Dixième chapitre, terminé à l'avance mais au final, beaucoup beaucoup de mal à le publier sur le site, sans raconter le boulot qui allait avec. D'où ce retard . . . Et je m'en excuse chers lecteurs . . .

Titre du chapitre et extrait proviennent tous deux de la chanson Apocalypse Please du groupe Muse.

Chapitre 10 : Apocalypse Please

« And this is the end
This is the end
Of the world

And it's time we saw a miracle
Come on it's time for something biblical
To pull us through »

« Alors, qu'a cette équipe de si spéciale ? Aurait-ce un rapport avec la mort plutôt étrange de ce pauvre homme ? » demanda John à Molly alors qu'ils prenaient tous les deux une pause-café dehors.

« Eh bien je pense que nous le découvrirons assez tôt ! » fit la jeune femme en souriant.

« Ce qui est certain, c'est que je n'ai jamais vu pareil cas, ni au cours de ma carrière au sein de l'hôpital, ni pendant ce dernier mois . . . »

Elle resta ensuite quelques secondes silencieuse, puis demanda soudain :

« Est-il vrai qu'après mon départ de l'hôpital, Sherlock m'a cherché pendant un moment ? »

John s'arracha de la contemplation de son gobelet et regarda le visage de Molly un instant, essayant d'en déchiffrer l'expression.

« Oui . . . tout comme sa sorte de . . . dépression. Mais, et je sais que c'est difficile à entendre, fait attention à ce que tu pourrais . . . extrapoler là-dessus. Il est vrai qu'il a changé de comportement ces derniers temps, avec . . . et le fait que tu sois parti. Mais Sherlock reste Sherlock et il y a des fois où j' ai moi-même beaucoup de mal à le comprendre. Tout ce que je peux te dire c'est qu'il ne supporte pas de voir son petit monde s'écrouler. Et un phénomène inexpliqué peut être pour lui une chose insupportable. Tu faisais partie de ce monde Molly, et tu l'as quitté subitement, sans une explication. »

« Oui je comprends cela . . . Et je m'en doutais également un peu. » répondit Molly calmement.

« Toutes ces années où j'étais à sa disposition, sans jamais me plaindre. Ma disparition à l'hôpital a dû lui faire un sacré choc ! Ce que je peux dire, c'est que tout ce mois passé loin de lui, de l'hôpital, à voir des choses . . . dont je n'aurais jamais soupçonné l'existence . . . Tout cela m'a permis de faire le point, de prendre du recul sur moi-même. Je suis aujourd'hui plus sûre de moi et pense également être moins en colère contre Sherlock. Quand à Moriarty . . . »

Le regard de la jeune femme devint sombre. Puis elle murmura :

« Celui-là, il me tarde de le revoir afin de lui dire deux mots . . . »

John s'apprêta à lui répondre quelque chose, lorsque Jack fit son apparition et leur lança :

« Hé ! Les deux zinzins du scalpel ! Réunion dans cinq minutes pour faire le point ! »

Molly froissa son gobelet et le jeta dans une poubelle proche.

« Bon, je crois que je vais rentrer ! Tu me suis, John ? »

John termina d'une traite son café avec une grimace car la boisson était encore très chaude.

« Je te suis . . Je commence à avoir froid de toute façon. »

Il jeta son gobelet et Molly qui l'attendait ouvrit alors une des lourdes portes en bois de la cathédrale, afin de le laisser passer.

« Molly ? »

La jeune femme se retourna l'air intriguée, tenant toujours le battant de la porte.

« Oui ? Qu'il y a-t-il ?»

« Éprouves-tu encore des sentiments pour Sherlock ? »

Malgré la pénombre du soir approchant, John vit Molly pâlir.

« John, tout ça c'est du passé . . . je . . . »

La jeune femme se détourna, puis après un moment de silence, dit au médecin d'une voix ferme.

« Viens, nous allons finir par être en retard au topo .»

Arrivés dans la sacristie, située au fond de l'édifice, Molly et John virent que tous le monde ainsi que Sherlock étaient déjà installés.

« Désolé, Jack, John et moi avions encore un détail à régler concernant le corps. »

Le détective, qui n'était pas dupe, observa attentivement les expressions des deux médecins. Il dut y voir quelque de chose de concluant, car dans les secondes qui suivirent , sa bouche s'étira dans un de ces sourires dont il avait la spécialité, et qui en général n'augurait rien de bon . .

Jack sourit également mais pour des raisons plus bienveillantes.

« C'est bon, Molly. Ton ami est encore inaccoutumé à nos étranges pratiques et si vous parliez boulot . . . De plus . . . »

Le capitaine regarda sa montre

« Vous n'aviez que vingt secondes de retard . . . Bon ! Qui commence ? »

Gwen prit la parole pendant qu'une Molly et un John confus prenaient place autour de la table ouvragée.

« Eh bien, l'analyse manuelle du périmètre proche de la scène de crime donne peu de résultats mais . . . »

« Faux ! » coupa le détective.

« Comment avez-vous pu être aussi aveugles pour oublier les traces de terre laissée par la victime ? En observant finement ces traces, on pouvait en déduire que le prêtre, avant de gagner le confessionnal, avait essayé de fuir la cathédrale par une des portes latérales donnant sur le jardin environnant. Là, il a fait quelques pas avant de retourner dans l'édifice, d'après les empreintes laissées dans la boue fraîche. Et l'eau bénite renversée sur le sol ? »

« Ça aurait pu être de l'eau de pluie . . . » fit remarquer John.

« Il y avait également de l'eau de pluie, mais cette indice est au même titre que les traces de terre, car il prouve une fois de plus que la présence de la victime hors de la cathédrale. Non, le plus intéressant est cette eau bénite identifiée grâce à des tests. »

« Mr Holmes, ces indices ont été également découverts par nos bons soins ! »

dit Gwen d'un ton tranchant.

« Mais nous avons estimé que leurs importances était minimale comparée à celle des . . . »

« Faux et encore faux! » coupa de nouveau le détective, furieux.

« Les allers-retours de la victime nous montrent la présence non pas de un, mais de plusieurs agresseurs, à l'intérieur et à l'extérieur de la cathédrale, sûrement postés à chaque porte»

« Toute une armée pour un vieil homme prêchant la foi ? » demanda Ianto d'un ton incrédule.

« Et l'eau bénite, que cet homme particulière paranoïaque, se croyant entouré de démons a voulu se protéger en jetant de l'eau bénite sur ses agresseurs. Je gage que le physique d'une ou de plusieurs de ces personnes ne devait être peu banal, ou du moins désagréable. Argument confirmé par la Bible présente sur l'autel, ouverte sur des passages particulièrement parlants . . .Voilà tout ce que j'ai pu déduire de parfaitement solide et concret à partir de ces indices d'une faible importance ! »

« Il est tout le temps comme ça ? » demanda Jack ahuri à John et Molly qui opinèrent du chef.

« Quoiqu'il en soit, » reprit le capitaine d'une voix plus forte, « Sherlock vous avez effectué là un travail remarquable, à partir du peu d' éléments présents sur le terrain et que mon équipe a cru bon de laisser de côté ! » compléta-t-il avec un regard sévère en direction de Ianto et Gwen.

« Ok Jack . . . C'est vrai que les déductions de ce détective sont impressionnantes » avoua la jeune femme brune en soupirant.

« Mais ne croie pas que nous n'aurions rien fait de notre côté ! »

Le détective eut un nouveau reniflement de dédain. Gwen lui jeta un regard noir.

« Ce que je m'apprêtais à dire alors que ce brillant homme nous coupait de façon si impolie, c'est que Ianto et moi avons remarqué des perturbations dans les flux d'énergie temporelle tout autour et dans cette cathédrale »

« Des quoi ? ? ! » demandèrent John et Sherlock, estomaqués.

« Des perturbations dans les flux d'énergie temporelle » reprit la petite brune comme si de rien n'était.

« Ces perturbations étaient plutôt faibles, comme des traces, qui je pense ont été laissée par les agresseurs. Et elles correspondaient à de fortes accumulations de cette énergie. »

«Bon boulot Gwen et Ianto. Grâce à vous, nous savons donc que . . . »

Mais le capitaine ne put finir sa phrase car c'est à ce moment-là que Sherlock choisit d'émerger de son état de stupéfaction avancée

« C'est une plaisanterie ? ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'énergie temporelle que l'on pourrait mesurer . . ? On ne peut mesurer une énergie temporelle , pour la simple et bonne raison que cette énergie n'existe pas ! »

« Cette énergie existe Sherlock !» intervint Molly pour la première fois de la réunion.

« Et elle est mesurable à l'aide de cet appareil. »

La jeune femme désigna alors un boitier comportant un écran et relié à une sorte de sonde.

Le détective regarda alors Molly, l'air plus incrédule que jamais, se demandant d'une minute à l'autre quand est-ce que la jeune femme allait se mettre à hurler tout en agitant les bras. Le tout se terminant en beauté avec l'apparition de Mycroft lui annonçant avec un sourire éclatant que le gouvernement britannique attend sous peu la visite d'une peuplade d'origine extra-terrestre.

« Oui bien sûr Molly . . . Et vous allez ensuite me dire que les extra-terrestres ont depuis longtemps infiltré la race humaine . . . »

« Ce qui est le cas mon cher Sherlock » ajouta Jack en souriant.

Finalement Mycroft peut peut-être rester chez lui . . .

Le détective se leva et prit ses affaires.

« C'est bon, cette farce a assez duré comme cela. Viens, on s'en va, John . . . »

Le médecin le regarda alors avec un sourire hésitant.

« Je ne crois pas qu'ils plaisantent Sherlock. C'est que j'ai pu voir sur le corps de la victime avec Molly, m'a vraiment laissé perplexe et . . . »

« J'ai observé la même chose que toi John et tout cela peut s'expliquer de manière tout à fait rationnelle ! »

« Tu n'en avait l'air pas tout a fait sûr il y a quelques heures ! Souviens-toi de ce que tu disais : Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste même improbable doit être la vérité »

« Tout ce foutraque n'est pas improbable, mais inexistant ! Mais après, libre à toi de sombrer avec eux dans ce doux délire !»

Ce faisant, Sherlock quitta la pièce en claquant la porte. Molly murmura quelque chose à l'oreille du capitaine, qui devint soudain grave. Après un instant de réflexion, il hocha finalement la tête. La jeune femme sortit alors précipitamment de la pièce, après avoir prit son sac à main et son manteau. John effaré se tourna vers Jack.

« Ne me dites pas que vous avez lancé Molly à la poursuite de Sherlock ! Vous ne connaissez pas Sherlock, elle va s'en prendre plein la figure ! »

« Je ne connais pas en effet Sherlock, mais j'ai appris au cours de ce dernier mois à connaître Molly et je sais que je peux lui faire entièrement confiance. » répondit calmement le capitaine.

Il était vrai que, depuis leur dernière rencontre il y a un mois, la jeune femme avait gagné en assurance et en détermination. Mais serait-ce suffisant pour faire changer d'avis le détective le plus têtu de l'univers ?

Fin de ce chapitre. . . J'espère qu'il vous aura plu.

Pardonnez-moi pour l'histoire du jardin, j'étais tellement excitée d'avoir trouvé un indice valable, que j'en avais oublié la non-existence d'un jardin autour de la cathédrale Saint-Paul . . .