Aujourd'hui, nous étions un grand jour, nous étions le jour de la finale de la Coupe du Monde de Quidditch. La compétition avait été intense pendant le mois de juillet. Certains matchs avaient duré plus de six heures, et il y avait à peine quatre joueurs encore valides sur le terrain. Malheureusement, l'équipe d'Angleterre avait été éliminée en demi-finale, causant ce jour-là un quasi deuil national à tout le pays. Elle avait été éliminée par l'équipe d'Australie, qui allait donc affronter le Japon en finale.

Comme l'avait prédit Fol-Œil, il n'y eut aucune attaque de mangemorts pendant cette période. Si comme ils le pensaient, lui, Scrimgeour, Kingsley, Black et Potter (fois trois), ils étaient les familles nobles de Sang-Pur, ils ne pouvaient rien commettre sans risquer de découvrir leur alibi.

Chez les Potter, c'était un grand jour. William allait emmener ses deux fils dans la loge ministérielle pour pouvoir assister au match. Mais James était en proie à un énorme dilemme intérieur. Il soutenait l'équipe australienne depuis qu'il l'avait vu jouer contre les néo-zélandais. Or c'était cette même équipe qui avait éliminé son équipe de toujours, celle de l'Angleterre. Pour Sirius, c'était un crime que de le voir soutenir l'équipe ennemie, l'équipe traitresse, celle qui avait osé éliminer les champions en titre.

Lily était loin de toutes ces préoccupations sportives, depuis un mois elle rouspétait sans cesse. Son dos lui faisait mal, et par conséquent elle passait le plus clair de son temps en étant assise ou allongée. Or elle détestait être inactive. Mais, il arrivait une chose bien curieuse en Angleterre, le début d'une canicule. Il n'y a rien de pire que de se sentir moite et de ne pas pouvoir passer ses journées à se prélasser dans une piscine fraîche. A ces maux de dos s'ajoutaient ce du ventre, de petites contractions qui, bien que sans réelle douleur, avaient cette faculté à l'énerver davantage. A tous ces éléments veuillez ajouter une forte dose d'impatience à serrer son enfant dans ses bras. Qu'obtenez-vous ? Une Lily énervée, ronchonnant comme jamais.

Les deux garçons finissaient de préparer leurs bagages en criant joyeusement dans toute la maison :

« On va à la coupe du monde ! On va à la coupe du monde ! On va à la coupe du monde ! »

C'est dans ce climat que William arriva, il vit Lily avachie dans le canapé du salon. Elle le vit aussi.

« William, comment vais-je faire, lui demanda-t-elle d'un ton larmoyant.

- Une journée sans James ce n'est rien, répondit-il en voulant la rassurer.

- Une journée sans James mais c'est le bonheur, répliqua-t-elle. Regardez-les, de vrais gamins. Comment je vais faire moi avec le petit Harry ?

- Ah tu parlais de ce problème-là, dit-il avec un sourire en coin. Je t'autorise à utiliser le doloris, et je te soutiendrai si tu te fais arrêter. »

Les deux adultes rirent de leur conversation qui n'avait aucun sens.

« Alors comme ça, on rit s'en nous, s'indignèrent James et Sirius.

- Lily me faisait juste part de sa fatigue à l'idée de gérer trois gamins chez elle.

- Trois ? Mais Lily, tu n'es pas enceinte de triplets, se demanda Patmol.

- Non Sirius, compte avec moi : Harry, James et toi, ça fait bien trois non ?

- Méchante, grommela-t-il.

- Bon mes fils, il est temps de partir, annonça William.

- Sayonara Lily, dit Sirius en s'inclinant à la mode japonaise.

- Au revoir mon amour, ne fait pas trop la folle, la salua James en l'embrassant. Et toi bonhomme, ne fatigue pas trop ta mère, d'accord ? »

Il s'était agenouillé face au ventre de Lily pour dire cette dernière phrase. La future maman trouvait que ce geste était très mignon, très attachant.

Les trois hommes partirent la laissant seule dans le silence de l'immense demeure. Elle respira calmement. Le silence, cela faisait longtemps qu'elle en rêvait. Elle allait pouvoir préparer calmement les derniers préparatifs pour la venue d'Harry. Elle monta dans la chambre de son fils pour tout vérifier une dernière fois. L'ascension fut pénible, son ventre était un peu plus douloureux que d'habitude.


Quand les garçons arrivèrent au campement réservé pour la coupe du monde, ils furent frappés par le joyeux bazar qui y régnait. Des tentes s'alignaient plus ou moins bien, il y avait partout de petites places où des gens du monde entier se réunissaient pour parler entre eux ou pour boire une bière. Mais deux clans les séparaient.

Il y avait tout d'abord les australiens qui sautaient partout. Ils chevauchaient des kangourous ou s'étaient certainement munis de sorts bondissants. Ils portaient fièrement le jaune et le vert et s'écriaient « Australie ! Australie ! ».

Mais les plus impressionnants étaient les japonais. Ils maîtrisaient parfaitement l'art du silence lorsqu'ils faisaient leurs démonstrations d'arts martiaux ou sortaient leurs katanas. Dans certaines allées, des processions suivaient un dragon composé d'hommes, l'utilisation d'un vrai dragon ayant été interdite. Une musique traditionnelle les suivait.

Rien à dire, l'ambiance de la coupe du monde était quelque chose d'unique et d'exceptionnel. Dans les airs, plusieurs maths avaient lieu en même temps. James regretta de ne pas avoir pris son balai, il serait bien allé faire une partie lui aussi. Mais son statut d'Auror lui en empêchait, il devait effectuer des rondes régulièrement, tous espéraient qu'il n'y ait pas d'attentat une fois la finale achevée.

Les garçons installèrent leur tente. L'allée où il se trouvait était plutôt calme. Il y avait quelques fêtards mais aucun réel supporter des deux équipes adverses. L'installation fut rapide. William Potter occupait un côté de la tente, et les garçons l'autre. Ils sortaient tout juste pour aller faire connaissance de leurs voisins, que deux irlandais se joignirent à eux :

« Comment ! Des jeunes sans bière un jour de finale ?! Un crime, qu'on peut tout de suite réparer ! »

Ils leur avaient tendu deux bierraubeurres que nos deux compères s'étaient empressés de boire cul-sec, s'attirant alors la sympathie de leurs nouveaux amis. C'est d'ailleurs avec eux qu'ils passèrent le reste de leur journée. De temps en temps, James allait patrouiller, mais jamais plus d'un quart d'heure, lui aussi voulait profiter de la fête.


Lily était allongée sur le carrelage froid de la cuisine. Sa journée n'avait pas été très agréable. Le silence ne l'avait absolument pas dérangé, il lui avait même permis de se sentir fin prête à être mère. A l'inverse, la chaleur et ses différents maux lui avaient rendu la vie impossible, surtout ceux au ventre, qui revenait régulièrement à intervalle de plus en plus rapproché. Elle regarda l'heure sur la pendule, il était bientôt neuf heures, la finale n'allait pas tarder à débuter. Elle se leva difficilement, et commença à se servir un grand verre d'eau fraîche.

Le verre venait tout juste d'entrer en contact avec ses lèvres, qu'elle sentit un liquide chaud s'échapper de ses cuisses. Elle regarda impuissante la flaque qui se formait et qui grandissait à ses pieds.

Une petite voix s'infiltra dans sa tête. Elle était en train de perdre les eaux, elle était en train d'accoucher et James n'était pas là ! Sentant le stress la gagnait elle invoqua son patronus qu'elle envoya à James. Dans son affolement, elle ne parvint pas à joindre un message. Elle entreprit alors de monter jusqu'à la chambre d'Harry pour y récupérer ses affaires.


Au même moment, dans la tente, James et Sirius débattaient sur l'équipe qui selon eux avait le plus de chance de l'emporter.

« James, ne me dit pas que tu soutiens l'Australie, ils nous ont éliminé, é-li-mi-né.

- C'est bon Sirius, je ne suis pas sourd. Mais tu verrais leur technique de jeu ! Et leur attrapeuse, une déesse vivante !

- Ah, tu vois que tu avais maté des australiennes ! l'accusa Sirius.

- C'est différent, je voulais lui piquer ses feintes, se défendit James. Mais toi, pourquoi tu soutiens le Japon ?

- Parce qu'eux, ils ne nous ont pas éliminé.

- En gros, tu ne te bases même pas sur leurs compétences de jeux.

- Et peut-être que toi tu en sais plus. Mais enfin James, l'Australie, l'Australie quoi, ils nous ont éliminé. Sans eux, on aurait pu réaliser un doublet ! Tu ne te rends pas compte de l'erreur que tu fais.

- Quelle erreur ? Celle de soutenir une équipe qui a vraiment toutes ses chances et qui a une technique de jeu irréprochable.

- Tu ne comprends pas qu'en temps qu'anglais, si tu soutiens les australiens, et bien c'est un peu comme si … euh … tu soutenais les Serpentard ! »

James cilla. Sirius avait dépassé les bornes. Comment avait-il pu oser le comparer à un Serpentard !

« Je vais faire ma ronde. »

Il ne se retourna même pas et sortit. L'air frais lui remit les idées en place. Il commença à errer sans aucun but précis. De temps en temps, quelques personnes plus ou moins éméchées lui demandaient comment rejoindre le stade, ou s'il ne connaissait pas une bonne taverne pas très loin d'ici. Il regarda sa montre, la finale n'allait pas tarder à commencer, il était temps qu'il gagne le stade.

Il avança de quelques pas avant de voir le patronus d'une biche qu'il ne connaissait que trop bien se former devant lui. Il n'y avait pas de message qui y était joint. James commença à paniquer. Il était certainement arrivé quelque chose de grave à Lily. Il transplana à Godric Hollow, sans penser à prévenir son père ou son meilleur ami.


Lily venait de descendre la moitié des marches quand une violente contraction la saisit. Elle s'arrêta, le souffle court. Elle essaya d'inspirer et d'expirer calmement pour calmer sa douleur, mais cette dernière était trop forte. Elle gémit. Elle ne sentit même pas qu'elle était en train de perdre l'équilibre quand une paire de bras puissants la saisirent.

« Lily, que se passe-t-il, demanda James visiblement inquiet.

- C'est le bébé, il arrive. »

Elle avait murmuré cette phrase, elle ne pouvait pas en dire plus.

James attendit patiemment que la contraction cesse. Il n'en menait pas large, mais ne voulait en aucun cas le montrer à sa femme. Quand elle se détendit dans ses bras, il s'empara de la petite valise et la saisit fortement, avant de transplaner dans le hall de Ste Mangouste. En arrivant, il remarqua une chaise roulante vide. Il alla la chercher et installa Lily dedans avant de gagner l'étage de la maternité.

Dès qu'ils furent dans le service, une sage-femme les prit en charge. Elle demanda à Lily si elle était au terme et si elle avait perdu les eaux. Dans les deux cas elle répondit que oui. Elle l'installa dans l'une des salles de naissance, lui assurant qu'un gynécomage viendrait bientôt lui appliquer les sorts antidouleur.

James se sentait impuissant. Il rassurait sa femme qui était allongée et qui gémissait de temps en temps. Si seulement il pouvait prendre sa douleur, il se sentirait beaucoup mieux pour elle.


« Les garçons, on y va, s'écria William. Sirius, tu es seul ? James n'est pas avec toi ?

- Non, il est parti faire sa ronde.

- Dans ce cas, il nous rejoindra au stade. »

Sirius se sentait coupable, il avait blessé son meilleur ami et ne voulait pas le dire à son père. Tout de même, il l'avait comparé à un serpent ! Ils se dépêchèrent d'arriver au stade. Sirius voulait à tout prix s'excuser pour tout à l'heure.

Sauf que James n'y était pas. Ils attendirent un peu, les minutes passèrent mais il n'arriva toujours pas. William se pencha discrètement vers Scrimgeour et lui demanda d'une voix basse pour que seul lui l'entende :

« Il s'est passé quelque chose de grave ce soir ?

- Non, s'étonna l'Auror, pourquoi ?

- James est parti faire une ronde et n'est toujours pas revenu.

- Il y a beaucoup de monde aux abords du stade, il va finir par arriver. »

William ne l'embêta plus de la soirée, et se contenta de hausser les épaules vers Sirius. Ils étaient obligés d'attendre.

Sauf que la cérémonie de présentation se déroula. Alors que les japonais offraient un spectacle mêlant honneur, calme et tradition, les australiens chauffèrent la foule en faisant jaillir des surfeurs venue de nulle part. Mais toujours pas de James.

Le Ministre de la Magie donna le top départ. Et James n'était toujours pas là.


Loin de toute cette agitation, James était plus pâle qu'un fantôme. Il regardait Lily gémir un peu plus fortement à chaque contraction. Il lui rafraîchissait le visage et lui murmurait des mots doux. Au bout d'un moment, leur gynécomage et la sage-femme revinrent.

« Excusez-moi, Madame Potter, j'étais sur un accouchement difficile. »

Elle s'installa entre les jambes de Lily et l'examina. Au bout de quelques instants, elle échangea quelques mots avec la sage-femme qui commença à s'activer dans la salle. James sentait le stress le gagner, il aurait tellement aimé voler sur un balai pour pouvoir se défouler.

« Mme Potter, on ne va pas pouvoir appliquer les sorts antidouleur, le bébé est là. Il va arriver d'un moment à l'autre.

- Oh non, je ne vais pas pouvoir, gémit-elle. S'il-vous-plait, mettez les moi.

- Désolé, mais il est trop tard.

- Lily, mon amour, ça va aller. Tu peux crier tout ce que tu veux, tu peux me broyer la main, rien ne me dérangera. Mais je sais que ma Lily est forte, la preuve elle a réussis à me repousser pendant six années. »

Lily fit un mince sourire, James avait réussis à rassurer sa femme, il en était fier.

Il resta à ses côtés, une main sous la tête de sa femme, l'autre supportait actuellement sa poigne de fer. La gynécomage était parti, et la sage-femme avait fini d'installer son matériel.

« Mme Potter, à la prochaine contraction vous allez pousser très fort, c'est bien compris ? »

Lily ne répondit pas, une contraction venait d'arriver. Elle fit ce qu'on lui demanda, elle poussa de toutes ses forces. La douleur vint immédiatement lui répondre, elle avait l'impression qu'on lui arrachait ses entrailles. Elle ne se rendit pas compte qu'elle broyait la main de son mari et qu'elle hurlait. Mais jamais elle n'arrêta de pousser, elle désirait trop voir son fils pour abandonner.


Chez Sirius, c'était aussi le stress que le rongeait, le match était de toute beauté, et pour l'instant le score était serré. Les deux équipes avaient toutes les deux la rage de vouloir l'emporter sur l'autre. Les cognards étaient lancés avec une précision telle que chaque fois ils faisaient mouche. Les poursuiveurs effectuaient des feintes de toute beauté, mais bien souvent vaines.

Il aurait pu davantage profiter du spectacle si James avait était là.


« Allez s'y Mme Potter, encore un tout petit effort, dit la sage-femme.

- C'est bien ma Lily ne t'arrête pas, tu es géniale, l'encouragea James.

- Je n'en peux plus » répondit-elle d'une petite voix.

La future maman était épuisée. Cela faisait désormais plus d'une heure qu'elle mettait toutes ses forces pour donner naissance à son enfant, mais ce dernier mettait du temps pour arriver. Elle n'en pouvait plus non plus de supporter la douleur incessante.

« C'est bon vous pouvez pousser, Lily s'exécuta telle une automate. Allez encore, encore. »

La sage-femme s'activait davantage, et Lily poussait encore plus.

« Stop ! Stop ! Ne poussez plus ! … … … … … Bonjour petit Harry. »

La salle de naissance fut rapidement remplit par les pleurs du petit nourrisson, bientôt rejoint par ceux de ses parents. Jamais Lily ne s'était sentit aussi bien, elle sentait le petit corps chaud de son fils posé contre sa poitrine. Elle l'entendait pleurer, le sentait gigoter. Elle n'avait encore osé le regarder, son regard était voilé par ses larmes de bonheur.

James contemplait son fils, il n'arrivait pas à détourner son regard de lui. Il se sentait différent, mais surtout il était tellement heureux. D'un doigt, il caressa son petit dos rose, et ses cheveux noirs. Il n'en revenait pas, il sentait son fils, il pouvait enfin le toucher, il était père. Un mélange indescriptible de sentiments s'opérait en lui. Qu'il était bien. Mais soudain, il sentit les yeux de son fils posaient sur lui, il le regarda à son tour :

« Lily Jolie, il a exactement tes yeux, murmura-t-il d'une voix tremblante.

Il était vingt-trois heures onze. Harry James Potter venait de naître.


Le match était palpitant. Il y avait à peine plus de deux heures de jeu que déjà les deux équipes jouaient à six contre six. Les japonais avaient perdu leur gardien, et le score des australiens explosait. Or, ils avaient perdu leur attrapeur. Ils se devaient donc de garder un minimum de cent cinquante points d'avance s'ils voulaient gagner. Or ils en étaient encore loin. La foule hurlait, elle était heureuse d'assister à un tel spectacle.

Mais Sirius n'arrivait pas à se réjouir. James n'était toujours pas là.


Le petit Harry avait été pesé, mesuré, nettoyé et examiné sous toutes ses formes. Il était en bonne santé, et plus rien ne pouvait nuire au bonheur des jeunes parents. Les infirmières l'avaient vêtu de son pyjama « fier comme un dragon ». Il reposait à présent dans les bras de sa maman, qui elle-même reposait dans les bras de son mari. Alors qu'elles allaient partir, James les retint.

« Pouvez-vous nous prendre en photo, s'il-vous-plaît ? »

Il leur tendit son polaroïd magique. Le jeune couple offrit le sourire le plus éclatant qu'il pouvait faire à l'objectif. Ils n'eurent pas trop de difficultés, ce sourire était naturellement présent sur leur visage. La photo finie, ils attendirent que l'image se forme. Elle transpirait de bonheur, même un détraqueur n'aurait pas pu y résister.

« Tiens James, prends Harry, je dois aller chercher un truc. »

Le jeune homme n'eut pas le temps de protester que déjà il se retrouvait avec son nourrisson dans les bras. Il le tint le plus fortement possible, ne voulant pas le lâcher et faire comme Sirius le jour de Noël. Avec surprise, il constata que sa main était aussi large que le dos de son fils. A ce moment, il se rendit compte à quel point il était fragile. Et une certitude supplémentaire apparut dans son esprit : il voulait toujours être là pour lui, il voulait être présent à tous les moments importants de sa vie, il voulait à tout prix le protéger même s'il devait mourir pour cela.

Le petit Harry ouvrit les yeux. Pour la première fois de sa vie, James se perdit dans son regard. Il était fier qu'il ait les mêmes yeux que sa maman. Pour lui cette couleur représentait sa vie : son amour pour sa femme, et depuis peu son amour pour son fils. Clac ! Il releva les yeux, et vit Lily cachée derrière son objectif.

« Je ne pouvais pas lutter chéri, vous étiez si mignon.

- Comment pourrai-je t'en vouloir si tu me prends en photo avec l'autre amour de ma vie, il se pencha et l'embrassa avec autant de passion que leur premier baiser.

- James, je suis désolé que tu aies dû quitter une soirée qui te faisait envie depuis longtemps.

- Lily, tu te rends compte de ce que tu viens de dire. La coupe du monde de quidditch ne représente pas grand-chose à mes yeux maintenant. Si tu veux savoir j'hésite toujours entre aujourd'hui, le jour de notre mariage et la fois où tu as accepté de sortir avec moi, pour ma journée préférée.

- Moi aussi, si je ne veux me rappeler que d'une chose, c'est ses trois jours-là. Par contre, ton père et Sirius doivent être inquiets, tu ferais mieux de les prévenir.

- Tu as raison. »

Il confia Harry à Lily, et dupliqua leur première photo de famille en cinq exemplaires : un pour eux, un pour son père, un pour Sirius, un pour Remus et un pour Peter. Sur chaque, il écrit : « Harry James Potter, né le 31 juillet 1980 à 23h11. ». Il se précipita à la volière de l'hôpital et envoya ses hiboux, espérant qu'ils arrivent rapidement à destination.

Il retourna rapidement dans leur chambre, il ne voulait en aucun cas manquer les premières minutes de vie de son fils.


Le match était palpitant. Les australiens menaient avec cent quarante points d'avance. Il y avait presque trois heures de jeu, et plus que quatre australiens encore en piste ainsi que cinq japonais. Soudainement, des violentes acclamations s'élevèrent du stade. L'attrapeur japonais venait d'attraper le vif d'or.

Il était vingt-trois heures cinquante-neuf. Le japon venait de l'emporter avec seulement dix points d'avance sur l'Australie, du jamais vu. Mais James n'était toujours pas là, et Sirius et William Potter était de plus en plus inquiets.