oxoOoxo
Un sentiment de nervosité c'était emparé de lui dés la fin de l'après-midi. De la nervosité ? Il ne savait pas vraiment pourquoi…. Bien sûr que si, il le savait. Il fallait à tout prix qu'il arrête de se mentir, de se cacher la vérité. Il n'avait eu aucune arrière pensée lorsqu'il avait invité Sarah un peu plus d'une semaine plus tôt. Il n'avait pas vraiment d'idée derrière la tête, certes, mais il savait que leur histoire pourrait changer si tous les deux ne l'empêchaient pas. Il savait aussi que cela ne le dérangerait pas… Après tout, Sarah n'était pas de compagnie désagréable, bien au contraire. L'image de la militaire aux boucles noires apparut dans son esprit. Sa jeune amie était une personne charmante. Elle était vive, et avait un sens de l'humour particulier, qui plaisait beaucoup au séduisant militaire. Elle était très naturelle, parfois trop puisqu'elle faisait des bourdes incontrôlées. Elle disait tout haut ce qu'elle pensait tout bas, appelait quelqu'un par un autre nom, ou alors parlait d'une personne avec l'un de ses amis, et cette dite personne se trouvait très près et entendait ce qu'elle disait. Mais cette maladresse ne la rendait que plus adorable encore. Non, si leur histoire devait évoluer, Sarah serait sans doute la bonne personne. Il ne ferait rien pour, mais rien contre non plus… Il préférait laisser les choses faire, c'était peut-être mieux ainsi.
Mais elle, que désirait-elle ? Ne le voyait-elle que comme un ami ? Ca, il l'ignorait totalement, mais se disait qu'il aurait là aussi bien le temps de le savoir. Et son comportement durant cette soirée d'anniversaire serait un indice à sa réponse.
John se trouvait devant les quartiers de la ravissante pilote. Il inspira une dernière fois, passa une main dans ses cheveux bruns en bataille, regarda sa tenue – composé d'un simple jean et d'une chemise noire – d'un coup d'œil furtif et finit par frapper à la porte. Il entendit un 'zut' puis un 'aïe' et quelques secondes plus tard, des bruits de pas et la porte qui s'ouvre. Il fut ravi de voir la propriétaire des lieux, élégamment vêtue, apparaître dans l'encadrement de la porte. Le militaire la détailla. Il ne l'avait qu'une seule fois vue autrement qu'en habit militaire. Et il devait dire qu'il le regrettait car elle était ravissante.
Il ne s'attendait pas à ce qu'elle porte une robe de soirée. Après tout, il fallait être raisonnable. Un, ce n'était pas 'sensé' être un rendez-vous galant et deux, ils étaient sur Atlantis, il était clair que la pilote aux boucles ébènes n'avait pas prévu de telle tenue dans son paquetage au départ. Elle abordait ce soir un jean très simple mais très élégant qui l'amincissait par sa couleur noire. Bien entendu, elle n'en avait pas besoin puisqu'elle était mince, mais il mettait en valeur ses hanches et ses fines jambes. Pour haut, elle portait un bustier dans les tons de rouge-sombre qui dévoilait ses épaules et suggérait subtilement ses formes. Assortis à ce ravissant bout de tissu – du moins selon le militaire – s'accordait une fleur de la même couleur qu'elle avait glissé dans ses boucles ébènes. Elle avait légèrement maquillés ses yeux saphirs et portait pour tout bijou son habituelle fée en argent.
-« Bonsoir ! » le salua t'elle avec un léger sourire que le chef de SGA1 jugea adorable. Il trouvait qu'il lui accordait beaucoup de qualificatifs ce soir…
-« Bonsoir. » répondit John avec le même genre de sourire. « Vous êtes ravissante » ajouta t'il avec un sourire charmeur.
-« Oh euh… Merci. » répondit Sarah en rougissant légèrement, mais tout de même heureuse.
« Vous êtes prête ? » demanda le brun ravi de son effet.
-« Il me reste juste à prendre une veste et je suis toute à vous… » répondit la ravissante irlandaise aux yeux turquoises, mutine.
John souleva un sourcil mi-interrogateur mi-intéressé et la regarda disparaître dans ses quartiers. Il se rendit alors compte qu'il n'y était jamais entré, comme elle n'était jamais entrée dans les siens…
Sarah réapparut quelques secondes plus tard, un pull noir à la main.
-« Nous pouvons y aller. » lui assura t'elle.
-« Bien, suivez-moi… » l'invita John avant de se lancer dans le couloir.
Ils marchèrent quelques minutes en direction du hangar à Jumpers. Sarah avait tout de suite reconnut la route, puisqu'elle y allait souvent. Cela lui arrivait d'emprunter l'un des vaisseaux atlantes pour survoler la planète. C'était des moments qu'elle adorait, loin de tout, un grand sentiment de liberté qu'elle chérissait.
Ils se dirigèrent vers le Jumper 1 et John l'invita galamment à prendre place.
-« Vous voulez piloter ? » demanda t'il à la jeune femme aux yeux océans qui se dirigeait elle vers le côté passager.
-« Oh et bien… » hésita t'elle quelques secondes. « Je préfère admirer la vue… Cela ne vous gêne pas si je prends les commandes au retour ? »
-« Aucunement. » lui assura son supérieur en hochant de la tête en signe d'approbation. « Bien, allons-y. »
Tous deux prirent place et le Jumper s'éleva dans le ciel aux couleurs du couchant.
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'J'avais raison à propos de la plage sur le continent…' pensa Sarah alors que, quelques minutes plus tard, John venait de poser le Jumper prés d'une plage prés de l'océan. Le soleil commençait déjà à baisser, pour bientôt disparaître derrière la ligne d'horizon. Une bise légère et tiède soufflait, et Sarah se dit que son pull ne lui serait pas de trop, une fois le soleil couché. Elle s'avança sur le sable de la plage. Elle regarda autour d'elle, le paysage était vraiment magnifique. C'était une grande plage de sable fin, comme il y en avait tant sur Terre également. Mais celles de la planète atlante avaient quelque chose de différent, quelque chose de plus. L'environnement était brut, sauvage. Il n'y avait aucune trace des humains à plus de dix kilomètres de là, vu que le village athosien était de l'autre côté du Continent. Et c'était cet aspect de la nature qu'aimait la jeune femme aux boucles ébènes. Elle trouvait cela si libérateur et authentique… Voir que dans l'univers l'homme n'avait pas encore tout dévasté… C'était si loin de la Terre et de ces plages bétonnées… Bien sûr, ils restaient des endroits sauvages sur sa planète d'origine, mais pour combien de temps encore ?
Elle fut sortie de ses réflexions quelque peu écologiques par une présence à ses côtés. Elle tourna son regard saphir vers la droite, et ne fut pas étonnée d'y trouver John. Lui aussi semblait admirer le paysage. Il détourna le regard du spectacle, et il croisa les yeux océans de la ravissante irlandaise à ses côtés. Un bref sourire apparut sur chacun des visages des deux militaires, et ils reportèrent leur attention sur le paysage qui les entourait. Prés de l'horizon le soleil avait commencé à prendre une couleur jaune-orangée. Il était voilé par des fines bandes de nuages qui avaient pris une couleur gris-violet. Les autres nuages reflétaient les rayons du soleil. L'horizon s'était einté des mêmes couleurs que les nuages. Le temps n'était pas aussi clément qu'ils l'auraient voulu, le ciel bleu était voilé de nuages. Mais l'impression de beau temps régnait toujours. On sentait l'air d'été chargé de parfums divers, inconnus des deux amis avant leur arrivée sur cette planète trois ans plus tôt. Des odeurs bien particulières à la planète atlante mais qui n'étaient en rien désagréables. La plage était calme et l'océan venait s'y échouait en vague d'eau bleu-marine et d'écume blanche. Sarah savait que d'ici quelques minutes, alors que le soleil serait plus bas encore, l'écume même des vagues prendrait les couleurs du couchant. Elle trouvait toujours ce moment de la journée agréable, son calme l'appaisait. Elle aimait les soirs et les matins d'été, là où la chaleur n'était pas à son paroxysme. Ou – le matin – on sentait la douceur de la nuit et la fraicheur de la rosée – et le soir – la chaleur de la journée retombait.
La jeune femme aux yeux saphirs sourit, elle se trouvait bien pensive… C'était son côté artistique, elle le savait. Elle avait – du moins espérait avoir – cette sensibilité qu'ont les artistes. Elle pratiquait le dessin et la photographie depuis son plus jeune âge, et avait tendance à être plus sensible à certaines choses… Comme certaines ambiances de la nature, un coucher ou un lever de soleil comme elle y avait pensé plus tôt, ou une après-midi d'hiver… Elle aimait s'imprégner de ces ambiances-là…. Comme elle était en train de le faire à cet instant.
-« C'est magnifique. » fit alors remarquer le beau militaire à ses côtés.
-« Oui, très. » acquiesça la jolie pilote. « C'est sauvage, par apport à ce que nous pouvons voir sur Terre…. Je n'avais jamais vu ça auparavant. » lui confia t'elle en détournant son regard saphir du paysage qui leurs faisait face.
-« Pourtant l'Irlande est un pays à la nature sauvage. » remarqua le chef militaire d'Atlantis en se rappelant les nombreuses conversations qu'ils avaient eu sur le pays natal de la jeune femme aux boucles ébènes.
-« C'est vrai. » assura sa cadette avec un air songeur en se remémorant les plages de son île d'origine. « Mais ici, il y a quelque chose de particulier. » continua t'elle en reportant son attention sur les alentours. « une atmosphère… je ne sais pas trop comment décrire ça… »
-« Je comprends ce que vous voulez dire. » lui certifia son supérieur avec un sourire compréhensif, qui soulignait ses paroles. « Je ne voudrais pas briser votre contemplation mais… Ca vous dit qu'on passe à table ? »
-« Oui, je meurs de faim ! » s'exclama alors Sarah avec un grand sourire. John souleva un sourcil interrogateur, cette humeur enjoué – bien qu'il ne lui déplaise pas – contrastait vraiment avec son air pensif de la minute précédante… Elle avait le don de changer d'humeur assez soudainement ce qui l'étonnait toujours.
-« Bien, dans ce cas, suivez-moi. » l'invita t'il en prenant le panier qu'il avait posé à ses pieds quelques minutes plus tôt, et dont la jeune femme aux yeux azurs n'avait pas remarqué la présence.
Elle adressa un sourire à son supérieur, et tous deux marchèent quelques instants avant de trouver un point où partager leur pique-nique. Ils grimpèrent quelques rochers, et se retrouvèrent un peu en hauteur. Ils s'assirent sur une couverture qu'avait apporté le séduisant pilote, et la brunette se dit qu'il avait vraiment tout prévu.
John sortit alors ce qu'il avait prévu pour le 'dîner' et ils commencèrent à manger, discutant de tout et de rien. Le repas dura prés d'une heure. Ils parlèrent de leurs missions, de leur passé dans l'armée, bien que celui de la jeune pilote aux yeux oc&océans soit moins important que son aîné Elle était entrée dans l'armé à 21 ans, et n'avait que sept ans d'ancienneté. Son supérieur lui fit remarquer qu'elle avait évolué très vite dans l'échelle hiérarchique, puisqu'à vingt-huit ans elle était déjà Capitaine. Sarah lui rappela qu'en arrivant sur Atlantis elle était encore lieutenant, et qu'il avait assisté à sa promotion deux ans plus tôt, puisqu'il était son supérieur. John lui assura s'en souvenir, et surtout du discours qu'elle avait fait derrière. Sarah avait rougi, se rappelant ce moment qu'elle jugeait 'honteux'. Elle détestait les discours, parler en public était un véritable supplice pour elle. Pas comme Juliette ou Lili qui avaient un don certain d'oratrices.
Ils parlèrent également des guerres qu'ils avaient mené. Lui l'Afghanistan, elle l'Irak. Ils évitèrent – mais abordèrent pourtant – les expériences difficiles de la vie de soldat. Puis, ils passèrent à quelque chose de plus léger, la musique, les films, ils avaient l'impression qu'aucun sujet de conversation ne leurs échappait. Qu'aucun ne serait jamais épuisé… et cette dimension du 'jamais' les renvoyait chacun à leurs interrogations respectives…. Sans savoir que l'autre se posaient exactement les mêmes questions.
Sarah fut étonnée du contenu divers et particulier du menu. Ils avaient en apéritif dégusté des chips aux crevettes et bu un coca-light pour la jeune femme aux yeux saphirs, et une bière pour le beau militaire. L'entrée était ensuite faite de petites portions de salades, taboulet, pomme-de-terre, tomates… Puis, le plat était fait de brochettes de crevettes au paprica – elle se demandait où il avait pu trouver ça - accompagnées de chips. Le brun s'était excusé de la 'misère' du plat, mais « Rien ne se garde chaud dans un pique-nique ! » avait-il précisé, d'un air faussement outré. Puis, le dessert avait été composé de fruits ramenés par le Dédalle, mais également de brownies. La ravissante irlandaise releva la présence de Coca-Light et de brownies… L'une de ses amies avait craché le morceau, elle trouverait bien la traitresse… Quoi que 'traitresse' était un mot un peu fort – et mal employé – puisqu'elle trouvait que ces minuscules détails avaient rendu le pique-nique plus plaisant encore. Mais ce qui la touchait était surtout l'attention que John avait porté à ce repas. Elle trouvait cela adorable, qu'il ait pensé à consulter ses amies pour savoir ce qu'elle aimait… Comme s'il voulait que cette soirée soit parfaite… Et elle n'en était pas loin.
Après le repas, ils rangèrent le tout dans le panier et allèrent s'asseoir au bord de la falaise, au plus prés de l'océan, pour regarder les dernières lueurs du soleil qui n'avait pas encore rejoint l'horizon. Sarah jugea que cette scène avait quelque chose d'agréablement romantique. Elle, regardant un coucher de soleil avec un beau brun à ses côtés… Nombre de ses rêves avait vu cette scène là se dérouler… Mais jamais ce 'beau brun' n'avait eu le visage de John. Et elle se dit que, finalement, cela ne la déplairait pas. Elle en serait peut être blessée s'il ne ressentait pas ce genre de choses pour elle, mais elle savait que quoi qu'il arrive, il resterait l'ami qu'il était depuis prés d'un mois maintenant. Tout s'était passé vite, mais elle savait que John partageait ce sentiment d'amitié. Elle se souvint d'un soir, lors d'un repas qu'ils avaient partagé ensemble au mess, qu'il l'avait remercié pour être venue chaque jour qu'il avait passé à l'infirmerie. Qu'il était heureux q'uelle soit là. Il l'avait dit maladroitement, il avait – comme elle – du mal à exprimer ses sentiments…. La jeune femme aux boucles ébènes lui avait répondu qu'elle ne savait pas vraiment pourquoi elle l'avait fait, mais qu'elle était heureuse qu'ils soient amis à présent. Il ne savait pas encore qu'elle lui avait sauvé la vie, mais cela ne saurait tardé. Bientôt, il lirait tous les rapports de la mission Aréa, chose pour la quelle il n'était pas prêt avant. Elle ignorait quel effet cela aurait sur leur relation, mais elle espérait que ça ne changerait rien.
Ils étaient entrain de contempler le soleil disparaître. Un silence s'était installé depuis quelques minutes, manifestation concrète des interrogations que chacun pouvait avoir. Ce silence fut brisé par John, qui déclara :
-« Je sais que cela peut vous paraître stupide comme question mais je me demandais… Avez-vous un surnom ? »
La jolie irlandaise à ses côtés lui lança un regard étonné. Le brun répondit alors :
-« Ben oui…. On en est resté aux 'Sarah' et aux 'John'…. Je me demandais si vous aviez un surnom. »
-« Oui, j'en ai un… Mais je trouve votre question bizarre, c'est tout… » lui avoua la dessinatrice aux yeux turquoises, taquine.
-« Laissez-tomber. » déclara alors le militaire aux yeux verts, dépité.
-« Non… Je ne voulais pas vous vexer ! » lui indiqua Sarah, croyant qu'elle l'avait vraiment vexé.
-« Je plaisantais. » lui assura son interlocuteur avec un petit sourire en coin, que la jeune femme jugea charmant…. Et peut être charmeur…
-« Et vous ? » demanda alors la chef de SGA5.
-« Moi quoi ? » l'interrogea son supérieur, surpris.
-« Vous, quel est votre surnom ? »
-« Oh et bien…. Je n'en ai pas vraiment. » lui répondit-il en se grattant l'arrière de la tête en signe de réflexion. Mon grand frère m'appelait Johnny…. »
-« Vous 'appelait' ? » demanda sa cadette avec prudence, devant l'emploi de l'imparfait lorsqu'il avait parlé de son frère.
-« Disons que… Nous ne nous sommes pas vu depuis longtemps. » lui révéla John, bien conscient que c'était la première fois qu'il parlait de sa famille à un membre de la cité. « Mais je détestait ça. » reprit-il pour détourner la conversation à ce propos. « Les 'copains' de l'armée » il avait mis les guillemets sur ce mot. « m'appelaient Shep'…. Mais sinon, je n'en ai pas vraiment. »
-« Tout le monde, du moins ma famille Megan, Lili et Juliette, m'appelle Sue. C'est un diminutif très diminué de 'Sarah'. » expliqua t'elle à son vis-à-vis, qui l'écoutait attentivement. « Sinon, il arrive que Juliette ou Lili m'appelle 'honey' je ne sais plus comme s'est venu. Et ma mère m'appellait 'princesse' il s'agit de la signification de mon prénom en hébreu. » termina t'elle alors.
-« J'aime bien 'princesse' » lui révéla son interlocuteur. « Mais… Je pense que c'est encore… » il hésita et détourna le regard. « trop tôt. » confia t(il gêné. Il y eu un silence, et il dit alors. « Joy ? »
-« Joy ? » interrogea Sarah, quelque peu surprise. « Pourquoi ce prénom en particulier ? » demanda t'elle. Il était presque impossible qu'il sache ça… Il l'avait peut ête lu il y a trois ans de cela dans son dossier, mais de là à ce qu'il s'en souvienne… Ca l'aurait étonné.
-« Je sais qu'il s'agit de votre deuxième prénom avec 'Hope. » répondit son interlocuteur. « Et je trouve que c'est un prénom qui vous va très bien. »
Sarah resta bouche bée. Il se souvenait de son deuxième prénom ? Enfin… De ses deux autres prénoms ? Il état vrai que sa mère avait une tendance au compliqué. Elle s'appelait Sarah Joy Hope, sa sœur jumelle Angela Cassandra Jane, et sa sœur cadette Caren Isis Christina…. Il n'y avait que ses frères qui aaient échappé à trois prénoms… Mais le fait que John s'en souvienne….
-« Quoi, vous je voulez pas que je vous surnomme Joy ? » demanda alors ce dernier, étonné par la mine dépitée qu'affichait la jeune pilote aux yeux saphirs.
-« Si mais je… Suis juste étonnée que vous vous souveniez de ça. » lui avoua t'elle, désormais remise.
-« Ca m'a marqué, je ne sais pas pourquoi. » indiqua son aîné. « Vous êtes d'accord alors ? »
-« Oui. » acquiesça la jeune femme quelque peu gênée par la situation. « Mais je pense que pour vous je m'en tiendrai à John… Si cela je vous gêne pas. »
-« Aucunement. » lui assura t'il mutin. « Ca y est, le soleil est couché. » fit-il alors remarquer.
Sarah tourna ses yeux saphirs vers l'horizon. En effet, le soleil avait disparu. Elle sourit, elle l'avait manqué, occupée à discuter avec son supérieur… Il était vrai qu'elle adorait les couchers de soleil, mais la contemplation – la plus discrète possible cela allait de soit – du séduisant militaire à ses côtés n'était que plus agréable….. Non s'il devait se passer quelque chose entre eux, cela ne la dérangerait aucunement…
Ils parlèrent encore quelques minutes. Mais la fraîcheur nocturne fit vite son aparition. Ils décidèrent d'un commun-accord de rentrer sur Atlantis. Ils descendirent de leur perchoir, et se mirent en route vers le Jumper, silencieusement. Sarah regarda le paysage autour d'elle, repensant à cette soirée. Cela avait vraiment été parfait, digne d'un premier rendez-vous… Et rien ne lui indiquait qu'il ne l'était pas. Elle jeta un dernier coup d'œil sur le paysage alors qu'ils arrivaient au Jumper. John rangea le panier à l'arrière du vaisseau, et devant le manque de réaction de sa compagne, il dit
-« Tout va bien ? »
-« Oui, oui. » répondit Sarah en secouant ses boucles brunes, comme pour chasser des pensées de son esprit. elle se retourna alors vers lui et planta son regard azur dans le sien. « Je… Tenais à vous remercier pour cette soirée… C'était… » elle hésita. « Parfait. »
-« Tout le plaisir était pour moi ! » répondit John avec un léger sourire. « Vous pilotez ? J'espère que vous n'avez pas trop bu… »
-« Hey, c'est vous qui avez tourné à la bière, pas moi. » lu rappela sa cadette espiègle. « Et oui, je pilote ! » s'exclama t'elle soudain enjouée. Le militaire savait à quel point son amie aux yeux saphirs aimait piloter. Peut être autant qu'elle… Mais il ne pouvait pas résister à cet air enjoué qu'elle avait lors de leurs ballades en Jumper… Ils n'en avaient partagé que cinq en tout et pour tout, mais à chaque fois il avait vu cette lueur dans le regard de l'irlandaise, et il se reconnaissait en elle. Ils aimaient voler autant l'un que l'autre…. Il le montrait peut être moins, mais il savait que sa jeune collègue en avait parfaitement conscience. Ils avaient eu – un après-midi où il était encore à l'infirmerie – une longue discussion sur les sensations qu'ils éprouvaient en l'air, et elles étaient étrangement similaires… Un fort sentiment de liberté, loin du monde, loin des autres… Juste eux et le vide… Et le vol…
Il secoua la tête pour sortir de ses pensées, alors que Sarah et lui prenaient place à l'intérieur de l'appareil atlante. Le vaisseau s'éleva et ils se dirigèrent vers Atlantis.
Le voyage fut silencieux, il savait que Sarah savourait cet instant, et la jeune femme elle était heureuse de voler avec le militaire à ses côtés…. Elle était – probablement et de manière imprévue et terrifiante – amoureuse de John Sheppard…. Amoureuse ? C'était peut être un peu fort comme mot… 'Amoureuse' sous-entendait 'aimer'… Et Dieu seul savait qu'elle n'aimait pas aussi facilement que ça… Son engoumant pour l'amitié était peut être exagéré, mais elle n'accordait pas le sentiment nommé 'amour' à n'importe qui et à une aussi grande vitesse… Elle ne croyait que peu au coup de foudre, mais surtout, si ellea vait eu le coup de foudre pour John, elle l'aurait eu dés la première fois, et pas trois ans plus tard…. Non, elle l'appréciait, et apprenait à connaître celui qu'il était chaque jour.. ; Un ami ?Oui… Plus ? Sans doute…. Raah ! Voilà que son cœur se rebellait contre sa raison… Mais où allait-on ! Elle ne voulait pas tomber amoureuse de John… Pas temps qu'elle ne serait pas sûre que cela soit réciproque… Et quelles certitudes avait-elle qui ressente ça pour elle ?
'La soirée romantique qu'il ta préparé ce soir et le regard qu'il te lance depuis…' murmurait une petite voix dans sa tête, échos de la question qu'elle se posait. Elle ne se disait pas 'Je suis trop bien pour lui, comment peut-il tomber amoureux d'un 'capitaine de seconde ordre' ? Qui dirige une équipe d'exploration parmi tant d'autres ? Il pourrait aimer Teyla, ou Elizabeth… Ils sont plus proches, je ne suis qu'une…. Amie….'. Bien sûr, elle se demandait – si toute fois il était amoureux d'elle – ce qu'il pouvait lui trouver. Elle avait toujours eu une forte tendance à se rabaisser elle le savait… On lui avait dit de nombreuses fois qu'elle était un excellant soldat, et un pilote hors pair – outre son manquement à l'autorité occasionnel. Elle pensait – par déduction plus que par orgueil – que si tous les majors, colonels ou autres officiers sous les quels elle avait servi disaient cela, que c'était probablement vrai. Dean lui avait dit qu'elle était rigolotte et sympathique. Richard lui avait aussi dit qu'elle était drôle… Peut être l'était-elle… Mais elle se trouvait assez pitoyable en humour et avait une certaine - voir forte – tendance au sarcasme et à l'autodérision. Elle savait qu'elle n'avait pas confiance en elle, et qu'elle était angoissée. Elle faisait assez de 'crises d'angoisse' comme les appelaient son psy sur Terre, pour réussir à comprendre ça toute seule. Mais elle cachait tout cela… Elle s'était forgé un masque, comme tout bon militaire qui se respecte,e t c'était peut être sa seule force… Elle étaità l'écoute des autres aussi, mais son 'empathie' naturelle la faisait se mettre à leurs places et elle en souffrait… Juliette lui avait – gentiment – dit qu'elle se posait trop de questions.. C'était peut-être vrai… Mais elle avait parfois un caractère impulsif… Elle était assez complexe en fait de compte… Et ses sentiments, ainsi que ses volontés l'étaient également.
Ils mirent un peu moins d'une demie-heure à rentrer sur Atlantis. La jeune pilote aux boucles ébènes se posa dans le hangar à Jumpers. Les duex militaires descendirent du vaisseau et se regardèrent. Une gêne s'installa alors entre eux. Ni l'un ni l'autre n'avaient envie de se séparer maintenant, et il était encore tôt. La montre du beau militaire affichait à peine vingt-et-une heure trente. Mais chacun d'eux avait peur qu'une invitation dans leurs quartiers soit pris par un sous-entendu peu conventionnel. Pourtant sous une impulsion – du moins d'après son jugement. Sarah fut la première à briser le silence qui s'était installé entre eux.
-« Dîtes… Je sais que ça va vous paraître bizarre mais ça vous dirait de venir prendre un café ou un truc du genre dans mes quartiers ? »
John la toisa de haut en bas d'un regard malicieux et un souleva un sourcil intéressé. Il lui fit son sourire en coin qu'elle aimait tant.
-« Bien sûr, ça sera avec plaisir. » répondit-il espiègle.
Sarah rougit légèrement mais lui rendit un regard taquin. Tous deux se dirigèrent vers les quartiers de la ravissante irlandaise pour finir la soirée au clame.
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Deux heures plus tard, deux tasses vides reposaient sur la table basse des quartiers de la jolie pilote aux yeux saphirs. Ils avaient partagé – une tisane aux fruits rouges pour la brunette et un café pour le beau brun – tout en discutant, encore une fois. Ils avaient cette fois parlé de leur enfance respective, bien que John reste très discret sur ses liens actuels avec sa famille.
Le beau militaire apprit ainsi que sa compagne était issue d'une famille nombreuse. Elle avait un grand frère, une sœur jumelle qui – elle lui avait précisé – ne lui ressemblait pas du tout. Elle avait aussi une demie-sœur du côté de sa mère et deux demis-frères du côté de son père. Elle lui révéla difficilement la mort de sa mère lorsqu'elle avait dix-sept ans, et comment elle s'était occupé de sa petite sœur alors âgée de douze ans. Elle lui conta des anégdotes plus légères, comme son grand frère qui martyrisait ses petits amis lorsqu'elle était adolescente.
John lui raconta qu'il avait un grand frère qui était mathématicien et une grande sœur. Il lui dit qu'ils n'avaient que de rares contacts, mais ne s'attarda pas, Sarah le comprit. Il lui dit qu'il avait également une demi sœur qui était de dix ans sa cadette, et lorsqu'il était parti, elle n'avait que huit ans.
A présent un silence s'était installé entre eux. La chaîne hi-fi posée sur le bureau diffusait une chanson de Norah Jones. La jolie pilote fredonnait les paroles de 'Come away with me' alors que le militaire contemplait les quartiers de la jeune femme. Il y reconnaissait bien sa jeune amie. Depuis que le Dédalle faisait des aller-retours entre la galaxie de Pégase et la Terre, ils avaient pu ramener des objets personnels de la Terre.
Le lit au centre de la pièce, appuyé contre le mur n'avait rien de fantaisiste. Il avait des draps en coton gris n'étaient pas joyeux - d'après ce que lui avait fait remarqué Sarah. Elle avait donc mis sa touche personnel dans le reste de la pièce. Prés de la fenêtre se trouvait une table de nuit et de l'autre côté un bureau où reposaient une chaîne, un ordinateur portable éteint et une bouteille d'eau. Au dessus de ce meuble se trouvait une armoire où la jeune femme devait ranger quelques banalités. Se trouvait ensuitre le canapé oil était assis et le fauteuil assorti où la jeune femme avait pirs place. Non loin de là se trouvait un chevalet, sans toile dessus. Le jeune homme ne connaissait pas les talents de dessinatrice de sa jeune amie, et supposait qu'il était là pour décorer. Au dessus du canapé se deressaient deux étagères de bois clairs, l'une remplie de DVD allant de 'Coup de Foudre à Nothing Hill' au 'Cuirassé Pontemkine' d'Eisenstein. Sur l'autre se trouvaient un nombre impressionnant de livres. Il avait pu voir de nombreux Jen Austen, ainsi que des Mary Higgins Clark, les trois tomes du Seigneur des Anneaux et les six Harry Potter. Mais il avait aussi aperçut un dictionnaire mythologique, un livre de Jean-Paul Sartre et quelques ouvrages étrangers dont le jeune homme ne connaissait même pas l'existance.'La Condition Humaine' d'un certain André Malraux, 'Escribir para vivir' de Gabriel Garcia Marquez ou encore 'Crime et Châtiment' de Fedor Dostoïevski. Elle avait l'air de dévorer livres sur livres, ce qui ne l'étonna pas.
Sur les murs de la pièce étaient fixés quelques photos sûrement de sa famille et de ses amis puisqu'il en vit une avec Megan. Il y avait aussi un paysgae verdoyant d'Irlande, et sur la table de nuit reposait une fée dans un cadre signée 'Meggy'. Sûrement un dessin de la scientifique aux yeux ambres. La décoration des lieux étaient agrémentés par d'autres objets plus divers les uns que les autres . les lieux n'étaient pas excentriques mais simples et chaleureux… Selon le beau militaire ils étaient le parfait reflet de leur propriétaire. Il se demanda ce que les Anciens auraient pensé en voyant ce qu'ils avaient fait de leur magnifique cité. Non mais comment pouvait-il se poser ce genre de questions alors qu'il était en compagnie d'une ravissante jeune femme ? Il posa d'ailleurs son regard sur la dite jeune femme. Elle fredonnait 'Don't Know Why' de la même chanteuse. Le militaire ne put retenir un baillement. Il le dissimula tant bien que mal, mais son hôte dût le remarquer puisqu'elle lui adressa un regard surpris.
-« Désolé. » s'excua t'il quelque peu gêné.
-« Il est tard, c'est normal que vous commenciez à piquer du nez. » expliqua la jeune femme à sa place. « Vous aviez une mission demain ? »
-« Oui, je pars à onze heures. » répondit son supérieur en se redressant dans le canapé.
-« Vous devriez peut être aller dormir. » lui conseilla la jolie pilote aux yeux turquoises d'une voix douce. « Ne croyez pas que je veux vous mettre dehors ! » se rattrapa t'elle, se rendant compte du double sens de sa phrase.
-« Je ne le crois pas. » lui certifia John rassurant. « Et vous avez raison, je ferai mieux d'y aller… Mais ne croyez pas que j'ai envie de partir. » ajouta t'il d'un air mutin.
Sarah lui adressa un sourire radieux, et tous deux se levèrent. Le jeune homme l'aida à ranger puis ils se dirigèrent tous les deux vers la porte des quartiers de la brunette. Une gêne nouvelle s'installa entre eux. Et tous deux surent que quelque chose allait changer et qu'ils ne feraient rien pour l'empêcher . Ils y avaient tous deux réfléchi tout au long de la soirée, et ils le voulaient tous les deux.
Sarah encra son regard sapir dans les prunelles vertes de son vis-à-vis et leur sourire se figèrent. Le cœur de la jolie militaire s'accéléra quelque peu, et dans une lenteur presque irréel elle se rapprocha de John, alors que lui aussi se rapprochait d'elle. Sarah frissonna lorsque ses lèvres effleurèrent celles de John. Ils fermèrent tous les deux les yeux et s'embrassèrent réellement pour la première fois.
Une vague d'émotions et de sensations s'empara alors d'eux. Ils surent ainsi que leurs amis respectifs avaient raison, et que leur histoire était faite pour changer. Que l'amitié n'était qu'une simple étape… Mais l'heure n'était pas à la réflexion. Sarah se rapprocha un peu plus de son - désormais – amant alors que celui-ci la prenait par la taille pour l'attirer un peu plus contre lui. Ce geste eut pour effet d'approfondir leur baiser. Elle passa ses bras autour de son cou, alors que lui relevait une de ses mains pour la glisser dans ses boucles ébènes, puis la poser sur sa joue. L'heure n'était plus à la timidité mais au 'véritable' baiser… Après tout… Ils étaient plus qu'amis maintenant.
A cette pensée la jeune femme aux yeux saphirs se mit sur la pointe des pieds, n'arrivant qu'à l'épaule de John. Elle passa ses bras autour de son cou, puis dans ses cheveux. Il lui mordilla la lèvre inféreiure et elle sourit contre ses lèvres. Ils finirent par se séparer, à bout de souffle .
-« Je ne l'avais pas prévu ça… » feignit Sarah, son front posé contre celui de John.
-« Je suis sûr que tu mens.. ; » lui assura ce dernier, le tutoiement étant venu naturellement. Il le titillait d'ailleurs depuis le début de la soirée.
-« Bon d'accord peut-être un peu.. ; » avoua son amante.
Il déposa un baiser sur son front, et Sarah ferma les yeux heureuse de ce nouveau contact… Oui, elle aurait bien le temps de penser à toutes ses craintes plus tard là, elle savourait la présence du colonel… Son colonel… Pouvait-elle djéà l'appeler comme ça ? Ce baiser signifiait-il la même chose pour lui ? Elle fut soudain prise d'une crainte. Son cœur s'accéléra, mais pas pour la caresse de John sur sa joue… Ressentait-il la même chose qu'elle ?
John vit son regard se voiler. Un pincement aparut dans son cœur, regrettait-elle ? Ou alors pensait-il que ce baiser n'était rien… Il fallait à tout prix qu'il la rassure, il pouvait lire la crainte dans son regard océans. Il se pencha à nouveau vers elle et déposa un nouveau baiser sur ses lèvres. Elle y répondit volontiers, ce qui le rassura par la même occasion. Lorsuq'is se séparèrent le militaire vit la flamme de désir qui s'était allumé dans ses yeux. Un sourire malicieux apparut sur son visage,e t la même flamme devait s'être allumée dans se yeux. Mais, même s'il était attiré par elle, qu'il la désirait à présent, il savait que cene serait pas ici, pas ce soir… Il voulait prendre son temps, parce qu(il savait – il ignorait poruquoi mais il savait – que son histoire avec Sarah ne serait pas anodine. Qu'elle pourrait durer longtemps, qu'il pourrait l'aimer bien au-delà de ce qu'il pouvait encore imaginer… Alors il voulait prendre son temps, parce qu'il avait toujours eu tendance à se fier à son instinct. Sarah dut le deviner, et dit d'une voix douce :
-« Tu devrais y aller. »
-« J'allais te le dire. » lui assura t'il malicieux.
-« Merci encore pour cette soirée John, c'était vraiment parfait. »
-« Je t'en prie… » la remercia t'il à son tour en s'approchant d'elle à nouveau. Il déposa un rapide baiser sur ses lèvrs et finit sa phrase dans un murmure contre ses lèvres . « … Joy. »
La dite Joy sourit, et l'embrassa une dernière fois. John se sépara d'elle, se dirigea vers la porte qui s'ouvrit. Il se dirigea vers le couloir et se retourna pour lui jeter un dernier regard.
-« Bonne nuit. » lui souhaita t'il avant de disparaître sans laisser le temps à la jeune femme de répondre.
-« Bonne nuit. » murmura t'elle alors que la porte s'était refermé.
Elle se précipita vvers son lit, et s'y laissa tomber poussant un petit cri de joie mal dissimulé. Elle était amoureuse de John Sheppard.. Et lui aussi….
