Titre : Life As Experienced Through Your Fingers.

Auteur : Gold-Snitcher

Rating : M

Ancienne traductrice : Cho3 ; Nouvelles Traductrices: Ju-can, Mimi-chan, La belle de caddix, Wanderin, Chaola, Barbotine, Yepa, Petit poisson rouge.

Correctrice : Syt the Evil Angel

Genre : Romance/Drama

État de la fic original : Fini (13) + séquelle

État de la fic Française : 10; Fini; Séquelle : en cours

Chapitre traduit par : wanderin

Bêta traduction : Vif d'or

&

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- 2 bêta traductrices( personne pouvant traduire mais n'ayant pas le courage, mais qui serait utile pour vérifier les traductions, et modifié s'il le faut!!!!)

- 2 bêta correctrices

&

Sinon petite nouvelle,

Merlin's est entièrement traduit,

ainsi que life….le Tome 1!

Le Tome 2 est en cours

&

&

Merci de nous suivre!

Bonne lecture!

Eni et Onarluca

&

Avertissement :

Ce chapitre contient un passage à contenu explicite (rating M). Vous êtes prévenus.

Chapitre 10 Battement de cœur

« C'est la tâche la plus ringarde et la plus sentimentale que j'ai jamais reçu dans toute ma vie ! » gémit Ron, et Dean ricana.

« Je trouve ça mignon », répliqua Blaise en battant des paupières dans un sourire innocent. « Allez Ronny, tu n'as pas envie de t'entraîner pour Hermione ? »

« Arg, tu ne crois quand même pas qu'elle me demanderait de faire un truc pareil ? »

« J'en sais rien, Ron » dit Dean malicieusement. « C'est la saint Valentin, les filles sont capables d'attendre n'importe quoi. »

« C'est vrai, tu sais. Dieu sait ce que Pansy attend de moi » dit Blaise d'un air sombre.

« Je ne vois pas pourquoi tu en fais tout un plat » insista Harry en finissant de brasser son chocolat. « C'est juste un poème. »

« Ce n'est pas JUSTE un poème, Harry » corrigea Ron. « C'est un poème d'AMOUR, et je vais devoir le réciter devant la classe entière. »

« Nous allons tous le réciter devant la classe », insista Harry. « C'est pas la fin du monde.»

Draco sourit et haussa les épaules, Seamus hocha la tête en signe d'accord. Harry vint sur le canapé où Draco était assis et, quand Seamus voulut bouger, lui fit signe que non en choisissant au contraire de s'installer sur les genoux de son petit ami. Draco sourit et mit un bras autour de la taille de Harry en plaçant l'autre sur la jambe du garçon aux cheveux d'ébène pour contrebalancer.

« Il n'y a rien de mal à ça, Ron devient juste mélodramatique » dit Neville avec désinvolture, et Harry gloussa.

« Nev a raison, Ron. Ce n'est pas comme si c'était une école de garçons et que tu devais réciter ton poème amoureux devant un banc de mecs. Il y a des filles dans ta classe, et si tu le fais bien, elles te tomberont dans les bras ! » l'encouragea Blaise.

« Je suis sûr qu'Hermione appréciera » grogna Ron.

« De toutes façons, tu as déjà fait ton choix, non ? » demanda Dean.

« Moi oui » l'interrompit Seamus avec une lueur de fierté. « Je vais réciter un poème de Robert Burns : La Rose rouge, rouge. »

« Hm, il est joli » commenta Neville.

« Je ne l'ai jamais entendu, » fit Ron.

« Ô mon amour est comme la rose rouge, rouge, qui éclot de nouveau en juin..." commença Seamus d'un ton dramatique avant de se faire taper sur le crâne par Dean.

« Je suis déjà douloureusement conscient que tu en as choisi un, Seamus ! » l'interrompit Dean précipitamment. « C'est déjà dommage que je sois dans ta classe et que je doive t'entendre le réciter ENCORE UNE FOIS vendredi. Je crois que je ne peux plus supporter ce putain de poème ! » Il se tourna vers l'endroit où Blaise et Draco étaient assis et, avec un air désespéré qui les fit rire, et s'écria, consterné. « Il le récite le matin quand il se brosse les dents, et sur le chemin des cours, et pendant les repas ! »

« C'est un putain de beau poème ! Ce n'est pas de ma faute si tu n'as aucun goût pour l'art ! Et puis, je dois bien le mémoriser comme je peux, non ? » se défendit Seamus.

« Mais pas à côté de moi, s'il te plaît » implora Blaise.

« Quelqu'un d'autre en a déjà choisi un ? » demanda Ron. « Je suis ouvert à toute suggestion. »

« Je fais un poème de l'un des comtes de Rochester » dit Blaise.

« Lequel ? » demanda Seamus en fronçant les sourcils.

« Je sais pas, il s'appelle John Wilmot. Mais bref, il l'a écrit sur la bible d'une femme. »

« Comment ça s'appelle ? » demanda Ron.

« Écrit sur la Bible d'une Dame » dit Blaise avec un sourire affecté.

« Ça a l'air bien » murmura Ron. « Et je suppose que c'est aussi dégoûtant que ton esprit. »

« Presque. Mais c'est amusant – surtout le fait que ce soit une bible. »

« Je n'en ai jamais entendu parler » dit Draco. « Peut-on en avoir un aperçut ? »

« Oh, bien sûr ! Laissez-le dire son poème, mais tapez-moi dessus quand j'essaye de réciter le mien ! » râla Seamus.

« Nous avons entendu le tien, Seamus. C'est un classique. Je n'ai jamais entendu celui-là ! » dit Neville.

« Hum, hum » Blaise s'éclaircit la voix d'un air dramatique, et se leva de sa chaise en faisant une révérence. « Écrit sur la Bible d'une Dame, par John Wilmot, Comte de Rochester » commença Blaise.

« Lancez ce livre inutile au loin,

Et n'attendez plus rien de la prière.

Le Paradis est juste et peut accorder

De la pitié pour nul homme sauf ceux que la pitié montre.

Avec un cœur fier, incliné avec malveillance

Non à faire grandir, mais à soumettre l'Homme,

En vain, de votre prière vous vexez les dieux,

Sans repentir ou contrition sincère,

Vous êtes dans une condition damnée.

Phyllis, pour calmer les pouvoirs fâchés

Et sauver mon âme autant que la vôtre,

Soulagez les pauvres mortels du désespoir,

Et donnez raison aux dieux qui vous ont faite si bonne,

Et dans ces yeux brillants et charmants,

Laissez apparaître d'abord la pitié, puis l'amour,

Que nous pouvons aisément faire grandir

À travers toutes les joies terrestre jusqu'aux célestes. »

« Alors, en substance c'est : arrête de prier et viens baiser, » murmura Ron. « On aurait dû se douter que tu choisirais quelque chose dans ce goût-là. »

« Pansy le trouve amusant, » se défendit Blaise.

« Qu'est-ce qui arrive à celui qui est trop romantique et éperdument amoureux ? » demanda Neville.

« Mais c'est romantique. Il est en train de lui faire la cour, » se défendit encore Blaise.

« Une cour étrange, » murmura Harry. « Mais bref, Ron, si tu as un problème, je chercherai des recueils de poèmes avec toi. J'ai déjà choisi le mien de toute façon. »

« Moi non, » dit Draco. « Je peux me joindre à vous alors ? »

« Ouais, pourquoi pas ? » répondit Ron. « On le fait après les cours, mercredi ? »

« Ça me va, » dit Harry, et Draco hocha la tête en signe d'assentiment.

« Ça va pas être un peu juste ? » dit Dean. « Je veux dire, vous devrez l'apprendre par cœur pour vendredi. »

« Je suis bon dans ce genre de chose, » dit Draco et Harry hocha la tête.

Ron haussa simplement les épaules. « J'y arriverai. »

« As-tu trouvé un poème, Nev ? Et toi, Dean ? » demanda Harry.

« J'en ai choisi un, » dit Dean avec assurance. « Je fais les Souhaits de Richard Cranshaw à sa supposée maîtresse. »

« Il est joli, » commenta Draco. « Long, mais joli. »

« J'en ai déjà appris la moitié. C'est assez simple, la poésie, parce que ça coule tout seul. Ça reste dans la tête assez facilement. »

« Ouais, je vois ce que tu veux dire, » acquiesça Neville. « Et ne t'inquiètes pas pour moi, Harry. J'ai déjà choisi le mien aussi. »

« Et c'est quoi alors ? » demanda Ron, essayant de trouver de l'inspiration pour sa propre recherche, mais aussi intrigué par le rougissement de Neville.

« Hum, c'est de Percy Bysshe Shelley, ça s'appelle 'To-'. »

« Ça c'est un poème vraiment romantique, » dit Harry avec un sourire et un léger voile rêveur dans les yeux que Draco ne manqua pas d'observer. Harry était un incorrigible romantique et Draco trouvait les mimiques de son petit ami incroyablement adorables.

Neville rougit encore plus. « Je pensais que je pourrais le réciter encore une fois… plus tard, » marmonna-t-il.

Le sourire de Harry s'élargit et il hocha la tête avec enthousiasme. « Ginny adorera l'entendre. Tu devrais l'emmener hors du campus après les cours. Un bon petit restaurant et puis, après, une promenade dans les bois ou quelque chose dans le genre, et tu lui récites ton poème, » conseilla Harry.

« Tu n'es pas en train de donner des conseils à Neville sur comment faire la cour à ma sœur, juste devant moi ! » fit Ron, consterné.

« Ne l'écoutes pas, Nev, je crois que Gin adorera. Quelque soit ce que tu auras préparé, » assura Harry tandis que Neville observait, mortifié, la réaction de Ron.

« Je pense que je vais suivre ton conseil, Harry, si c'est bon, » murmura Neville.

« Il est parfait, sinon je ne te l'aurais pas donné, » dit Harry dans un sourire.

« Si quelqu'un d'autre a besoin de conseils romantiques, qu'il aille voir Harry, pour seulement dix livres par minutes, il se mêlera de votre vie amoureuse ! » annonça Blaise.

« Va te faire… » marmonna Harry, terriblement embarrassé. Draco rit et secoua la tête en ébouriffant les cheveux de son petit ami, essayant de songer à ce qu'il pourrait bien faire avec Harry pour la St Valentin.

« Tu peux emprunter ma voiture si tu veux, » dit Harry à Neville.

« Ça ne te dérange pas ? Ça serait vraiment super, » dit Neville tout excité. « Je devrais peut-être aller dire à Gin de ne rien organiser avec ses amis. »

« Nev, c'est la St Valentin, je doute vraiment que Ginny va sortir avec ses amis ce soir-là, » dit Seamus avec un sourire.

Neville se mordit la lèvre. « Juste au cas où, » dit-il. Il sauta de son siège précipitamment et sortit de leur section en courant.

« Hum, euh … Ginny? » appela Neville, doucement cependant, losqu'une tête rousse et plusieurs de ses amis sortaient du grand gymnase où ils s'étaient exercés à l'escrime.

« Neville! » salua Ginny tout en faisant signe à ses amis de ne pas l'attendre ; elle jeta son sac plein d'affaires sur son épaules et marcha vers Neville. « Comment étaient tes cours aujourd'hui? Est-ce que Snape a encore été un emmerdeur fini ? »

« Hum… non… en fait, si… mais euh… Je voulais juste », il s'arrêta et regarda ses pieds. Il se demanda mentalement comment ses amis le diraient, tous avec beaucoup plus de grâce qu'il essayait d'en avoir en ce moment. Sauf Ron, en réalité. Mais pas de doute que le garçon aurait fanfaronné sur le fait que Hermione l'aurait trouvé tout à fait adorable, tout le contraire de Neville, qui se sentait simplement un peu stupide. Il jeta un coup d'œil à Ginny pour voir s'il verrait un signe qu'elle trouvât sa bêtise charmante ; elle souriait légèrement, mais elle avait l'habitude de sourire ainsi alors ce n'était pas un indice. « Je voulais te demander, Ginny, si tu aimerais… je veux dire, si tu es libre vendredi… c'est que… est-ce que tu voudrais sortir dîner avec moi ? »

Les yeux se Neville se posèrent partout sauf sur sa petite amie. Il avait entendu dire que demander à sa petite amie un rendez-vous était censée être facile … en fait, n'était-ce pas Seamus qui lui avait assuré qu'une fois qu'on était en couple, on n'était plus aussi nerveux ? Neville fit une note mentale pour annoncer à Seamus à quel point il était loin de la vérité. Alors que le silence pesait encore, Neville leva les yeux vers Ginny et fut surpris de voir qu'elle souriait, et ses yeux étaient légèrement humides.

« Hey, » fit Ginny lorsque leurs yeux se rencontrèrent. Elle pencha la tête sur le côté et leva une main pour frotter doucement une zone sensible sous son menton. « Bien sûr que je veux dîner avec toi. Je n'attendais que ça. » Elle se pencha en avant et lui embrassa la joue ; Neville était douloureusement conscient qu'il rougissait horriblement mais à ce moment-là, il n'en avait vraiment rien à faire.

« Tu retournes à ta résidence ? » demanda-t-il lorsqu'il eut retrouvé ses facultés, après l'accès de vertiges que la présence de Ginny à ses côtés semblait toujours lui donner.

« Oui, je viens juste de finir mon entraînement, » confirma Ginny.

« Je te raccompagne, » dit Neville en saisissant le sac de Ginny. « Je pensais que tes séances d'escrime étaient le jeudi. »

« Ouais, c'est vrai, » dit Ginny en haussant les épaules tandis qu'ils commençaient à marcher. « Olivier devient un peu cinglé à l'approche du tournoi et il veut qu'on s'exerce tous dès qu'on a un moment de libre. On est un petit groupe à organiser quelques heures supplémentaires. »

« Mais je croyais que le tournoi était en avril ? » fit Neville, un peu embêté d'avoir oublié la date. Il était assez nul lorsqu'il devait se rappeler de choses comme ça, c'est pourquoi il faisait un effort supplémentaire quand il s'agissait de se souvenir de dates importantes pour des évènements à venir. Il était presque certain que la date du tournoi de Ginny était le 15 avril.

« Je sais, » dit Ginny, et Neville se félicita mentalement de l'avoir retenue. « Mais tu connais Olivier. Il veut que nous gagnions cette année. »

« Mais nous gagnons toujours, » fit Neville en fronçant les sourcils. C'était vrai, leur école était célèbre pour plein de choses, et l'équipe d'escrime en était une.

« Ouais, ce qui veut dire plus de pression, » expliqua Ginny en haussant les épaules. Neville décida qu'il valait mieux laisser ce sujet. Les rouages de l'esprit d'Olivier Dubois étaient justement l'une de ces choses que Neville était certain de ne jamais pouvoir comprendre.

« Et bien sûr j'aurai une douzaine de roses » termina Ron d'un ton assuré ; Harry sourit en hochant la tête, roula des yeux en direction de son ami qui fanfaronnait, et retourna à son livre. Ils étaient seuls dans la salle commune et Ron parlait de ses plans pour la St Valentin. « Oh merde ! » murmura soudain Ron « Tu crois qu'une douzaine de roses, ça fait cliché ? »

« C'est un peu exagéré » acquiesça Harry.

« Une seule rose, alors » fit Ron. « Une seule rose, c'est comment ? Trop banal ? »

« Ça passe. Au moins, c'est mieux qu'une douzaine. » dit Harry en tournant une page de son roman.

« Tu ne m'aides pas beaucoup ! En fait, tu m'embrouilles ! Tu viens de dire qu'une douzaine c'est exagéré, et maintenant tu dis qu'une seule c'est un peu banal ! »

« Eh bien, à la St Valentin ce qui importe ce n'est pas les fleurs ou les petites cadeaux, c'est simplement les sentiments. Si tu fais quelque chose juste parce que tout le monde le fait, ou parce que personne ne le fait, alors c'est idiot. C'est censé être ça, quoi que tu fasses, ça vient du cœur, et si c'est sincère alors tu ne peux pas te tromper. Donc, si ta douzaine de roses vient du cœur, offre-la » dit Harry en fronçant les sourcils après avoir finalement abaissé son livre. « Mais si tu veux vraiment une plante romantique, alors je crois que je devrais te dire qu'il en existe beaucoup d'autres. »

« Des fleurs romantiques ? » demanda Ron.

« Oui, et plusieurs sont bien plus romantiques que les roses. Et tu peux faire des arrangements qui ont leur propre sens, » indiqua Harry.

Ron eut l'air sceptique et s'adossa à sa chaise, fronçant les sourcils devant son ami. « Comme quoi ? »

« Qu'est-ce que tu veux dire par « Comme quoi » ? » demanda Harry « Tu veux dire, ce que j'en sais ? Eh bien, des violettes pourpres veulent dire qu'elle occupe tes pensées, le weigélia symbolise le cœur fidèle, et le chèvrefeuille l'affection fervente. Le narcisse pour qu'elle reste toujours aussi douce qu'elle l'est, et le gardénia pour dire qu'elle est magnifique. Et des boutons de rose et du myrte parce que, ensemble, ils sont une déclaration d'amour. »

« Putain, Harry » Ron fixa un moment son ami, l'air sidéré. « Tu te promènes comme ça, avec toutes ces connaissances dans la tête ? »

Harry rougit. « Tu voulais mon aide » se défendit-il, sans conviction.

« Je sais, mais tu es une putain d'encyclopédie végétale ou je ne sais quoi ! » s'écria Ron. «Mais où diable as-tu appris tout ça ? »

Harry rougit et tenta de se cacher derrière son livre. « J'ai seulement lu un roman quelque part et ça m'est resté. » Il jeta un coup d'œil par dessus son livre et rencontra les yeux amusés de son ami. « Ben oui, tu sais comment je suis avec les trucs romantiques » essaya-t-il de lui opposer. Ron continuait de sourire. « Je n'y peux rien ! » protesta Harry. « Oh, va te faire foutre ! » s'écria-t-il en retournant à sa lecture. Ron hocha simplement la tête avec amusement.

Harry sortit du plus petit conservatoire où se déroulaient ses cours privés de violon. À la différence de la salle de concert où Draco et lui s'étaient rencontrés pour la première fois, et où les concerts se déroulaient, cette pièce était moins formelle et Harry avait toujours aimé la façon dont la musique se répercutait contre les murs arrondis.

Il inspira et ajusta sa prise sur son étui à violon. La leçon s'était assez bien passée et bien que ses doigts aient été un peu raides, Harry était vraiment satisfait de lui. « Harry ! » appela une voix familière ; il sourit et salua de la main Luna Lovegood qui s'arrêta dans le couloir, en face de lui. Il avança et fit un signe de tête, souriant faiblement. « Tu sors de cours ? » demanda-t-elle.

« Ouais » dit Harry tandis qu'ils commençaient à parcourir les couloirs, avançant lentement dans la cour à côté des dortoirs. « Et toi ? »

« Je sors de biologie. Je ne peux pas croire que ce soit aussi ennuyeux ! La moitié du temps, je ne sais même pas de quoi parle le prof ! » se plaignit-elle ; le sourire de Harry s'agrandit tandis qu'il secouait la tête. Il n'avait jamais aimé les sciences, il avait pris biologie parce que, avec son horreur des mathématiques et sa tendance à rêvasser pendant les expériences longues et complexes, cela avait semblé le meilleur choix possible. Il avait aussi pris, pendant l'été, un cours d'astronomie, et cela avait été intéressant, jusqu'à ce qu'il se retrouve noyé sous les diverses coordonnées, les diverses planètes et étoiles et les phénomènes du ciel de nuit. Même si la biologie avait été ennuyeuse par moments, Harry avait réussi à travailler à peu près bien, et il en avait même trouvé certaines parties intéressantes.

Harry cligna des yeux lorsqu'il réalisa qu'il s'était perdu dans ses pensées et qu'il n'avait pas prêté attention au monologue de Luna. Il secoua la tête doucement pour se remettre les idées en place et se retourna vers elle. « J'espère que je pourrai t'entendre jouer, Harry. Je dois toujours attendre jusqu'aux concerts, et même là, ce n'est pas pareil » se plaignit-elle. Harry sentit une légère rougeur envahir ses joues. Il détestait quand les gens s'extasiaient devant lui, c'était extrêmement déconcertant et la moitié du temps, Harry ne savait pas comment réagir. C'est vrai que Luna et lui étaient amis, mais Harry n'était pas si proche d'elle que cela. Pour lui, ce n'était vraiment pas la même chose de jouer devant elle que de jouer devant Draco, et Ron et les autres ; Luna et lui n'était tout simplement pas si proches que ça.

Luna devait avoir vu sa rougeur d'embarras puisqu'elle le frappa gentiment sur le bras. « Tu es trop modeste » roucoula-t-elle, et Harry baissa la tête, se sentant rougir de plus en plus.

« Harry ! » appela une autre voix familière. Luna et lui s'arrêtèrent juste à l'extérieur de la cour pour attendre Dean qui trottina pour les rejoindre. « Hey Harry ! Salut Luna ! Comment allez-vous tous les deux ? » demanda-t-il tandis qu'ils reprenaient leur marche.

« Bien » murmura Harry.

« Super bien » sourit Luna. « Je disais justement à Harry qu'il était bien trop modeste concernant la musique. » répéta-t-elle pour Dean. Ce dernier, sur le point de commenter cette phrase, fut coupé par Luna qui se retourna vers Harry. « As-tu choisi ton poème ? »

« Heu… pas encore » fit Harry. Il se sentait un peu bête : choisir un poème amoureux pour la classe devait être facile, et, plus important, Harry aurait déjà dû le faire. Mais on n'était que lundi, et il avait le temps jusqu'à la St Valentin après tout, et en plus, le cours d'anglais pendant lequel il devrait réciter son poème n'était que vendredi.

« Oh, si seulement j'étais dans votre classe » souffla Luna. « Je parie que tu lis super bien. J'ai cours d'anglais avec une bande d'imbéciles absolus qui ne reconnaîtraient même pas la Poésie si elle dansait toute nue devant eux avec un string ! Je redoute leurs récitations. » Harry gloussa à l'image, et Luna lui sourit. Lorsqu'ils atteignirent les deux couloirs divergents, l'un allant vers les dortoirs des filles, l'autre vers celui des garçons, Luna s'arrêta et mit une main sur le bras de Harry en lui souriant joyeusement. « Si tu as besoin d'aide pour choisir ton poème viens me voir, je t'aiderai ! » offrit-elle.

« Merci, Luna, mais Ron, Draco et moi avons déjà prévu de travailler là-dessus mercredi » fit Harry.

Le visage de Luna s'affaissa un peu, mais elle sourit en lui faisant un clin d'œil. « Jusqu'à la dernière minute ? De toute façon, Harry, si tu as besoin d'aide, l'offre tient toujours ». Elle fit signe à Dean avant d'avancer dans son couloir.

« Mec, » murmura Dean, « pourquoi ne dit-elle pas simplement 'si tu as besoin d'inspiration pour ton poème amoureux, viens dans ma chambre et je te donnerai toute l'inspiration que tu désires' » roucoula-t-il d'une voix qui ressemblait de façon dérangeante à celle de Luna.

« Dean, arrête ça » le réprimanda Harry même s'il ne pouvait s'empêcher de ricaner. « Luna est une amie, elle n'est pas comme ça. »

Dean regarda son ami avec perplexité. Ça le déroutait toujours de voir que Harry pouvait être aussi innocent. « Harry, elle te courait après. »

« C'est seulement sa manière d'être, elle n'y peut rien. »protesta Harry. « Elle a toujours été un peu bizarre, et elle est collante, mais c'est juste son genre. » Harry ouvrit la porte principale du Hart Hall et ils franchirent les escaliers. Dean secoua la tête en entendant les excuses de son ami. C'était absolument flagrant que Luna avait un faible pour Harry. Un aveugle aurait pu le deviner dans le noir.

« Asseyez-vous ! » ordonna le professeur Tillingson du haut du grand bureau de chêne qui faisait face à la classe. Harry fit un clin d'œil à Draco et se retourna. « Avant de revenir à notre module sur la poésie, je voudrais vous reparler de votre devoir de vendredi. On m'a posé plusieurs questions et j'ai senti que je devais clarifier tout ça. » Assis côte à côte, Harry et Ron échangèrent des regards incertains, se demandant tous deux comment les instructions pouvaient être plus claires. « La seule précision que j'avais indiquée pour le poème que vous choisissez de réciter était qu'il devait être un poème amoureux, dans l'esprit de la St Valentin. Si le poème est humoristique, long, court, triste ou autre, c'est votre choix. En outre, ce sont des travaux édités. Nous en viendrons à notre propre poésie plus tard, mais pour le moment je veux que vous trouviez un poème d'un auteur publié. » Blaise, assis entre Draco et Pansy, roula des yeux et, discrètement, remonta sa cravate, prétendant être étranglé.

Le professeur Tillingson était un homme très énergique qui, bien qu'ayant une bonne soixantaine, semblait jeune pour son âge, et avait certainement plus d'énergie que beaucoup d'adolescents de sa classe. Il saisit un recueil de poèmes sur son bureau et regarda ses élèves par dessus ses lunettes. « Pour vous donnez un exemple, je vais vous réciter ce poème de George Herbert, intitulé 'Amour (III)'. » Il s'éclaircit la gorge, et tourna les pages pour trouver la bonne.

L'Amour me souhaita la bienvenue : pourtant, mon âme recula,

Coupable de poussière et de péché.

Mais l'Amour à l'œil vif, voyant que je mollissais

Depuis mon entrée chez elle,

Se rapprocha de moi, me demandant gentiment

Si je manquais de quelque chose.

« Un invité » répondis-je, « digne d'être ici »

L'Amour dit « Vous devez être celui-là »

« Moi, le déplaisant, l'ingrat ? Oh, ma chère,

Je ne peux vous contempler. »

L'Amour prit ma main, et souriant me répondit :

« Qui créa les yeux sinon moi ? »

« Vrai, ma Dame ; mais je les ai gâtés ; laissez ma honte

Aller là où elle le mérite. »

« Et ne pas vous connaître ? » dit l'Amour, « sur qui porte la faute ? »

« Ma chère, alors je vous servirai. »

« Vous devez vous asseoir », dit l'Amour, « et goûter ma viande. »

Ainsi fis-je, et je mangeai.

La classe attendait tandis que le vieux professeur fermait le livre et le reposait. « Et bien sûr, j'attendrai un certain nombre d'applaudissement après chaque récitation » fit le professer Tillingson en réprimande. « C'est assez difficile de réciter un poème amoureux devant une classe entière. » Harry fronça un sourcil devant Ron qui roulait des yeux, et se joignit au reste de la classe qui applaudissait. « Bien. » s'écria le professeur, applaudissant aussi, et tout le monde s'assit. « À présent, je vous donne un temps libre : à vous de composer un poème pour votre portfolio, ce qui est attendu de vous à la fin de notre module. Commencez ! »

Contenu explicite

Les doigts de Draco étaient lourds alors qu'il les mouvait sur les touches. Il jouait lentement, attendant sans cesse quelque chose, bien qu'il ne fût pas sûr de savoir quoi. Ça n'allait pas. Même depuis qu'il était revenu chez lui pour les vacances, Draco ne se sentait pas bien en jouant. Il essaya à nouveau, en allant plus vite, mais ses doigts bougeaient avec raideur et les notes ne coulaient pas correctement.

Il entendit le bruit sourd des portes que l'on referme doucement et sentit un sourire étirer ses lèvres. Il savait qu'il était resté tard dehors. Le dîner avait commencé depuis un quart d'heure mais Draco n'avait pas faim, pas jusqu'à ce qu'il comprenne ce qui n'allait pas. Il sourit doucement en entendant le doux bruissement de pieds, et sut que Harry était venu le chercher. Il se sentit un peu fautif, mais sa frustration et celle de son instrument surpassait son sentiment de culpabilité d'avoir préoccupé son petit ami.

Il joua un autre morceau et encore un autre, de plus en plus insatisfait du son jusqu'à ce que, finalement, Harry se penchât en avant et entourât les poignets de Draco de ses mains, faisant cesser ses mouvements. « Arrête » le gronda doucement Harry. Draco se retourna et soupira en se décalant pour laisser à Harry la place de s'asseoir à côté de lui. Ça faisait longtemps que Harry n'était pas venu assister à ses exercices personnels, ou qu'il n'avait envahi les exercices de Harry. Ils avaient eu pas mal de travail et beaucoup de choses les avaient occupés.

« Je ne sais pas ce qui m'arrive, et je ne sais pas comment en sortir » murmura Draco, frustré. Il avait envie de taper sur ce stupide piano pour tous les problèmes qu'il lui créait. Au lieu de cela, il souffla et Harry pencha la tête sur le côté, regardant Draco avec attention.

« Ce n'est pas le piano, Draco » fit Harry comme s'il lisait dans ses pensées. « Tu as changé ta manière de l'approcher. »

« Ma manière de l'approcher ? » demanda Draco, incertain. Il tourna la tête pour regarder Harry qui s'était assis en face de lui, les jambes de chaque côté du banc. Draco prit conscience que les yeux de Harry reflétaient la lumière de la lampe, seule source de lumière de la pièce.

« Là, repose tes doigts sur les touches » fit Harry en saisissant la main droite de Draco, la plaçant sur le clavier. « Tu le sens ? Arrête de faire ça ! »

« Faire quoi ? » demanda Draco. Il savait que Harry était doué pour le faire se détendre, et depuis longtemps il avait appris à faire confiance à son petit ami lorsque celui-ci lui donnait d'étranges et obscures instructions.

« Tu le touches comme si c'était un instrument, un outil » expliqua Harry. Draco se retourna pour le regarder. Harry avait l'air de se demander comment il pourrait faire pour lui expliquer d'une autre manière.

« C'est un instrument » répliqua Draco lentement. Harry soupira.

« Non » fit Harry doucement mais énergiquement.

« Alors comment je dois le toucher ? » demanda Draco en sentant sa frustration grandir.

Harry soupira, changeant de place tandis que ses yeux faisaient le tour de la pièce comme s'ils cherchaient une aide pour son explication. Finalement, ses yeux se reportèrent sur Draco et il le fixa encore une fois avec attention. « Comment me toucherais-tu, moi ? » finit-il par demander presque trop bas pour être entendu. Draco sentit une boule dans sa gorge et son estomac sauta comme un poisson hors de l'eau. Il était conscient que sa respiration était peut-être un peu trop rapide et qu'il se penchait en avant, plus près du garçon aux cheveux noirs qui continuaient de le regarder, ses yeux verts hypnotiques le poussant plus avant dans ce rêve étrange – parce que c'était bien cela. « Comment me toucherais-tu, Draco ? » répéta Harry en prenant avec précaution la main de Draco sur le piano pour la poser contre sa poitrine.

Draco regarda sa main qui reposait contre la chemise noire de Harry. Cela faisait un contraste étonnant, la chair pâle contre le coton noir. De là où elle était, il pouvait sentir le faible battement du cœur de Harry, autant que les rapides inspirations que le garçon prenait. Tout semblait si irréel, être assis là dans la faible lumière. Draco ne put s'empêcher de se pencher en avant dans un mouvement lent et de presser ses lèvres contre celle de Harry, l'embrassant lentement mais fougueusement.

C'était comme si un barrage avait explosé. Après des mois de gestes patients, de sourires timides et de baisers chocolatés, Draco était submergé par des sentiments si intenses qu'un seul mot ne pourrait les décrire, ni même un paragraphe entier d'exclamations et d'adjectifs. Sa tête tournait mais il n'en avait pas assez. Harry avait un goût plus épicé que dans son souvenir, peut-être à cause du dîner que Draco avait manqué, mais il y avait toujours le chocolat et le goût enivrant de Harry, tout simplement. Draco songea qu'il pourrait facilement être ivre de ce goût-là.

Harry gémit, ses doigts s'enroulaient dans les cheveux de Draco, et celui-ci le rapprochait toujours plus de lui jusqu'à ce que le brun fût presque assis sur les genoux de son amant. Tous les deux étaient bien conscients que quelque chose avait changé entre eux, mais aucun n'avait envie de s'arrêter. Draco passait déjà ses mains sous la chemise de Harry ; il n'avait jamais été aussi content que ce dernier porte ses chemises par dessus son pantalon.

Le halètement qui le récompensa lorsque sa main effleura un mamelon lui envoya des frissons électriques dans tout le corps. « Mon dieu, Harry » chuchota-t-il, hors d'haleine, lorsqu'ils finirent par se séparer. Draco se pencha en avant, pressant Harry contre le banc ; celui-ci frissonna et déplaça sa prise des cheveux de Draco à la base de cou et l'attira à lui pour un autre baiser.

Ils étaient serrés l'un contre l'autre, éclairés seulement par l'unique lampe de piano que Draco avait allumée pour ses exercices, le reste de la pièce était plongée dans le noir et le soleil était déjà couché. Leurs respirations se réduisaient aux halètements frénétiques qu'ils prenaient lorsqu'ils s'éloignaient assez l'un de l'autre. « N'importe qui peut arriver » dit Draco lorsqu'ils se séparèrent encore une fois pour reprendre leur respiration.

« Rien à faire » fit Harry d'une voix haletante. « N'arrête pas » le supplia-t-il. Draco soupira, se décalant vers le bas tandis qu'il déboutonnait lentement la chemise de Harry. Il avait désiré toucher le garçon, il l'avait déjà imaginé, mais dans ses rêves il ne s'était jamais senti aussi sûr, aussi électrique. La chemise déboutonnée, Draco entreprit d'explorer la chair pâle qui s'étendait devant lui, admirant la manière dont certaines zones pouvait pousser Harry à s'arquer sur le banc de façon si intense que Draco s'élevait avec lui, et d'autres zones le faisaient gémir délicieusement.

Il était conscient que les mains de Harry bataillaient pour avoir accès à sa propre chemise, et il s'arrêta pour les enlever. Lorsque Harry le regarda, déconcerté, Draco l'embrassa encore, plus lentement cette fois, et mordilla doucement son oreille. Une autre chose qui frappa Draco, à ce moment-là, était qu'il ne pensait à rien d'autre que toucher Harry, s'imprégner de toutes ses réactions, et goûter à chaque partie de lui. Draco, bien qu'excité, ne songeait à aucune réciprocité. Il voulait Harry. Maintenant.

Draco relâcha les poignets de Harry en lui lançant un coup d'œil dans lequel il espérait transmettre son envie qu'ils restent là où il les avait mis. Avant que Harry puisse protester, la main de Draco se posa sur la ceinture de Harry ; ce dernier se figea, regardant Draco avec des yeux soudain élargis. « Je peux ? » demanda doucement Draco, se préparant déjà à la réponse négative qu'il prévoyait.

« Oui » répondit Harry, prenant Draco par surprise. Il mit ses yeux dans ceux de Harry, à la couleur de mousse fraîche, et pendant un moment, ils se regardèrent simplement. Quelle que soit la confirmation que Draco cherchait, il la trouva, ainsi qu'une confiance surprenante et un amour qui étreignit sa poitrine et le força à reprendre sa respiration.

Draco avança lentement, attentif au moindre signe de changement chez Harry, mais les yeux de mousse verte, à présent obscurcis par le désir, regardaient en arrière, et Draco ouvrit la ceinture et enleva pantalon et boxer. Il caressa Harry à l'intérieur des cuisses tout en embrassant et léchant son corps jusqu'à son abdomen, souriant légèrement en voyant Harry s'agripper plus fortement au bord du banc ; puis, en se penchant, Draco prit Harry dans sa bouche.

Harry réagit par un brusque halètement et un gémissement étranglé, et Draco songea qu'il n'avait jamais rien entendu de plus excitant. Il œuvra lentement, en prenant en compte toutes les réactions du brun, et il fut surpris de sentir qu'il suivait Harry vers l'orgasme. Draco n'avait pas beaucoup d'expérience, mais jamais il n'avait joui rien qu'en touchant une autre personne. Pourtant, alors que Harry arquait ses hanches et laissa sortir un halètement étranglé, sa tête sur le banc du piano, Draco sentait son propre corps se tendre et, alors qu'il avalait la jouissance de Harry, il ferma les yeux et jouit de même.

Après un moment, lorsqu'il parvint à se reprendre, il bougea, remit le pantalon et le boxer sur Harry, reboucla lentement la ceinture avant de lever les yeux pour rencontrer les yeux verts abasourdis. « Ça va ? » demanda-t-il, assez stupidement d'après lui, alors que Harry le regardait simplement, délicieusement débraillé.

« Oui » répondit-il, les yeux toujours humides de cet orgasme intense. La réponse encouragea un sourire sur le visage de Draco qui se pencha en avant pour embrasser Harry avec douceur. « C'était… » commença Harry après un moment.

« Je sais » répondit Draco lorsqu'il fut évident que Harry ne finirait pas sa phrase.

Harry lui sourit timidement puis fronça les sourcils. « Tu n'as pas… »

« Si » répondit Draco en rougissant légèrement, et il tourna la tête pour contempler le piano.

« Oh » fit Harry. Draco se leva et défroissa ses vêtements avant de tendre une main pour aider Harry à se lever. Saisissant ses partitions et éteignant la lumière, Draco était sur le point de sortir de la pièce lorsqu'il sentit Harry lui prendre la main. « Je t'aime » chuchota Harry. Et, à la manière dont il l'affirma, Draco ne pouvait que le croire. Ils s'embrassèrent rapidement, leurs langues s'explorant timidement, mais pas désespérément comme ils l'avaient fait précédemment.

« Viens » dit Draco et, la main de Harry toujours dans la sienne, ils sortirent de la pièce.

Fin du contenu explicite

Le mercredi matin, lorsque Draco entra dans la pièce pour ses leçons privées, il s'assit à un piano différent. Si Snape remarqua le changement, il ne fit aucun commentaire, mais quelque fût l'ardeur qu'il mettait à essayer, Draco ne pouvait empêcher ses yeux de revenir sans cesse sur le banc innocent où Harry et lui avaient été deux nuits auparavant.

Encore maintenant, le souvenir était frais dans sa mémoire, et plusieurs fois, Draco perdit le fil de la musique en se souvenant de la manière dont Harry l'avait regardé, ou bien était distrait par une note qui lui rappelait l'un des sons qui avait résonné dans cette salle.

Évidemment, Snape s'impatientait de l'impossibilité qu'avait Draco à se concentrer, et après un long sermon, Draco en fut réduit à s'exercer aux gammes. Son professeur, qui habituellement le noyait de louanges, termina la leçon par une remarque sarcastique et conseilla à Draco de s'exercer… beaucoup.

Sa journée sembla empirer à partir de là. Une interrogation surprise en mathématiques, matière qui était loin d'être sa préférée. Il avait mal compris le sujet du devoir maison d'histoire et avait finalement fait un devoir sur le mauvais sujet. Le professeur avait refusé de lire son travail et avait, en plus du nouveau devoir qu'il leur donnait, ordonné à Draco de refaire le dernier correctement. Pour la défense de Draco, les instructions avaient été plutôt obscures, et il n'était pas le seul à s'être trompé.

Ajouté à tout le reste, son stylo habituel et son stylo de rechange n'avaient plus d'encre et il fut réprimandé pour n'être pas préparé aux cours. Et peu importait que Blaise fût là pour le faire sourire et lui prêter un autre stylo qu'il pourrait garder pour le reste de la journée.

Au déjeuner, sa patience s'était amenuisée, et il renonça au repas pour commencer son devoir d'histoire. Sa classe théorique de l'après-midi avait été laborieuse parce qu'il était déjà sur les nerfs et la classe, assez lente, rongea sa patience. Il était conscient qu'il n'était pas dans le meilleur était d'esprit au moment où il laissa tomber ses livres dans sa chambre et qu'il se rendit à la bibliothèque pour rejoindre Harry et Ron, mais il savait aussi qu'il devait choisir un poème aussi vite que possible pour avoir le temps de le mémoriser.

« Tu es sûr que ça va ? » demanda Harry devant le front crispé de Draco alors que celui-ci se penchait sur l'un des recueils de poésie qu'ils avaient posés sur leur table de travail. Cela faisait déjà un moment qu'ils lisaient et Ron était encore une fois reparti vers les étagères pour essayer de trouver une anthologie plus convenable.

« Je vais biens » répondit Draco, le nez dans un poème de Lord Byron.

Harry regarda son petit ami avec inquiétude. Il était évident que Draco était embêté par quelque chose mais il ne pouvait pas faire grand chose si le bond refusait d'en parler. Au lieu de cela, il retourna à son livre et sourit devant l'un des poèmes. Il avait trouvé un certain nombre de poèmes amoureux et était tombé sur l'un de ceux d'Elizabeth Barrett Browning, le sonnet XLIII, « Comment est-ce que je t'aime ? Laisse-moi en compter les manières » murmura Harry en se souriant à lui-même. Il continua « Je t'aime aussi loin, aussi fort, aussi haut que mon âme puisse aller lorsqu'elle se sent hors de vue. »

« Peux-tu lire dans ta tête ? » dit Draco sèchement. Harry s'arrêta, se mordant la lèvre.

« Désolé » marmonna-t-il. Il ne fit pas mine de protester plus que cela, inquiet du fait qu'ennuyer plus longtemps Draco ne ferait qu'aggraver la situation.

Ils travaillèrent en silence un moment, avec une tension palpable dans l'air, jusqu'à ce que Draco fermât le livre de sonnets qu'il lisait. « C'est une perte de temps ridicule » grogna-t-il. Harry était à la fois soulagé qu'ils fussent dans la bibliothèque (ainsi Draco était obligé de ne pas hausser la voix) et effrayé par la colère qu'il lisait dans les yeux de son amant.

Harry n'avait jamais vu Draco vraiment en colère, avant. Ils s'étaient battus une fois, mais ça avait été une prise de bec stupide engendrée par le fait qu'ils allaient être séparés. C'était différent. Draco était frustré et furieux et il était assez évident pour Harry que cet accès de colère était le résultat du stress scolaire, de sa frustration et d'une colère contre ses parents.

Harry s'adossa à sa chaise en tentant de s'éloigner de Draco. Il ne l'avait jamais vu en colère auparavant, mais Harry savait parfaitement à quoi ressemblait une colère frustrée, et ce qu'elle pouvait faire à quiconque l'encourageait. Une partie de lui était en colère contre lui. Il voulait calmer Draco et trouver ce qui l'ennuyait. Mais le reste de lui était simplement terrifié. Il était déjà un peu nerveux lorsqu'il était à côté de lui, un peu incertain sur la manière d'agir après l'intimité qu'ils avaient connue la nuit précédente. Ce conflit en lui le paralysait et il ne pouvait que regarder Draco repousser sa chaise et se lever, dominant Harry. Il fulminait encore contre cette « stupide tâche » et la St Valentin, parce qu'elle n'était qu'une stupide fête commerciale qui ne voulait rien dire, et il n'y avait donc aucune raison pour qu'on la célèbre par une tâche aussi frivole et dénuée d'intérêt.

« Alors » fit Harry, en reprenant sa respiration, qui était saccadée. Il s'humidifia les lèvres tandis que Draco se tournait vers lui. « On… on n'a qu'à l'oublier. On n'a pas besoin de la fêter, Draco, si… si tu préfères… »

« Ça n'a rien à voir avec toi, Harry ! » siffla Draco. Comment parvenait-il à garder une voix basse avec cette colère, Harry ne le savait pas mais il souhaitait ardemment que Draco criât, car cette rage silencieuse était deux fois plus terrifiante. « Pour la dernière fois, cela n'a rien à voir avec toi ! Mais ça, tu ne peux pas le comprendre, hein ? » grogna Draco en s'approchant lentement jusqu'à se retrouver très proche de Harry. « Tu ne sais pas ce que c'est de ne jamais être à la hauteur des espérances de ton père, quels que soient tes efforts. Tu ne sais pas ce que c'est d'essayer, essayer, essayer, et de ne jamais réussir à rendre ton propre père fier de toi. Tu ne sais pas ce que c'est de regarder ta propre mère quitter sa vie, quitter la seule personne qu'elle aime et de savoir que c'est de ta faute. Alors, très bien, Harry ! Laissons cette putain de St Valentin, parce que soudain ça rend les choses vachement plus simples ! »

Harry savait qu'il y avait des larmes dans ses yeux, il s'en fichait. Il savait que ce n'était pas vraiment Draco qui parlait, c'était la colère de Draco, et Harry voulait s'avancer et l'étreindre dans ses bras et faire n'importe quoi pour le convaincre que le divorce de ses parents n'était pas de sa faute, et que Draco était tout sauf un échec.

Mais Harry était terrifié, et à présent aussi furieux. Parce que Draco avait raison. Harry ne savait pas ce que c'était, mais Draco ne savait pas ce que Harry donnerait pour vivre au moins cela avec ses parents. « Tu as raison, Draco » murmura-t-il. « Je ne sais pas ce que c'est. » Il prit une inspiration et fut soudain très calme, très posé, et très très vide. Harry se leva et prit le livre de poésie qu'il était en train de lire. Doucement, il poussa Draco de la main, pour pouvoir se dégager, et sortit de la bibliothèque.

« Hé » fit Ron doucement en saisissant la main de Draco avant qu'il ne sorte de la bibliothèque. « Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est Harry ? » demanda-t-il, ne comprenant pas pourquoi son ami était parti sans lui dire qu'il avait fini.

Draco secoua la tête et souleva son sac. « Il est allé se reposer » dit Draco. « Tu veux bien ? » demanda-t-il en indiquant son bras que Ron tenait toujours. « J'ai pas mal de boulot pour cette nuit. »

« Draco » commença Ron mais ce dernier avait retiré son bras.

« Laisse tomber » fit Draco avant de partir. Ron le regarda aller et fronça les sourcils, se demandant ce qu'il avait loupé en cherchant son poème. Avec un soupir de défaite, il prit le livre qu'il avait trouvé dans lequel il avait choisi un poème et se dépêcha de se rendre au bureau pour l'emprunter. Il traversa les couloirs rapidement et se hâta d'aller vers les chambres.

Lorsqu'il arriva dans la salle commune, il laissa tomber son sac sur le canapé et se dirigea tout droit vers la chambre de Harry. La porte était fermée, il frappa. « Harry ? » Il n'y eut pas de réponse, alors il frappa un peu plus fort. « Harry ? Tu es là ? »

« Oui » fut la faible réponse.

« Pourquoi ne m'as-tu pas dit que tu partais ? Tu vas bien ? »

« Ça va » répondit Harry bien que Ron ne fût pas convaincu. « Je suis juste fatigué, Ron. Je ne vais pas venir au dîner. Je te verrai au petit-déjeuner. »

« D'accord, si tu es sûr. As-tu trouvé un poème ? »

« Oui, merci »

« Okay, alors, Harry. Je reviendrai plus tard ? » La réponse fut un léger reniflement. Ron soupira mais respecta l'envie d'intimité de son ami.

« Miss Parkinson » appela le professeur Tillingson lorsqu'il remarqua que la main de la jeune fille était la seule levée. « Voulez-vous… » La porte de la classe s'ouvrit et un garçon aux cheveux noirs que Andrew Tillinson connaissait assez bien entra, l'air embarrassé. « Mr Potter » l'accueillit-il.

« Professeur », fit Harry. « Je suis désolé d'être en retard, j'étais… »

« Ce n'est pas grave. Asseyez-vous, s'il vous plaît » Il indiqua un siège au jeune homme et sourit légèrement en voyant le soulagement sur son visage. « À présent, Miss Parkinson, je crois que vous étiez volontaire ? »

Pansy Parkinson marcha avec assurance jusqu'au devant de la classe, sourit l'air séducteur avant de s'éclaircir la gorge.

« Une rose parfaite, par Dorothy Parker.

Une seule fleur il m'a envoyée depuis que nous nous rencontrâmes.

Un très tendre messager il a choisi ;

Un cœur profond, pur, encore humide de rosée parfumée,

Une seule rose parfaite.

Je sais le langage des fleurs ;

« Mes feuilles fragiles » disait-elle « enferment son cœur »

L'amour a pris depuis longtemps pour amulette

Une seule rose parfaite.

Pourquoi n'y a-t-il personne pour m'envoyer

Une limousine parfaite, pensez-vous ?

Oh non, c'est toujours ma chance d'avoir

Une seule rose parfaite. »

Lorsqu'elle termina, tout le monde riait et applaudissait. Alors qu'elle revenait à sa chaise, elle fit un clin d'œil à Blaise qui lui sourit en retour. Peu à peu, d'autres personnes dans la classe se portèrent volontaires. Quelques récitations furent assez atroces. D'autres élèves oublièrent des lignes de leur poème, ou prêtèrent une mauvaise emphase aux mots, mais l'un dans l'autre, c'était bien. Ron finit par réciter un poème de Theodore Roethke intitulé « Elle ».

Finalement, rassemblant son courage, Harry leva la main. Il érigea le quatrième mur tout en marchant vers le devant de la classe, usant d'une technique de théâtre pour calmer ses nerfs. Bien qu'habitué aux foules, il récitait ce poème pour Draco, et puisqu'ils ne s'étaient pas vus jusque là, il était assez éprouvé nerveusement.

« Valentin par Carol Ann Duffy, » commença Harry, puis il se redressa et regarda Draco droit dans les yeux. « Nulle rose rouge ou cœur de satin,

Je t'ai donné un oignon.

C'est une lune enveloppée de papier brun.

C'est une promesse de lumière

Comme déshabiller l'amour avec soin.

Là.

Cela t'aveuglera de larmes

Comme un amant.

Cela te fera réfléchir

Sur une photo tremblante de peine.

J'essaye d'être sincère.

Pas de jolie carte ou de kissagram. (1)

Je te donne un oignon.

Son baiser féroce restera sur tes lèvres,

Possessif et sincère,

Comme nous le sommes,

Aussi longtemps que nous serons.

Prends-le.

Ses anneaux de platine se rétrécissent pour devenir anneau de mariage,

Si tu le veux.

Mortelle,

Son odeur restera sur tes doigts,

Restera sur ton couteau. »

Harry n'attendit pas que les applaudissements se taisent, il jeta un coup d'œil à son professeur, puis retourna rapidement à sa chaise sur laquelle il s'assit le dos très droit sans regarder Draco. Bien que Draco ait gardé le contact visuel, il n'y avait eu nul signe qu'il ait été de quelque manière affecté par le poème.

Finalement, Draco se leva pour réciter son poème. C'était la dernière personne de la classe à y aller, et pour une raison inconnue, Harry se surprit à retenir sa respiration. S'il était honnête avec lui-même, il savait parfaitement pourquoi il était nerveux. Il se disait que, peut-être, Draco aurait pensé comme lui, et se servirait de la poésie pour exprimer ce qu'il avait voulu la nuit dernière. « Deux ou trois : Une recette pour faire un cocu, par Alexander Pope, » Draco l'indiquait clairement. Harry sentit son cœur sombrer. Draco ne pensait pas du tout à lui, c'était évident, en récitant son poème.

Lorsque Draco eut terminé sa récitation, Harry avait déjà fait son sac et avant même que Draco ne quitte l'estrade pour atteindre son bureau, juste au moment où la cloche sonna, Harry était debout et laissa vivement la classe d'anglais derrière lui, ne s'arrêtant même pas pour jeter un coup d'œil à Draco et ainsi, manqua la lueur désolée dans les doux yeux gris.

Blaise, debout devant la porte, ajusta sa cravate. Il était habillé de façon décontractée mais assez stylé quand même puisque c'était une occasion spéciale, et Blaise ne voulait aucune fausse note. Il frappa à la porte et essaya de repousser en soufflant une mèche de cheveux égaré sur son visage. Il était toujours en train de souffler lorsque la porte s'ouvrit et il s'arrêta subitement pour prendre un air décontracté. « Est-ce que Pansy est là ? » demanda-t-il. La fille qui lui avait ouvert le regarda des pieds à la tête et lui fit un clin d'œil avant de refermer la porte.

Derrière celle-ci, Blaise entendit la fille appeler Pansy et, après un moment, la porte s'ouvrit de nouveau et Pansy lui sourit. « Tu ne t'es pas arrêté pour un défilé de collants, si ? » le taquina-t-elle et Blaise sourit.

« Hélas, non ! » dit-il avant de s'avancer pour l'embrasser sur la joue. « Je suis désolé d'être un peu en retard, mais j'ai eu des problèmes pour trouver un panier convenable. »

« Un panier convenable ? » fit-elle d'un air incertain.

Blaise sourit et sortit le panier de pique-nique de derrière son dos. « Je requiers humblement votre exquise compagnie pour un pique-nique » dit-il en feignant une révérence.

« Eh bien, comment puis-je refuser une telle invitation ? »

Blaise souriait déjà mais il sentit son sourire s'élargir lorsqu'elle mit sa main autour de son bras et qu'elle l'embrassa rapidement juste sous l'oreille avant de lui demander de montrer le chemin.

« J'ai trouvé le coin parfait pour nous » expliqua Blaise tout en marchant dans le couloir.

Il tint les lourdes portes de la salle à manger ouvertes tandis qu'elle passait, puis, la suivant, indiqua une place devant une grande fenêtre, plus ou moins dans un coin. Il ouvrit le panier pique-nique et sortit la couverture qu'il avait pris dans sa chambre, c'était un édredon que sa mère avait confectionné pour lui lorsqu'il est entré à l'école. L'étendant sur le sol, il tendit une main que Pansy accepta, souriant alors qu'elle s'asseyait sur la couverture et le regardait sortir la nourriture qu'il avait volée dans les cuisines. C'était un dîner tout à fait satisfaisant, bien que ce ne fut ni le repas préféré de Pansy ni le sien, puisqu'il n'avait pu convaincre le cuisinier de lui donner que ce qui avait déjà été préparé ; mais c'était quand même délicieux et c'était ce que Blaise avait cherché.

Lorsque tout fut posé sur la couverture, Blaise lui servit un peu de jus de raisin qui passait pour du vin, puisque dîner dans la Salle à Manger avait réduit le choix des boissons. « Aux roses et aux limousines » dit Blaise. Pansy roula des yeux.

« Pour rendre tout romantique » corrigea-t-elle, et ils burent leur jus de raisin.

Ils mangèrent tout en parlant de tout et de rien, et lorsqu'ils eurent fini, ils restèrent sur la couverture à boire leur jus de raisin. « J'ai quelque chose pour toi » dit-elle rapidement lorsqu'ils eurent reposés leurs verres. Se sentant un peu bête, elle fouilla dans sa poche et sortit une petite boîte enveloppée d'un papier bleu métallique avec un ruban vert. Elle lui tendit et le regarda nerveusement.

Blaise défit le papier cadeau lentement et souleva le couvercle de la petite boîte. À l'intérieur, il y avait cinq médiator pour guitare, chacun avec un mot romantique sur une face et un dessin sur l'autre. Il choisit avec soin le médiator noir sur lequel « Je t'aime » était écrit en rose sur un côté, et une rose dessinée sur l'autre.

« Merci » dit-il en se penchant pour l'embrasser. « J'ai aussi quelque chose pour toi » dit Blaise avec un sourire entendu. Il sortit une petite boîte entièrement enveloppée et une seule rose rouge. Pansy accepta le présent et éleva la rose pour la sentir, avant de la poser à côté d'elle avec précaution.

Elle s'attaqua à la boîte, déchira le papier et en souleva le couvercle. « Comment as-tu su ? » s'écria-t-elle, surprise. Elle commença à rire en sortant le jouet en forme de limousine de la boîte.

« Je suis sorti après les cours. Je ne pouvais pas laisser passer une opportunité comme celle-là ! »dit-il en riant lui aussi.

« Merci » dit Pansy une fois qu'ils eurent cessé de rire, et Blaise su qu'elle ne mentionnait pas seulement le cadeau idiot. Il sourit et l'attira pour l'embrasser.

Harry avait déjà connu ça, mais c'était différent alors. Il avait toujours aimé la St Valentin, même s'il n'avait jamais eu personne pour l'apprécier en sa compagnie. Il y avait quelque chose dans le fait de voir des couples heureux partageant des moments attentionnés qui l'avait toujours rendu optimiste et content. Ça ne posait pas de problème, avant, qu'il soit seul, parce qu'il y aurait bien un moment où il ne le serait plus, et quand ce moment arriverait, il savait qu'il serait aussi impudemment stupide et languissant d'amour que tous ceux qu'il voyait. La St Valentin, sans les cartes clichées avec les mots de quelqu'un d'autre peints soigneusement dessus de façon impersonnelle, et sans les choses flagrantes et évidentes qu'elle symbolise, était l'une des journées les plus fortes en émotions pour lui.

Aujourd'hui, cependant, Harry se mit à détester les rubans rouges et roses qui pendaient dans les couloirs, et il s'était surpris deux fois à ricaner à la vue de couples heureux étalant leur amour immortel. En fait, Harry déprimait avec beaucoup d'amertume et, ce qui était pire, il n'avait personne pour en parler. Tous ceux qu'il connaissait étaient sortis avec leur autre moitié, et même Dean et Seamus s'étaient trouvé des rendez-vous, et Harry était seul, tout simplement seul.

Il roula des yeux en voyant un garçon offrir humblement un bouquet de roses à une fille qui minaudait, et il tourna précipitamment au coin, pour se retrouver devant un autre ruban criard. Il roula des yeux ; il n'y aurait donc qu'un seul endroit vierge de décorations minables : la salle d'art.

Harry se cogna presque dans un mur lorsqu'il songea à cette salle. Sirius. Bien sûr. Il eut un demi sourire en changeant précipitamment de direction, et monta les escaliers jusqu'à l'aile des arts. Lorsqu'il y parvint, il poussa un soupir de soulagement, il n'y avait aucun signe de la St Valentin ici, seulement les tableaux sûrs et consolants et les sculptures crées par les étudiants.

Avançant rapidement dans le couloir, Harry frappa à la porte du bureau de Sirius.

« Sirius ? » appela-t-il doucement, en frappant à nouveau. N'ayant aucune réponse, il se dirigea vers la salle de classe de Sirius. « Siri ? Tu es là ? » Il parcourut la pièce des yeux et entra. Il n'y avait aucun signe de Sirius nulle part. Harry était maintenant, sans aucun doute, seul pour la St Valentin.

Il soupira et s'assit sur l'une des tables d'art en laissant tomber son sac à côté de lui, se sentant désolé pour lui-même. Dans un autre soupir, il laissa sa tête tomber dans ses mains et ferma les yeux. Peut-être pourrait-il se cacher dans l'une des petites salles de musique et simplement jouer. C'était ce dont il avait besoin, décida-t-il, et, glissant de la table et avec un nouvel accès de confiance, Harry sortit de la salle d'art, pour finalement s'arrêter et revenir en arrière vers la salle. Ses yeux se tournèrent vers le côté et il fronça les sourcils. Ce qu'il avait d'abord pris pour une simple œuvre d'art attira son entière attention, car son nom était écrit en lettres majuscules sur le tableau noir de la classe.

Il avança lentement vers lui, en examinant la petite table encombrée de papiers colorés, sur lesquels une écriture nette s'étalait dans des courbes noires fines. Il y avait une unique rose dans une bouteille de soda en verre qui accompagnait les morceaux de papier et, le souffle tremblant, Harry ramassa une des pages. C'était un poème intitulé 'Tu me manques' par un auteur anonyme. En le lisant, Harry sentit un sourire hésitant fleurir sur son visage. Il y avait d'autres poèmes, un pour chaque page sur la table. Harry les lut tous entièrement, avant de les glisser dans son sac. Il y avait une petite carte pliée sous la rose ; il la prit. Elle disait simplement : Hart Hall, Salle Commune de Section. Après avoir saisi la bouteille de soda et humé la rose, Harry tourna les talons et sortit de la salle d'art, le pas plus sautillant.

Neville prit une profonde respiration et commença à réciter son poème. Ils étaient assis dans un coin du restaurant que Dean lui avait recommandé. Neville avait été heureux de découvrir que c'était assez à l'écart et tranquille, pourtant le restaurant était certainement plein. Il fut soulagé d'avoir réservé, et Ginny avait paru flatté, ce qui était encourageant. Alors qu'ils attendaient leur repas, Neville saisit ses mains et commença à réciter son poème. Ce n'était pas ce qu'il avait prévu. Il avait voulu attendre jusqu'à ce qu'ils soient en train de marcher dans la forêt ou autre chose de plus romantique que cela, mais c'était venu tout seul.

Lorsqu'il eut fini, il y avait des larmes dans les yeux de Ginny et elle lui souriait. En réponse, Ginny récita un poème intitulé 'Fleurs' de Wendy Cope, et Neville rougit car c'était presque exactement ce qu'il avait fait quand il était venu à la résidence de Ginny pour l'emmener. Lorsqu'elle eut fini, elle changea de place pour s'asseoir à côté de lui, en posant sa tête sur ses épaules. « Neville ? » fit-elle après un moment.

« Ou… oui ? »

« Ne change jamais » dit-elle seulement, et elle l'embrassa sur la joue, le faisant encore incroyablement rougir.

« Draco ! » appela Harry en entrant dans la salle commune de la section. Il n'y avait personne là ; il regarda autour de lui, un voile de confusion sur le visage avant d'apercevoir le vase sur le bord de la fenêtre.

Il y avait, là encore, des morceaux de papier arrangés autour du vase. Tout en s'approchant, Harry sourit. C'était exactement l'arrangement qu'il avait recommandé à Ron quelques jours auparavant. Apparemment, son meilleur ami avait transmis le message à son petit ami. Cette pensée fit naître en Harry une bouffée d'amour pour Ron et ses autres amis proches. Il sourit au sens caché derrière chaque fleur et saisit l'un des morceaux de papier. Encore des poèmes. Le premier qu'il lut était de Lord Byron : 'Stances pour Musique.'

Tandis qu'il lisait les divers poèmes, Harry se sentait de plus en plus léger et il ne pouvait enlever le sourire qui ornait son visage. Finalement, après avoir déposé ces poèmes dans son sac, il prit la carte pliée. Chambre, disait-elle plutôt abruptement.

Et, alors qu'il tournait la tête pour fixer la porte de sa chambre, il eut soudain du mal à respirer.

Parvati Patil secoua la tête énergiquement et roula des yeux. « C'est impensable ! » dit-elle. « Tu ne peux vraiment pas dire que FGM est déraisonnable parce que c'est une partie de leur culture ! Qui es-tu pour dire ce qui est vrai ou faux ? C'est leur culture ! »

« C'est une violation des droits de l'homme ! » lui opposa Hermione tandis qu'elles marchaient.

« Quoi, les droits de l'homme ? Ceux qui ont été faits par les Etats d'Occident ? Nous ne pouvons pas imposer nos croyances à leur culture, ce serait corrompre leur culture! » dit Parvati. Padma, sa sœur, secoua la tête en écoutant ses deux amies se quereller. Elles sortaient juste du cours de philosophie et le débat qui s'était organisé là avait à l'évidence piqué leur intérêt.

« Alors, nous ne devrions pas voyager, l'exportation devrait être interdite, et on devrait laisser des gens affamés dans leurs propres pays s'ils sont sans provisions ou sous le coup d'un désastre, parce que, selon votre théorie, toute interaction corromprait une autre culture! »

« Non, si les gens meurent… » fit Parvati.

« Alors tu mets la limite à la mort ? Tu es donc en train de dire que tout le monde a un droit naturel à la vie ? » demanda Hermione.

« Non, je dis juste… qui est-ce ? »

Elles s'arrêtèrent de marcher et Hermione tourna la tête pour voir l'endroit que son amie pointait du doigt.

« Ron ? » s'écria-t-elle en souriant soudain. « Je vous verrai plus tard, d'accord ? »dit-elle. Parvati et Padma acquiescèrent toutes les deux et la saluèrent tout en regardant par dessus leurs épaules leur amie se précipiter vers l'étrange garçon roux qu'elles n'avaient jamais vu.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda Hermione en souriant.

« Salut ! Joyeuse St Valentin ! » lui souhaita Ron en lui offrant une belle orchidée et une petite boîte à crayons ornée de proverbes amoureux ringards. Hermione sourit et l'embrassa sur la joue.

« Merci ! » dit-elle. « Combien de temps restes-tu ? »

« Le week-end » répondit Ron avec un sourire.

« C'est vrai ? Ou n'est-ce pas plutôt que tu peux rester le week-end entier si tu oublies tes devoirs et que tu les laisses pour la dernière minute ? »

« Hermione, c'est la St Valentin. Travailler est bien la dernière chose que j'ai en tête. Encore plus maintenant que je suis arrivé ici ! »

Elle eut un grand sourire et l'attira à elle pour un baiser de bienvenue. « Oh, très bien alors » souffla-t-elle. « Mais j'ai l'intention de te harceler sans cesse sur ton travail après ça ! »

Lorsque Harry poussa la porte de sa chambre, il sursauta. Il y avait des fleurs partout. Des roses de toutes les couleurs, de la lavande, sa fleur préférée, et sa chambre était saturée de leur odeur fraîche.

Les lumières étaient faibles, et alors qu'il s'avançait plus avant dans la pièce, il remarqua Draco assis sur la couverture de laine d'agneau de Harry.

« Pourquoi je t'aime ? » commença Draco, et Harry avança encore dans la pièce en fixant Draco.

« Je t'aime,

Non seulement pour ce que tu es,

Mais pour ce que je suis

Lorsque je suis avec toi.

Je t'aime

Non seulement pour

Ce que tu as fait de toi,

Mais pour

Ce que tu fais de moi.

Je t'aime

Parce que tu ignores les possibilités

Du fou en moi,

Et parce que tu fais ressortir

Les bonnes possibilités.

Pourquoi je t'aime ?

Je t'aime

Parce que tu fermes les yeux

Sur nos querelles,

Et parce que tu crées une musique en moi

Par une écoute adorable.

Je t'aime parce que toi

Tu m'aides à faire

Du bois qu'est ma vie

Non une taverne

Mais un temple ;

Et des mes mots

De tous les jours

Non un reproche

Mais une chanson.

Je t'aime

Parce que tu as fait

Plus qu'aucun credo

Pour me rendre heureux.

Tu l'as fait

Sans mots,

Sans caresses,

Sans un signe.

Tu l'as fait

Juste en étant toi-même.

Après tout

Peut-être est-ce cela

La signification de l'Amour. »

Harry soupira et ferma doucement la porte, puis avança encore d'un pas. « Harry » risqua Draco. « Je voulais te demander pardon d'avoir été une grosse andouille. Il n'y a aucune excuse pour ce que j'ai fait. Je ne voulais pas te blesser. J'étais juste extrêmement frustré, mais c'était nul de ma part de me mettre en colère contre toi parce que ça n'avait rien à voir avec toi. » Harry fit encore un pas en avant vers la couverture, s'immobilisant juste au bord de celle-ci.

Draco se mit à genoux. « Je ne fais pas de demande, ni rien de tout ça » dit-il nerveusement en sortant une petite boîte de sa poche. « Mais je voulais te donner ceci, comme une promesse de t'aimer toujours et d'être toujours là pour toi, quel que soit le problème. » Doucement, Draco ouvrit le couvercle de la boîte et la tourna face à Harry. Ce dernier eut l'air un peu abasourdi puis tomba à genoux en face de Draco.

C'était un simple anneau d'or, mais en le soulevant, Harry s'aperçut qu'il était sur une chaîne, pour qu'il puisse le porter autour du cou. Il le laissa tomber dans sa paume et l'observa plus attentivement. À l'intérieur, il y avait une inscription : My Whole Heart For Whole Life. Harry leva les yeux vers Draco, luttant contre la boule qui se formait dans sa gorge tandis qu'il traduisait l'inscription dans sa tête : Tu as tout mon cœur pour toute ma vie. « Merci » murmura-t-il. Draco s'approcha l'air hésitant.

Comprenant ce qu'il voulait faire, Harry lui tendit le collier et l'autorisa à l'attacher autour de son cou, avant d'attirer Draco à lui pour l'embrasser étroitement. Harry était conscient qu'il tremblait, bien qu'il sût que ce n'était pas de froid. « Ne me fais plus jamais ça » le gronda-t-il doucement. « Parle-moi avant d'en arriver à ce point, promis ? »

« Je te le promets » fit Draco en chuchotant doucement à l'oreille de Harry, souriant en sentant le frisson qui parcourut son amant. « Je suis désolé. »

« Et ne crois pas que tu puisses acheter mon pardon avec un peu de romantisme » le taquina Harry avec un sourire espiègle.

« Je n'en rêverais même pas » dit Draco. Ils se contemplèrent l'un l'autre pendant un moment, perdus dans les yeux de l'autre jusqu'à ce que, comme des aimants, ils bougèrent comme un seul homme et leur lèvres se touchèrent, doucement au début, puis, alors que leurs battements de cœur se faisaient plus affolés, et leurs mains plus taquines, la langue de Draco effleura doucement la lèvre inférieure de Harry et celui-ci ouvrit la bouche, acceptant de plein gré l'intruse.

Harry s'assit sur la douce couverture et attira Draco par terre. Lorsqu'ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, Harry s'enroula à son amant, une main courant dans les cheveux de Draco, faisant écho aux mouvements de Draco, et l'autre main étreignant son présent. Il ferma les yeux et sourit.

À suivre

(1) NdT : baiser envoyé à l'occasion d'une célébration par l'intermédiaire d'une personne employée à cet effet