suffisamment traumatisée pour la nuit. Mais Edward affichait un air plutôt paisible et Bella se détendit.
- Je m'appelle Fynn, déclara la petite créature sur un ton jovial. Et vous, qui êtes-vous ? Parbleu ! C'est rare de voir des Humains dans le coin ! Ah attendez...
Pendant quelques minutes, quelques petits bruits étouffés résonnèrent dans le silence. Puis soudain une flamme éblouissante jaillit dans l'obscurité. Une fois que ses yeux s'y habituèrent, Bella se rendit compte que la créature avait tout simplement allumé une torche. Elle put enfin la détailler à loisir. C'était un petit être plutôt maigre et efflanqué. Il avait un visage rubicond, des petits yeux noirs et brillants enfoncés dans leurs orbites, un long nez pointu et une grande bouche grasse et molle. Ses longs cheveux clairsemés et filasses laissaient largement entrevoir son crâne. Il était vêtu d'une tunique ocre délavée et de braies d'un blanc douteux. Des bottes élimées et une sacoche en bandoulière parachevaient sa tenue.
- Bon sang de bonsoir ! s'exclama la créature. Des Humains et des Vampires se promenant ensemble dans le Wroll, qui l'aurait cru ?
Il éclata d'un rire sonore, ses petits yeux rivés sur Bella, qu'Edward portait sur son dos à cause de sa cheville, et Rosalie, debout près d'Emmett. Cette créature tombait à pic, songea Edward. Bella et Rosalie avaient impérativement besoin de se reposer avant la suite de leur périple.
- Bonsoir, monsieur Fynn. Je suis Edward et voici mes compagnons : Bella, Rosalie et Emmett. Sauriez-vous s'il se trouve un endroit dans les environs où nous pourrions passer la nuit en sécurité ?
- Pour sûr, pour sûr ! répondit derechef le petit être, ravi. Mon village est à un kilomètre d'ici, vous êtes les bienvenus !
Edward échangea un rapide coup d'œil avec Emmett avant de répondre :
- Merci.
- Mais je vous en prie ! Suivez-moi !
La créature se mit en route, s'enfonçant dans la pénombre des arbres. Les quatre autres lui emboîtèrent le pas.
- Quel genre de créature est-ce ? chuchota discrètement Bella à l'oreille d'Edward.
- Je suis un Farfadet, pardi ! intervint Fynn de sa voix sonore, avant d'éclater de rire. Vous n'en avez jamais vu ? J'ai des cousins qui vivent dans l'Empire et qui fréquentent les Hommes.
- Je... euh non, c'est la première fois que je rencontre un Farfadet, répondit Bella, un peu confuse.
- Après, ce n'est pas étonnant ! Peu de Farfadets quittent le Wroll et peu d'Humains s'aventurent dans le Wroll. Au fait, qu'est-ce que deux demoiselles comme vous et leurs compagnons vampires sont venus chercher ici ? demanda Fynn avec une curiosité non dissimulée.
Ses yeux détaillèrent rapidement leurs vêtements déchirés.
- C'est une histoire longue et compliquée, répondit évasivement Edward sur un ton sans réplique.
Tout en suivant Fynn vers son village, Edward se demandait s'il était judicieux de prendre le risque de s'arrêter plusieurs heures au même endroit. Si des traqueurs étaient à leurs trousses, ils les retrouveraient aisément en suivant les odeurs de Bella et de sa suivante.
Mais soudain, Edward sentit nettement une étrange variation dans l'air. L'environnement semblait agité par des ondes, comme celles que produisent une pierre jetée dans un lac. Des frissons remontèrent le long de sa colonne vertébrale et ses sens furent momentanément brouillés. Il avait l'impression que le sol se déplaçait, que le monde changeait d'axe. C'était très troublant.
La sensation disparut aussi vite qu'elle était venue. Emmett croisa son regard et il sut que ce dernier l'avait ressenti aussi.
- Je crois qu'on vient de... bouger, murmura Edward à l'adresse de Bella.
- Pour sûr ! intervint bruyamment Fynn qui se trouvait quelques mètres plus loin – manifestement il avait des oreilles très fines. Nous étions à proximité de la frontière des territoires de la Meute ; maintenant nous sommes au nord-ouest, pas loin des montagnes glacées de ces chipies de Harpies ! Tout bouge tout le temps ici ! On appelle cela le Mouvement.
- Mais... comment allons-nous atteindre votre village désormais ? demanda Bella, un peu anxieuse.
Le Farfadet s'esclaffa.
- Le village n'a pas bougé ! Ce sont des zones entières qui se déplacent, ma petite dame ! Si chaque chose devait se déplacer dans le Wroll, on ne s'y retrouverait plus !
Edward fut instantanément soulagé par ce déplacement de territoire : si des traqueurs étaient à leurs trousses, leur tâche serait relativement plus difficile.
Leur périple dans les bois s'acheva quinze minutes plus tard, lorsque les contours d'un hameau commencèrent à se dessiner à travers les arbres. Edward, Bella, Emmett et Rosalie pénétrèrent dans le village à la suite de Fynn ; à cette heure très avancée de la nuit, les lieux étaient bien sûr déserts. Quelques torches finissaient de brûler, éclairant faiblement les routes pavées.
- Bienvenue à Agador ! leur dit joyeusement Fynn.
Ils traversèrent une grande place où une fontaine asséchée trônait au milieu. Un peu plus loin autour, on discernait des étals en bois vides, signes que pendant la journée se tenait là un marché. Fynn les entraîna dans un petit dédale de ruelles avant de s'arrêter devant une petite masure qui ressemblait à toutes les autres, c'est-à-dire une construction de pierres grises surmontée d'un toit de chaume.
Le Farfadet ouvrit la porte et les invita à entrer. Ils durent se pencher pour passer la porte, mais l'intérieur était suffisamment grand pour leur permettre de se tenir debout. Edward balaya d'un regard les lieux à la recherche d'un éventuel danger, mais tout paraissait inoffensif dans cette petite maison au sol de terre battue. La pièce où il se trouvait faisait office à la fois de salon, de salle à manger et de cuisine. Au milieu se trouvaient une table en bois et ses chaises ; au fond à droite, deux fauteuils recouverts de plaids en laine étaient disposés à côté d'une bibliothèque surchargée d'ouvrages et d'objets curieux en tout genre ; dans un autre coin de la pièce se trouvait un réchaud noir de suie et de graisse.
Edward aida Bella à descendre de son dos, puis la maintint par la taille afin de soulager sa cheville.
- Fionna ! braya Fynn en faisant sursauter Bella et Rosalie. Viens voir ce que je nous amène !
Un bruit se fit entendre derrière une petite porte à côté du réchaud. Quelques minutes plus tard, le battant s'ouvrit laissant apparaître la copie conforme de Fynn, si ce n'était les traits plus fins du visage, la chemise de nuit en flanelle et le bonnet de nuit sur la tête. À la vue du groupe insolite, ses yeux s'agrandirent de stupeur.
- C'est dingue, hein ? s'exclama Fynn, ravi de son effet. Ils vont passer la nuit ici. Montre à ces demoiselles où elles peuvent s'installer pour la nuit. Nous n'avons qu'un seul grand lit, mais on vous le laisse avec plaisir, ajouta-t-il à l'adresse de Bella et de Rosalie.
- Oh non, je vous en prie, répliqua aussitôt Bella. Nous allons nous débrouiller autrement.
- Vous ne nous dérangez pas, sourit timidement Fionna. Je vous en prie, prenez notre chambre.
- Il n'en est pas question.
- Mademoiselle, j'insiste...
S'ensuivit dix bonnes minutes de pourparlers polis qui exaspèrent Edward. Il finit par entraîner Bella un peu à l'écart.
- Vous devriez vraiment accepter, lui dit-il. Vous avez besoin de vous reposer avant qu'on ne reprenne la route.
- J'ai l'impression de m'imposer, répliqua Bella, contrariée.
- L'offre vient de Fynn, je vous rappelle. Vous devriez accepter son hospitalité. Après tout, nous ne resterons pas longtemps.
Bella finit par se laisser convaincre. Il fut décidé que Bella et Rosalie dormiraient dans le grand lit et Fionna sur une petite paillasse au sol. Bella était mortifiée que leur hôtesse ait à coucher par terre mais elle ne protesta plus. Les jeunes femmes se débarbouillèrent tant bien que mal à l'aide d'une petite cuvette remplie d'eau froide puis se mirent au lit vêtues de leurs seuls sous-vêtements. Fionna aurait bien voulu leur prêter des chemises de nuit mais ces vêtements avaient été conçus pour des êtres de petite taille.
- Si vous avez besoin de moi, je serai dehors, juste devant votre fenêtre, leur fit savoir Edward de l'autre côté de la porte.
Épuisé moralement, le Vampire poussa un soupir. Il remercia Fynn qui s'était installé pour la nuit dans l'un des fauteuils du salon, puis sortit en compagnie d'Emmett.
- Je vais chasser, déclara ce dernier. Je te ramène quelque chose ?
- Non, merci, répondit Edward en s'accroupissant sous la fenêtre de la chambre provisoire de Bella et de Rosalie. Ne vas pas trop loin et ouvre l'œil, d'accord ?
- Entendu, sourit le géant brun, avant de se fondre dans la nuit.
Une fois seul, Edward ferma les yeux et se passa lentement la main dans les cheveux. Seigneur... c'était la plus longue journée de sa vie et il vivait depuis longtemps déjà.
« Agir sans réfléchir. Si on devait te décrire en trois mots, ce serait avec ceux-là ». C'était l'une des phrases préférées de Jasper et dieu seul savait combien il avait eu l'occasion de la prononcer par le passé. C'était toujours à son Général de ramasser les pots cassés laissés par ses actes.
Edward avait toujours été du genre impulsif. Dès qu'une idée lui traversait l'esprit, il s'empressait de l'exécuter, sans véritablement peser le pour et le contre. Son statut royal avait l'heureux avantage de lui permettre de faire ce qu'il voulait ; il n'avait jamais à rendre des comptes. Quand les ennuis survenaient, il avait peut-être quelques remords. Mais alors une nouvelle idée survenait et c'était reparti...
Edward rouvrit les yeux et observa le ciel étoilé qui palissait à mesure que s'éveillait l'aube. L'une de ses plus grosses bévues avait eu lieu environ quarante ans plus tôt...
Flash-back
- Vous êtes sûr, Votre altesse ?
- Oui ! Et ceux d'entre vous qui réussiront auront droit aux privilèges royaux pendant un mois ! Non, deux !
Rodric, Ren et Leonard dévisageaient leur Prince avec un mélange d'excitation et d'appréhension. Le pari était tentant mais n'était-il pas trop risqué ?
- Allez les gars ! les exhorta Edward. Vous n'êtes qu'une bande de pleutres, ajouta-t-il avec un sourire moqueur.
Les trois chevaliers se raidirent sous la provocation.
- Cinq mois de privilèges royaux et un gage pour vous ! exigea Rodric.
Edward eut un rire ironique.
- Trois mois et c'est mon dernier mot. Vraiment les gars, c'est un défi facile. Un jeu d'enfant à côté du prochain.
- Mais si jamais...
- Moi je marche ! coupa bruyamment Emmett.
Edward se tourna vers lui, ravi.
- Vraiment ?
- Parfaitement. Laisse tomber ces mauviettes.
L'entrée d'Emmett dans le jeu acheva de convaincre les trois autres et tous les quatre furent prêts à relever le défi. Edward ne s'inquiétait pas du tout ; le défi était facile. S'enfermer dans la cabane des Bois Cyf avec des humaines pendant une trentaine de minutes. Un jeu d'enfant. Cela faisait des siècles qu'ils maîtrisaient leur soif et ne se nourrissaient que de sang animal. La tentation serait une délicieuse et cruelle torture, mais la volonté serait la plus forte.
Et pourtant.
Tout avait si bien commencé. Ils avaient franchi la frontière de l'Empire sans problème et avaient réussit à attirer dans leurs filets cinq jeunes roturières humaines. Au début, elles étaient effrayées – quel Humain sensé n'avait pas peur d'un Vampire ? – mais elles avaient fini par céder à force de cajoleries et de promesses. Elles avaient fini par leur faire confiance. Pourquoi n'avaient-ils pas su s'en montrer dignes ?
Edward était debout face à la cabane, à attendre que les trente minutes prévues s'écoulassent, quand le cri déchira l'air paisible de la nuit. Un cri atroce. Brisé. À glacer le sang.
Edward sut.
Il se figea d'horreur, paralysé par la litanie de cris heurtés qui succédèrent au premier.
Puis soudain le silence.
Mêlé de petits bruits de succion étouffés...
Edward fit volte-face en direction du château. Il n'avait jamais couru aussi vite qu'en cet instant. Tout se bousculait dans sa tête, au détriment de toute pensée cohérente. Il avait l'impression d'être fou. La seule force qui guidait ses pas reposait sur deux mots : trouver Jasper.
Le Général se trouvait dans son bureau, au sein des quartiers militaires, quand Edward entra comme un boulet de canon. La réunion que Jasper tenait avec ses officiers subordonnés tourna court : un regard sur Edward et Jasper renvoya tout le monde. Sans prononcer un mot, il suivit le Prince jusqu'à la cabane.
Rodric et Leonard étaient debout à quelques mètres de la baraque, Ren roulé en boule à leurs pieds. Emmett était accroupi près d'un sequoia, tête baissé.
La porte de la cabane était ouverte. Quelques rigoles pourpres en avaient franchi le seuil, souillant macabrement l'herbe verte. Emmett et les trois chevaliers n'étaient pas allés jusqu'au bout, constata Edward, effaré. Il se pouvait que...
Comme d'habitude, Jasper fut prompt à agir. Il pénétra dans la cabane et tua dans l'œuf une éventuelle gestation de nouveaux vampires. Les jeunes filles étaient mortes, et pour de bon.
- Que s'est-il passé ?
Jasper était de retour face à Edward et attendait des explications, les bras croisés et le visage fermé. Le Prince lui débita à tout allure la soirée : la virée en ville, les défis, le drame. À la fin, la déception et la consternation se lisaient sur le visage du Général.
- Agir sans réfléchir. Si on devait te décrire en trois mots, ce serait avec ceux-là.
Sans attendre de commentaire, il tourna le dos au Prince et se dirigea résolument vers Rodric, Leonard et Ren qui n'avaient pas bougé. Edward assista à la suite dans un état second, écrasé par sa culpabilité. Les Accords de Yamalta étaient très clairs : tout vampire se nourrissant sang humain était immédiatement démembré et brûlé.
Jasper remplit sa tâche froidement, avec une précision presque chirurgicale. Quand ils avaient compris qu'ils seraient exécutés, Rodric et Leonard avaient tenté de fuir, mais en vain. Ren, lui, était resté prostré – il était résigné.
Pour lui avoir obéi, ses amis se consumaient désormais dans un feu de camp géant, ainsi que cinq jeunes filles innocentes. La honte et le désarroi entravaient Edward dans un état catatonique. Mais quand Jasper tourna lentement la tête vers Emmett, il sortit brusquement de sa léthargie.
- Jasper, non ! hurla-t-il.
- Edward...
- Non !
Fin du flash-back.
Edward eut un léger frisson en repensant à cette nuit où ils avaient failli perdre Emmett. Si Jasper avait fini par se laisser fléchir, c'était bien parce que le géant brun était la seule personne en dehors du Prince qu'il considérait comme son frère.
Le sevrage avait été long et difficile... Edward espérait ne plus jamais revoir cette horrible couleur rubis colorer les prunelles d'Emmett.
Et voici que quarante ans plus tard, il déclenchait une guerre. Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Il avait sauvé Bella, certes, mais n'aurait-il pas dû agir autrement ? Il aurait pu ramener la jeune femme dans les quartiers réservés aux Humains et informer l'Empereur de la façon dont Jacob Black traitait sa fille. Ou il aurait pu l'amener au Roi Carlisle ; son père aurait tout fait pour arranger la situation.
Mais au fond, Edward savait que ces solutions n'auraient rien changé : un mari avait tous les droits sur sa femme et personne n'aurait pu empêcher Jacob Black de maltraiter son épouse.
Sauf à déclencher une guerre.
Emmett revint au petit matin, et ensemble, ils assistèrent au réveil du village. Les Farfadets qui les aperçurent affichèrent des mines intriguées – qu'est-ce que des Vampires pouvaient bien fiche ici ? Les plus hardis s'approchèrent en les harcelant de questions, mais Edward parvint à les faire fuir avec un regard glacial d'abord, puis avec des grognements sourds.
Fynn était passé les saluer avant de se rendre sur la grande place où il tenait une petite quincaillerie. Il leur avait assuré qu'il ferait le nécessaire afin qu'ils ne soient plus importunés. Edward en fut soulagé ; dès le réveil de Bella et Rosalie, ils quitteraient les lieux au plus vite.
L'attention du Prince fut attiré par Emmett qui s'agita soudain à côté de lui. En prêtant l'oreille, Edward perçut des bruits de pas à l'intérieur de la maison – les pas de la servante, conclu-t-il en reconnaissant la cadence de sa démarche, et quelques minutes plus tard, Rosalie apparut effectivement. Elle avait remis sa robe déchirée de la veille et Edward songea qu'ils devraient sérieusement se mettre en quête de vêtements décents.
Dès qu'il vit Rosalie, Emmett se fendit d'un grand sourire.
- Bonjour mademoiselle Rose, dit-il en s'inclinant.
Edward se contenta d'un poli hochement de tête – après tout, les aristocrates n'étaient pas censés s'incliner devant les domestiques.
- Ne m'appelez pas Rose ! répliqua vivement la jeune femme à Emmett, avant d'esquisser une révérence pour saluer Edward. Votre Altesse, enchaîna-t-elle, la Princesse Isabella ignore qui vous êtes réellement et vous ne semblez pas disposé à lui dire la vérité. Dois-je garder le secret ?
Edward appréhendait la réaction de Bella si elle apprenait qu'il était le Prince des Vampires. Il n'arrivait pas à deviner quelle serait son attitude, mais il se devait d'être honnête avec elle. S'ils voulaient réussir à s'en sortir, il fallait qu'ils apprennent à se faire confiance.
- Oui, gardez le secret. J'informerai moi-même la Princesse à mon sujet.
Rosalie le fixa quelques secondes, puis acquiesça :
- Comme il vous plaira, votre majes... monsieur.
De nouveaux bruits à l'intérieur de la maison parvinrent à Edward et il devina que Bella était en de s'éveiller.
- Votre maîtresse est réveillée, informa-t-il Rosalie qui s'inclina avant de s'éclipser.
Trente minutes plus tard, Bella se présenta à eux, une main appuyée sur le bras de Rosalie. Edward scruta attentivement ses traits et la trouva reposée, ce qui était une bonne chose. Contrairement à la veille, elle pouvait marcher, bien qu'une petite claudication affectait sa démarche.
- Bonjour Bella, la salua-t-il en s'inclinant quand elle fut à sa hauteur. Avez-vous bien dormi ?
- Plutôt oui, compte tenu des circonstances, répondit-elle avec petit sourire. Partons-nous tout de suite ?
- Nous allons essayer de trouver d'autres vêtements, dit Edward en jetant un coup d'œil à la robe de mariée déchirée qu'elle avait revêtu. Je vous en prie, venez vous appuyer sur moi.
Ils déambulèrent à travers les petites ruelles du village avant d'arriver à la grande place qui vibrait d'activité. Les étals vides de la nuit dernière débordaient à présent de fruits, de légumes et de viandes. Il y a avait aussi des vendeurs de bougies, de bibelots, de meubles et de tapis. Ici et là, les commerçants hélaient leurs clients ou vantaient la qualité de leurs produits, ce qui créait un brouhaha assourdissant. La place était baignée dans la clarté du soleil déjà haut dans le ciel.
- Hé, les amis ! les interpella une voix familière.
Ils découvrirent Fynn derrière son étal de quincaillerie. Son stand débordait d'outils, de matériaux, d'ustensiles, de bijoux et d'objets en tout genre.
- Où trouvez-vous toutes ces...choses ? demanda Bella en se penchant pour examiner un drôle de pendentif verdâtre pourvu de dents pointus.
- A travers le Wroll, bien sûr ! répondit Fynn. Deux fois par mois, je parcours le territoire à la recherche d'objets de valeur.
- De valeur, dites-vous ? fit ironiquement Edward en observant une vieille bague en fer.
- Douze écus d'or pour cette bague, lança aussitôt le Farfadet.
Edward s'esclaffa.
- Non merci. Mais connaîtriez-vous un modiste ?
- Pour sûr ! s'exclama Fynn.
Il leur montra du doigt un petit magasin en bordure de la place.
- MocGayver fait les meilleurs vêtements de la région, mais il est horriblement cher !
Le groupe se rendit dans la petite boutique de bois peint et pénétra à l'intérieur. L'endroit apparut à Edward désespérément...vide. Quelques étagères en bois fixées au mur présentaient de rares piles de vêtements qui semblaient taillés dans un seul tissu : du coton d'un beige sale. Deux fenêtres crasseuses peinaient à laisser passer la lumière, et au fond se trouvait un petit comptoir en bois usé. Le plancher était recouvert d'une fine couche de poussière et craquait désagréablement.
- Bonjour, je suis MocGayver. Que puis-je faire pour vous ? demanda une voix claire et vive.
Tout le monde tourna la tête vers le petit Farfadet qui venait de se matérialiser dans la pièce comme par enchantement. Il offrait un contraste saisissant avec sa boutique : alors que cette dernière était terne et crade, le modiste, lui, était vêtu d'une chemise amidonnée d'un blanc éclatant, d'un gilet marron orné d'une chaînette en or, d'un pantalon gris à pince impeccablement coupé et de mocassins en cuir noir brillant.
- Nous souhaitons des vêtements, si possible à notre taille et de qualité, demanda Edward en retenant une moue dédaigneuse face aux vêtements entreposés dans la boutique.
Le Farfadet détailla brièvement des yeux leurs tenues, puis sourit largement.
- Si ces dames et ces messieurs veulent bien me suivre, dit-il sur un ton affable.
Il désigna une petite porte dérobée à côté du comptoir et les quatre compagnons obéirent avec un brin de circonspection. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils franchirent le seuil de la pièce et qu'une débauche de tissus aux couleurs chatoyantes sautèrent à leur vue. Sur des penderies et des étagères se trouvaient toute sorte de tissus et toute sorte de couleurs. Manifestement, MocGayver avait jugé à leur vêtements, déchirés mais de qualité, qu'ils avaient les moyens de se payer les meilleurs articles de sa boutique.
- Que voulez-vous exactement comme vêtement ? voulut savoir le Farfadet en vendeur zélé. Je peux vous avoir des tenues d'apparat comme celles que vous portez et des robes à la dernière mode chez les Humains.
- Des chemises et des pantalons pour mon ami et moi, répondit Edward. Et pour ces dames, des robes seront très bi...
- Des chemises et des pantalons aussi, s'il vous plaît, coupa soudain Bella, appuyée par le hochement de tête affirmatif de Rosalie.
Edward et Emmett écarquillèrent les yeux, choqués. Dans l'Empire comme dans la Monarchie, porter des pantalons pour les dames étaient le comble de la vulgarité. Même les femmes issus des plus basses classes sociales ne portaient jamais de pantalon, alors a fortiori une Princesse...
- Vous ne pouvez pas..., commença Edward, mais Bella l'interrompit :
- Et pourquoi pas ?
- Parce que ce n'est pas convenable.
- Qui s'en soucie ? Parcourir les bois en robe n'est guère pratique. Des pantalons seront parfaits.
- Mais...
- Êtes-vous l'un des ces mâles rétrogrades dont l'esprit est trop étriqué pour admettre qu'une femme aspire à être autre chose qu'un joli ornement docile, paré de froufrous ? lança Bella, légèrement piquante.
Edward se renfrogna.
- Bien sûr que non.
- Fort bien. Monsieur MocGayver ? Qu'avez-vous pour nous ?
Le Farfadet se mit à fouiller dans ses penderies avec frénésie. Il offrit plusieurs vêtements au choix de ces demoiselles, puis se retira dans la première pièce en compagnie d'Edward et Emmett pour laisser aux jeunes femmes de l'intimité pour leurs essayages.
Edward ruminait sombrement les insinuations de Bella. Non, il n'était pas un « mâle rétrograde ». Au contraire, il respectait rarement l'étiquette et était en faveur de l'émancipation des femmes – quoi de plus excitant, en effet, que des demoiselles suffisamment sûres d'elles pour flirter ouvertement, sans se préoccuper des convenances ?
Mais une femme en pantalon ? Ce serait bien la première fois de sa vie qu'il assisterait à cela.
Lorsque le Prince découvrit Bella et Rosalie plusieurs minutes plus tard, il décida une chose : si un jour il revenait dans son royaume sain et sauf, il décréterait que toute femme porterait obligatoirement un pantalon. Et pas n'importe lequel : un pantalon en daim.
MocGayver leur expliqua que ce genre de pantalon était porté par des femmes de certains villages d'Amazones au sud du Wroll ; le couturier avait réussi à s'en procurer pour diversifier ses rayons.
Le Prince détailla lentement Bella : il avait la gorge sèche, mais certainement pas de soif. Le pantalon beige qu'elle portait moulait outrageusement ses jambes fines... et son charmant postérieur, comme il le constata quand elle fit un tour sur elle-même. Elle portait également un chemisier blanc cintré à jabot.
Edward déglutit avec difficulté. C'était une Princesse et il était déterminé à la respecter. Mais bon sang, le reste du voyage risquait d'être un calvaire.
- Qu'en pensez-vous ? demanda Bella à ses compagnons masculins en effectuant un nouveau tour sur elle-même.
- Ravissant, couina Emmett, ce qui fit rire les deux jeunes femmes.
…
Jane et Jared couraient à travers le Wroll depuis plus d'une heure, quand le Mouvement était intervenu. Ils avaient tous deux connaissance de ce phénomène typique du Wroll et avaient été déçus de n'avoir pas pu rattraper les fugitifs avant que le déplacement n'intervienne. Ils étaient désormais réduits à un jeu de cache-cache qui pourrait s'avérer péniblement long.
Ils avaient couru toute la nuit, puis Jared s'était arrêté parce qu'il avait besoin de dormir. Dormir et manger, pensa Jane avec mépris, tandis que le lendemain matin, elle observait froidement le loup-garou dévorer un lapin rôti au feu de camp. Les êtres au sang chaud étaient d'une inutilité consternante. Sans compter que les Loup-garous étaient en plus dotés d'une odeur de chien et d'une aberrante propension à se croire supérieurs à toute forme de vie existante.
Jane aurait déjà planté le corniaud depuis longtemps si son maître ne lui avait pas ordonné de ne quitter le Loup-garou sous aucun prétexte. Elle devait donc prendre son mal en patience et supporter la vue de Jared en train de dévorer son repas sans élégance aucune. En même temps, pouvait-on s'attendre à autre chose d'une créature de son espèce ? Non.
- Dépêchez-vous ! siffla-t-elle à bout de patience. Nous avons une mission, je vous rappelle.
Jared ne daigna pas lui accorder un regard ou n'importe quel signe indiquant qu'il avait entendu. Jane demeura calme en apparence – il ne fallait jamais montrer à ses ennemis à quel point ils pouvaient nous affecter – mais à l'intérieur elle bouillait de rage. Le Loup-garou acheva tranquillement son repas, but une longue gorgée d'eau tirée de l'outre en cuir qu'il gardait accroché à son pantalon, puis se leva enfin.
- Rien ne sert de se précipiter, déclara-t-il de sa voix grave et basse qui avait le don d'écorner les oreilles de Jane. À partir de maintenant, les retrouver sera surtout une affaire de chance et de hasard.
- Ce n'est pas une raison pour végéter, contra-t-elle avec froideur. Ils n'ont peut-être pas changé de zone.
- Peut-être, fit Jared, indifférent.
Il observa un instant les arbres environnant, puis fit un pas dans un direction.
- Continuons par là, vers le nord, décida-t-il.
- Pourquoi ?
- Il faut bien commencer quelque part, répondit-il avec une légère condescendance.
- Ce n'est pas à vous de prendre les décisions, lâcha Jane en serrant les dents.
- Vous faites ce que vous voulez, je m'en fiche.
Le Loup-garou tourna les talons et commença à s'enfoncer dans les bois d'un bon pas, dans la direction qu'il avait choisi.
Ne quitter le Loup-garou sous aucun prétexte.
Jane exhala un soupir tendu et finit par lui emboîter le pas. Patience. Patience...
…
Après un tour complet du marché des Farfadets, Edward, Emmett, Rosalie et Bella avaient de quoi affronter la suite de leur voyage. Ils avaient déniché un grand sac en toile dans lequel il y avait des vivres et de l'eau pour les jeunes femmes, quelques vêtements, des onguents médicinaux et une petite tente. Avec ce strict minimum, ils devraient pouvoir tenir environ cinq jours. Cependant, ils ne s'étaient pas enfui avec de l'argent et Bella avait dû troquer une petite bague en argent contre leurs maigres possessions. Il fallait décider de la suite à donner au voyage au plus vite.
- On ne peut pas rester ici, avec les Farfadets ? proposa Emmett, alors qu'ils s'étaient tous les quatre installés dans une petite clairière ensoleillée jouxtant le village.
- Jusqu'à quand ? demanda Rosalie.
- Jusqu'à ce que les choses se calment avec Black.
- Mais comment connaîtrons-nous l'évolution des événements à la Meute si nous restons ici ?
Il y eu un petit silence.
- Vous avez raison, dit Edward à Rosalie. À un moment ou à un autre, il faudra bien que l'on réintègre nos mondes.
- Le plus tôt sera le mieux, affirma Bella sombrement. Nous aurons l'avantage d'être informés et nous pourrons agir en conséquence.
- Quel royaume allons-nous rejoindre : l'Empire ou la Monarchie ? demanda Rosalie.
Cette fois, le silence dura un plus longtemps, chacun étant plongé dans ses réflexions.
- Je pense que nous devrions nous cacher au sein de la Monarchie, finit par décider Edward. Je suis celui qui a enlevé Bella ; ils ne s'attendront certainement pas à ce que je la ramène chez les Vampires.
- Je suis d'accord, dit la jeune femme. Je n'ai aucune envie de retourner dans l'Empire de toute façon, ajouta-t-elle amèrement comme pour elle-même.
Le Prince lui jeta un coup d'œil interrogateur, mais l'humeur de Bella changea brusquement. Elle tourna vers lui un regard plein de défi et de détermination.
- Nous devons apprendre à nous battre, déclara-t-elle.
- Je vous demande pardon ?
- Emmett et vous devez nous apprendre quelques techniques de défense. Nous avons été un poids pour vous contre les Hydres. C'est inacceptable.
Edward n'en croyait pas ses oreilles : après les femmes en pantalon, les femmes au combat. Inacceptable, en effet.
- C'est hors de question, répondit-il sans appel.
Bella se leva tant bien que mal avec sa cheville blessée, puis se campa devant lui, les mains sur les hanches. Edward fit appel à toute sa volonté pour se concentrer sur son visage et uniquement sur son visage.
- Le mâle rétrograde serait-il de retour ? lança la jeune femme, irritée.
Le Vampire se leva à son tour pour lui faire face.
- Bella, les créatures vivants sur ces terres sont très dangereuses. Sauf votre respect, vous n'êtes pas de taille à les affronter.
- Qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
- L'évidence.
Bella se raidit et son regard se fit plus glacial.
- Les humains ne sont pas aussi faibles que tout le monde le croit.
- La nature a malheureusement omis de gratifier votre peuple de dons nécessaires à la survie dans le Wroll.
- Nous sommes peut-être dépourvus de capacités extraordinaires et de talents magiques, mais nous sommes d'excellents combattants.
- Peut-être, mais ce n'est pas une raison pour mettre votre vie, ainsi que celle de votre servante, plus en danger qu'elles ne le sont déjà. Je ne vous ais pas sauvé des griffes de Jacob Black pour que vous perdiez la vie dans le Wroll.
- Vous vous servez de mon « sauvetage » pour imposer vos choix ? Je ne vous avais rien demandé, il me semble.
Edward serra les poings de fureur.
- Vu votre manque de gratitude, je commence à penser que j'aurais peut-être dû laisser Jacob Black vous violer.
Un silence pesant accueillit ses paroles. Il s'en voulut immédiatement d'avoir osé dire une chose pareille.
- Je suis sensible à votre honnêteté, finit par dire Bella à voix basse, raide comme un piquet. Si vous voulez bien m'excuser.
Elle exécuta une légère révérence, franchement ironique, avant de tourner les talons en direction du village, vite suivie de Rosalie qui prit soin de lancer à Edward un regard assassin avant de seconder sa maîtresse.
- Qu'est-ce qui t'a pris ? demanda Emmett en s'approchant du Prince. C'était cruel.
- Je sais, lâcha Edward en passant une main nerveuse dans ses cheveux. J'ai voulu la blesser comme elle m'a blessé en accordant si peu de valeur au service que je lui ai rendu.
- Elle a raison : elle ne t'a rien demandé. Tu espérais quelque chose en échange ?
- Mon acte n'était pas intéressé, Emmett. Enfin... pas vraiment. Mais, je me suis sincèrement inquiété pour elle ce soir-là. Elle pourrait au moins être reconnaissante.
Il repensa à leur dispute et sa frustration redoubla.
- Je n'ai pas l'habitude qu'on me contredise ouvertement. Ça ne me plaît pas. Pas du tout.
Emmett s'esclaffa.
- Tout le monde ne peut pas être ton gentil petit mouton, lui dit-il, ignorant l'air furieux d'Edward. En tant que Princesse, Bella est ton égale.
Le Prince ne contesta pas.
- Et je trouve que son idée n'est pas si mauvaise, ajouta le géant brun en réfléchissant. C'est dangereux, certes, mais si d'aventure elles se retrouvent séparées de nous, elles devront pouvoir se défendre.
Le Prince observa son meilleur ami un instant, avant de lui asséner un coup de poing amical à l'épaule.
- Je déteste quand tu me fais passer pour un crétin.
Il ne revit pas Bella de toute la journée : elle s'était enfermée chez Fynn et Fionna, et il était encore trop agité pour aller lui présenter des excuses. À la place, il passa le plus clair de son temps à parcourir la forêt environnante avec Emmett pour s'assurer qu'il n'y avait pas de danger immédiat et pour chasser.
Le lendemain, accroupi sous la fenêtre de sa chambre, il attendit qu'elle se réveille et s'habille, avant de pénétrer dans la maison des Farfadets. Il trouva Bella assise dans le petit salon, absorbée dans un livre, tandis qu'à ses côtés Rosalie et Fionna s'étaient lancées dans de la broderie.
L'accueil qu'il reçut fut plutôt froid et l'espace d'un instant, il fut tenté de fuir devant cette gynécée hostile. Mais il se ressaisit.
- Bonjour, mesdames, dit-il posément. Bella, puisse-je vous voir en privé ?
Il crut qu'elle lui opposerait un silence vengeur, mais non. Elle posa son livre et se leva calmement.
- Bien sûr.
Elle posa la main sur le bras qu'il lui offrait et il l'escorta jusqu'à l'endroit où il montait la garde la nuit, près de la fenêtre de sa chambre.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Bella en désignant ce qui paraissait être une petite cage recouverte d'un linge blanc.
Edward souleva le tissu et Bella poussa un cri de surprise et de ravissement. Dans la petite cage se trouvait un lutin des bois très excité. À peine plus grand qu'un chat adulte, la créature à la peau verte et aux grands yeux jaunes poussait des piaillements hystériques.
- Je vous avais promis de vous en montrer un jour.
- Quelle créature fascinante ! s'exclama-t-elle en s'accroupissant à hauteur de la cage.
Elle pouvait l'être, songea Edward. Il avait passé toute la nuit à rechercher une telle créature, et quand enfin il avait réussi peu avant l'aube, cette petite teigne de lutin ne s'était pas montré coopératif pour entrer dans la cage. Mais le résultat en valait la peine. Edward observa un moment le visage émerveillé de la jeune femme, puis il s'accroupit à ces côtés.
- Ce sont des créatures capables de se rendre invisibles. Et on dit qu'elles sont capables de prédire l'avenir.
Pour l'heure, avec ses cris furieux et le doigt accusateur qu'il pointait sur eux, le lutin semblait surtout leur jeter une malédiction.
- On leur prête aussi une grande fascination pour la gent féminine.
Bella éclata de rire.
- Visiblement, je ne suis pas à son goût !
- L'idiot, sourit Edward.
Bella lui jeta un coup d'œil.
- Ce lutin est-il un moyen d'acheter mon pardon ? demanda-t-elle, pince-sans-rire.
- Pas du tout. Vous êtes libre de pardonner ou non... Mais n'hésitez pas à prendre mon cadeau en considération lorsque vous prendrez votre décision, ajouta le Prince avec un léger sourire espiègle.
La jeune femme éclata de rire. Elle l'avait déjà pardonné.
- Et... il va de soi que si quelqu'un – Jacob Black ou qui que se soit d'autre – ose lever la main sur vous, je lui briserai les os un à un, ajouta ensuite Edward, très sérieux.
- Après une nuit de réflexion, je suis parvenue à la même conclusion.
Edward ne sut que répondre à cela. La confiance que la jeune femme lui accordait le déstabilisait.
- Ohé, les amis !
Bella et Edward se retournèrent pour découvrir Fynn qui s'approchait d'eux à grands pas. Ils se redressèrent et Bella adressa au Farfadet ses sincères remerciements pour son hospitalité et sa générosité.
- C'est bien naturel ! s'exclama Fynn, les yeux pétillants. Quelle est votre prochaine destination ?
- Nous nous rendons à la Monarchie, répondit Edward.
- Vous avez une sacrée chance alors ! fit le Farfadet avec excitation.
- Pourquoi ? demanda Bella, le cœur battant.
- Le dernier Mouvement a déplacé notre zone vers le nord. Ils vous suffit de traverser le territoire des Harpies pour arriver directement au sein de la Monarchie !
- Vous en êtes certain ? demanda Edward, ravi de la nouvelle.
- Oui !
Bella et Edward se regardèrent. C'était une occasion inespérée !
- Vous ne devriez pas traîner, leur conseilla Fynn. Le Mouvement peut frapper à tout moment...
