Long chapitre. Les examens sont terminés !

...

Je le dévisage, à présent entièrement consciente de cette réalité. Drago Malfoy n'est pas mauvais. Il cache bien son jeux. Je me demande si il ressent la même chose que moi.

Je hais chaque minute qui passe. Je voudrais les attraper à pleine main pour les empêcher de filer. Mais c'est impossible, même ma magie est impuissante fasse au temps qui passe.

Ce soir arrivera. Demain le soleil se lèvera et il faudra jouer le jeux comme d'habitude. L'étau se resserrera, une nouvelle fois.

La même chose se produira pour Drago. Lui aussi porte un masque. Il doit peser lourd tant il est marqué par le mépris de l'autre. Mais il l'affiche chaque jour. Pourtant quand il se lève je suis sûr qu'il soupire d'avance à la pensée d'une nouvelle journée. Ensuite il parade dans les couloirs comme un futur condamné mais personne n'en a conscience, sauf Blaise. Eux seuls savent qu'un jour leur dernière carte s'abattra. Ce jour là Drago Malfoy se sera lui même, affranchie de la connotation de son nom. Chaque minute le rapproche de ce moment. Mais ce ne sera pas une délivrance loin de là. Cet instant sonnera comme un avertissement, comme le début d'un autre sursis. Pourtant il tient bon et trouve même le temps de m'aider.

« Je peux t'entrainer tu sais. »

La proposition a jailli naturellement de ma bouche, inattendue, guidée par je ne sais quel neurone. Mais après réflexion ce n'est pas une mauvaise idée. Si je lui donne des cours, il se défendra mieux face à la suite et je m'allégerais d'un surplus de magie. Il a du penser la même chose car il secoue pensivement la tête.

«Si seulement ton frère pouvait être aussi malin.»

J'hausse les sourcils. Cette phrase est à double tranchant. Elle n'a pas pour unique but de dénigrer mon frère. Elle cache autre chose. Mais étrangement je ne souhaite pas épiloguer sur sa signification. Son attitude, ces mots, son aide remplissent ma tête de doute et de questions mais aujourd'hui je n'ai pas besoin de m'en encombrer.

«Je ne le connais pas. »

Je me rends à l'évidence. Je sais des choses sur mon frère mais je ne le connais pas. La différence est minime mais réel. Drago Malfoy, l'une des personnes les plus détestée par Harry, connais mieux mon frère que moi. Au moins il lui a déjà adressé la parole même si elle était portée par la jalousie ou la haine, Harry a réagi. Quand il a appris mon existence il ne m'a pas approchée.

Drago a dû percevoir ma détresse car il a troqué son air impassible par une expression plus compatissante.

« Oublie ce que j'ai dis. Les cours vont commencer.»

Les cours... dernier rempart entre moi et ce soir. Nous nous rendons dans un des couloirs principaux et nous nous quittons sans dire un mot. J'aimerais le rassurer, lui dire qu'il ne ma pas vexait. Même si je vois mal Drago Malfoy culpabiliser. Je secoue la tête, je dois effacer tout ce que je croyais savoir sur lui.

J'y pense encore quand je franchie le seuil de la salle. D'autres élèves rentrent et le professeur commence. Je me concentre sur sa voix pour oublier ma futur soirée. J'adopte la même attitude toute la journée. Mon cerveau tente de me résister, d'angoisser, mais je m'y refuse. Ron Weasley m'a pourri assez de cours comme ça. Je m'autorisais à stresser à la fin de la journée scolaire quand j'entamerais la partie attente. Là je pourrais m'en donner à ''cœur joie'' et même me ronger les phalanges comme je n'ai plus d'ongles, dévorés par mon anxiété.

Après les cours je me rends la bibliothèque. Dans ce lieux je suis certaine de pas croiser Ron. J'y croise souvent Hermione plongée dans ces lectures. Mes yeux scrutent souvent le titre des livres afin de savoir si ils sont suspects ou annonciateurs de problèmes. Aujourd'hui, rien à signaler. Je m'installe à une table et me noie dans mes devoirs. Tout autre préoccupations est exclue. Aujourd'hui je n'aurais fais que fuir les problèmes.

Mais le temps passe quand même trop vite. Les battements de mon cœur raisonnent dans tout mon corps me donnant mal à la tête. Je marche tel un automate vers mon ancien havre de paix. Je pense ardemment :

« Si il y a un Dieu ou un patron s'il vous plait, faite qu'il se casse les jambes dans l'escalier. C'est pas une bonne pensée, je le sais, mais c'est juste le deuxième jours et je n'en peux plus. »

Je répète ma supplique en boucle en montant les escaliers. Je franchie la dernière marche la tête baissée vers les dalles. Mes yeux ne regardent pas ailleurs. Une voix pourtant les y oblige.

« Coucou toi. »

Il me prends dans ses bras. J'ai envie de vomir. Il m'embrasse. Je retiens ma magie. Il me parle. J'ai envie de me fondre dans le sol. Il me parle, débite un flot de mots, de parole et de phrase.

Ce semblant de conversation me débecte. Le pire c'est qu'il souhaite savoir comment je vais depuis hier, lui est comme sur un petit nuage, etc.

Veux t-il réellement savoir comment je vais ?

Non ça ne va pas. Je suis en équilibre au dessus du gouffre quand je suis avec lui. Chaque seconde à ses côtés me donne l'impression d'être sale. Chaque lettre qu'il prononce se pare de venin. J'ai juste envie de lui faire ravaler sa bonne humeur et son humour de merde. Il ne paraît même pas s'apercevoir de mon état. Son égoïsme me dégoute. Mais je tais mes pensées, ma réponse est d'une banalité affligeante. Pourtant ça ne l'empêche pas de continuer son monologue. Il ne dévoile rien susceptible de m'aider à protéger mon frère. Ces mots sont inutiles. Peu à peu je n'écoute plus. Je le dévisage, passant par dessus mon dégout. Ces yeux sont déconnectés de la réalité. Quand je le regarde je n'ai pas besoin de l'écouter pour savoir que ces mots ne décrivent pas la réalité. Son visage est marqué par l'ambition et le manque d'attention. Je n'ai pas le souvenir d'y avoir surpris de telles expression. Il porte un masque au quotidien.

Dans les couloirs quand je le croisais il ressemblait à un adolescent bon vivant, marrant et loyal. La réalité est hideuse. Il est ambitieux, vicieux, menteur et égoïste. Pourtant certains le considèrent comme un ami. N'ont-ils jamais vu l'image que j'ai en face de moi ? Nous ne connaissons jamais quelqu'un cependant on accorde quand même notre confiance. Devrais-je donner ma confiance ? Je peux continuer à marcher seule. Mais je n'en ai pas envie. Est-ce pour ça qu'on accorde de la confiance à une personne ? Pour ne pas être seul ?

Il entoure mes hanches avec ses mains et s'appuie contre moi, brisant le file de mes pensées. Je réfrène mon envie de m'écarter. Il m'embrasse le cou. Je me force à sourire. Il me demande si je suis bien. J'hôche la tête, tentant d'être convaincante. Il continue tout en m'allongeant sur le sol. Là il m'en demande trop.

« Ron, s'il te plait non. J'ai... besoin de prendre mon temps qu'on y aille doucement.»

Voir même très doucement d'ailleurs. Je tourne la tête vers lui. Il s'est redressé et me dévisage avec incompréhension.

« Pourquoi ? On est bien là. En plus on se voit pas de la journée faut bien qu'on se rattrape le soir.»

C'est un cas désespéré. Mais je vais tenter de le convaincre pour prolonger mon sursis. Je me penche vers lui et l'embrasse. Il a l'air rassuré, je peux alors lui expliquer :

« Nous sommes ensembles depuis peu. Mais tu veux du sérieux non ? Alors nous avons tout le temps qu'on veux même si on se voit que le soir.»

Chaque mot m'a écorché la bouche mais ma méthode a l'air de fonctionner. Un petit sourire flotte sur son visage. Je hais son air heureux. Mais je joue le jeux quand il place ses mains sur mes joues avec tendresse. Il me fixe un moment puis m'embrasse. Ce moment pourrait être doux, mignon ou même vrai, mais c'est tout le contraire.

Soudain des bruits dans l'escalier détournent son attention de moi. J'en profite pour me décaler discrètement. Puis je tourne la tête vers lui. Il a l'air aussi alarmé que moi. L'intrus n'a donc rien à voir avec lui. Un éclair d'espoir traverse mon esprit. J'attrape le bras de Ron et lui chuchote :

« Vas te cacher. C'est surement Hermione ou Malfoy dans les deux cas tu auras des ennuis. Alors que si ils me voient moi, je risque moins gros.»

Mon excuse à l'air de marcher. Il m'embrasse à la va vite et part se cacher. Je pense qu'Hermione l'intimide.

Je fixe les escaliers en trépignant. Même si c'est Rusard qui apparaît je serais heureuse. Quand je vois qui entre dans la pièce je dois empêcher un large sourire d'envahir mon visage.

«Ce soir je ne rentrerais pas les mains vides. Maison ? Nom ? Je vais aller faire part de ton escapade nocturne au directeur de ta maison. »

« Lana Laswell, je n'ai pas beaucoup dépassé. »

Je me balance d'un pied à l'autre, ma voix est plaintive je joue le jeux.

« 22h05. C'est un dépassement. Suis moi. »

Je soupire en m'exécutant. Il n'est que 22h05 ? J'ai l'impression que cette entrevue à durée un siècle. En tout cas c'est sans regret que je quitte cette endroit. Nous marchons quelques minutes sans dire un mots. Pendant ce temps je regarde son dos. Il se tient droit même si il n'y a personne à impressionner. Quand il s'arrête je manque de le heurter. Il se tourne vers moi l'air soucieux.

«Ca va ?»

Question banal. Certaines personnes la posent dix fois par jour sans vouloir connaître la vrai réponse. Mais lui il veut la vérité.

« Non.»

Il semblait s'y attendre. Un soupire lui échappa sans que je puisse lui donner un sens. Il recommence à marcher. Je ne le suis pas. L'absence de bruit d'arrière lui l'interpelle, il se retourne.

« Viens.»

«Non. Tant que je sais pas où.»

Je ne suis pas d'humeur à suivre quelqu'un même Malfoy sans savoir où l'on se rends. Je ne suis pas non plus d'humeur à exécuter des ordres sans fondements. J'ai assez donné ce soir.

«Dans mon dortoir. Des oreilles indiscrètes trainent des fois par ici.»

La réponse et la justification sont claires. Je sais où l'on va. Cette certitude me rassure. Ce soir tout m'a échappé, grâce à cette réponse je reprends les choses en main. Je me fiche de savoir si c'est vrai ou pas j'ai juste besoin d'y croire sinon je vais m'effondrer.

Une fois dans son dortoir je me rue vers la salle de bain, sans même demander la permission je plonge sous le jet d'eau. Acte irrépressible, guidé uniquement par la nécessité de ne plus avoir l'impression d'être souillée. Acte permettant pendant un instant de croire que jamais il ne m'a touché. Acte criant ma volonté d'oublié.

L'eau qui coule sur mon visage rends réel son absence, je peux afin être soulagée. La panique, la peur et la honte se noie dans la baignoire. Ils viendront bientôt me saluer mais pas maintenant. Je reprends petit à petit la possession de mon corps. Une fois rassainie je tourne la tête pour observer le reste de la salle de bain. L'intérieur est plutôt petit mais bien agencé. Au milieu Drago patiente, une serviette à la main. Il n'a pas bronché quand je me suis jetée sous la douche toute habillée. Il doit me comprendre mieux que je ne le pense. Pourtant rien qu'à son sourcil levée je peux en déduire qu'il n'apprécie pas particulièrement que j'investisse sa douche de cette manière. Mais il reste théseux. Avec un soupir j'éteins la douche, le froid me saisit et j'entoure mon torse de mes bras.

Mon hôte secoue la tête et me tends la serviette. Il repart sans dire un mot pour revenir avec un peignoir bleu. L'attention me touche tellement que je ne pense même pas à le remercier. Il referme la porte cette fois définitivement. Pourtant je reste planté à côté de la baignoire, trempée jusqu'aux os, mais pas frigorifiée. La bienveillance masquée de Drago me parcours le corps, me redonnant un semblant de sécurité. Puis doucement j'enlève mes vêtements, trop grand pour ma vrai apparence. Je profite de pouvoir me déshabiller en étant vraiment moi. L'inconvénient des douches communes est qu'elles m'obligent à conserver mon apparence d'emprunt. Une fois en sous-vêtement j'ose lever les yeux vers le miroir de la porte de la salle de bain. Au début je ne me dévisage pas vraiment, je scrute la porte avec attention. Mais petit à petit ma curiosité m'exhorte à plus de courage. Je fixe alors mon reflet. La dernière fois que j'en ai eu l'occasion c'était au début de l'été quand ma famille adoptive est partie en vacance pendant une semaine. Durant ce laps de temps j'ai pu me redécouvrir. Quand je me dévêtis je sens mes formes réel mais je ne les vois pas avec autant d'objectivité. Par exemple même en me tatant je n'aurais pas pu deviner à quel point j'avais maigris.

Quelque part me regarder dans la glace me permet de me reconquérir. Mon masque s'efface pour me laisser entrevoir avec quoi j'aurais pu vivre et avec quoi je vivrai une fois sortie de ce château. Cette redécouverte a un goût doux-amer. Elle montre l'inaltérabilité et le caractère imprévisible du futur. Une fois mon cursus terminer j'espère pouvoir m'en aller l'esprit léger. Mon souhait est certes égoïste mais cette vie ne me correspond pas. J'aimerais envoyer paitre Dumbledore et ses sermons pour vivre une vie sans entrave où je pourrais dévisager mon vrai reflet dans la glace tous les jours. Dès que cette pensée s'échappe de mon esprit, elle se dissout. Pour l'instant ma vie c'est ça, non un conte de fée où l'on vit sans chaine, ni responsabilité. Mes parents ne seraient pas fier de leur fille qui abandonne son frère. Une chape de plomb menace de tomber sur ma tête alors je me ressaisie. Derrière cette porte se tient quelqu'un qui m'attends. Je dois profiter de ce moment. Je me vêtis du peignoir bleu en m'étonnant sur sa couleur. Il appartient à Drago Malfoy est n'est pas vert. Ce préfet est imprévisible et bizarrement je ne fuis pas, au contraire. Une flopée de raisons peut justifier ce fait. Par exemple, je pensais Ron prévisible mais je me suis trompée. Si les gens aux allures prévisible peuvent nuire autant alors les personnes imprévisible ne peuvent pas être pires. Fière de mon raisonnement, j'ouvre la porte et rejoins Drago assis dans le fauteuil. Quand il me voit arriver, il me fais signe de m'assoir sur le lit. Il a l'air décidé de celui qui a beaucoup réfléchie. Il m'annonce alors fermement :

«J'ai un plan. »

Cette phrase me prends au dépourvu. De une parce qu'il a établie un plan en vue de m'aider et de déjouer les manigances de Ron. De deux parce qu'il a usé de son temps pour élaborer un plan où, vu son regard, il tient une place importante. Ces mots me rassurent, cette situation m'embrouille tellement l'esprit que je suis aveugle face à toute porte de sortie. De plus il faut avouer que je n'ai pas l'habitude d'avoir quelqu'un qui sécurise mes arrières.

«Ok. Quel est-il ? »

Ma réponse me paraît fade. Mais Drago ne semble pas s'en émouvoir, il est concentré sur toute faille présente dans son plan. Il se penche vers moi attisant ma curiosité.

«Weasley va surement te harceler par courrier chaque matin. Si il est malin il va changer d'endroit après l'évènement de ce soir. Alors dès qu'il change de lieux tu me le fais savoir par un mot échanger en douce. Et je m'arrangerais pour que quelqu'un vous interrompe. Le seul problème c'est que la manœuvre doit rester discrète alors on ne pourra pas la mettre en action chaque soir. »

Je réfléchie à son plan. Il est intelligent mais il sous estime Ron.

« Weasley est moins bête qu'il en l'air. Il a réussi à me percer à jour, lui et non Hermione.»

« Tu crois qu'il peut découvrir le stratagème ? »

«Je ne veux même pas qu'il pense qu'il y en est un. »

Le moindre doute de sa part peut rendre la situation plus compliquée encore. Mes remarques ont perturbé Drago. Il a les sourcils froncés signe d'une intense réflexion.

« Admettons que la belette ne sois pas stupide, même si j'en doute. Tu pourras lui souffler l'idée que se voir les week-end n'est pas très malin. Tu préfèrerais qu'il soit avec ton frère. Ainsi chaque week-end on se verra pour établir un plan. Il sera différent à chaque fois et il ne se doutera de rien. »

Ces mots flottent dans l'air. Mon tourment peut être alléger. Merveilleux éclat de lumière. Je cligne des yeux pour vérifier la réalité de cette proposition.

«Ca me va. Cette semaine on adopte celle que tu as exposé tout à l'heure. »

Il semble approuver mes dires. Un silence s'installe.

«Comment tu fais ? »

Cette question est timide, comme si on l'extorquée à son propriétaire. Je suis surprise et je ne le cache pas. Drago semble mal interpréter mon silence. Je me dépêche de lui répondre avant qu'il ne regrette ses mots.

« Pour ? »

Il se détend un peu. Le dialogue est ouvert, il le sait. Au point où en est peu de sujets sont tabous.

« Le voir, Potter je veux dire, tous les jours sans lui parler.»

Je ravale ma salive. Il va me prendre pour une idiote car je ne me suis jamais posée la question, surement trop habituée à ce schéma. Après tout c'est mon rôle de le surveiller mais lui parler n'est pas une possibilité. Le choix repose entre les mains de mon frère. Je n'avancerais pas vers lui, ce serait trop étrange aux yeux de tout le monde et les questions pleuvraient risquant de me mettre sous le feu des projecteurs. Dumbledore souhaite éviter ça pour la sécurité d'Harry. Mais plus je grandis plus je doute des propos du directeur. Néanmoins je ne me suis jamais interrogé sur ce que cette distance provoquée en moi. Évidemment personne ne ma jamais posé la question. Mon cœur se sert sans que j'en connaisse la raison. Ma gorge se se noue. Ces sensations ressemblent à celle que j'éprouve quand je le vois. Mais je ne peux nier qu'une pointe de jalousie, de tristesse et d'amertume sont aux rendez-vous.

Drago attends la réponse en me fixant.

«Je crois que... je suis triste. Des fois quand je l'appercois dans un couloir j'aimerais être à la place de la personne en face de lui.»

« Et comment tu comptes régler le problème ? »

La question est directe, je ne sais pas si c'est pour cette raison quelle me choque. Mais je sens poindre une note d'agacement. Même si nous parlons de beaucoup de choses, je lui ai expressément fais comprendre que je ne voulais pas parler de la situation avec mon frère, c'est le seul sujet tabous. Pourtant il pose des questions. De plus je la trouve déplacée. J'ai un plus gros problème que l'absence de dialogue entre mon frère et moi, Ron par exemple. Il le sait en plus ! Il connait mon soucis mieux que personne. Mon agacement se mue en colère.

«J'ai des problèmes plus grave que ça. »

Un tic nerveux agite sa joue. Il a l'air énervé. Je le suis aussi. Mais ce sentiment me donne le vertige. J'ai déjà éprouvé de la colère mais rarement envers quelqu'un de précis et d'atteignable.

«Ça ? Ne pas parler à ton frère est si insignifiant à tes yeux ? »

Je suis perdue, ma colère s'est aplatie devant mon incompréhension. Son raisonnement m'échappe. Après tout il s'en moque, il n'aime pas Harry alors en quoi ma relation avec lui peut le mettre dans cet état ?

« Mais en quoi ce que je ressens te concerne ? »

Son visage exprime trop de sentiments à la fois, augmentant mon incompréhension. Je commence même à angoisser. Tout m'échappe, encore.

«Mais c'est normal ! Personne ne s'en occupe même pas toi. Tu te concentre tellement sur Potter que tu finis par t'oublier. Je suis certain que c'est pour éviter de penser à ta situation. »

Je veux qu'il se taise, je veux le silence. Il n'a pas à dire ça maintenant. On se connait à peine.

«Pourquoi ? »

Je suis minable. Aucune répartie. J'ai bêtement cru être capable d'entretenir une relation d'amitié mais mes espoirs viennent de se briser. En trois rencontres j'arrive déjà à l'énerver.

« J'ai promis de t'aider mais je ne peux pas aider une personne qui est aveugle. Tu ne vois pas comment on te manipule. Tu fermes les yeux sur cette facette pour te concentrer sur la sécurité de Potter et le problème Weasley. Mais le nœud du problème n'est pas là et tu le sais. Je veux juste que tu ouvres les yeux. »

Sa voie est plus douce à la fin de sa tirade. Mais j'ai quand même mal au cœur. Mes mains sont vissées sur mes oreilles. Or elles laissent passer tous les sons. Mon cerveau se débats. Drago ne profère que des sornettes. Je sais que plus jeune Dumbledore m'a berné. Mais la situation même si elle m'attriste et rends compliquée mon quotidien ne peut pas changer. Quoique j'en dise je suis là pour protéger mon frère, pas pour lui parler même si j'en ai très envie. Mais une voie pernicieuse susurre en moi :

« Mais qui ta dis ça ? Dumbledore. Qui ta dis qu'Harry devait être protégé ? Dumbledore. Qui ta conseillé de rester loin d'Harry ? Dumbledore. Qui est-ce qui te dis qu'Harry n'est pas manipuler par Dumbledore ? Personne. »

Ma tête va exploser, j'attends mon cœur crier. Je ne veux plus penser. Pitié. Je tiens bon mais je préfère ne pas avoir conscience de tout. Ma magie sens mon désespoir. Dans un élan défensive elle jaillit. Je me moque d'où elle va. Je veux juste qu'elle efface mon cerveau, mes pensées, ce moment. Cet instant est un point de non retour. L'intensité et la proximité de choix d'attitude m'angoisse. Sois je nie tout en bloc sans chercher à approfondir les dires de Drago sois j'ouvre complètement les yeux et accepte ce qu'il a à me dévoiler ainsi que les conséquences.