Hello ! Bonne année à tous !
Bon je sais... j'ai une semaine de retard... mais par rapport aux précédents, c'est pas grand chose... n'est-ce pas ?
Je pense avoir répondu à toutes les reviews, mais si par malheur j'ai oublié quelqu'un qu'il n'hésite pas à me le dire et je me répandrait en excuses, je fais ça très bien, si, si.
Bref, j'arrête là mon bla-bla et je vous laisse à votre lecture ! Un peu plus "d'action" avant l'action dans celui-là ! :o)
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Depuis plus d'une heure à présent Harry et Draco s'entraînaient à réussir un protexis digne de ce nom. Et le blond était sur le point de s'arracher ses jolis cheveux soyeux. C'était absolument incompréhensible. Le Survivant avait compris en un temps record comment créer le sort et comment étirer la toile. Il faisait tout exactement comme il le fallait mais dès qu'il disait au Serpentard qu'il était prêt, celui-ci franchissait l'obstacle avec une facilité déconcertante.
« - J'y comprend, rien ! rageait Malfoy.
« - Je fais exactement comme tu le dis, j'étire bien le voile sans le déchirer, mais… c'est comme s'il disparaissait dès que tu t'avances.
« - je crois qu'on va faire une pause, parce que là, on est dans une impasse et en plus mon estomac commence à se manifester.
« - Voilà une bonne idée ! Je vais mourir si on ne me nourrit pas bientôt, se plaignit Harry.
« - Tu n'est qu'un ventre ambulant ! C'est un scandale que tu sois si mince !
« - T'inquiètes, se moqua le Gryffondor. Tu restes mignon même si tu es un peu grassouillet.
« - Gr… Grassouillet ! hurla un Draco totalement outragé. Tu vas mourir Potter.
Le blond se jeta sur le Survivant qui l'évita dans un cri et se rua sur la porte avant de s'engouffrer dans le couloir et de montant les marche deux à deux. Mais le Serpentard était sur ses talons et Harry perdit un temps précieux en ouvrant la porte. Il slaloma pour éviter Alsan et Loryah qui les regardèrent passer d'un air surpris, leurs plats et assiettes dans les mains. Le Survivant aurait pu s'en tirer, vraiment, s'il ne s'était pas pris les pieds dans un tapis en sortant en trombes de la cuisine. Bien entendu Draco ne laissa pas passer l'occasion et sauta littéralement sur le Gryffondor avec un cri digne d'un film de karaté.
« - C'est l'heure de la vengeance, Potter ! cria Malfoy sur un ton de psychotique.
« - Tu viens de me bousiller le dos, pleurnicha le brun. J'ai senti le moindre de tes kilos et je confirme que tu es grassouilllet !
Harry parvint tant bien que mal à se retourner alors que Draco attirait d'un accio un des coussins du fauteuil. Les coups plurent sur le brun qui tentait tant bien que mal de se défendre contre le fils spirituel de Jacky Chan s'il en croyait les cris que poussait le Serpentard. Inutile de dire que lorsqu'il se mit à rire le blond redoubla de fureur.
« - Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Aslan à Shad et Remus qui venaient de remonter à leur tour.
« - Harry a dit à Dray qu'il était mignon même s'il était grassouillet, expliqua le jeune homme.
« - Il n'a pas dit que j'étais mignon ! s'insurgea Draco.
« - Si, il l'a dit, assura Shad. Remus, tu l'as bien entendu comme moi ?
Ignorant superbement le regard suppliant d'Harry, le loup garou confirma les paroles du fils de son ami. Malfoy fixa se ses grands yeux gris un Harry Potter, tout gêné.
« - Tu as dis que j'étais mignon ?
« - Euh… en fait… c'est-à-dire… oui.
Le Gryffondor ne bougeait plus, évitant le regard du blond, mais il vit les autres ados le regarder d'un air entendu alors Remus lui était plutôt amusé. Il sentit les doigts de Draco glisser dans ses cheveux pour les remettre en place après les coups de coussins. Comme d'un commun accord, les adolescents quittèrent la pièce traînant Lupin avec eux. Lorsqu'ils furent seuls, Harry senti la tension entre le blond et lui augmenter sensiblement. Les yeux du Serpentard se perdaient dans les siens et ses doigts caressant l'engourdissaient délicieusement. Ses lèvres trop sèches le picotaient et il passa une langue humide pour soulager cette sensation. Les iris orages se firent plus sombres et Draco se pencha sur le corps alangui du Gryffondor.
« - Tu joues avec le feu, Harry, murmura-t-il à quelques millimètres de sa bouche.
« - Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit le brun en remarquant confusément que le souffle de Draco était aussi court que le sien.
« - Oh si, tu sais, Harry. Fais attention, tu vas finir par te brûler les ailes.
Leurs lèvres se frôlaient à présent et le Survivant se demandait si ce n'était pas la situation la plus érotique dans laquelle il se soit trouvé, plus encore que le matin même. Alors qu'il allait franchir cette infime distance entre eux, le blond se redressa et se levant, tendit la main pour l'aider à relever à son tour. Le Survivant hésita à la prendre, ne sachant pas vraiment à quoi s'en tenir avec Malfoy. Celui-ci soufflait le chaud et le froid et le Gryffondor en était très perturbé.
« Mais qu'est-ce qu'il veux bon sang ? pesta-t-il intérieurement. J'aurais juré qu'il en avait autant envie que moi de ce baiser et au dernier moment il se barre. Je le comprendrais jamais ! Il veut en venir où au juste ? »
« Peut-être qu'il a peur que tu l'utilises, sussura sa petite voix. »
« Tiens, tu es de retour, toi ? C'est ridicule de toute façon ce que tu dis ! Ce n'est pas du tout mon genre de me servir des gens et il le sait parfaitement ! »
« Ou alors il pense que tu vas croire qu'il profite de toi. »
« Mais… mais je VEUX qu'il en profite, merde ! »
« Alors je crois qu'il va falloir que tu fasses le premier pas »
« Euh… Je suis pas super à l'aise avec ça, tu sais. Il m'a fallu des lustres pour agir avec Cho et Ginny alors avec Draco… »
« Tu es un Gryffondor, non ? Et puis Malfoy te fait quand même plus d'effet que ces filles, ça devrait te motiver. »
Le Survivant soupira profondément et se rendit alors compte que Draco n'était plus là. Retournant à la cuisine, il trouva tout le monde attablé et s'installa à son tour entre le blond et Remus. Personne ne fit la moindre remarque sur ce qui avait pu se passer à côté, même si Harry capta le petit regard curieux que lui lança Loryah. Nul doute que le Serpentard aurait droit à un interrogatoire en bonne et due forme dès qu'elle en aurait l'occasion. Il se servit une assiette plus que généreuse et écouta la conversation qui portait sur les efforts de Shad pour devenir animagus.
« - Tu as fais des progrès ? demanda Harry.
« - ouais, pas mal, mais il me reste encore beaucoup de chose à apprendre. Enfin au moins maintenant je sais précisément quel est mon animagus.
« - Et c'est quoi ? interrogea le Gryffondor.
« -Monsieur joue les timides, se moqua sa sœur. Il refuse de nous le dire.
« - Et alors, c'est mon droit, sale gamine, fit Shad en lui balançant une patte.
« - Si je n'avais pas passé du temps à préparer ces pattes je te balancerais mon assiette, petit con, répliqua sa sœur avec un sourire crispé.
« - Vous n'allez pas recommencer, soupira Aslan. C'est dans ces moments-là que Sev manque vraiment. Il n'a qu'à vous lancer un regard menaçant pour que vous filiez doux.
« - Dis donc, en tant que petit ami, tu devrais me soutenir ! riposta Shad.
« - Etre ton petit ami ne m'empêchera pas de vous trouver parfois pénibles tous les deux.
Les jumeaux se mirent à bouder ostensiblement sous le regard amusé de Remus.
« - C'est souvent comme ça ? demanda l'ancien professeur.
« - Ah la la ! Tous les jours, répondit un Draco fataliste. Parfois Sev en a tellement marre de les entendre se chamailler qu'il les enferme chacun dans une salle.
Le loup garou et Harry éclatèrent de rire, s'attirant des coups d'œil furieux de la part des jumeaux.
« - Je vais finir par regretter de ne pas avoir révélé de détail compromettant à Harry, maugréa la jeune fille.
« - Il est toujours temps de changer d'avis, proposa le Gryffondor. Aïe ! Malfoy t'es qu'une brute ! Ca fait très mal un coup de fourchette.
« - Tu crois ? J'aurais jamais deviné ! persifla le blond.
« - Eh ! vous n'allez pas vous y mettre aussi ! pria Aslan. Parlons plutôt de ce qu'on fera après le déjeuner. On continue l'entraînement comme prévu ou vous avez envie de faire autre chose ?
« - Je voterais plutôt pour une après-midi détente au lac, par exemple. Les exercices de ce matin m'on vidés.
« - Idem, approuva Loryah. Si vous voulez, on pourrait s'entrainer ici tous les matins et réserver les après-midi à des choses moins sérieuses. N'oublions pas que nous sommes en vacances quand même !
« - J'ai l'impression que c'est une notion que ne semble pas connaître Granger, remarqua Draco. A chaque fois qu'on lui propose une sortie elle refuse pour se plonger dans ses bouquins. Je ne saurais jamais faire comme elle et apprendre sans arrêt. L'esprit aussi à besoin de repos… En tout cas le mien !
« - C'est vrai qu'Hermione est une élève particulièrement assidue, ajouta Remus. Mais j pense qu'elle est heureuse comme ça et que personne ne pourrait la changer.
« - Ron aimerait bien, pourtant, murmura Harry comme pour lui-même.
« - Tu crois ? questionna le loup-garou d'un air sceptique.
« - Oui. Il n'aime pas se sentir inférieur à elle, ni qu'elle le sermonne constamment.
« - Je ne pense pas que Weasley pourra y changer quoi que ce soi, déclara le blond. D'autant plus que j'ai l'impression que Granger est en train de doucement l'oublier et qu'elle n'est pas indifférente à Jayhad, si l'on en croit le nombre de fois où elle le cite dans les conversations.
« - je serais plutôt d'accord avec toi, approuva Loryah. Notre chère Hermione a un faible certain pour notre Maître du Savoir
Harry ne pu retenir un sourire. Il souhaitait sincèrement à Hermione d'être heureuse même si ce n'était pas avec Ron. Il aurait dû en éprouver du remords mais il gardait encore en mémoire l'attitude du roux quand il était partit pour la France et le fait qu'il n'avait même pas parlé ou regardé la jeune femme. Il savait que cela avait blessé Hermione et en voulait à son ami d'avoir infligé ça à celle qu'il lui avait dit aimer plus que tout.
Le repas s'acheva bientôt et, après avoir rapidement remis de l'ordre, ils quittèrent la maison pour raccompagner Remus avant de filer en direction de Nalsy.
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La semaine passa à une vitesse incroyable aux yeux d'Harry. Après bien des efforts, il finit par maîtriser le Protexis quand Aslan remplaça un Draco qui perdait patience. Plusieurs tentatives leur permirent de se rendre compte que c'était uniquement le blond que le Survivant ne pouvait arrêter ce dont tout le monde profita aussitôt pour le chambrer sans pitié à l'exception notable de Draco qui se contenta de lui sourire tendrement. Même Remus s'y mit en déclarant à un Harry mortellement gêné que le Serpentard et lui formaient un très joli couple.
« - Comment peux-tu me faire ça ? avait reproché le Gryffondor.
« - J'étais un Maraudeur, ne l'oublie pas. Un peu plus calme que ton père ou Sirius, mais un Maraudeur tout de même !
Le Gryffondor avait maugréé qu'il choisissait bien son moment pour s'en souvenir mais n'objecta pas à la remarque en elle-même. Cela lui aurait été difficile compte tenu du flirt quasi constant qui s'était instauré entre Malfoy et lui. Ils se frôlaient, se taquinaient, échangeaient des regards furtifs… Malgré les bonnes résolutions qu'Harry s'était juré de prendre, les séances de « frottage » matinales s'étaient reproduites et il était à présent persuadé que le Serpentard savait qu'il feignait de dormir. Mais celui-ci ne le brusquait pas et le brun lui en était reconnaissant tout en sachant que cette mascarade ne pouvait durer éternellement.
Il y eut aussi le jour où Loryah et Shad restèrent quasiment prostrés, collés l'un à l'autre et perdus dans des pensées apparemment communes. Ils ne s'entraînèrent pas ce jour-là et partirent se balader seuls, unis comme Harry l'avait rarement vu depuis son arrivée.
« - Que se passe-t-il ? avait-il demandé, inquiet.
« - C'est l'anniversaire de Sev, répondit simplement Draco en regardant ses amis d'un air compatissant.
Les jumeaux revinrent tard ce soir-là mais personne ne leur posa de question. Le lendemain tout était redevenu normal mais le Survivant surprit à plusieurs reprise l'un des deux avec une expression à la fois pensive et triste.
Mais ils furent distrait de ces préoccupations par la tension qui commençait lentement à monter car la date de leur prochaine expédition avait été fixée. Ils partaient dans deux jours pour récupérer un autre miroir et certaines des informations glanées par Hermione, Jayhad et Solaah étaient des plus inquiétantes. Apparemment les Carpatti formaient une très vieille famille de vampires, descendante directe de Vlad l'empaleur également appelé Dracula himself ! Lorsqu'ils avaient appris cela trois jours auparavant, ils avaient décidé de s'entraîner d'avantage afin d'augmenter leur chances. Harry avait appris plusieurs sorts d'attaque et de défense propres à sa baguette Helch comme Amittere vox qui rend temporairement muet ou même vertocorpus qui fait faire un demi tour à la cible. Au final, avec ceux qu'il connaissait déjà, il disposait d'une conséquente armada de sortilèges pour les situations critiques. Leur voyage en Italie promettant de l'être, ils se plongeaient de tout leur cœur dans ces entraînements.
A l'exception de Shad.
Ce n'était pas que l'adolescent ne voulait pas mais il était victime d'un petit problème. Il n'avait pas ménagé ses efforts pour devenir animagus et y était parvenu subitement lors d'un exercice qu'il avait pratiqué des dizaines de fois sans succès apparent. Sur le coup le jeune homme avait été fou de joie et avait paradé devant ses amis sous sa forme animale. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il y avait un os… Il n'arrivait pas à inverser la transformation. Il avait essayé pendant des heures mais il semblait incapable de se concentrer suffisamment, l'esprit de l'animal perturbant sa magie.
Mais personne, même pas Loryah, n'avait songé à se moquer.
Parce que la bestiole était plutôt imposante. Harry se rappellerait d'ailleurs toujours la tête des adultes quand ils étaient revenus.
« - C'est quoi ça ? avait demandé un Lucius Malfoy livide.
« - Mon frère, expliqua Loryah. Il est devenu animagus.
Une déglutition collective avait été clairement entendue mais Shad l'ignora royalement et monta jusqu'à sa chambre. Balou, assis près du fauteuil à cet instant, se ratatina par terre et opéra une retraite stratégique derrière le divan.
Il avait fallu deux jours au jeune homme pour retrouver son apparence normale avec l'aide d'un Remus partagé entre l'amusement et l'inquiétude. Le Survivant comprenait parfaitement le loup garou et avait parfois du mal à réprimer un sourire ironique quand il voyait son ami sous sa forme d'animagus. Il espérait de tout cœur être présent lorsque Snape le découvrirait car cela promettait d'être particulièrement drôle.
Mais ce n'était hélas pas pour tout de suite et, ce soir là, deux jours avant leur départ, la seule chose qui préoccupait le Gryffondor était leur sortie nocturne. Plusieurs fois reportée, cette soirée avait finalement été décidée et le Survivant allait devoir affronter une situation particulièrement effroyable à ses yeux. Danser en public. Et les promesses de Draco de lui apprendre et que tout se passerait bien ne le convainquirent que moyennement.
Mais il affronterait cette épreuve avec le courage d'un Gryffondor digne de ce nom et avait même accepté à cette occasion de passer entre les mains d'Aslan et de Shad qui l'avait préparé, à la grande contrariété du blond qui aurait préféré s'en charger lui-même. Les deux garçons l'avaient longuement coiffé puis choisit ses vêtements, lui expliquant au passage les associations de couleurs, ensuite ils l'avaient parfumé et le Survivant accepta même qu'Aslan le maquille d'un léger trait de khôl pour faire ressortir ses yeux. A présent, à quelques secondes de se « montrer » à Draco, Harry stressait en se demandant ce qu'allait en penser le blond. Le trouverait-il beau et apprécierait-il les efforts que le Survivant avait fait pour lui ? Harry avait beau se répéter qu'il était ridicule et qu'il pensait comme une fille à son premier rendez-vous, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Parce qu'il était persuadé que cette soirée serait importante dans l'avenir de ses relations avec le Serpentard et que beaucoup de choses allaient changer. Il était également assez honnête avec lui à présent – sa petite voix avait bien travaillé – pour reconnaître qu'il était temps et que ce jeu du chat et de la souris, aussi plaisant soit-il, ne pouvait durer éternellement. Il était donc terriblement nerveux et aussi très excité à l'idée de ce qui l'attendait.
Un bruit de toux le fit brusquement se retourner et il se trouva face à Shad et Aslan qui se mordaient les lèvres pour ne pas rire et semblait prêt à se foutre de sa poire dans les règles de l'art.
« - Rassure-moi, commença Shad. Tu n'es pas resté planté en haut de cet escalier depuis près d'un quart d'heure ?
« - Oh, ça va ! Tout le monde n'a pas ton complexe de supériorité, maugréa Harry. J'ai le droit d'être un tout petit peu stressé, non !
« - Eh ! mais c'est qu'il commence à sortir ses griffes ! rigola Aslan.
« - J'ai pas trop le choix ! Vous êtes tous en train de me charrier à tout bout de champs, pesta le Survivant.
« - Dis-toi que c'est parce qu'on t'aime bien, sourit Shad. Allez, va montrer à Draco comme tu es belle.
Le regard de tueur que lui adressa Harry n'impressionna pas plus que ça le jeune animagus qui descendit les marches en riant. Aslan posa une main réconfortante sur l'épaule du Gryffondor et l'encouragea à les suivre. Quand il arriva au bas des marches, Draco lui tournait le dos et discutait avec les jumeaux. Suivant le regard étonné et admiratif de Loryah le blond se retourna et Harry eut soudain l'impression que tout disparaissait autour d'eux. Ne restait que Draco, dont le regard brillant lui procurait une agréable sensation de chaleur, et lui. Pour la première fois peut-être, il ne se senti pas gêné d'être le centre de l'attention de quelqu'un et se permit d'admirer pareillement le Serpentard.
Draco s'approcha et remis distraitement en place le col ouvert de la chemise blanche du Gryffondor. Non qu'elle en eu réellement besoin, il cherchait juste une excuse pour effleurer la peau si tentante. Un sourire orna ses lèvres quand il vit le collier qu'il avait offert au brun. Il savait que celui-ci ne l'avait pas ôté depuis et en était particulièrement touché. Le charme fut brisé par Yorrick et Lucius qui entrèrent tout à coup au salon. Les adultes discutaient bruyamment, apparemment inconscients de l'instant privilégié qu'ils venaient d'interrompre. Bien que le regard amusé que lui lança son père fit fortement douter Draco.
« - Eh bien, vous voilà tous bien beaux, complimenta Lucius. Oui, même vous, Potter. Mon fils a fait des merveilles avec votre garde-robe. Il pourra toujours se spécialiser dans le relooking des cas désespérés.
« - Bonne idée, papa, la prochaine fois je m'occupe de tes cheveux.
L'ex-espion regarda son fils d'un air totalement outragé alors que celui-ci arborait une expression à la fois décidée et pleine de défi.
« - Allez, en route, dis Loryah pour éloigner son frère et Aslan, hilares, de son parrain mécontent.
Ils quittèrent donc la maison, faisant un dernier signe à Mayna et Narcissa qui venaient d'aller coucher Ayllie. Les deux femmes regardèrent Yorrick, écroulé de rire, et Lucius qui fixait la porte par laquelle venait de disparaître son fils.
« - Que se passe-t-il ? demanda la blonde en s'asseillant à côté de son époux.
« - Notre petit garçon est amoureux, soupira celui-ci.
« - Tu t'en aperçois seulement maintenant ? s'étonna sa femme. Franchement pour quelqu'un qui perçoit les émotions des autres, tu n'as pas été très perspicace. Et puis Draco est grand maintenant.
« - Je sais bien mais… ça fait drôle quand même. J'avais bien remarqué qu'il y avait anguille sous roche entre Potter et lui mais je n'avais pas vraiment réalisé que c'était à ce point là. Que veux-tu, ça me file un coup de vieux.
Passant une main câline dans ses cheveux, Narcissa l'attira à elle pour un tendre baiser.
« - J'ai peut-être une idée pour faire disparaître cette vilaine impression.
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Sur la route qui les menait au Cercle, le club dans lequel ils allaient danser, le petit groupe croisa Hermione et Jayhad. En fait le couple ne les aperçu pas car au même moment ils entraient main dans la main dans un petit restaurant.
« - On dirait bien qu'on avait raison concernant ces deux-là, plaisanta Aslan. C'est pas gentil à Hermione de nous avoir caché ça !
« - Je comprends surtout mieux pourquoi elle a refusé quand je lui ait proposé de nous accompagner, déclara le Survivant. Moi qui culpabilisait de la laisser seule !
« - On dirait que pour une Gryffondor, elle est moins coincée que d'autres ! taquina Draco.
« - Tu es encore en train de revenir sur cette histoire de pruderie ?
« - Non, pour ça j'ai changé d'avis récemment. Et qui te dis que je parlais de toi ?
« - Et à qui d'autre faisais-tu allusion dans ce cas ? interrogea Harry sans relever l'insinuation.
« - De Weasley par exemple. Faut reconnaître que dans le genre, il n'est pas très dégourdi.
« - Ne dis pas de mal de Ron ! C'est mon meilleur ami je te le rappelle !
« - Je ne dis pas de mal, je constate l'évidence ! Combien de temps lui a-t-il fallu pour comprendre que Granger lui plaisait et l'aborder ? Pourtant dès la 4ème année tout le monde à Poudlard était persuadé qu'ils sortiraient ensemble. Ca a été une sacrée surprise quand on l'a vu avec cette tarte de Brown.
« - Je crois qu'elle lui plaisait surtout parce qu'elle le prenait comme il était. Séduire et surtout rester avec Hermione le forçait à effectuer trop de changements dans son caractère. Et peut-être qu'Hermione le faisait un peu trop penser à sa mère. Molly Weasley est une femme formidable mais un peu envahissante et autoritaire. En plus je ne pense pas que beaucoup de mecs voudraient sortir avec une réplique de leur mère, termina Harry.
Draco eut une moue sceptique et le silence régna durant les quelques minutes qui les séparaient du Cercle. Lorsqu'ils s'arrêtèrent devant la façade illuminée, le Gryffondor senti sa nervosité revenir au triple galop et il se rapprocha inconsciemment de Draco. C'était ridicule pourtant ! Il ne s'agissait que de quelques danses après tout et il y avait survêcu lors du bal de quatrième année. Cependant il ne pouvait se défaire de son stress.
Ils entrèrent enfin et le Survivant apprécia immédiatement l'ambiance des lieux, chaleureux et pas trop grands. Des îlots, destinés à la détente et au repos, étaient composés de fauteuils et de tables basses entourant la piste de danse. Une multitude de jeunes corps s'y déhanchaient en rythme sous les lumières stroboscopiques des projecteurs multicolores. Le petit groupe se dirigea vers l'un des îlots et peu après qu'ils soient installés Loryah se dirigea vers le bar pour commander la première tournée de cocktails. Elle revint bientôt, cinq coupes au contenu multicolore flottant devant elle.
« - C'est joli, murmura Harry en admirant l'arc en ciel formé par les différents alcools, et super bon aussi !
« - Méfies-toi quand même, l'avertit Draco. On appelle ça une « descente aux enfers » car chaque alcool est plus fort que le précédent. La dernière dose, c'est du Red Silicis, l'un des alcools les plus forts de l'Antre. C'est de cette liqueur que mon père a imprudemment abusé lors du mariage du frère de Fenry.
« - J'ai plus ou moins entendu parler de ça, intervint Harry. Que s'est-il passé exactement ?
« - Mon père va me tuer si je te raconte ça, rigola le blond. C'est la plus grande honte de sa vie !
« - Allez dis ! Lui il était prêt à me donner des informations compromettantes sur toi si je lui disais ce que j'avais trouvé dans le journal de Snape. Donc t'as pas de scrupules à avoir !
« - Eh ! Nous fréquenter commence à te pervertir je crois ! se moqua Loryah. C'est une manœuvre digne d'un Serpentard, ça !
« - Ca va certainement vous étonner mais le Choixpeau magique a hésité à m'envoyer là-bas, leur appris Harry.
« - Quel dilemme ça aurait été pour Sev, plaisanta Malfoy. Se faire plaisir en t'ôtant des points à tour de baguette ou mettre en avant sa maison…
« - Dis donc, tu prends ça avec philosophie, remarqua le Gryffondor, et je suis content que tu admette enfin le favoritisme scandaleux qu'il faisait envers vous.
« - Il aurait fallu être aveugle pour pas voir ça ! Et concernant la possibilité que tu te retrouves à Serpentard… Vu que tu as certainement enfreint plus de règlements de l'école que toute notre promotion réunie, non ça ne me surprend pas plus que ça. La seule chose qui te manque c'est la subtilité dont tu es cruellement dépourvu.
« - Au lieu de me critique en faisant semblant de me faire des compliments, si tu crachais le morceau à propos de ton père ?
« - Très bien, mais garde ça pour toi, j'ai pas envie d'être déshérité. On a une très jolie maison aux Bahamas dont je ferais bien ma résidence secondaire.
« - D'accord, je dirais rien, promis.
« - Bien, en fait c'est tout simple, c'est Fen et Yorrick qui nous l'ont raconté. Il y a deux ans, Belian, le plus jeune frère de Fenry s'est marié et il a auparavant organisé son enterrement de vie de garçon. Yorrick s'est occupé du gâteau surprise avec Sev, tu sais celui où il y a une streap-teaseuse qui sort, et l'alcool coulait plus que généreusement quand l'heure est venu de l'amener. Mon père était, pour employé un euphémisme, complètement torché à ce moment-là. D'ailleurs d'après Fen, tout le monde était un peu parti mais papa était loin devant les autres. Ils ont mis une musique sensuelle et le streap tease a commencé. Mon père était assis à côté de Belian et la steap-teaseuse s'est « trompée » de cible. C'est mon père qu'elle a commencé à chauffer. Et mon cher paternel n'a apparemment pas capté que le « cadeau » n'était pas pour lui et s'est mis à danser et à se déshabiller également. Ils sont monté tous les deux sur la table et au rythme de « You can leave your hat on » ils ont fait un effeuillage intégral.
Harry était écroulé de rire sur son fauteuil et avait même du mal à reprendre son souffle. Mais Draco n'en avait pas encore terminé de son récit.
« - Et à la fin, mon père a attrapé la streap-teaseuse et lui a roulé la pelle du siècle que l'autre lui a largement rendu. Et là, dans la brume de son éthylisme il a noté un détail troublant. Il s'est détaché de la streap-teaseuse, a baissé les yeux, et s'est rendu compte qu'en fait, c'est UN streap-teaseur. C'est à ce moment là qu'il est tombé dans les pommes.
Des larmes coulaient à présent sur les joues du Survivant qui tentait pitoyablement de recouvrer un semblant de respiration. Mais rien que d'imaginer Lucius Malfoy se déhanchant à poil sur une table devant toute une assemblée en compagnie d'un travesti, et il repartait dans des crises de fou-rire à n'en plus finir. Il lui fallu dix bonnes minutes pour se calmer et encore par instant des gloussements irrépressibles le saisissaient. Il termina son cocktail, manquant de s'étrangler quand il en arriva au Red silicis, ce qui ne l'empêcha pas d'en commander un autre pour tout le monde et surtout pour lui.
« - Tu devrais faire attention, Harry, prévint à nouveau le blond.
« - Oh ! Ne joue pas les rabats joie, Draco, minauda le Gryffondor. Je veux juste m'amuser et puis si je suis ivre c'est pas la fin du monde. Faut bien que ça m'arrive un jour.
« - Quoi ? l'interrompit Shad, tu ne t'es jamais saoulé avec tes potes ? C'est une tradition pourtant !
« - Ouais, mais dans mes potes, il y a Hermione et c'est pas le genre de chose qu'elle verrait d'un très bon œil !
« - Je ne suis pas sûr non plus que ce soit une bonne idée, objecta le blond.
« - J'ai l'impression que notre petit Dragon a peur qu'Harry ne se jette dans les bras du premier venu… qui ne serait pas lui, taquina Loryah.
Malgré l'éclairage tamisé, tous purent voir le Serpentard rougir en détournant la tête. Harry hésita un instant avant de poser sa main sur la cuisse du blond dans un geste affectueux. Draco se tourna vivement vers lui, étonné de l'initiative du Gryffondor. Le sourire que celui-ci lui adressa était différent de tout ceux qu'il avait pu lui faire. C'était un mélange de timidité et d'affection qui rendait Draco tout chaud à l'intérieur. Harry laissa sa main où elle était et sirota son cocktail en écoutant d'une oreille distraite la conversation, regardant sans vraiment les voir les danseurs qui évoluaient près de lui. Ce ne fut que lorsque le blond posa sa main sur la sienne qu'il reporta son attention sur lui.
« - Tu as envie de danser, Harry ? lui demanda Malfoy.
« - Hein ? Non ! Je regardais c'est tout ! Je…
« - Eh bien moi, j'en ai envie, viens, fit le blond en se levant et en tirant fortement sur le bras du Survivant.
« - Mais Draco, on a tout le temps pour ça, geignit Harry.
« - Vu ton manque de talent dans ce domaine, la nuit n'y suffira peut-être même pas.
« - C'est pas sympa ce que tu dis, bouda le brun alors qu'il arrivait sur la piste.
« - Je plaisante, mon cœur. En plus, je suis un professeur hors pair, tu ne pouvais vraiment pas mieux tomber.
« - Ce que j'admire chez toi c'est ton incroyable modestie, ironisa le Gryffondor.
« - Toi aussi tu trouves ? Je suis content que tu l'ais remarqué. Bon commence par te rapprocher, on peut difficilement danser à trois kilomètres de distance. Là, c'est mieux. Détends-toi voyons, je ne vais pas te manger… sauf si tu me le demande bien sûr.
« - Très drôle. C'est plus facile à dire qu'à faire, tu sais.
« - Shhh… Tu n'as qu'à imiter mes mouvements. Tu as de la chance, c'est un slow, c'est ce qu'il y a de plus facile. Mets tes bras autour de mon cou…
Draco posa les mains sur les hanches de son partenaire et l'entraîna dans une danse langoureuse. Au début atrocement gauche et embarrassé, Harry finit par se rendre compte que personne ne le regardait bizarrement et se détendit peu à peu, suivant plus souplement le rythme dicté par le blond. Ils se rapprochèrent sensiblement au cours du morceau et lors de la deuxième chanson le souffle du Serpentard caressait délicieusement le cou du Survivant. Du coin de l'œil, celui-ci vit que Shad et Aslan avaient eux aussi rejoint la piste alors que Loryah s'était dégotée un cavalier.
De plus en plus en confiance Harry enlaça plus intimement Draco et posa la tête sur son épaule.
« - Tu avais raison, lui murmura-t-il à l'oreille. Tu es un excellent professeur, Malfoy.
« - Tu n'es pas mauvais non plus dans le rôle de l'élève, Potty.
« - Tu as d'autres choses à m'apprendre ? questionna le brun en cherchant le regard de son vis-à-vis.
« - Des tas, promit celui-ci sur un ton plein de sous-entendus qui fit rire son partenaire.
Les danses s'enchaînèrent, le Gryffondor s'essayant avec plus ou moins de succès à des cadences plus exotiques. Tout au long de la soirée il avait consommé un bon nombre de cocktails qui avaient envoyés au diable ses inhibitions et c'est sans complexe désormais qu'il ondulait, ses hanches plaquées à celle de Draco. Les mains des deux jeunes hommes avaient elles aussi pris des libertés et voyageaient sans retenue aucune sur le dos et les fesses de l'autre. Leurs lèvres se frôlaient souvent mais elles semblaient prendre plaisir à se tenter sans se rencontrer vraiment. La soirée se passait réellement de manière idyllique et le Survivant se sentait flotter dans un cocon de bien-être, de douceur et de sensualité. La musique était parfaite, même à ses oreilles peu mélomanes, des bras amoureux l'encerclaient pour le cajoler et il souhaitait que cela dure pour toujours.
Tout à coup une main se posa sur l'épaule de Draco, s'immissant dans leur tête à tête. Ils se tournèrent vers l'intrus que le blond parût reconnaître car il pinça les lèvres en une moue contrariée.
« - Salut, Dray, commença le nouveau. Ca faisait longtemps, non ? C'est rare de te voir ici à cette époque, tu n'as pas repris les cours ?
Le Gryffondor détailla le jeune homme. Un peu plus vieux qu'eux – de deux ans peut-être – des cheveux châtains coupés courts et coiffés avec art, des yeux noisette, une bouche généreuse, une belle gueule et un sourire craquant… Il le détesta sur le champ. D'où Draco connaissait-il ce type, se demanda-t-il en resserrant possessivement son étreinte autour du Serpentard. L'autre le remarqua et lui adressa un sourire moqueur qui fit enfin réagir le blond.
« - Sasha. Je ne savais pas que tu serais là. On m'avait dit que tu étais parti étudier les rites magiques d'une peuplade perdue en Australie, déclara Draco d'une voix polaire.
« - C'est le Temps des rêves Maori que j'étudie… et c'est en Nouvelle Zelande. En fait, je suis venu passer quelques jours avec ma famille à l'occasion des fêtes de fin d'année et je me suis un peu attardé. Tu ne me présentes pas ton charmant compagnon ?
« - Je n'en ai pas très envie, non.
« - Oh, allez ! En souvenir du bon vieux temps. On a passé de bons moments tous les deux, non ?
« - Va te faire voir, Sasha, cracha le Serpentard.
« - J'oubliais que tu n'étais pas prêteur, soupira le jeune homme. Si jamais tu te lasses de lui, ajouta-t-il à l'intention d'Harry, passe me voir. Je suis ici presque tous les soirs.
« - Je ne suis pas du tout intéressé, riposta le brun.
Sasha haussa les épaules et s'éloigna, laissant les deux garçons enfin seuls. Mais l'humeur tendre s'était évanouie et le Survivant jeta un regard accusateur au Serpentard.
« - C'est qui ce type ? interrogea-t-il sèchement.
« - Mon ex. je suis sorti avec lui pendant les vacances de printemps en cinquième année. Ca n'a pas duré, Sasha ignore le sens du mot fidélité.
« - Tu es sorti avec ce con.
« - Eh oui, tout le monde a le droit de se tromper. Ecoute, j'aimerai autant qu'on change de sujet, il n'en vaut pas la peine.
« - Il y en a eu combien ?
« - Quoi ?
« - Combien de mecs avant moi ? demanda rageusement le Gryffondor.
« - Tu me fais quoi là, Potter ? siffla Malfoy qui commençait lui aussi à s'énerver.
« - Je n'ai pas le droit de savoir ? Il y en a eu tant que ça ?
« - Alors écoute. Si je suis sorti avec Sasha c'est parce qu'un crétin de Gryffondor bigleux et balafré se pavanait avec une pétasse nommée Cho Chang. Et si tu veux vraiment le savoir, il y en a eu trois. Trois que j'ai plaqué à chaque fois parce qu'ils n'étaient pas toi ! Mais quand je vois l'attitude que tu as maintenant, je me demande si je n'ai pas eu tord.
Et sur ces dernières paroles, le blond le planta là et s'éloigna en direction de la sortie. Harry se sentait totalement misérable et honteux. Comment avait-il pu parler de cette façon ? Pourtant il n'arrivait pas à faire un pas pour le suivre, comme s'il avait été frappé par un sort de pétrification. Il lui fallut une violente tape sur la tête, de la part d'une Loryah totalement furieuse, pour le réveiller.
« - Tu as intérêt à le rattraper et à te confondre en excuses, Potter. Sinon je te prouverais que je suis la digne fille de mon père et je te pourrirai la vie pour le restant de tes jours, menaça-t-elle.
Le Survivant n'eut pas besoin d'encouragements supplémentaires et fila à la poursuite de son presque petit ami. Heureusement pour lui la boîte était bondée à présent et il aperçu bientôt les mèches blond platine de Draco. Il essaya de l'appeler mais le Serpentard ne sembla pas l'entendre ou fit comme si. Jouant des coudes et bousculant sans remord, le Survivant se rapprochait inexorablement quand le blond profita d'une trouée pour s'échapper. Le temps qu'Harry parvienne à en faire autant, Malfoy avait une avance considérable et disparaissait à l'angle de la rue. Le brun se mit à courir, rattrapant peu à peu son retard, et il remercia pour la première fois son cousin pour toutes ses persécutions enfantines. Le blond avait moins d'endurance que lui et finit par s'arrêter dans une ruelle déserte, cherchant son souffle et tournant obstinément le dos au Gryffondor. Harry stoppa à son tour à quelques mètres de lui.
« - Dégage, Potter !
La culpabilité du Survivant se décupla quand il entendit les sanglots dans la voix du Serpentard. Il franchit la distance qui les séparait et l'enlaça, enfouissant son visage dans son cou.
« - Je suis désolé, Draco. J'ai agis comme un con, pardon.
« - Va t'en ! fit celui-ci en tentant de se dégager.
« - Non. Je… j'étais jaloux, j'ai été stupide. Excuse-moi, s'il te plait. Je n'avais… jamais ressenti ça avant, pas à ce point-là. Je ne supportais pas l'idée qu'il ait pu poser les mains sur toi et j'ai un peu pété les plombs. Je t'en prie pardonne-moi, je ne recommencerai plus. Je… je crois que je suis amoureux de toi, Draco et je ne sais pas comment te le montrer. Tu sembles reculer à chaque fois que j'avance vers toi.
Le blond avait cessé de se débattre. Harry respirait profondément le parfum de ses cheveux en déposant de petits baisers sur la nuque et dans le cou du Serpentard tout en lui murmurant une litanie d'excuses. Subitement Draco se tourna et colla sa bouche à celle du Survivant, l'enlaçant presque désespérément. Harry répondit aussitôt, glissant les doigts dans les mèches soyeuses pour mieux déguster leur premier vrai baiser. Les lèvres du blond avaient le goût sucré et alcoolisé des cocktails qu'ils avaient consommés et le Gryffondor, qui s'en repaissait, trouvait que c'était la saveur la plus merveilleuse qui soit. Une langue audacieuse vint quémander l'entrée et bientôt ce furent elles qui dansèrent ensemble, se caressant, se défiant en un ballet sauvage et vieux comme le monde.
Le besoin d'air les forçait parfois à ce séparer brièvement, leur causant presque une souffrance tant ils étaient affamés de l'autre. Harry esquissa un sourire en fixant les lèvres entrouvertes de Draco.
« - Finalement, c'est une excellent idée ce percing, murmura-t-il d'une voix rauque.
« - Et encore, tu n'as rien vu, souffla le Serpentard en reprenant sa bouche.
Ils ne surent pas qui poussa le premier gémissement, qui fit la première invite, et du reste ça n'avait guerre d'importance. Ils avaient dix-sept ans, leur pays était en guerre et ils pouvaient même mourir le lendemain. Leurs corps exigeaient une satisfaction brute, immédiate, réservant les moments de tendresse à plus tard, quand leurs sens en folie ne dicteraient plus leur loi.
Draco se retrouva plaqué à un mur, à moitié porté par le Gryffondor qui s'était glissé entre ses cuisses. Ils savaient qu'aucun d'eux ne tiendrait le temps des préliminaires aussi se contentaient-ils de se caresser de tout leur corps, pressant leurs érections l'une contre l'autre, le Survivant revendiquant à présent pleinement son plaisir et celui de son partenaire. Leurs pantalons trop étroits furent déboutonnés et baissés juste ce qu'il fallait pour qu'ils puissent reprendre leurs activités sans gêne. La pudeur du Survivant était à présent très loin et c'est avec délectation qu'il pétrissait les fesses du blond, qui n'était pas en reste non plus et dévorait les tétons du Gryffondor d'une bouche experte et très avide. Perdue dans la multitude de râles, de gémissements et de cris, la voix d'Harry sonna comme un grondement aux oreilles du Serpentard.
« - Dis mon nom, Draco. Dis que tu me veux, dis moi que tu m'aimes. Apprends-moi à t'aimer.
Ses nerfs déjà surchargés par les ondes délicieuses qui le parcouraient comme des décharges électriques, Malfoy perdit le peu de contrôle qui lui restait à ces mots et s'empara des lèvres de son amant avant de lui gémir les mots qu'il attendait et qui lui brûlaient les lèvres.
« - Harry... Harry ! Je t'aime, bébé… je t'aime… tu es à moi… à moi… je t'aime ! Oh, Merlin ! Comme je t'aime…
Il répétait ces derniers mots tel un mantra qui poussait le Gryffondor de plus en plus loin dans la tempête sensuelle qui les frappaient. Les ongles de Draco étaient crispés sur le dos du Survivant mais celui-ci n'en avait cure et n'était plus à présent en état de faire quoi que ce soit d'autre que sombrer. Il sentit confusément le blond se cambrer, terrassé par son orgasme, juste avant qu'il ne succombe à son tour.
Ils s'effondrèrent ensuite sur le sol, toujours cramponnés et leurs lèvres se scellèrent avec une douceur infinie tranchant radicalement avec la passion primitive dont ils venaient de faire preuve. Ils restèrent longtemps ainsi, se bécotant doucement, savourant juste la présence et la chaleur du corps de leur amant. Mais toutes les bonnes choses ont toujours une fin et Draco se recula en grimaçant d'un air plutôt dégoûté.
« - Il faut qu'on rentre, j'ai besoin de changer de sous-vêtement, déclara-t-il.
« - Tu sais que dans le genre « je casse l'ambiance » tu viens de frapper très fort ? pesta Harry.
« - Désolé, mon cœur, mais c'est urgent. Je déteste avoir mes boxeurs pleins de sperme !
« - Parce que ça t'arrive souvent ?
« - Eh bien… Depuis quelques jours, je partage mon lit avec un Gryffondor très très en forme le matin…
« - Je savais que tu savais ! accusa Potter d'un air théâtral.
« - Harry… J'ai su au bout de deux minutes ! PERSONNE ne peut avoir un sommeil aussi profond ! Et puis tu mords quand tu es excité !
« - Quoi ? C'est totalement faux ! Pour quel genre de barbare me prends-tu ?
« - Regarde donc mon épaule gauche, tu devrais y voir la trace de tes dents
En effet, plusieurs marques ornaient la peau blanche de Draco. Le brun les effleura délicatement.
« - Je suis désolé.
« - Pourquoi ? Je trouve ça… très excitant, tu sais.
« - Vraiment ? demanda le Survivant en rougissant.
« - Vraiment.
« - Si je comprends bien tu m'as utilisé…
« - Tout de suite les grands mots ! Et puis, il me semble que tu ne t'en plaignais pas puisque TU recommençais tous les matins.
« - Que veux-tu, tu es trop sexy pour que je te résiste.
« - Bien content de te l'entendre dire !
Le silence plana quelques instant avant qu'Harry ne reprenne d'une voix contrariée.
« - Là, tu es sensé dire que je suis sexy aussi !
« - Hein ? Quoi… Tu crois ?
« - Oui, fit le Survivant d'un ton ferme.
« - Bon, puisque tu insistes. Je te trouve sexy aussi… Surtout quand tu boudes, décida le Serpentard en déposant un petit bisou sur la moue du brun.
« - Méchant.
« - Non. Serpentard. Ne l'oublie pas ! Allez viens, on rentre.
Harry suivit en ronchonnant mais arrêta bien vite quand le blond passa un bras câlin autour de sa taille. L'imitant, ils cheminèrent ainsi enlacés, jusqu'à la maison des Flint où ils se glissèrent sans bruit. Arrivé à l'étage, Draco prit la main du Survivant et l'entraîna avec un sourire aguicheur vers la salle de bain.
« - Insonorise la pièce, conseilla Malfoy en fermant la porte.
oOoOoOo
Alooooors, vous en avez pensé quoi ? Moi, j'aime assez ce chapitre. Si vous avez apprécié aussi ou avez des critiques constructives, n'hésitez pas à m'en faire part !
Prochain chapitre à la St-Valentin !
Biz !
