BONNE ANNEE 2019!
Pour bien commencer l'année voici le chapitre 9 parce que j'avais trop hâte de vous le faire découvrir.

Me voici dans "l'obligation" de faire un petit avant propos concernant ce chapitre.
Il contient des SPOILERS de Avengers l'Ere d'Ultron. Tout fan qui se respecte devrait avoir vu ce film néanmoins au cas où je préfère faire une petite mise en garde.
Ensuite, c'est un chapitre qu'à la base j'avais fait en énorme morceau mais que j'ai dû couper en deux envoyant la longueur qu'il commençait à prendre. De ce fait étant donné que les deux prochains chapitres sont déjà en attente (merci les vacances) vous aurez très très vite la suite. D'une part parce qu'il est prêt et ensuite parce que je suis comme vous : J'ai hâte de poster hihi.

Merci infiniment à tous. Particulièrement à Marine02 : J'adore tes reviews, je t'en prie continue elles sont mon rayon de soleil. Et sinon, je saiiiiis (malheureusement ils ne sont pas au bout de leur peine, ouioui) et t'inquiète ça arrive très bientôt ahah j'aime bien quand ça dure un peu !

Merci également MavaSkywalker : Ca me touche énormément, énormément tu n'imagines pas de savoir que tu as relu cette fic ! Merci merci et j'espère qu'elle continuera à te plaire.

Et pour vous rassurer, si vous en avez besoin, je deteste absolument les fics non terminée, c'est une torture pour le lecteur; donc bien entendu je vous promets d'aller au bout de celle ci.

Voilà c'est parti. Enjoy


CHAPITRE IX.

Quand elle revint à elle, elle fut aveuglée par une lumière blanche éclatante. Ses yeux, eurent beaucoup de mal à s'habituer à ce nouvel exercice. Un long bipbip entêtant lui vrillait le crâne et des éclats de voix tout prêt lui parvenaient par bribes.

- Elle revient à elle, fit une voix féminine qu'elle ne connaissait pas.

- Junie ?

Cette voix. Brutalement, la totalité de ses souvenirs lui revinrent en pleine face, aussi violents que si elle avait reçu un uppercut. Ses yeux s'ouvrirent doucement, et ils tombèrent sur le visage de Tony Stark. Des égratignures abimaient son visage et un énorme pli soucieux barrait son front. Elle grimaça, la langue pâteuse. Elle prit alors conscience de l'environnement où elle se trouvait. La chambre était claire, plus confortable qu'une chambre d'hôpital classique. Une perfusion partait de son bras, l'engourdissant légèrement. Un pas derrière Tony Stark se trouvait une jeune femme aux allures asiatiques et aux traits fins, elle portait un châle épais en laine et la seule pensée un tant soit peu cohérente que June put formuler dans son esprit fut à quel point c'était démodé. Pourtant elle-même n'était pas vraiment une adepte de mode. Quand son regard se porta vers la fenêtre la nuit noire emprisonnait déjà New-York signe qu'il devait être encore tôt. Ou très tard.

- Junie, comment vous allez ? Demanda Stark.

Elle fronça les sourcils, cherchant une éventuelle trace de douleur. Elle se sentait juste épuisée comme si un troupeau d'éléphant s'était amusé à la piétiner.

- Bien, répondit-elle d'une voix éraillée.

Le médecin s'approcha alors de son lit, un dossier sous le bras.

- Vous avez été en hypothermie, Mademoiselle Clark.

Elle grimaça.

- Davis, fit-elle en plongeant son regard dans celui de Tony Stark. Je préfère qu'on m'appelle Davis désormais.

Le médecin hocha la tête.

- Vous n'avez subi aucun dommage, continua-t-elle. Vous avez eu beaucoup de chance. Vous êtes restée inconsciente deux jours.

Tony se tourna vers la jeune femme et lui fit un signe de tête. Celle-ci quitta alors la chambre avec empressement. Se retrouvant seule avec Tony Stark, June sentit brusquement la colère affluer de nouveau contre ses côtes.

- Je vous demande de m'excuser, Junie.

Elle grimaça, se redressant sur son lit.

- Ce serait une première.

- J'aurais dû vous créer une combinaison quelque chose pour vous protéger, fit-il en l'ignorant superbement. J'ignorais que les quelques minutes passés en Sokovie pourraient vous nuire à ce point.

Elle secoua la tête, le souvenir mordant du froid la faisant frissonner étrangement.

- Je vais m'occuper de ça.

- Je ne suis pas prête à remettre ça.

Il la regarda étrangement, la tête penchée légèrement sur le côté. Il vint s'assoir sur le lit à côté d'elle d'un air nonchalant. Elle se raidit ostensiblement.

- Sans vous, nous n'aurions jamais pu récupérer le sceptre de Loki.

Elle écarquilla les yeux.

- Comment va Steve ?

Elle repensa à son regard posé sur elle, ses yeux effrayés et elle frissonna. Tony balaya la remarque d'un geste de la main.

- Une égratignure.

Elle poussa un soupire de soulagement, qui elle l'espérait n'eut pas l'air trop désespéré.

- Et Clint ?

- Barton mettra un petit peu plus de temps à s'en remettre mais il est tiré d'affaire.

Elle hocha la tête tout doucement, les pensées confuses se mélangeant toutes dans sa tête. Une, cependant s'imposa rapidement à son esprit.

- Où est mon chien, Stark ?

Il soupira, l'air un peu las.

- Hill l'a embarqué chez elle.

- Maria Hill ? Fit June en écho.

L'idée que son fidèle compagnon soit en compagnie d'une parfaite étrangère lui serra brutalement la gorge.

- Vous le retrouverez ce soir, lors de ma petite fête. Et allez savoir pourquoi, Hill vénère les chiens.

June sentit un sourire s'ébaucher contre ses lèvres.

- Une fête, Stark, encore ?

Il haussa les épaules.

- Nous avons quelque chose à fêter. Nous courrons après ce sceptre depuis un moment déjà. C'est comment a dit le grand blond déjà ? Une conclusion.

Il eut un petit sourire, qui se perdit très rapidement, alors que son regard se faisait plus lointain.

- Junie, fit-il d'une voix prudente. Strucker est ici.

Elle redressa le visage, les yeux écarquillés. Alors ces longues heures passées à tenter de se remémorer son passé n'avaient pas été vaines. Le soulagement fit gonfler sa poitrine et elle grimaça de douleur.

- Il y avait deux personnes, avec lui, des optimisés, reprit Stark.

- Des… Quoi ?

- Des êtres génétiquement modifiés. C'est ce qui nous a mis dans le pétrin.

Elle n'avait pas le souvenir d'avoir vu quiconque ce jour-là mais après tout, tout cela n'avait duré qu'une dizaine de minutes, même pas. Lorsqu'elle releva le visage vers celui, étrangement sombre de Tony Stark, un frisson d'horreur la parcourut.

- Vous… Pensez que ?

Il baissa les yeux. Elle ne pouvait pas se souvenir l'avoir déjà vu afficher un tel regard.

- J'ai toujours cru que vous étiez une mutante, que votre père cherchait à vous préserver de votre pouvoir mais et si…

- J'étais une optimisée, moi aussi ?

Sa voix était désormais plus qu'un mince filet. Cela faisait décidément beaucoup à assimiler en une seule journée. Son père, Strucker, son pouvoir révélé au grand jour. Sa vie bien rangée avait bel et bien foutu le camp.

- Il reste ici avant que nous le livrions à l'OTAN, j'ai pensé que peut-être vous aimeriez des réponses.

Elle eut envie de le remercier pour ça mais le souvenir brûlant de sa manipulation lui revint de plein fouet en mémoire et elle ne put lui adresser qu'un regard chargé d'irritation.

- June, restez ici, installez-vous chez les Avengers.

Elle grimaça.

- Pourquoi je ferais une telle chose ?

Il soupira.

- Votre place est parmi nous. Je le sais, vous aussi. Ne nous attardons pas sur des querelles inutiles.

Avoir été bernée ne semblait pas quelque chose d'inutile à June. Elle était blessée, salement. Stark avait gravité dans son espace vital de gamine durant trois longues années où il dormait presque chez elle, vivait avec elle, se nourrissait avec elle. Ensuite il avait disparu, pour réapparaître des années plus tard, manipulant sa vie pour lui soutirer des informations.

- Junie, murmura-t-il comme s'il avait pu lire à travers la ribambelle d'expressions qui avaient défilée sur ses traits, quand j'ai quitté les recherches de votre père, je l'ai fait parce que j'avais des soupçons à ce sujet mais j'étais un adolescent impétueux et ivre de connaissance, alors j'ai juste laissé tomber.

Elle voulut dire quelque chose, elle se sentait abandonnée d'une certaine façon, cependant, elle n'eut pas le loisir de laisser libre court à ses émotions car quelqu'un frappa à la porte et le visage de Steve apparut dans l'embrasure de la porte, faisant fondre sa colère comme neige au soleil. Ces gens-là ne dormaient-ils jamais ? Pensa-t-elle.

- On m'a dit que tu étais réveillée.

Tony se leva de son lit, le regard toujours accroché au sien.

- Je vous laisse, reposez-vous, Davis.

Elle ne répondit rien mais nota cependant qu'il avait respecté sa volonté de l'appeler par le nom de sa mère. Elle lui en fut reconnaissante malgré tout. Peut-être avait-il effectivement des regrets après tout, cependant elle n'était pas prête à passer par-dessus tout cela. Steve et Tony échangèrent un regard dans l'encadrement de la porte et le Captain entra. Le regard qu'il posa sur June réveilla un flot d'émotions qui la submergea toute entière, elle détourna les yeux, gênée. Elle se sentait terriblement mal.

- Je suis désolée, fit-elle d'une voix éraillée.

- Pourquoi ?

Elle releva les yeux vers lui, il paraissait troublé. Son regard était doux, ce n'était pas le regard dur qu'elle s'attendait à trouver dans ses yeux.

- D'être différente… de t'avoir…

- Sauvé la vie ? Interrompit-il brusquement, en fronçant les sourcils.

- J'allais dire menti.

Il secoua la tête et se rapprocha de son lit. Un air tendre vint adoucir ses traits, elle pouvait aisément se perdre dans le bleu de ses yeux.

- Je pensais que tu avais peur de moi, souffla-t-elle la voix tremblante.

- Peur de toi ?

Il paraissait franchement décontenancé.

- Ce regard que tu avais sur moi quand nous sommes rentrés, juste après que je…

Elle s'interrompit la gorge serrée. Ses poings tremblèrent légèrement.

- June, fit-il en lui relevant le menton.

La sensation de ses doigts sur sa peau déclencha des frissons sur son épiderme, elle vrilla son regard au sien, fascinée.

- J'avais peur pour toi. Tu as débarqué là, au milieu d'un champ de bataille, vêtue d'un legging et d'un pull trop grand pour toi. Il devait faire moins 10°, t'avais les lèvres bleues et le regard totalement effrayé. J'étais terrifié.

- Tu…

Elle n'arrivait pas à terminer sa phrase tant son regard l'emprisonnait, elle pouvait voir une infinité de nuances y danser, sa gorge était sèche et ses doigts tremblaient légèrement. Il lâcha son menton, et s'éloigna de quelques pas, pour venir s'assoir dans le fauteuil tout prêt de son lit, elle se sentit brusquement vide, comme amputée, sans la chaleur de ses doigts contre sa peau.

- Comment tu vas ? Fit-il en se pinçant légèrement l'arête du nez.

- Bien, souffla-t-elle.

Elle vit qu'il avait envie de lui poser une multitude de questions mais par respect, sans doute, il se retenait, se contentant de l'observer.

- J'ai découvert ma capacité à l'âge de 5 ans quand Stark travaillait avec mon père. Je m'amusais beaucoup à apparaître et disparaître dans son laboratoire lorsqu'ils travaillaient tous les deux. Mon père avait à cœur qu'on ne connaisse pas mon secret, aussi avait-il demandé à Stark de ne pas divulguer l'information, ce que je crois, il a fait. Lorsque mon père nous a quittés, je suis partie vivre à dix ans avec ma mère et j'ai tout fait pour laisser cela de côté. Vivre une vie normale, avoir des amis, avancer.

Il hocha la tête, posant ses coudes sur ses genoux le buste penché vers elle.

- Il me manque tellement de pièce au puzzle de ma vie, Steve, je ne comprends pas grand-chose.

- Stark dit que tu es peut-être une optimisée, comme les Maximoff.

Elle lui adressa un regard chargé d'incompréhension.

- Ceux qui travaillaient avec Strucker.

- Je pensais être une mutante, souffla-t-elle doucement.

Soudain, une idée traversa son esprit, elle se redressa vivement dans son lit, arrachant sa perfusion d'une main, Steve était déjà debout et se rapprochait d'elle, le regard affolé :

- Qu'est-ce que…

Elle attrapa ses bras, plongeant ses yeux dans les siens, avec douceur.

- Steve, si je devais aller quelque part, maintenant, tu m'accompagnerais ?


Le château était aussi imposant que dans ses souvenirs. Les arbres étaient piquetés de petites fleurs roses, prémisse du printemps. Il flottait dans l'air une odeur d'herbe coupée que June adorait. A ses côtés Steve arborait une mine perplexe, il ignorait tout de cette visite et bien qu'il l'ait conduit avec beaucoup de courtoisie dans le comté de Westchester sans poser de questions, elle voyait qu'il brûlait d'impatience de savoir où précisément ils avaient atterris. Durant le voyage en voiture qui avait duré un peu plus d'une heure, il n'avait cessé de s'enquérir de son état, se demandant si elle n'était pas trop fragile pour entreprendre un tel périple.

- Je vais bien, Steve, mon médecin me l'a même dit avant que tu ne débarque dans ma chambre.

Il n'avait cependant pas desserré la mâchoire du trajet et à présent qu'il se trouvait dans le parc du château, il semblait dubitatif.

- Où sommes-nous ?

Elle se tourna vers lui, un éclat de malice dans les yeux :

- Je t'ai dit que mon père travaillait entre autre sur le génome humain, tu te souviens ?

Il hocha la tête lentement.

- Nous nous trouvons ici, chez le spécialiste du genre. Le professeur Charles Xavier, il m'a été d'une grande aide tout au long de ma vie. Je suis venue ici la première fois lorsque j'avais dix ans, après la mort de mon père. Ma mère avait décidé que cela pourrait m'être bénéfique. Et puis par la suite, j'y suis revenue environ une fois par an. Je me sentais chez moi ici.

- Tu n'avais donc pas totalement tiré un trait sur qui tu étais.

Elle haussa les épaules. Pas totalement non.

- Et cet endroit ?

- C'est une école, fit-elle les yeux émerveillés. Le professeur Xavier l'a créé pour les gens comme moi. Ils y sont accueillis, ils sont aidés et choyés.

Le regard de Steve balaya le parc du château.

- Tu n'as jamais eu… envie de t'y installer ?

Elle ne répondit pas immédiatement cherchant ses mots.

- Mon père m'avait élevée pour protéger la mutante que j'étais, ma mère voulait que je puisse jouir d'une vie normale. Je suppose que j'ai fini par croire à tout cela. Mais si je devais refaire ma vie en suivant mes propres choix, oui, j'imagine que j'aurais adoré venir ici.

Elle effleura son bras, l'intimant à la regarder.

- Tu viens ?

Ils remontèrent l'allée centrale qui bordait le château, d'un pas franc. June sentit grandir en elle une excitation certaine. Elle se revoyait les joues rondes et un sourire dans sa bouche où il manquait des dents remonter cette même allée, une main potelée dans celle, bienveillante de sa mère. Sa gorge se serra à ce souvenir.

- Tout va bien ? Fit Steve en lançant une œillade vers elle alors qu'ils étaient parvenus devant la lourde porte de bois.

Elle hocha la tête en proie à de nombreux souvenirs. Elle appuya sur la poignée et ils pénétrèrent dans un couloir accueillant chaleureux. Au loin des rires leur parvint, signe que l'école était habitée en cette période de l'année.

June Davis. Captain Rogers. Bienvenue.

Elle avait oublié combien cette voix était douce, chaude, enveloppante. Steve osa une œillade vers elle, interloqué, elle lui sourit, tapotant sa tempe d'un doigt.

- Le professeur, lui souffla-t-elle. Il est télépathe.

- Vraiment ? Répondit-il en haussant un sourcil désabusé.

- Si je ne me trompe pas, il est même le plus puissant dans son domaine.

Elle n'arrivait pas à empêcher un sourire amusé de flotter sur ses lèvres. Elle se revoyait découvrant tout cela à l'âge de dix ans. Pour Steve c'était tout nouveau, même s'il avait conscience du monde dans lequel il évoluait, voir cette école, découvrir ce lieu était probablement étrange pour lui.

Dans mon bureau, June.

Elle effleura d'un geste Steve, alors qu'il se tournait vers elle.

- Viens.

Elle eut envie de laisser sa main là, tout contre la sienne, elle eut une envie si forte, si brusque de s'y raccrocher qu'elle eut l'impression de vaciller sans elle. Heureusement, cela passa. Ils remontèrent le couloir, passant devant quelques salles de classe. L'une d'elle était pourvue d'une porte à vitrail, aussi ne fut-elle pas surprise de voir Steve marquer un temps d'arrêt en observant à travers celle-ci. Un garçon aux cheveux bouclés, faisait voler son stylo tandis qu'un autre, le réduisit en poussière, sous les regards amusés de leurs camarades.

- Plutôt cool, pas vrai ? Souffla-t-elle contre son épaule.

Il eut un petit sourire.

- Oui, c'est plutôt cool, je l'admets.

Il ne reprit pas sa marche de suite, se contentant de la regarder, avec cet air un peu étrange plaqué sur le visage.

- Je dois t'avouer que tu es ce que j'ai vu de plus cool jusqu'ici.

Elle baissa les yeux en rougissant brusquement jusqu'à la racine des cheveux.

- Merci, bafouilla-t-elle.

C'était la première fois qu'il mentionnait sa capacité devant elle, et si le voir en parler de cette façon faisait fondre les réticences qu'elle avait, cela la mettait aussi clairement mal à l'aise.

- Je comprends pourquoi Tony était si animé à ton sujet.

Elle balaya l'histoire d'un geste de la main.

- Tony voulait juste des informations sur Strucker.

- Nous aurions certainement trouvé cette base sans toi, peut-être plus lentement, peut-être avec moins d'évidence mais nous l'aurions trouvée.

Elle planta son regard dans le sien, il paraissait sincère. Elle déglutit doucement. Peut-être que finalement Tony la trouvait spéciale, mutante ou optimisée. Elle secoua la tête, l'entraînant vers le bureau du Professeur. La porte qui se trouvait devant eux était en bois massif peinte en vert sombre. Une plaque dorée au nom de Charles Xavier y était placardée. Elle voulut frapper mais la voix du Professeur s'éleva avant même qu'elle n'ait pu faire le moindre geste.

- Entrez, dit-il.

Devant son bureau, le visage doux et bienveillant du Professeur les accueillit. Malgré les années qui passaient et qui sillonnaient son beau visage, et le fauteuil dans lequel il était vissé, la puissance et le calme qui émanaient de lui étaient toujours déroutants.

- June, je suis heureux de te revoir.

Elle lui renvoya un sourire rayonnant.

- Captain Rogers, c'est un honneur.

- Enchanté, M'sieur, répondit Steve en lui tendant la main que le Professeur saisit rapidement.

- Une visite de courtoisie me ferait le plus grand plaisir mais j'imagine que ce n'est pas la raison qui vous amène.

June savait que le Professeur était trop courtois et respectueux pour ne pas aller à la pêche aux informations dans sa tête, aussi se lança-t-elle dans une explication rapide des raisons de sa venue.

- Est-ce que c'est vrai, je suis une optimisée moi aussi ?

Il soupira, le visage las.

- Les optimisés sont des mutants, June. Il n'y a pas de différences entre les deux.

Etrangement cette affirmation réchauffa le cœur de la jeune femme instantanément.

- J'ai eu affaire il y a quelques temps au Baron Strucker moi aussi. Cela remonte à une vingtaine d'années. Mon ami Eric et moi-même avons dû venir en aide à une jeune femme Gabrielle Haller qu'il avait capturé pour réunir des fonds pour HYDRA.

Du coin de l'œil June vit Steve qui frissonnait. Ces histoires n'étaient pas derrière lui, et elle perçu soudain à quel point il serait difficile pour lui de savoir que le fantôme d'Hydra planait toujours autour de lui, et ce, malgré son sacrifice.

- Est-ce que vous connaissiez mon père, Professeur ?

- Très peu, June. Je n'ai d'informations sur lui que par les recherches faites sur Hydra. Je sais que lui et Strucker travaillaient ensemble sur les projets de modifications du génome humain.

- Il n'est pas impossible de ce fait, que mon père et Strucker aient fait ces exercices sur moi-même ?

- Il y a fort à parier que ce soit le cas, Strucker n'est pas à son coup d'essai concernant la création de nouveaux mutants.

June sentit ses jambes flageoler légèrement. Elle dut s'asseoir dans le fauteuil en velours gris qui se trouvait près du bureau. Elle passa une main devant ses yeux, alors que Steve la regardait l'œil inquiet.

- Captain Rogers, pourriez-vous descendre à la cafétéria s'il vous plaît ? Il s'y trouve un vieil ami à vous, qui je pense sera heureux de vous revoir.

Steve fronça les sourcils, envoyant un regard inquiet vers June qui lui fit signe que tout allait bien. Aussi, sans échanger d'autres paroles, il sortit du bureau la mâchoire un peu serrée néanmoins. Il était difficile de refuser quelque chose au Professeur Xavier.

- Il est attaché à toi.

Elle sentit son cœur pulser très rapidement contre sa poitrine et la révélation la laissa légèrement étourdie et enivrée. Elle put difficilement retenir un léger sourire qui s'étalait déjà sur ses lèvres. Naturellement, elle savait pertinemment que Steve l'appréciait, mais elle ignorait tout de ses sentiments, et entendre cela de la bouche du Professeur Xavier la rendit toute chose. Elle dut se concentrer pour se rappeler de leur sujet de conversation.

- Il a le coeur brisé cependant, sois patiente avec lui.

Elle eu du mal à saisir le sens de ses paroles mais elle n'eut pas le temps de s'y appesantir car il embraya :

- June, tu dois savoir qu'Hydra est comme de la mauvaise herbe. Tu auras beau la déraciner encore et encore, il en repoussera partout. Le sacrifice de Steve Rogers n'a jamais été vain, il reste gravé comme un acte héroïque qui a permis le tout premier gros démantèlement d'Hydra.

Elle ressentit comme un élan de fierté envers son ami qui gonfla son cœur brusquement.

- Tous les membres d'Hydra ne se ressemblent pas et certains sont même présents contre leur volonté, juste parce qu'ils ont été trop fragiles pour s'en défaire.

- Vous voulez parler des Maximoff ? Vous les connaissez ?

- Je connais bien leur père.

Il y eut un instant de flottement et June crut déceler un air de nostalgie qui crépitait dans la pièce.

- Qu'est-ce que je dois faire ? Fit-elle en brisant le silence. Les rallier à notre cause ?

- Ils ne sont pas différents de toi.

Voilà c'était tout. Visiblement la conversation s'arrêterait là. Quelqu'un frappa à la porte et une femme sublime à la peau bronzée et aux cheveux couleur neige entra.

- Professeur ?

- Aurore, fit-il avec un sourire, peux-tu s'il te plaît conduire June auprès de son ami. De longues épreuves les attendent encore.

June fronça les sourcils, parfois l'homme en face d'elle s'exprimait en énigme. Elle ne pouvait que deviner les sens cachés de ses phrases. C'était un détail qu'elle avait oublié.

- Reviens quand tu veux, June. Tu es ici chez toi.

Cette phrase lui fit chaud au cœur. Ils échangèrent un sourire, un hochement de tête puis elle se décida à suivre la jeune femme à travers le dédale de couloir. Elle observait les tableaux aux murs, la moquette épaisse et tout en ce lieu lui donnait un air rassurant, réconfortant.

- Ça vous plaît ? Fit la jeune femme qui la devançait un sourire aux lèvres.

- Beaucoup, répondit June en souriant à son tour.

- Le Professeur Xavier vivait ici lorsqu'il était enfant. Le château appartenait à ses parents.

Soudain June s'arrêta devant un énorme portrait qui surplombait la cheminée. Il avait accaparé toute son attention. Il s'agissait du Professeur Xavier mais il semblait plus jeune, il avait des cheveux portés mi-long, un regard malicieux et il se tenait sur ses deux jambes. Un air fier était plaqué sur son visage et June le trouva extrêmement attirant sur ce portrait, il regardait la deuxième personne sur ce portrait avec une affection particulière : une femme blonde, sublime dont le visage était penché en arrière révélant un rire sincère. Elle se trouvait au centre du portrait, sur la gauche, de l'autre côté se tenait un autre homme. Blond, les cheveux plaqué en arrière, il avait des airs d'aristocrate anglais et un air distant incroyablement sexy flottait sur son visage. Il semblait serein, détendu même si par rapport aux deux autres il était un peu en retrait. Quelque chose émanait de ce portrait, comme un souvenir du bon vieux temps et June pensa à la nostalgie qui avait envahi les traits du Professeur quelques instants auparavant.

- Le Professeur Xavier, lui confirma Aurore, et ses amis Éric et Raven.

June fronça les sourcils.

- Le Professeur a mentionné Éric tout à l'heure.

Aurore eut un sourire.

- Oui, ils sont amis depuis longtemps.

Quelque chose sonnait faux dans le ton qu'elle employait.

- Est-ce qu'il lui est arrivé quelque chose ?

Le visage de la jeune femme se ferma légèrement.

- Ils ont eu quelques divergences d'opinion.

Encore une fois, June sut qu'elle n'en saurait pas davantage. Pourtant quelque chose lui disait que cet homme n'était pas étranger à ce qu'il se passait dans son histoire.

- Et la jeune femme ?

- Raven dit Mystic, un spécimen sublime de mutant, fit-elle en souriant. Une métamorphe. Elle a grandi ici, avec le professeur Xavier.

June hocha la tête, l'histoire semblait fascinante et remplie de trous qu'elle aurait aimé continuer à remplir. Cependant, elle devait avouer qu'elle avait sa propre histoire à fouiller, et qu'elle souhaitait retrouver Steve rapidement à présent. Elle emboîta de fait, le pas d'Aurore. Lorsqu'elles arrivèrent à la cafeteria, June intercepta le rire de Steve qui l'atteignit en pleine poitrine. Elle pouvait voir les légères ridules au coin de ses yeux lorsqu'il souriait. Il avait l'air détendu et … oui heureux. Lorsqu'il tourna son visage vers elle, son regard s'éclaira, accélérant les battements de son cœur. Elle prit alors conscience de la personne avec laquelle il discutait. Elle avait déjà rencontré cet homme. Il avait une carrure imposante, des traits durs, marqués par la souffrance, une coiffure improbable et une plaque de l'armée qui venait se perdre dans chemise entre ouverte.

- June, souffla Steve avec un sourire. Je te présente Logan. Nous étions dans l'armée ensemble, nous avons fait un ou deux raids côte à côte.

- On se connaît, fit June d'une petite voix. On s'est déjà rencontrés, ici.

Elle avait légèrement rougi, elle devait avouer que Wolverine l'avait toujours impressionnée.

- Je me souviens, fit-il de sa voix bourrue ce qui lui fit relever la tête d'un coup.

- Vraiment ?

- Ouais. T'étais comme ça.

Il mesura la hauteur de la petite fille qu'elle était d'un geste de la main.

- Et tu t'amusais à apparaître et disparaître.

Elle émit un petit rire.

- C'est tout moi.

Elle croisa le regard de Steve ce qui la fit rougir encore plus. Elle se maudit de tout cela, souhaitant presque disparaître sous terre.

- Bien, nous allons devoir rentrer, fit Steve en serrant la main de Logan. C'était un plaisir de te revoir.

- Pareil.

Logan ne semblait pas être quelqu'un de très loquace visiblement.

- Fillette, fit-il à son adresse.

Elle ouvrit la bouche, voulant dire qu'elle n'était plus une fillette depuis des années mais s'abstint de tout commentaire alors qu'il tournait les talons.

- Faîtes bonne route, fit la voix d'Aurore derrière eux, et revenez quand vous le souhaitez.


Sa tête appuyée sur sa main, June regardait défiler le paysage devant elle. Les arbres se succédaient les uns après les autres alors que la radio grésillait, laissant entendre une mélodie qu'elle affectionnait particulièrement. Elle fredonna doucement, détendue.

- Tu as l'air heureuse, fit la voix de Steve de derrière le volant.

Elle se tourna vers lui, lui offrant un léger sourire.

- Oui. J'ai toujours aimé cet endroit. Et le Professeur a perpétuellement des réponses à m'apporter.

Il hocha la tête, l'air perdu dans ses pensées.

- C'était comment pour toi ? Souffla-t-elle ne le lâchant pas du regard.

- Etrange. Revoir Logan m'a fait du bien mais il m'a aussi fait penser à Bucky.

Elle ferma les yeux.

- Tu n'as toujours pas de nouvelles de lui ?

Il pinça les lèvres.

- Non. J'ai pas mal bossé avec Sam mais à chaque fois que nous nous rendions quelque part il semblait avoir déjà filé comme si… Comme s'il savait que j'arrivais.

Avec douceur, elle posa une main sur son bras, leurs regards se frôlèrent juste un instant et elle le sentit se détendre. Elle détacha sa prise avec lenteur avant de porter à nouveau son regard vers le paysage.

- Tu veux t'arrêter manger un morceau ? Lui fit-il doucement. Il est midi à peine.

Elle hocha la tête en prenant conscience qu'elle était affamée.

- Volontiers. Je meurs de faim.

Il eut un sourire.

- Et puis je t'avoue que je ne suis pas pressée de me retrouver au beau milieu de tous les Avengers.