Coucouuuu !!
Et oui, me voilà de retour (pour vous jouer de mauvais tour... hum, oui, bon, Naheulbeuk puis Pokémon... on a la culture qu'on peut, que voulez-vous).
J'ai été beaucoup plus longue que prévu. Ce chapitre devait arriver la semaine dernière mais j'ai eu pas mal de problèmes familiaux qui m'ont empêché d'avancer dans son écriture. Alors, voilà, j'ai préféré attendre la fin de mon petit séjour à la Japan Expo, pour revenir fraiche et pimpante (si vous avez souffert autant que moi du parcours du combattant organisé par la Japan... vous comprendrez aisément à quel point je suis ironique, pour le coup) et vous livrer ce chapitre.
Je suis tout de même contente, je me suis offert une jolie ombrelle, un sakkat et quelques petites babioles parfaitement inutile mais tout bonnement indispensable à mon bien être de japan-fanatique ^^ (enfin, vous voyez le genre ; bijou de portable, et autres accessoires du même genre... je suis quand même loin du Totoro lumineux de l'an dernier x))
*Breeeeeeeeef*
Alors, pour en revenir à ce chapitre : beaucoup d'action. Et j'ai vraiment du mal avec l'action alors... j'espère que vous ne serez pas trop déçus. J'ai essayé de faire planer un peu le suspense aussi mais, pareil, je suis pas sûre d'être très forte à ce petit jeu x)... C'est la deuxième cause de mon retard. La fin de chapitre a été une véritable calamité à écrire. Je m'y suis mise, je me suis arrêtée, j'ai repris, j'ai recommencé, corrigé, modifié, ajouté... *reprend sous souffle* Bon, finalement, il est là et après celui-ci, vous pouvez être certains que nos amis les Cullen ainsi que Bella ne sont pas au bout de leurs peines.
Pas de réponse à vos reviews, par contre, et je m'en excuse... Sachez que je les lis toutes sans exception et que je suis tout bonnement ravie que vous aimiez à ce point cette histoire et que vous soyez si nombreux et nombreuses à la lire, à la suivre. J'espère ne pas vous décevoir et que l'attente ne vous aura pas trop désespéré.
Bonne lecture !
***
Fuite
-Edward, murmurai-je finalement, ce qui le fit taire – il n'avait pas cessé de murmurer des paroles douces à mon oreille, J'aimerais... Que tu me confies ton secret... Maintenant.
Un bruit sourd provenant du jardin nous fit tous deux sursauter, aussitôt que j'eus fini de dire ces mots et la première idée – aussi impensable fut-elle – qui me vint à l'esprit fut qu'une sorte de malédiction planait au-dessus de la réponse à mes interrogations et qu'il me serait bien plus compliqué d'en apprendre davantage que je ne l'aurais cru.
Edward se leva prestement, se postant à l'une des fenêtres de la chambre, les sourcils froncés. Je n'aurais su dire si ce bruit suspect l'inquiétait ou l'intriguait vraiment ou s'il profitait uniquement de l'occasion pour esquiver ma question.
-Je ne vois rien d'anormal... marmonna-t-il, comme s'il ne s'adressait pas véritablement à moi, Ne bouge pas d'ici, poursuivit-il vivement, se tournant vers moi, cette fois, visiblement sérieux.
Je m'appuyais sur mes coudes pour le regarder sortir de la pièce, perplexe. Se moquait-il de moi ou se passait-il vraiment quelque chose ? Curieuse, je me levais en veillant à ne faire aucun bruit et, comme lui un peu plus tôt – mais un peu plus prudemment, étrangement, craignant d'être... vue, bien que j'ignorais par qui ou par quoi – je regardais par la fenêtre. Elle donnait sur le jardin, plongé dans l'obscurité la plus totale. Pourtant, je pouvais distinctement voir des formes blanchâtres remuer par endroits. Un long frisson remonta le long de mon échine, me glaçant le sang.
Aussitôt, je cessai de regarder au dehors et plaquai dos au mur puis me recroquevillai au pied du long rideau de la fenêtre, paniquée.
-Tu deviens folle, ma pauvre fille, murmurai-je pour moi-même, Ça ne peut pas être... ce que tu crois. Non ! Ça ne peut pas l'être ! affirmai-je, décidée.
Prudemment, sans me relever, j'approchais mon visage de la fenêtre pour de nouveau regarder à l'extérieur. Les formes étaient plus nombreuses encore qu'avant. Je déglutis et, étrangement, j'eus le réflexe de frotter mes yeux aussi forts que possible avant de les rouvrir mais rien n'avait changer ; je voyais parfaitement bien – autant que me le permettait la nuit et le temps, en tout cas...
-Mais bien sûr ! m'exclamai-je tout bas, La pluie, la pénombre... Mes yeux doivent interpréter des sortes d'illusions d'optiques ou je ne sais trop quoi...
Il était évident que je ne parlais que pour tenter – bien vainement – de me rassurer. J'étais encore suffisamment saine d'esprit pour différencier ce qui était et ce qui n'était pas, ce que je voyais et ce que je croyais voir... mais il était plus rassurant de penser le contraire et de l'affirmer tout haut. Et, durant quelques secondes, cela fonctionna. Jusqu'à ce que, tout-à-coup, la porte de la chambre ne s'ouvre avec fracas et que deux bras froids ne m'encerclent.
-Bella, est-ce que ça va ?
Alice. Je retrouvai peu à peu une respiration normale et lui lançai un regard furieux pour m'avoir fait aussi peur.
-Je ne voulais pas t'effrayer, s'excusa-t-elle prestement, Suis-moi. Nous nous réunissons tous dans le salon, c'est plus prudent.
-Plus prudent ? répétai-je, sur mes gardes.
Elle soupira, visiblement gênée.
-Il vaut mieux que ce soit Edward qui t'explique toute... l'histoire. En attendant, par pitié, suis-moi sans faire d'histoire. Nous sommes tous déjà très inquiets et si nous ne sommes pas en bas d'ici dix secondes, mon frère va vraiment exploser.
Je hochai la tête, vaincue pour le moment. Elle se leva, me tendant sa main que j'attrapai, automatiquement puis elle fit demi-tour, se dirigeant vers la porte mais, à quelques pas de celle-ci, elle s'arrêta et se tourna vers moi. Elle se rapprocha rapidement et attrapa mes mains, plongeant ses yeux dans les miens, arborant un air sérieux que je ne lui connaissais pas :
-Écoute, Bella, si jamais... elle expira, cherchant ses mots ou souhaitant se calmer, Si jamais il arrivait quelque chose, d'une manière ou d'une autre, tu dois me promettre d'être là pour rassurer tout le monde ; toute la famille...
-Alice, qu'est-ce qu... m'inquiétai-je.
Elle me coupa aussitôt, ne me laissant pas le temps de finir.
-S'ils doutent, rassure-les, poursuivit-elle, Même si, en apparence, tout semble perdu, dis-leur que tout va bien.
De nouveau, j'ouvris la bouche pour tenter de parler mais elle posa un doigt sur mes lèvres, déterminée.
-Laisse-moi finir... souffla-t-elle, Ca ne sera pas simple mais tu dois les mener au but. Tu sauras ce qu'il est quand tu le verras.
Je la regardais sans comprendre mais quelque chose me disait qu'il me fallait retenir cet instant, que ces informations étaient cruciales. Elle me sourit légèrement, cherchant sans doute à me rassurer puis me serra un court instant dans ses bras, murmurant à mon oreille qu'elle avait toute confiance en moi, avant de repartir en direction de la porte.
-Dépêchons-nous.
J'attrapai rapidement mon châle et je suivis Alice dans l'escalier, aussi vite que je le pouvais – c'est-à-dire bien moins rapidement qu'elle – et, pour la première fois, la lenteur démesurée de mes mouvements, en comparaison de ceux de mon amie me frappa. C'est perplexe que j'arrivai donc au rez-de-chaussée et je fus d'autant plus surprise de constater que Jasper, Emmett et Rosalie étaient présents. Complètement trempés mais ne semblant pas s'en inquiéter le moins du monde, ils étaient en pleine discussion avec Carlisle et Edward. Ce dernier semblait particulièrement furieux envers sa sœur et, bien qu'aucun d'eux ne hurlait, une tension plus que palpable flottait dans l'air. Alice attrapa ma main et la serra, se voulant sans doute rassurante mais je me tournais vers elle, la tête plus pleine encore de questions qu'auparavant. Esmée nous rejoignit rapidement, la mine triste et désolée.
J'étais complètement perdue. Je ne comprenais rien mais je voulais à tout prix savoir ! Frustrée, je me concentrais autant que possible sur la discussion qui animait Edward et Rosalie, ainsi que, dans une moindre mesure, Jasper, Emmett et leur père. Ils s'efforçaient, de toute évidence, à ne pas forcer la voix mais, parfois, quelques bribes de la discussion me parvenait assez distinctement :
-Elle nous met tous en danger ! sifflait Rosalie.
-Je ne l'abandonnerai pas à ces monstres ! répliquait Edward avec une véhémence que je ne lui connaissais pas, Nous ignorons de qui il s'agit, ce dont ils sont réellement capables et leurs intentions... Alice ne voit rien ou presque !
-Si nous perdons notre temps à la surveiller, nous serons vulnérable ! Ils sont surentrainés, ils n'auront aucun mal à nous battre !
-Je l'aime ! Abandonnerais-tu Emmett de la sorte ?
Je frémis instantanément face la conviction qui brûlait dans ses prunelles à cet instant mais, aussitôt, Rosalie rétorqua froidement que je n'étais « qu'une humaine », m'étonnant bien plus encore, et d'ajouter que la passion qu'Edward me portait lui passerait, comme un enfant se lasse finalement d'un jouer.
Un grognement sourd, semblable à celui d'un fauve s'apprêtant à bondir sur sa proie, s'échappa des lèvres d'Edward. Il semblait sur ses gardes, prêt, effectivement, à attaquer à tout instant, plus animal qu'humain. Je ne pus m'empêcher d'être effrayée.
-Ça suffit ! s'emporta soudain Carlisle, Ce n'est vraiment pas le moment de nous disputer. Isabella est présente et nous devrons faire en sorte qu'il ne lui arrive rien, peu importe la relation qu'elle et Edward entretiennent ou non. La discussion est close.
Rosalie pesta et, après m'avoir lancé un regard haineux, elle disparut dans la cuisine, Emmett sur les talons. Esmée s'approcha d'emblée d'Edward qui paraissait avoir beaucoup de mal à se calmer. Je jetais un regard à Alice mais son regard était vague. Elle semblait à des années lumières de ce qui était en train de se passer. Effrayée, j'alertais les autres. Jasper apparut à mes côtés en un instant, me faisant sursauter. Comment était-il possible qu'il ait traversé aussi vite la pièce... ?
Je fis un pas en arrière et les regardais un par un, la bouche entrouverte tandis que, dans ma tête, des idées toutes plus farfelues les unes que les autres, se dessinaient peu à peu, me rendant dingue. Aucun d'eux ne me prêtaient attention, néanmoins. Alice venait de « revenir à elle » et discutait vivement avec Jasper, à voix basse. A l'opposé, Carlisle avait attrapé Edward par les épaules et lui demandait de faire de son mieux pour se calmer, tandis qu'Esmée lui promettait milles fois qu'il ne m'arriverait rien.
Partir. Il fallait que je m'en aille. Que je sorte d'ici immédiatement. Il en allait de ma santé mentale !
-Non ! s'écria Alice.
Je sursautai et, du même coup, le silence se fit dans la pièce. Rosalie et Emmett apparurent aussitôt dans l'encadrement de la porte qui donnait sur la cuisine, nous demandant ce qui se passait. Alice se rua sur moi, m'attrapant par les épaules.
-Il ne faut surtout pas que tu t'éloignes !
-Qu-quoi ? Mais, co-comment peux-tu... balbutiai-je, soufflée.
Edward se matérialisa, littéralement, à mes côtés, provoquant un autre de mes sursauts, et prit la place de sa sœur, ancrant son regard plus anxieux que jamais dans le mien.
-Bella, tout va bien se passer mais nous devons impérativement rester tous ensemble...
Sa voix était rauque, comme si dire ces mots étaient une véritable torture. Il ne semblait pas croire une seconde à ce qu'il disait et, sans pouvoir m'en empêcher, j'éclatai en sanglots, perdue, effrayée et agacée de constater qu'aucun d'entre eux de me donner des explications qui me rassureraient.
Les bras d'Edward se refermèrent autour de moi et il entreprit de caresser mes cheveux mais je le repoussai bien vite, reculant de plusieurs pas, pour m'éloigner de lui.
-Je veux comprendre ! protestai-je alors qu'il tentait de faire un pas dans ma direction, J'ai peur, je suis terrorisée, je veux comprendre ce qui se passe ! Vous êtes différents, je ne suis pas assez bête pour ne pas l'avoir remarqué, alors ne me demandez pas de rester sagement à vous regarder vous inquiéter à je ne sais quel propos, à faire des messes basses sous mes yeux pour trouver une solution à je-ne-sais quel problème... C'est pire encore que la vérité que vous essayez de me cacher, j'en suis sûre.
Je n'avais pas pu m'empêcher de fixer uniquement Edward, alors que mes paroles s'écoulaient sans que je puisse m'en empêcher. C'était de sa part, que j'attendais le plus d'honnêteté. C'était de sa part, que j'attendais la vérité. Jamais je ne me serais permise de parler ainsi à sa famille. Mais lui, au nom de tout ce qu'il m'avait dit, au nom des sentiments qu'il disait avoir pour moi... Il devait m'avouer ce qu'ils cachaient.
-S'il te plait... sanglotai-je, horripilée par son silence.
Sa mâchoire était crispée, ses sourcils froncés. Il me semblait à deux doigts de craquer. Ses yeux exprimaient toute son hésitation et il ne semblait pas moins effrayé que moi. Plusieurs fois, il ouvrit la bouche avant de la refermer aussitôt. Il cherchait ses mots sans parvenir à trouver ceux qui conviendraient finalement. Quel secret pouvait être si lourd qu'aucun mot ne semblait pouvoir l'exprimer correctement ?
-Je...
Il expira longuement, passa une main dans ses cheveux et ferma les yeux un court instant avant de reprendre :
-J'aimerais, tout d'abord, que tu me promettes de ne pas avoir peur de nous... de moi. Je sais que lorsque tu entendras ce qui va suivre, de nombreux préjugés te viendront à l'esprit. Je suis loin d'ignorer à quel point les humains nous craignent – avec raison, mais nous sommes aussi bien différents de l'idée qu'ils se font de nous...
Je fronçais les sourcils.
-Je... soufflai-je, surprise, D'accord... Je te le promets...
Il hocha légèrement la tête et sembla chercher le courage qu'il lui manquait pour commencer à parler dans le regard de son père. Du coin de l'œil, je le vis acquiesçai, presque imperceptiblement. Lentement, Alice s'approcha de son frère et posa une main son bras, encourageante.
Il soupira puis commença :
-Nous ne sommes pas comme toi, comme ta famille... Nous sommes différents de tous les gens que tu connais, que tu côtoies depuis ta naissance...
J'avais la nette impression d'être en train de le torturer, le forçant à avouer un secret qui, bien plus qu'il ne le mettait mal à l'aise, le rongeait, le détruisait peu à peu, alors qu'il parlait. Le fait de le faire revenir à la surface, de l'exprimer, lui donnait une dimension tangible qu'il ne supportait pas. Cela était palpable et je me sentis bientôt aussi mal que lui, me semblait-il – en tout cas, je le croyais. En réalité, j'étais loin d'imaginer le mal que je lui causais.
-Nous ne sommes pas... humains.
J'ouvris grands les yeux de surprises et retins mon souffle, guettant la suite de ses paroles. Avais-je réellement bien compris ce qu'il venait de dire ? Je ne pouvais m'empêcher de le regarder, perplexe et, finalement, il baissa les yeux. Le débit de ses paroles se fit alors plus rapide, pressé, presque erratique, comme s'il devait finir son explication avant... avant de ne plus en être capable ?
-Nous l'avons tous été. Nous avons été vivants, biens portants. Nous avons eu une vie avant de devenir ce que nous sommes maintenant... Nos cœurs ont battu dans nos corps désormais morts...
Sa voix fondit comme neige au soleil et lentement il releva les yeux vers moi. J'ignore quelle tête je pouvais bien faire. Je ne sais pas... Peut-être avais-je l'air ahuri. Décomposé. Perdu. Mais ce ne fut sans doute rien par rapport à ce qui dû se peindre sur mon visage après qu'il eut terminé sa phrase :
-Nous sommes des vampires.
Je fus aussitôt incapable de respirer mais le choc n'eut pas le temps de s'insinuer plus en moi car, à cet instant précis, toutes les fenêtres du salon volèrent en éclat. Je criai et Edward attrapa mon bras, me plaquant contre son torse pour me protéger du verre. J'entendis Jasper hurler que c'était eux. Qui ? Ce groupe de jeunes dont ils avaient parlé, dans l'après-midi ? Ceux qui ne les avaient finalement pas attaqué ? Cela me paraissait bien ridicule, désormais. Puis, l'image de ces ombres blanches, dans le jardin, me revint en tête. Après ce que m'avait avoué Edward – et quand bien même une part de mon cerveau refusait-il encore ardemment d'y croire – je ne pouvais m'empêcher d'imaginer que des spectres immondes venaient de fondre sur la maison et allaient nous... tuer ? J'étais la seule à pouvoir mourir, ici, si j'en croyais mes maigres connaissances en matière d'être mythiques. Tous ce que je savais des vampires, je le tirais de romans pitoyables, destinés à effrayer les lecteurs. Ils étaient des buveurs de sang contrôlés, certes, par la nécessité de se nourrir mais aussi par le plaisir de boire ce nectar de vie. Ils tuaient sans remords, de la même manière que nous tuions moutons et vaches pour manger. Ils ne pouvaient sortir que la nuit, vivaient dans des cercueils... Si tel était le cas, la famille Cullen était bien étrange. Je les avais vu de nombreuses fois sortir en plein jour et je n'avais encore croisé aucun cercueil... Mais le temps de Dawn Hall était si gris... Peut-être pouvaient-ils sortir, sous cette couche de nuage persistant qui assommait notre village... Qu'allait-il m'arriver maintenant ? Mes croyances me hurlaient que j'allais mourir, emportée par le diable en personne, résidant en ces êtres surnaturels, anormaux... inhumains. D'un autre côté, les yeux d'Edward étaient ancrés dans les miens et débordaient d'inquiétude à l'idée de ne pouvoir me protéger et d'une volonté débordante d'y parvenir malgré tout... Comment croire qu'il pourrait me tuer sans remords, me prendre jusqu'à la dernière goutte de mon sang ? J'avais tellement peur de me tromper à son sujet... Je sanglotais de nouveau.
J'eus soudain l'impression que le sol vibrait sous mes pieds. Quelque chose d'énorme se rapprochait de la maison et un grondement grandissant couvrait peu à peu toutes voix des membres de la famille Cullen qui semblaient chercher une solution.
-Edward, emmène Bella ! hurla soudain Esmée.
Je ne saisissais plus rien. Tout allait beaucoup trop vite.
Edward attrapa mon visage entre ses mains, me forçant à le regarder :
-Je veux que tu me fasses entièrement confiance, cria-t-il, de manière à ce que je puisse l'entendre, Tu vas t'accrocher à moi aussi fort que tu le peux et fermer les yeux.
Je hochai la tête, incapable de le contredire et trop terrorisée pour chercher à le faire. Maintenant, j'étais ahurie. Ahurie de me retrouver là, de voir tout cela. J'étais en danger, pour la première fois de ma vie. A Dawn Hall, la ville la plus tranquille, la plus désuète, la plus...
Les bras d'Edward me soulevèrent sans mal et, en une fraction de seconde, j'étais sur son dos. Un cri de surprise m'échappa puis je me souvins de ce qu'il m'avait demandé. Aussitôt, j'enfonçai mon visage dans sa nuque, fermant les yeux et je resserrai mon étreinte autour de son cou. Je pus alors entendre, distinctement, le grondement sourd s'éloigner puis, peu à peu, disparaître. Le froid me submergea, bientôt, et je me rendis compte que nous étions dehors quand je réalisai que le vent soufflait avec hargne autour de nous. Lentement, je pris mon courage à demain, et je relevai les yeux pour essayer de comprendre ce qui se passait mais l'une des mains d'Edward s'abattit sur mon crâne, me forçant à garder mon visage caché dans ses boucles rousses.
-Ne regarde pas, dit-il, Nous sommes presque arrivés.
De toute évidence, nous nous déplacions. Et rapidement. Plus rapidement que je n'aurais pu l'imaginer. Cela me coupa instantanément l'envie de regarder à nouveau ce qui se passait autour de moi.
-Qu'est-ce qui s'est passé, là-bas ? ne pus-je m'empêcher de lui demander, Est-ce que les autres vont bien ?
-Ne t'inquiète pas de ça maintenant !
-Qu'est-ce que c'était que ce grondement ? persistai-je, L'on aurait dit qu'un troupeau d'éléphants foncés droit sur la maison !
-Bella... gémit-il, Je t'en prie, c'est ma famille qui est restée là-bas.
-Oh...
Et je me tus sur-le-champ, penaude. Bien sûr, il était évident qu'ils s'aimaient. Je m'étais fait cette réflexion plus d'une fois et le fait qu'ils soient des... vampires – j'avais décidément beaucoup de mal à avaler cela – ne changeait rien aux sentiments qu'ils se portaient.
Des vampires... C'était impensable, incroyable... Ils étaient tous si gentils – en tout cas, Alice, Esmée et Edward avaient tous étaient incroyablement agréables avec moi et bien plus encore, en ce qui concernait ce dernier. Je connaissais peu les autres mais, quoi qu'il en soit, ils ne me semblaient pas qu'ils étaient dangereux. Or, c'était au moins la moindre des choses, pour un vampire envers un humain... non ?
Je ne comprenais pas. Je ne pouvais pas le croire. Edward et Alice avaient eu des milliers d'occasions de me sauter à la gorge pour vider mes veines jusqu'à la dernière goutte de ce nectar qu'ils étaient censés tant appréciés mais aucun d'eux n'avaient jamais ne serait-ce que laisser paraître la moindre attirance pour moi, en ce sens. Edward m'aimait comme... comme n'importe quel garçon peut aimé une fille... n'est-ce pas ?
-Edward... Est-ce que... Est-ce que ça change quelque chose... ? murmurai-je, persuadée, étrangement, qu'il m'entendrait parfaitement.
-Que veux-tu dire ?
-Pour nous deux...
Il me sembla qu'il ralentissait légèrement l'allure, une seconde, puis il repartit. L'avais-je troublé ?
-Bella... Tu n'as pas idée à quel point je t'aime.
-Mais, si tu es bien ce que tu dis...
-Je sais que ça peut te paraître fou. Que je sois (il hésita)... un tel être... et que je t'aime, malgré tout. Je sais que toute cette histoire semble dingue !
De toute évidence, il était toujours à deux doigts de craquer mais il s'obstinait à se déplacer (est-ce qu'il courait ? J'avais du mal à le croire étant donné qu'en dépit du vent, je pouvais à peine deviner que nous nous déplacions...), me menant je ne savais trop où de manière à échapper à je ne savais trop quoi.
Et, soudain, il s'arrêta. C'était imperceptible, mais je pouvais le sentir. Le vent semblait moins violent, signe que notre vitesse s'était réduite voire totalement estompée. Je me permis de relever les yeux. Edward marchait en direction d'une grange sombre.
-Où sommes-nous ? murmurai-je, peu rassurée.
-A l'abri.
Toujours peu de réponse, toujours ces non-dits. Quand se déciderait-il à être honnête avec moi, ne me cachant plus la moitié des informations ? Après tout, maintenant que je savais ce qu'il était, je ne voyais pas ce qu'il pouvait encore pouvoir avoir à dissimuler, ni pourquoi. C'était frustrant, énervant, perturbant... Un soupir d'agacement m'échappa.
-Excuse-moi, souffla-t-il, Cette grange est abandonnée depuis des lustres, nous l'avons découverte il y a quelques temps... Nous attendront les autres ici.
-Comment sauront-ils que nous sommes là ?
-Alice le leur dira... En admettant que leur odorat ne les conduise pas jusqu'à nous.
Alice ? Leur odorat ? Tant de mystères encore...
Il me déposa délicatement sur le sol alors que nous parvenions à l'entrée de la bâtisse de bois délabrée. Sa main sembla hésiter à saisir la mienne, un instant, puis retomba le long de son corps. Je m'arrêtai pour le dévisager.
-Je pensais que ça ne changeait rien... dis-je, inquiète – je savais qu'il comprendrait que je faisais référence à son geste.
-Je ne veux pas t'effrayer... se justifia-t-il tristement.
Je le regardais un instant sans rien dire, gênée de le mettre dans cet état là, mais je tenais à tout prix à comprendre tout ce qui entourait sa révélation – en admettant qu'elle soit exacte car je ne pouvais m'empêcher d'en douter encore.
-As-tu... l'intention... de boire mon sang ?
-Non ! s'écria-t-il aussitôt, attrapant mes deux mains dans les siennes en se rapprochant de moi à la vitesse qui était la sienne, Non, jamais, Bella ! Je ne pourrai jamais te faire de mal...
-Alors... hésitai-je, Est-ce que cela signifie que tu m'aimes.... réellement ? Comme... n'importe quel garçon aimerait une fille ?
Il me sourit tendrement puis, doucement, porta mes mains à ses lèvres, avec une lenteur démesurée comme s'il craignait de les briser, pour y déposer des baisers.
-Je t'aime bien plus encore... entreprit-il de m'expliquer, Mon fonctionnement diffère de celui des humains normaux. Ce que je ressens pour toi est décuplé par mon état. Je ne t'aime pas ; je suis complètement fou de toi ; amoureux transi, désespéré... L'amour que je te porte est indescriptible. Aucun mot n'est suffisamment fort pour le décrire. Tu es un trésor, à mes yeux ; le plus beau de tous, le plus inestimable.
De nouveau il embrassa mes mains avant de reprendre, de sa voix douce. Je frémis.
-Je pourrais les réduire à néant si je ne m'efforçais pas à faire attention à chaque instant... murmura-t-il, comme furieux contre lui-même, tandis qu'il fixait mes mains, Tu es si fragile... Mais sûrement pas faible. Au contraire, tu es la personne la plus courageuse qu'il m'ait été donné de rencontrer. Néanmoins, en comparaison de ce que dont je suis capable, tu es une plume, incroyablement vulnérable, entre les mains d'un monstre à la force titanesque ; je suis une roche qui, si elle venait à s'abattre sur toi, t'écraserait, te détruirait...
Lentement, ses mains libérèrent les miennes et glissèrent le long de mes bras jusqu'à mes épaules. Je portais une simple chemise de nuit, maintenant que j'y repensais. Elle était en lin et me tenait à peine chaud. Le vent qui ne cessait de tourbillonnait autour de nous, s'insinuant sous mon piètre vêtement de nuit, me donnait soudain l'impression d'être nue devant lui. Je me sentis rougir et ce, d'autant plus, qu'Edward, tout doucement, avait dénudé l'une de mes épaules et, tout aussi lentement, avait approché ses lèvres pour constellait ma peau de baiser, à cet endroit puis mon cou et ma mâchoire.
Lorsqu'il se remit à parler, enfin, ma respiration était haletante et sa voix suave, au creux de mon oreille, n'arrangeait en rien mon état :
-Tu es magnifique... Je préférerais mourir que de voir disparaître ces délicieuses rougeurs, sur tes joues, et ne plus sentir ton sang battre dans tes veines et ton cœur s'accélérait quand je t'embrasse. Je suis incapable de te faire du mal et si jamais cela arrivait...
Il s'écarta légèrement de moi, me regardant droit dans les yeux, légèrement hésitant :
-Je ne suis pas parfait et même si je fais de mon mieux pour ne jamais te faire de mal, si jamais je devais perdre le contrôle... reprit-il, Je ne me le pardonnerais jamais. Tu es toute ma vie, à présent, et je compte bien faire en sorte de te garder saine et sauve.
L'une de ses mains descendit le long de mon dos tandis qu'il effleurait du bout des doigts le tracé de ma colonne vertébrale, par-dessus le fin tissu qui recouvrait ma peau, parvenant malgré tout à me faire frisonner de plaisir. Puis, quand elle fut parvenu au creux de mes reins, sa main fit pression sur moi, légèrement, me rapprochant de lui. Je me retrouvai dans ses bras, bercée et rassurée, insouciante pour ces quelques minutes. Loin de toutes ces révélations et ces évènements effrayants des dernières heures. Simplement avec lui, amoureuse.
Soudain, un craquement sonore se fit entendre derrière nous. En une seconde, je me retrouvai plaquée contre le mur de la grange, dans le dos d'Edward, tendu en position de bouclier devant moi, prêt à attaquer en cas de problème. Ma respiration s'accéléra sensiblement et je pouvais entendre le grondement sourd qui grandissait dans la gorge de mon compagnon. Il semblait furieux, dangereux... redoutable. Plus que jamais. Il était évident qu'il ne laisserait rien m'arriver sans se battre jusqu'à l'annihilation complètement de tout risque éventuel pour ma vie. Cela me glaça le sang.
Mais mes pensées furent vite interrompues. Je sursautai et un petit cri m'échappa quand une forme blanche remua puis disparut rapidement dans les fourrés, juste devant nous. Edward grogna. Quelle était cette chose ? Il était évident qu'il s'agissait de l'une de celles qui avaient encerclées la maison, un peu plus tôt... Avais-je raison de penser à une sorte de spectre ? Je trouvais cela de plus en plus stupide, étrangement, alors que l'idée même de l'existence des vampires m'aurait semblé tout aussi folle, quelques heures plus tôt. Cette chose était-elle aussi dangereuse ? Comment allaient les autres Cullen ? S'en étaient-ils sortis ? Les vampires ne pouvaient pas mourir... n'est-ce pas ?
-Edward... murmurai-je, effrayée.
Il se rapprocha un peu plus de moi encore, sans doute trop sur ses gardes pour réussir à parler mais désireux de me montrer qu'il était près de moi.
Soudain, la chose se rua sur nous. J'eus à peine le temps de voir Edward bondir sur elle, une demie seconde plus tard. Il la tenait avec force entre ses bras, comme s'il tentait de l'écraser contre son torse de pierre. La créature m'était peu visible. La nuit m'empêcher de distinguer avec précision ses traits. Néanmoins, je pouvais voir qu'elle semblait humaine, au premier abord. Sa silhouette était fine, féminine... Néanmoins, elle gesticulait à la manière d'un animal enragé et poussait de terribles hurlement suraigus semblables à ceux d'une bête sauvage empreint d'une furieuse hargne. Sa peau était blanche et elle ne portait pour seul vêtement qu'une sorte de pagne difforme. Ses pieds étaient fourchus comme les serres d'un aigle et chacun de ses orteils était une arme potentiel qu'elle s'évertuait à essayer d'enfoncer dans la chaire d'Edward, à force de grands coups dans ses jambes et tout endroit qu'elle parvenait à atteindre de son corps tandis qu'il la maintenait toujours avec force.
Je me laissai glisser le long de la parois de la grange, les yeux rivés sur le combat. Edward était en danger, cette chose avait l'air dangereuse, tellement plus que lui... Edward était le garçon le plus doux, le plus attentionné, le plus gentil qu'il m'eut été donné de connaître. Je savais qu'il était en mesure de se défendre, en cas de nécessité, comme c'était le cas actuellement, mais je ne pouvais m'empêcher de craindre que cette créature ne fasse qu'une bouchée de lui.
Je devais à tout prix trouver un moyen de l'aider...
C'est à ce moment précis qu'il poussa un cri déchirant. La chose était parvenue à se retourner, alors qu'il la tenait toujours contre lui et venait d'enfoncer ses griffes immondes dans sa peau. En effet, la chemise qu'il portait avait presque totalement été réduite en lambeaux et de longues marques de griffures rougeâtre s'étendaient sur son torse, contrastant avec sa peau d'un blanc nacré et pur. Rapidement, il repoussa le monstre, le propulsant avec une force inouïe contre un arbre qui fut aussitôt déraciné. Il pesta une seconde contre sa blessure puis se rua de nouveau sur son adversaire qui n'avait pas tardé à se relever et le combat reprit de plus belle. Cette fois, ce fut lui qui finit par être projeté. Il eut à peine le temps de se rattraper je-ne-su-trop comment afin de ne pas venir s'écraser sur moi. Ses bras m'encerclèrent alors et nous traversâmes tous deux le mur de la grange – moi, à l'abri de tout, contre son torse, mais terrorisée et lui, gémissant de douleur en dépit de son état de surhomme incontestable. Il ne m'était jamais apparu plus fragile qu'en cet instant... Mortel.
Il me demanda prestement de rester là tandis qu'il s'apprêtait à repartir à l'attaque mais je le retins, les yeux suppliants :
-Ca va mal finir, Edward ! Fuyons !
Il m'attrapa par le bras et me serra contre lui avant de m'embrasser avec fièvre durant quelques courtes secondes puis il disparut. Je m'empressai de rejoindre le « champ de bataille » et découvris qu'il était de nouveau en plein combat avec l'immonde monstre.
Tout allait trop vite. Je compris qu'il suffirait d'une seconde pour qu'Edward disparaisse, tué par cette chose, d'une manière ou d'une autre. Je devais agir et vite. Aussi, tandis que la chose s'élançait une nouvelle fois vers lui, pointant ses horribles pieds en direction du visage de celui que j'aimais, je courus jusqu'à eux de manière à m'interposer, emporté par le désespoir.
Cependant, une seconde plus tard, je m'écrasai à terre, à plusieurs mètres du combat, sonnée, le souffle court, comme bloqué par un poids sur ma poitrine. Quelques secondes plus tard le cri déchirant d'Edward me parvint sans mal aux oreilles. Je me redressai aussi vite que possible, tant bien que mal, et ce que je découvris me glaça le sang ; Alice était allongée à terre, le visage en sang, Edward penchée au-dessus d'elle, la secouant avec, sans doute, l'espoir qu'elle se relève. Alice était blessée... Gravement, sans doute, étant donné le comportement d'Edward. Alors... les vampires aussi pouvaient... mourir si facilement ?
Tout à coup, elle disparut. Mes yeux s'ouvrirent grands de surprise, de même que ceux d'Edward qui resta durant de longues secondes sans rien faire, ahuri de ce qui venait de se produire. Alice avait littéralement disparu sans laisser de trace... Son corps était là, une seconde plus tôt puis n'était plus, l'instant d'après. Comme s'il n'avait jamais été là. Comme s'il n'avait jamais existé.
Etait-ce tout ce qu'il advenait des vampires, à leur... mort ? Alice était-elle...
Et, de nouveau, Edward hurla avant de se ruer vers la créature qui, de la même manière, disparut, aussitôt, ne laissant pas plus de trace de son passage qu'Alice avant elle...
Que venait-il de se passer ? Alice était-elle...? Les vampires pouvaient-ils mourir si simplement ? Mon souffle s'accéléra. Non... Je ne venais tout de même pas de précipiter la mort de ma meilleure amie ? C'était impossible... Tout cela était trop rapide, trop irréel...
Pourtant, Edward hurlait, plié en deux de douleur à l'endroit où se trouvait un instant plus tôt sa soeur.
Bientôt, le reste de la famille Cullen apparut, à l'orée de la forêt qui entourée la grange et l'espace libre où on s'était déroulé le combat. Jasper se jeta aussitôt à genoux près de son frère, l'attrapant par les épaules et le secouant tandis qu'il le suppliait de lui dire ce qui s'était passé. Esmée, elle, vint à ma rencontre et m'aida à m'asseoir correctement. Carlisle somma Rosalie et Emmett de rester avec Edward et Jasper tandis qu'il jetait un œil à mes blessures.
Trop rapide... Tout cela était trop rapide et je commençais à ressentir des vertiges... J'étais perdue, déboussolée...
-Edward, répond ! cria Jasper, plus fort encore face à son frère dont le corps était secoué de sanglots sans larmes, Où est-elle ? Que s'est-il passé ?
-Elle... Elle est...
-Edward ! Parle ! s'époumona à son tour Rosalie, Tu vas nous rendre fous !
-Elle a disparu... souffla-t-il tout à coup.
Carlisle se retourna, incrédule, abandonnant l'examen de mes blessures. Esmée, elle, n'avait cessé de fixer ses enfants depuis le début de leur discussion, guettant avec inquiétude la réponse d'Edward et, aussitôt qu'il eut parlé, elle porta ses mains à sa bouche, choquée par sa réponse.
-Co-comment ça, « disparu » ? s'enquit Jasper, dérouté.
-La goule (c'était donc là le nom de cette immonde créature) lui a sauté dessus après qu'elle ait repoussé Bella, qui s'était retrouvée entre elle et moi et... (il se tut un instant, le visage crispé par la douleur) Je ne sais pas ce qui s'est passé ! reprit-il, dépassé, Je ne sais pas ! Elle était là ! Son visage... Le coup que lui a asséné la goule avait déformé son visage... Je l'ai secouée, je ne savais plus quoi faire, j'avais tellement... tellement peur depuis le début de ce combat... Je ne sais pas ce qui s'est passé...
-Comment ça, « DISPARU » ?! hurla de nouveau Jasper.
-Elle était dans mes bras, j'essayais de la ramener à elle et, tout-à-coup, son corps s'est volatilisé ! s'emporta à son tour Edward, la voix tremblante de chagrin, La goule a disparu de la même manière... Bon sang, elle ne bougeait plus ! Aucun coup n'est capable de nous mettre dans un tel état ! Je ne comprends pas !
-Carlisle ! s'exclama Emmett, dans l'espoir que son père ait des réponses à leur apporté.
-J'ignore ce qui a bien pu se passer... murmura-t-il, perdu face aux explications décousues d'Edward, Alice n'aurait pas pu se... dématérialisée, ni même se décomposée si rapidement, même en temps que simple humaine. Notre état nous rend presque invulnérable. Un simple coup au visage n'aurait pas dû suffire à la blesser de cette manière et, quand bien même, aurait été incapable de...
-Est-elle encore vivante ?!
Jasper s'était levé et se tenait face à Carlisle, l'air furieux. Sa voix était incroyablement différente de celle, plus douce et plus posée, qu'il utilisait à l'ordinaire. Il semblait être une autre personne, à ce moment précis, prêt à tout pour récupérer et sauver celle qu'il aimait. Ses poings étaient serrés, tous ses muscles tendus. Était-il possible qu'il attaque Carlisle si sa réponse ne lui convenait pas ? Je commençais à craindre le pire...
-Je l'ignore... souffla finalement le docteur, dépassé, Rien n'indique qu'elle soit morte toutefois... il n'y a pas plus de trace prouvant qu'elle soit toujours en vie. (il resta silencieux durant quelques secondes) Je suis désolé.
Rosalie et Emmett eurent tout juste le temps d'attraper les bras de leur frère alors que celui-ci allait sauter à la gorge d'Edward, lui hurlant que tout cela était uniquement de sa faute et la mienne, à moi, « sa pauvre humaine imbécile » qui avait tenté de s'interposer, minable, face à une goule en furie – je n'étais même pas certaine de savoir précisément ce qu'était une goule, en réalité et je me rendais maintenant compte de l'erreur monumentale que j'avais commis. Pour une raison ou une autre, j'avais bien sûr remarqué qu'Alice avait tendance à prévoir les évènements. Plusieurs fois, elle m'avait particulièrement étonnée. Mais jamais je n'aurais cru qu'elle apparaîtrait à ce moment précis, qu'elle s'interposerait et, plus encore, qu'elle mourrait... De plus, dans le même temps, je ne parvenais pas à imaginer ce qui se serait produit si, à sa place, Edward avait reçu ce coup, de la part de la créature. Aurait-il disparu, à la place d'Alice ? Je frissonnais d'autant plus à cette idée et je me sentais plus mal encore que jamais. Des larmes silencieuses se mirent à couler le long de mes joues. Je devais partir. Je ne leur attirais que des ennuis. J'avais peut-être causé la mort d'Alice... « Rien n'indique qu'elle soit morte mais... il n'y a pas plus de trace prouvant qu'elle soit toujours en vie. » Rien n'était optimiste dans ces paroles qui tournaient en boucle dans ma tête ! J'avais tué Alice, j'en avais la certitude... Comment son corps aurait-il pu disparaître, autrement... Que serait-il devenu, si ma meilleure amie était encore en vie... Un corps vivant ne pouvait tout de même pas disparaître de la sorte ! Et, en cet instant de pure folie, je ne pouvais même plus me résonner en me disant qu'il n'était pas plus logique qu'un corps inerte se volatilise de la sorte...
Je me levai rapidement. Une douleur lancinante traversa ma jambe, à partir de ma cheville – sûrement me l'étais-je tordue en retombant au sol – mais je m'efforçai à rester debout. Je devais m'éloigner au plus vite d'eux, afin que toute la poisse que j'emmagasinais depuis ma plus tendre enfance cesse d'agir sur eux et de leur faire du mal. Je portais malheur, je l'avais toujours su. Michael n'avait eu de cesse de me le répéter, lorsque nous étions enfants ; je tombais plus souvent que mes autres camarades, je me mettais souvent en danger en les suivant dans leurs aventures, là où eux pouvaient s'amuser avec insouciance. Je m'étais blessée, à de nombreuses reprises. J'avais même frôlée la mort, deux ou trois fois. Les Parques voulaient ma mort et me poursuivraient jusqu'à ce qu'elle m'emporte, tout en se vengeant de moi, jusqu'à cet instant, d'avoir été si longue à succomber.
Soudain, deux bras m'enlacèrent et me soulevèrent à quelques centimètres du sol, sans mal, m'empêchant d'aller plus loin. Dans mon cou, le souffle froid de la personne qui me tenait me fit frisonner et, cette fois, j'éclatai en sanglots, incontrôlable. La voix d'Edward me parvint rapidement. Il fredonnait ce morceau qu'il avait interprété tant de fois au piano, lors de nos leçons. Celui qui racontait cette histoire d'amour impossible, compliquée mais belle, entre deux êtres qui partageait des sentiments plus forts que tout ce qu'il m'était possible d'imaginer. Lentement, je me retrouvai assise sur ses genoux, bercée. J'étais épuisée... Si fatiguée... Finalement, je m'endormis.
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Voilà !
Au point de départ, je n'avais pas du tout prévu que tout se passe si vite. Finalement, je voyais mal comment faire autrement sans faire durer inutilement le déroulement des choses. Je voulais qu'il y ait de l'action dans ce chapitre, pas uniquement des scènes centrées sur Edward et Bella. Comme vous pouvez le voir, donc, les choses se compliquent, pour eux. Et je suis presque sûre que vous ne vous attendiez pas vraiment à ce genre de problèmes ^^'... Désolée pour tous ceux qui croyaient que l'histoire allait tourner en bagarre sentimentale entre Michael et Edward. Ça n'est pas pour tout de suite.
Ah et sachez que j'ai bien l'intention d'utiliser Jacob à un moment donné ... Par contre, je ne suis pas certaine d'en faire un gentil ^^'... Alors je m'excuse d'avance pour tous les fans. Ne me lapidez pas trop fort, please !!!
Quant à Alice... Je préfère ne rien dire sur le sujet. Torturez-moi si cela vous chante, je ne dirai rien jusqu'au prochain chapitre, na x)
A la prochaine !!
PS : J'espère que je n'ai pas laissé trainer trop de fautes... très franchement, je n'avais pas le courage de me relire très sérieusement.
