Chapitre 10 - Granger, Sang-de-bourbe
Hermione était complètement épuisée. Elle était restée éveillée cinq soirs de suite à chercher de nouveaux sorts pour l'Armée de Dumbledore. C'était bientôt les vacances et elle voulait en faire un maximum avant de rentrer chez elle pour Noël.
C'était la première fois qu'Hermione avait vraiment envie de quitter Poudlard. Elle en avait assez des règles ridicules d'Ombrage, de Rusard qui ratissait le château au peigne fin comme le grand crétin qu'il était, et de la Brigade Inquisitoriale, dirigée par la seule et unique tête de ferret, Drago Malefoy. Son pire ennemi.
- Hermione, tu devrais faire une pause, lui dit Harry alors qu'il entrait dans la salle commune, ses cheveux noirs dans leur désordre habituel, et ses lunettes glissant de son nez. Elle ne l'avait jamais aimé plus que par amitié, mais il était beau et, des fois, Hermione se demandait si elle ne pourrait pas avoir plus sentiments.
- Pourquoi ? répondit-elle, cassante. Parce que tu as honte d'être vu avec un Madame Je-Sais-Tout intelligente et aux cheveux en broussaille ?
- Je suis désolé, dit Harry en regardant autour de lui. Je n'avais pas vu que j'étais entré dans la pièce réservée aux personnes folles.
Hermione souffla puis regarda son ami, qui souriait de toutes ses dents.
- Désolée, Harry. Je n'ai juste jamais été aussi douée que toi en Défense contre les Forces du Mal. J'ai besoin de toute l'aide que je peux trouver.
- Il faut y aller doucement, Hermione. Au bout d'un moment, ton cerveau cesse de fonctionner. Je crois que ta limite a été atteinte hier. Allez, on va se promener.
Harry prit la main d'Hermione pour l'aider à se lever. Elle emmêla ses doigts avec les siens, appréciant le confort et le repos que lui apporta le contact.
Les couloirs étaient presque vides ; ils étaient illuminés par la lumière du coucher de soleil qui filtrait par les fenêtres. Le seul son qu'Hermione entendait était le bruit de Peeves qui se baladait dans le château en faisant des rimes sinistres sur le Professeur Ombrage. Hermione était vraiment très fière de Peeves sur ce coup-là.
- À quoi tu penses ? demanda Harry.
Hermione n'avait pas prononcé un mot depuis le début. Elle pensait à Faucon d'Argent... Elle pensait de plus en plus lui, ces derniers temps.
- Hein ? répondit Hermione. Oh, à pas grand chose. A tout et à rien.
Harry resserra sa prise sur la main d'Hermione à la vue de Malefoy, Pansy, Rusard et du reste de la Brigade Inquisitoriale, qui étaient en train d'apparaître au tournant du couloir. Hermione se sentit comme prise au piège. Si Harry ne l'avait pas tenue fermement, elle serait partie en courant.
- Ça alors ! Mais c'est Potter et sa sang-de-bourbe de petite amie ! dit... Pansy ?
Hermione fut profondément surprise. Ça ressemblait à ce que Malefoy aurait pu dire. Mais il se tenait simplement à ses côtés, arborant un air renfrogné, et son expression avait plus l'air d'être dirigée vers Pansy que vers elle et Harry. Hermione ignora cette pensée.
- Qu'est-ce que vous voulez ? demanda Harry, dont le corps montrait une tension palpable.
- On se demande juste ce que vous faites dans les couloirs si tard, et seuls, dit Drago.
- On enfreint quelle règle ?
- La toute récente. Les garçons et les filles ne peuvent pas se tenir à moins de..., dit Pansy avec mépris.
- Tu peux t'arrêter là, Mrs Malefoy, dit Hermione.
Drago était horrible mais elle ne comprenait pas ce qu'il avait bien pu voir en Pansy.
Les yeux de Drago s'élargirent, leur gris métallique en fusion crachant du venin à Hermione alors qu'il sortait sa baguette et diminuait la distance entre eux. Hermione observa les quelques centimètres qui les séparaient.
- Je crois que tu es en train d'enfreindre la règle, là. Non ?
- Tais-toi, Granger.
Il pointa sa baguette sur le visage d'Hermione, une expression d'intense amertume sur la figure, qui, d'ordinaire très pâle, était maintenant anormalement rouge. Elle n'était pas sûre de la raison de ses actions mais, avant qu'elle puisse s'en empêcher, Hermione arracha la baguette de la main de Drago et l'envoya voler dans le couloir.
- Comment oses-tu toucher la baguette d'un Malefoy ? grogna Drago.
- Je te déteste, Drago Malefoy, laissa exploser Hermione.
De toutes les choses que Malefoy et Hermione s'étaient dites au fil des ans, ils ne s'étaient jamais avoués se détester.
Drago traversa le couloir et saisit sa fine baguette noire d'un mouvement vif.
- C'est un sentiment partagé, Granger.
- Laisse-la tranquille, cria Harry.
Hermione secoua la tête.
- Ne t'en fais pas, Harry. Je suis sûre que Drago est juste contrarié parce qu'il est en retard pour aller lécher les bottes de son foutu PERE !
Hermione se retourna brusquement et quitta le couloir comme une folle. Elle détruirait Drago Malefoy et la Brigade Inquisitoriale, même si c'était la dernière chose qu'elle ferait. Mais elle aurait besoin de conseils.
Ce soir-là, avant de se mettre au lit, Hermione sortit un bout de parchemin et y griffonna quelque chose sans réellement y croire ; était-elle vraiment en train d'écrire ça ?
Cher Faucon d'Argent,
Je suis désolée d'apprendre que tu es confronté à ce dilemme. J'aimerais pouvoir dire que je comprends mais, vois-tu, j'ai le problème contraire. Je suis qui je suis, et des fois cette personne en blesse d'autres. J'aimerais savoir apaiser les autres, savoir comment faire pour que les autres m'aiment bien. Mais on dirait que quoi que je fasse, certains me détestent. Je devrais aussi bien rester moi-même, non ? C'est peut-être le conseil qu'il te faut. Être toi-même car, même si personne ne t'aime, au moins tu peux t'aimer toi-même ? Enfin bref, en tant que personne méchante auto-déclarée, j'ai besoin de ton aide. Il y a quelqu'un dont le but dans la vie est de pourrir la mienne. Eh bien, j'en ai marre, mais je ne sais pas quoi faire. Je me demandais... Les vacances arrivent, et j'aurai du temps libre... Tu as toujours envie de me rencontrer ?
Avec ma plus grande affection,
Branche de Vigne
Et des nouveaux lecteurs qui se font connaître ! Bienvenue à Lily P. Wooz et à "Guest" (c'est quoi ton petit nom ? :D) !
Merci Kumi pour ton aide :)
Guest : Oui, j'essaie de traduire le plus vite possible pour que vous n'ayez pas trop à attendre :) Je suis déçue de ne pas pouvoir le faire plus vite que la lumière, mais c'est la triste condition de nous autres, humains...
Stiitch : Alors, est-ce que ce chapitre t'a un peu plus plu ? Je le trouve un peu dur, dans le sens où ils n'échangent rien d'autre que des insultes, mais je me rassure en me disant que je n'y suis pour rien ! (Malheureusement, ce n'est pas moi qui ai eu la fabuleuse idée d'écrire cette fanfiction)
Vous êtes de plus en plus à lire, près de 100 visiteurs différents sur le chapitre 9, quel bonheur :)
