Bonjours tout le monde

Nouveau chapitre de AWND

Sam/John/Toni

et quelques imprévus dans leur petite virée

bonne lecture


- Que venons nous faire exactement à Aurora dans le Colorado ? demanda Toni Bevell en lisant le panneau de bienvenue à l'entrée de la ville où John venait de garer la voiture.

Les trois voyageurs étaient sortis de l'habitacle.

-Ça vous arrive d'être moins tendue parfois ?

- Je ne serais pas tendue si je ne venais pas de faire cinq heures et demie de voiture, d'affilée, sans une seule pause, avec des chasseurs américains fort peu sympathiques.

- Qui n'a pas été sympathique ? Nous ? Que devrais-je dire sur vous et la branche britannique des hommes de Lettres ? Franchement, c'est l'hôpital qui se fout de la charité.

- Nous venons pour une affaire de vampires, claqua John, excédé par les chamailleries entre son fils et cette femme blonde qui les accompagnait.

- Des vampires ? Vous en avez encore en Amérique ? En Angleterre, nous n'en avons pas vu l'ombre d'un depuis un bon siècle.

- Mais c'est superbe, ça. Alors, mon père et moi, on va aller se poser dans un motel et vous allez toute seule aller exterminer ces vampires. On vous regarde, faites donc !

Toni fronça les sourcils et lança un regard noir à Sam Winchester. Elle haussa les épaules avec dédain.

- Pas de problème. Qu'avez-vous comme matériel ?

Sam eut un sourire en coin et fit le tour de la voiture pour ouvrir le coffre. Toni le suivit et se pencha pour regarder ce que le coffre contenait. Du matériel de base. Plutôt bon, mais pas non plus l'arsenal que possédait la branche britannique.

- Vous avez mieux à proposer, je suppose ?

- Nous ne coupons plus les têtes des vampires chez nous, nous avons trouvé une méthode bien plus rapide et radicale. Le boulot est très propre avec nos méthodes.

- J'imagine. Ça doit être terriblement chiant de nettoyer à la main des hauts blancs en satin, fragiles et délicats comme le vôtre. Désolé, chez nous, on se salit encore les mains. Les hommes de l'âge pierre que nous sommes s'en sortent bien comme ça et ça fait de l'action dans nos vies, au moins.

- De l'action , peut-être , mais au détriment d'une vie de famille. En Angleterre, nous avons tous une vie de famille normale et épanouie.

- Soit vous nous aidez avec ce nid de vampires, à notre façon, soit je vous amène moi-même à Denver et vous sautez dans le premier avion pour retourner dans votre foutue Angleterre pour dégommer les créatures surnaturelles avec le petit doigt en l'air tout en pétant dans la soie. Ai-je été clair, Lady Bevell ?

Toni se figea et pesa le pour et le contre. Elle regarda les armes que possédaient les Winchester et se saisit lentement d'une machette.

- Je vous accompagne, dit-elle d'une petite voix en évitant de regarder Sam.

- Bien,nous avons quand même réussi à nous entendre sur quelque chose. Par contre, vous devriez peut-être changer de tenue, ça risque d'être salissant.

-Ça ira, ne vous préoccupez pas de ça.

- Je vous aurai prévenue !


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Tony Bevell jeta un coup d'œil par la fenêtre d'une grange, puis elle se tourna vers Sam, qui se trouvait juste derrière elle, et se raidit.

- Sam ? claqua-t-elle, énervée.

Sam Winchester releva la tête et cligna des yeux bêtement.

- Je peux savoir ce que vous regardiez aussi intensément ? Ce n'était visiblement pas le nid de vampires.

Sam rougit, se racla la gorge et passa devant Toni. Il n'allait pas lui avouer que son regard était descendu un peu trop bas sur son joli corps. Bien trop bas, à un endroit où il n'aurait jamais dû se poser… et c'était pas la première fois que ça lui arrivait.

- Vous les voyez ? demanda Toni, scrutant Sam qui regardait par la fenêtre.

- Bien sûr. Ils dorment tous, on dirait. Mais restons sur nos gardes. Parfois l'un des membres du nid ne dort pas en même temps que les autres pour surveiller les alentours. Parfois, ils ont des humains dans leur nid qui les nourrissent mais servent aussi à faire le guet pendant la journée.

- Vous avez appris tout cela par cœur en lisant des livres ? demanda Toni, presque impressionnée.

Sam se tourna vers elle et ancra son regard dans le sien.

- J'ai appris en étant sur le terrain. Ça reste encore mieux en tête que quand on apprend des choses par cœur dans des livres. Allons-y, au lieu de parler inutilement.


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Lady Antonia Bevell était impressionnée. Elle devait le reconnaître. Elle ne s'était pas attendue à cela. Normal, elle n'avait jamais chassé de sa vie, encore moins coupé la tête d'un monstre. Tout était si proprement fait en Angleterre. Pas de bataille et les hommes de Lettres n'avait jamais de sang sur les mains, ni sur leur haut en satin blanc. Et aujourd'hui, elle en avait et pas qu'un peu. Elle avait tranché une tête, une seule. Celle du maître du nid de vampires. Il allait mordre Sam, elle avait réagi sans réfléchir. Elle avait jeté un coup d'œil à John qui se traînait sur le sol à quelques mètres et qui se trouvait dans l'incapacité d'aider son fils pour le moment. Elle s'était élancée vers Sam et son assaillant et avait tranché la tête du vampire d'un coup sec , faisant gicler le sang autour d'elle et sur elle, bien sûr. Puis elle avait lâché sa machette comme si l'arme l'avait brûlée. Elle avait regardé Sam s'asseoir sur le sol et puis… elle avait hurlé de joie. Elle, une femme de Lettres à l'allure si pincée et psychorigide, si polie, si bien éduquée. Elle avait hurlé de joie, une joie primaire, libératrice, puis avait éclaté de rire en se laissant tomber à genoux, la tête sur l'épaule de Sam qui l'avait rattrapée, croyant qu'elle allait s'évanouir.

- Bon sang, vous avez vu ça ? J'ai coupé une tête. J'ai coupé une tête.

- Merci, souffla Sam prenant Toni par les épaules pour l'éloigner un peu de lui. Vous avez sali votre haut en satin.

Toni baissa la tête pour voir son joli haut taché de sang. Elle s'était relevée lentement, avait épousseté ses genoux et haussé les épaules.

- Franchement, ça valait bien le coup de perdre ce haut en satin. Je m'en remettrai sans trop de difficultés.

- Tant mieux. Allons nous soigner, nous laver et manger quelque chose. Ça va nous faire le plus grand bien.

Sam aida son père à se relever et à rejoindre la voiture. Il le mit sur la banquette arrière et Toni s'assit sur le siège passager, le sourire aux lèvres et une fierté incroyable gonflant son cœur et son ego. Sam s'assit sur le siège conducteur et démarra. Maintenant, il leur fallait trouver un motel discret pour la nuit. Pas la peine de se faire remarquer avec autant de sang sur eux.


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Toni sortit de la salle de bain, les cheveux encore humides, revêtue d' habits propres , et elle regarda Sam soigner son père assis sur une chaise, dans la chambre du motel.

- Est-ce que ça se passe toujours de cette façon ? demanda Toni, faisant sursauter légèrement Sam qui, concentré sur les soins qu'il prodiguait à son père, n'avait pas fait attention que la jeune femme était de retour dans la chambre.

-Ça dépend des chasses. Là c'était un peu spécial. Mon père vient de ressusciter. Dean n'est pas avec nous et vous êtes là.

- Non, je voulais dire…, enfin, je veux parler de l'adrénaline qui court dans nos veines, quand on tue un monstre en sachant qu'on le fait pour le bien de la population.

Sam arrêta ses gestes et se tourna lentement vers Toni Bevell.

- Je suppose que oui.

Sam se leva, regarda son père et lui proposa de prendre sa douche en premier. John se leva et annonça qu'il allait dans l'autre chambre louée pour Sam et lui, il était temps de laisser la jeune femme de Lettres tranquille. Sam dit qu'il rejoindrait son père quelques minutes plus tard. John referma la porte lentement et Sam se tourna vers Toni qui le regardait fixement.

- C'était génial. Je crois que je vous ai mal jugés, vous et votre famille. Je pensais que vous faisiez mal votre travail parce que vous ne le faisiez pas de la même façon que nous en Angleterre. Je dois bien avouer que…

Toni baissa la tête, mal à l'aise.

- Que vous aviez tort ? proposa Sam avec un petit sourire en coin.

- Ne croyez pas que je vais vous le dire. Ce n'est pas mon genre. On a partagé une chasse, rien de plus, dit sèchement Toni en tournant les talons. Vous abusez clairement de ma gentillesse, monsieur Winchester.

Le sourire de Sam s'élargit et il se dirigea vers la porte puis posa sa main sur la poignée.

- Attendez…, dit précipitamment Toni. Je tenais à vous faire des excuses pour la façon dont je vous ai traité. Je ne faisais que le travail qu'on attendait de moi sans chercher à savoir de quelle façon vous faisiez le vôtre.

- J'accepte vos excuses. Ça ne pardonne pas pour autant votre comportement, mais j'accepte quand même. Vous savez pourquoi ? Parce que j'ai été heureux de vous voir détendue pendant quelques minutes. Vous aviez même l'air d'avoir sérieusement pété un boulon dans la grange mais ça vous allait mieux que votre air pincé.

Toni se racla la gorge. Bien possible qu'elle ait eu l'air d'une folle échappée d'un asile et les membres de l'organisation, s'ils l'avaient vue et entendue hurler, l'auraient certainement fait enfermer en lui reprochant son manque de retenue et de professionnalisme, mais Sam Winchester ne semblait pas s'en formaliser plus que cela. Elle sourit et avança vers lui. Elle se mit sur la pointe des pieds et passa une main autour du cou du chasseur américain avant de coller ses lèvres contre les siennes. Sam lâcha aussitôt la poignée de la porte , souleva Lady Bevell en passant ses mains sous ses cuisses fermes et se retourna pour plaquer la demoiselle entre la porte et lui, tout en l'embrassant furieusement, fougueusement et un peu… tendrement aussi. Antonia passa ses mains dans les cheveux longs du chasseur et celui-ci se plaqua encore plus contre elle avant de reculer et de reposer la jeune femme sur le sol.

- Vous êtes à nouveau sale, fit remarquer Sam et Toni baissa la tête pour regarder ses habits, Zut ! Encore une fois toute barbouillée de sang. Mais ça avait été presque aussi agréable et exaltant que de décapiter un vampire.

- Je… vous devriez…

- Ouais, je vais aller me doucher dans ma chambre. On ira… manger après, je suppose. Vous viendrez avec nous ?

- Je ne crois pas, non. Je vais aller prendre à manger dans le restaurant derrière le motel et me mettre au lit. Cette journée a été… épuisante. Je partirai demain matin pour Denver. Je vais retourner en Angleterre. J'ai une vie, là-bas et des obligations d'ordre personnel à gérer. J'ai appris tout ce que j'avais besoin de savoir sur les chasseurs américains.

- Bien.

Et Sam sortit précipitamment de la chambre en claquant la porte.


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Antonia Bevell se laissa glisser au sol pour s'asseoir la tête entre le genoux. Ce n'était pas ainsi que ça aurait dû se passer mais elle avait oublié une chose essentielle, c'est que la vie réserve parfois des surprises et le hasard s'en fout, lui, si on avait prévu les choses autrement dans nos esprits. Elle s'était introduite dans le bunker le matin même dans l'espoir de juste avoir des informations sur la déesse du Chaos et voilà qu'elle se retrouvait ici, à Aurora, après avoir aidé à l'éradication d'un nid de vampires, la tête dans les genoux à se demander à quel moment elle s'était dit que c'était une bonne idée d'embrasser Sam Winchester. D'accord, elle reconnaissait qu'il était beau et lui avait plu dès qu'elle l'avait eu en face d'elle, mais bon, elle aurait dû savoir un peu plus se tenir, quand même, elle était britannique, bon sang ! Elle se releva lentement et rentra dans sa salle de bain pour se changer, encore une fois.


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Toni ne dormait pas. Comment aurait-elle pu après une telle journée, en sachant qu'elle allait bientôt repartir chez elle et laisser derrière elle cette histoire de chasseurs américains ? En sachant qu'elle ne reverrait plus Sam Winchester une fois qu'elle aurait posé le pied dans l'avion. Bien sûr, elle avait hâte d'être de retour chez elle, auprès de son fils.

Un petit bruit contre la porte de sa chambre la fit sursauter et elle se leva pour sortir du lit à pas de loups, une arme pointée devant elle. Elle ouvrit prudemment la porte et se figea quand elle vit Sam Winchester devant elle, en t-shirt et bas de jogging gris, encore plus beau qu'elle ne l'avait vu jusqu'à maintenant. Elle lui sourit, le laissa entrer et referma la porte. Elle posa son arme sur la tablette près de la porte et se rua dans les bras de Sam qui la plaqua contre lui et prit ses lèvres d'assaut aussitôt, tout en la poussant doucement vers le lit.

- Sam, souffla Toni en retirant le t-shirt du chasseur américain. Venez,Sam, dit-elle en se laissant glisser sur le lit.

Sam n'attendit pas une deuxième fois que la jeune femme prononce son nom pour s'allonger sur le corps de Toni et l'embrasser à nouveau avec plus de douceur que quelques heures auparavant. Il aurait menti s'il avait prétendu qu'il n'avait pas fantasmé sur elle presque dès leur rencontre, même si celle-ci avait été loin d'être agréable pour lui. Il déshabilla rapidement la jeune Londonienne et plongea sa bouche sur ses lèvres pour ensuite dévorer de baisers ardents son cou, ses épaules, ses seins, son ventre, ses cuisses. Il la respira jusqu'à ce que son odeur soit imprimée dans ses narines. Il l'embrassa jusqu'à ce que le souffle lui manque et l'aima jusqu'à ce que la fatigue les terrasse et qu'ils glissent tous deux dans le sommeil doucement, elle dans ses bras à lui. Sa tête blonde sur son large torse musclé .


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- Vous le saviez que je ne pouvais pas rester, dit Toni en préparant son sac de voyage.

Sam était assis sur le lit, habillé et la regardait faire, sans rien oser dire. Il n'avait aucune envie qu'elle s'en aille, mais visiblement, il n'avait pas son mot à dire et puis, il avait d'autres choses à traiter en urgence. Les histoires de cœur, ce n'était pas dans son programme pour les prochains mois à venir, voire peut-être même, pour les prochaines années. Le Chaos et Lucifer étaient plus importants que son béguin pour lady Bevell. Aussi, ne prononça-t-il plus un mot et il la regarda juste s'en aller après un dernier baiser.


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Sam retrouva John dans la chambre du motel et évita son regard jusqu'au moment où il prit le volant pour retourner à Lebanon.

- C'était juste du sexe ou plus que ça ? demanda John sur le chemin du retour.

Sam ne comprit pas tout de suite de quoi son père parlait, puis il finit par saisir que John parlait de Toni Bevell.

- Comment tu...

- Je t'ai élevé aussi, pas seulement Dean. Cette tension entre vous… ça cachait quelque chose que je n'ai pas compris tout de suite. Je pensais juste que tu la détestais.

- Et c'est le cas. J'ai été torturé par cette femme…

- Alors, il se pourrait que tu aies développé un syndrome de Stockholm, mais laisse-moi douter sérieusement de cette idée. Tu as toujours été beaucoup plus romantique que Dean et beaucoup plus transparent aussi. Enfin, je sens que ça ne me regarde pas, au fond.

- Papa… c'est pas contre toi… tu viens de revenir et je dois m'habituer à ça.

- Non, non, je comprends très bien. C'était idiot de demander. Au fait, des nouvelles de Dean, de Mary ou de l'ange dont j'ai encore oublié le prénom ?

- Castiel, papa. Essaye de t'en souvenir. Aucune nouvelle pour le moment. On va rentrer au bunker et les appeler pour savoir si on doit aller les rejoindre ou pas.

-Ça me va !


Et voilà pour ce chapitre.

Dans le prochain chapitre, on va retrouver à nouveau Dean, Mary et Castiel à Muncie en compagnie de Gabriel.

à bientôt

KitsuneA