Bonjour à tous !! Je sais, ça fait un moment que je n'ai pas posté, mais j'ai mes raisons !! Voilà : j'ai emménagé à Paris tout récemment, et avec tout ce qu'un changement de ville (et de vie) engendre, ben, j'ai plus de temps à moi. Je n'ai pas beaucoup accès à l'ordi, et en plus je passe une partie de mes week-ends à Lyon, ma ville d'origine.

Mais la fic continue, j'ai un peu d'avance, et j'essaie d'écrire de temps en temps. Je ne vous abandonne pas !

Je vous remercie tous d'être aussi fidèles, et de m'encourager ! Gros bisous à tous !

Bonne lecture et à bientôt !


Chapitre 9

Quand ils arrivèrent au bord de la piscine, Domenica avait eu au moins l'idée de servir les rafraîchissements. Elisabeth vint saluer Henri Granger.

- Lord Granger ! Quelle joie de vous revoir ! Comment allez-vous ?

- Je vais bien, Lady Spencer. Et vous-même ? Votre famille se porte bien ?

- Oh oui, mais appelez-moi Elisabeth. Après tout, je suis la meilleure amie d'Hermione.

Puis Elisabeth remarqua Domenica. Sans laisser le temps à Lord Granger de faire les présentations, elle enchaîna.

- Vous avez une domestique ? Pourtant, je croyais qu'Hermione était contre les domestiques.

Domenica avait pincé les lèvres.

- Euh non, Domenica est ma compagne…

Il but une gorgée de son thé, nerveux.

- Oh, votre concubine, jeta dédaigneusement Elisabeth.

Henri s'étrangla dans son verre, et fusilla sa fille du regard. Hermione lui rendit un regard innocent. Domenica tenta d'intervenir.

- Miss Elisabeth…

Celle-ci lui jeta un regard noir.

- Je ne crois pas vous avoir autorisée à m'appeler par mon prénom. Vous n'êtes qu'une roturière. Pour vous, ce sera Lady Spencer. J'espère quand même que vous n'appelez pas Hermione aussi familièrement. Grands Dieux ! Hermione ! Cette femme t'appelle Lady Granger au moins ?

- Euh, non…

- Quelle honte ! Hermione ! Tu ne devrais pas te laisser faire…

- Lady Spencer ! interrompit Henri. Je vous prierai de montrer un peu plus de respect envers ma compagne.

Alex et Sam décidèrent d'intervenir.

- Mais enfin Lord Granger ! s'exclama Alex, scandalisée. Comment pouvez-vous envisager de vous compromettre avec cette roturière ? Vous serez la risée de la société et nos paires ne reconnaîtront pas Hermione !

- Il vous faut penser à votre fille avant tout ! renchérit Sam.

Domenica était complètement décomposée et semblait au bord des larmes. Henri fronça les sourcils.

- Lady Dubreuil, Lady McBride, Domenica est ma fiancée, et aura une situation respectable dès que nous serons mariés.

- Quoi ? s'exclama Hermione. C'est une blague ! Je refuse que tu te maries avec elle !

- C'est ma vie, tu n'as pas à décider pour moi !

Père et fille se faisait face, défiant l'autre. Les trois amies d'Hermione jugèrent bon de se retirer. Elles ne pouvaient rien faire, et les affaires des Granger ne devaient pas s'encombrer de témoins.

- Hermione ! appela timidement Elisabeth. Nous allons partir… Il est tard…

La jeune fille sursauta et jeta un dernier regard à son père qui signifiait qu'elle n'en avait pas fini.

- Oui, Lisa. Je vous raccompagne à la porte.

Sam grimpa dans la voiture de Lisa comme prévu.

- Ne te laisse pas abattre, encouragea Lisa. J'en parlerai à mon père s'il le faut. Si le Duc de Westminster peut avoir une quelconque influence sur ton père, le Comte de Westbury, ce sera toujours ça de fait.

- En attendant, débrouille-toi pour ne pas inviter cette garce au Bal.

- Compte sur moi. Mais elle semblait au bord des larmes tout à l'heure…

- C'est de la comédie. Je l'ai déjà côtoyée à plusieurs reprises. Elle m'a même menacée. La guerre est déclarée.

- OK. Bon, on se voit mercredi après-midi.

- Mmm. A mercredi les filles.

Hermione était à peine rentrée dans la maison que son père l'interpella.

- Hermione ! claqua sèchement sa voix. Dans mon bureau !

Domenica eut un sourire triomphant, et Harry et Drago eurent un regard désolé pour elle. Hermione claqua la porte derrière elle.

- Qu'est-ce que ça signifie ? Tu as ligué tes amies contre Domenica, c'est ça ?

- Et après ? Tu ne me crois pas que je te dis qu'elle m'a menacé, alors que c'est une hypocrite et une garce de la pire espèce. Elle n'en veut qu'à ton argent, et s'introduire dans l'aristocratie anglaise !

- Ce qu'ont fait tes amies était inconvenant.

- Elles avaient ma bénédiction. Oncle James ne te laissera jamais épouser cette femme.

- Domenica est une femme charmante, et James n'a pas son mot à dire sur ma décision.

- Tu l'aimes ? demanda brusquement Hermione.

Henri prit quelques instants pour réfléchir.

- J'ai trouvé du réconfort auprès d'elle. Elle est belle, drôle, adorable. Elle est très triste de constater que tu ne l'aimes pas. Oui, je l'aime. Pas aussi fort que j'aimais ta mère, mais j'aime Domenica.

- Justement, tu y penses à Maman ? Ça ne fait même pas un an qu'elle est morte. Mardi, ce sera son anniversaire de mort. Je n'aime pas te voir malheureux, j'aurai accepté n'importe quelle femme, mais Domenica n'est pas pour toi. Elle a déjà prévu de se débarrasser de moi si vous vous mariez. Tu as vu sa réaction quand j'ai parlé du Bal ? Elle cherche à se faire inviter à tout prix. Papa, je t'en prie, ouvre les yeux…

- Hermione, tu te fais des idées. Domenica cherche à se rapprocher de toi. Elle sera ta belle-mère…

- Elle m'a menacée. Drôle de façon de montrer son « amour » pour moi. Nous ne savons même pas comment elle va réagir quand tu lui annonceras que je suis une Sorcière. Si tu lui annonces un jour.

- Elle le saura. Je ne veux avoir aucun secret pour elle.

- Mais elle, elle a le secret espoir de nous dépouiller de nos biens et de nos titres. Ne sois pas si aveugle !

- Ne dit-on pas que l'amour rend aveugle ? répliqua doucement Henri.

Hermione poussa un soupir excédé.

- Tu ne m'écoutes pas, ça ne sert à rien de discuter avec toi. Tu pourras faire ce que tu veux, je ne te laisserai pas épouser cette femme, dussé-je utiliser la magie.

Elle sortit de la pièce d'un pas furieux et se dirigea droit vers Domenica, toujours présente.

- Jusqu'à aujourd'hui, j'ai toléré vos sourires hypocrites et vos minauderies, mais c'est terminé. Si vous ne partez pas de vous-même, je fais de votre vie un enfer.

- Henri ne…

- Parlons-en de mon père. Je lui ouvrirai les yeux sur votre nature !

- Hermione ! intervint son père. Ça suffit !

- Jamais ! La guerre est déclarée.

Elle était tellement furieuse qu'un léger vent se leva dans la pièce. Drago et Harry coururent vers elle et lui attrapèrent chacun un bras.

- Calme-toi, Mione ! dit Harry. Allons dans ta chambre. Tu y seras au calme.

- Lâchez-moi ! Je vais lui faire regretter d'être née !

Henri eut l'air épouvanté et Domenica avait l'air surpris. Harry échangea un regard avec Drago. Il n'avait jamais vu sa meilleure amie dans cet état de fureur, même quand elle se disputait avec Ron. Drago ne connaissait qu'un seul moyen pour calmer son hystérie : il gifla Hermione. La gifle eut l'effet escompté. Le silence revint dans la pièce.

- Merci Drago, remercia Henri. Ramenez-la dans sa chambre et essayez de la raisonner.

Les deux garçons hochèrent la tête et obéirent. Une fois dans sa chambre, Hermione fondit en larmes et blottit instantanément contre Harry.

- Il ne m'écoute pas ! Oh Harry, qu'est-ce que je vais devenir s'il l'épouse ?

Le Gryffondor l'assit sur le lit et lui frotta doucement le dos. Drago resta debout, adossé contre la porte, et garda le silence, laissant Harry faire.

- Ecoute-moi Hermione. Ce que tu viens de faire n'était pas très judicieux. Contre des vipères de son espèce, il nous faut ruser. Et nous avons un Serpentard parmi nous.

Drago eut un petit sourire. Harry poursuivit.

- Et n'oublie pas que j'ai failli y atterrir moi aussi. Alors, nous allons t'aider à te débarrasser d'elle tout en douceur.

- Toi, Potter le Survivant, tu as failli aller à Serpentard ?

- Oui, le Choixpeau a voulu m'y envoyer. Mais j'ai refusé, parce que Ron m'a dit que la plupart des Sorciers venant de cette Maison avaient mal tourné.

- Tu parles d'un préjugé !

- Je sais. Voldemort a transféré une partie de ses pouvoirs en moi quand il a tenté de me tuer en 81. D'où mon « don » pour le Fourchelangue. C'est pour ça que le Choixpeau a voulu m'envoyer à Serpentard.

- Enfin, bref, reprit Drago. Nous allons t'aider Hermione. Je connais bien ce genre de personnes. Elles veulent du pouvoir et du prestige. Pour ça, elles cherchent par tout moyen de s'attirer les bonnes grâces des personnes influentes. Pansy Parkinson et ses parents font partie de ces gens-là. Son père a tout fait pour intégrer le cercle intime de mon père, et Pansy a toujours voulu porter l'illustre nom des Malefoy. Enfin, elle peut toujours rêver. Même si mon père était sain d'esprit, il n'aurait jamais permis que j'épouse cette folle.

- Pourtant, tu traînes toujours avec elle…

- Non, elle traîne derrière moi, nuance.

- Tu as une très haute opinion de toi, Drago, intervint doucement Hermione.

- Bien sûr. Ecoute Hermione, nous appartenons à l'aristocratie anglaise, un cercle fermé où des personnes comme Domenica n'ont rien à y faire. Et nous allons veiller à ce qu'elle n'y accède jamais.

- Merci les garçons. Elle a le don de m'horripiler. Je vais également appeler Oncle James. Nous aurons besoin de lui.

Le soir-même, le dîner eut lieu dans une ambiance tendue. Hermione et Drago, forts de leur éducation, ignorèrent superbement Domenica, qui tentait vainement de lancer une conversation. Ce qui énervait la jeune fille par-dessus tout, c'est qu'elle se comportait comme la maîtresse de maison, ce qui n'était pas le cas. Henri, lui, fronçait les sourcils. Il désapprouvait le comportement de sa fille, et en plus, elle avait osé mêler ses amis à leurs problèmes familiaux ! Peu avant le dîner, il avait reçu un coup de fil du Duc de Westminster, le père d'Elisabeth. Celui-ci, alarmé par la situation dépeinte par sa fille, venait aux nouvelles. Finalement, le Duc avait clos la conversation sur le fait qu'il comptait sur sa présence au Bal pour escorter sa fille. Avec un sous-entendu énorme : il ne voulait pas voir cette roturière.

………

Le lendemain matin, elle appela son Oncle directement à son bureau et lui expliqua toute la situation. Celui-ci resta pensif.

- Je vois ce que tu veux dire. Mais tu n'auras pas Domenica de cette manière. Ecoute, pas de panique, je vais réfléchir à un moyen, et je passerai ce soir. Ça te va ?

- Oui… Cette femme a le don de me mettre hors de moi. Si tu l'avais vue hier avec Elisabeth… Il faudrait que je pense à la remercier d'ailleurs, elle a été parfaite.

- C'est vrai que j'aurai bien aimé voir Elisabeth dans son numéro. Tu n'utiliseras donc pas la magie ?

- Tu sais bien que je n'ai pas le droit de l'employer sur des moldus. Mais si c'est le dernier recours, je n'hésiterai pas. Harry et Drago m'aideront.

- J'en suis certain. Je dois te laisser, un de mes clients vient d'arriver.

- D'accord. A ce soir, alors.

- A ce soir, Hermione.

Elle venait de raccrocher quand Domenica apparut en haut de l'escalier. Son père était parti à son cabinet, et les deux garçons dormaient encore. La femme esquissa un sourire moqueur en descendant l'escalier.

- Bonjour Mione !

- Ne m'appelez pas comme ça, Domenica ! D'ailleurs, comme l'a si bien fait remarqué Elisabeth hier, vous devriez m'appeler Lady Granger.

- Tss, allons Mione, je serai bientôt ta belle-mère. Henri sera triste de voir que tu ne m'apprécies pas.

- Vous ne serez jamais ma belle-mère. J'empêcherai ce mariage.

- Comment comptes-tu t'y prendre ? Henri a dit qu'il m'aimait. Et moi, je compte faire en sorte qu'il ne puisse plus se passer de moi.

Hermione sentit la colère l'envahir. Elle se contrôla à grand-peine et employa une technique qu'elle avait pensé ne jamais avoir à y recourir.

- Combien voulez-vous pour quitter mon père et ne jamais revenir ?

Amusée, Domenica croisa les bras.

- Combien me proposes-tu ?

- Deux millions de livres.

- Tant que ça ? Mais d'où vient tout cet argent ?

- Il est à moi. N'oubliez pas que mon père me verse chaque mois une somme sur un compte. De plus, ma grand-mère m'a légué toute sa fortune. Je vous propose deux millions de livres pour débarrasser le plancher.

- Ce que tu peux être naïve ! dit-elle en éclatant de rire. Quand j'épouserai ton père, tout ton argent me reviendra. Je ferai fermer tous les comptes que ton père a ouvert pour toi et mettre tout ça sur un compte commun.

- Vous rêvez en couleurs ! Vous devrez signer un contrat de mariage ! James ne vous laissera jamais…

- Il n'y aura pas de contrat. Je te conseille de cesser de te mettre en travers de mon chemin, Hermione. Si tu joues la future belle-fille parfaite, je consentirai peut-être à te laisser quelque chose en compensation. Dans le cas contraire, tu perdras ta fortune et ton père.

- Vous voulez le dresser contre moi ?

- Je n'ai rien eu à faire. En te comportant comme tu l'as fait hier, tu l'as rendu furieux contre toi. En attendant, Lady Granger, profitez bien du temps qui vous reste !

Elle éclata de rire et se dirigea vers la cuisine. La jeune fille resta pétrifiée, puis elle décida de monter dans sa chambre pour réfléchir. Elle trouva Harry et Drago en haut de l'escalier. Ils étaient restés hors de vue, mais avaient manifestement entendu la conversation.

- Bonjour vous deux. Vous avez tout entendu ?

- Pas depuis le début, mais assez pour comprendre ce qu'elle mijote, répondit le blond.

- Vous ne voulez pas aller voir mon père et...

- Il ne t'écoute déjà pas, pourquoi nous écouterait-il ? répliqua Harry.

Hermione était totalement découragée.

- Que vais-je faire ?

- D'abord, te calmer. Va dans ta chambre, nous te rejoignons, conseilla Drago.

Les deux garçons retournèrent dans leur chambre.

- Elle va craquer, et sa magie va se déchaîner, je la connais, déclara Harry.

- Et nous devons faire en sorte que cela ne se produise pas. Je vais prendre ma douche, et la retrouver. Tu nous rejoindras quand tu auras fini.

- OK.

En moins de dix minutes, Drago eut fini sa toilette, et se rendit dans la chambre d'Hermione, habillé et coiffé.

- Harry arrive dans quelques instants, annonça-t-il.

Hermione était allongée sur son lit, une peluche serrée contre son cœur, les yeux rougis. Il s'assit à côté d'elle.

- Ne te mets pas dans un tel état.

- Elle va épouser mon père.

- Non. Tu as contacté ton oncle ?

- Oui. Il va réfléchir à un moyen et venir ce soir.

- Tu n'es pas seule. N'oublie pas le Duc de Westminster. Il ne laissera pas une telle chose arriver.

- Je n'arrive pas à croire que mon père fasse ça. Ma mère est morte l'année dernière. Ça fait à peine un an. Comment peut-il songer à…

- Quoi qu'il arrive, interrompit Harry en arrivant, tu restes sa fille. Même si Domenica parvient à se marier avec lui sans contrat de mariage, il ne la laissera pas toucher à ta fortune personnelle. Et il te reste ton titre, tu as aussi des amis influents. Tu as plus d'atouts qu'elle, tandis qu'elle n'a que l'adoration que ton père lui porte.

- Maintenant, dis-nous tout sur cette femme, dit Drago. Nous devons en savoir le plus possible. Il faut bien connaître ses ennemis.

- Elle a été engagée il y a environ six ans au cabinet dentaire. C'est ma mère qui l'a reçue en entretien. C'était peu avant mon entrée au Collège. Je me souviens de la conversation de mes parents à son sujet. Maman disait que Domenica Sellers était la candidate la plus qualifiée, et correspondait bien au profil de poste. Papa ne s'occupait que de la gestion du cabinet, et ma mère s'occupait des employés. Elle l'a engagée. Quelques jours après, je me suis rendue au cabinet, en rentrant d'une promenade avec Samantha…

Flash-back

La porte vitrée coulissa silencieusement. Hermione entra dans le cabinet dentaire. Elle avait passé l'après-midi à faire du vélo avec Samantha à Hyde Park, et elle avait chaud et soif. Comme le cabinet dentaire était tout proche, elle décida de s'y rendre, et comme ses parents finissaient bientôt, elle rentrerait en voiture avec eux.

Une femme blonde, grande et élancée, aux yeux bleus, tenait l'accueil. Hermione la trouva belle, mais d'une beauté froide, un peu comme les mannequins dans les magazines. Elle s'approcha. La femme la toisa.

- Que veux-tu ?

- Je voudrais voir le Docteur Helen Granger.

- Le Docteur est occupée. Tu as un rendez-vous ?

- Non, c'est ma…

- Alors déguerpis, une gamine n'a rien à faire ici. Tu me déranges, j'ai du travail.

Hermione se hérissa. C'était sûrement elle, la nouvelle assistante.

- Mais, elle…

- Tu es sourde ?

A ce moment, la porte du bureau d'Helen s'ouvrit, et le Docteur s'avança vers l'accueil, suivie de sa cliente, à qui elle donnait ses dernières recommandations. Quand elle vit Hermione, son visage s'éclaira.

- Hermione, ma chérie ! Que fais-tu ici ? Tu ne devrais pas être à Hyde Park avec Samantha ?

- Si, mais elle est rentrée chez elle. Comme j'avais soif, je suis venue ici.

- Je vois ! Domenica, je vous présente ma fille Hermione. Et toi, Hermione, voici Domenica Sellers, la nouvelle Assistante. Vous voulez bien servir un jus d'orange à ma fille le temps que je range un peu mon bureau ?

- Tu as fini ? demanda l'enfant.

- Oui, mais ton père a encore un client. Nous rentrerons avant. D'accord ?

Les deux docteurs avaient des horaires différents et venaient au cabinet dans deux voitures. Helen s'éclipsa dans son bureau en laissant sa fille seule avec l'assistante. Celle-ci lui jeta un regard mauvais et lui servit du jus d'orange de mauvaise grâce.

- Tu aurais pu me dire plus tôt que tu étais sa fille.

- J'ai essayé, vous ne m'avez pas écoutée. Je ne vous aime pas.

- Eh bien, c'est réciproque.

- Je vais tout lui dire.

- Tu ne le feras pas, sale petite morveuse. Tu ne voudrais pas que tes parents aient du travail supplémentaire ? Vois-tu, je suis là pour les aider. Si je ne suis plus là, qui les aidera ?

- Ils engageront quelqu'un d'autre.

- J'étais la seule candidate qualifiée.

Et c'était vrai, Hermione avait entendu sa mère le dire. Et à 11 ans, que pouvait-elle faire ?

Fin du flash-back

- Par la suite, je l'ai vue à chaque fois que je rentrais chez moi. Elle prenait de plus en plus de place au cabinet et s'était rendue indispensable aux yeux de mes parents. Bien sûr, elle ne montrait jamais son vrai visage quand mes parents étaient dans les parages. Mais dès qu'on se retrouvait seules, c'était la guerre. Je n'ai compris que récemment qu'elle était jalouse de ma mère, et de moi. Nous avions tout pour nous : la beauté, la richesse, l'intelligence. Enfin, je ne me considère pas comme belle, mais bon. Tout s'est effondré à la mort de ma mère. L'été dernier, mon père et moi sommes restés entre nous, refusant tout contact extérieur. Mais j'ai dû retourner à Poudlard, et j'ai chargé Oncle James de veiller sur lui. Cette vipère a profité de son état de faiblesse pour le séduire.

- Je vois, déclara finalement Drago. Pourquoi n'as-tu jamais dit à tes parents que Domenica était une hypocrite ?

- Je n'en voyais pas l'utilité. D'abord, à onze ans, j'étais naïve. Je ne voulais pas que mes parents aient plus de travail à cause de moi. Par la suite, Domenica se montrait compétente dans son travail, et même si je ne l'aimais pas, elle ne représentait pas une menace pour moi. Jamais je n'aurais pensé que ma mère se ferait tuer, ni qu'elle aurait pour projet de séduire mon père pour sa fortune et sa position sociale.

- En effet. Bon, pour le moment, elle n'a pas l'intention de passer à l'attaque. Elle doit attendre que tu retournes au Collège pour avoir le champ libre, raisonna Drago.

- Ça veut dire qu'il faut que j'agisse pendant cet été. Il nous reste moins de deux mois.

Un peu rassénérée, Hermione entreprit de continuer ses devoirs de vacances, en obligeant ses deux amis à faire de même.

………

Domenica ne fut pas ravie de voir James débarquer pour le dîner. Cet avocat était un peu trop perspicace, et il était un adversaire plus coriace qu'Hermione. Cependant, Henri accueillit son frère à bras ouverts. James serra aussi Hermione dans ses bras et en profité pour lui murmurer à l'oreille.

- Après le repas, dans la Bibliothèque.

Elle hocha la tête.

Pendant le dîner, Hermione aborda la question du Bal.

- Papa, tu m'accompagneras au Bal samedi ?

- Oui, je n'ai pas le choix, soupira-t-il. Le Duc de Westminster compte sur ma présence. Seulement… je ne peux pas laisser Domenica seule.

- Et alors ? demanda James. Elle ne va pas mourir de passer une soirée seule. Moi-même j'ai reçu une invitation au bureau ce matin. La Duchesse veut me voir pour des questions d'héritage et de testament. Et comme je suis un bon parti, toutes les filles à marier vont me tourner autour.

- Oh ça va, grommela Hermione. Ton sort est plus enviable que le mien. Je te rappelle que je fais partie de ces filles à marier, même si je n'en ai aucune envie.

- Au fait, Elisabeth est déjà fiancée non ?

- Oui. Je soupçonne que le Duc va annoncer officiellement les fiançailles de sa fille à Lord Hadleigh, futur Duc de Stratford.

- Et as-tu acheté ta robe ?

La jeune fille se renfrogna.

- Non, pas encore. Alex, Sam et moi comptions sortir à Londres jeudi pour aller m'acheter une robe.

- Tu t'y prends un peu tard, rit Harry. Ça ne te ressemble pas.

- Crois-moi Harry, ce Bal est plus une corvée qu'autre chose !

Ils rirent. Domenica était complètement mise à l'écart. Mais elle s'en fichait. Elle préparait une conversation avec Henri. Elle comptait assister à ce Bal, et elle y parviendrait.

Après le dîner, les trois adolescents refusèrent le café et se rendirent dans la Bibliothèque avec James. Hermione raconta à son oncle sa confrontation avec Domenica et lui confia ses craintes. L'avocat était du même avis que Drago. Contre une vipère telle que Domenica, la rusé était nécessaire.

- Elle est plus dangereuse que je ne le pensais, conclut-il.

- Reste la question du Bal, rappela Drago. Elle va trouver le moyen d'être présente, j'en suis persuadé.

- Le Duc y est fermement opposé, contra Hermione. Papa n'osera jamais braver les ordres.

- Hermione, coupa James, il va faire jouer ses relations. Et il est apprécié par la Reine. S'il lui prenait l'envie de présenter Domenica à la Reine, même le Duc de Westminster ne pourra rien y faire.

La jeune fille se décomposa. Drago afficha soudain un sourire machiavélique.

- Que mijotes-tu encore ? remarqua Harry.

- On peut toujours la laisser venir au Bal, mais s'arranger pour que la soirée vire au cauchemar.

Les trois autres le dévisagèrent avidement.

- Domenica sera la seule roturière présente. Et je sais d'expérience que les matriarches, celles qui font la pluie et le beau temps chez les nobles, ne vont pas la rater. En moins d'un quart d'heure, elle sera déjà cataloguée et ton père ne pourra rien y faire.

- Jeune homme, vous me plaisez, décréta James.

- Sam viendra avec ses parents et sa grand-mère, réalisa Hermione.

- Voilà une excellente nouvelle, nous n'aurons aucun mal à nuire à Domenica.

- De mon côté, je contacterai un détective pour la faire suivre. Il serait étonnant que cette femme soit blanche comme neige.

- Je sens que ce Bal sera mémorable ! rit Hermione, enfin confiante en l'avenir.

………

Le lendemain, la jeune fille se leva tôt et s'habilla d'un tailleur noir. Elle noua ses cheveux en chignon. Quand elle descendit dans la cuisine, son père était déjà là, vêtu d'un costume noir.

- Bonjour Papa.

- Bonjour. Hermione…

- Quoi ?

Son père fronça les sourcils.

- Ne me parle pas sur ce ton. Domenica vient avec nous. Elle désire honorer la mémoire…

- Si tu veux souiller le souvenir de maman, libre à toi, mais ne m'entraîne pas là-dedans.

- Hermione !

Celle-ci avait déjà quitté la pièce en claquant la porte, et quelques instants plus tard, Henri entendit la voiture de sa fille quitter le garage et s'engager sur la route. Il soupira. Domenica pénétra dans la cuisine.

- Henri, que se passe-t-il ? J'ai entendu une porte claquer.

- Hermione est partie seule au cimetière avec sa voiture.

- Je te l'ai dit et le répète : tu la gâtes trop. Elle ne connaît pas la valeur de l'argent, dépense à tort et à travers et est capricieuse. Je ne comprends pas pourquoi tu la laisses agir à son gré. Elle est encore mineure et donc sous ta responsabilité. Envoie-la dans un pensionnat en Suisse !

- Tu sais bien que c'est impossible. Hermione est surdouée, cette école en Ecosse est la seule qui lui convienne.

- Parlons-en de cette fameuse école. Qu'a-t-elle de si spécial ? Il existe des tas d'autres institutions pour surdoués. Et puis, que veut-elle faire comme études après ? Tu lui as laissé trop de libertés, et maintenant, elle se rebelle contre ton autorité. Je suis persuadée que ces deux garçons exercent une mauvaise influence sur elle. Sans parler de ses tenues bizarres et ces professeurs étranges…

- Il est temps d'y aller, coupa brutalement Henri en se levant.

Domenica pinça les lèvres. Un jour, il lui avouerait tes ses secrets.

………

Hermione avait acheté un bouquet de fleurs sur le chemin et l'avait déposé sur la tombe de sa mère. Puis, elle lui raconta son année à Poudlard, l'arrivée de ses amis, l'imminence du Bal, et bien sûr du problème Domenica.

- Si seulement tu étais encore là, jamais elle n'aurait osé approcher Papa. J'aurai dû te dire depuis le début que je ne l'aimais pas. Oncle James et les filles vont m'aider à la sortir de nos vies. Papa est complètement aveugle. Que ferais-tu à ma place ? Si cela ne tenait qu'à moi, un Sortilège d'Amnésie et un Portoloin pour l'Antarctique régleraient l'affaire !

Puis, du coin de l'œil, elle vit le couple approcher.

- Tiens, les voilà justement. Je dois y aller. J'essaierai de revenir un autre jour. Je t'aime et tu me manques. Je m'occuperai de Domenica, et avec la magie si nécessaire. Papa ne tombera pas dans ses filets.

Elle raidit son dos et croisa le couple sans même leur jeter un regard. Domenica se tourna vers Henri, prête à protester, mais il l'arrêta d'un geste.

- Pas maintenant.

………

Quand ils rentrèrent enfin, Hermione avait troqué son tailleur contre une tenue de sport bleue. Elle était assise dans le salon, entourée de ses deux amis, à qui elle avait tout raconté. Henri était en colère.

- Hermione, je voudrais te parler seul à seule.

- A quoi bon ? Tu refuses de m'écouter. Emmène Domenica au Bal si ça te chante, je te laisse le soin de tout expliquer au Duc.

- Je présenterai Domenica comme ma fiancée.

- Cette garce te fait perdre tout bon sens.

- Hermione Jane Granger ! Ne…

- Inutile de prendre tes grands airs avec moi, cher père, dit-elle en se levant. Mère et toi avez réussi votre éducation. Je suis une aristocrate, et en tant que telle, je refuse que cette roturière entre dans notre famille.

- Je ne te permets pas…

- Oubliez-vous, père, que je suis l'actuelle Comtesse ? J'ai mon mot à dire sur ce mariage. De plus, je serai majeure dans deux mois. Un avocat n'aura aucun mal à obtenir mon émancipation si cela était nécessaire.

- Si vous voulez la guerre, Lady Granger, répliqua Henri, vous l'aurez. Je ne comptais pas te l'annoncer ainsi, mais tu m'y forces. J'épouse Domenica fin août.

Hermione se sentit blêmir mais ne vacilla pas.

- Alors j'emploierai le temps qui me reste pour vous en dissuader. Harry Potter, Drago Malefoy, je requiers votre aide.

- Elle vous est déjà acquise, répondit Drago.

Harry, peu familiarisé avec ces manières, se contenta d'acquiescer. Puis, ils suivirent leur amie qui montait dans sa chambre. Elle éprouvait une colère froide, mais restait maîtresse de ses émotions.

- Cette fois-ci, c'est officiellement la guerre. Dès demain, je mets le Duc au courant. Samantha et Alex vont en parler à leurs parents, et j'informerai Samantha de notre stratagème pour discréditer Domenica grâce à sa grand-mère. Oncle James sera présent au Bal. Domenica peut d'ores et déjà se préparer au meurtre social dont elle sera victime.

- Tu es tellement machiavélique que j'aurai presque pitié d'elle, déclara Drago.

- La fin justifie les moyens. Après ce Bal, je serai surprise si elle ose encore se montrer en public.


Voilà ! Dans le chapitre 10, mise au point de la stratégie d'Hermione, un début de rapprochement entre Drago et notre héroïne, et le bal sera dans le chap 11. Le 10 est entièrement écrit, il ne reste plus qu'à le taper. Bonne nouvelle non ?

Allez, bisous à tous, et à bientôt !