Bonjour tout le monde, je passais par là par hasard et je me suis rendue compte que vous laissez sur cette fin, c'était cruel. Surtout que j'avais fini le chapitre 10 depuis un moment. Ne me lapidez pas, SVP, gentils lecteurs. En ce moment, j'ai pas mal de boulot, fac exam tout ça, j'espère que vous apprécierez ! Bonne lecture !

Chapitre 10 : Joyeux Noël

Un vent glacial souffla et m'aurait fait frissonner si je n'étais pas à ce point tétanisée sous le joug d'une baguette. Une baguette qui appartenait à quelqu'un que j'appréciais, un poufsouffle, un supposé gentil poufsouffle qui ne s'énervait pas, même quand on lui renversait sa bière sur son pull. Ian Jonhson me fixait toujours avec ses yeux noirs si dérangeants. Mon erreur de jugement sur ce 7e année banale allait me coûter très cher. J'avais presque envie de pleurer de rage :

_Alors ? Se fit plus pressant le jeune homme. Qu'est ce que tu fais là ?

Je réprimais mes larmes et reprit mon attitude froide et distante :

_Qu'est ce que cela peut te faire ? Dans tous les cas tu vas devoir me faire taire.

Ian souleva un sourcil septique, feignant l'ignorance m'agaçant au plus haut point :

_Tu n'es qu'un moins que rien, crachai-je, un putain d'enfoiré ! Toi et tous les gens de ton espèce !

Il baissa légèrement sa baguette :

_Tu penses valoir plus que moi ? Tu penses que commercialiser de la drogue dans toute l'école à des élèves qui n'ont pas la moindre idée de s'empoisonner fait de toi quelqu'un de valeur ? Reprit-il sur le même ton.

Je restai bouche bée. Je voulus rire d'une telle situation. Il n'allait quand même pas pousser le vice jusqu'à me faire accuser à sa place :

_Je crois que tu confonds les rôles ! Repris-je abrupte. Je ne te laisserais pas m'accuser de tes crimes !

Avant qu'il ne puisse prononcer un mot de plus je fonçais tel un rugbyman et le plaqua violemment sur le sol. Ne jamais sous-estimer un garçon manqué qui n'avait plus rien à perdre. Il était à terre, sonné mais tenait toujours son arme. Je me mis à califourchon sur lui et lui arrachai la baguette des mains avant de la brandir droit sur son visage et avec mon autre bras je lui tins la gorge. Le bout de bois lui frôlait le nez. Je devais avoir le regard d'une folle mais je n'étais plus la victime. La colère m'aveuglait, tant de frustration accumulé durant ces quelques jours de vacances, si j'étais assez douée je lui aurais lancer un endoloris :

_Tu vas payer pour tout ceux qui ont été blessé par tes saloperies ! Lâchai-je les dents serrées.

_Attend attend ! Je ne comprends pas ? Tu crois que c'est moi qui répand des perles du ciel dans toute l'école ?

Je ne répondis pas tout de suite, j'étais prête à lui envoyer un incendio en pleine face, peu m'importait les conséquences d'une boule de feu si proche de moi :

_Pourquoi serais-tu là si tu n'es pas coupable ?

Ma voix était dure et cassante ? J'étais si déçue de lui. Ses yeux sans fond me transperçaient, plein de défiance, il reprit avec véhémence :

_Je pourrais te retourner la question.

Il se foutait de moi, ce n'était pas possible autrement :

_Qu'est ce que tu es venu faire ici ? Repris-je menaçante.

_Je t'ai suivi, c'est toi qui m'a mené jusqu'à cette cabane. Depuis l'incident avec l'élève mort, j'ai remarqué des choses louches sur toi et tes amis. Je n'aurais jamais cru que vous puissiez être cupides au points de faire rentrer de la drogue dans l'école.

Je me reculai comme s'il venait de me cracher au visage. Ma surprise faiblit ma prise. Mon prisonnier en profita pour renverser la situation. Le monde bascula et je me retrouvais sur le dos et lui au dessus réduisant ainsi toute mes chances de fuite. Il reprit possession de sa baguette. Nos rôles s'étaient inversés en un simple clignement de paupière. Il avait de la neige qui commençait à fondre sur ses cheveux châtains et me gouttait sur le visage :

_Maintenant tu vas me suivre gentiment jusque chez Mc Gonagall et dénoncer tout tes complices !

Je ne répondis rien. Je ne comprenais rien :

_Tu n'es pas un dealer ? Finis-je par demander les yeux écarquillés.

Il ne desserra pas sa prise mais je vis dans ses yeux noirs danser le doute. Il fit plisser son nez avant de me répondre :

_Bien sûr que non, je suis là pour t'arrêter !

Je fronçais les sourcils complètement perdue. Alors, il était venu ici pour les mêmes raisons que moi ? Il avait toujours sa baguette pointée entre mes deux yeux. Il faudrait peut-être que je me dépêche de dissiper ce mal entendu :

_Avec un petit sort de paralysie, commença-t-il, tu devrais être plus facile à ramener au bureau de la directrice. Stupe...

_Non Attend ! Tu fais une grosse erreur, je suis dans ton camp ! Hurlai-je pour l'empêcher de lancer son sort. Moi aussi je veux arrêter ce trafic !

Il arrêta son geste, le bras au dessus de sa tête. Il resta ainsi pendant quelques secondes, le temps s'était suspendu, le silence régnait dans la clairière :

_Tu crois vraiment que je vais gober ça ? Se reprit-il.

_C'est la vérité. Depuis la mort d'un poufsouffle à cause des perles du ciel, on travaille sur cette affaire !

_On ? Tu veux dire que toi et ton petit groupe d'amis vous cherchiez les trafiquants depuis le début ?

J'acquiesçai avec vigueur :

_Alors votre comportement suspect c'était à cause de ça ? Je me trompes depuis le début ? lâcha-t-il après quelques secondes de silences, les yeux dans le vague.

Ces questions ne réclamaient pas vraiment de réponse. Ian faisait juste un constat qui l'affligeait d'être à ce point à côté de la plaque mais j'acquiesçai à nouveau tout de même. Il se reconcentra et m'observa avec suspicion :

_Comment je peux être sûr que tu ne me mens pas ?

La bonne blague ! Comment prouver mon innocence ? Je n'en savais strictement rien. J'avais beau me creuser la tête, aucun argument ne me venait en tête. Je finis par capituler :

_Je crois que tu ne peux pas en être sûr. Qu'est ce qui me rend si coupable à tes yeux ?

_Toi et tes amis, vous furetez dans l'école à parler de perle du ciel entre vous, vous avez menacé une élève, Fanny Eastwood et surtout tu m'as conduit jusqu'ici.

_Tu conclues de notre culpabilité sur quelques messes basses ? Tu m'étonnes après que tu sois à ce point à côté de la plaque ! Fanny était en possession d'information, elle connaissait un dealer, Gregory Hammer et même si on l'a un peu bousculée, on ne lui a pas fait de mal. Ensuite on a suivi Gregory et il nous a conduit à cette cabane il y a quelques semaines. J'ai profité que tout le monde soit parti pour les vacances pour trouver des indices. Voilà comment je t'ai mené jusqu'ici.

Il devait lire dans mon regard que je ne mentais pas. En fait j'espérais surtout qu'il le voit. Il finit par se lever avant de me lancer un regard bizarre :

_Je ne suis pas sûr de pouvoir te faire confiance, mais je ne veux pas faire du tort à un innocent.

Je soufflai de soulagement. Je ne risquai plus d'être envoyée auprès de McGo avec de fausses accusations :

_Je veux savoir tout ce que tu sais. Reprit-il alors que je me redressai.

Je n'étais pas extrêmement ravie de ses conditions, ni du ton qu'il prit avec moi, mais je n'étais pas en position de m'y opposer. J'acquiesçai sans bonne volonté avant de partir à la recherche de ma baguette. Je la ramassai et l'essuyai sur mon jean :

_On rentre au château ? Je ne me voie pas tout déballer au milieu de la forêt interdite. Lâchai-je amère en montrant le sentier.

Le cris d'une bête sauvage non identifié lui fit accepter assez rapidement.

Nous étions dans une salle de classe vide, le seul endroit selon Ian qui serait suffisamment sûr pour discuter. Il s'était appuyé contre un bureau. J'étais à côté du tableau noir. Je ne savais pas vraiment par quoi commencer et le garçon face à moi ne m'aidait pas à me sentir plus à l'aise à me détailler avec ses yeux noirs. Après un petit silence où j'avais regardé mes pieds comme une enfant prise en faute, je décidai de me lancer après avoir pris une grande bouffée d'air :

_Je crois que tout à commencer avec la soirée de Brittany Oaken...

_La petite reine Griffondor des 5e année ?

_Oui. J'ai trouvé dans le punch des petites billes bleues, c'était bizarre mais ça ne m'avait pas interpellée. Jusqu'à ce que tout le monde dans la soirée aient un comportement bizarre. Je suis allée voir Brittany pour avoir quelques explications. Elle même était dans un sale état et à finit par me dire ce que c'était. Des perles du ciel, une espèce de drogue désinhibant les élèves et les rendait plus joyeux. Un espèce d'antidépresseur magique surpuissant.

_C'est Brittany qui vous a tous drogué ?

J'hésitai un moment avant de répondre :

_Je ne pense pas qu'elle soit assez bête pour faire ça.

_Alors qui ? Insista-t-il.

Je haussai les épaules :

_Un mec déguisé en gorille avait tenté de lui en faire prendre de force, je suppose que ce devait être lui. Brodai-je.

Je savais que je ne devais rien à Brittany mais je n'aimais pas descendre les gens de cette manière. Elle le ferait bien toute seule. Ian sembla se contenter de ma réponse :

_Pour la soirée, repris-je. J'étais la seule à savoir. Je n'ai rien dit parce que je n'avais pas envie d'y croire. Ce n'était pas très intelligent ni responsable, je l'avoue. Et puis il y a eu cet incident avec Henry Gald. Il avait fait une overdose, c'est ce que son ami Pierre Somur avait expliqué à Luke.

_Ton ami préfet, c'est ça ?

J'acquiesçai avant de continuer :

_Luke m'a montré à quoi ressemblait la drogue qu'avait prise Henry Gald. C'était les même que celle de la soirée de Brittany. J'ai décidé d'avouer la raison de notre comportement étrange à cette fête. On a alors voulu nous occuper de ça et aller voir Mc Gonagall, Mais c'était avant de découvrir Pierre Somur en bouilli au pied des escaliers. Il aurait lui aussi voulu en parler à la directrice mais il a eu son « accident ». On s'est donc dit qu'on ferait mieux de ne pas aller voir les professeurs avant d'avoir des preuves irréfutables.

Ian me regarda mi impressionné mi septique :

_Je ne sais pas si c'était très courageux de votre part ou bien horriblement stupide.

_Peut-être, lâchai-je vexée, mais au moins on est toujours entier contrairement à Pierre. Enfin après ça on a interrogé Fanny Eastwood, une amie de Brittany...

_Tu veux dire menacer...

_Tu vas continuer à me couper toutes les 30 secondes ou bien tu veux savoir la suite ?

Il se calma et me laissa reprendre la parole :

_Bon, comme elle est la plus au fait des rumeurs dans l'école, on lui a demandé qui fournissait la drogue. Elle nous a parler d'un certain Gregory Hammer, un serpentard en 6e année. Puis une amie, nous a trouvé un autre dealer, Samuel Danton à serpentard aussi en 4e année. On les a suivi un soir. Ils nous ont conduit jusqu'à une cabane dans la forêt. Il y avait plusieurs élèves dedans qui jouaient les petits chimistes. Ils étaient en train de fabriquer des perles du ciel. On a reconnu que deux élèves, Jowan Blumm en 5e année et Mélodie Faith en 6e année, tous les deux Serdaigles. Et enfin, aujourd'hui, j'ai décidé d'aller fouiller la cabane pendant que la plupart des élèves étaient rentrés. Voilà, c'est tout ce que nous savons pour le moment.

Il sembla réfléchir un moment. Après avoir plissé son nez il finit par me demander :

_Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ?

Je mis instinctivement mes mains dans les poches. Mais je ne sortis pas leur contenu. Je ne savais pas si je pouvais vraiment faire confiance à Ian. J'en avais envie, avoir quelqu'un avec qui parlait de tous ce que j'avais trouvé dans la cabane, c'était séduisant. Je fini par faire un signe de négation avant de reprendre :

_Je n'en ai pas vraiment eu le temps, tu es arrivé dans la cabane et je me suis cachée. Et toi ?

_Non plus. Rien de bien utile en dehors de quelques petits mots sans réel intérêts.

Normal, les notes les plus intéressantes étaient dans ma poches, pensai-je. Un petit silence s'installa. Ian finit par se relever et s'approcha :

_Je suis désolé, pour tout à l'heure. J'espère que l'on pourra coopérer malgré ce petit incident. La prochaine fois qu'il te vient à l'idée d'aller toute seule dans la forêt interdite, prévient moi. D'accord ?

Il me tendait sa main. Je finit par la serrer acceptant ainsi son deal. Il sourit et sans ajouter un mot, il sortit de la salle, me laissant seule avec ma culpabilité. J'aurais peut-être dû lui parler des indices que j'avais en ma possession.

Pendant un moment, dans cette salle silencieuse, j'eus réellement envie de courir après Ian pour lui révéler la vérité. Je sortis en trombe dans le couloir. Mais il n'y avait pas la personne à laquelle je m'attendais. Luke se tenait contre le mur, m'observant les yeux froids et durs. Blondie semblait m'en vouloir. Je me renfermai et le regardai de la même manière. Il ne disait rien. Mon ami me détestait-il à ce point ? Tout ça pour une fille ? Tout ça pour Eden, la poule de Shaun ? Je finis par tourner les talons, l'ambiance était trop lourde pour être supportable, trop tendue. Au bout de quelques pas, Luke finit par m'interpeller :

_Après Owen, Ian Johnson hein ? Je ne savais pas que tu étais une fille aussi facile.

Mon ami aurait pu me faire ce genre de remarque pour me taquiner, pour se moquer de moi gentiment. Mais le préfet qui se tenait là, me disais cela juste dans l'intention de me blesser. Je m'étais arrêtée, stupéfiée. J'allai répliquer, le frapper, être aussi blessante que lui. Mais au final je ne fis rien. Je repris mon chemin sans lui jeter un regard, sans verser une larme, oublier qu'il existait.

Oublier, occulter, simuler une indifférence froide. Voilà mon programme. Pour passer le temps, j'avais mes devoirs, ma console, mes livres. Des vacances de solitaire. Je ne croisai ni Shaun avec sa pouliche, ni Luke. Ils étaient sûrement en train de traîner dans la salle commune des Griffondors. Dire qu'il y a encore quelques mois, ils insultaient copieusement cette maison, maintenant ils passaient le plus clair de leur temps là-bas. Les indices que j'avais récolté dans la cabane furent cachés dans une boîte à chaussure dans mon armoire. J'avais lu quelques petits mots mais rien de logique ne m'était venu à l'esprit.

Alors que le temps passait, un matin, ce fut Noël. Je le sus en voyant la pile de paquets emballés dans du papier brillant et coloré à mes pieds. J'étais un peu dans les nuages, laissant mes pensées vagabonder et mon regard flotter de cadeau en cadeau. À un moment, Owen apparut dans mon esprit. Le rendez vous ! Voilà ce que j'essayai de me rappeler ! Pendant quelques secondes, des bouffées de stress m'assaillirent. Je n'avais pas la moindre idée de comment se comporter durant un rencard. Ni même comment s'y présenter. Porter des vêtements féminins, voilà ce que m'avait dit Violet. Féminine ! Le mot d'ordre de la journée. Je regardai mon réveil, 9h38. À ce que j'avais compris, le rendez-vous avait lieu l'après-midi. J'essayai de respirer doucement. Assise en pyjama au bord de mon lit, je me décidai à entamer la pile de cadeau. Je commençai par celui de Violet que je reconnus assez facilement. Je ne connaissais personne d'autre d'assez bizarre pour utiliser du papier cadeau Lady Gaga. Bien qu'elle m'avait déjà offert le miroir de communication, elle m'avait rajouté un livre. Un roman à l'eau de rose... Le résumé en lui-même puait la niaiserie. « Rosalie rentre au lycée Vauban. Elle espère que ce nouvel établissement prestigieux lui permettra de s'affirmer, d'enfin être aimée. Avec son meilleur ami, Nathan, ils vont tenter de survivre dans la dure vie lycéenne. Mais Dan, un grand sportif populaire fera tout pour leur miner le terrain. »... Mouais, je n'avais même pas besoin de lire le bouquin pour savoir que Nathan était gay et que Rosalie sortirait avec Dan, il y avait aussi fort à parier que Rosalie était une héroïne nunuche sans personnalité. Un livre 100% cliché, riche en rebondissements mollassons. Je le posai sur ma table basse. La lettre de Violet m'expliqua son geste. Elle espérait que cet ouvrage m'aiderait à mieux comprendre les sentiments humains. Même si ça ne m'enchantait guère, je ne pouvais qu'apprécier le geste. J'essaierai de le lire mais je ne garantissais rien. Puis je passai au paquet suivant. Plus sobre, à la vu du parfait pliage du papier cadeau, du scotch parfaitement parallèle, droit, sans un faux plis, j'en conclus que c'était celui de JD. Je souris en voyant le coffret des 6 saisons de Supernatural. Dans sa lettre il me disait de ne pas me gêner, je pouvais lui emprunter son lecteur de DVD portable dans sa chambre. De quoi m'occuper pour un moment. Il venait de me sauver mes vacances. Puis j'arrivai à un très gros paquet. Seule ma mère était capable d'une telle démesure. Je préférai commencer par sa lettre pour me préparer psychologiquement.

« En espérant que ça t'aidera pour ton RdV ma grande ^^ Bisous ! »

Sérieusement ? Comment elle était au courant. Il ne fallait pas avoir l'esprit de déduction de Sherlock Holmes pour comprendre. Violet, encore une fois n'avait pas su tenir sa langue. Je soupirai mais souris tout de même. En ouvrant la grande boîte, j'eus la surprise de voir que ma mère avait améliorer ses goûts vestimentaires. Au moins je savais ce que j'allais mettre à mon rencard. Je posais les vêtements sur le côté. Et me saisit des trois derniers paquets dont l'un était une enveloppe. De l'intérieur, une fleur séchée jaune en glissa avec un petit bout de papier. « Hélianthe ». C'était tout ce que me disait ce mot. Je ne connaissais pas très bien les symboliques des fleurs aussi le message me parut obscur. Je rangeai cet étrange cadeau anonyme dans ma table de chevet et essaierais d'en savoir savoir plus quand j'aurais le temps. Le deuxième paquet de taille moyenne comportait lui aussi des fleurs, mais cette fois fraîche, des roses rouges, oranges et blanches. Au milieu de toutes ces roses, il y avait un grosse grappe de fleurs bleus. Des phlox bleus. Je les avais reconnues pour les avoir étudiées en botanique juste avant les vacances. « Elles ne faneront jamais, elles seront toujours là comme je le serai pour toi. Owen »... Je crois bien que je n'arriverai jamais à m'y faire. J'étais toujours partagée entre mon moi sarcastique et mon moi attendrie. Mais puisque personne n'était aux alentours, je pris le bouquet dans mes bras et pris une grande bouffée d'air le nez dans les fleurs. Je pris un vase traînant dans la chambre appartenant certainement à l'école et disposai mon bouquet près du lit. Le dernier paquet était le plus volumineux des trois, rectangulaire et blanc. À l'intérieur une farandole de fleur une fois encore y reposaient. Mais elles étaient placés de façon anarchiques, d'espèces, de tailles, de couleurs totalement différentes. Il y avait même au milieu une branche de sapin. Je ne reconnus que la moitié des plantes dans cette boîte. Il y avait une fleur de nénuphar, des pensées, une tulipe noire, une violette bizarre, du trèfle et un pissenlit. Le reste m'était totalement inconnu ou du moins je ne connaissais pas leur nom. Chaque fleur avait un petit ruban où il y avait un nombre inscrit dessus. De 1 à 16. Je pris le petit papier cartonné qui reposait sur ce tas de plantes pour essayer de comprendre. « Sauras-tu m'entendre avant qu'il ne soit trop tard ? » Voilà qui m'aidait vraiment beaucoup, tout était clair maintenant, comment est-ce que je n'avais pas pu comprendre ? Enfin pour redevenir sérieuse, c'était le cadeau le plus étrange de tous. Je reposais le petit papier à l'intérieur. Était-ce la même personne qui m'avait envoyé une Hélianthe séchée ? Ou bien était-ce une blague bizarre ? Je refermai la boîte et la cachai sous mon lit comme si l'avoir était une mauvaise chose, comme si je trahissais quelqu'un en gardant ce cadeau. Au passage, je vérifiai s'il ne restai pas d'autre paquet. Mais rien. Rien de Shaun ou de Luke. Je fis comme si cela ne m'affectait pas mais au fond c'était comme s'ils m'avaient oublié, comme si je ne comptais plus à leur yeux. Je regrettai presque de m'être montrée plus mature et de leur avoir tout de même envoyé mes cadeaux. Je pensais que l'esprit de Noël allait calmer nos fiertés.

Je descendis dans la grande salle pour le déjeuner le cœur lourd et mal à l'aise. Le cœur lourd parce que visiblement la situation avec mes amis n'avançait pas. Mal à l'aise parce que je portais une robe. Au finale je regrettai mon geste, ce n'était qu'une robe toute bête que pouvait porter une fille pour la vie de tous les jours mais moi elle me gênait. Qu'est-ce qui m'étais passé par la tête ? Bien que ce ne devait pas être le cas, j'avais l'impression que tous les élèves me dévisageaient. Que c'était bizarre que je m'habille ainsi. C'est plus facile de s'affirmer quand on porte un pantalon, j'en avais désormais la preuve. Je vis Owen à table et allai le rejoindre. Quand il me vit, je lus la surprise dans son regard puis de l'amusement :

_Elle te va très bien cette robe.

Je rougis et bafouillai des remerciements. Vraiment j'étais nulle. Pourtant j'arrivais très bien à lui parler il y avait encore quelques semaines, même à l'insulter et maintenant je n'étais même plus capable d'aligner deux mot sans avoir l'air d'une bègue :

_En revanche, elle est un peu légère pour l'endroit où je veux t'emmener. Reprit-il un sourire en coin.

Je me mis à me confondre en excuse, j'étais prête à retourner dans mon dortoir pour me changer mais il m'arrêta. Puis il se mit à rire à la vue de mon teint écarlate. C'était si marrant que ça de me tourmenter ?

_Détends toi, je rigole, tu es parfaite comme ça. Il te faudra juste un manteau et... Ceci.

Il me tendait un paquet violet et mou. Il semblait fier de lui :

_Mais, je n'ai rien pour toi. Répondis-je dépitée.

_T'en fais pas, je le sais bien. Ça fait un moment que je voulais sortir avec toi, j'ai eu le temps de te trouver un cadeau.

_Depuis combien de temps ? Demandai-je curieuse tout en acceptant son présent.

Alors que je m'assis à ses côtés, il eut un petit sourire inquiétant avant de reprendre :

_Depuis que tu es scolarisée ici ! Je te suis tous les soirs dans les couloirs de l'école depuis ta première année, et maintenant tu es à moi ! Mouhahahaha.

… J'eus un petit blanc. Je ne savais pas si je devais rigoler ou bien m'enfuir en 4e vitesse. Je me demandai si je n'avais pas fait une bourde en acceptant un peu trop vite de sortir avec Owen. Peut-être qu'il était aussi psychopathe que son hibou. Le serpentard nota ma surprise et mon absence de réaction. Il toussa un peu gêné :

_Plus sérieusement, parce que au cas où tu aurais un doute sur ma santé mentale, je t'ai remarquée le jour où tu es tombée devant nous et que tes amis ont balancé de la neige sur Liam, Matthew et moi. Je ne suis pas un pervers qui rode dans les couloirs. Tu devrais ouvrir ton cadeau. Finit-il par changer de sujet.

Je m'exécutai et qu'elle ne fut pas ma surprise quand j'y découvris une écharpe noire avec quelques traits fins de couleurs jaunes verts ou argents. Elle était très douce, je n'eus pas de mal à deviner que c'était Owen qui l'avait tricoté :

_Comment elle me va ? Demandai-je après l'avoir enroulée autour du cou.

Il prit les deux bouts de mon écharpe avant de me tirer vers lui et de m'embrasser. Il me laissa sur les lèvres un goût de café. Je détournai le visage pour ne pas le voir sourire bêtement à chaque fois qu'il me voyait mal à l'aise :

_Elle te va très bien finit-il par me chuchoter.

Après l'avoir remercié, il me prit par la main avant de m'entraîner dans le couloir et de commencer notre rendez-vous.

Il m'emmena dans pré-au-lard pour le marché de Noël. Très scintillant, très romantique, un peu trop même. Mais je n'étais pas d'humeur à faire du sarcasme. En fait j'étais en plein dans ce genre d'ambiance, cet état d'esprit tout rose et cotonneux. Au final, c'était plus agréables que je ne l'aurais cru, de ce laisser aller, d'arrêter d'être froide et tout le temps blasée. J'eus même le plaisir d'oublier pendant quelques heures l'existence d'Eden. Mais je ne savais pas trop pourquoi, quelque chose m'empêchait de réellement de me détendre, des ondes malfaisantes qui me faisaient frissonner. À des moments je crus voir une ombre nous suivre, nous épier, j'étais sûre que les ondes maléfiques venaient d'elle. Au final j'en fis part à Owen, qui gêné se massa la nuque avant de m'éclairer :

_Oui, je me doutais que ça arriverait. Sans vouloir me vanter, tu sais que je suis assez populaire auprès des filles alors... Ben y en a certaines qui sont pas très contente de me voir avec toi. Mais ça se calmera.

Je jetai des regards à droite et à gauche à la recherche de potentiels groupies, mais il n'y avait quasiment que des couples et pas de folle en vue.

Nous finîmes le rendez-vous chez Madame Pieddodu, l'endroit le plus concentré en niaiserie de toute la planète. C'était la deuxième fois que je me rendais dans ce salon de thé au petite table ronde et au fin napperon de dentelle. La première fois, c'était pour nous moquer des gens avec Violet, Shaun, Luke et JD. Aujourd'hui je faisais partie de cet affligeant tableau plein d'amour. Non mais faut avouer que les chérubins qui balancent des confettis pailletés c'est quand même un peu trop. En plus ça nous aveugle et nous fait éternuer. J'ai pas l'impression d'être plus belle quand je scintille moi. Mais malgré l'ambiance un peu malsaine de l'endroit, Owen me fit passer un bon moment autour d'un chocolat pour deux (oui ça existe) et réussit même à me faire avouer la raison pour laquelle je ne traînais plus avec mes amis :

_ C'est un peu compliqué en ce moment. Répondis-je tristement. Shaun sort avec Eden Lawrence et on peut pas vraiment dire que j'ai accroché avec elle. Du coup Shaun est vexé et Luke me met toute la faute dessus. Bon j'ai peut-être été un peu excessive mais quand même, je ne suis pas la seule coupable !

_Eden... La fille en 5e année à Griffondor ?

J'acquiesçai en fronçant les sourcils :

_Oui, je me souviens d'elle maintenant. C'était l'année dernière, elle était venu me voir pour avouer ses sentiments pour moi et je l'ai gentiment repoussé. Après ça j'ai eu droit à pas mal de problème. Des rumeurs et autres conneries. Je me doutais un peu que c'était du fait de cette fille mais bon, j'allais pas non plus l'agresser pour ça. Ça m'a quand même permis d'avoir deux mois de répit sans groupie et autres perverses.

_Eden ? La faible, fragile, douce et sans personnalité Griffondor ? T'es sûr qu'on parle de la même fille ? Je la vois plus pleurer à chaude larme sur son journal intime rose qu'à faire ce genre de truc. Répliquai-je sceptique.

Un étrange sourire naquit sur ses lèvres fines :

_Il faut parfois se méfier des apparences. Me lâcha-t-il mystérieux.

J'eus un petit blanc et finis par lui jeter un morceau de guimauve sur son visage de brun ténébreux :

_Tu te la joues mystique maintenant ? Rigolai-je devant son air surpris.

_Ha ha. Lâcha-t-il sarcastique. Je me vengerai Miss Bower.

_Ouhou, j'ai peur Monsieur Nigel.

Tout cela finit en bataille de guimauves et même de chérubins avant de nous faire jeter dans la rue comme des malpropre. Manifestement le jeté de chérubin était interdit. Mais peu importait, je n'avais pas ri depuis aussi longtemps. Owen finit par m'attirer dans ses bras secouer par d'incontrôlables gloussements. Je me sentis bien pour une fois, moi qui détestais quand on m'enlaçait, je trouvai ça finalement plutôt agréable. Je ne sais pas si cela correspondait au rendez-vous idéale, se jeter des petits angelots à la figure, se battre à coup de guimauve... mais pour moi s'en était un.

Le serpentard me laissa juste après le dîner devant la porte de mon dortoir que je rejoignis le cœur léger. Ce moment de laisser aller dans les nuages roses et les les arcs-en-ciel ne dura pas très longtemps, à peine quelques pas dans la salle commune que je me pris la réalité en pleine face telle une claque. Un croisement de regard qui ne dura même pas une seconde avec lui suffit pour me faire retomber sur terre et la chute fut désagréable. Luke se trouvait là en train de travailler dans l'un des fauteuil près du feu et pour une fois, il était seul, sans LE couple. Je me détournai rapidement et me mis à marcher à grand pas pour rejoindre les escaliers du dortoirs des filles. Il n'y avait pas beaucoup de distance à avaler, même pas 10 secondes et j'y étais, mais c'était 8 secondes de trop. Luke s'était planté devant moi. Je voulus le contourner, tête baissée, mais quand j'arrivai à son niveau, il me prit le bras et me stoppa net. Y a pas à dire, le Quidditch, ça muscle bien :

_Attends, Alex. Je dois te parler...

Je soupirai avant de finalement planter mes yeux dans les siens :

_Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? Tu veux encore m'insulter ?! Ou bien me donner des ordres peut-être.

J'allai me libérer de sa prise et partir aussi sec, mais je lus sur son visage plus de tristesse que je n'aurais cru, et me détendit. Je savais bien que Luke était très doué pour jouer ce genre d'émotion et ainsi faire craquer la plupart des gens. Mais là ça semblait différent, plus vrai :

_Non, je voudrais... m'excuser. Reprit-il avec une petite voix.

J'écarquillai les yeux de surprise. Les choses allaient s'arranger juste comme ça ? Il suffisait juste d'attendre ? Blondie lâcha mon bras avant de me montrer les fauteuils. Je m'y installai encore incertaine de ce qui allait se passer :

_Je suis désolé, je n'aurais pas dû t'agresser comme ça la dernière fois. Et d'avoir été aveugle à cause de la gentillesse d'Eden.

Là encore, je me demandai si je n'étais pas en train de rêver. Blondie qui admettait avoir eu tort sans que je n'eus à argumenter ou à le forcer ?! Alors l'esprit de Noël existe en fin de compte. Je le vis sortir de derrière son dos le cadeau que je lui avais fait et un autre paquet :

_On les ouvre toujours ensemble d'habitude, alors je t'ai attendu.

Je souris en repensant aux années précédentes où tout était plus simple, plus innocent. On pourrait croire que je suis très vieille quand je parle comme ça, mais bon je n'ai que 15 ans quand même, si ça continue, je vais finir comme Owen à tricoter des écharpes au coin du feu. Luke me tendit un paquet bleu mal emballé, l'origami n'a jamais été son truc. Je l'acceptai maladroitement et attendis un signe de mon ami pour commencer à l'ouvrir. D'un mouvement de tête il m'encouragea à commencer :

_Je crois, reprit-il, que ça te plaira.

Intriguée, j'arrachai le papier bleu sans cérémonie et... Je ne compris pas vraiment ce que j'avais entre les mains. C'était une boîte en plastique noir, visiblement quelque chose d'électronique. Mais rien en indiquait la fonction. Je cherchai dans le visage satisfait de mon ami un indice mais rien ne transparaissait :

_Heu... merci ? Lâchai-je sans grande conviction. J'ai toujours rêvé d'avoir... une boîte noire en plastique.

Je le vis rire à ma pâle tentative de deviner ce que cet objet pouvait bien faire :

_Cette boîte, finit-il par m'éclairer, c'est magique. Avec un ordinateur tu pourras aller sur... Internet !

_Tu rigoles ? C'est pas possible. Internet ? À Poudlard ?

Mais visiblement il était tout ce qu'il y a de plus sérieux :

_Joyeux Noël !

Luke me faisait son plus beau sourire et profitait de l'instant. Mais je ne lui laissai pas beaucoup de temps pour frimer, ni respirer. Je lui sautai au cou, le faisant renverser, l'étouffant sous mon énorme masse :

_ Merci merci merci ! C'est trop génial ! Comment t'as fait ? Comment t'as fait ?

Je me soulevai pour le libérer. Je pus voir son visage hagard, ses yeux verts écarquillés. À sa façon de me regarder, je devais avoir l'air d'une folle hystérique. Et c'était le cas ! Internet ! Internet à Poudlard c'est mieux que la fin de Voldemort ! Que la sortie d'un nimbus 5000 (l'Iphone des sorciers, la même folie à chaque sortie d'une nouvelle version), c'est même mieux qu'Harry Potter. (Heureusement que je garde ça dans ma tête sinon j'aurais été exécutée à la seconde même où j'aurais fini de formuler ma phrase par les ninja fangirlus). Je finis par relever mon ami tout ébouriffé. Pendant que Blondie reprenait contenance j'observai de plus prêt la petite boîte noire. De fines runes y étaient gravées :

_Mais où t'as pu te procurer ça ?

Je n'arrivais toujours pas y croire :

_Les américains sont plein de ressource. Les élèves de Salem sont en revanche pas très cool en affaire.

_Comment ça ?

_ Bah, rien de bien méchant mais ils sont difficiles les geeks de là-bas. Et un peu bizarre, ils ont commencé à me parler dans une langue ultra moche, du klingon qu'il disent...

_ Ha ? Dans ce genre là ? tlhIngan Hol Dajatlh'a' ?

Luke me regarda bizarrement, visiblement il ne savait pas que je m'intéressais aussi à Star Trek. En même temps je ne l'avais dit à personne parce que ça faisait trop. Star Trek c'est un peu le point de non retour. Pas moyen de redevenir normal après ça et on perd toute sa crédibilité même un sorcier pur sang comme Blondie sentait que ça craignait sans avoir jamais entendu parler de cette série, mais on a tous des plaisirs coupables :

_Tu... tu... Bafouilla Blondie. Laisse tomber. Bon après ça, ils m'ont fait passer des tests pour voir si j'étais digne de posséder « le pouvoir d'internet car de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités ». Heureusement y en a eu plein sur Star Wars. Et finalement ils ont bien voulu m'en vendre un.

_Wow, ben mon cadeau à l'air tout nul à côté. J'ai juste passé commande, bon j'ai bien failli être éborgnée par le hibou de ma mère mais c'est tout.

_Laisse moi juger ça.

Je le vis déchirer le papier cadeau et faire je pense la même tête que moi quand j'avais découvert ma boîte noire :

_Heu... Ça a un lien avec Star Wars visiblement... Mais c'est quoi ? Finit-il par me demander.

_Des jeux vidéos... Sur PC... Tu vas voir ils sont géniaux même s'ils commencent à dater. Un fan de Star Wars doit y jouer ! Ça se passe 4000 ans avant la trilogie, tu incarnes un jedi et tes choix ont un impact sur l'histoire. Je te l'installe sur ton ordi si tu veux.

Évidemment il allait me laisser m'occuper de ça. Parce que pour jouer, blondie n'a aucun problème mais dès qu'il faut faire un truc du genre installer un programme, ou juste écrire un document texte, il n'y a plus personne. C'est juste une torture pour celui qui se trouve à côté. Ma grand-mère se débrouille mieux que lui, et pourtant c'est pas une rapide. D'un commun accord, nous partîmes chercher nos ordinateurs, prêts à nous transformer en véritable no-life.

Comme à la maison, c'est comme à la maison. J'avais enfin accès à internet, je pouvais continuer à savoir ce qu'il se passait dans le monde des moldus. J'ai même pu envoyer un mail à ma mère ! Un mail ! Quant à Blondie, après un début sceptique, il n'avait plus quitté son écran des yeux. Visiblement mon jeu l'avait happé. J'avais bien tenté de communiquer avec lui, mais j'eus juste droit à un « chht » et un petit mouvement de la main. Pourtant une petite heure plus tard, il finit par briser le silence :

_Tu sais ce que tu vas faire pour Shaun ?

Surprise par la question, je restais un moment interdite et finit par hausser les épaules :

_Qu'est ce que je pourrais faire ? À moins de passer Eden au mixer et de la servir aux hypogriffes d'Hagrid, il n'y a pas de moyen de le faire revenir à la raison, et si ça trouve c'est trop tard. La bouffondor a dû lui manger le cerveau.

_J'espère qu'elle ne se nourrit pas que de ça, elle va mourir de faim avec Shaun.

Je souris à cette pic :

_Mais peut-être, reprit Luke, que tu pourrais faire quelque chose pour le faire redescendre.

Je levai un sourcil sceptique plus évocateur que n'importe quels mots :

_Tu pourrais lui dire ce que tu ressens. À Shaun, tu sais les sentiments tout ça, tous les humains même toi, en sont pourvus.

_Les seuls sentiments que m'inspire ce gorille ce sont des envies de meurtre.

Blondie soupira et posa son ordi sur le côté, se leva et fit de même avec le mien. J'allai protester mais je n'eus pas le temps. Luke me prit le visage et m'obligea à le regarder dans les yeux, il me dominait de sa grande taille. Il serrait mes joues, me donnant l'air d'un poisson rouge :

_Alexie, on doit parler. Je déteste l'idée que tu sortes avec l'espèce de dépressif de Serpentard, cet emo sans personnalité...

_Baischnepfeutpfatfelaicherdi rchao.

Je compris mieux à quoi servait de me compresser les joues, on ne peut pas se défendre, c'est déloyal, mais efficace :

_Mais, il a l'air de te plaire alors je ferais avec. Parce que tu es mon amie et que tu compte pour moi. J'ai rarement été aussi triste que durant ces quelques jours, sans toi, à penser que tu devais me détester, que le seul fait de penser à moi te mettait en colère ou te rendait triste. C'est pour ça que je te dis tout ça, pour que tu saches que tu m'es chère et que je t'aime.

Il finit sa tirade en me prenant la tête dans ses bras contre sa poitrine. On devait juste avoir l'air complètement ridicule. J'avais l'impression de vivre l'un de ses moments émotion entre une mère et sa fille dans un film tel qu'Orgueil et Préjugé. Mais j'étais étrangement apaisée. Et aussi sur le point de mourir asphyxiée par le pull en laine de Blondie. Il finit par me relâcher et retourna sur son ordi comme si de rien n'était avant de rajouter :

_Voilà, maintenant tu fais pareil avec Shaun. Tu changes deux trois mots et c'est bon. C'est ça dire ce que l'on ressent.

Je restai un moment abasourdie. Moi, faire la même chose ? À Shaun ? J'avais meilleur temps d'aller me jeter sous le Poudlard Express ! Ce genre d'acte allait forcément mener à des rumeurs, des gens allait forcément déformer ce geste et avec l'effet boule de neige, ça arriverait aux oreilles d'Eden qui me mettrait toute l'école sur le dos ! Voire toute la communauté sorcière ! Peut-être même les moldus !

_Je ne peux pas faire ça ! Finis-je mon raisonnement à haute voix.

Blondie m'observa un moment, avec ce regard plein de détermination :

_Si tu le peux. Utilise ta féminité, tes sentiments, ta sincérité et Shaun sera forcément séduit et...

_Mais je veux pas le séduire !

Mon ami leva un doigt impérieux, me forçant à me taire :

_Et votre amitié n'en sera que plus forte.

_Mais Eden...

_Laisse tomber Eden. Tu n'es pas obligée de l'aimer juste de la supporter. Fais comme moi, imagine là aussi transparente que sa personnalité et ça passe tout de suite mieux.

Mes sourcils s'élevèrent sous la surprise, ils avaient peut-être même quitté mon visage :

_Je croyais que tu en étais gaga de cette fille, non ?

_Non, je pense la même chose que toi, mais moi j'ai le bon sens de garder ça pour moi.

C'est dans ces moments là que l'on se sent vraiment con. Et finalement, Blondie m'avait convaincu d'essayer sa méthode. Au diable les conséquences ! Ce que les gens pensaient ne m'intéressait pas hier, il ne m'intéresseront pas aujourd'hui ! C'est sur cette pensée que je me décidai à sortir de mon fauteuil, prête à l'affrontement ! Blondie me regardait partir, et me souffla « Que la force soit avec toi. » le poing levé.

J'avais quitté la salle commune de Poufsouffle pleine d'entrain, mais arrivée dans le halle, une terrible réalité me ralentit un instant. Je n'avais pas la moindre idée de la localisation de mon objectif. Peut-être dans le dortoir des Griffondors. Malheureusement j'eus tout faut. Après avoir poiroté une bonne demi-heure devant la grosse dame en rose, qui malgré mes suppliques refusait de me laisser entrer, je réussis à chopper un premier année de la maison rouge et or assez chétif. Mon impatience avait décuplé ma force, au point que j'avais soulevé le garçon de terre :

_Je dois rentrer dans votre dortoir alors tu vas gentiment me faire passer ! Compris ?

Je le vis blêmir. En même temps, je m'étais laissée emporter par ma fougue et l'impératif de ma mission d'où ce comportement de psychopathe. Avec un peu de chance, je n'avais pas de bave au coin de la bouche. Le pauvre, il n'avait rien demandé à personne ce premier année. Après avoir passé quelques secondes ainsi suspendu, il finit par acquiescer avec le peu de force qui lui restait. Je le reposai et le vit partir flageolant vers la grosse dame, moi sur ses talons. Bien qu'il dut s'y reprendre plusieurs fois, le jeune garçon réussit à prononcer le mot de passe me permettant enfin d'arriver en trombe dans la salle commune des Griffondors. J'analysai toutes les personnes qui se trouvaient là, mais aucune ne correspondait à Shaun. Tout ce que je vis ce sont des élèves silencieux en train de m'observer. Je finis par m'approcher vers l'un d'entre eux en même année que moi :

_Tu saurais pas où est Shaun ou Eden ?

Il ne dit rien, on aurait dit une carpe hors de l'eau. Mais il finit par se reprendre et se contenta de tourner la tête de droite à gauche en signe de négation. Je soupirai et finis par sortir comme j'étais arrivée. Je fis alors une recherche intense dans tout le château. Et tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il est grand le château. Au bout de quelques heures de recherche, l'heure du couvre feu sonna. Dépitée je retournai à ma salle commune avec le faible espoir que Shaun s'y trouverait bien que ma fougue avait bien diminué.

Retour au point de départ. Luke était toujours dans son fauteuil en train d'incarner un jedi sur son PC. Je m'appuyai sur le dossier observant par dessus l'épaule de Blondie son avancé dans la galaxie :

_Alors ? Ça s'est bien passé ? Finit-il par demander lors d'un temps de chargement.

_Je l'ai pas trouvé. Lâchai-je dépitée. J'ai fouillé tout le château mais rien.

_T'as regardé dans la chambre ?

… Putain, pourquoi j'y avais pas pensé avant ? Et pourquoi Luke ne me l'avait pas dit avant ?

_Je sais pas. Me répondit-il penaud. Je croyais que tu y aurais pensé.

Je soupirai, le peu de force qui me restait, venait de partir dans ce souffle. Je me donnai une petite tape sur la joue et me rendit en direction du dortoir des garçons, essayant de me motiver les 5 étages. Oui j'ai bien dit les 5 étages, 1 étage par année. Vivement la 7e année, sans ascenseur. Enfin arrivée à destination, je pris un temps pour rependre mon souffle. Je pense que c'est comme ça que la direction de Poudlard fait pour faire faire du sport aux élèves et éviter qu'ils s'empâtent avec tous les banquets, on met plein d'escalier partout comme ça il bouge leurs fesses ces feignasses d'étudiants. Je suis sûre que les élèves forceraient McGonagall à installer des escalators et des ascenseurs s'ils savaient que ça existait ! Mais bon revenons à nos moutons. Après avoir retrouvé un rythme cardiaque suffisamment proche de la normale, je toquai à la porte. Je serais bien rentrée en trombe mais on sait jamais sur quoi on va tomber. J'entendis de lourd pas se rapprocher. C'était bien la démarche de Shaun. La porte s'ouvrit paresseusement, visiblement j'avais réveillé mon ami. Tant mieux, si son esprit était embrumé, ce serait plus facile. Il m'accueillit en pyjama, enfin tee-shirt et caleçon. Avant qu'il ne puisse réagir, je pris son visage comme l'avait fait Blondie avec moi, en écrasant les joues avec mes mains. Il avait vraiment l'air d'un poisson rouge. Je me forçai à rester concentrée mais ce n'était pas évident quand une tête pareille vous fait face :

_Shaun, on doit parler ! Heu...

Merde c'était quoi déjà la suite ? Ah oui :

_... Je déteste l'idée que tu sorte avec une fille comme Eden, parce que tu mérites mieux et qu'elle te change, mais elle a l'air de te rendre heureux et moi c'est tout ce que je veux, parce que je t'aime... Heu...

A la tête complètement déformé de mon ami sous l'effet de l'incompréhension je viens de comprendre le terrible double sens de mes dernières paroles. :

_... Comme amie, évidemment, car oui tu es mon ami et je suis ton amie, hein ? Je t'aime en toute amitié évidemment. Pas dans le sens copain-copine, mais plutôt copain-copine. Enfin tu vois ! Hein ?

Toujours la même grimace d'incompréhension, ou sinon c'était peut-être parce que j'appuyais trop fort sur ses joues et que c'était la seule tronche qu'il pouvait faire :

_Enfin ce que je veux dire, c'est que je suis triste depuis qu'on s'est engueulé, je pensais que le fait que tu sortes avec Eden nous éloignerait mais finalement c'est cette pensée qui nous a fait nous engueuler et tu n'imagines pas l'effort qu'il me faut pour faire ça, déballer ses sentiments, tout ça tout ça, mais c'est parce que j'estime que tu mérite une explication au sujet de mon comportement. Voilà...

Il y eut un petit silence. J'appréhendais un peu la deuxième étape, le câlin maternel ou l'asphyxie par le pull en laine. Mais je finis par le faire. J'entourais avec mes deux bras la tête de Shaun, l'obligeant à se baisser très bas. En revanche, je ne savais pas combien de temps je devais l'empêcher de respirer. 20 secondes ? Oui, c'était un bon temps 20 secondes. Mais arrivée à 9 dans ma tête, Shaun se libéra violemment me faisant tanguer :

_Tu te fous de moi ? Lâcha-t-il la voix pleine de rage.

Oh oh, visiblement quelque chose avait foiré. Quoi ? Aucune idée, pourtant j'avais exactement fait ce que m'avait dit Blondie, enfin presque mais quand même, j'étais pas si loin que ça :

_Non... Je... J'étais sincère. Finis-je par répondre incertaine. Je... Je pensais qu'en te disant tout ça on redeviendrait ami, comme avant.

_Comme avant ? Ami ? T'aurais peut-être dû y penser avant de m'envoyer un colis explosif ! Tu crois pas ?

Il commençait à monter le ton dangereusement. Il me mit ses mains bandés devant mes yeux :

_Un quoi ? Demandai-je perplexe après un temps de blanc.

Je le vis lever les bras en l'air et rire jaune :

_« Un quoi ? » Ton cadeau de Noël ! Vraiment sympa ! J'aurais pu perdre un œil, voir mes bras avec tes conneries ! C'est la culpabilité qui t'as fait venir c'est ça ? Mais c'est trop tard maintenant.

Je ne comprenais pas de quoi me parlait Shaun. Je lui avait offert un kit de soin pour batte de Quidditch, pas une bombe :

_Pas la peine de faire genre tu vois pas de quoi je parle, y avait ton nom sur le putain de paquet. Je me suis dis cool, Alexie veut enterrer la hache de guerre, mais là ça m'explose à la figure, j'ai passé la journée à l'infirmerie ! Heureusement qu'Eden était là, sinon je te jure que je t'aurais fais chèrement payé ! Maintenant tu ferais mieux de te casser et de ne plus jamais m'adresser la parole, 'spèce de tarée hystérique !

Et sur ces mots il me claqua la porte au visage.