Ah désolé, j'avais vraiment cru que j'avais posté le chapitre mardi...XD Du coup je vous le poste que maintenant, promis, mardi vous aurez la suite. En espérant qu'il y a des personnes qui lisent ma fiction ^^' Parfois je n'en ai pas l'impression x) Faite moi un signe ! MDR Bonne lecture !

Chapitre X :

Au alentour de onze heures, les paupières écarlates de l'invitée s'ouvrirent doucement avant de se refermer dans un petit râle désapprobateur. La lumière du jour qui illuminait la pièce par la petite fenêtre au bout de la chambre la fit mal aux yeux durant quelques secondes. Elle les ouvrit de nouveau, habituant peu à peu à cet éclairage, avant d'apercevoir où elle était. Cette dernière se remémora les souvenirs de la veille ainsi que cette nuit, laissant un sourire se former sur ses lèvres tandis qu'elle se redressa tout en s'étirant. Elle se leva du lit, arrangea ses cheveux à la va vite, puis sortit de la chambre en boitant légèrement tout en cherchant le jeune homme de ses yeux bleus. Elle le vit assit dans le salon où de divers courriers étaient étaler sur la petite table basse. La jeune femme descendit les escaliers, le rejoignit alors qu'il lisait un de ses courriers sans avoir remarqué encore sa présence. Il avait l'air soucieux supposa-t-elle n'osant pas l'interpeller. Peut-être faudrait-elle revenir plus tard et le laisser seul ? Au moment où elle décida de faire demi-tour, elle entendit la voix rauque du jeune homme l'appeler la faisant tourner complètement vers lui.

« Tu voulais me parler ? »

« Euh... Oui. C'est que j'aimerai bien me laver, mais je ne sais pas où sont les affaires de bain.» Répondit-t-elle en triturant ses mains, mal-à-l'aise.

Paul plia son courrier, le rangea dans l'enveloppe puis la reposa sur la table basse avant de se lever et de se diriger vers les escaliers, laissant la jeune femme le suivre en silence. Arrivé dans la salle de bain, le jeune homme sortit des serviettes ainsi qu'un gant du placard, puis les déposa auprès du lavabo avant de sortir, toujours en silence.

« Merci. »

Paul fit un petit acquiescement avant de disparaître de l'encadrement de la porte de la salle d'eau afin de retourner à ses occupations. Aurore partit chercher quelques affaires dans son sac, revint dans la salle de bain puis verrouilla la porte. Elle retira son gilet, son débardeur ainsi que son pantalon doucement en évitant le bandage à son pied. Elle dégrafa son soutien-gorge où la fameuse cicatrice qui commençait au cou terminait à la naissance de ses seins blancs. Elle toucha délicatement la blessure mystérieuse, tout en éludant ses sombres souvenirs qui vinrent dans sa mémoire. Dans un soupir pudique elle enleva rapidement son boxer rose pâle alors qu'elle remarqua de nouveau sa maigreur au niveau de ses jambes. Elle était vraiment laide se considéra-t-elle tout en évitant de regarder son reflet dans le miroir. Après avoir plié ses affaires elle prit le gant, rentra dans la baignoire puis attrapa la pomme de douche tout en ouvrant le robinet d'eau froide puis celui d'eau chaude. Elle accrocha le jet douche à sa place initiale sur le faisceau en aluminium puis emprunta un gel douche afin de l'appliquer sur le gant. Elle frotta plusieurs fois sur sa peau humide, faisant mousser petit à petit le produit, alors que la jeune femme se perdit dans ses pensées. Paul semblait étrange quand elle l'avait vu dans le salon, était-ce à cause du courrier qu'il lisait ? Il avait l'air si concentré sur cette lettre... Elle n'avait pas raté son froncement de sourcils et sa mâchoire serrée. C'était sûrement une facture spécula-t-elle en fermant ses paupières, sa tête sous l'eau. Elle éteignit l'eau, prit un shampoing d'une marque connue, ouvrit le capuchon et mit le produit dans sa paume. Elle appliqua rapidement sur ses longs cheveux, alors qu'elle aperçut malgré elle les bleus encore présents sur ses mollets. Avait-elle mérité tout ces coups et tout ces mots grossiers ? Avait-elle vraiment mérité toutes ces injures qu'il lui chuchotait lors de certains soirs ainsi que ses regards colériques ? Un sanglot étouffé retentit alors qu'elle passa sa tête une nouvelle fois sous le jet. Certainement. Peut-être qu'il fallait faire plus d'efforts pour lui plaire ? Fallait être juste moins bête, ouais... Un autre sanglot s'engloutit sous le jet douche alors que ses quelques larmes se mélangèrent à l'eau brûlante. Elle passa ses mains sur le haut de sa tête afin de retirer la mousse qui restait.

Il ne fallait plus penser à lui. Juste ne rien penser, essaya-t-elle de se calmer tandis qu'elle essuya ses larmes de ses mains frêles. Elle sentit sa grosse paupière, lui faisant rappeler un autre souvenir.

Un coup violent partit soudainement, un râle colérique, un regard furieux. Une forte main qui tirait sur ses cheveux, ses supplications en répétitions, une colère démesurée... Soudain un bruit résonna dans la douche faisant sortir Aurore brusquement de ses songes. Les yeux écarquillés, le souffle coupé, elle essaya de revenir à la réalité alors qu'elle sentit les pulsations de son cœur s'accélérer. Elle découvrit le gel douche dans la baignoire. Comprenant qu'il était tombé du rebord, la jeune femme se baissa afin de le ramasser et de le remettre à sa place avant de tirer le rideau pour sortir prudemment du tub. Ensuite, elle s'enroula dans l'épaisse serviette rouge, tandis qu'elle s'appuie contre le rebord de la baignoire afin de retirer son bandage humide, où ce dernier dévoila la longue coupure séchée. Aurore jeta la grande bande dans la petite poubelle qui se trouvait dans un coin de la pièce puis s'essuya son visage mouillé ainsi que ses cheveux trempés dans une autre serviette.

Elle découvrit un pot de crème disposé sur la petite étagère en face d'elle, la faisant sourire. Est-ce que ces hommes prenaient soin de leurs peaux ? Elle l'attrapa entre ses doigts, dévissa le couvercle, puis prit une noisette de la fameuse crème, s'étala sur tout son corps après avoir laissé tomber la serviette intentionnellement faisant dévoiler ses autres ecchymoses. Elle remit le pot à sa place, espérant ne pas avoir prit trop de crème ; elle aurait peut-être du demander avant de faire quoi que ce soit se culpabilisa-t-elle, en mordillant sa lèvre inférieure. Elle chassa ses pensées en voyant son coquard dans le miroir, il semblait être plus petit que la veille... Elle soupira, en espérant qu'il disparaîtra rapidement, ce qui ne l'obligera plus à porter ses grosses lunettes.

Aurore commença à s'habiller dans un geste rapide, ce qui lui fit grimacer de douleur en comprenant qu'elle s'était fait mal à son pied lésé dans un faux mouvement. Après s'être complètement vêtu d'un tee-shirt, d'un gilet fin ainsi qu'un jean, elle retira la serviette de ses cheveux, puis elle les démêla à l'aide de ses doigts fins. Elle plia les deux serviettes, les disposa au coin de la planchette, rinça le gant puis le déposa sur le rebord. Elle ramassa ses affaires sales, qui étaient sur le carrelage bleu, puis déverrouilla afin de sortir de la salle de bain.

Arrivé dans sa chambre provisoire, elle déposa ses affaires sur le lit, tandis qu'elle entendit la voix de Reggie au loin. Sans doute venait-il de rentrer du travail pour la pause du midi. Elle marcha vite en direction des escaliers, où elle le vit monter alors qu'une douleur l'infligea dans sa cheville, lui formant une petite moue. Il faut à tout prix qu'elle remette un bandage soupira-t-elle.

« Ah Aurore, vous voilà. »

La jeune femme sourit tout en ce demandant ce que le grand frère lui voulait. Elle doutait bien qu'à l'intonation de sa phrase que le fameux psychologue devait lui parler.

« Comme aujourd'hui c'est moi qui cuisine, je voulais savoir un peu ce que vous aimez. Vous avez un régime alimentaire à suivre ? »

« Non du tout. »

Elle le vit acquiescer en souriant. Reggie avait l'air d'être une personne qui avait ce don de communiquer la bonne humeur en un simple sourire.

« Steak haché et pommes de terres, c'est bon ? »

« Oui, parfait. » Répondit-t-elle avant de poursuivre « Si vous voulez, je peux vous aider à faire la cuisine. »

« Oh non, ça va. Merci quand même. » Déclara-t-il toujours le sourire aux lèvres, alors que son regard se posa soudainement sur la blessure.

Aurore comprit au sourire disparut que Reggie observait d'un air sérieux son pied mutilé. Elle se sentit gênée par cette soudaine intention alors qu'elle lui demanda s'il n'avait pas quelque chose pour camoufler cette blessure.

« Oh, oui. Installez-vous sur le lit, je vais vous chercher ce qu'il faut. »

Aurore obéit tandis que l'aîné descendit au rez-de-chaussé d'un pas rapide. Assis sur le matelas, elle attendit patiemment Reggie, mais lorsqu'elle entendit des pas vers la porte de la chambre elle vit le cadet avec la boîte de soins entre ses mains.

« Reggie est en train de surveiller sa cuisson. » Répondit-il à l'interrogation muette de la jeune femme.

Aurore acquiesça, observa le jeune homme qui s'avança vers elle d'un pas non assuré alors qu'il passa sa main dans ses cheveux raides d'un air embarrassé. Il semblait être nerveux, remarqua-t-elle. Elle le vit s'abaisser à son pied la faisant soudainement rougir. Ne comprenant pas cette chaleur brusque qui lui était monté en elle, la jeune femme ne pouvait qu'intentionnellement détourner le regard vers la fenêtre en face d'elle, n'osant pas poser ses orbes bleus sur Paul. Ce dernier venait d'ouvrir la boîte de soins, où il y avait plusieurs gros pansements, de produits de désinfectants, des produits contre les brûlures, du coton ainsi qu'un rouleau de bandage. Avec tout cela, on pouvait être sûr de rester tranquille...

« Je vais... je vais mettre du désinfectant, ç-ça va sûrement te piquer un peu. » Déclara-t-il, entravé dans ses gestes maladroits.

Elle acquiesça, mordillant sa lèvre inférieure sous la soudaine douleur ; la blessure n'était pas complètement cicatrisée et cette dernière restait encore un peu profonde. Tandis que cette douleur se dissipa peu à peu, elle sentit les mains étonnamment douces du jeune homme se poser délicatement sur son pied mutilé alors qu'un bandage frôla sa peau la faisant chatouiller légèrement. Elle sentit ce fameux bandage se serrer peu à peu autour de sa blessure, se disant intérieurement que la prochaine fois, elle essaya de se panser toute seule afin d'éviter de déranger qui que ce soit.

« Et voilà. »

Paul rangea le rouleau de bandage ainsi que le produit désinfectant dans la grosse mallette, évitant toujours le regard de la jeune femme. Cette dernière la remercia et lui demanda s'il ne pouvait pas laisser la boîte de soins dans la chambre afin qu'elle puisse renouveler ses pansements à chaque fois qu'elle en aurait besoin. Il acquiesça avant de lui informer que le repas sera bientôt prêt en déposant la boîte de soins à côté du lit puis quitta la chambre suivit d'Aurore. Cette dernière boitait malheureusement encore, obligeant à Paul de jeter quelques regards inquiet sur elle. Dans les escaliers, le jeune homme ne pouvait s'empêcher de se tourner vers elle, comme pour s'assurer qu'elle pouvait se débrouiller malgré sa blessure au pied. Il remarqua qu'elle toucha souvent sa paupière entouré de bleu. Il faudrait qu'elle évite de trop frotter sinon cela risquerait de gonfler pensa-t-il alors qu'il arriva dans la cuisine, où son grand frère mit les pommes de terres dans trois assiettes.

« Ah, vous arrivez juste à temps pour le déjeuné. »

Après s'être lavé les mains, Aurore et Paul s'installa à la table qui était disposé au milieu de la cuisine tandis que Reggie déposa la poêle sur un sous-plat au milieu du meuble puis s'assit auprès des deux jeunes gens. Durant le début le repas, le silence était pratiquement présent, rendant à la jeune femme un malaise gênant malgré Reggie qui essayait de faire la conversation.

« Il faut peut-être appliquer une pommade sur ton coquard, Aurore. Je crois qu'il y en a dans la boîte de secours. »

La concernée se sentit gênée d'être le centre de la conversation alors qu'elle acquiesça doucement. Au moment où elle lui disait qu'elle appliquerait la pommade sur sa blessure après manger elle fut interrompit par le cadet. Ce dernier informa Aurore et Reggie qu'il n'y avait plus la fameuse crème dans la mallette.

« Ah. Je crois que la pharmacie n'est pas ouverte cette après-midi... »

Après la brève conversation sur les blessures d'Aurore, qui cette dernière essaya de ne pas trop y penser, les deux frères ainsi que l'invitée parlèrent du boulot de Reggie. Aurore apprit que ce dernier était psychologue spécialisé dans les post-traumatiques, qu'il avait des patients de divers âges qui avaient eu des incidents graves ou qu'ils étaient dans des dépressions plus au moins importantes. En fait, il n'y avait que Reggie et Aurore qui parlaient, alors que Paul semblait être ailleurs.

« … Je t'assure, il y avait carrément un qui était venu sonner en pleine nuit, tu aurais vu Paul, il était irritable. » Rit Reggie avant de poursuivre tout en pivotant sa tête vers son petit frère « J'en suis sûr qu tu te rappelles de cette nuit. »

Aurore et Reggie remarquèrent son absence de réactions ce qui fit froncer les sourcils de l'aîné, inquiet pour son petit frère.

« Paul ? » L'appela-t-il « Allô Paul, ici la Terre ! »

Le concerné écarquilla ses yeux en s'apercevant qu'on lui parlait. Il lâcha un bref soupir avant de s'excuser et de sortir de table en laissant son assiette de nourriture à peine entamé et les deux attablés en plan. Reggie et Aurore le regarda s'en aller vers le salon où il s'allongea sur le canapé. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Il ne se sentait pas bien ? Les deux jeunes gens se questionnèrent silencieusement alors que le regard d'Aurore se posa sur l'aîné. Celui fronça les sourcils ne comprenant pas la réaction de son petit frère, il soupira, las, sachant que parfois Paul pouvait être un vrai mystère. Il rencontra les orbes bleus de la jeune femme et lui fit un sourire maladroit, s'excusant du comportement du cadet.

« Il ne faut pas trop s'en faire. Parfois il a des périodes comme ça que même moi je ne comprends pas vraiment... »

Aurore acquiesça alors qu'elle vit Reggie pivoter sa tête vers son petit frère. Malgré ce qu'il venait de lui dire, il semblait beaucoup s'inquiéter pour Paul, ce qui était normal, après tout c'était le rôle d'un grand frère. Ils terminèrent le repas, animé de quelques brèves conversations puis Reggie débarrassa la table avec l'aide de la jeune femme alors que ses orbes bleus guettèrent malgré elle le cadet. Après avoir complètement rangé la vaisselle salle et nettoyé la table, Reggie proposa un thé à Aurore, qui accepta joyeusement.

OOOOO

Assis à la terrasse du jardin, Reggie et Aurore dégustèrent leurs thés. Ils avaient la vue sur le salon, où ils pouvaient apercevoir un Paul concentré sur son ordinateur portable. Celui-ci était assis sur le canapé.

« Je suis étonné de l'effet que vous avez sur mon frère. »

« Tutoyez-moi. »

Reggie acquiesça tandis qu'un sourire s'afficha sur ses lèvres.

« Alors tutoyez-moi.»

Aurore sourit. Elle fut intrigué par la première phrase de Reggie. Qu'est-ce qui voulait dire vraiment ?

« Qu'entends-tu par là? »

Reggie posa son regard sur son frère, pensif, durant quelques secondes avant de détourner son regard vers la jeune femme.

« C'est rare de voir autant d'émotions sur son visage. La plupart du temps, il a toujours été assez froid et distant que cela soit avec moi ou avec son entourage. Quoique avec moi il se laisse un peu aller.»

Reggie se rappelait des conversations téléphoniques lors du séjour à l'hôtel de Paul ainsi que la petite discussion qu'il avait eu avec lui lorsque Aurore dormait encore. Ils avaient un peu parler d'elle, ainsi il avait su les ressentis de son petit frère par rapport aux événements qui s'étaient passé depuis son arrivé dans ce fameux hôtel.

« Même avec ses amis il est comme ça? »

Un sourire triste s'afficha sur le visage de Reggie. Des souvenirs lui vinrent en mémoire alors qu'il soupira explicitement.

« Il n'avait pas beaucoup d'amis. »

Aurore fronça les sourcils tout en posant son regard sur Reggie.

« Avait ? Pourquoi parles-tu au passé? »

« La plupart on lui fait faux bond. Et puis d'autres, avec le temps ont tout simplement coupé contact avec lui.»

La jeune femme posa son regard sur le chevelu violet. Ce dernier était toujours aussi concentré sur son ordinateur, ne se doutant absolument pas qu'Aurore et son grand-frère parlait de lui.

« C'est pour ça qu'à notre première conversation au téléphone, tu avais dit que Paul était un cas pour les relations humaines. »

Un petit rire sortit de la bouche du grand frère avant que celui-ci prit une gorgée de son thé et de parler à nouveau.

« Oui un peu. Mais il a toujours été comme ça. Dans le fond, Paul est de nature solitaire. Même lorsqu'il était enfant, il avait toujours eu du mal à aller vers les gens et leurs parler. Généralement c'est les autres qui vont vers lui. »

La jeune femme observa toujours le sujet de leur conversation. Il ne semblait pas apercevoir qu'Aurore et Reggie l'épièrent.

« A l'hôtel, il m'avait toujours semblé un peu maladroit dans sa façon d'être. Je ne pensais pas qu'il serait autant mal-à-l'aise avec les gens.»

Reggie sourit face à la pensée révélée d'Aurore.

« Ouais. Il s'est toujours caché derrière une armure protectrice. Et je sais que derrière cette armure se cache une personne fragile. Paul à tout simplement peur d'être déçu. »

« Déçu? » Répéta-t-elle, intriguée.

« Oui. Déçu par les personnes à qui il accorde sa confiance. »

Un silence s'installa après ces mots. Les deux jeunes gens burent leurs thés devenus tièdes, laissant les chants de quelques oiseaux retentirent dans le petit jardin.

« Tu crois qu'il a vraiment peur que je le déçoit? Que je puisse trahir sa confiance? »

Reggie pivota sa tête vers la jeune femme. Cette dernière ne quitta plus Paul de ses yeux. Il la trouva charmante et il espérait que Paul serait plus ouvert grâce à elle.

« Sûrement. J'ai beau être psychologue, Paul est un vrai mystère. On ne peut pas savoir ce qui se passe dans la tête de mon petit frère. »

S'il n'avait pas forcé son petit frère à prendre des vacances, il n'aurait jamais rencontré Aurore. Il l'observa de coin de l'œil, détaillant discrètement le coquard qui semblait être sur la voix de la guérison, lui faisant grimacer doucement. Il fallait être complètement con et incontrôlable pour battre sa future femme. Paul avait raison sur un point, Ludovic l'avait bien amoché. Il détourna son regard sur sa montre où il s'aperçut qu'il devait bientôt quitter la maison pour aller à son cabinet. Il but une dernière gorgée, prévint la jeune femme qu'il allait bientôt partir à son travail tout en se levant et prendre les deux tasses vides afin de les déposer dans l'évier de la cuisine.

La jeune femme le suivit, s'assit sur le fauteuil en face du canapé silencieusement, n'osant pas perturber la concentration de Paul. Il avait l'air à fond dans ce qu'il faisait...

« Bon, je reviens aux alentours de dix-huit heures. » Déclara-t-il faisant tourner les têtes de Paul et d'Aurore vers lui avant de poursuivre avec un petit sourire moqueur « Soit bien sage Paul, pas de bêtises hein ! »

Un grognement explicite se fit entendre de la part du cadet faisant agrandir le sourire de Reggie alors qu'il sortit de la maisonnette. Aurore sourit face à cette complicité, amusée par la taquinerie de l'aîné. Elle décida enfin de déranger Paul, comprenant qu'il n'était plus concentré à cause de l'intervention malicieux de son grand frère.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

Le concerné posa ses orbes noirs sur la jeune femme, soupira discrètement, en répondant un « rien de spécial » avant de détourner son regard, mal-à-l'aise. Qu'est-ce que c'était insupportable de la regarder dans les yeux..., pensa-t-il en essayant de se concentrer de nouveau sur son écran. Et cet atroce gonflement à son œil rendait la situation encore plus gênante. Un silence brutal s'installa après ces mots faisant presque regretter le jeune homme d'avoir prononcé ces mots. Puis, moins elle savait sur ce qu'il faisait et mieux il se portait...

L'après-midi passa, laissant une Aurore endormie sur le fauteuil du salon, tandis que le jeune homme soupira tout en fermant un instant ses paupières, toujours à la même place. Vraiment, elle pouvait dormir où elle voulait, peut importe le lieu... Il doit avouer que le fauteuil était bien confortable, songea-t-il en reposant ses yeux sur son écran d'ordinateur.

Quelques instants plus tard, il décida d'éteindre son ordinateur portable et alla dans la cuisine afin de faire un café. Lorsqu'il revint dans le salon, la tasse à la main, il découvrit le fauteuil vide. Aurore avait profité de son absence pour se réveiller et de retourner à ses petites occupations. Mais qu'est-ce qu'elle pourrait bien faire ? Il but une gorgée de sa boisson chaude, perdu dans diverses pensées à son sujet. Elle devait sûrement s'ennuyer souffla doucement en levant les yeux, d'un air désespéré.

Après avoir terminé de boire son café, il décida de monter pour voir ce qu'elle faisait tout en maudissant sa soudaine curiosité. À croire qu'il n'y avait qu'Aurore qui pouvait lui rendre curieux ; c'est pathétique pensa le jeune homme dans un soupir gras alors que ses pas lui menèrent au premier étage. Arrivé près de sa chambre, il observa ce qu'elle faisait, laissant seulement sa tête dépassé de l'encadrement. Il se sentait vraiment minable d'agir comme cela alors que c'était sa propre chambre. Elle était assise au bord du lit, son regard dirigé vers la petite table de chevet, plus particulièrement le cadre de photo qu'elle venait de prendre dans ses mains. Il s'insulta de tous les noms de ne pas avoir penser à le retirer ce matin alors qu'il vit un sourire se dessiner sur ses lèvres. Elle devait passer son temps à regarder cette fameuse photo pesta-t-il intérieurement. Il la vit remettre le cadre photo à sa place lui faisant lâcher un gros soupir, ce qui fit retourner la tête de la jeune femme vers lui. Il se précipita, plaqué au mur, sentant le rouge lui monter à ses joues. Pourquoi avait-il chaud d'un coup ? Il respira lentement plusieurs fois de suite, sentant son rythme cardiaque s'accélérer de plus en plus vite alors qu'il mit sa main sur sa poitrine tout en fermant ses paupières lors de quelques secondes avant de décider de jeter un autre coup d'œil à ce qui se passait dans la chambre tout en espérant que la jeune femme ne l'avait pas remarqué. Au moment où il allait passer sa tête dans l'encadrement, il frôla un visage féminin et croisa deux orbes bleus étincelantes, le faisant sursauter fortement dans une petite exclamation. Toute suite après qu'Aurore avait, elle aussi, lâcher un petit cri de surprise, les joues rosées par cette inattendue rapprochement, ils avaient compris, tous deux que ce n'était pas intentionnel, loin de là, juste en quelque sorte, un accident.

« Euh...Tu... tu veux peut-être rentrer dans ta chambre ? » Proposa-t-elle, embarrassée, alors qu'elle se pesta mentalement contre cette stupide question.

C'était quoi cette proposition ? C'était sa chambre, il déciderait oui ou non s'il voulait rentrer pensa la jeune femme dans un mordillement de lèvre, encore plus mal-à-l'aise qu'auparavant.

« Non, non. » Répondit-t-il un peu trop rapidement.

Paul détourna son regard, sentant la chaleur l'envahir encore dans son corps alors qu'il essaya de reprendre son contenance dans un petit soupir habituel. Qu'est-ce qu'il avait chaud, bon sang !

Un silence gênant s'installa après ce petit échange, laissant planer une atmosphère de trouble dans l'air.

« Ton œil a l'air d'être moins gros que tout à l'heure. » Essaya-t-il de changer de sujet afin de dissiper ce moment d'embarras.

« Ah, tu trouves ? » Déclara-t-elle dans un petit sourire timide avant de continuer, le regard posé sur lui « J'espère qu'il se dégonflera rapidement. »

Ne sachant pas quoi dire, Paul acquiesça simplement, avant de sentir le silence s'abattre de nouveau entre eux alors que la chaleur qui y était rentrée dans la moindre parcelle de sa peau semblait disparaître peu à peu. Ils entendirent la porte d'entrée s'ouvrir, obligeant aux deux jeunes gens de baisser leurs regards vers celle-ci.

« Je suis rentré ! »

Paul profita de cette occasion pour détourner ses pas vers les escaliers afin de rejoindre son grand frère et de s'éloigner un peu de cette fille qui semblait décider de lui provoquer une crise cardiaque. De plus, il avait besoin de ne plus sentir sa présence aussi près de lui, pas que cela le dérangeait énormément, mais depuis ces derniers événements à l'hôtel, il avait l'impression de ne plus réussir à se contrôler... Il avait faillit se cogner contre cette malheureuse fille ! Il serait sentit complètement idiot s'il devait s'excuser pour une bosse ou un bleu qui serait formé sur son front alors qu'il en avait déjà un beau coquard qui gâchait bien son jolie visage. Jolie visage..., Paul remua sa tête des deux côté, voulant à tout prix disparaître sa pensée de sa mémoire alors que son grand frère souriait d'un air moqueur à cette vue.

« C'est bon, mon petit frère va devenir cinglé. »

C'était tout comme... Paul s'avoua intérieurement que Reggie avait peut-être raison alors qu'il lui jeta un de ses regards noirs dont il avait le secret. S'il continuait a fréquenté cette femme, il allait devenir complètement fou. Il soupira d'un air découragé tandis que Reggie venait tout juste de poser son manteau sur le porte-manteau près de la porte d'entrée. À la vue de son visage dépité, l'aîné comprit que quelque chose n'allait pas. Il s'était rendu compte déjà lors du déjeuné mais il espérait que son petit frère avait juste un petit coup de pompe, ce qui n'était pas le cas à cet instant-là. Il se dirigea vers le salon où il s'assit sur le fauteuil, essayant à cerner le cadet. Paul sentit son regard, alors qu'il soupira dans un froncement de sourcils.

« Arrête de me sonder du regard.»

Il vit un petit sourire se dessiner sur les lèvres de son frère, le faisant encore une fois soupirer grassement. Il comprit que Reggie n'allait plus le lâcher jusqu'à ce qu'il crachera ce qu'il avait à dire. Il s'assit à son tour, sur le canapé devant lui alors qu'il sentit un malaise plané dans le vide. Il mordilla sa lèvre tout en détournant son regard ailleurs, qu'est-ce qu'il n'aimait pas quand Reggie le prenait comme un de ses patients ! Quelques minutes passèrent où les deux frères ne disaient rien. Soudain l'aîné prit la parole.

« C'est un lien avec Aurore ? »

Paul tiqua à ce prénom. Merde, même avec lui, il faudrait qu'il pense à elle ! On ne pouvait pas le laisser tranquille ? Il souffla un « non » pas très rassuré alors qu'il vit un autre sourire se faufiler sur son visage. Quel crétin, il peut-être parfois, en plus cela l'amuse... Ouais, il y avait un lien avec Aurore, et alors ? Et puis c'était pas cela le plus important... Paul soupira, mal-à-l'aise tout en passant sa main dans ses cheveux attachés en queue basse.

« Ce n'est pas ça... »

Reggie arqua un sourcil avant de comprendre qu'il y avait vraiment autre chose et que cela cogitait dans la tête de son petit frère.

« Qu'est-ce qui se passe Paul ? Tu m'as l'air étrange aujourd'hui. » Avoua-t-il, inquiet.

Paul posa son regard sur son grand frère puis le détourna, n'arrivant pas affronter ses yeux intenses , puis dans un petit gémissement retenue il ouvrit la bouche, décider à lui répondre mais rien ne vint. Quelques secondes passèrent après cette tentative piteuse, laissant Paul se courber, les mains sur sa tête, les coudes sur les genoux, alors que Reggie de plus en plus inquiet se leva afin de se poser auprès de lui.

« Paul ? »

Un sanglot retentit dans le silence pesant du salon, laissant Reggie se crisper à ce son. Ce dernier détestait voir son petit frère dans cet état. C'était assez rare qu'il montrait sa peine, ses larmes envers lui. En général, il faisait tout pour cacher sa douleur ainsi que ses sanglots, mais Reggie avait compris à cet instant que Paul commençait vraiment à craquer...

Il vit le cadet relever sa tête vers lui où une fine larme roula sur sa joue, et dans un murmure celui-ci réussit à articuler quelques mots.

« Reggie, j'ai été licencié. »

L'aîné écarquilla les yeux, surpris par cette confession alors qu'il prit son petit frère dans ces bras, ne remarquant pas les deux orbes bleus qui les observaient en haut de l'escalier. Aurore avait tout entendu, la main sur sa bouche, surprise elle aussi par cette révélation...