Disclaimer : les persos ne sont pas à moi
Couples : 1x2, 3x4, 5xSally
Genre : aventure, romance et UA
Rating : M … et oui ça y est !
Un grand merci pour vos review, surtout à celles auxquelles je n'ai pas pu répondre n'ayant pas mis leur adresse, ainsi que pour celles qui ont mis cette fic dans leurs alertes ou favorites donc : Merci beaucoup, ça motive. Je ne sais plus à qui j'ai répondu ou non mais merci mille fois, ça me touche beaucoup, merci, merci, merci !!!!
_ Hey Duo ! Ba t'en fait une tête ! Qu'est-ce qui va pas ?
Wufei était inquiet. En entrant dans la salle de club, il ne s'attendait pas à tomber sur un Duo complètement à l'ouest. Ce dernier était assis devant la fenêtre, il regardait à l'extérieur mais il ne semblait pas vraiment y porter une grande attention. Il n'avait pas l'air dans son assiette du tout et Wufei se dit que ce n'était pas la première fois qu'il le voyait ainsi depuis quelques jours.
Pourtant, l'année avait bien commencée ! Ils avaient tous passé des fêtes excellentes et malgré l'arrêt provisoire des match pour cause d'intempéries hivernales, leurs entraînements se passaient super biens. Ils avaient aussi aidé Duo à déménager chez Heero, ce qui n'avait pas été bien long d'ailleurs. Ce déménagement les avait laissé un peu perplexes, ils pensaient que c'était peut-être un peu rapide mais bon, ils n'étaient pas là pour les juger mais pour les soutenir... Ils avaient donc gardé pour eux leurs inquiétudes, croisant les doigts pour que tout se passe bien. Et si tel était le cas, un certain cascadeur se servirait d'eux comme d'un argument pour convaincre un petit blond de sa connaissance d'en faire autant, Wufei l'aurait parié ...
Bref, tout était bien parti, aussi, il ne comprenait pas ce qui pouvait miner son ami ainsi. Duo tourna subitement des yeux rouges mais vides vers lui. Il lui fit un pauvre petit sourire auquel Wufei ne crut pas une seconde.
_ Je crois que … Heero et moi … c'est terminé.
Avant que Wufei n'ait eu le temps d'enregistrer l'information, Duo s'écroula sur la table à côté de laquelle il était assis et fondit en larmes. Son téléphone portable lui échappa et explosa par terre mais Wufei ne s'en soucia pas. Il se précipita sur l'américain et le prit dans ses bras. Duo s'accrocha à lui comme à une bouée de sauvetage et laissa s'exprimer toute la douleur que renfermait son cœur depuis ces dernières semaines.
Le chinois le laissa pleurer tout son soule, lui tapotant le dos dans un geste maladroit de réconfort. Il ne savait pas quoi faire, c'était Quatre le spécialiste, pas lui. Il tournait la tête en tous sens, cherchant désespérément quelqu'un qui pourrait l'aider, mais en cette fin de dimanche après-midi enneigé, il n'y avait aucun client au club. Sally était allée passer l'après-midi chez Réléna. Il ne savait pas où était Quatre et Trowa. Quant à Heero, il était allé en concours de dressage avec Fuyuko. Comme tous les dimanches depuis plusieurs semaines en fait. Cela avait sûrement un rapport avec la situation, mais comment en étaient-ils arrivés là ?
Duo semblait se calmer, il devait être épuisé et Wufei dû le soutenir pour l'aider à se relever. Il se laissa faire comme un enfant quand son ami lui enfila son blouson et lui mit ses lunettes de soleil. Il se laissa entraîner dehors, vers la Grange, sans dire un mot. Il était simplement comme mort. Rien ne l'atteignait plus.
Arrivés devant la porte de Quatre, Wufei toqua et pria très fort. Quand la porte s'ouvrit, il soupira de soulagement, bien vite envolé quand il vit les yeux de Quatre s'agrandirent de stupeur. Il poussa Duo pour le faire entrer dans le salon, passa devant un Trowa aussi ébahi que son amant et fit asseoir Duo sur le canapé. Il se retourna ensuite vers ses hôtes, levant les bras en signe d'impuissance. Il leur expliqua vite fait, d'ailleurs il savait bien peu de choses. Tous s'assirent autour de Duo, ne sachant pas trop quoi penser.
_ Il est dans le même état de choc que quand il a vu Zech embrasser Heero.
Quatre hocha la tête pour acquiescer à la phrase de son compagnon.
_ Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?
_ C'est vrai que ça n'allait pas très fort ces derniers jours mais je pensais que c'était la fatigue, la neige, enfin tout ça quoi ! Je comprends rien …
_ Moi non plus Quatre, moi non plus.
_ Le mieux serait d'essayer de le faire revenir à lui pour qu'il nous explique. De toute façon, il faudra qu'il en parle.
Sur ces mots, Quatre se tourna vers Duo à côté de qui il était assis et lui posa une main sur l'épaule. Il le secoua gentiment en l'appelant doucement. Le jeune homme choqué cligna des yeux une seconde et sembla réagir pour la première fois depuis sa crise de larmes. Il prit conscience de l'environnement qui l'entourait et se rendit compte de suite qu'il avait encore eu une absence. Voyant que leur ami revenait à lui, Quatre commença à l'interroger, ne voulant pas qu'il replonge sans avoir apporté des réponses à leurs trop nombreuses questions.
_ Duo, tu peux nous dire ce qui s'est passé ?
_ J'.. Je … sais pas. Ça s'est passé si vite, je l'ai pas vu venir … on a même pas crié, à peine haussé le ton, ça a pas de sens ...
_ Explique-nous.
Duo baissa la tête, fouillant dans sa mémoire pour trouver les mots, trouver des explications à donner alors que même lui n'était pas sûr de ce qui s'était vraiment passé. Prenant une profonde inspiration, il se lança.
_ Heero m'a appelé tout à l'heure, il aurait déjà dû être rentré, je m'inquiétais à cause de la neige, alors j'étais content, mais il m'a dit qu'il ne pourrait pas rentrer et ... ça a dégénéré.
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Flash-back
_ Allo ?
_ Duo. C'est moi.
_ Ah bébé ! J'allais t'appeler, où t'es ? Tu rentres bientôt ?
L'excitation dans la voix de Duo n'était pas feinte, il avait terriblement envie de voir son amant. Il lui manquait tant ...
_ Hum … en fait, je suis désolé mais on ne va pas pouvoir rentrer.
_ Quoi ?! Mais pourquoi ?
Duo était déçu et surpris, Heero le comprit tout de suite. Comment lui expliquer qu'il n'y était pour rien ?
_ La neige. Ici c'est une vrai tempête, je peux pas prendre le risque de conduire avec le van et les chevaux. On y voit presque rien.
_ Oh … Je comprends. Comment vas-tu faire ?
Heero entendait bien la déception dans la voix de son amant, il aurait aimé pouvoir le serrer contre lui pour le réconforter, il ne supportait pas quand il avait cette voix de chiot blessé. En plus, quand il aurait fini d'expliquer l'organisation de la nuit … Duo n'allait pas apprécier ...
_ Le club qui organisait le concours nous garde les chevaux cette nuit et …
_ Ah au fait ! Comment s'est passé le concours ? Tu as réussi ?
_ Oui, nous nous sommes classés tous les deux.
_ C'est super.
Duo avait beau tenter de changer de sujet, son esprit ne cessait de répéter la même rengaine : Heero ne rentrait pas, encore une fois, il serait seul …
_ Oui. Duo, je suis vraiment désolé.
_ Tu n'y est pour rien... Tant pis. On remettra à plus tard le dîner en amoureux et tout ce qui va avec !
_ Je sais que tu es déçu, moi aussi tu sais.
Oui. Il le savait. Ou plutôt, il l'espérait. Heero était si distant en ce moment. Avait-il fait quelque chose de mal ? Heero regrettait-il leur installation commune ? Il eut soudain une idée qui lui redonna quelque peu espoir.
_ Mais, dis-moi, tu pourrais rentrer en train et on retournerai tous les deux chercher les chevaux demain, non ?
_ …
Il n'aimait pas ce silence. Ça ne présageait rien de bon.
_ Bébé ?
_ Je ne peux pas abandonner Fuyuko toute seule ici.
Évidemment. Encore elle.
_ … Mais, elle peut rentrer en train aussi, non ?
_ Ba en fait … on a déjà pris une chambre d'hôtel et elle est … déjà payée et …
Heero qui bégayait ! On aura tout vu ! La colère remplaça la déception dans la voix de Duo et Heero su immédiatement que la discussion allait mal tourner.
_ D'accord, ça va j'ai compris. Tu préfères rester avec elle plutôt que de tout faire pour rentrer. Après tout, j'aurais dû m'y attendre, on ne se voit plus, tu passes toutes tes soirées avec elle depuis qu'elle a commencé les concours et tous tes dimanches aussi. D'ailleurs, je me demande vraiment pourquoi tu m'as demandé d'emménager avec toi dans ton appart si c'est pour m'y laisser tout seul !
Encore cette discussion. Heero en avait marre. Il ne pensait pas que Duo serait si enfantin, si immature. Il faisait son travail c'est tout ! Fuyuko avait engagé Heero pour prendre des cours de perfectionnement et de préparation aux concours, Heero les lui donnait. Duo ne disait rien au début, puis ça avait vite prit un autre tournant. Des reproches tous les soirs, des mises en garde ridicules sur le comportement de la jeune femme, de la fatigue, … Il ne pensait pas que vivre avec Duo serait si cataclysmique. Lui aussi pouvait s'énerver après tout !
_ Arrête d'hurler et calme-toi ! C'est ridicule enfin, tu n....
_ Non ! Ce n'est pas ridicule. Ça fait plus d'un mois que tu lui donnes des cours tous les soirs, que tu vas en concours avec elle tous les dimanches, on se voit à peine, tu es tellement crevé quand tu rentres le soir qu'on se parle plus, tu me touches à peine ... C'est le genre de choses qui arrivent après plusieurs années de vie commune, pas quelques semaines ! Tu t'es déjà lassé de moi !
Heero n'écoutait plus vraiment, il bloquait quand ça criait plus que ça ne parlait. Tout ce qu'il comprenait c'est que Duo l'agaçait avec ses récriminations perpétuelles, ce n'était tout de même pas sa faute si il neigeait non ? Alors qu'avait-il encore ? A moins que ...
_ Tu me fais une crise de jalousie Duo ?!
Heureusement qu'ils n'étaient pas face à face, Duo l'aurait cogné, il en était sûr. Non seulement il ne l'écoutait pas, mais en plus il lui sortait des conneries grosses comme lui !
_ Mais non ! Ça n'a rien à voir ! Tu m'écoutes même pas ! Je te fais confiance, je sais que tu me tromperas pas, mais tu me manques Heero ! Tu me manques ! Tu comprends rien ! Elle t'éloigne de moi et tu te laisse faire sans rien dire. Tu lui a même pas dit que tu avais quelqu'un dans ta vie ! Tu as honte de moi ?
La douleur était revenue dans la voix du natté et le cœur d'Heero se serra. Il comprenait. Il avait fallu du temps et aussi que Duo l'exprime clairement mais … à lui aussi, il lui manquait, horriblement … sa voix se fit plus douce, il voulait avant tout le rassurer mais la distance n'aidait pas.
_ … Bien sûr que non … Mais je peux pas lui dire. Elle me poserait des questions et si elle apprend que je suis avec un homme … Elle a été élevé de façon très traditionnelle, elle a très mal réagi quand elle a vu Quatre et Trowa l'autre soir, j'imagine pas ce qu'elle dirait si elle savait pour nous …
Duo s'en foutait, clairement et simplement, il n'en avait strictement rien à carrer de ce qu'elle pensait !
_ Et alors ? Qu'est-ce que ça peut faire ? C'est avec moi que tu fais ta vie, pas avec elle ! Je n'ai rien dit au début parce que tu avais besoin de ce qu'elle t'apportait mais là, ça dépasse les bornes Heero !
Pourquoi est-ce qu'il ramenait encore ça sur le tapis ? Heero était fatiguée, physiquement et mentalement. Ça se sentait dans le ton de sa voix, si Duo y avait pris garde, peut-être n'en seraient-ils pas arrivés la ?
_ Je ne peux pas arrêter de la voir du jour au lendemain, c'est mon amie !
_ Alors dis-lui pour nous et on verra si elle est vraiment ton amie ou si elle attend plus.
_ Tu ne vas pas recommencer avec ça ? Il n'y a rien de plus entre elle et moi !
_ Pour toi oui, pas pour elle.
_ Duo …
Stop. Il ne voulait pas aller plus loin. Pas au téléphone, ça allait mal finir.
_ Ça ne sert à rien, je veux pas discuter de tout ça au téléphone, on en parlera demain Heero.
_ Il n'y rien de plus à dire.
Duo sursauta. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ?
_ Bien sûr que si ! Ça ne peut pas continuer ainsi, je veux retrouver mon compagnon, je ne veux plus être une ombre dans ta vie, je veux en faire partie comme il y a encore un mois !
Heero ne savait pas quoi lui répondre. Il avait peur de dire une connerie qu'il regretterait forcément. Dans le rétroviseur, il vit Fuyuko qui revenait. Elle était parti prendre deux trois choses dans le van qu'elle craignait de laisser durant la nuit. Il fallait qu'il mette un terme à la conversation, mais sans que Duo ne le prenne mal.
_ … Écoute, je dois vraiment y aller, Fuyuko revient, on doit aller dans notre chambre poser nos affaires.
_ Votre chambre ?!
Raté ! Mais qu'il était con, c'était pas possible. Il se mordit la lèvre dans un geste d'auto-punition.
_ …
_ C'est une blague ?!
_ Il n'y avait plus qu'une chambre double, l'hôtel est plein à cause de la tempête.
_ …
_ Duo ? Duo !
Le ton calme et résigné de son amant au bout du fil lui fit si peur qu'il n'entendit même pas la portière s'ouvrir et Fuyuko monter à côté de lui.
_ Que veux-tu que je te dise Heero ? Tu passes la nuit avec elle et pas avec moi, je crois que tu as décidé pour nous deux en fait … Tu as raison, il n'y a rien à dire de plus. Au revoir Heero.
_ Duo !
Fin du flash-back
.
_ Ça ne veut pas dire que c'est terminé Duo. Tu y verras plus clair après une bonne nuit de sommeil et demain quand il rentrera, vous discuterez tranquillement de tout ça tous les deux.
_ C'est gentil Quatre. Mais il faut croire que nous étions fait uniquement pour nous faire souffrir, j'aurais dû m'en douter, vu la façon dont ça a commencé entre nous … C'était un beau rêve, rien de plus …
_ Ne dis pas ça ! Je ne te laisserais pas abandonner !
_ Quatre …
_ Non Tro ! Je sais ce que tu vas me dire, que ça ne me regarde pas, mais au contraire ! Si Duo ne m'avait pas soutenu, je n'aurai pas eu la force de parler à ma famille et on ne serait peut-être plus ensemble aujourd'hui ! Alors crois-moi, je ne vais pas rester là sans rien faire à regarder deux de nos meilleurs amis se quitter pour des conneries !
Impressionné par la fureur et la volonté dans les yeux de son amant, Trowa eu la sagesse de ne pas relever et de simplement hocher la tête. Wufei, lui, ne disait rien et semblait attendre que tout le monde reprenne son calme. Duo était vraiment touché par la compassion du petit blond mais il doutait qu'elle soit suffisante.
_ C'est gentil Quat', mais je n'ai plus la force de me battre. Après tout, elle est une femme, elle peut lui offrir une famille, elle est japonaise, elle est douée pour le dressage, ils n'ont que des points communs.
_ Heero t'aime, toi, pas elle.
_ C'est avec elle qu'il est en ce moment.
_ Par la force des choses, pas par choix.
Quatre remercia d'un coup d'œil son amant qui entrait dans la discussion pour le soutenir, ce faisant, il ne vit pas le sourire cynique qui se dessina sur le visage de l'américain.
_ La force des choses hein ? Le destin tu veux dire ?
_ Tu ne crois pas à ces choses là Duo.
Quatre s'était raidi aux paroles de Duo et allait fusiller Tro pour sa phrase foireuse finalement, il ne fut sauvé in extremis que par l'intervention de Wufei.
_ Je sais pas, je sais plus. Je suis juste fatigué de me battre pour que Heero me remarque à nouveau. Il m'a couru après pendant un long moment et maintenant, il me tourne le dos.
_ Non, je pense qu'il te considère comme acquis c'est tout. Dans sa tête, tu as accepté de vivre avec lui, donc tu l'aimes et lui, il est certain de la force de ses sentiments pour toi, par conséquent, il pense que rien ne pourra remettre ça en cause, quoi qu'il arrive.
_ Comme quoi, il n'a pas toujours raison …
_ Duo …
Le silence régna en maître dans le salon. Personne ne savait comment faire pour que Duo aille mieux, pas même le principal concerné. Lui, il voulait Heero, c'est tout, comme un drogué en manque, il ressentait ce vide en lui, ce néant qui l'enveloppait et il se haïssait d'être autant dépendant d'une autre personne.
Contre toute attente, ce fut Wufei qui brisa la glace.
_ Allez ! Ce soir, on reste tous ensemble, on mange, on boit et on dit merde à tout !
_ Wufei ?!
Ses amis le regardaient comme un alien, ils ne le reconnaissaient pas, mais après tout … pourquoi pas ? Alors que Quatre allait chercher à manger, Trowa partit dans son appart prendre des bières et Wufei alla passer un coup de téléphone à Sally. Duo se retrouva seul dans le salon, recroquevillant ses jambes, il les encercla de ses bras et se berça comme petit animal blessé. La soirée et la nuit seraient longues, très longues, mais au moins, il ne serait pas seul.
Heero ne cessait de se repasser en boucle la conversation téléphonique avec son amant. Se passant une main sur le visage, il laissa l'eau de la douche se déverser entièrement sur son corps. La chaleur habituellement bienfaisante ne lui était ce soir d'aucun secours. Normalement, il adorait prendre une douche, ça lui remettait les idées en place, ça le détendait, surtout lorsque Duo la prenait avec lui. Son amant aimait passer ses mains partout sur son corps, le massant et le caressant en même temps. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois qu'ils avaient pris une douche tous les deux, de la sensation de sa peau si douce contre la sienne, de ses lèvres taquines qui jouaient sur son corps, ... Gémissant le prénom de son amant, il se maudit une fois de plus de s'être laissé emporter. Il venait de se rendre compte que Duo n'avait pas tout à fait tort. Il l'avait délaissé ces derniers temps.
Il s'en voulait certes, mais encore une fois, avait-il vraiment eut le choix ? C'était son travail, non ? Non … si il était honnête, il devait admettre qu'il avait le choix. En y réfléchissant, il était vrai qu'il aurait pu mettre la pédale douce, prendre un peu plus de temps pour eux, Fuyuko n'avait pas vraiment besoin de cours quotidiens, trois fois par semaine auraient été plus que suffisantes pour elle, elle était douée.
Il sursauta, comme pris en faute. Il pensait à Duo et d'un coup, sans qu'il ne s'en rende compte, ses pensées l'avait ramené à la japonaise. Depuis quand occupait-elle une place si importante dans sa vie ? Ils s'entendaient bien et parlaient beaucoup de différents sujets. Était-ce une raison suffisante pour laisser cette relation empiéter autant sur sa vie privée ? Évidemment non. Quel con ! Duo avait été d'une patience à toute épreuve, c'était normal qu'il craque. Dieu, faites qu'il ne le perde pas !
Heero sortit de la douche et s'habilla après s'être séché vite fait. Il avait peur. Une peur froide et qui prenait aux tripes. Si Duo le quittait, il en mourrait. Comme il avait envie de rentrer à cet instant ! De le prendre dans ses bras, de l'embrasser, même devant Fuyuko. Tant pis si elle le rejetait. Il préférait la perdre, elle, plutôt que son ange. Fort de sa résolution et priant pour qu'il ne soit pas trop tard, il entra dans la chambre où il la vit, allongée dans son lit, ne portant qu'un top et son pantalon de concours.
Elle lui sourit et il ne sut pas comment aborder le sujet. Le mieux serait encore d'attendre le lendemain, il ne dirait rien, il agirait. Il était d'une humeur massacrante depuis le coup de téléphone mais elle ne semblait pas lui en tenir rigueur, elle mettait sûrement ça sur le compte de le tempête qui les bloquait.
_ Bonne douche Heero ?
_ Hn.
_ Il était sympa le resto de l'hôtel, non ?
_ Hn.
Elle lui sourit, amusé.
_ Tu n'es pas très bavard ce soir. Qu'as tu ?
_ Ça me soule d'être coincé ici.
_ Oui, c'est pas drôle, mais ... au moins on est tous les deux.
Heero la regarda et sembla la voir pour la première fois. Sa façon de parler, de se tenir, elle était si aguicheuse. Se pourrait-il qu'elle ait vraiment des vues sur lui ? Tout le monde le lui disait, il avait été rendu aveugle par son envie d'être ami avec elle. Mais il avait recouvré la vue maintenant. Il décida d'en avoir le cœur net.
_ Dis-moi Fuyuko, tu n'es pas plus contrarié que ça d'être coincée ici ? Il n'y a personne qui t'attende chez toi ?
Elle sursauta, visiblement troublée. C'était la première fois qu'Heero lui posait une question sur sa vie personnelle. Elle devait penser qu'Heero tâtait le terrain pour voir si il avait une chance avec elle. Elle allait vite déchanter. Une profonde aversion à son encontre naissait dans le cœur du brun mais il se devait de la cacher. Si elle l'avait effectivement trompé sur ses intentions, elle souffrirait assez quand elle saurait pour lui et Duo. Si ce n'était pas le cas et qu'elle était vraiment son amie, dans ce cas elle serait heureuse pour lui, non ?
_ Non. Personne d'autre que mes parents. C'est pour ça que ça ne me dérange pas, et puis c'est avec toi alors ce n'est pas grave, au contraire, je suis ravie de passer du temps avec toi en dehors du club et des concours.
Heero lui tourna le dos et posa son front contre la fenêtre, regardant sans les voir les flocons de neige tourbillonnant à la lumière des lampadaires. Sans le savoir, il se retrouvait dans la même position que son amant quelques heures plutôt.
_ Si ce n'est que ça, il te suffirait de venir au club quand on fait des soirées, tu pourrais voir tout le monde.
_ Mais il n'y a que toi que je veuille voir Heero ! Les autres ne m'intéressent pas.
Le corps du jeune homme se raidit.
_ Je vois.
Alors tout le monde avait raison. Qu'il avait été idiot ! Il se serait giflé tellement il s'en voulait. Il avait mis en péril son couple pour cette fille là ?! Il se redressa soudainement, il devait appeler Duo, il ne pourrait pas attendre le lendemain. En plus, si la météo se trompait et que la tempête continuait, qui sait dans combien de temps il pourrait réellement rentrer ?
_ Je vais passer un coup de fil, ne m'attend pas pour dormir.
Elle sembla déçue mais le brun ne s'en préoccupait pas. Il prit son portable et se dirigea vers le petit salon de l'hôtel. Les tonalités résonnaient à son oreille et d'un coup, une voix robotisée l'informa que son destinataire ne pouvait être joint. Pris d'une peur panique, il tenta d'appeler Trowa, sans succès, il continua avec Quatre mais eu également le répondeur. Il vérifia l'heure encore une fois, il n'était pas tard, juste neuf heure du soir. Il composa finalement le numéro de Wufei et après quelques sonneries, une voix humaine lui parvint enfin.
_ Ouai ?
Il fronça les sourcils, ça ne ressemblait pas du tout au chinois de répondre comme ça. Et c'était quoi cette voix pâteuse ?
_ Wufei ?
Il y eut un blanc, un bruit sourd suivit d'un grognement et d'une porte qui claque.
_ Heero ?
Ah ! Là c'était sa voix.
_ Oui. Qu'est-ce qui se passe ? Tout va bien ?
_ Si on veut … que me vaut ton appel ?
Heero hésita devant la réponse évasive de son ami mais il se reprit assez vite.
_ Je suis désolé de te déranger mais je n'arrive pas à joindre Duo et je m'inquiétais …
_ Tu m'étonnes !
_ Quoi ?
_ Nan rien … T'arriveras pas à le joindre, son portable est mort, il l'a fait tombé tout à l'heure.
_ Oh ! … Et … tu sais si … il va bien ?
Wufei pouffa mais rien dans sa voix n'indiquait qu'il était joyeux, bien au contraire et Heero commença vraiment à se demander ce qui se passait.
_ Wufei ? Ça t'ennuierait d'aller chez nous et de me passer Duo ?
_ … Écoute Heero, le prend pas mal mais … je crois pas que ce soit une bonne idée que tu parles à Duo maintenant.
Le visage d'Heero se figea, ses yeux se glacèrent, quiconque l'aurait croisé à ce moment là aurait fait demi-tour sans demander son reste.
_ Qu'est-ce que tu veux dire ?
_ Je veux dire qu'il n'est pas en état de parler … écoute, je l'ai trouvé tout à l'heure dans la salle de club, dans un état proche de la catatonie, il a pleuré pendant dix bonnes minutes avant que je puisse l'amener chez Quatre. Il s'est mis dans la tête que toi et lui aviez rompu alors, pour lui changer les idées, on a décidé de passer la soirée avec lui et … je dois t'avouer qu'on est plus très sobres … Lui moins que les autres d'ailleurs.
Heero n'en revenait pas, ses craintes s'avéraient fondées alors, Duo pensait vraiment qu'ils avaient rompu à cause d'une discussion qui avait mal tournée. Son ventre se noua d'appréhension. Il soupira et se rappela que Wufei était toujours au bout du fil, enfin, façon de parler bien sûr puisqu'ils étaient tous deux sur leur portable !
_ Ok. Je suis désolé de vous avoir mêler à tout ça. Je n'ai pas quitté Duo et j'espère que c'est réciproque. Je rentre dès que possible et j'essaierai d'arranger tout ça …
_ Je te le conseille vieux … ça serait trop bête de perdre l'amour de ta vie pour une nana qui en vaut vraiment pas la peine.
_ Wufei ! Il n'y a rien entre elle et moi et si tu veux un conseil, arrête de boire ! Ça te réussis pas du tout !
_ Si tu le dis … Bon à demain, fais pas de connerie …
Heero soupira.
_ Wufei … Pffff. A demain. … Hey !
_ Ouai ?
_ Merci Wufei.
_ De rien.
Ils raccrochèrent, Wufei retournant auprès des autres qui comataient déjà et Heero rejoignant sa chambre. A peine passé la porte, il tomba sur le regard ambré de Fuyuko. Il avait espéré qu'elle serait endormi, il n'était pas tard mais la journée avait été longue.
_ Te voilà ! J'ai cru que tu t'étais perdu !
_ Et moi je pensais que tu dormirais.
_ Qu'est-ce qui ne va pas Heero ? Tu es … agressif depuis tout à l'heure...
Le japonais eut un petit pincement au cœur devant l'air blessé de la jeune femme. Après tout, elle n'avait rien fait de mal, quand bien même elle serait amoureuse de lui, on ne contrôlait pas ses sentiments et il n'avait rien fait pour la décourager. En étant honnête, il devait bien reconnaître qu'il avait reporté toute la colère qu'il éprouvait envers lui-même contre elle. Elle n'avait en pratique rien fait pour s'attirer son animosité.
_ C'est rien, je suis désolé, je suis fatigué c'est tout.
_ Je peux peut-être t'aider à te détendre ? Tu veux un massage ? Je suis douée tu sais...
Heero leva des yeux choqués vers elle, elle avait pris ses excuses pour une invitation ou quoi ? Cette fois, il fallait y mettre un terme.
_ Qu'est-ce que tu attends de moi Fuyuko ?
La jeune femme rougit et Heero n'eut plus aucun doute.
_ Et bien, on s'entend bien et … on a pas mal de points communs … je n'ai pas l'air de te déplaire puisque tu passes tout ce temps avec moi … alors je me disais que …
_ Je t'arrête tout de suite, je ne cherche pas ce genre de relation. Si j'ai passé autant de temps avec toi c'est parce que c'est mon travail, je t'aime bien, tu es gentille, intelligente et c'est vrai que nous avons des points communs mais je ne peux pas te donner ce que tu attends de moi, je suis désolé.
Elle baissa les yeux, les joues rouges, et Heero vit ses mains se crisper sur la couverture. Elle luttait pour ne pas pleurer c'était évident. Brusquement, elle se leva et se dirigea vers la salle de bain.
_ Désolée, je croyais que … j'ai eu tort. Je n'en parlerai plus, je vais prendre ma douche.
Elle s'était carrément enfuit dans la salle de bain. Heero retint un soupir entre exaspération et tristesse. Il ne voulait pas la blesser mais elle l'avait franchement déçue. Il ne s'attendait pas à ça de sa part. Finalement, il se décida à se coucher. Plus vite il dormirait, plus vite le jour nouveau arriverait et il rentrerait chez lui. Il se glissa sous les couvertures, le cœur serré d'angoisse en pensant à la discussion qu'il devrait avoir avec Duo. Il le supplierait, se mettrait à genoux si il le fallait mais son amant devait le pardonner, il ne supporterait pas de le perdre.
Heero fut réveillé par la sonnerie du téléphone sur la table de nuit près de son lit. Encore engourdi de sommeil, il attrapa le combiné d'un geste machinal et le porta à son oreille.
_ Mmmgpf ?
_ Monsieur Yuy ? Ici la réception, vous avez demandé à être réveillé à sept heure.
_ Hn. Merci.
_ Bonne journée monsieur.
Il raccrocha, la journée de la veille était revenue à son esprit et il se leva en passant une main lasse sur son visage. Il jeta un œil sur le lit à côté du sien où la jeune femme se réveillait également. Il ne l'avait pas vu revenir de la salle de bain la veille, il s'était endormi avant. Il lui lança un rapide bonjour et passa dans la pièce d'eau. Il se débarbouilla en vitesse et ressortit, la trouvant debout en train de finir d'enfiler son pull. Elle ne le regarda pas et prit sa place dans la pièce qu'il quittait.
Toujours sans un mot, ils déjeunèrent et partirent chercher les chevaux. La tempête s'était calmée, le vent était tombé et il ne neigeait plus. Soulagé de pouvoir rentrer, Heero sentit sa bonne humeur soudaine se dissiper rapidement en pensant à Duo. Dans quel état était-il ? Avait-il passé la nuit à boire avec les autres comme l'avait laissé entendre Wufei ? Accepterait-il de lui parler et surtout de lui pardonner son manque de clairvoyance ? Et surtout, lui pardonnerait-il de l'avoir encore fait souffrir ?
La route du retour lui parut interminable. Il ne voulait pas rentrer dans cette ambiance, sinon il ne pourrait plus travailler avec Fuyuko et il perdrait définitivement son amie. Tout en gardant son attention sur la route encore un peu enneigée, il chercha une station de radio pour briser le silence glaciale.
_ Cette station te convient ?
_ Hein ? … heu … oui.
_ Fuyuko, je suis désolé pour hier soir, si je t'ai laissé croire à un moment donné que je pouvais éprouver pour toi autre chose que de l'amitié, alors je m'excuse. J'aimerai qu'on reste amis, tu crois que c'est possible ?
La japonaise sembla hésiter puis, finalement, elle lui fit un petit sourire triste.
_ Je ne sais pas, je vais essayer mais je ne te promets rien. Je pensais vraiment que je te t'intéressais pour que tu acceptes de passer autant de temps avec moi, je me suis fourvoyée. Mais sache une chose Heero, je suis amoureuse de toi, je n'y peux rien et je suis têtue.
Heero se renfrogna, elle ne lâcherait pas prise, mais il préférait ne rien lui dire, il attendrait d'être rentré.
_ Et moi je ne suis pas intéressé, si tu penses pouvoir continuer à être juste mon amie, alors ce sera très bien, sinon, il faudra te trouver un autre moniteur.
Il avait volontairement pris une voix froide et détachée, peut-être qu'elle finirait par admettre l'évidence … en fait, il n'avait plus vraiment envie de parler. Jetant un coup d'œil dans le rétro pour être sûr que tout allait bien dans le van, il reporta son regard sur la route qui s'étendait devant lui, ses pensées dirigées uniquement vers une seule personne.
_ Dites-moi que je rêve !!!
Les quatre jeunes hommes se réveillèrent en sursaut. Pour accompagner son éclat de voix, Sally claqua la porte derrière elle. Quand son amant lui avait dit qu'il restait avec ses amis pour soutenir Duo, elle ne s'attendait pas à les retrouver le lendemain matin, endormis les uns sur les autres dans le salon, encore habillés de la veille et avec une gueule de bois plus qu'évidente. Elle secoua la tête, dépitée.
_ Allez ! Debout !
_ Hummm … Sally … pas crier …
Duo se massa les tempes et grimaça. Tous les souvenirs de la veille affluaient douloureusement dans sa tête accompagnés joyeusement des restes de sa cuite. Il jeta un regard dans la pièce, Trowa était encore avachi dans le fauteuil, Quatre recroquevillé contre lui, prêt à tomber au moindre geste. Lui, il était à moitié vautré sur Wufei avec lequel il avait, semble-t-il, partagé le canapé. Tout ce petit monde finit par se relever tant bien que mal et Sally s'en alla dans la cuisine leur préparer du café.
_ Quand j'ai vu que tu ne venais pas prendre d'affaires propres ce matin, je me suis attendu au pire, mais là, ça dépasse l'entendement ! A votre âge ! Vous soulez comme ça alors que vous bossez le lendemain, c'est de l'inconscience !
_ S'il te plaît Sally … c'est pas tous les jours qu'on fête une rupture, sois pas rabat-joie !
_ Duo …
_ C'est bon, ça va … je m'en remettrai …
Il n'y croyait pas une minute et les autres non plus. Émergeant tant bien que mal, ils burent leur café, grimaçant pour les uns et rajoutant une demie-tonne de sucre pour les autres.
_ Ma chérie, ton café est toujours aussi … délicieux.
L'ironie dans la voix de Wufei n'échappa à personne et quelques sourires apparurent sur les visages. Sally lui tira la langue pour toute réponse et s'installa près de Duo.
_ J a eu un appel d'Heero. Il devrait arriver dans deux heures, il ne peut pas rouler très vite à cause du van et des routes pleines de neige. Tu devrais peut-être aller le trouver quand il sera là, pour parler, mettre les choses au clair...
_ Je sais pas, j'en sais rien et j'ai pas envie de me poser la question maintenant, trop mal au crâne. Je vais me doucher et aller bosser. A toute à l'heure. Et … merci à tous pour hier soir, je vous adore.
Les autres ne répondirent pas mais lui sourirent et lui firent un petit signe de la main. Duo referma la porte derrière lui et entra dans leur appart. Il ferma les yeux, tout ici lui rappelait douloureusement son amant et surtout son absence. Il fit au plus vite pour ne pas avoir à rester trop longtemps en ce lieu et parti vers les écuries. Il avait des élèves ce matin. Un couple de jeunes retraités pour une leçon d'éthologie mais il devait s'occuper de ses corvées avant.
Tout en balayant les écuries, il aperçu au loin Trowa qui passait en tracteur pour emmener la benne à fumier à la déchetterie voisine. Il croisa Wufei et Quatre qui nourrissaient et Howard qui finissait de balayer l'autre partie du club. J devait être dans son bureau à faire le point avec Sally sur les chevaux du club. Bref, tout le monde était là, à vaquer à leurs tâches, le club était vivant malgré le froid. Il ne manquait qu'Heero. Sentant son cœur se serrer et des sanglots se coincer dans sa gorge, il se précipita dans le box de Deathscythe et jeta ses bras autour de son encolure. Il laissa les larmes couler, emmenant avec elle les résidus de sa gueule de bois. A croire qu'il avait trouvé le meilleur remède pour les lendemains de cuite, le chagrin d'amour, ça dessoulait aussi sûrement que les meilleures recettes de grand-mères.
Il se laissa aller plusieurs minutes, tentant de reprendre son souffle et de se composer un masque professionnel. Il regarda sa montre et sur une dernière caresse, il quitta le box. Son cours allait commencer, Heero serait là dans moins d'une heure. Le stress augmentait, les battements de son cœur étaient vraiment de plus en plus désordonnés. Il sursauta violemment lorsque ses élèves le saluèrent.
_ Ah bonjour les jeunes !
Le couple ria et ils partirent chercher les chevaux qui serviraient à la leçon. Le manège étant occupé et peu adapté à ce genre d'exercice, ils allèrent dans le rond de travail. Duo le déblaya de la neige rapidement et vérifia que le sol n'était pas gelé. Ils n'allaient pas monter mais ce n'était pas une raison, un sol gelé était douloureux pour les articulations des chevaux.
Rassuré sur l'état de leur lieu de travail, il débuta la leçon, se forçant à ne pas penser à son (ex ?) amant. A fond dans son explication du comportement des chevaux face la domination humaine, il ne pris pas conscience de la voiture qui manœuvrait pour aligner le van avec ceux garés sur le parking.
Heero soupira de soulagement. Ils étaient enfin rentrés. Ce dimanche avait été un véritable cauchemar. Il laissa sa tête reposer sur le siège une seconde, juste pour se donner du courage, puis il rejoignit Fuyuko dehors. Ils n'avaient pas échangé beaucoup plus de mots durant le trajet, Heero doutait que leur amitié ne survive, mais pour l'instant, il avait d'autres chats à fouetter.
Il l'aida à abaisser le pont du van pour faire descendre les chevaux. Il lui descendit Chimère d'abord et lui tendit la longe, puis il sortit Wing. Ils commencèrent à se diriger vers les écuries quand, tournant machinalement la tête, Heero aperçut Duo qui sortait du rond de travail avec ses élèves. Il stoppa net et n'entendit même pas l'exclamation de surprise de la jeune femme qui s'était arrêtée de justesse, manquant de rentrer dans Wing. Elle allait lui demander la raison de cet arrêt soudain quand il la prit de court et lui demanda de lui tenir son cheval quelques instants. Il ne lui laissa pas le temps de réfléchir et lui colla presque de force la longe dans les mains. Elle le regarda partir en courant, les deux chevaux derrière elle, immobile, sans comprendre ce qui se passait.
Heero s'en voulait un peu d'avoir été si brusque mais, premièrement il fallait qu'il voit Duo, c'était viscéral, et deuxièmement, peut-être qu'ainsi, elle comprendrait. Chassant ses pensées de sa tête, il couru pour attraper son amant avant qu'il ne rentre dans l'écurie. Voyant qu'il ne parviendrait pas à le rattraper, il tenta le tout pour le tout et cria.
_ Duo !!
Le monde se stoppa, le temps suspendit son vol. Duo se figea en entendant la voix tant désirée et si crainte, Heero s'arrêta en voyant son compagnon en faire de même, Fuyuko se demandait pourquoi Heero l'avait planté là avec les deux chevaux juste pour parler avec ce moniteur bizarre qu'elle n'aimait pas du tout, Quatre se planqua dans un coin, ayant juste eu le temps d'apercevoir la scène, il se dit que ce n'était pas le moment de les déranger mais, d'un autre côté, il préférait rester dans le coin, au cas où ...
Heero vit comme dans un rêve le natté se tourner lentement vers lui. Il retint son souffle et s'approcha doucement.
_ Duo …
Sa voix était douce et basse, Duo ferma les yeux, la savourant, se demandant depuis quand il ne l'avait pas entendu l'appeler sur ce ton là. Quand il rouvrit les yeux, Heero s'était encore rapproché, il avait envie de se jeter dans ses bras mais c'est là qu'il la vit, debout derrière lui à une vingtaine d emètres, droite et fière comme jamais. Elle l'attendait. Il réprima sa première envie, à savoir reculer et fuir. Ils devraient se parler à un moment ou à un autre, alors autant en finir une bonne fois pour toute. Il reporta son attention sur Heero qui s'apprêtait à parler.
_ Duo … Ne … ne me quitte pas, je t'en supplie, je … je ne suis rien sans toi, je t'appartiens entièrement, tu es tout mon monde Duo … Duo ...
Pouvait-il le croire ? Il en avait tellement envie, mais il avait si peur d'avoir mal, encore, comme si il ne pouvait pas vivre une histoire d'amour sans en souffrir à un moment ou à un autre. Toutefois, l'éclat de souffrance dans les yeux cobalt de son amour … Il ne pouvait pas tricher avec ça, n'est-ce pas ? Pourtant, la pilule avait dû mal à passer.
_ Heero. Je ne sais pas où j'en suis. Et franchement, te voir là, avec elle à quelques mètres, ça m'aide pas … Je ne sais pas ce que tu attends de moi, je ne suis pas une poupée, je ne suis pas un sextoy, je ne suis pas une chose qu'on jette dans un coin jusqu'à la prochaine utilisation …
Heero était choqué. Comment pouvait-il croire ça ? Il avait reçu un coup de poignard en plein cœur. Il tendit la main vers lui mais n'esquissa pas un geste de plus. Il ne voulait pas le faire fuir.
_ Je t'en prie ne dis pas ça. Je n'ai jamais pensé ça. Je suis sincère, je suis con c'est vrai, et aveugle aussi et tout ce que tu voudras mais … je ne t'ai jamais menti. Je t'aime Duo. Mon ange, tu es toute ma vie !
Heero se dit qu'il était temps de tenter le tout pour le tout. Il fit quelques pas et posa délicatement une main sur la taille de son amant. Ne voyant aucun mouvement de rejet, il l'approcha de lui et posa tendrement ses lèvres sur les siennes. Duo se laissa faire. Il en rêvait depuis si longtemps, cette tendresse, sa chaleur, elles lui avaient tant manqué ! Quand ils se séparèrent, Duo planta ses yeux dans ceux d'Heero, cherchant des réponses. Il n'osait y croire.
_ Heero ? Tu … Fuyuko ?
Heero balaya ses objections d'un geste de main et se rapporcha définitivement, se collant à lui.
_ Je m'en fous, je m'en contre-fous ! Elle peut penser ce qu'elle veut, tu es plus important que tout.
Il laissa sa main caresser la joue si douce de l'américain. Ses yeux le brûlaient furieusement et de voir que Duo semblait prêt à lui pardonner suffisait à gonfler son cœur d 'espoir. Brusquement, il le serra fort contre lui. Il enfouit sa tête dans son cou, comme ils le faisaient si souvent avant tout ça. Il avait besoin de se retrouver dans leur monde rien qu'à eux. Il avait surtout besoin que Duo l'y rejoigne.
_ Duo, mon Duo, tu es un trésor si précieux, comment j'ai pu oublier ça ? Comment j'ai pu te faire passer en seconde position derrière mes obligations ? Je mérite que tu me quittes, que tu me frappes même ! Ce que j'ai pu être idiot ! Pardon … pardon …
Duo pleurait silencieusement, un sourire franc et sincère sur les lèvres, il laissa son front reposer contre l'épaule forte et solide du japonais et lui rendit son étreinte.
_ Je ne veux pas te quitter, je peux pas vivre sans toi et je veux même pas y penser. Tu m'as tellement manqué, ces dernières semaines ont été un enfer et j'avais peur qu'elle t'apporte plus que ce que tu cherchais au début … qu'elle finisse par te convaincre, te séduire …
_ Jamais !
Il se redressa, regardant Duo droit dans les yeux, l'air plus décidé que jamais.
_ Jamais ! Je t'aime plus que tout au monde mon ange. Je te le répétarai autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que tu n'en doutes plus.
Heero reprit ses lèvres pour un baiser chargé d'émotions, faisant passer tous ses sentiments dans cet échange. Duo s'accrocha à son blouson, trop de choses d'un coup, surtout avec la nuit qu'il avait passé. Il avait envie de rentrer se mettre au chaud sous sa couette avec les bras de son amant autour de lui.
_ Je veux rentrer à la maison.
Heero lui sourit, il n'en revenait pas d'avoir autant de chance, d'avoir un amant si merveilleusement compréhensif et adorable.
_ Il faut que je m'occupe de Wing d'abord et je te rejoins.
_ Non ! Je vais t'aider, je ne veux pas te quitter.
Duo avait eu peur, une peur aberrante de voir Heero disparaître. Il avait beau être incroyablement heureux qu'il l'ai embrassé devant sa rivale, lui prouvant ainsi que son cœur était pris et qu'il en était l'heureux propriétaire, c'était trop récent et trop fragile, il avait besoin de sa présence. Il glissa sa main dans la sienne, lui montrant qu'il était là, qu'il le soutiendrait face à Fuyuko.
Lorsqu'ils arrivèrent devant elle, ils surent de suite qu'elle n'avait pas entendu un mot de ce qui avait été échangé mais à sa tête, elle avait compris, ça ne faisait pas un pli ! Elle affichait une mine à la fois surprise et dégoutée. Il n'était pas dur de voir ce qu'elle pensait. Duo sentit son amant se tendre et il pressa gentiment sa main, ramenant pour un petit instant son attention vers lui. C'est avec un sourire tendre et confiant pour l'un et carrément crispé pour l'autre, qu'ils stoppèrent devant la jeune femme. Heero tendit la main et lui pris la longe de Wing sans qu'elle ne s'en rende compte tant elle était figée.
_ Excuse-moi de te l'avoir laissé comme ça mais il fallait absolument que je vois Duo.
_ … …
_ Fuyuko ?
_ Comment ?
_ Quoi ?
Elle sembla sortir de sa torpeur et commença à s'agiter dans tous les sens.
_ Comment tu peux … ! C'est … dégueulasse !! Tu ne peux pas être comme ça ! C'est contre nature ! Ce n'est pas normal !
Elle se tourna vers Duo plus furieuse que jamais.
_ C'est de ta faute j'en suis sûre ! Que lui as-tu fait espèce de sale américain dégénéré ?!
Heero allait intervenir mais son amant le devança. Duo se plaça devant lui dans un geste de protection et fit face à la japonaise, un sourire mauvais aux lèvres. Elle ne se rendait même pas compte qu'elle jouait avec sa vie là !
_ Oh chérie … tu ne peux même pas imaginer ce que je lui fais chaque jour qui passe depuis que nous sommes ensemble … tu ne peux même pas imaginer les gémissements qu'il pousse à mon oreille quand je l'envoie au ciel … quand je le caresse … quand je …
_ Ça suffit !!!
Il s'en doutait mais ça faisait quand même mal, elle l'avait giflé très fort. Il continuait pourtant à sourire vicieusement, mais intérieurement il était tout de même inquiet de ce qu'Heero allait en penser. Il n'allait peut-être pas apprécié et … Ces pensées furent interrompues par une main qui passa devant son champs de vision, suivie de près par un bras et bientôt le corps entier de son amant. Heero dégageait la même aura que le soir où il l'avait aidé à se débarrasser des gars de l'autre équipe. Une aura dangereuse et mauvaise.
_ En souvenir de notre amitié et parce que tu es une femme je ne te frapperais pas mais … retouche une fois à mon compagnon et je ne répondrais plus de rien.
Sa voix était glaciale mais elle eut l'effet escompté et la jeune femme reporta son attention et sa hargne sur Heero. Son masque se brisa et on put lire toute la douleur qui la secouait.
_ C'est impossible … Alors c'est pour ça que tu m'as rejeté hier ? Mais qu'est-ce qu'il a de plus que moi ? Ce n'est pas normal, tu devrais être avec une femme ! Une femme comme moi, qui peux te faire des enfants et prendre soin de toi !
_ Il prend soin de moi.
Elle abattit ce qu'elle pensait être sa dernière carte, avec ça Heero reviendrait vers elle, elle en était sûre !
_ Et as-tu seulement pensé à tes parents ? Que vont-ils dire si ils apprennent que tu es avec … lui ?
Elle ne pouvait pas cacher le dédain et le dégout qu'elle ressentait pour Duo et pour la première fois, Heero vit à quel point elle pouvait être laide, enlaidie par la colère et la haine. Et puis de quoi elle se mêlait avec ses parents ?
_ Que sais-tu de mes parents ? Qui te dit qu'ils ne sont pas déjà au courant ?
_ Oh je t'en prie pas de ça avec moi ! Je les connais bien et …
Elle avait été interrompu par Heero qui venait de l'attraper furieusement par les épaules, lâchant la longe de son cheval que Duo s'empressa de récupérer, manquerait plus qu'il se sauve, ce serait le pompon !
_ Comment ça tu les connais ? Qu'est-ce que ça veut dire ?!
Elle ne répondit rien, se mordant les lèvres, elle savait qu'elle avait gaffé et devant la colère plus que palpable de son moniteur elle ne savait pas ce qu'elle devait faire, elle craignait sa fureur.
_ Réponds ! D'où connais-tu mes parents ?!
_ Ce … ce sont des amis des miens …
Heero serra plus fort et elle grimaça sous sa poigne de fer.
_ Explique !
_ Je … ils … ils sont venus dîner un jour chez nous et ils ont expliqué la situation à mes parents, leur disant qu'ils aimeraient que tu reviennes vers eux même si tu restais dans ce club, que tu ne changeais pas de métier, tu es leur fils unique et … Enfin, ils pensaient qu'en passant par l'intermédiaire de quelqu'un qui gagnerait ta confiance, tu accepterais peut-être de les revoir. Ils savaient que je monte à cheval depuis des années et … mes parents étaient ravis, ils imaginaient déjà un mariage entre nos deux familles … Au début, j'ai juste obéis à mes parents mais après … je te jure Heero ! Je t'aime vraiment !
Les mains d'Heero s'étaient desserrées progressivement, il l'avait lâché et avait reculé. Il enregistrait ce qu'elle venait de lui dire. Il ne voulait pas le croire, cette fois ils avaient dépassé les bornes et plus encore ! Ils n'allaient jamais lui foutre la paix ? Il baissa la tête un instant puis la releva, plantant un regard glacial dans celui de Fuyuko. Elle attendait, tremblante, qu'il daigne lui répondre, elle attendait le verdict et la sentence.
_ Tu vas partir et ne plus jamais revenir. Tu diras à mes parents que j'aime un homme et que je vis avec lui, qu'il me rend plus heureux que je ne l'ai jamais été et que si ils s'amusent à revenir dans ma vie ne serait-ce que pour me dire bonjour, je porterais plainte pour harcèlement. Je ne veux plus rien avoir à faire avec eux, ni avec toi. Maintenant, disparais !
_ Mais Hee …
Elle l'avait rattrapé mais il se dégagea brutalement, lui coupant la parole d'un simple regard. Quatre surgit soudain et attrapa la jeune fille, lui intimant de faire demi-tour.
_ Ça suffit maintenant, vous devriez partir avant que ça ne tourne au drame, vous avez fait assez de mal comme ça.
Elle lui jeta un regard plein de dédain et arracha son bras à sa prise, elle fit enfin demi-tour et s'en alla d'un pas rageur vers sa voiture. Quatre pria pour ne plus jamais la revoir. Quand il se tourna vers ses amis, il découvrit un Heero dans une colère sans borne qu'il tentait de contenir et un Duo qui ne savait plus quoi faire. Il ramassa la longe de Chimère et s'approcha d'eux.
_ Je vais m'occuper de la jument, vous devriez rentrer Wing et ensuite rentrer chez vous, vous avez besoin de parler. Prenez votre temps.
Il repartit sans attendre de réponse. Heero se tourna vers son amant et sans un mot, ils partirent vers les écuries. Ils s'occupèrent du cheval en silence et prirent ensuite le chemin de la Grange. Arrivés à l'appartement, ils se débarrassèrent de leur manteau et se retrouvèrent dans le salon. Le silence était pesant. Duo sentait bien la colère de son amant, il lui semblait si froid, si distant. Où était passé le Heero qui lui avait fait la plus belle des déclarations quelques minutes plus tôt ? Duo ne supporterait pas de le voir s'éloigner à nouveau, à cause de ses parents en plus ! Mais Heero le surprit une fois encore. Il le prit dans ses bras, caressant sa joue tendrement.
_ Elle ne t'a pas fait trop mal ?
Duo lui sourit, attendri et ne s'attendant pas du tout à ça. Il posa sa main par-dessus la sienne.
_ Non, ça a claqué fort mais c'est tout. Heero. Je sais que tu es en colère, mais je ne veux pas te perdre si tôt retrouvé. Laisse-moi t'aider, parle-moi.
Heero soupira, Duo lisait en lui comme dans un livre, pas question de laisser ses parents gâcher tout ça. Il se laissa aller contre lui.
_ Je sais. Tu ne me perdras pas, crois-moi. Mais il n'y a rien à dire en fait. Mes parents sont plus stupides que je le pensais, je suis furieux contre eux, contre elle pour m'avoir manipulé et contre moi, pour m'être laissé faire sans rien voir et t'avoir blessé. Il n'y a rien à dire de plus, il faut laisser le temps évacuer tout ça. Casser nos meubles, crier, hurler, ça ne changera rien.
_ Pour autant, je te sens bouillir, il faut que tout ça sorte, tu as besoin de te défouler et … je connais un très bon moyen pour ça, si tu es d'accord.
Heero regarda son amant, amusé de la lueur perverse qui courait dans ses prunelles. Puis, un détail le fit tiquer.
_ Duo ! Où sont tes lunettes ?
_ Oh ! Pas besoin aujourd'hui, il fait assez sombre, le ciel est tout gris. T'inquiète pas, je vais très bien.
_ Ah oui ? J'avais cru comprendre que tu risquais de souffrir d'une petit gueule de bois pourtant ?
_ Humm, il faut croire que je guéris vite bébé …
_ Mon ange …
Heero était ému, il sentait sa colère tombée à mesure que son envie de Duo augmentait. Il la sentait bouillonner dans ses veines. Il attrapa la taille de son amant et le colla à lui, prenant ses lèvres dans le même mouvement. Il lui semblait redécouvrir le goût de ses lèvres, le touché de ses mains sur son corps. A quel moment le natté lui avait-il enlevé son pull et son t-shirt ? Peu importe, Heero s'empressa de lui rendre la pareille.
_ Tu m'as trop manqué bébé … J'ai envie de toi.
_ J'ai envie de toi aussi, je suis tellement désolé pour tout ça …
_ C'est du passé, n'y pense plus, embrasse-moi.
Heero ne se fit pas prier et il prit sauvagement les lèvres de son ange. Il l'entraîna dans la chambre et le fit tomber sur le lit. Duo l'attrapa et il lui tomba dessus. Entre deux éclats de rire, ils finirent de se déshabiller. Une fois nu, Heero grimpa sur son amant et de ses dents, il fit glisser la fermeture éclair du jean de Duo. Duo qui haletait déjà dangereusement, suppliant son amant d'accélérer le mouvement.
Heero ne l'écouta pas et pris au contraire tout son temps, trop heureux de pouvoir prendre soin de lui, de le faire à nouveau gémir. Il le débarrassa de son boxer de la même manière, caressant au passage le sexe tendu et vibrant d'impatience de Duo. Celui-ci poussa une plainte sourde et retourna la situation alors qu'Heero remontait à sa hauteur. Sans qu'il n'ai eu le temps de comprendre, il se retrouva sous son amant qui le regardait de ses yeux noirs de désir.
La tendresse serait pour plus tard, là, il avait une envie furieuse de son compagnon, de le sentir en lui, sous lui, sur lui, … tout pour se convaincre que tout était réel et pas le fruit de son imagination gorgée d'alcool. Il l'embrassa sauvagement, mordillant ses lèvres, jouant avec ses tétons, frottant langoureusement son bassin contre le sien, le faisant gémir de plus en plus fort. Il l'aiderait à expulser toute cette hargne qu'il gardait en lui, il était prêt à accueillir l'intégralité de la colère de son amant en lui.
Heero se laissait faire au départ, subissant sans rien dire les assauts de son compagnon, il comprenait ses intentions et il lui en était si reconnaissant … A bout de souffle, il se dit qu'il était temps de lui rendre toutes ces charmantes attentions. Prenant du courage en même temps que de l'élan, il inversa la situation à son tour et coinça un Duo tout sourire sous lui. Ils s'engagèrent alors dans une lutte sans merci à coups de caresses et de murmures excitants.
Après avoir consciencieusement envoyé son amant au septième ciel par de savantes caresses linguales, Heero le prit d'un seul coup, presque bestialement, se rappelant comme dans un flash de leurs premières étreintes. Il le fit hurler, mais il savait que ce n'était que de jouissance. Il le prenait encore et encore, extériorisant tous ses sentiments les plus noirs, ne laissant place peu à peu qu'à un amour brûlant et une passion sans faille.
Quand Duo sentit son amant se cambrer contre son corps, il le serra plus encore de ses jambes autour de sa taille, il agrippa ses épaules, ses ongles s'enfonçant dans la peau tendre. Il lui mordilla le lobe de l'oreille, laissant sa langue s'aventurer à l'intérieur du petit orifice, puis il souffla doucement, le faisant frissonner. Il envoya ses hanches à la rencontre de celles du japonais et celui-ci attrapa le sexe de son amant pour lui appliquer un mouvement vif de va et vient. En quelques secondes de ce traitement savoureux, ils se libèrent dans un grognement rauque pour l'un et un cri plaintif pour l'autre.
Heero retomba, essoufflé, sur le corps de Duo qui le serra d'avantage contre lui. Ils ne dirent rien au début, reprenant leur respiration, profitant de la chaleur de l'autre. Ils se sentaient si bien, leur corps semblait flotter, des tâches lumineuses dansaient à l'intérieur de leurs paupières, ils savouraient tout simplement ce moment qu'ils n'avaient pas partagés avec autant d'intensité depuis si longtemps.
_ Ça va un peu mieux ?
_ Hn. Je crois qu'il va m'en falloir un peu plus …
Duo n'ouvrit pas les yeux mais il sentait parfaitement le sourire mutin du japonais contre son cou, il sourit également, amusé de voir qu'il allait mieux malgré ce qu'il disait.
_ Profiteur.
_ Non. Juste fou amoureux. Je suis dingue de toi … Laisse-moi te le prouver encore.
Heero se redressa et le mouvement ainsi que la sensation de vide firent ouvrirent les yeux à Duo. Il resta dubitatif un instant devant l'air tellement sérieux du brun.
_ Je te crois, tu n'as rien à me prouver.
_ Hn. En tout cas j'ai des choses à me faire pardonner et j'ai …
_ Bébé ? Je t'écoute.
Heero, toujours en appui sur ses mains qui encadraient le visage de Duo, baissa la tête, camouflant ses yeux par quelques mèches de cheveux indisciplinées. Intrigué, l'américain le laissa prendre son temps pour trouver ses mots.
_ J'ai honte de moi. Honte d'avoir oublié l'espace d'un instant à quel point tu es précieux pour moi, quand j'ai dit aux autres, et à toi ensuite, que tu es mon Graal, je ne savais pas à ce moment-là à quel point j'étais près de la vérité.
Duo était ému aux larmes, ça lui avait tant manqué ça aussi, les déclarations impromptues de son amant, toujours quand il ne s'y attendait pas. Il lui releva la tête, tout sourire et laissa sa main glisser jusqu'à sa nuque.
_ T'es pas possible toi … Faut que t'arrêtes de me faire des déclarations pareilles, j'ai l'impression que mon cœur va me lâcher à chaque fois, un jour tu me tueras … Dis bébé … Si tu veux te faire pardonner … j'ai bien une petite idée moi.
Heero s'abaissa un peu, un sourire en coin sur les lèvres, il passa un petit coup de langue sur celles de Duo et l'embrassa. Il murmura, ses lèvres collées aux siennes.
_ Une idée hein ? Et de quel genre ?
_ Du genre toi, moi, un jet d'eau chaude, ton corps qui me plaque contre le carrelage froid …
_ Humm, très très tentant je dois dire, mais si j'osais, je changerais deux ou trois détails au script initial.
Duo éclata de rire et enfouit sa tête dans le cou de son homme, se repaissant de son odeur, de son parfum si particulier.
_ Je t'écoute bébé.
_ Et bien … il faudrait que tes cheveux soient lâchés, et ensuite … j'aimerai beaucoup que ce soit ton corps qui bloque le mien contre le mur de la douche, ok ?
_ Ok …
Après quelques baisers pour signer leur accord, ils se levèrent d'un seul mouvement et se rendirent, toujours nus, jusque dans la douche. Ils s'en donnèrent à cœur joie, la fureur était retombée mais la passion les dévoraient toujours. Heero eut le plaisir de redécouvrir les sensations qui lui avaient manqué la veille dans la douche de l'hôtel. Il s'offrit à Duo avec un abandon proche de l'oubli de soi. Seul Duo comptait, il n'y avait plus que lui, uniquement lui.
En sortant de la douche, uniquement vêtus de serviettes, ils prirent le temps de déjeuner au vue de l'heure tardive. Ils savaient qu'ils devraient retourner bosser, que ce n'était pas sympa de laisser tout le boulot aux autres mais ils n'arrivaient pas à trouver la motivation nécessaire. Un coup de fil de Quatre leur indiquant qu'ils s'occupaient de tout et leur mauvaise conscience s'envola aussitôt.
Enlacés dans le canapé après des ébats plus tendres, ils discutaient, mettaient les choses au point, vidaient leur sac. Il fallait le faire pour repartir sur des bases saines, ne pas commettre encore les mêmes erreurs. Ils en feraient d'autres certainement, mais chaque chose en son temps …En fin d'après-midi, ils furent interrompues par quelques coups frappés à la porte. Heero se leva, il était le plus habillé des deux, et alla ouvrir.
_ Sally ?
_ Désolée Heero, je sais que vous êtes occupés mais c'est important.
_ Sally ? Qu'est-ce qui se passe ?
Duo les avait rejoins après avoir passé des fringues plus décentes.
_ Ah Duo ! Tu tombes bien, en passant dans les écuries avec Quatre on s'est rendu compte que Deathscythe n'allait pas bien et …
_ Qu'est-ce qu'il a ?
Duo s'était presque jeté sur la jeune vétérinaire, son inquiétude était palpable et Heero lui attrapa la main et la serra dans une tentative pour le calmer.
_ Je pense à une colique. Je ne sais pas encore de quel type, mais j'ai besoin de toi pour lui faire les examens habituels, je t'en dirais plus après.
_ J''arrive.
_ Je viens aussi.
Ils enfilèrent blousons et chaussures à la vitesse de l'éclair et suivirent Sally jusqu'au box de Deathscythe. Arrivés là, Duo entra seul et s'accroupit près de son cheval allongé. Les autres les avaient rejoins ainsi que J.
_ Hey Deathy mon garçon … Ça va pas mon grand ?
Duo le caressait tout en l'examinant. Il palpa son ventre, écouta si il entendait des bruits de digestion, il lui ouvrit la bouche pour regarder ses muqueuses. Enfin, il se redressa et retourna voir Sally à l'entrée du box.
_ Tu as raison, il n'y aucun bruit de digestion mais sa mangeoire est vide, il a donc mangé ce midi.
_ Oui je pense, écoute, il faudrait le relever, que je puisse lui faire une injection pour calmer les douleurs et lui donner un tranquillisant pour le fouiller. Je vais chercher ma trousse, pendant ce temps essaie de le relever et de le garder debout.
_ Yes.
Duo était inquiet mais il garda son sang froid et partit chercher un licol. Une fois mis, il tenta par tous les moyens de faire bouger son cheval mais ce dernier n'y mettait pas du sien. Heero et Trowa vinrent lui prêter main forte et ensemble, tirant et poussant, ils finirent par le convaincre de se lever. Il était trempé de sueur et tremblait. Duo passa sa main sur sa tête, le caressant du bout des doigts et lui parlant d'une voix douce. Il avait peur, il ne pouvait pas le perdre. Son cheval était plus qu'un animal pour lui, il était une partie de lui, de son cœur. Il était son meilleur ami, ils avaient partagés tant de choses ensemble, Duo lui avait tout confié, jusqu'à sa vie.
Heero le rejoignit et le prit dans ses bras. Ils restèrent là tous deux, sous le regard inquiet de leur amis. Quand enfin Sally fut revenue, elle ne perdit pas de temps et lui fit une piqure pour calmer les spasmes qui l'agitaient.
_ On va d'abord le sonder pour vider son estomac, ça le soulagera. Est-ce qu'il est un habitué des coliques ?
_ Non. C'est la première fois.
Sally secoua la tête, signe qu'elle l'écoutait, tout en s'occupant de faire une seconde injection pour le tranquilliser cette fois.
_ Hm. Ce n'est pas rare, il arrive que certains chevaux aient ce genre de problèmes, même à un âge avancé. Tiens lui la tête que je passe la sonde.
Elle lui enfila le tuyau dans le naseau pour atteindre l'estomac par l'œsophage, Deathscythe n'était pas vraiment heureux de se laisser faire, mais Duo le rassura tant bien que mal. Quand enfin le tuyau fut passé, Sally y envoya de l'eau grâce à une pompe et récupéra tout ce qui ressortait dans un seau. Elle renouvela l'opération pendant près de vingt minutes et fut enfin récompensée de ses efforts quand l'eau revint aussi claire qu'elle était entrée. Elle enleva délicatement le tuyau, prenant garde à ne pas éclater trop de petits vaisseaux dans le naseau et jeta le tout dans l'écurie. Wufei et Quatre rangeait et nettoyait derrière elle, elle les remercierait plus tard. Elle se tourna vers Duo en s'essuyant le front avec la manche de son manteau.
_ Son estomac était bien plein, il devrait aller un peu mieux maintenant. Garde-le debout, je vais le fouiller.
Elle continua ses examens pendant un bon quart d'heure, elle ne voulait rien laisser passer, elle devait être sûre, certaine de ce qu'elle annoncerait à Duo. Finalement, elle se tourna vers le natté qui ne l'avait pas quitté.
_ Bon, bonne nouvelle, tout est à sa place, rien ne s'est déplacé, je pense qu'il s'agit donc d'un bouchon, pour l'instant on va éviter de le déplacer, on ne l'emmènera à la clinique que si on n'a pas le choix. On va le surveiller et on lui refera des piqures toutes les quatre heures. Malheureusement, il n'y a rien à faire de plus qu'attendre. Je vais aller faire analyser le sang que je lui ai prélevé, je te tiens au courant.
_ Ouai je sais. J'ai l'habitude, on en avait un au ranch qui en faisait tout le temps. Je vais rester avec lui.
_ Je garde mon portable sur moi, n'hésite pas à m'appeler, à n'importe quel moment.
_ Tu peux tous nous appeler Duo. En plus, pour l'instant on est encore là, faut qu'on aille nourrir, c'est l'heure.
_ Merci Sally, Quatre.
Tout ce petit monde laissa Deathscythe se reposer, garantissant à Duo leur soutient et leur aide. Seul Heero resta avec lui. Il ne savait pas trop quoi faire en fait. Il se sentait impuissant et inutile. C'était désespérant. Cette journée l'avait épuisé et elle était loin d'être finie. En fin de compte, ce fut Duo qui vint le trouver. Il se colla dans ses bras, cherchant sa chaleur et son amour.
_ Tu sais que je ne peux pas le laisser hein ?
_ Je sais.
_ Je vais passer la nuit ici mais je ne veux pas t'imposer ça. Tu devrais rentrer te reposer, tu as eu une journée fatigante et on a pas été très sages.
Heero resserra son étreinte et lui embrassa la tempe.
_ Mon ange, si tu crois que je vais te laisser seul, tu te plantes comme il faut ! Je vais chercher tout ce dont on aura besoin et j'arrive.
Duo ne put que sourire, il savait qu'il n'y avait rien qu'il pourrait dire qui ferait changer Heero d'avis. Il pouvait être aussi têtu que lui. Secouant la tête, il regarda son amant partir puis retourna vers son cheval qui somnolait, encore sous l'effet des tranquillisants. Plusieurs minutes plus tard, Duo vit le japonais revenir, un sac sur le dos et les bras chargés d'affaires en tout genre. Il se leva pour l'aider.
_ Heero ? Mais qu'est-ce que …
_ Duo, chéri, aurais-tu oublié que nous sommes le 10 février et que la nuit il fait aux environs de – 5° ? Je veux bien passer la nuit ici avec toi mais il est hors de question que tu te chopes une pneumonie ou la grippe !
Duo secoua la tête, ébahi par la prévenance de son amant.
_ Tu es le meilleur. Alors que nous as-tu amené ?
Heero déballa les affaires devant les yeux stupéfaits de Duo.
_ Pour commencer des sandwichs, paquets de biscuits, bouteille d'eau et thermos de café avec gobelets. Ensuite des pulls plus chauds, gants, bonnets et écharpes qu'on a pas pris le temps de mettre tout à l'heure et pour finir des couvertures de survie, une lampe de camping et quelques trucs à lire pour éviter de s'endormir. C'est le matériel qu'on utilise quand on part en rando l'été.
_ Tu es génial, merci pour tout. Je t'aime.
Ils s'embrassèrent rapidement mais Duo se dégagea des bras d'Heero.
_ Attends, je vais aller lui chercher un panier pour éviter qu'il ne mange de la paille quand il sera réveillé. Tu peux le surveiller, je voudrais pas qu'il se coince en essayant de se recoucher.
_ Mais je le laisse faire si il veut se coucher ?
_ Oui oui mais guide le un peu au cas où il se coucherait trop près du mur.
_ Hn. Ok.
Duo partit en courant, il croisa les autres qui commençaient à distribuer le repas du soir, il restait encore quelques cavaliers dans les écuries et probablement aussi dans la salle de club. En voyant le club si vivant pour un lundi de février, Duo se rendit compte qu'il avait été vraiment dans une bulle toute la journée, occultant tout ce qui n'était pas Heero et ensuite Deathscythe. Il arriva enfin à l'infirmerie et pris un des paniers dans l'armoire avant de partir retrouver les deux amours de sa vie.
Il sourit en voyant qu'Heero leur avait aménagé un petit coin douillet, son cheval s'était recouché comme il s'en doutait. Il lui passa le panier, sorte de petit seau en plastique qui se positionnait sur la bouche du cheval et s'attachait au licol, il y avait des trous dedans pour ne pas gêner la respiration. Il lui mis aussi sa couverture qui se trouvait sur sa porte de box, ce qui ne fut pas des plus simples, ce genre de choses s'accrochaient difficilement sur un cheval couché. Il ne transpirait plus beaucoup mais quand bien même, il ferait trop froid pour le laisser découvert. Il avait beau savoir que son cheval avait déjà supporté des températures inférieures, là il était malade. Une fois fait, il vint prendre place dans les bras de son amant qui s'était installé sur une couverture, son dos contre le mur. Duo trouva place entre ses jambes, s'appuyant sur son torse et Heero posa sa tête sur son épaule et ses bras autour de sa taille. Ainsi calés, ils ne bougèrent plus, fixant en silence le ventre du cheval qui se soulevait au rythme de sa respiration.
_ J'ai peur Heero.
Ce n'était qu'un souffle, mais celui a qui il était destiné l'entendit. Il resserra ses bras autour de la taille de Duo dans un geste de réconfort.
_ Ça va aller mon ange, c'est un battant.
_ Je ne peux pas le perdre Heero, pas comme ça, pas si jeune, pas pour une connerie de saloperie de merde ! Il a pas dix ans ! C'est trop jeune …
Les tremblements de Duo indiquèrent à son compagnon qu'il n'allait pas tarder à craquer, si ce n'était pas déjà fait. Se sentir impuissant comme ça, Heero détestait. Il n'y avait rien qu'il puisse faire et c'était insupportable. Voir le désespoir de l'américain lui nouait le ventre et il pria très fort pour que Deathscythe s'en sorte. La voix de Duo fit écho à ses pensées.
_ Faites qu'il passe la nuit.
_ Je suis là mon amour. Je suis avec toi.
_ Les garçons ?
Ils relevèrent la tête dans un parfait ensemble pour voir J à la porte du box.
_ Vous passez la nuit là à ce que je vois. Je venais juste vous dire que tout le monde a fini. On a tous nos portables, n'hésitez pas à appeler en cas de problème. Je vais fermer la porte des écuries pour le froid mais je veux que vous soyez raisonnables, si les températures descendent de trop, rentrez vous mettre au chaud. Au fait, vous avez de la lumière ? Parce que je suis obligé d'éteindre, pour que les chevaux se reposent vraiment ...
_ On a tout ce qui faut. Merci J, ça va aller vous inquiétez pas, perso j'ai déjà vu pire.
J sursauta, Duo ne s'était sûrement pas rendu compte de ce qu'il venait de laisser entendre mais un regard à Heero lui suffit pour savoir qu'il ne devait pas poser de questions. Sur un dernier salut, il les laissa et ils entendirent les grandes portes de bois se refermer derrière leur chef.
_ On est plus que nous maintenant bébé.
_ Hn. Duo ?
_ Yes ?
_ Tu veux bien me parler de Deathscythe ? Comment l'as-tu eu ?
Duo avait craint un instant que Heero ne lui demande d'expliquer ce qu'il venait de dire à J. Il ne s'était rendu compte que trop tard de ce qui sortait de sa bouche. La fatigue et le stress avait baissé ses barrières et il s'était fait avoir comme un bleu. A son grand soulagement, la requête de son amant ne portait pas là-dessus.
_ Tu sais que le ranch de G sert de centre de réadaptation pour ados ?
_ Hn.
_ J'y étais envoyé quand j'avais à peu près 14 ans. J'étais difficile au départ, je ne laissais personne m'approcher mais G a su être patient et convaincant. Je te passe les détails mais, en gros, au bout de quelques mois je me suis peu à peu adapté à cette nouvelle vie. G dit tout le temps que j'ai le feeling avec les chevaux. Peut-être … C'est lui le spécialiste, pas moi. Bref, je me suis pris d'affection pour une gentille petite jument, elle était … so cute. T'aurais vu ça, des beaux yeux bleu, elle était presque blanche, d'une couleur toute crémeuse. Adorable. Un an après mon arrivée environ, elle a mis bas, Deathy. J'ai totalement craqué sur lui. Aussi noir que sa mère était claire et un caractère de monstre. Il nous en a fait voir de toutes les couleurs. G a pensé que ce serait un bon moyen de me socialiser d'avantage et il m'en a donné la responsabilité.
_ Il avait confiance en toi.
_ Oui. Et c'était la première fois pour moi. Bizarrement, j'ai voulu lui prouver qu'il ne se trompait pas. Je m'en suis occupé du mieux que j'ai pu. Il me suivait partout, on jouait tous les deux pendant des heures quand je ne bossais pas. Quand il a eu un an, sa mère a eu un nouveau poulain et on l'a sevré. Ça m'a déchiré le cœur de l'entendre hurler en appelant sa mère, mais je savais qu'il ne pouvait pas rester avec elle. Il a rejoin les autres poulains de son âge dans les pâtures, mais je continuais à aller le voir. Je progressais chaque jour un peu plus, G me trouvait doué et il m'a pris sous son aile, il me donnait des cours individuels en dehors de mes heures de boulot, ça a pas toujours été facile, les autres gars étaient jaloux et pensaient que je fayotait pour pouvoir me tirer plus vite. Ils n'avaient rien compris, moi je voulais pas partir. C'était la première fois de ma vie que je me sentais bien et utile.
_ Je peux comprendre ça.
_ Je sais, c'est pour ça que je t'en parle. Enfin, quand il a eu l'âge, G m'a confié son débourrage, j'ai flippé. Je n'avais jamais fait ça. On a appris tous les deux ensembles, je faisais des erreurs et il me foutait par terre, mais quand je ne me trompais pas, il me donnait tellement. Après quelques mois, il était prêt pour le travail et moi j'avais 18 ans. J'allais devoir partir, me réintégrer dans la société comme un bon petit soldat. Quitter le seul père que j'ai jamais eu, G, et ma seule amie, Hilde.
_ Mais je croyais que …
_ J'ai dit que j'allais devoir … pas que j'étais partit. G m'a convoqué dans son bureau et j'ai cru que la terre s'ouvrait sous moi. Seulement, au lieu de me dire, comme à tous les autres, qu'il m'avait trouvé un job et un studio, il m'a demandé si je voulais rester, que mon « don » lui serait précieux et que … qu'il ne voulait pas que je parte car j'allais lui manquer. Je me suis jeté dans ses bras en pleurant et en le remerciant. Il n'a mis qu'une condition, que j'accepte Deathscythe comme cadeau de bienvenue au ranch. Tous les cows-boys engagés à temps plein avaient leur propre cheval mais il savait que je n'aurai pas les moyens de m'en payer un. En plus, Deathscythe ne se laissait pratiquement pas approcher par d'autres que moi. Après, tu connais vaguement la suite, le travail, la naissance d'une amitié avec mes nouveaux « collègues », ma relation avec Hilde, les concours, Solo, le championnat et mon départ pour Sank. Il m'a sauvé la vie. Sans lui et sa mère, j'aurai sûrement sombré, surtout après Solo.
_ C'est une histoire magnifique entre vous.
Heero préférait ne pas s'appesantir sur l'ex de son homme, ce n'était ni le lieu ni le moment. Il savait ce qu'il devait savoir, cette enflure avait fait souffrir le cœur le plus pur et le plus aimant qu'il connaissait, si il croisait sa route un jour, il y aurait un mort.
_ C'est une histoire comme il y en a beaucoup. Mais c'est la mienne. La notre maintenant ?
_ Oui mon ange, la notre.
Ils restèrent un moment silencieux, se berçant l'un l'autre. Le Quarter dormait mais son corps était parcouru de légers soubresauts de façon assez régulière. Duo se redressa et quitta le cocon rassurant du brun.
_ Je vais reprendre sa température. Tu nous sors les sandwichs bébé ?
_ Bien sûr.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils mangèrent en silence, rongés par l'inquiétude. Duo était épuisé et luttait contre le sommeil. Il n'était pas tard mais toutes les émotions de la journée cumulées les unes aux autres … Ils reprirent leur position initiale, rajoutant les couvertures sur eux.
_ Tu peux dormir Duo, je te réveillerais si il y a quoi que ce soit.
_ Nan, peux pas, trop inquiet.
_ Comme tu veux, mais sache que si tu t'endors, je veillerais.
_ Merci love.
_ Dis Duo … Si tu ne dors pas, tu veux pas nous chanter une chanson à Deathy et moi ?
_ Heero ?!
_ S'il te plaît ?
Duo ne pouvait pas le voir mais devinait sans se forcer les petits yeux suppliants de son compagnon. Il soupira, vaincu, il ne pourrait jamais rien lui refuser.
_ Si tu veux. C'est vrai que ça fait longtemps que je ne lui ai pas chanté de berceuse.
_ Merci mon ange.
Duo réfléchissait, chanter ? Oui, ok, mais quoi ? Puis, soudain, une chanson lui revint comme un boomerang, une chanson de son passé, une chanson apprise à la chorale et que sœur Hélène aimait leur chanter le soir pour les endormir. Doucement, sa voix s'éleva dans les écuries où une seconde plutôt on ne pouvait entendre que quelques chevaux renâcler et des bruits de sabots.
Some say love it is a river that drowns the tender reed
Certains disent que l'amour est une rivière qui submerge le fragile roseau.
Some say love it is a razer that leaves your soul to bleed
Certains disent que l'amour est une lame qui fait saigner votre âme.
Some say love it is a hunger, an endless aching need
Certains disent que l'amour est un désir ardent, un besoin qui fait souffrir sans cesse.
I say love it is a flower
Je dis que l'amour est une fleur,
And you it's only seed
Et toi son unique graine.
It's the heart afraid of breaking that never learns to dance
C'est un cœur qui a peur d'être brisé qui n'apprend jamais à danser.
It's the dream afraid of waking that never takes the chance
C'est un rêve qui a peur de prendre fin qui ne saisit jamais sa chance.
It's the one who won't be taken, who cannot seem to give
C'est celui qui a peur de se laisser aller, qui ne semble pouvoir donner,
And the soul afraid of dying, that never learns to live
Et une âme qui a peur de mourir, qui n'apprend jamais à vivre.
When the night has been too lonely and the road has been too long
Quand la nuit a été emplie de solitude et que la route a semblé trop longue
And you think that love is only for the lucky and the strong
Et que tu penses que l'amour n'est fait que pour les chanceux et les forts
Just remember in the winter, far beneath the bitter snows
Souviens -toi simplement qu'en hiver, sous la neige glaciale
Lies the seed that with the sun's love in the spring
Repose cette graine qui grâce à l'amour du soleil au printemps
… becomes the rose
… deviens la rose
Heero ne pouvait rien dire, incapable de parler, cette chanson l'avait touché en plein cœur, il se l'était prise de plein fouet. Les paroles étaient superbes mais la voix de Duo les avait magnifiées au plus haut point. Il avait sentit son cœur se réchauffer d'avantage à chaque syllabe, il avait été submergé par l'émotion de son amant. Il voulait le remercier pour ce moment, lui rendre ce qu'il avait reçu.
_ C'était merveilleux, je n'ai pas de mot …, merci mon amour.
Duo s'appuya sur lui et serra ses mains sur les bras puissant qui l'entouraient. Il n'avait pas besoin de lui répondre autrement, il savait qu'Heero avait compris.
_ Heero. Je suis fatigué.
Duo craquait, il fallait s'y attendre, en même temps que les paroles lui étaient revenus les souvenirs qu'il avait préféré enfouir loin dans les méandres de son esprit.
_ Dors ange de mon cœur, je veille.
Comme si il n'attendait que ça, Duo sombra dans un sommeil sans rêve, sa tête tomba sur sa poitrine et Heero, pressentant le torticolis, la lui releva et la cala sur son torse. Il ne devait pas craquer, pas dormir, il repris une gorgée de café et régla l'alarme de sa montre afin de lui rappeler l'heure de la piqure de Deathscythe, juste au cas où. Deux heures passèrent ainsi, il bouquinait à la faible lueur de la lampe de camping, quand Duo se réveilla un sursaut.
_ Qu'est-ce que … Heero ?
_ Chuuut, tout va bien, il dort, ça va être l'heure de son injection, à croire que tu es réglé comme une horloge.
_ Je ne pensais pas dormir si longtemps. Tu dois être crevé ?
_ Tu as à peine dormi deux heures, et je ne suis pas plus fatigué que ça, t'inquiète pas.
Duo n'en cru pas un mot, en se redressant, il put voir à la lueur blafarde de la lampe, les traits tirés de son amant. Il lui sourit et se releva.
_ Je lui fais sa piqure et je prends le relais que tu puisses te reposer aussi.
_ Hn. Mais à condition qu'on alterne, tu ne me laisses pas dormir toute la nuit.
Duo sembla hésiter mais l'air sérieux du japonais le dissuada d'argumenter. Aussi, il se plia à sa volonté, sachant que c'était de toute façon plus raisonnable. Il soigna Deathscythe et retourna auprès de lui. Ils passèrent la plus grande partie de la nuit ainsi, le soignant, dormant à tour de rôle et parfois discutant lorsqu'ils étaient éveillés tous les deux. La thermos de café touchait à sa fin mais ils n'avaient pas trop froid, bien couverts et collés l'un à l'autre comme des siamois.
Duo se détendait à mesure que la température de son cheval baissait et qu'il semblait moins souffrir. Sa respiration était revenue à la normale et il ne transpirait plus du tout. Le plus gros de la crise semblait passé mais Duo préférait rester prudent, on ne savait jamais. Combien de fois avait-il déjà vu ça ? Le cheval semblait se remettre et il mourrait subitement d'une rechute foudroyante.
Ils avaient fini par adopter une position plus confortables, allongés dos contre torse sur une couverture et recouverts par deux autres, ils avaient éteint la lumière et somnolaient tous les deux. Duo se surprit à penser combien il était incroyable qu'un animal si imposant, si puissant, soit si fragile. Était-ce le prix à payer pour leur noblesse, leur élégance, leur magnificence ? En échange de tout ce dont la Nature les avait pourvus, ils étaient sensibles au moindre changement de temps un peu trop brutal, aux changements d'alimentation, … Il trembla sans pouvoir se retenir.
Dans son demi-sommeil, Heero sentit les frissons qui agitaient le corps contre lui et il se rapprocha dans un geste inconscient, mais tout de même apprécié par le principal concerné. Duo soupira de soulagement, ce qu'il était heureux de l'avoir près de lui pour le réconforter et l'épauler. Combien sa présence lui était bénéfique, même indispensable. Il n'aurait probablement pas tenu le coup aussi bien si il n'avait pas été là. Ce fut sur ces pensées qu'il rejoignit son chéri au pays des rêves.
Ce furent les premières lueurs de l'aube passant à travers les fenêtres de l'écurie qui les réveillèrent. Ce qui les étonna en premier lieu était qu'ils s'étaient endormis tous les deux en même temps au lieu de poursuivre leurs tours de garde. Sans se le dire, ils s'en voulurent autant l'un que l'autre mais la vague de culpabilité reflua bien vite quand ils se rendirent compte que le malade s'était relevé. Ils suivirent son exemple et Duo se précipita sur lui, il le palpa partout, vérifiant le moindre détail. Deathscythe était légèrement déshydraté mais il semblait aller vraiment mieux.
_ Alors ?
_ Plus de température du tout, ses muqueuses sont normales et il ne tremble plus. Je pense que c'est fini. C'est passé. On va le laisser boire et je lui apporterais un peu de foin tout à l'heure, qu'il ne se remette pas à manger trop vite et on va éviter les granulés pendant quelques jours.
_ Je t'avais dit que c'était un battant.
_ Je suis si soulagé !
Duo encercla l'encolure de son ami et enfouit son visage dans sa crinière. Il laissa ses mains glisser sous la couverture, profitant de la chaleur animale qui s'en dégageait.
_ Tu veux que j'appelle Sally ? Juste pour être sûr ?
_ Nan, il est encore tôt, il va mieux, ça peut attendre qu'elle se lève. De toute façon, telle que je la connais, je suis certain qu'à peine levée et habillée, elle viendra nous voir.
_ Oui, tu as raison.
Il fut coupé dans son élan par un bruit aux premiers abords indistinct mais qu'il finit par identifier comme celui d'un estomac affamé. Il ria alors que Duo rougissait.
_ Bon, et si à la place de Sally j'allais chercher de quoi manger ?
_ Alors là, je t'en serais reconnaissant à jamais bébé !
_ Sache que je m'en souviendrai, je me souviens toujours de tout.
Il lui planta un baiser sur les lèvres et sur le front et quitta l'écurie. L'ambiance était nettement plus agréable. Il avait eut peur de perdre Deathscythe, même si il n'y était pas attaché de la même façon que Duo, il savait qu'en même temps que le cheval, il perdrait une partie de son amant. Arrivé à leur appartement, il refit du café et mis le four à chauffer. Il sortit des petits pains au chocolat du congélateur et se dit que le temps que tout soit prêt, il pourrait aussi bien aller prendre une douche. Ça le détendrait et dégourdirait ses muscles endoloris par une nuit inconfortable. Pourtant, si c'était à refaire, il le ferait sans hésiter.
Il quitta la Grange une demi-heure plus tard et trouva son amant assis dans ou sur, il ne savait pas vraiment, la mangeoire en béton qui se trouvait dans un coin du box. Il fixait son cheval avec l'air un peu niais d'un enfant qui assiste au miracle de Noël.
_ P'tit-déj !
_ Whoua !! Tu m'as fait peur !
_ Oh … dans ce cas, ceci me permettra-t-il de me faire pardonner ?
Il lui tendit le petit sac contenant les pains au chocolat. Duo lui sourit et descendit de son siège de fortune. Il attrapa le sac et laissa Heero leur servir le café. Une fois fini, il l'aida à tout ranger et se rapprocha pour le remercier comme il se devait.
_ Hummm, traître, tu sens bon, t'as pris une douche !
_ Désolé mon ange, mais il fallait bien que je m'occupe pendant que ça chauffait.
_ Non, je boude.
_ Oh non, je ne te laisserais pas bouder !
Sur ce Heero l'attrapa et le fit tournoyer avant de se laisser tomber dans la paille avec lui. Morts de rire et un peu essoufflés par la chute, ils restèrent allongés un moment avant de se retrouver dans les bras l'un de l'autre, s'embrassant à perdre haleine.
Vers huit heure du matin, le club s'éveilla, les chevaux commencèrent à réclamer leur pitance et les deux jeunes hommes décidèrent de les nourrir. Ils pouvaient bien laisser Deathscythe quelques instants, il ne craignait plus rien semble-t-il, et puis cela rattraperait en partie leur journée de la veille où ils n'avaient pas fait grand chose. Alors qu'ils rangeaient le chariot à granulés après avoir fait le tour des écuries, ils virent Quatre et Trowa arrivés vers eux. Ils les rassurèrent sur la santé du cheval de Duo et les aidèrent à sortir les ballots de paille, les fourches et les balais.
Ils allaient commencer à pailler quand la voix de Sally leur parvint. Elle les cherchaient apparemment. Ils la rejoignirent tous les quatre devant le box de l'ancien malade. Leur bonne humeur tomba quelque peu en voyant son visage grave.
_ Ah vous êtes là ! Il faut que je vous parle. On va attendre deux minutes, Wu est parti chercher J.
_ Tu me fais peur Sally. Il va mieux non ? Tu le vois bien ?
_ Oui, de ce côté là tu peux être tranquille, sans le savoir, on a fait ce qu'il fallait.
Heero fronça les sourcils et devança tout le monde en posant la question qui les taraudait.
_ Que veux-tu dire ?
_ Je préfère qu'on attende J, ça m'évitera de me répéter.
Duo se renfrogna, il n'aimait pas les cachoteries et l'angoisse le tenaillait à nouveau. Ça ne finirait donc jamais ? Ils ne pouvaient pas juste se réjouir de la guérison du cheval noir ? L'attente ne fut pas longue mais elle leur parut interminable. Sally faisait les cent pas, semblant se parler à elle-même et ruminant des paroles incompréhensibles. Les moniteurs ne pouvaient que la regarder sans comprendre. Quand les deux hommes attendus tel le Messie firent leur apparition, Duo se serait jeté sur eux pour les embrasser tant son soulagement était grand. Il se tourna vers Sally.
_ Bon, maintenant tu nous dit ce qu'il y a et va droit au but s'il te plaît !
_ Oui.
Elle se positionna de façon à leur face face à tous, ils étaient suspendus à ses lèvres et elle craignait leur réaction.
_ J'ai fini les analyses ce matin, ce n'était pas une simple colique, il … Deathscythe a été …
_ Alors ?!
_ Duo calme-toi.
L'interpelé envoya un regard noir à Wufei, il comprenait qu'il défende sa petite amie mais là, c'était pas le moment ! Voyant qu'Heero allait intervenir pour, lui aussi, porter secours à son amant, Sally balança l'information.
_ Il a été empoisonné.
Un silence de plomb tomba sur la petite assemblée. Ils se regardèrent tour à tour, choqués et n'en croyant pas leurs oreilles. J pris les choses en mains.
_ Par quoi et comment ?
_ D'après mes résultats, il aurait ingurgité du laurier rose, peu je pense au vu des symptômes présentés. Le fait de lui avoir vidé l'estomac l'a sauvé, cette plante peut être mortelle, il faut juste que je lui donne un médicament qui agit comme un contre-poison pour être sûre que son organisme évacue tout ce qu'il peut rester de toxique. Ce que je ne comprends pas, par contre, c'est comment ?
_ Il n'y en a pas par ici, on peut en trouver dans les régions Sud de Sank mais la plupart des chevaux, comme tous les animaux d'ailleurs, l'évite instinctivement.
_ J a raison, je pense qu'une personne mal intentionnée lui en a fait mangé, elle a dû le camoufler dans quelque chose de très appétant et avec une odeur forte pour couvrir celle du laurier. Duo, je suis désolée, mais je ne peux pas t'en dire beaucoup plus. Si tu préfères, je peux lui faire une nouvelle prise de sang pour m'assurer qu'il va vraiment mieux, mais à le voir comme ça, je suis certaine qu'il s'en sortira sans séquelle. Il va sûrement être très fatigué pendant deux ou trois jours et il faudra l'alimenter doucement mais il s'en sortira.
Sally insistait sur ce point pour tenter de détourner Duo de la colère qui grandissait en lui. Seulement, l'américain ne l'écoutait plus. Il sentait une rage sourde battre dans sa tête. Qui avait osé s'en prendre à son cheval ? Ça ne pouvait pas être un accident ! Il entendait, sans les écouter vraiment, ses amis autour de lui qui débattaient du comment et du pourquoi, il ne sentit pas non plus Heero se poster dans son dos, lui assurant son soutient. Ils furent tous interrompus par l'arrivée de Howard. J lui expliqua les faits, lui demandant par la même occasion, si il avait vu quelqu'un d'inhabituel traîner dans les écuries hier dans l'après-midi.
_ Heu … je vois pas trop non...
Ils cachèrent tant bien que mal leur déception et leur inquiétude. Soit cette personne avait été très discrète, soit il s'agissait d'un habitué du club. Laquelle des deux solutions était la moins pire ? Aucun d'eux n'aurait su le dire. En effet, si cette personne était étrangère et avait réussi un coup pareil sans se faire voir, qu'est-ce qui l'empêcherait de recommencer ?
_ Attendez ! Il y avait bien … oui, je crois que je l'ai vu hier après-midi, elle est jamais là à cette heure-ci normalement …
Le vieux palefrenier était perdu dans sa pensée, il voulait être sûr avant, histoire de ne pas nommer quelqu'un d'innocent. Il n'eut pas le loisir de réfléchir plus avant. Duo se planta devant lui, les yeux noirs et le corps tendu à craquer.
_ Qui ?
_ La petite brune qui prend des cours tous les jours avec Heero. Ça m'a surpris sur le moment, je me rappelle m'être dit qu'on la voyait jamais si tôt et que d'habitude elle prend pas le temps de se promener dans l'écurie.
Un grondement sourd sortit de la gorge de Duo et l'assistance se glaça. Aucun d'entre eux n'avait jamais vu Duo ainsi. Il dégageait une impression de rage froide, ses yeux brûlaient et son corps tout entier semblait s'être transformé en une arme mortelle. Heero eut soudain très peur de ce que son amant serait capable de faire. Non pas qu'il s'inquiétait pour Fuyuko, mais il ne voulait pas que son amant fasse quelque chose qui lui apporterait des ennuis avec la justice. Il l'en savait capable, il le sentait. Tout le monde le sentait.
Il allait exploser. Cette garce ! Alors comme ça elle avait décidé de se venger pour ne pas avoir réussi à conquérir Heero ? Et au lieu de s'en prendre à lui, elle s'attaquait à un cheval sans défense ? Comment pouvait-elle prétendre aimer les chevaux ? Il murmura pour lui-même, inconscient du fait qu'Heero pouvait l'entendre, étant toujours dans son dos.
_ Sale chienne ! Tu vas payer ! Prépare-toi à rencontrer Shinigami …
Voilà, pour m'excuser de mon retard, un chapitre un peu plus long que d'habitude.
La chanson est The Rose de Bette Midler, je la trouve superbe alors voilà …
Pour la petite histoire, ce que l'on appelle colique chez les chevaux regroupe en fait tous les types de troubles gastro-intestinaux possible. Il y en a donc plusieurs sortes. Il faut savoir que la constitution d'un cheval ne lui permet pas de vomir. Par conséquent, quand pour une raison ou une autre, le cheval ne peut pas évacuer par le colon, tout reste stocké dans l'estomac sans possibilité d'en sortir. Cela lui est très douloureux évidement. Les causes de coliques sont tout aussi variables, un changement de temps brutal, un changement d'alimentation, un bouchon dans l'intestin à cause d'une trop grande consommation de paille, du foin de mauvaise qualité, un déplacement d'un organe comme le colon ou l'intestin grêle, de l'eau bue trop froide … Bref, ces grosses bêtes sont bien fragiles et je sais de quoi je parle pour avoir perdu mon cheval il y a quelques années d'une colique fulgurante, type colique rouge. Le matin, il n'était pas bien et le soir malgré les calmants, il était mort.
Le laurier rose est une plante très toxique et mortelle à une certaine dose pour tous les êtres vivants (humains compris). Il existe bien d'autres types de plantes toxiques (boutons d'or, if, glands du chêne, thuyas, digitales, le houx, le lierre terrestre, le rhododendron, … ), mais celle-la correspondait bien à ce que je voulais.
Si jamais j'ai oublié d'expliquer quelque chose, dites-moi !!!
Voilà j'espère que ça vous a plu, à votre avis, comment Duo va-t-il se venger ?
