Hello :)

Merci pour vos reviews et aux lecteurs d'avoir pris le temps de me lire.

J'espère que vous appréciez toujours cette histoire ^^


Chapitre dix

Comme lorsque je faisais mon service en Afghanistan, le temps semblait tourner au ralenti tandis que la bataille faisait rage. Peut-être que le mot « bataille » était un peu trop fort, mais avec seulement quatre d'entre nous contre une flopée d'ennemie, c'en était quasiment une.

Les deux Jedi étaient incroyables, ils représentaient une armée à eux tout seuls, même si l'homme plus âgé était encore un peu désorienté par la drogue. Si nous avions eu une poignée d'homme comme eux pour combattre en Inde dans l'armée de Sa Majesté, peut-être aurions nous eu moins de victimes et la guerre se serait terminée beaucoup plus rapidement (Peut-être n'aurait-elle même pas eu lieu). Ils semblaient anticiper chaque mouvement de nos assaillants, et non seulement ils bloquaient quatre-vingt dix pour cents des tirs, mais ils avaient également réussi à bloquer une charge contre notre flanc gauche, là où notre barricade était la plus faible.

Les hommes de Moriarty avaient perdu leur moral. Les pauses entre les tirs duraient de plus en plus longtemps et on pouvait les entendre murmurer dans l'ombre. Ils n'étaient pas satisfaits de notre résilience et le fait que la moitié de leurs hommes étaient abattus ou blessés par les Jedi qui renvoyaient leurs tirs vers eux, et par mon revolver et la précision croissante de Holmes avec son blaster, avait porté un sérieux coup à leurs plans. Ils avaient clairement prévu que ce serait une victoire facile.

Durant une de ces pauses, alors que je fouillai en vain mes poches à la recherche de munitions, Qui-Gon lança un regard critique à l'arme de Holmes « Le bloc d'alimentation est presque vide » déclara-t-il. « S'il ne faisait pas aussi sombre, j'aimerais essayer d'en obtenir un autre. »

« Je n'ai plus de balles » lançai-je. « Alors à moins de mettre la main sur l'un de ces blasters, je crains de n'être plus d'aucune utilité. »

« Il ne leur faudra pas longtemps pour découvrir que nous avons perdu plusieurs de nos avantages » fit Ben sombrement. « Et quand ce sera le cas, ils se rueront sur nous.»

Comme s'ils avaient entendu un signal, les tirs reprirent de plus bel. « Cela fait une demi-heure » criai-je pour me faire entendre, en louchant sur ma montre de poche pendant un éclat de lumière. Je regardai prudemment au dessus de notre pile de caisses, les Jedi commençaient à nous regarder d'un air désolé, et je notai que nos attaquants s'étaient avancés d'un peu plus près. « Si vos renforts ne se dépêchent pas, tout ce qu'ils trouveront ce sont des cadavre. »

Un rugissement en sourdine parvint à mes oreilles, puis se fit de plus en plus audible, couvrant les bruits de la fusillade. Il devint plus fort et j'eus tout à coup l'impression qu'une demi-douzaine de bêtes noires chutaient brutalement du ciel, dispersant les hommes de Moriarty.

« Il était temps » marmonna Ben. « Ils sont là, Maître. » dit-il plus fort.

« Alors allons-y. Holmes, Docteur, vous d'abord. Obi-Wan et moi allons vous couvrir » Il réussit à se frayer un chemin à travers la barricade, faisant des gestes vifs et précis avec son arme. J'étais réticent à les laisser derrière, mais Holmes, toujours pragmatique, planta sa main entre mes omoplates et me propulsa vers l'avant. Les deux Jedi, plutôt que de rester en arrière nous flanquèrent de chaque côté, et tourbillonnèrent dans une série de mouvements flous et saccadés. Puis Ben s'écarta derrière moi tandis qu'un ennemi engageait un combat au corps à corps avec lui. Je m'arrêtai, me demandant si je devais aller l'aider, mais une main agrippa le bas de mon manteau et me tira vers l'une des bêtes grondantes avec une force surprenante.

Ce n'était pas vraiment une bête bien sûr, en réalité, je n'avais aucune idée de ce que c'était. C'était une sorte d'appareil aux lignes épurés et aux angles pointus dont la couleur noir étincelait à la lumière vacillante. Je remarquai que la machine planait à quelques mètres du sol, flottant dans les airs. Je jetai un coup d'œil farouche à la personne qui me maintenait fermement, mais je ne vis qu'une grande, mince, figure sans visage, toute de noire. Durant un moment, je me demandai si elle était humaine, puis je me rendis compte que la tête, étrangement bulbeuse, était en fait une sorte de casque. « Allons, Doc » déclara une voix sourde derrière la visière. « Il est temps de partir ». Il m'aida à grimper sur la machine et s'installa devant moi. Du coin de l'œil, je vis Holmes et les deux Jedi se jumeler avec trois de nos autres sauveteurs. Les autres avaient des blasters et tenaient en joue nos ennemis, en regardant bien, je vis qu'un de nos alliés avait sorti un sabre-laser à la lame jaune étincelante. « Mettez ça » dit mon compagnon, poussant un autre casque dans mes mains. Je le pris à contrecœur. Le conducteur se tourna vers moi, m'aida à fixer la sangle sous mon menton, et poussa quelque chose au fond du casque, près du côté gauche de ma mâchoire. « Pouvez-vous m'entendre ? » C'était la voix de mon compagnon qui résonnait à l'intérieur de mon oreille, bien que moins étouffée, elle était toujours déformé par le chaos bruyant qui faisait rage autour de nous. Tout ce que je pourrais dire est qu'il avait une voix claire avec un léger accent américain. J'acquiesçai, ne me sentant pas capable de parler. « Accrochez-vous » Comme je ne bougeai pas, il tira mes bras et les enroula autour de sa taille « Ombre Leader, ici Ombre Neuf » dit-il. « Pouvons-nous partir ? »

La voix de McEiver, je fus surpris de la reconnaître même avec cette distance, répondit « Neuf, Trois, Sept et Huit, allez-y. Nous allons les empêcher de vous attaquer. Rendez-vous au Refuge et essayez de contacter Ilien sur le vaisseau."

« Oui, monsieur ». A travers la visière fumée de mon casque, je vis mon compagnon regarder par dessus son épaule. « Accrochez-vous » m'avertit-il à nouveau « Je ne veux pas essayer de nous rattraper si vous tombez ». Et sans attendre la répondre, il fit un mouvement de la main et la machine sur laquelle nous étions perchés rugit et s'élança, non pas dans la rue mais dans les airs. J'étouffai un cri et resserrai ma prise autour de la taille du pilote, tellement que je sentis ses côtes sous mes doigts. Le grondement de la machine remplit mes oreilles, avec le brouhaha incompréhensible provenant du communicateur de mon casque. Alors que nous montions, je réussis à saisir quelques bribes de conversation, et je commençai à écouter plus attentivement par dessus le bruit parasite. Je n'arrivai pas à croire que j'étais au-dessus de Londres, avec rien d'autre qu'une machine dangereusement rapide entre le vide et moi.

« Faites gaffe avec les swoops. Nous ne voulons pas attirer l'attention plus que nous le faisons déjà. »

« Désolé Derry, mais après un combat au blaster de ce goût là, ce serait presque impossible. Nous avons eu de la chance que ce se soit passé dans un bidonville. »

« Ne fait pas le prophète de malheur, Ombre Trois » dit mon conducteur. « Qui croira les témoins ? Ils penseront sûrement qu'ils étaient ivres ou sous l'emprise de la drogue. »

« Ombres » interrompit la voix de McEiver. « Ici Leader. Gardez le cap, je vais faire un léger détour. Quelque chose a attiré mon attention. »

Bien que la chose sur laquelle nous volions, je crois que j'avais entendu un de nos sauveteurs s'y référer comme étant un « swoop », se déplaçait longtemps, bien plus rapidement que je ne l'avais jamais vu et retournait mon estomac dans tous les sens au dessus de la ville sombre, je finis progressivement par me détendre. Il y avait quelque chose de très excitant à foncer dans les airs à une telle vitesse. Quand j'étais enfant, je m'imaginai souvent ce que cela ferait de voler comme un oiseau. Maintenant je le savais. Je me demandais si un jour les gens de mon monde atteindraient de telles prouesses.

J'écoutai encore les conducteurs discuter avant de voir que nous commencions à descendre. En regardant vers le bas je vis le long toit en pente d'un immeuble et le reconnus comme étant un pensionnat plutôt très grand. Il y avait une large terrasse, suffisante pour y poser toutes les machines. « Ombre Neuf » éteignit notre appareil, le mettant à l'arrêt. A ma grande surprise, il resta en vol stationnaire et se posa en douceur sur le sol, ma descente fut loin d'être aussi gracieuse que celle de mon compagnon. « Comment arrivez-vous à dissimuler tout ça ? » questionnai-je.

« Bouclier de dissimulation » répondit-il d'un ton énigmatique. « Nous n'allons pas les mettre en marche tant que Taryn, celui que vous connaissez sous le nom de McEiver, n'est pas revenu. Le bâtiment nous appartient et c'est nous qui le gérons. Je faillis demander ce qu'était un « bouclier de dissimulation », mais décidai que je n'étais pas encore prêt à entendre parler d'une merveilleuse technologie extraterrestre dont l'explication m'aurait fichue une migraine.

Un des autres conducteurs, à la carrure courte et trapue s'approcha vers nous et me donna une tape dans le dos « Bienvenue au Refuge, Docteur » me salua-t-il. « Venez, le thé doit nous attendre à l'intérieur." Ombre Neuf et lui se dirigèrent vers une porte ouverte de l'autre côté de la terrasse. Retirant mon casque, je repérai Holmes près de la porte.

« C'était exaltant » fis-je remarquer alors que je me précipitai vers lui.

« Peut-être pour vous, Watson » rétorqua sèchement Holmes. « Pour ma part, ce n'est pas une expérience que je recommencerai. » Je m'aperçus, alors que nous entrâmes dans le couloir éclairé juste après la porte, qu'il était tout vert. Apparemment Holmes n'aimait guère voler. Je m'abstins sagement de tout commentaire. Holmes n'aimait pas que quelqu'un d'autre que lui souligne ses faiblesses.

Notre équipe de secours s'était arrêtée à l'intérieur du couloir pour ôter leur casque et leur veste. Mon conducteur retira le sien et je le regardai. M'adressant un sourire dans le couloir, je me rendis compte que ce n'était pas un homme, mais une femme de grande taille d'à peu près 1m80 sans ses chaussures, aux cheveux roux tirés en arrière en une longue tresse, aux traits marqués et aux grands yeux bruns. Elle semblait très amusée devant ma surprise « Ici, je suis Shannan Corym » se présenta-t-elle en me serrant la main dans une poigne de fer. Elle avait le même accent étrange que les autres, il semblait mélangé à quelques notes américaines.

« John Watson » marmonnai-je.

« J'aime vos histoires, Doc » Elle me sourit à nouveau, faisant fondre tout sentiment d' irritation que j'aurais eu face à cette familiarité. « Et j'admire votre travail, Mr Holmes. Vous êtes tous les deux les bienvenus." Je remarquai que, ancrée dans ses bottes à semelles épaisses, elle faisait pile poil la taille de Holmes et se tenait presque nez à nez avec lui.

« Ah arrête ça, Shannan » lança l'un des autres. A sa taille trapue, je devinai que c'était celui qui m'avait accueilli à l'extérieur. « Tu demanderas leurs orthographes plus tard. On ne peut pas aller d'abord manger ? »

« Non, tu dois d'abord t'adresser à Ilien via le comm Derry-boy, et pas avant que Taryn ne soit revenu. Quand à vous autres, vous avez d'autres choses à faire que de rester planté là. Partez, vous pourrez leur poser toutes les questions que vous voudrez plus tard. » Elle les chassa et malgré leurs grognements, ils obtempérèrent et s'en allèrent. La femme aux cheveux roux sourit et s'inclina respectueusement devant Qui-Gon. « Pardonnez-nous notre absence de formalité, Maître Jinn » s'excusa-t-elle. « Nous avons été isolé de l'Ordre depuis cinq ans. Mon nom est Shannan Corym. »

Il s'inclina à son tour « Ne vous excusez pas, Chevalier Corym. Nous vous devons la vie. »

Le rugissement d'un moteur à l'extérieur attira notre attention. « Ça doit être Taryn, je veux dire McEiver » fit la jeune femme en fronçant tout à coup les sourcils « Il a l'air bouleversé ». Elle courut rapidement vers la porte, Qui-Gon, Ben et Holmes sur les talons. Je n'étais pas certain de vouloir affronter à nouveau une crise mais, poussé par la curiosité, je m'élançai à leur suite vers la terrasse.

McEiver, vêtu comme les autres d'une veste et d'un casque, avait éteint sa machine au moment où je sortis. Il descendit avec élégance, retirant son casque. Sa touffe de cheveux auburn était plaquée sur son front en sueur et l'expression de son visage était terrible « Rassemblez autant de monde que vous pouvez Shan » dit-il à la femme rousse. « Ce que j'ai découvert est très grave. »