Merci Emelyne35, Ma, Julie, Legend, LeoSam59, pour vos reviews fidèles et quotidiennes ! Je me doute bien que vous vous posez plein de questions, mais c'est le but (niark niak niark). Eh oui, je PEUX être cruel (parfois). Toutes les étapes du récit sont déjà dans ma tête ;) donc je sais où je vais (vous non, pas encore... et tant mieux !). Ecrire cette fanfic est un très bon exercice car en postant chapitre après chapitre pas moyen de revenir en arrière, il faut penser à tout à l'avance... Je veux vraiment faire quelque chose de cohérent...
Vous apprécierez dans ce chapitre quelque chose que je ne vous ai pas fait jusqu'ici ! Un peu d'Armor ;)
CHAPITRE 9
Lorsque Morgane rejoignit le Sanctuaire, après avoir quitté la caverne aux dragons, elle était nerveuse et agitée. Elle aurait été incapable de se recoucher et de dormir, aussi se mit-elle à faire les cent pas dans le jardin. Arthur avait besoin d'elle elle le savait, elle le sentait. Comment Aithusa pouvait-elle lui interdire de jouer son rôle dans la grande bataille à venir ? Comment pouvait-elle lui demander de rester là et d'attendre à ne rien faire ? Morgane embrassa du regard les beaux édifices blancs de l'Ile des Bénis, qui, comme toujours, respirait la sérénité. Ici se trouvait le havre de paix qu'elle avait construit. Ici se trouvait l'univers parfait où la magie s'exprimait selon son idéal. Mensonges et illusions que tout cela. Dans le monde réel, tout était en train de s'effondrer. Les hordes barbares menaçaient Albion, Arthur, et le rêve d'une terre unifiée... Elle était la dernière grande prêtresse. Ses premiers disciples avaient grandi, et ils étaient aujourd'hui de jeunes adultes, aptes à s'engager dans un combat même difficile si c'était au nom d'une juste cause. Peut-être Aithusa faisait-elle erreur quand elle lui disait de rester à l'écart. Peut-être le pire n'adviendrait-il que si elle n'intervenait pas...
Alors que Morgane allait et venait furieusement, le démon tirant sur ses chaînes dans la prison de son cœur, Wildor apparut sur le seuil de la porte, accompagné d'Adèle et Marika. Elle les avait tous les trois recueillis adolescents, mais ils étaient aujourd'hui des magiciens accomplis, et elle devinait ce qui les avait réveillés. Eux aussi avaient rêvé de l'avenir.
-Dame Morgane, dit Wildor, qui menait le groupe, en arrivant à sa hauteur. Est-il vrai qu'une grande bataille se prépare ?
Elle hocha la tête en silence, émerveillée comme toujours par le beau jeune homme, noble et brave, que Wildor était devenu. A proximité de la Source, ses dons s'étaient beaucoup développés, et dans l'Arène aux Duels, il n'était pas rare qu'il réussisse à lui tenir tête. Il ferait un magnifique champion pour Albion. Morgane était terriblement fière de lui.
-Si Merlin doit combattre pour défendre Albion, nous devons l'aider, s'exclama Wildor.
Les deux jeunes filles qui se trouvaient derrière lui hochèrent la tête avec conviction. Adèle était une maîtresse de la terre et de l'eau; Marika, elle, avait des affinités avec l'élément de l'air. Morgane les avait entraînées à travailler de manière complémentaire lorsqu'elles affrontaient un ennemi. Lorsqu'elles couplaient leurs pouvoirs aux siens, ils formaient un magnifique trio. Et ce fut là, sous l'effet combiné de leurs trois regards déterminés, que Morgane prit sa décision.
-Vous avez raison, dit-elle. Nous n'allons pas rester ici à attendre l'issue du combat... Je vais aller jusqu'à la frontière de Nemeth pour offrir à Merlin notre participation. Réunissez tous ceux d'entre vous qui sont en âge de se battre et emmenez-les se ressourcer au Temple. Vous devez entrer en méditation pour augmenter votre charge magique. Vous aurez besoin de toutes vos forces spirituelles le moment venu, alors tenez-vous prêts... Je reviendrai pour vous chercher au lever du soleil.
Elle plissa les yeux et commença à incanter. Merlin lui apprenait toujours de nouveaux sortilèges lorsqu'il venait lui rendre visite. Leur passion commune pour la magie rendait leurs rendez-vous si passionnants, et si instructifs, que Morgane ne pouvait s'en lasser. Parfois, lorsqu'ils étaient tous les deux d'humeur, ils occupaient ensemble le centre de l'Arène, et offraient à leurs élèves la vision de ce que pouvait être un grand combat. Les pouvoirs de Merlin surpassaient ceux de Morgane, mais il les infléchissait de sorte de les ramener au même niveau pour lui donner toutes ses chances. Et le reste du temps, il lui enseignait ses nouvelles découvertes... La grande prêtresse ne maîtrisait pas les déplacements instantanés aussi bien que son mentor, mais elle savait qu'elle parviendrait à rejoindre la frontière entre Camelot, et Nemeth, en l'espace de trois sauts. Et elle déterminée à rejoindre Merlin avant que l'aube ne se lève pour lui faire part de sa décision. Elle se tiendrait à ses côtés avec ses disciples lors de la grande bataille. Aithusa pouvait bien lui ordonner de rester à l'écart; elle n'était pas une enfant à qui l'on pouvait dicter sa ligne de conduite. Si la guerre qu'elle avait vue en rêve devait avoir lieu, elle en ferait partie. Aux côtés de ceux qu'elle aimait.
Merlin, Solel... et surtout, surtout, Arthur.
Morgane n'avait pas reparlé à son frère depuis quatre ans, depuis qu'ils s'étaient regardés à travers le miroir qu'elle lui avait envoyé...Elle pensait à lui, souvent, et il ne se passait pas une seule semaine sans que Merlin ne lui donne de ses nouvelles... Quand ce n'était pas Merlin qui lui racontait les dernières aventures d'Arthur, c'était Solel qui le faisait, avec tout autant d'enthousiasme, lui faisant rêver qu'un jour, peut-être, elle et son frère pourraient se revoir, et se parler vraiment.
Elle repoussait sans cesse ce moment; et depuis si longtemps... parce qu'elle se sentait coupable, bien qu'il lui ait pardonné. Coupable de tous les torts qu'elle lui avait infligés, coupable de l'avoir autant maltraité, alors qu'elle aurait dû veiller sur lui, et le guider, comme une soeur aînée plus sage. Quelle sorte de famille étaient-ils, tous deux, à s'aimer de loin tout en étant incapables de se rapprocher l'un de l'autre, à penser l'un à l'autre sans pouvoir se résoudre à se parler ? Une famille que les évènements avaient brisée... Aucun d'eux ne pourrait jamais oublier que Morgane avait tué leur père alors qu'Arthur avait tout fait pour le sauver...
Morgane n'arrivait pas à imaginer que ses retrouvailles avec son frère puissent être aussi légères, ou aussi spontanées, que l'avait été leur relation autrefois. Elle ne parvenait pas non plus à se résoudre, avec lui, à une relation formelle, de Roi à Grande Prêtresse. Il devait probablement éprouver le même blocage vis à vis d'elle... L'existence qu'ils avaient partagés en tant que frère et sœur lui semblait si loin... Pourtant, elle était incroyablement fière de l'homme qu'il était devenu, et du Roi fantastique qu'il faisait. Et elle savait qu'il l'était tout autant de la manière dont elle gérait ses propres devoirs... Merlin le lui disait : il parle rarement de toi, mais lorsqu'il le fait, il est facile de voir, à quel point il t'aime, combien il voudrait pouvoir te retrouver, et combien il hésite à faire le premier pas. Ces paroles résumaient tout.
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Morgane atteignit son but un peu avant la grisaille de l'aube.
Le campement des troupes de Camelot était encore endormi. Silencieuse comme une plume, elle se posa au milieu des chevaliers assoupis, puis s'avança, entre les feux de camps, à la recherche de Merlin.
Elle le trouva endormi, dos à dos avec Arthur, un peu à l'écart des autres, devant les braises mourantes. Les deux hommes s'étaient rapprochés pour lutter contre le froid qui forcissait toujours juste avant l'aube. Morgane remarqua avec un sourire involontaire que son frère dormait avec son armure, puis, elle nota avec attendrissement que lui et Merlin partageaient la même couverture. Evidemment, Arthur avait tiré la couverture vers lui, et Merlin n'en avait plus qu'un petit coin pour se couvrir, ce qui l'avait obligé à se recroqueviller comme un oiseau. Il ressemblait à un enfant dans cette posture, et non au mentor qui la guidait. Le visage qu'il lui offrait à elle, celui du maître de magie puissant et attentionné, était à mille lieues de la fragilité qui ressortait en lui lorsqu'il était auprès d'Arthur.
Et c'était si typique d'Arthur, de lui chiper la couverture; même endormi, il fallait qu'il rappelle à tout le monde que c'était lui le Roi.
Dans leur sommeil, Roi et magicien semblaient tous les deux si jeunes et innocents. Leurs têtes noire et blonde se touchaient, leurs bouches étaient entr'ouvertes. Leurs traits nobles et gracieux étaient détendus, leurs cils effleuraient leurs joues. Morgane aurait voulu ne jamais avoir à les réveiller. Elle était incapable de contenir l'immense tendresse qu'elle éprouvait pour eux en cet instant. Elle ne voyait pas le Roi Présent et A Venir. Elle ne voyait pas Le Plus Puissant Magicien de Tous les Temps. Elle regardait dormir son petit frère, celui qu'elle avait gavé de pâtés en croûte quand enfant il venait pleurer dans ses bras les yeux embrouillés de larmes, et le jeune Merlin toujours prêt à rendre service aux autres, qu'elle avait connu adolescent au château de Camelot et qui lui avait offert son amitié maladroite. Cette époque lui semblait tellement loin aujourd'hui, et pourtant, lorsqu'elle y repensait, lorsqu'elle revoyait leur jeunesse, leur innocence et leur optimisme, elle se languissait de ces moments bénis où ils ignoraient encore ce que l'avenir leur réservait. Elle aurait voulu pouvoir revenir en arrière, pour une journée, et goûter simplement à la camaraderie enthousiaste qu'ils avaient partagé en ce temps de quêtes, d'humour et de bravades... lorsqu'ils n'étaient encore que des enfants. Lequel d'entre eux aurait pu imaginer quel destin les attendrait dix ans plus tard ? Quelles épreuves ils auraient à affronter ? Quelles souffrances ils devraient endurer ?
Morgane n'arrivait pas à imaginer qu'Arthur ou Merlin, tels qu'ils avaient été hier, tels qu'ils étaient aujourd'hui puissent mourir dans la journée qui viendrait. Elle voulait pour eux tant d'autres moments d'insouciance. Elle rêvait pour eux de tant d'autres années. Quand elle songeait à ses visions horribles, tout son être se révoltait à la pensée qu'elles puissent se réaliser...
Je ne laisserai pas cela arriver, pensa-t-elle, avec conviction.
Tout doucement, elle utilisa le lien télépathique qu'elle partageait avec Merlin pour le tirer de son sommeil serein.
Il cligna des yeux, releva une tête aux cheveux ébouriffés, et la regarda avec surprise.
-Morgane ? dit-il, incrédule.
Il se leva précipitamment.
-Que fais-tu ici ?
-J'avais besoin de te parler.
Merlin hocha la tête.
-Viens, dit-il.
Il l'entraîna vers la forêt. Morgane vit deux silhouettes émerger du sous-bois, et marcher vers eux. Elle reconnut aussitôt Alator. Autrefois, ils avaient été alliés, puis ennemis, mais à présent ils travaillaient dans le même camp. Le second magicien était très jeune, et Morgane ne connaissait pas son nom. Elle réalisa qu'ils surveillaient le campement et qu'ils avaient assisté à son arrivée. Ils l'avaient identifiée comme une alliée, raison pour laquelle ils ne s'étaient pas manifestés à elle.
Le bouclier de protection magique dont ils avaient entouré le périmètre représentait une défense efficace contre toute intrusion ennemie. Voilà qui expliquait pourquoi tous les chevaliers s'autorisaient le luxe de dormir à poing fermé.
Morgane éprouva brièvement leurs sortilèges de surveillance et en approuva la solidité : sage initiative, face à un adversaire aussi redoutable qu'Horsa.
-Morgane, dit Merlin. Tu te souviens d'Alator.
-Bien sûr, dit-elle, en hochant la tête.
-Et voici Gili.
-Dame Morgane, dirent les deux magiciens, en s'inclinant vers elle en signe de respect.
-La bataille qui se prépare sera terrible, dit Morgane, d'une voix calme. Vous aurez besoin de toute l'aide que vous pourrez recevoir. Je suis venue vous annoncer que les magiciens du Sanctuaire ont décidé de combattre aux côtés des troupes de Camelot. Vous pouvez compter sur ma présence, ainsi que sur celle de mes sept meilleurs disciples.
-Merci, dit Merlin, d'un ton soulagé. Horsa est un sorcier puissant. C'est aussi un nécromancien... Plus nous serons nombreux pour l'affronter, plus nous aurons de chances de remporter la victoire.
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Arthur ouvrit les yeux et sentit aussitôt que Merlin n'était plus à ses côtés. Il faisait encore sombre. Où donc était passé son ami insomniaque ? Le Roi se redressa, et le chercha du regard.
Il finit par le distinguer à l'orée de la forêt, entouré de trois silhouettes encapuchonnées.
Les deux premières étaient, incontestablement, celles d'Alator et de Gili.
La troisième lui était inconnue, et lui tournait le dos. La cape qui la drapait était de velours ivoire, bordée de fourrure d'hermine. Elle retombait sur le sol en longs plis gracieux, la couleur de l'étoffe immaculée tranchant avec l'obscurité environnante.
Arthur se leva, tendant l'oreille pour tenter d'entendre les conciliabules secrets des magiciens.
Disposés ainsi, en cercle, ils semblaient appartenir à une confrérie dont il se sentait exclu...
Il s'approcha, tenaillé par la curiosité. Merlin, qui face à lui, le vit arriver, s'exclama : «Arthur».
L'inconnu encapuchonné de blanc, qui lui tournait le dos, se retourna d'un geste.
Et Arthur se retrouva face à Morgane. Il ne s'attendait vraiment pas à la voir là. De surprise, il recula d'un pas. Morgane haussa un sourcil, et un sourire légèrement amusé apparut sur ses lèvres.
Tu as peur de moi, petit frère ? disaient ses yeux où pointait une expression de défi. Cela rappela tant à Arthur la sœur qu'il avait connue autrefois qu'il ne put s'empêcher de sourire comme un idiot.
-Morgane, dit-il, d'une voix altérée par l'émotion.
-Tu ne croyais quand même pas pouvoir partir au combat sans moi, petit frère ? dit-elle, en lui adressant un regard amusé.
-Morgane est venue nous offrir son aide, lui expliqua Merlin.
Il semblait beaucoup plus détendu que la veille au soir, comme si cet appui inattendu le rassurait pleinement, et Arthur en eut du baume au cœur. Si Merlin était optimiste, alors il pouvait l'être aussi.
-Sept de ses disciples sont suffisamment entraînés pour l'accompagner; nous serons donc au total onze magiciens, continua Merlin, avec enthousiasme.
-C'est une excellente nouvelle, dit Arthur, d'un ton réjoui.
-Tu as vraiment changé, alors, remarqua pensivement Morgane.
Arthur lui adressa un regard étonné.
-Je me souviens d'une époque où tu aurais préféré mourir que de reconnaître que tu pouvais avoir besoin de mon aide, lui rappela-t-elle.
-J'étais jeune, et idiot, dit-il, en roulant des yeux.
-Mon aide, ou l'aide de n'importe quelle femme, continua-t-elle, avec un grand sourire. Merlin m'avait prévenue que tu avais changé d'avis sur la question mais j'avais un peu de mal à le croire.
-J'ai épousé Guenièvre, dit Arthur, comme si cela expliquait tout. Je sais à quoi m'en tenir depuis.
L'instant d'après, Arthur et Morgane riaient ensemble. Merlin n'aurait jamais cru assister à ce spectacle... les Pendragon, frère et sœur, enfin réunis. Uther avait peut-être de nombreux torts, mais il avait eu la grâce d'engendrer de beaux enfants. Côte à côte, le Roi et la Grande Prêtresse avaient un air de parenté indéniable; il émanait d'eux la même noblesse, la même fierté, la même prestance... Merlin se souvint que, bien avant de découvrir ses pouvoirs, Morgane était pour Arthur une vaillante adversaire à l'épée. Elle n'avait jamais reculé devant une bataille. L'avoir à leurs côtés aujourd'hui était un atout de taille contre Horsa.
-Sire ?
Les quatre magiciens et le Roi se retournèrent pour regarder Solel, qui s'approchait pour les rejoindre, une main posée sur la garde de son épée.
-Tout va bien, dit Arthur.
Le regard du jeune chevalier se posa sur la grande prêtresse et ses pupilles de dilatèrent, sous le choc. Merlin ne put s'empêcher de dissimuler un sourire face à sa réaction... Il se souvenait d'avoir eu la même, la première fois que ses yeux s'étaient posés sur Morgane. La jeune femme faisait à la plupart des hommes qui la découvraient une forte impression...
-Morgane. Tu ne connais pas Solel. L'un des plus braves chevaliers de la Table Ronde, et un ami fidèle, dit Arthur. Solel. Voici ma sœur, Morgane, la dernière grande prêtresse de l'Ancien Culte.
-Ma Dame, dit Solel, son émotion, pleinement inscrite sur son visage.
-Chevalier Solel, dit Morgane, d'une voix froide et altière, en le saluant de la tête.
Puis, elle se détourna de lui pour se concentrer sur Merlin, et Arthur.
-Comment avez-vous prévu d'organiser l'attaque ? demanda-t-elle.
-Voici notre stratégie, lui répondit Merlin. Lorsque nous arriverons en vue de la citadelle, les chevaliers, sous la direction de sire Léon, lanceront une attaque frontale sur les remparts. Nous espérons qu'Horsa sortira à découvert avec son dragon, Smaug, pour les contrer. Nous sommes presque certains qu'Hengist les enverra tous deux à notre rencontre, car ils sont son arme la plus redoutable... Moi et Arthur attendrons leur arrivée de pied ferme pour les empêcher de nuire aux troupes de Camelot et les attirer à l'écart de la bataille où nous pourrons les affronter. Nous pensons qu'Excalibur peut détruire Smaug. Pendant que nous occuperons Horsa, Alator déplacera Gili et un petit groupe de chevaliers à l'intérieur de la citadelle afin qu'ils libèrent la population de Nemeth et qu'ils l'évacuent hors du château. Ils se replieront en direction de la tour de garde de la cité. Leur groupe se séparera en deux. Gili et la moitié des chevaliers resteront pour protéger la tour. Alator, Perceval et leurs hommes se fondront parmi les Saxons pour ouvrir les portes de la citadelle depuis l'intérieur des remparts, ce qui permettra à Léon et à ses troupes d'investir la forteresse.
-Excellent plan, approuva Morgane. Comment pourrons-nous vous appuyer au mieux ?
-En venant à notre aide, à Arthur et moi, répondit Merlin. J'aurai besoin de concentrer ma magie sur les attaques du dragon afin de permettre à Arthur de l'approcher d'assez près pour le frapper avec Excalibur. Si je dois combattre Horsa en même temps que Smaug, je risque de me retrouver en difficulté.
-Moi et mes disciples, nous nous occuperons d'Horsa, affirma Morgane. De cette manière, toi et Arthur aurez le champ libre pour vous charger de détruire Smaug.
-Il faudra être prudente, Morgane, lui dit Merlin, avec inquiétude. Horsa est un dangereux nécromancien, et un redoutable adversaire.
-Mais il sera seul, et nous serons sept, répondit Morgane, en haussant un sourcil. Je crois qu'il sera plus en danger que nous.
-Morgane... dit Arthur, les sourcils froncés. Je ne veux pas que tu prennes...
-... des risques inconsidérés ? lui répondit-elle, d'un ton de défi. Mais nous en sommes tous là, Arthur. Albion toute entière est en grave danger, et nous nous devons de collaborer ensemble pour la défendre. Vous pourrez compter sur nous. Nous vous retrouverons à midi, devant les remparts.
Sur un dernier regard déterminé à Merlin et Arthur, Morgane conjura un couloir de déplacement et s'apprêta à les quitter. Elle était impatiente de rejoindre le Sanctuaire pour terminer les derniers préparatifs avant la grande bataille...
Alors qu'elle se détournait, ses yeux tombèrent brièvement sur l'expression heurtée de Solel, et son cœur se serra. Il ressemblait à un enfant battu, face à la froideur qu'elle avait manifestée envers lui... Mais à quoi s'attendait-il d'autre ? Bien sûr, elle aurait aimé pouvoir faire tomber le masque, et le prendre dans ses bras. Il lui manquait autant qu'elle lui manquait... Mais ils n'étaient pas censés se connaître... et c'était son choix à lui qu'elle respectait en agissant ainsi. Ne lui avait-il pas cent fois répété à quel point il était important qu'il garde son secret ?
