Remerciements : Michikuni Mayu et Black and Dark Wolf, merci à vous pour vos reviews !

Je me suis dis que j'allais vous faire une fleur pour cette fois et de vous offrir cet épisode puisque samedi, j'étais absente. J'espère que ceux qui ont reçu leur résultats d'examen ont eu ce qu'ils voulaient.

J'ai dû procéder à quelques changements sur le physique d'un personnage mais je ne vous spoile pas davantage, je m'expliquerai à la fin de cet épisode. Pour que vous sachiez comment Zoro, Sanji et Luffy sont habillés (oui je suis très visuelle), sachez qu'ils portent les mêmes habits qu'à la fin du film 10 : Strong World. Je les trouvais trop classe !

Bonne lecture !


Épisode 8

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Zoro était nerveux. Et ça se devinait. Les deux autres hommes le percevaient et partageaient son sentiment. Impossible de se moquer de l'autre, de lancer des vannes pour détendre cette atmosphère aussi chargée qu'un soir d'orage.

Ce soir : Le Grand Soir.

A partir de là, tout allait vraiment commencer. Après ce soir, ils allaient faire un pas vers leur objectif final.

L'ancien N.D. accrocha ses trois sabres à sa hanche gauche, prit l'un des manches en main. Il était rassuré rien que par ce geste.

Luffy nouait nerveusement sa cravate, tournant le dos à ses deux amis qui l'imitaient. Ils rajustèrent leur veste, s'époussetèrent machinalement. Le jeune homme rajusta son chapeau de paille, son attention portée vers les oreillettes qui avaient été déposées. Il ne fallait pas qu'on sache qu'ils étaient en vérité quatre. Pour la sécurité du métis – et plus accessoirement aux yeux de Luffy, pour la bonne marche de leur plan – c'était la bonne décision à prendre.

Usopp les regardait se préparer avec fébrilité, ses doigts tapotant sur la console d'une des machines qu'il avait installé dans le van. Il n'y allait pas, lui, pourtant il était au moins aussi anxieux qu'eux.

A la différence c'est qu'eux trois ne le seraient plus en sortant du véhicule.

Le métis se prit une claque par son impuissance. Il était un génie, le cerveau de l'équipe et cependant, il n'était pas certain que leur plan allait fonctionner. L'être humain, par ses actions et ses choix, défiait parfois toutes les prévisions. Usopp était désemparé, se sentant inutile dans le cas présent.

Le cœur de Luffy battait à mille à l'heure, comme s'il était sur le point de lâcher. Il n'avait pas peur pour lui mais pour ses amis. Si leur entrevue se passait mal, le N.D. s'en voudrait de les avoir entraîner là-dedans. Ce fardeau qui pesait sur ses épaules s'alourdissait alors qu'il songeait à ce que faisait ses amis pour lui. Zoro était marié, Kuroashi Sanji était enfin libre. Ils auraient pu reprendre une vie un tant soit peu normale si le jeune N.D. ne leur avait rien demandé.

Il sortit de ses pensées lorsqu'on déposa un manteau noir sur ses épaules. Il leva les yeux vers les deux hommes dont émanaient une confiance absolu en eux. En lui aussi.

― On y va chef ? s'enquit Sanji.

Zoro posa la main sur la poignée de la porte arrière, prêt à ouvrir, sa seconde main s'emparant de l'anse d'une mallette. Le cambrioleur prit le second attaché-caisse. Usopp réussit à entrapercevoir les armes qu'ils dissimulaient sous leur veste. Prêts à se défendre bec et ongle si ça tournait mal.

Il était évident qu'ils allaient devoir en abattre quelques uns pour espérer attirer l'attention de Big Mom. Ne serait-ce que les assommer.

Luffy pivota vers Zoro et le voleur puis opina, l'air grave.

― Vous avez bien le plan en tête ?

― Bien sûr, répondit distraitement Zoro au métis, devançant les deux autres.

― Soit prêt à t'en aller si l'échange est annulé, déclara le célèbre cambrioleur. N'hésites pas à nous laisser ici et à appliquer le plan B. Quoiqu'il arrive l'un des deux tombera. On fera tout pour que Luffy s'en sorte et te rejoigne le plus rapidement possible.

Usopp resta silencieux, opinant pour lui faire comprendre que le message était passé. Une fois la porte ouverte, Kuroashi Sanji tendit la seconde mallette vers Zoro. Dès que les trois hommes furent sortis et les portes du van fermées, ils prirent la direction de la demeure où se terrait Big Mom depuis sa lourde défaite contre Kaido.

Ils marchèrent lentement, le van à quelques rues seulement de la résidence. Kuroashi et Zoro encadraient Luffy qui marchait à un pas devant eux. Ce dernier n'osait pas se tourner vers ses compagnons. Néanmoins, l'envie de leur dire de tout arrêter était bien présente. Ces mots se bloquaient dans sa gorge. Il connaissait leur réponse. Inutile de perdre son temps à essayer de les dissuader, de retourner dans le van et de l'abandonner. Ils étaient bien trop fidèles à leurs idéaux, étaient convaincus que c'était lui, et personne d'autre, qui pouvait en finir avec cette ère tyrannique.

Zoro s'appliquait à ne pas songer à Robin. Sanji s'était donné le même objectif au sujet de Nami. Si ils y songeaient, la culpabilité aurait tenté de les freiner.

Ils ne devaient penser à rien d'autre qu'à leur objectif final. Ils s'en approchaient et cette constatation les rassura. La possibilité qu'ils échouent ne leur vinrent nullement à l'esprit une seule seconde.

Les deux hommes qui gardaient le portail les virent arriver de loin. Ils avancèrent de quelques pas, tendus.

― Vous désirez ? demanda l'un des deux

― Nous devons voir Charlotte LinLin, répondit Luffy le plus naturellement du monde, presque candide si son visage n'avait pas été aussi sérieux.

― Avez-vous un rendez-vous ? Quel est votre nom ?

Une balle traversa le genoux gauche du premier garde tandis qu'une autre troua la main droite du second. Seul le bruit discret du silencieux s'était fait entendre durant l'opération. Le voleur et l'escrimeur avaient repéré le mouvement – qui s'était voulu subtile – vers le boîtier de commande qui déclenchait l'alarme. Ils avaient immédiatement réagit.

Le voleur s'approchait du portail lorsqu'il entendit une lame sortir de son fourreau.

― Laisse faire la technique.

― Laisse faire ma lame.

― Zoro, vas-y.

Ordre sec. Pas de doute, le Luffy des grands jours était de sorti. Kuroashi rangea ses outils et s'écarta pour laisser le sabreur couper le métal en quelques passages de sa lame. Ils se débarrassèrent des six autres gardes qui avaient été alerté par les hurlements de leurs collègues. Pour l'instant, Luffy laissait faire Kuroashi et Zoro non sans leur avoir donné de restrictions. Pas de mort pour le moment.

Une fois la porte d'entrée découpée par l'escrimeur et les trois hommes entrés, le voleur et l'ancien N.D. suivirent leur chef, prêt à s'occuper du premier qui s'approcherait d'un peu trop près. Luffy les stoppa d'un geste dès qu'un homme de main de LinLin entra en trombe dans l'entrée, apparemment surpris de les voir en vie. Après avoir vu le badge accrochée au vêtement du nouvel arrivant, le jeune homme bondit et l'attrapa par le col pour le plaquer contre le mur et, prenant le talkie-walkie, il le lui mit dans les mains.

Tout était conforme au plan.

― Appelle ta patronne et dis-lui que Monkey D. Luffy veut lui parler maintenant.

Le voyant hésiter, prêt à essayer de l'envoyer paître, il ajouta :

― Tout de suite sinon...

D'un mouvement de tête, il désigna les deux hommes à l'air peu amène derrière lui. Le chef des gardes ne put qu'obéir, se rassurant en se disant que sa patronne aurait une idée pour se débarrasser d'eux.

― Où se trouve-t-elle ? l'interrogea Luffy une fois le message passé.

L'homme hésita. Trop longtemps au goût de Kuroashi qui lui assena un coup de talon dans la mâchoire, l'arrachant à la poigne de Luffy et l'étalant au sol.

― Désolé.

― Si c'était pas ta semelle, c'était ma lame, répliqua Zoro.

L'homme gémit de douleur, toussotant alors que le voleur l'allongeait sur le dos d'un mouvement du pied nonchalant. Soumis à ces regards qui n'admettaient aucune opposition, il répondit.

― Dans le boudoir, c'est...

― Je sais où c'est.

Luffy lui tourna le dos et, d'un geste, ordonna à Kuroashi de l'assommer. Ce que s'empressa de faire le voleur avant d'escorter son patron.

Après cette rencontre, les couloirs qu'ils empruntèrent étaient vides.

Un fois devant la porte, ils échangèrent un regard entendu. C'était maintenant que tout se jouait. Soit elle les recevait, soit elle les faisait tuer sans sommation. Le N.D. serra les poings. Cette envie de les faire partir revint... puis l'abandonna à nouveau en croisant une seconde fois ces prunelles étincelantes, déterminées. Ils le suivraient jusqu'au bout. Il était hors de question de le laisser. Ils s'en voudraient toute leur vie.

Malgré sa veste et son manteau simplement posé sur ses épaules, Luffy frissonna d'appréhension mais tint bon.

Tout était décidé.

Luffy chargea Zoro pour s'occuper de la porte du boudoir. Là où les attendait l'un des Quatre Empereurs.

La salle dorée du sol au plafond scintillait. Le feu de bois dans la cheminée, à leur gauche près d'un divan recouvert de velours rouge et à moitié plongé dans la pénombre, crépitait. Un bassin d'eau claire se trouvait au centre de la petite pièce. Seule la cheminée et une petite lampe sur une table basse placée entre le bassin et le divan éclairait la pièce, ce qui était insuffisant même pour la petitesse de la salle. Les murs étaient couverts de rideaux de satin rouge. Un autre divan avait été placé à leur droite, les invitant implicitement à se prélasser.

L'ambiance était intimiste, invitant à se laisser aller à la luxure plutôt qu'à des négociations.

― En voilà une fine équipe, fit une voix froide et pourtant sensuelle.

Les lumières d'un lustre s'allumèrent, éclairant toute la pièce. Une femme était allongée sur le divan face à eux. Ses longs cheveux d'un rouge éclatant, bouclés, étaient attaché en chignon d'où échappait quelques mèches qui encadraient un visage aux rides peu marquées, aux joues un brin rondes. Ses yeux noirs les observaient avec amusement. Vêtue d'une ample nuisette en mousseline d'un vert tendre, longue jusqu'à mi-cuisse, elle s'assit lentement et croisa les jambes, ses petits pieds chaussant des talons aiguille.

Ses lèvres d'un rouge sanglant s'entrouvrirent.

― Kuroashi, Monkey D. Luffy et Roronoa Zoro... Une légende déchue, un perdant et un lâche. Je vous avais cru morts tous les trois et voilà que vous apparaissez. Vous me défiez alors que vous êtes sur mon territoire, vous ne manquez pas d'audace.

Sous sa bonne humeur apparente, elle était en colère. Les ongles manucurés de sa main droite pianotaient sur le divan tandis que l'autre s'emparait d'une pâtisserie qui se trouvait sur l'un des nombreux plateaux sur la table basse. Elle mordit à pleine dents et savoura le met, prenant son temps. Zoro et Kuroashi se tendirent en remarquant la légère ondulation d'un des rideaux. C'était à prévoir.

Voilà pourquoi elle était aussi confiante. Luffy l'avait vu, lui aussi. Il avança d'un pas seulement.

― Je suis venu pour te proposer un accord.

Elle lui jeta un regard surpris autant par le tutoiement que la proposition, finissant sa sucrerie avant de parler, non sans un éclat de rire.

― Un accord ? Mon petit, ça ne t'a jamais réussi d'entrer dans la cours des Grands. Quel est ton but ?

Les prunelles d'obsidienne s'allumèrent d'une vive flamme que Charlotte LinLin aurait pu reconnaître entre mille. Luffy eut un grand sourire confiant.

― Renverser le Gouvernement.

Pause. Le temps sembla s'arrêter. Charlotte LinLin écarquilla les yeux, ses bras étendus sur le dossier de son divan. Il y avait une telle tension dans l'air, une chaleur étouffante et insupportable. Luffy s'avança encore, filant dans la brèche pour assener un autre coup.

― Je sais que tu veux élever Marshall D. Teach au rang d'Empereur. Je suppose que cette nomination n'est pas au goût de Kaido... et tu n'aimerais pas qu'il l'apprenne.

Les lèvres de la femme à l'âge incertain se pincèrent. Elle se remit de sa surprise.

― Effectivement.

Zoro s'avança et ouvrit la mallette où se trouvait les photos, des CD où étaient enregistrés toutes les conversations de Tamago, le déroulement du Grand Festin qui avait eu lieu quelques jours plus tôt. L'Empereur fut désemparée, serrant les dents. Plus de comédie, cette fois, son visage était presque déformé par la colère.

― Je pourrais vous tuer tous les trois. Ainsi, personne n'en saura jamais rien.

― Tu n'en feras rien, répliqua Luffy tranquillement. Il se trouve que ce ne sont que des copies. Les originaux sont entre des mains compétentes qui ont pour ordre de les envoyer à la police et à Kaido au cas où nous ne reviendrions pas de cette entrevue en vie dès ce soir.

Les doigts serrèrent le velours, le corps se contracta, la respiration devint presque rauque, Charlotte LinLin pesa le pour et le contre. Les tuer étaient inenvisageables à présent. Même s'il s'agissait d'un coup de bluff, elle ne pouvait pas jouer son avenir sur une incertitude. Elle était impuissante. Elle, qui avait tout de même des centaines de milliers d'hommes sous ses ordres, elle était impuissante face à seulement trois insectes de la pire espèce.

De la mauvaise herbe, rien de plus.

― On ne peut aller à l'encontre de la volonté du D. n'est-ce pas ? ironisa-t-elle. Que veux-tu ?

― Je sais que tu as quelques soucis d'argent, aussi je suis prêt à t'aider de mon côté.

D'un claquement de doigt, il fit approcher Kuroashi qui ouvrit la mallette. Les yeux de Charlotte brillèrent de convoitise face à tous ces billets. Il était aussi au courant pour ses problèmes d'argent. Ce N.D. était trop bien renseigné. En portant son attention vers le voleur, elle comprit. Faire le lien entre la disparition de son antiquité et cet homme qui, disait-on, excellait dans son domaine, n'était pas difficile.

Elle s'était fait avoir sur tous les plans.

― Tout ce que je veux, c'est ton aide au moment propice, expliqua Luffy.

― Qui te dit que je t'aiderai ?

― Je sais que tu n'aimes pas avoir des dettes. Tu es prête à tout pour ne rien devoir à personne.

Charlotte eut un temps de réflexion relativement court.

― C'est vrai, admit-elle. Néanmoins, il faudra que vous m'aidiez d'abord.

― Échange de bons procédés, acheva le jeune homme. C'est évident.

― Avec la fine équipe que vous formez, ça devrait être facile.

Zoro et Kuroashi refermèrent les attaché-caisses et se reculèrent. Elle poursuivit :

― Vous faites tomber Kaido de son piédestal et vous capturez César Clown pour me l'amener. Il est un de ses plus importants soutiens, ce n'est pas un travail en supplément mais je suppose que tu étais au courant... Kuroashi ?

Un sourire mystérieux étira ses lèvres et le voleur crut qu'elle était au courant pour son travail auprès du Gouvernement. Elle savait probablement. Il préféra ne pas éclaircir ce point. Luffy ramena l'attention vers ce qui l'intéressait.

― C'est d'accord. J'envoie Kaido à Impel Down et je t'amène César Clown. Je me débrouillerai pour avoir des informations sur eux.

― C'est bien aimable à toi de ne pas me faire tremper dans cette affaire. Tu peux garder ses armes, je n'en vois guère l'utilité pour moi. Et puis, vu ton objectif, tu en auras bien besoin.

― De ton côté, tu...

― Je promets de mettre un frein à mes négociations avec Teach, coupa-t-elle. Tu as ma parole. Je n'ai que très peu d'intérêt à l'élever au même rang que moi. L'accord que je passe avec toi est plus avantageux à mes yeux.

Elle posa ses mains sur son genou et eut un petit soupir avant de continuer :

― Nous parlerons de mon poste lorsque ce cher Akainu sera six pieds sous terre.

L'Empereur eut un petit rire et s'étira nonchalamment.

― Merci pour cette petite visite qui fut... instructive. Et plus agréable que ce que je croyais au premier abord.

Luffy lui tourna le dos après les dernières politesse, Kuroashi et Zoro lui emboîtèrent le pas. Il fut convenu qu'il lui enverrait la moitié de l'argent promis au plus tôt, pour qu'elle puisse avoir de quoi tenir quelques temps.

Les trois hommes étaient soulagés que cette entrevue se soit passée exactement comme l'avait prévu Usopp. Luffy comptait bien lui montrer sa gratitude une fois dans le van.

Première étape vers leur objectif final : franchie.

Dès qu'ils furent sortis de la demeure, Zoro et Luffy défirent leur cravate, Kuroashi quitta son air sévère. Luffy se tourna vers eux deux, un grand sourire niais illuminant son visage.

― C'était super les gars, tapez m'en cinq !

― Luffy...

― Allez Sanji !

Il leva la main, les implorant du regard. Ils abdiquèrent, se disant qu'un peu de relâchement ne leur ferait pas de mal. Les deux hommes imitèrent leur ami qui frappa dans leur main avec enthousiasme.

― Appelle-moi Kuroashi quand on est en mission, rappela le voleur.

― Ah oui, c'est vrai !

Luffy se recula de quelques pas, considérant son ami avec une joie qui faisait plaisir à voir. Il était émue par leur abnégation alors qu'il les avait lâché au pire des moments, dès qu'Ace était mort, ce même jour où Barbe Blanche avait été assassiné.

Tous deux par Marshall D. Teach.

Le N.D. désirait ardemment se venger, au fond, même s'il savait que cet acte ne ramènerait pas son frère. Il avait agis égoïstement assez longtemps. Il avait abandonné son projet. Un jour, il en parlerait avec Sanji. Il en avait besoin. Pas tout de suite, il ne savait pas comment aborder ce sujet avec lui.

― Bon, allons retrouver Usopp, fit Kuroashi. Il doit être mort d'inquiétude. C'est qu'on a passé plus de temps que prévu là-dedans !

Zoro et Luffy hochèrent la tête, tenant à rassurer leur ami et le remercier. Ce soir, ils se feraient une petite fête entre eux pour célébrer cette « petite » victoire.

Dès que Kaido sera tombé, le monde entier n'aurait plus que le prénom de « Monkey D. Luffy » aux lèvres. A partir de là, rien ne serait plus comme avant.

Luffy sauta sur Usopp à peine entré dans le van. Il l'enlaça et, à la grande horreur de ses trois compères, il le souleva de son fauteuil.

― Merci Usopp ! T'es génialissime !

― Lu... Luffy, repose-moi s'il te plaît

― Elle a réagit tout comme t'as dit ! J'ai cru rêver, c'était même trop beau pour être vrai. T'es pas juste un génie, t'es un voyant !

― Mon fauteuil, Luffy, mon fauteuil !... Les gars au secours !

Après une concertation muette, Zoro et Sanji se décidèrent à aider le pauvre handicapé victime de la poigne de leur ami. Sanji prit Usopp par les aisselles une fois que l'escrimeur eut réussi à décoller Luffy. Sa bonne humeur ne s'envola pas pour autant, prenant à présent pour cible Zoro.

― Bon sang Luffy..., dit en soupirant le voleur. Ne liquide pas le peu de colonne vertébrale qu'Usopp a encore !

― Merci Sanji mais ce n'est pas drôle.

― Tant pis.

S'assurant que son ami était bien installé, il se releva et recula, amusé par Zoro qui se débattait pour échapper à l'étreinte de leur patron un peu trop enthousiaste.

― Alors ? fit Ussop, impatient. L'entrevue ?

― Comme Luffy te l'as dit : exactement comme tu l'avais prévu, petit génie !

― Parfait... A propos de ce-que-tu-sais...

Kuroashi Sanji se fit plus attentif alors que le métis venait de baisser la voix. Trop basse pour que les deux autres zigotos puissent entendre.

― Je t'écoute.

― J'ai eu quelques infos. Je te les aies envoyées.

― Merci. T'es un as !

Sanji se sentit soulagé par cette nouvelle. Il allait enfin pouvoir commencer à éclaircir ce point si sombre qui l'empêchait de se concentrer sur des choses plus essentielles. Nami et ses amis par exemple. Il vérifia que les deux autres étaient toujours en pleine bataille avant d'ajouter.

― Une mission pour moi ?

― Dans une semaine seulement. Vous avez quartier libre.

Voir sa Nami une semaine ! Sept jours d'affilés, c'était inespéré. Il espéra de tout cœur que le Gouvernement n'allait pas l'envoyer à l'autre bout du monde pour une autre mission débile afin d'épater la galerie. Il avait une sainte horreur de ce genre de mission !

Ces papillons dans le ventre, son cœur qui battait tel un tambour dans sa poitrine, ses pensées incessamment dirigées vers cette beauté insolente rousse. Ça c'était l'Amour, le vrai, avec ce grand A qui était le début de tout.

C'était grâce à cette fébrilité si bienfaisante qu'il était certain que son cœur, son âme, son corps n'était qu'à cette furie au tempérament de feu. Qui d'autre pouvait tenir tête à Kuroashi à part ce petit bout de femme ? Personne ! Son adorée, et elle seule, présidait et avait le pouvoir de l'adoucir. Un miracle !

Usopp leva les yeux au plafond du van, exaspéré par Sanji qui était sur son petit nuage rose. Il avait hâte de revoir Kaya cependant, il savait aussi qu'ils ne se verraient que très peu de fois sur cette unique semaine de pause. Elle était sur un projet top secret depuis trois mois et elle refusait de lui en dire ne serait-ce qu'un mot. Elle lui avait promis de tout lui dévoiler une fois terminé.

Le cambrioleur descendit de son nuage dès que le soupir chagrin de son ami lui parvint. D'ailleurs, les trois compères se figèrent en l'entendant et se tournèrent de concert vers Usopp qui se rendit compte de sa bourde.

― Retournons en France les gars. C'est beau, la Turquie, mais j'en peux plus.

― C'est toi le patron Usopp ! concéda haut et fort Luffy.

― … T'es sûr d'avoir compris le plan ? s'inquiéta Sanji.

Luffy parut réfléchir avant de répondre. « Parut » était le bon verbe pour définir ce léger temps de latence inutile.

― Bien sûr !... Ah, j'ai faim, SANJI !

Le N.D. se reçut une semelle en pleine figure par un voleur mécontent qui voulait protéger ses tympans de cette attaque sonore.

― Arrête de gueuler ! s'exaspéra le fonctionnaire de l'État, rouge par la colère.

― Ah, c'est vrai c'est Zoro qui conduit... ZORO !

― LA FERME ! s'exclamèrent en chœur les deux hommes en le frappant.

Usopp les regardèrent se battre – ou plutôt s'adonner à un simulacre de combat – et se fit la réflexion qu'il était plutôt content d'être en fauteuil actuellement. La bagarre très peu pour lui ! Il leur laissait cette activité barbare qu'il exécrait. Toutefois, il eut un sourire alors qu'il les observait, se chamaillant gaiement. On n'aurait pas cru possible que deux d'entre eux avec 26 ans et l'autre 22. On aurait dit des gamins et cette constatation le rassura, lui rendit sa bonne humeur.

Depuis que Franky travaillait, le métis s'était senti un peu isolé des autres à cause de cette impression de... piétiner sur place si on lui passait l'expression. La faute au fauteuil qui, par son imposante présence dans sa vie, avait failli lui faire opérer un repli sur lui-même comme une tortue. Mais ces trois-là faisaient toujours tout pour le faire participer à chacune de leurs activités, leurs discussions même si le sujet était des plus banals. Ils lui faisaient confiance autant que lui envers eux. C'était agréable de faire parti d'un groupe aussi solidaire, aussi important.

Et dire qu'à présent, il avait Kaya même s'ils ne se voyaient pas aussi souvent qu'ils le désiraient. Sans compter Nami et Robin qui, loin de le prendre en pitié, passaient le voir dès que l'occasion se présentait pour lui parler.

Le Déclaré Provisoire ne pouvait pas se plaindre. Il était chanceux. Plus chanceux que la majorité des N.D., sans trop de présomption de sa part.

― Hey Usopp, tu peux pas les convaincre qu'on aille s'en jeter un tous les quatre avant de rentrer ? demanda Luffy, ayant passé ses bras autour du cou de Sanji et de celui de Zoro pour les coller à lui, histoire d'essayer de les calmer.

Luffy habitait chez Jinbei, aux États-Unis. Ou plutôt, dans l'une de ses nombreuses résidences. Il était inutile de préciser que dès qu'il le pouvait, il passait le plus de temps possible avec ses trois amis. Il lui avait bien trop manqué pour les laisser filer à la première occasion.

― Moi, ça me va, répondit prudemment Usopp. Et vous les gars ?

― Si t'es d'accord, nous on suit, déclara Zoro.

― Pareil.

Les trois hommes avaient entraperçu ce sourire éclatant de leur petit génie. S'ils pouvaient, de cette manière, encore profiter de sa bonne humeur ne serait-ce qu'une minute, ils n'allaient pas agir autrement.

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à suivre...


Ce sera tout pour cette semaine !

Pour l'apparence de Charlotte Linlin, j'ai dû lui enlever un peu de graisse et lui donner une taille plus réaliste. Je ne l'ai pas embelli, à aucun moment je ne dis qu'elle est sublime, à vous de l'imaginer. J'ai essayé de ne pas trop faire dans le détail. Je sais que ça ne plaira pas à tout le monde mais je ne pouvais pas faire autrement.

Merci d'avoir lu, laissez une review ! Je ne le dirais jamais assez souvent mais ce sont grâce à elle que je peux rester motivée. Vous aimez cette histoire ? Prouvez-le moi sinon, arrêtez de la lire. Je n'ai d'affection que pour les gens qui me laissent leurs avis. Pas forcément à tous les épisodes mais qui sont vraiment présent, eux.

A bientôt ! Je ne sais pas si je pourrais vous donnez la suite la semaine prochaine, je ferais tout pour !