Merci pour les mises en alerte et en favoris !

Note de l'auteur : Cette fic prendra en compte TDKR à partir du 17eme chapitre !

Note à l'attention des reviewers anonymes : Je rage à chaque fois de ne pas pouvoir vous répondre, alors si vous avez une adresse mail, un blog, un twitter, n'importe quoi, vous pouvez me le donner si vous le souhaitez pour que je puisse vous répondre.

Disclaimer : Rien n'est à moi (mes Ocs, si vous voulez, mais c'est si peu que ce n'est même pas vraiment a peine de trop s'attarder là-dessus)


Chapitre 10 :

Race, life's a race
And I am gonna win

Muse

Le petit salon était bien silencieux. Mais pour la première fois dans le Manoir depuis bien longtemps, le silence n'était pas lourd, mais plutôt apaisant. Estel lisait, tandis que son frère et sa mère jouaient aux cartes. Edward Rosenberg, lui, était appuyé contre un mur, un verre à la main, et observait sa fille.

-Je pense que tu devrais retourner à Gotham.

Estel fixa ma page de son livre un instant, puis le referma lentement, et le posa à côté d'elle, sur le canapé.

-Pourquoi ?

Elle semblait calme, mais Edward ne s'y trompait pas. S'il lui laissait la moindre chance de retourner ses arguments, elle le ferait et resterait sur ses positions.

-Pour aider la femme et les enfants de ce pauvre Salvatore.

-La vérité, Papa.

Edward Jr posa son jeu de cartes. Il dit doucement :

-Pour aller voir Wayne, du moins je suppose.

Son père lui jeta un regard surpris, puis ajouta :

-J'ai la conviction que tu t'entends mieux avec lui que tu ne l'avoues.

Elle haussa les sourcils.

-Tu espères que je prenne la place de Caro' ?

Il comprit à son ton que l'idée lui déplaisait.

-Ecoute, Estel, je sais que Wayne est venu ici il y a une semaine.

La jeune femme blanchit et son frère se tourna vers elle.

-C'est vrai ? Estel ! C'est vrai ?

Elle secoua la tête et soupira :

-Il avait des affaires à me rendre, de Carolyna.

Son père ne parut pas convaincu.

-Ton billet d'avion est déjà réservé. J'appellerai Wayne pour m'arranger avec lui. Tu pars dans une semaine.

Edward se détacha du mur, et sortit de la pièce. Sa femme le suivit rapidement. Mais Edward Jr resta avec sa sœur. Quand les bruits de pas de ses parents se furent éloignés, ils se leva et se mit à marcher de long en large devant sa sœur.

-Edward, s'il te plaît …

-Non, non. Tu es amie avec Wayne ?

-Non.

-Alors pourquoi Papa a cette idée en tête ?

Estel ne pouvait se résoudre à mentir à son frère, quand bien même elle le devait.

-C'est plus compliqué que ce que tu crois.

-Je ne veux pas que tu retournes à Gotham.

Elle soupira.

-Moi non plus.

Edward Jr s'assit à côté d'Estel et passa un bras autour de ses épaules. Il la colla contre elle et murmura :

-Je ne veux pas que Wayne t'approche. On a bien vu ce qu'il a fait à Caro' …

-J'ai des choses à faire, Ed'...

Estel se leva et quitta la pièce sans un regard en arrière. Calmement, elle alla jusqu'à sa chambre, et ferma la porte à double tour derrière elle. Elle alla jusqu'à sa table de chevet, sur laquelle était posé son téléphone portable, et chercha dans son répertoire le numéro d'Alfred. Elle lui expliqua la situation rapidement, et il promit de faire passer le message à Wayne.

Elle observa un instant le paysage par la fenêtre. Le jardin du Manoir était immense. Sur plusieurs centaines de mètres, la pelouse était impeccablement tondue, verte et nette, mais au loin, les broussailles pouvaient pousser librement. D'immenses arbres formaient une forêt épaisse et dense, tandis qu'un seul saule pleureur trônait au centre de la zone entretenue du jardin. Elle regarda le soleil darder ses derniers reflets sur le jardin, et l'obscurité grignoter les parcelles d'herbe petit à petit.

Quand la nuit fut tombée, on tapa à sa porte. Elle ouvrit et laissa rentrer son frère. Sans un mot, il se coucha sur son lit, et fixa son regard sur le plafond.

oOo

Gotham ne ressemblait en rien à ce qu'elle avait connu deux mois plus tôt. Des cadavres de voiture jonchaient les rues, même dans les beaux quartiers. Il ne faisait plus bon se balader seul, peu importe l'endroit dans lequel on se trouvait. Estel repéra de grands hommes en costume noir arpenter les rues – des russes, lui avait dit Alfred, qui traquaient les italiens.

Dès qu'un homme d'affaire sortait d'une voiture, il était entouré d'au moins deux gardes du corps. La police était invisible, même si on racontait que le Commissaire cherchait Tchovsky – sans succès pour l'instant.

-Il y a un changement, cependant, expliqua Alfred en se garant devant le Manoir enfin terminé de Bruce Wayne. Batman a repris ses activités, et les gens reprennent foi en lui. Il a sauvé tellement de gens du malheur, cette dernière semaine, que personne ne peut nier qu'il est ici pour faire le bien.

Estel fut introduite dans l'entrée, et des bruits de pas l'avertirent que Wayne arrivait. Effectivement, il apparut quelques secondes plus tard. A première vue, il ne semblait pas avoir changé, mais en y regardant de plus près, Estel s'aperçut qu'il avait maigri, et que ses yeux étaient cernés de noir. Il semblait également boiter du pied gauche. C'était léger, mais tout de même perceptible.

Il se plaça devant elle et lui tendit une main, qu'elle saisit et serra.

-Alfred va vous montrer votre chambre. Il faudrait éviter de faire savoir que vous êtes ici.

Elle hocha la tête.

-Vous vous apercevrez que je ne suis pas beaucoup présent, surtout la nuit. Vous ne serez pas beaucoup dérangée. Surtout, prévenez Alfred si vous voulez sortir. Lui-même tiendra Lucius en permanence au courant de vos déplacements.

-La situation est si grave que ça ?

Il haussa les épaules.

-Mieux vaut ne pas prendre de risque, Estel.

Il se décala pour la laisser passer, et lui souhaita une bonne journée. Aussitôt, Alfred fit un geste vers les escaliers, invitant Estel à les emprunter. Ils montèrent en silence jusqu'à une chambre en bout de couloir.

-La chambre de Maître Wayne est au bout, indiqua-t-il.

La chambre qu'on lui avait attribuée était spacieuse et sobre. Les murs étaient d'une couleur beige qui s'accordait bien avec le chocolat de la moquette. La pièce comportait un grand lit, une armoire, un fauteuil, et une petite bibliothèque juste à côté d'un bureau. Une portait donnait sur ce qu'Estel pensait être la salle de bain. La jeune femme avança jusqu'à la fenêtre. La vue portait jusqu'au bout du parc. Dans le jardin, des ouvriers déplaçaient encore quelques éléments.

-Normalement, dit la voix d'Alfred dans son dos, le bruit des ouvriers ne devrait pas vous incommoder.

-Alfred ?

-Oui, Mademoiselle Estel ?

-La situation est si grave que ça ?

-Plus que vous ne pouvez l'imaginer. Non pas que Maître Bruce l'avouerait …

Elle hocha la tête, plus pour elle-même que pour le majordome, et celui-ci la salua avant de se retirer.

Estel prit une douche, et s'installa sur le fauteuil, dans un coin de la chambre. Il était placé de façon à ce qu'elle pût voir ce qu'il se passait dans le jardin. Le regard dans le vague, elle tenta de faire le point sur les derniers évènements.

Elle ne savait pas si elle était heureuse ou non de voir Wayne. Certes, celui-ci lui rappelait les derniers évènements qu'elle avait vécu à Gotham, mais sa présence était singulièrement apaisante, non seulement parce qu'elle savait qui elle était, mais aussi parce qu'elle avait conscience que, entre eux tout au moins, il n'y avait plus de mensonges et de faux-semblants.

Qu'allait-elle faire ? Elle devrait rendre visite à la famille Maroni. Elle préférait faire cela le plus rapidement possible. Et ensuite ? Elle ne pourrait pas rester enfermer, à ne rien faire, dans le Manoir Wayne. Elle pourrait voir avec Alfred s'il y avait des occupations dans la demeure.

Et surtout, il restait la question de l'attitude qu'elle devrait avoir vis à vis de ses parents. Elle ne parvenait plus à comprendre ce qu'ils attendaient d'elle. Elle ne les pensait pas assez stupides pour penser qu'elle aller épouser Wayne, mais elle ne comprenait pas leur but.

Alfred la sortit de ses pensées en tapant à la porte.

-Mademoiselle, le Maire est là, il aimerait vous voir.

Elle se leva et suivit le majordome, qui la conduisit dans un petit salon.

Anthony Garcia, qu'elle nota être plus agréable à regarder que dans son souvenir, se leva du fauteuil quand elle entra. Après quelques banalités, il expliqua en tendant deux petites cartes :

-Voici mon numéro personnel, et celui du Commissaire.

-Merci.

Il s'enquit de sa santé, de sa famille, et elle lui expliqua sans détour qu'elle ne savait pas pourquoi elle était là. Elle ajouta également qu'elle devrait aller voir la famille de Salvatore. Il parut surpris.

-Ils sont repartis en Italie !

Elle écarquilla les yeux.

-Ce … Je ne comprends pas !

Il soupira :

-Ils ont pris un avion une semaine après la mort de Maroni. Peu de gens sont au courant, parce que leur départ a été discret. De toute façon, ils étaient très discrets.

-Vous les avez laissé partir ?

-Nous n'aurions rien pu faire. Mais je pensais que vous étiez au courant.

-Je ne vois pas comment …

-C'est un avion de Rosenberg Enterprise qui les a ramenés en Italie.

oOo

-Où est-elle ?

Le vieil homme se redressa.

-On l'a vue partir pour le Manoir Wayne.

Un rire.

-Il me semble que Santi était un proche, non ?

-Lors de son précédent voyage, Santi était son garde du corps, Monsieur.

Tchovsky sourit.

-Bien, dit-il. Dans ce cas, prenez soin de l'italien. Il faudra qu'il soit en forme lorsque nous contacterons la jolie Mademoiselle Rosenberg.

oOo

-Mademoiselle Estel, pourquoi n'arrêteriez-vous pas de penser à tout cela ? Suivez-moi, j'ai quelque chose à vous montrer.

A contrecoeur, Estel suivit Alfred. Après avoir traversé quelques couloirs et monté quelques escaliers, ils se retrouvèrent devant une immense porte de bois. En tirant un des battants, Alfred expliqua :

-Monsieur Wayne a voulu restaurer la bibliothèque familiale. Le travail n'est pas terminé, bien sûr, malgré l'aide de Lucius. Peut-être serez-vous intéressée par une tâche aussi dantesque que celle-ci ?

Estel pénétra dans un véritable capharnaüm. Rien n'était rangé, les livres étaient empilés sans ordre logique, dans chaque recoin de la pièce. La plupart des étagères étaient soit vides, soit déjà débordantes d'ouvrages.

-L'emménagement est assez récent, et vu le travail que Maître Bruce a en ce moment, je n'ai pas pu me consacrer pleinement à cette pièce. Si vous voulez, vous êtes libres de venir ici et de faire tous les arrangements que vous le voulez.

-Merci, Alfred.

Il sourit.

-Maintenant, voulez-vous visiter le reste du Manoir, ou bien rester ici ?

Elle se détourna de la pièce.

-J'aurai assez de temps pour revenir ici plus tard. Montrez-moi le reste, si vous le voulez bien, Alfred.

Le majordome hocha la tête et retourna dans le couloir. Estel le suivit, mais aperçut, juste à côté de la porte, un tableau appuyé contre un mur, à moitié recouvert par un drap. Elle ne s'arrêta pas pour l'observer, mais il lui sembla reconnaître un Turner.