Bonjour les gens
J'arrive enfin à prendre quelques minutes pour publier.. Mais cela ne m'a pas empêché d'ecrire et le prochain chapitre est déjà prêt donc il y aura moins d'attente.. J'espère...
Bonne lecture.
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Précédemment : La veille Sherlock avait eu quelques problèmes suite à un mélange entre le médicament donné par John et une surconsommation de drogues qu'il avait délibérément cachée. John avait demandé à Molly de venir à sa rescousses pour faire des analyses et la mallette qu'elle a amenée avec elle est au centre de toutes les attentions de Sherlock. Elle est donc invitée a manger avec eux à midi. Pendant un instant, seul avec elle, le détective tente une approche désespérée vers elle.
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Il avait sa main dans la sienne et rapproché son visage si près du sien qu'on aurait juré qu'il allait l'embrasser. Il pencha légèrement la tête et leurs lèvres n'étaient séparées que de quelques centimètres.
- Molly Hooper...
Elle était tétanisée par le souffle de son nom prononcé qui caressait ses lèvres qui étaient prête à rejoindre celles de Sherlock comme dans le plus merveilleux de ses rêves.
- Oui ?...
- Confiez-moi le traitement, John est trop dur avec moi.
Molly réalisa enfin le stratagème grossier, il avait calculé son coup depuis son arrivée. Elle se recula, retira vivement sa main de celle de Sherlock et ne pu se retenir de le gifler.
Un silence suivi le bruit de la gifle. C'en avait été trop pour la légiste qui déjà ne supportait plus de le voir se détruire, de se comporter de façon immonde avec les gens, de l'aimer et d'être obligée de se taire. Elle le fixait, tout deux immobiles. Lui se tenait la joue. Non pas que la petite main lui ait fait grand mal mais il était sous le choc de la voir ainsi à bout à cause de lui.
John n'eut pas le temps de revenir de la cuisine pour s'interposer que le petit bout de femme sermonna Sherlock. Elle ne hurla pas bien que celui-ci eut préféré. Ce n'était pas de la colère mais une grande déception qu'il ressentait dans sa voix.
- Je vous ai déjà trouvé plus subtil quand vous me flattiez pour obtenir ce que vous vouliez. Vous croyez que je suis assez bête ou naïve pour n'avoir jamais vu votre petit manège ? C'est juste que, oui, je vous aime Sherlock, et que j'ai toujours été prête à accepter beaucoup de choses, tout vous excuser.. Mais là vous allez trop loin !
Les yeux de John passaient de un à l'autre dans l'incompréhension la plus totale mais se doutant bien de qui était le coupable.
- Sherlock ? Tu peux me dire ce qu'il se passe ?
Molly continua malgré l'intervention de John.
- Arrêtez de jouer avec les gens. Vous ne voyez donc pas le mal que vous faites autour de vous ? Vous vous dites intelligent ? Vous êtes un imbécile !
John se fit plus insistant.
- Sherlock ? Qu'est-ce que tu as fait ?
Il ne le regarda même pas et s'adressa directement à Molly.
- Je vous demande pardon.
Elle hésita longuement à prendre ses affaires et partir sur le champs puis se ravisa sachant que John avait besoin d'elle et que le sauvetage du détective lui tenait à cœur. Elle demanda seulement de s'éclipser quelques minutes à la salle de bain pour digérer l'affront.
Le médecin ne quittait pas Sherlock des yeux attendant une explication mais ce dernier s'installa simplement et calmement dans son fauteuil, déjà dans son monde. Il placa ses mains sous son menton comme à son habitude, le regard vide et John su qu'il n'en tirerait plus rien. Il rejoignit Molly à la salle de bain pour l'aider à se calmer.
Il se passa bien une vingtaine de minutes de discussion où Sherlock, seul, leva plusieurs fois un œil vers cette malette complètement oubliée. Et si c'était le bon moment?
Quand les deux autres revinrent, ils trouvèrent le détective toujours immobile, même position, les yeux fermés, sûrement dans son palais mental. Ils s'installèrent pour boire leur thé en attendant qu'il refasse surface. Ce que John avait à lui dire n'allait sûrement pas lui plaire.
La boisson chaude terminée depuis un moment et ayant marre d'attendre, le médecin tenta de l'interpeler.
- Sherlock... Sherlock ?!
Aucune réaction. John soupira.
- Vas au diable.. Molly, je vous le confie comme prévu. Si il y a quoi que ce soit...
A peine commençait-il à enfiler sa veste que Sherlock se leva d'un bon.
- Ou vas-tu ?
- J'en étais sûr ! Tu m'avais très bien entendu. J'ai des choses à faire... Et j'ai besoin de prendre l'air.
Sherlock se retrouva en moins de temps qu'il fallait pour le dire entre la porte et lui, véritablement contrarié de la situation.
- Et tu as besoin d'une baby-sitter pour ça ?
- Est-ce que ton comportement me laisses vraiment le choix ? Pousse toi. Il est déjà tard.
John le décala d'un mouvement de bras ferme et sorti en claquant la porte sans ajouter une seule explication.
Molly passa derrière lui pour verrouiller la porte avec la carte magnétique qu'il lui avait confié au préalable et installa sa malette sur la table.
- Vous voulez qu'on s'y mette de suite?
- Ai-je vraiment le choix ?
Sherlock s'assit à table à côté de la légiste. La nervosité le gagna même si il tenta de le cacher. A part John, personne n'avait vu l'étendue des dégâts sur ses bras. Molly chercha à détendre l'atmosphère en préparant son matériel de prise de sang.
- Allez, je suppose que vous en avez vécu de bien pire.
Sherlock sembla presque choqué par la phrase et ses yeux scrutaient la jeune femme puis la seringue qu'elle tenait en main. Elle rougit de sa maladresse quand elle se rendit compte du lapsus.
- Ce.. Euh.. Je ne voulais pas dire ça.. Je parlais de vos aventures..
- Ce n'est pas grave, et en même temps vous n'auriez pas tord.
Il hésita un instant et fit tomber la manche de sa robe de chambre pour découvrir son bras le moins abîmé.
- Faites donc.
Elle bloqua une seconde à la vue de cette avant-bras couvert de marques plus ou moins récentes. Elle passa, absorbée, les doigts sur les différents ematomes et marques de piqûres. Sa voix en fut presque coupée de désolement.
- Sherlock, mon dieu..
Agacé il retira son bras.
- Ce n'est pas à vous de juger. Faites ce dont pourquoi vous êtes ici.
- Oui évidemment.
Elle reprit ses esprits et attacha le garrot. Elle se pencha pour chercher une veine qu'elle mit trop de temps à trouver à cause du nombre répété de shoot et de l'état affaibli du détective. Sûrement aussi un peu d'appréhension.
Sherlock s'impatienta. Il tendit la main.
- Donnez-moi ça.
- Vous êtes fou ? Vous tremblez, je vais le faire..
- Molly.
Bien que son corps ne lui répondait plus très bien, ses yeux étaient toujours les mêmes. Et quand Sherlock vous fixe de cette façon en exigeant quelque chose, vous vous executez, ce que Molly fit sans broncher.
Il pensa à regret que ce fut dommage que le seul sur qui cette technique ne fasse plus aussi bien son effet fut le seul sur qui il aurait voulu qu'elle fonctionne parfaitement. Il arracha le garrot pour le placer sur son bras gauche dont il serra le poing. De son pouce droit il fit sauter la protection de l'aiguille, tâta sommairement le creux de son coude et piqua.
Il grimaça quand il dû s'y reprendre à deux fois pour les mêmes raisons évoquées plus tôt. L'aiguille fut malgré tout rapidement dans le bras
Molly le regardait faire, abasourdie, voire écœurée par cette facilité et cet automatisme dans les gestes. Il desserra le garrot.
- A vous.
Debout devant lui, elle regardait attentivement les petits tubes se remplir dans ses mains. Lui scrutait son visage. Ses violentes paroles accusatrices resonnaient encores dans ses oreilles alors qu'elle s'occupait de lui avec soin et douceur.
- Encore pardon Molly Hooper.
Elle rougit et n'osa pas le regarder, gardant les yeux sur ce qu'elle faisait.
- C'est rien n'en parlons plus, de toute façon c'est autant de ma faute
Sherlock fronça les sourcils d'incompréhension. Elle retira l'aiguille et posa une compresse qu'elle tint fermement, un sourire s'esquissant sur ses lèvres. Elle croisa enfin son regard.
- Je n'aurais jamais dû me laisser aller à penser que je puisse avoir une place dans votre cœur. Je vous avait déjà fait remarquer que vous aviez l'air triste quand vous croyais loin de son regard mais la c est autre chose, quelque chose de bien plus profond.
- Molly..
Il su de suite où elle voulait en venir et n'était absolument pas enclin à avoir cette discussion.
- J'ai vu la façon que vous avez de le regarder tout à l'heure.
Il prit le relais pour tenir la compresse et se tourna légèrement pour ne plus être complètement face à elle.
- Vous vous faites des idées.
Elle ne le quittait pas des yeux puis se mit à rire ce qui lui valut un regard assassin. Elle s'expliqua en tendant la main pour designer le haut de sa chevelure qu'elle n'avait jusque là pas vue.
- Vous avez de... C'est de la confiture ? Vous avez fait une bataille au petit déjeuner ?
Sherlock toucha du bout des doigts ses boucles collantes et honteux, décida que c'était peut-être le moment d'aller prendre une bonne douche. Son allure devait faire peine à voir, lui qui a toujours été tiré à quatre épingles.
Il laissa Molly attaquer ses analyses et s'éclipsa dans sa chambre. De toute façon il ne souhaitait pas être là quand elle découvrirait les résultats qu'il savait déjà catastrophiques.
Il s'arrêta devant le miroir de sa salle de bain et s'observa vraiment minutieusement pour la première fois depuis qu'il avait été enfermé dans ce chalet. Et il fallait se l'avouer, il ne ressemblait plus à grand chose, encore moins à celui qu'il était il y avait seulement quelques mois. Quand trouver refuge dans la drogue lui paraissait une bonne idée.
Il passa les mains sur son visage. Sa barbe de quelques jours ne lui plaisait vraiment pas mais elle cachait au moins ses joues creusées plus qu'au naturel. Ses cernes, son teint vitreux et cette pagaille dans ses cheveux. Cet accoutrement ridicule.
Tout ce qu'il voyait lui donnait envie de fuir ce personnage qui se tenait face à lui.
Il fouilla la poche de son pantalon de survêtement et en sorti trois gélules qu'il ne lâcha pas du regard dans cette main qui tremblait trop. Quelques gélules, mais pas trop pour que leur absence soit remarquée, habillement subtilisées au hasard dans les trois flacons oranges présents dans la malette de Molly. Avec John, ils s'étaient absentés vingt minutes alors que trois lui suffirent largement. Comme si un code à quatre chiffres pouvait lui resister. Ils auraient pu lui donner en main propre que ça n'aurait pas été différent.
Il serra le poing sur ce trésor et fit tomber sa robe de chambre. Il avait besoin de se confronter au problème dans son intégralité et l'état des bras qu'il n'osait regarder qu'à travers le miroir comme si il s'agissait de quelqu'un d'autre, lui fit réaliser l'étendue des dégâts.
Et surtout il doutais. De lui, de sa présence ici, de la persévérance de John, de ce qu'il venait de voler, de sa guérison. Tout bonnement de ses raisons d'en être arrivé là.
Il préféra tourner le dos à cet immonde reflet et fit couler l'eau de la douche avant d'aller cacher les trois petits précieux joyaux dans l'attente d'un moment plus opportun.
Il pensa que l'eau chaude coulant sur lui serait agréable mais il n'en fut rien. Ses pensées semblaient être un milliard d'aiguilles dans sa tête et les gouttes un milliard d'aiguilles sur sa peau. Il se savonna vigoureusement comme pour tout faire disparaître, effacer cette situation absurde jusqu'à ce que la douleur du frottement arrive à le calmer un peu.
Puis Sherlock s'effondra.
Il s'était retrouvé assis dans le fond de la douche, les jambes recroquevillées contre lui. L'eau maintenant presque froide sur son visage lui permit de nier que des larmes avaient coulées. Sa poitrine le serrait mais ce n'était en aucun cas parce que depuis qu'il était là les rapports avec John n'avaient été que conflits. Il était bien au dessus de ça, enfin c'est ce qu'il se répétait sans cesse en espérant que ça passe.
Il se demandait alors comment ils en étaient arrivés à ne plus se comprendre, comment un seul regard complice ne suffisait plus? Et les yeux lui brûlèrent à nouveau.
Non seulement l'ancien John lui manquait et en plus il se trouvait plus que ridicule à être assis là, larmoyant comme une adolescente éconduite. Satanés effets secondaires du manque bien évidemment.
Un énorme soupir saccadé sortit de ses poumons et il se releva enfin, exténué. Il se traîna hors de la salle de bain et s'enroula paresseusement uniquement du drap de son lit avant de rejoindre Molly.
Il s'arrêta devant la scène qu'il avait devant lui. Il la regarda travailler, concentrée et sans un regard ni un mot pour lui pendant un bon moment. Puis elle s'adressa à lui sur un ton neutre, sans lever le nez de ses analyses.
- Alors ça va mieux ?
C'était donc à ça qu'il ressemblait quand il était absorbé dans ses expériences. Il eut un sourire nostalgique car cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas retrouvé à sa place trop occupé à se rendre dans cet état.
Sans réponse, Molly leva la tête pour réitérer sa question et fut choquée par l'accoutrement de Sherlock. Elle detourna aussitôt la tête, rouge jusqu'aux oreilles.
- Dieu du ciel, Sherlock ! Voudriez-vous vous habiller ?
Elle n'osa plus le regarder car du peu qu'elle avait vu, elle savait que le drap était si peu ajusté qu'elle n'aurait qu'à pencher légèrement la tête pour découvrir beaucoup trop de choses.
Évidemment il n'obtempera pas et traversa devant elle pour se poser dans son fauteuil.
- Ca n'embête pas John.
- Je ne suis pas John ! S'il vous plaît...
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Suivez un peu, Molly.. Les analyses..
Elle reprit contenance, c'était maintenant la légiste qui parlait.
- Franchement, il n'y a pas de quoi fanfaronner.. Mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête ?
- Est-ce que je vais pouvoir enfin avoir mon traitement ?
- Ce sera à John de décider. Je ne sais pas ce qu'il a prévu.
- John n'est pas là. Et ca fait plus de dix-huit heures que je..
La tension commençait à monter puis il se stoppa net.
- Laissez tomber..
Hors de question de dévoiler sa faiblesse devant quelqu'un d'autre. Elle continua.
- John ne va sûrement pas aimer voir ce que j'ai trouvé. Vous savez, vous avez vraiment dépassé les limites.
Il se renfrogna dans le fauteuil, se calant un peu plus dans le drap. Elle s'approcha de lui et s'accroupit
- Cette histoire est vraiment triste.. Vous..
Il prit un ton dédaigneux.
- Je n'ai pas besoin de votre pitié, Molly Hooper.
- Vous avez raison.
Puis elle le dévisagea et voulu alléger l'atmosphère.
- Par contre vous auriez bien besoin d'un bon rasoir.
Il la regarda un instant incrédule mais reconnaissant d'avoir changé de sujet puis tendit le bras devant lui, sa main secouée de spasmes.
- Vous croyez vraiment ? Ce serait dommage que je risque de mettre ma vie en danger, non ?
Elle ne releva pas la tentative d'humour douteux.
- Je peux le faire moi.
Sherlock la regarda de biais, un sourcil levé.
- Je suis très douée avec un scalpel, ça ne doit pas être trop différent avec un rasoir.
Il ne fut pas rassuré et cela se vit sur son visage ce qui fit rire Molly.
- Je blaguais.. Mon grand-père m'a apprit quand j'étais plus jeune. C'est moi qui s'occupait de lui faire, il... il tremblait.
Sa voix s'était adoucie à la fin de sa phrase et à sa grande surprise Sherlock accepta après un court moment de réflexion. Il se frotta le menton. Le drap tomba revelant son épaule et la moitié de son torse.
- Bien. Ca ne peut pas me faire de mal.. En plus je ne la supporte plus et ça occupera au moins l'après-midi.
- A une condition.
Il soupira. Elle n'allait quand même pas lui poser des exigences comme le faisait John. Ca allait être quoi ? Dormir ? Manger ?
Elle prit le morceau de tissus tombé et le remonta du bout des doigts comme elle pu sans toucher la peau blanche.
- Allez passer des vêtements par pitié!
Il se leva alors et revint rapidement avec un simple pantalon noir et une chemise bordeau a moitié boutonnée et les manches relevées. Il déposa le nécessaire à toilette ainsi qu'une serviette sur la table et passa les mains sur le vêtement légèrement froissé pour faire disparaître les plis.
- Cela fera l'affaire.
Molly sourit de le voir présentable et dans une tenue qui lui rappelait déjà plus le Sherlock qu'elle connaissait. Elle l'invita à s'assoir et prépara le matériel.
La serviette autour du cou et la mousse étalée, elle se concentra pour ne pas rougir d'être aussi proche et se mit au travail mais au bout de quelques minutes, Sherlock s'impatienta.
- Est-ce que vous lui en avez fait part ?
- Voudriez-vous arreter de parler, je risque de vous couper.
- Molly, dites-moi.
Elle s'arrêta une seconde agacée qu'il ne puisse pas attendre qu'elle ait fini.
- Quoi donc ? Vous angoissez qu'il découvre vos résultats déplorables ? Je ne vais pas gacher son après-midi. Il aura tout le temps de les lire en rentrant.
- Je ne vous parle pas de ça. Je n'en ai que faire qu'il se fache pour ça, il sait à quoi s'attendre. Je vous parle de l'autre truc.
Elle croisa les bras attendant de voir comment il allait se débrouiller pour lui dire, lui qui n'était pas doué pour parler de choses personnelles.
- Vous savez, le truc là.. Avec le soit-disant regard, tout ça..
Il balayait de la main l'air devant lui pour illustrer ses dires.
Molly sourit.
- Non je ne lui ai rien dit.
Elle approcha le rasoir à nouveau mais fut encore interrompu.
- Vous allez le faire ?
- S'il vous plaît, Sherlock !
Elle le repoussa en arrière et continua le rasage.
- Je ne lui dirai rien. En plus comme je me suis fait des idées je ne vois pas ce que j'aurais à lui raconter.
Il eut l'air satisfait de la réponse car il ferma les yeux et la laissa finir tranquillement.
Une fois terminé, il se leva et frotta le visage avec la serviette pour enlever les dernières traces de mousse et se regarda dans le miroir de l'entrée. Il s'observa longuement sans que Molly ne sache dire à quoi il pensait puis il revint vers elle, se pencha et lui deposa un baiser sur la joue.
- Merci Molly Hopper.
Elle baissa la tête intimidée comme à chaque fois.
- Ce n'est rien..
Le petit silence gênant passé, Sherlock se tourna vers le salon.
- Je suis fatigué, je..
Il montra la pièce de la main.
- Faites comme chez vous.
Il se dirigea vers sa chambre, ne voulant pas s'endormir devant Molly puis réalisa qu'il louperai le retour de John. Il savait tres bien que celui-ci le laisserait dormir une semaine complète si cela lui était possible.
Il fit donc demi tour et passa devant la légiste qui ne savait pas trop où se mettre.
Sherlock s'empara de la télécommande, alluma la télé puis lui tendit l'appareil avant de s'affaler dans le canapé.
Il ne mit vraiment pas longtemps pour sombrer et contrairement à ce qu'il pensait, il ne fut pas réveillé quelques heures plus tard quand John rentra.
Le médecin passa la porte, l'air heureux, sifflottant joyeusement, un sachet à la main. Molly accourut vers lui en parlant à voix basse.
- Chut, il s'est endormi.
- Parfait.. Ca s'est bien passé ?
- Oui très bien. Par contre...
Pendant qu'il se débarrassait de sa veste et de son paquet, elle attrapa le compte rendu de ses analyses et lui tendit, le laissant découvrir les résultats par lui-même. Son air jovial disparu quand il remonta les yeux vers elle.
- Depuis combien de temps a t-il commencé à votre avis ?
John, qui s'était plus documenté sur le côté relationnel et psychologique, laissa la légiste, bien plus apte aux examens l'éclairer.
- D'après son état et ses résultats, je pense qu'il a commencé il y a deux mois, peut-être trois.
John tomba sur sa chaise.
- Et je n'aurais rien vu?
- Parce qu'il n'a rien voulu vous montrer. Ce n'est pas votre faute. Ce n'est pas moi qui vais vous apprendre à quel point il est intelligent.
Elle souriait pour essayer de dédramatiser mais John n'avait plus vraiment le cœur à rire le nez toujours sur le papier.
- Quand je vois ça je me demande.. Quel imbécile.
- Il y a des choses pour lesquelles il est moins doué, c'est tout. Il faut que vous trouviez ce qui ne va pas.
- J'ai déjà essayé, il est borné.
- Il vous a auprès de lui, c'est le principal, ça va s'arranger. J'en suis sûre. En tout cas j'ai pensé à trois possibilités pour la suite.
Elle sorti les trois flacons de médicaments qu'elle posa sur la table sans remarquer qu'il manquait des gélules.
- Subutex ou Methadone et ce décontractant qui est bien plus puissant que le premier. A vous de voir en fonction des prochaines crises. Elles ne devraient pas tarder. Il faudra juste attendre encore au moins deux jour pour la première administration pour ne pas risquer un surdosage quelconque.
John redoutait le moment où il devrait gérer la pire phase du sevrage. Les quelques premiers jours où l'état de manque semblait s'ameliorer étaient passés. Sherlock allait entrer dans la phase la plus compliquée. Il devrait avoir une sérieuse discussion avec lui dès le lendemain matin à ce sujet.
Apres avoir pris un rapide thé ensemble et parlé de choses plus légères, John raccompagna Molly à sa voiture en la remerciant chaleureusement de s'être occupée de Sherlock et de lui avoir permis de passer cette agréable après-midi en compagnie de sa petite amie.
Il déposa ensuite une couverture sur le détective qui dormait profondément et apporta son sachet à la cuisine. Il en sorti quelques muffins au chocolat qu'il arrangea dans une assiette et parti aussitôt se coucher.
