Flightless Bird – Chapitre 9 – Sur mon cœur comme un papillon sur une fleur…

P.O.V Sasuke

Un cri de douleur s'échappa d'entre mes lèvres et je tentai encore de le repousser, mais en sentant un mince filet de sang s'écouler dans mon cou, je me sentis faiblir. Ses mains tenaient mon bassin tellement fort que je pouvais à peine bouger. Il n'y avait rien que je pouvais faire, mais j'essayais quand même, plaquant mes mains sur son torse pour le pousser, mais mes tentatives étaient vaines et je gémis malgré moi quand l'une de ses mains glissait vers mon pantalon. Je réalisai alors ce qu'il essayait de faire et sans trop savoir d'où me venait cette force soudaine, mon agresseur se retrouva par terre. Ce ne fut que quelques secondes plus tard que je me rendis compte que c'était moi qui l'avais poussé.

Il se releva et haletant, je reculai – pour le peu que je pouvais – pour me retrouver de nouveau collé au mur. Pendant qu'il reprenait ses esprits, le brun s'approcha à son tour et plaqua ses mains au mur de chaque côté de mon visage. Se penchant, il susurra à mon oreille :

- Tu as plus de répondant que ce que j'avais cru. Ça m'excite, dit donc.

Passant mes bras autour de son cou, je griffai sa nuque dans l'espoir qu'il me lâche mais, énervé, il me plaqua durement contre le mur et me força à ne plus bouger, en collant son corps au mien. Derrière lui, le dénommé Kabuto s'était relevé, regardait avec un sourire mauvais.

Je me débattis encore comme je le pouvais mais il était fort et me tenait fermement. Je n'abandonnai pas cependant, et continuai de le frapper à chaque fois que j'en avais l'occasion. Mais quand il glissa ses mains dans mon pantalon, je me raidis.

- Cesse de te débattre ainsi, ricana le brun en me tenant les bras, pendant que son ami débouclait ma ceinture. Ça sera bien vite finit, tu vas voir. Tu auras le temps de te rhabiller avant que Neji ne revienne.

Je poussai un hurlement si fort qu'il fronça les sourcils en plaquant sa main sur ma bouche. Les mains de Kabuto se promenaient trop bas sur mon corps, caressant mes cuisses alors que le brun, Kankûro, me tenait serré contre le mur.

- T'es beaucoup trop tendu, bébé, fit Kabuto en remontant vers mes hanches. Il faut te laisser aller, d'accord ?

Étouffant un grognement, je lui crachai au visage et lançai mon genou dans l'entre-jambe du brun avec toutes mes forces et il recula brusquement, se pliant en deux.

- Petit con ! Maugréa-t-il alors que Kabuto s'empressa de m'envoyer son poing dans mon ventre.

Ce fut à mon tour de me plier en deux, et je sentis des larmes de douleur au coin de mes yeux. À ce moment-là, Neji arriva. Kabuto et Kankûro se tournèrent vers lui alors que je m'écroulai au sol, à genoux.

- Mais qu'est-ce qui se passe ici ? S'exclama-t-il.

- J'suis vraiment désolé, vieux, s'excusa Kabuto pour une raison qui m'échappa et d'une voix soudainement calme et sérieuse.

- Désolé de quoi ? S'impatienta Neji.

- Écoute, commença Kankûro, on a essayé de lui demander pourquoi il avait fait ça mais… Enfin, il ment comme il respire.

- Q-quoi ? M'étouffai-je.

Neji me lança un regard confus alors que Kabuto continua.

- Quand on est arrivé ici, Sasori et lui étaient en plein action ! Là, sur le bureau…

- Quoi ? M'exclamai-je, choqué. Mais vous mentez, j-je n'ai jamais… !

- C'est ce qu'il ne cesse de répéter, Neji, tu le vois par toi-même, soupira Kankûro.

- Ils racontent n'importe quoi, Neji ! Sasori n'est même pas là, en plus ! Ils… ils ont essayé de me violer, t-tu me crois, non ?

Je vis Neji froncer lentement – trop lentement – les sourcils. Son regard se voila, et je sus qu'il les croyait eux, et pas moi. Mon cœur se déchira.

- Tais-toi !

Tremblant, j'obéis. Il s'avança vers moi et je ravalai ma salive quand il m'attrapa le bras avec rage. Sans aucune douceur, il me tira vers le haut pour me relever et me traîna derrière lui. Lorsque je passai devant eux, Kankûro et Kabuto me firent un clin d'œil.

Il me jeta sur le siège avant de sa voiture, et boucla ma ceinture rapidement, les lèvres plissés, sans même écouter ne serait-ce qu'un mot de ce que je disais. Je n'arrivais pas à croire ça. Je m'étais fais piégé ! Et Neji qui semblait croire à cette histoire… Je n'oserai jamais le tromper, je l'aimais trop pour ça, et il le savait… Pourquoi ne voulait-il pas me croire dans ce cas ?

Après une longue route, dans laquelle je retenais mes larmes, nous arrivâmes enfin et il claqua la porte. Avant même d'ouvrir les lumières, il me déversa sa colère – qui n'avait pas lieu d'être. Violemment, il me poussa contre la rampe de l'escalier et je retins un gémissement en retombant au sol. Je me mis à tousser et je crachai du sang quand il lança son pied dans mes côtes.

- Vous avez une belle complicité, Sasori et toi, hein ? S'écria-t-il enfin, brisant ce silence que je commençai à craindre.

- On… on n'a r-rien fait, bégayai-je faiblement en tentant de me relever. On… on a juste… discuté…

Je ne fus à peine à genoux que je reçu son pied dans mon ventre, ce qui me fit tomber de nouveau.

- Arrête de mentir ! M'ordonna-t-il en criant.

Il m'asséna encore quelques coups dans le ventre et ensuite, il m'attrapa par le col et me plaqua contre le mur, rapprochant son visage du mien. Une douleur atroce parcouru mon corps pour s'attarder dans mon estomac, et je sentis une larme glisser sur ma joue alors qu'il se penchait vers moi. Automatiquement, je joignis mes bras et me tint le ventre pour tenter de me protéger.

- Ne t'avise surtout pas de me tromper encore une fois, parce que ta punition n'en sera que plus douloureuse, compris ?

- Je t'aime, Neji… murmurai-je en le regardant droit dans les yeux.

Cette méprise et cette colère que j'y voyais – et que j'entendais dans sa voix aussi – me brisait en deux, bien plus que les coups qu'il ne cessait de me donner, mais je tenais quand même à ce qu'il sache, au fond de lui, que je l'aimais et que jamais je ne le tromperais…

Quand il eut entendu ces mots, il écarquilla les yeux et, me tenant toujours par le col, me jeta par terre. Après un dernier coup de pied dans les côtes, il partit en me disant qu'il ne serait pas là de tout le week-end.

Je ne saurais dire combien de temps j'étais resté là, gisant au sol, au pied de l'escalier. Je ne voulais pas pleurer, je me retenais. Je tentais de me convaincre que la douleur dans mon ventre n'était pas si pire, que je pouvais l'endurer, mais j'avais envie d'hurler. Je me répétai d'innombrables fois que je pouvais endurer, que j'étais fort, mais tout ce qui sortit de ma bouche, dans les minutes qui suivirent, fut le premier sanglot d'une longue série.

Je me relevai finalement, et montai jusqu'à ma chambre du mieux que je pus, presque plié en deux. Je me laissai tomber dans mon lit, essayant encore d'étouffer mes pleurs. À bien y penser, c'était ma faute.

P.O.V Naruto

Je me réveillai ce matin, en entendant mon père – le roi de la discrétion – pénétrer dans ma chambre. J'ouvris les yeux et il s'approcha avec une bouteille d'eau dans les mains, alors que dans l'autre il y avait de la glace. Je poussai un long grognement… j'étais encore fatigué, mais aujourd'hui, samedi, j'avais décidé d'aller voir si Sasuke était chez lui, et savoir pourquoi il n'avait pas été à l'école hier.

- Première semaine d'école et tu as déjà trouvé le moyen de te battre, soupira mon père en prenant place au bord de mon lit.

Il déposa la glace sur ma pommette droite, là où il y avait une petite entaille qui saignait sans cesse depuis hier et je lâchai un petit gémissement. Je posai ma main dessus et mon père retira la sienne. Il tira de ses poches ensuite un petit récipient et en sortit deux pilules.

- Tiens, ça devrait tuer la douleur, dit-il en me les donnant.

Je les avalai avec une gorgée d'eau et posai la bouteille sur ma table de chevet. Je me redressai ensuite et remercia mon père.

- C'est Kiba qui a commencé à se battre, marmonnai-je. J'ai seulement essayé de les arrêter pour ne pas que ça aille trop loin… C'était une mauvaise idée apparemment.

J'eus un sourire désolant et je baissai la tête.

- Ne t'en fais pas, rigola mon père. Si tu savais le nombre de fois que je me suis battu à l'école, tu me priverais de sortie !

Il partit d'un rire, et je le suivis mollement, sans grande motivation. Puis il redescendit en me disant qu'il y avait un petit-déjeuner qui serait prêt lorsque je me déciderai à descendre. Ce que je fis, quelques minutes plus tard.

Quand j'arrivai à la cuisine, je m'installai à table en posant le bloque de glace à côté de mon assiette. Je commençai à manger et mon père en fit de même.

Au bout d'un moment, une question me vint à l'esprit.

- Dis, papa…

- Hm ?

- Comment as-tu su que… enfin, balbutiai-je en rougissant, que j'étais amoureux de… hum, Sasuke ?

Je vis un sourire apparaître sur son visage. Je ne savais pas s'il était amusé par le fait que je bégayai et rougissait comme une jeune mariée, ou si c'était par la question que j'avais posée. Il avala sa bouchée avant de me répondre.

- Désolé de t'apprendre que tu n'es pas vraiment subtile, mais ça se voit comme un nez au milieu d'une figure, m'annonça-t-il. À chaque fois depuis quelques temps que tu l'invites à passer la soirée ici ou même à souper, je remarque la façon dont tu le regardes. Il faudrait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte parce que, tu vois, l'amour, ça se lit dans les yeux.

- Woah, lâchai-je, faussement surpris. Mon père est un vrai Don Juan, dit-donc !

- Je suis pas mal, c'est vrai, s'esclaffa-t-il en prenant une gorgée de son jus d'orange.

- Soit Sasuke ne sait pas lire dans mes yeux, soit il est aveugle, soupirai-je ensuite.

Mon père cessa de rire et son sourire disparut quand il vit que je ne riais plus. Mon expression était triste et je fixai mon assiette avec dégoût. Je n'avais plus faim, tout à coup, je ne pensais qu'à lui.

- Naruto, fit mon père plus sérieusement. Sasuke est très amoureux… S'il l'est à ce point là, alors c'est normal qu'il ne voie plus rien autour de lui.

- Neji n'est qu'un salopard ! M'exclamai-je en abattant mon poing sur la table. Il ne le mérite pas ! Je suis certain que, en plus de profiter de sa naïveté pour coucher, il le frappe ! J'en suis sûr à cent pour cent !

Un cruel silence emplit mes oreilles et mon père me fixait, choqué, les yeux grands ouverts et la bouche également entre ouverte, et durant ce long, très long moment, ma colère se dissipe pour se transformer lentement en tristesse infinie. Finalement, mon père ravala sa salive et me regarda avec un air grave qui me fit ravaler ma salive à mon tour.

- Naruto, dit-il d'une voix dangereusement sérieuse. Ce sont des accusations que tu fais… C'est très grave. Tu es vraiment certain de ce que tu dis ?

Je soutins son regard un instant, puis finit par soupirer.

- Je ne l'accuse pas, marmonnai-je. Je… je ne fais qu'essayer de comprendre ce que je vois…

- Et qu'est-ce que tu vois ? Insista-t-il.

J'hésitai, puis lui racontai en détail ce que Kakashi m'avait avoué hier, quand j'étais passé voir si Sasuke était à l'infirmerie… « Mais il y avait également, sur ses bras, des hématomes et des bleus. Or, ce genre de couleur n'apparait pas aussi rapidement sur le corps. Ça prend plus de temps, quelques jours après avoir reçus les coups, même. Je me suis demandé si ça n'était pas quelqu'un de son entourage qui lui infligeait ces blessures… »

Mon père resta sous le choque un moment. Il se leva tranquillement et sans même ramener les assiettes dans l'évier, se dirigea vers la fenêtre, et s'appuya sur le comptoir. Je le regardai d'où j'étais, encore à ma place. Mais comme le silence durait, et que je voyais sa mâchoire se crisper, je me levai et allai le rejoindre près de l'évier.

- Papa je…

- Le salaud ! Cria-t-il en frappant le comptoir avec une telle force que la pile d'assiette s'écroula au sol et celles-ci éclatèrent en mille morceaux.

Je reculai pour ne pas qu'un morceau de vitre me reste enfoncé dans le pied et contournai les dégâts pour rejoindre mon père de l'autre côté.

- Papa, m'enquis-je en lui attrapant l'épaule pour le retourner et le forcer à me regarder. Du calme, ce n'est pas la peine de détruire la maison !

Je tirai toujours sur son bras quand enfin il se retourna. Sasuke était comme un fils pour lui aussi, et je voyais à quel point c'était vrai. Cette révélation – encore là, si elle était vrai – était pour lui aussi choquante et terrifiante que si ça avait été question de moi.

- Papa, qu'est-ce que je dois faire ? Demandai-je finalement d'une voix suppliante.

Mon père laissa un autre cruel silence me consumer, me pénétrer comme un couteau, quand enfin il soupira en se penchant pour ramasser la vaisselle coupante, en morceau.

- Invite-le à passer le week-end ici, marmonna-t-il. J'essaierai de rejoindre Itachi et de lui en parler.

- Quoi ? M'étonnai-je.

Mon père se releva et mit tous les morceaux dans un sac noir qu'il déposa près de la porte coulissante.

- Si Sasuke est maltraité par Neji, dit-il sérieusement, alors il ne t'en parlera jamais. Il y a plus de chances qu'il en parle à Itachi… Si, évidemment, il décide d'en parler à quelqu'un.

Je réfléchis à ce que mon père m'avait dit, sur le chemin qui menait chez Sasuke. Il avait raison, d'un côté. Sasuke était très proche de son frère. Itachi était peut-être le seul à qui il dirait quelque chose d'aussi horrible. Mais d'un autre côté… ça me faisait mal de penser que, si ça n'allait pas, il ne me le dirait pas. Je ne voulais que le protéger, moi…

Lorsque j'arrivai devant chez lui, j'inspirai profondément et pris mon courage à deux mains : j'avais peur de ne pas être à la hauteur pour l'aider, si, mes hypothèses s'avéraient exactes. Je ne pouvais pas le forcer à m'avouer la vérité, mais j'avais tellement envie de lui arracher les mots de la bouche, simplement pour avoir une bonne raison de refaire son portrait, à ce Neji Hyûga…

P.O.V Normal

La sonnette d'entrée réveilla Sasuke, après qu'elle eut retentit une troisième fois. D'abord lentement, il bougea la tête sur le côté et leva automatiquement et inconsciemment les bras vers le ciel pour s'étirer. Puis il ouvrit les yeux, gémissant doucement, émergeant d'un sommeil sans rêve, un sommeil profond et sombre. Il ne put nier que la nuit l'eut un peu remit sur pied, et il posa sa main dans son cou, où la marque qu'avait laissé Kabuto en y plantant ses dents. Il sentait la douleur frapper sous sa peau en de nombreux spasmes douloureux, et il serra les dents, pour tenter d'oublier que ça faisait vraiment mal.

La sonnette résonna encore et il sursauta. Il sauta hors de son lit et chercha de quoi cacher le suçon dans son cou. Il trouva un col roulé – s'assurant que le vêtement avait de longues manches pour ainsi cacher ses bras meurtris – et l'enfila en descendant les escaliers, oubliant son ventre qui commençait à lui rappeler tous les coups qu'il avait reçu la veille. La colère de Neji n'avait jamais été aussi violente, et il ouvrit la porte tristement, conscient que ça ne pouvait pas être lui qui revenait s'excuser…

- Sasuke ! Salut, ça roule ? s'exclama Naruto, qui se tenait devant lui, souriant comme toujours.

Sasuke le regarda un moment, les yeux vides, avant de sourire lentement. Un sourire tout petit et qu'il s'efforça de rendre crédible. Il était content de voir le blond, mais il ne voulait pas qu'il remarque son comportement étrange…

- Salut, murmura-t-il, encore dans les brumes du sommeil.

- Ça va ? répéta le blond en paraissant insistant.

- Oui, oui… dit-il en fixant la petite entaille écarlate sur la pommette de son ami.

Naruto fronça les sourcils, voyant que Sasuke fixait son visage. Ou plus précisément…

- Tu… saignes, souffla Sasuke toujours à voix basse.

Immédiatement, le blond porta sa main à sa joue où il recueilli quelques gouttes de sang. Il sourit innocemment.

- Mince ! S'exclama-t-il, partant d'un rire nerveux et si adorable.

Sasuke, malgré les douleurs qui lui lacéraient le corps, se surprit à sourire, entraîner par l'amusement du blond. Un sourire vrai, cette fois-ci. Il était vraiment surpris de voir Naruto ici, à une telle heure – presque midi – mais au fond, il était soulagé de n'être pas seul. Une tristesse soudaine le traversa quand il se souvint des événements de la veille et surtout de Neji qui lui avait dit qu'il ne serait pas là du week-end…

- Désolé ! Je ne pensais pas que la plaie se rouvrirait !

- Ce n'est rien, dit Sasuke toujours aussi doucement.

Il attrapa ensuite le poignet de son ami.

- Viens, soupira-t-il en emmenant le blond au premier étage.

Naruto se laissa faire, surpris. Sasuke le fit s'asseoir sur le bol de toilette et ensuite, sous le regard étonné du blond, il chercha son kit de premier soin, celui qu'il utilisait pour se soigner lui-même quand Neji était en colère…

En repensant à son amant disparu pour la fin de semaine entière, Sasuke n'entendit pas Naruto lui parler.

- Hé, Sasuke, tu m'entends ?

Il secoua la tête et s'approcha du blond avec un petit bout de tissu spécialement conçu pour éponger les petites plaies comme celle-ci, pour stopper l'écoulement du sang également. Il le posa donc sur la pommette de Naruto, en douceur.

- Oui, j'écoute, j'écoute, répondit-il en fuyant le regard bleu inquiet posé sur lui.

- Sasuke, souffla le blond.

Celui-ci ferma les yeux un moment, sentant son cœur se mettre à battre à la vitesse de la lumière. Il était si près de Sasuke qu'un moment, il n'eut qu'une seule envie et c'était celle de l'attirer encore plus proche dans ses bras pour pouvoir l'embrasser. Mais il tenta de se ressaisir et de ne rien laisser paraître.

- Où étais-tu hier ? Je ne t'ai pas vu à l'école…

Sasuke fut surpris un moment par cette question, mais se reprit en se disant que, il fallait s'en douter que Naruto lui demande. Sasuke n'avait jamais manqué un jour d'école. Jamais. Et cette année, dès la première semaine, il en avait manqué deux.

Il balbutia donc quelques mots pour se justifier :

- Je… j'étais avec Neji. Il voulait me présenter à ses amis, avoua-t-il avec un sourire.

Malgré tout, il savait que Neji l'aimait. Sinon, il ne l'aurait quand même pas emmené avec lui à son travail, heureux de le présenter à ses amis ? C'était seulement à cause de ces deux imbéciles qui avaient tenté de le violer, et qui avaient fait croire à Neji des choses qui n'étaient pas vraies. Loin d'être vraies…

- Ah oui ? s'étonna Naruto, l'air triste.

Sasuke acquiesça en souriant doucement. Naruto se demandait si c'était vrai, tout en se laissant faire. Sasuke savait si bien apaiser ses angoisses ou ses blessures, aussi insignifiantes soient-elles. Ses doigts frêles sur sa pommette lui faisaient tant de bien…. Il en oubliait que, malgré que la coupure était toute petite, ça lui faisait un mal de chien. Et puis ça avait un peu enflé… et rougie.

- Comment tu t'es fais ça… ? demanda alors Sasuke après un long moment, ne regardant toujours pas dans les yeux du blond.

- Je… je me suis battu, hier, marmonna le concerné en rougissant.

C'était un truc stupide de finir une partie de hockey en se battant. Un truc de primaire. Mais il ne pouvait s'empêcher d'enrager contre ces trois frères qui ne cessaient d'harceler son petit ange, et surtout après les avoir vus le frapper sans retenu… Naruto repoussa ces images et pensées qu'il tentait tant d'oublier.

- C'est vrai ? ricana Sasuke en passant un linge humide sur la joue du blond.

- Ça te fait rire, lança Naruto, content d'avoir enfin réussis à le faire rire.

- Ça me rappelle quand on était encore au primaire. Tu te battais pour rien et tout le temps, continua Sasuke en plongeant enfin dans les azurs de son meilleur ami.

Durant un long moment, les deux garçons se regardèrent intensément. Naruto luttait très fort pour ne pas céder à la tentation et l'embrasser à pleine bouche, alors que Sasuke se demandait pourquoi il n'avait jamais remarqué à quel point Naruto avait de beaux yeux.

Sasuke secoua la tête au bout d'une minute, commençant à sentir ses joues s'enflammer pour une raison qui lui échappait. Il posa le linge mouillé sur le comptoir et glissa ensuite ses doigts sur la plaie qui ne saignait plus. Naruto frissonna, et Sasuke se perdit une nouvelle fois dans ses pensées. Pourquoi le simple fait d'avoir croisé les pupilles de son meilleur ami l'avait mis tout à l'envers l'espace de quelques secondes ? Pourquoi il rougissait, et surtout pourquoi il ricanait doucement alors qu'il avait encore si mal au ventre ?

- Sasuke, fit Naruto en le secouant délicatement par l'épaule.

- Hein quoi ? lâcha-t-il en sursautant.

Naruto esquissa un sourire tendre.

- Tu pensais à quoi ?

- À rien, marmonna Sasuke, embarrassé tout en rangeant ses trucs à la même place.

- Menteur, pensa Naruto en souriant, ne lâchant son petit ange des yeux. Merci, déclara-t-il ensuite à haute voix.

Agenouillé devant l'armoire sous l'évier de la salle de bain, Sasuke rangea son kit de premier soin puis se releva et regarda Naruto à peine deux secondes avant de détourner le regard, gêné sans savoir pourquoi.

- Alors… Tu es venu pourquoi ?

- Oh euh… je voulais te demander si ça t'intéressait de passer le week-end chez moi. C'est une invitation de mon père.

Surpris, Sasuke baissa la tête. Cette invitation lui résonna encore dans la tête, un petit moment. Neji n'était pas là. Il ne savait pas quand il reviendrait… mais en attendant, il avait bien le droit de s'amuser et de passer un peu de temps avec son meilleur ami, non ? S'il revient plus tôt que prévu, par contre, et qu'il trouve la maison vide… J'aurai de belles surprises en rentrant, surtout quand il saura que j'ai dormis chez Naruto… pensa-t-il ensuite. Neji avait été bien clair : si leur relation n'était pas comme il voulait qu'elle le soit, alors il ferait aussi du mal à Naruto, pas juste à lui… Passer la nuit – deux nuits – chez lui, ça dépassait la limite de l'acceptable, non ?

Sasuke soupira et répondit tout de même d'une voix lointaine, emporté par son irrésistible envie d'être en sécurité auprès du blond :

- D'accord.