FANFICTION COLLABORATIVE ENTRE DEUX AUTEURES: Samyye33 et Fredou26
Note des Auteures:
(Fred, dansant en levant les bras) Bon bon bon, si ce n'est pas le chapitre 8! (Sam, mouvant les hanches) Wow la dernière fois qu'on a update aussi tôt, c'était... c'était... hé bien , c'est jamais arrivé! (Fred) On est très fières de publier aussi rapidement. Vive l'été! (Sam, un sourire séducteur aux lèvres) Préparez-vous chers lecteurs, parce que ce chapitre est particulièrement homo-érotique! Et aussi chaud qu'une journée de canicule - ce que nous avons peu dans notre contrée lointaine du Canada, ces temps-ci! (Fred) J'avoue que ce chapitre ne manque pas du tout d'homo-érotisme. Et je suis certaine que personne ne va s'en plaindre! Bref, bonne lecture à tous! Vous allez avoir encore plus chaud! (clin d'oeil de la part des deux auteures)
RÉPONSES AUX REVIEWS:
sjrodgers23: Yes yes yes, don't worry, more is the word and more is yet to come!
celtica25: On aime trop terminer les chapitres avec des espèces de chutes bien malaisantes et, je dois l'avouer, légèrement sadique à certains moments pour les lecteurs. Voici la suite et j'espère grandement que tu vas bien l'aimer!
Kyary: Hihi, je suis contente que tu sois revenue lire notre nouveau chapitre! Désolé des excessives longueurs d'attente entre nos chapitres, on fait de notre mieux! Il devrait y avoir plus de chapitres qui vont sortir d'ici la fin de l'été et je suis certaine qu'il devrait te plaire à toi et à tous nos autres lecteurs!
Asphare: Coucou! Je suis ravie que tu ais laissé une review cette fois-ci et ce n'est pas grave si tu ne commentes pas à tous les chapitres. Ça fait chaud au coeur par contre haha! Cette fanfic est heureusement pas abandonnée et elle ne devrait pas l'être. C'est juste que Sam et moi sommes vraiment très lentes pour écrire et trouver le temps pour cela peut être difficile. Bref, finis les excuses pourries et bonne lecture à toi! Encore merci à toi pour ta review!
Disclamer: (Sam, en chantant passionnément, les cheveux dans le vent à l'aide d'un sèche-cheveux) Noooon, rien de rien... Je ne possède rien de rien! (Fred, se levant sur la table, une banane dans les mains en guise de micro) Ni Pouuuudlard, ni les gloorieux personnages (Sam et Fred, beaucoup trop joyeuse pour vivre) Ni Drarry mais ça nous ai bien égaaaaal!
Baby Reaction
CHAPITRE 8
PDV HARRY
Le malaise fut interrompu par les pleurs d'Adélaïde qui venait de décider que sa sieste était terminée. Prenant la revue avec lui, les joues encore rouges, Malefoy se leva du sol et se dirigea vers notre chambre pour la consoler, priant sûrement tous les anciens sorciers d'effacer cet incident de nos mémoires.
Malheureusement pour lui, je n'allais pas le laisser oublier ce que je venais de voir - autrement dit: les nombreuses pages de beaux mâles quasi nus. Pour une fois que j'étais en position de pouvoir, je n'allais pas laisser passer l'occasion, malgré ma gêne.
Étrangement, le blond prit tout son temps pour aller chercher notre fille. Lorsqu'il émergea finalement de la chambre avec Adélaïde, qui avait eu le temps de se calmer, entre les bras, je pris mon courage à deux mains et lui fis un sourire narquois digne des siens.
- « Tu sais, Malefoy, le cuir, ce n'est pas vraiment mon genre. Le latex moule bien mieux mon joli petit cul. »
Il hoqueta presque à ma remarque: ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'entrouvrit, signe de sa surprise. Je mordis ma lèvre inférieure, conservant tout de même mon sourire qui pouvait si facilement le sortir de ses gonds.
Je tentai de rester fixe et assis sur le sofa, alors que tout mon corps me criait de ramper jusqu'à ses pieds et qu'un tremblement de plaisir me saisit. Le voir dans cet état, si déstabilisé, me faisait quelque chose que je ne comprenais pas et qui m'effrayait même un peu. Les images et positions osées de la revue me revinrent en mémoire. Ça ne prit qu'une seule seconde pour que mon cerveau change les visages et corps des magnifiques mannequins pour celui du blond et du mien.
Je fixai alors la légère teinte rosée de ses deux parfaites pommettes - il songeait probablement à la même chose que moi -, tandis que je remarquai que sa respiration s'était accélérée. Confiant et fier de l'effet que je lui faisais, j'allai même jusqu'à lui faire un clin d'œil. Je pouvais voir dans son expression faciale qu'il ne s'attendait aucunement à ce que je m'amuse avec lui et le trouble ainsi.
Il passa inconsciemment sa langue sur sa lèvre du bas, alimentant le désir qui grondait en moi. Je me levai du sofa et me dirigeai excessivement lentement vers lui. Son masque de glace avait entièrement fondu. J'appréciais cette nouvelle facette de lui-même et le pouvoir que je possédais sur lui.
À chaque pas que je faisais, ses yeux s'écarquillaient encore plus. Malgré sa surprise, je percevais du désir dans ses prunelles d'acier. Il ne me regardait plus comme un être inférieur comme il savait si bien le faire, il me transperçait du regard et me reluquait comme si j'étais tout d'un coup sa proie, ce qui me coupa presque le souffle, mais m'invita quand même à continuer d'un pas quasi lascif vers lui.
Lorsque je fus à ses côtés, je déposai ma main sur son épaule et la descendit lentement contre son biceps musclé jusqu'à son coude, mes yeux rivés dans les siens. Je passai mon autre main contre l'angle de sa mâchoire en me mordillant les lèvres.
Sa tête s'avança sans qu'il ne s'en rende compte au contact de mes doigts. Mes sourcils s'élevèrent, amusés. Je lui fis mon sourire le plus séducteur, mon regard allant de ses yeux à ses lèvres pulpeuses et plus que tentatrices.
Puis, d'un coup, je pris ma fille de ses bras, déposant un baiser sur le front de ma petite sans rompre le contact visuel avec le blond, et m'éloignai en balançant les fesses - ou mon joli petit cul -, ignorant totalement le blond, pantois. Fier de mon coup, je manquai presque d'éclater de rire en me dirigeant vers la cuisinette pour préparer un biberon pour Adélaïde qui devait encore manger.
Je secouai la tête, réalisant ce qui venait de se passer et essayant de me convaincre que je n'avais pas réellement utilisé mon pouvoir de séduction sur mon coéquipier, l'allumant sexuellement, et de ce fait, moi-même aussi. Je ne passais que très rarement en mode séduction, n'ayant jamais été assez confiant. Cependant, avec Malefoy, c'était différent, je m'y donnais à coeur joie. Pourtant, je savais que si je n'étais pas capable de me contrôler, tout cela pouvait dégénérer facilement, que je le veuille ou non.
Dans mes bras, Adélaïde me rendait la tâche difficile. Elle ne cessait de battre des jambes, réclamant ainsi son biberon qui prenait beaucoup plus longtemps à faire que d'habitude puisque j'étais complètement perdu dans mes pensées.
J'entendis soudain la porte des appartements se refermer. Je me retournai. Malefoy était parti. Cette fois-ci, je ne pus retenir mon rire. Je lui faisais définitivement beaucoup plus d'effet que je le pensais. Je me promis mentalement de réutiliser mon soi-disant charme sexuel dans le futur.
En riant, je m'installai sur le sofa. J'assis ma fille, qui était de plus en plus impatiente, sur moi. Comme son dos était appuyé contre mon torse, elle resta tranquillement assise, étant maintenant capable de soutenir sa tête. Je la nourris lentement, profitant de la tranquillité de l'appartement lorsque Malefoy n'était pas là et de l'opportunité de passer un beau moment avec Ada. J'eus le droit à plusieurs sourires et gazouillis de mon ange pendant la session de jeu qui suivit son repas.
Je ne revis que le blond lorsque je fus déjà couché confortablement dans notre lit. Il se plaça à mes côtés et sentant sa chaleur contre mon dos, je ne pris pas longtemps à tomber dans les limbes du sommeil.
Je me réveillai pourtant dans un lit vide et froid. Le blond n'avait décidément pas digéré mon petit jeu de la veille. Au moins, il s'était occupé de notre fille lorsqu'elle avait demandé notre attention au courant de la nuit et j'avais pu bien me reposer.
Adélaïde était encore dans son berceau, mais allait se réveiller d'ici peu. Je devais me préparer rapidement pour être certain de répondre à tous ses souhaits et désirs dès son réveil. Je la laissai tout de même dormir encore profondément.
Lorsque j'entrai dans l'aire commune de salon et de la cuisine de l'appartement, je réalisai que mon coéquipier n'était simplement pas là. Adélaïde étant toujours endormie; j'avais tout l'espace pour ma princesse et moi.
Je me fis un thé et le sirotai paisiblement, en attendant le réveil de mon ange presque impatiemment. Dès que j'entendis ses pleurs, je me précipitai dans la chambre et la couvris de baisers pour la calmer.
La matinée se déroula sans trop d'encombres. La non-existence de mon coéquipier me permettait de passer du temps seul à seul avec ma petite et de vraiment l'observer. Je constatai tous les changements rapides qui modelaient peu à peu son corps et son tempérament.
Adélaïde s'intéressait de plus en plus à ce qui l'entourait, à ses deux pères et, bien sûr, à l'environnement dans lequel elle vivait. Pour démontrer son intérêt, elle était à présent capable de gigoter toute sa petite personne, mais particulièrement ses bras et ses jambes avec lesquels elle battait adorablement l'air. Un grand sourire triomphant brillait sur son visage, tout comme sur le mien.
Elle m'impressionnait de plus en plus. Malgré son jeune âge, elle m'émerveillait par la curiosité qui flottait dans ses yeux. Ses petits poings agrippaient avec force les jouets que je lui tendais et les portaient à sa bouche. Je compris alors qu'elle avait faim. Je lui donnai son biberon et elle le téta jusqu'à la dernière goutte. Lorsqu'elle l'eut terminée, je m'amusai à lui faire des grimaces et des sourires, alors qu'elle tentait du mieux qu'elle pouvait de reproduire mes expressions faciales. Elle était simplement craquante.
Je pouvais regarder Ada sans jamais me lasser. Le temps passa sans que je m'en rende compte. Il était midi, déjà temps de manger.
Je fis donc une petite commande aux elfes aux cuisines, d'un coup de baguette, n'ayant aucunement envie d'aller dîner dans la Grande Salle remplie de mille et un élèves.
Tout au long de mon repas, Adélaïde me regarda complètement hypnotisée par tous les aliments colorés que je portais à ma bouche. Je terminai mon assiette sous le regard bleu nouveau-né changeant de ma princesse. J'avais tellement hâte de la voir grandir encore et encore, et de voir tout son potentiel jusqu'à ce qu'elle devienne une belle jeune fille indépendante. Pour l'instant, je profitai de tous les petits moments qui se présentaient à moi, comme celui de m'amuser à embrasser tout son petit corps et de faire des "prouts" sur son ventre qui la faisaient gazouiller en un semblant de rire.
Le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvrit me fit sursauter quelque peu, mais je n'y pris guère attention.
PDV EXTERNE
Drago Malefoy entra dans ses appartements, impatient.
- « Potter! Tu ne vois pas que j'ai besoin de ton aide? Immédiatement! J'ai les mains pleines! », s'exclama-t-il en indiquant d'un mouvement de menton les trois boîtes de carton en lévitation qui le suivaient.
Harry lança un regard vers son coéquipier, continuant tout de même de couvrir sa fille de baisers. Le blond n'avait clairement pas besoin d'aide, un sort amenant toutes ses boîtes pour lui. Il n'avait pas plus les mains pleines, tenant simplement une paire de ciseaux et sa baguette pointée sur ses paquets.
Le Gryffondor conserva son attention sur sa petite, ce que remarqua aussitôt le blond. Drago avait beau trouver la scène absolument trop craquante, il n'avait pas encore oublié le petit jeu sexuel de séduction du brun de la veille. Il ne voulait pas laisser paraître qu'il avait été - et qu'il était encore affecté par celui-ci. Il ne devait pas continuer à se laisser troubler par le Saint-Potter, il était l'héritier Malefoy, après tout. Les regards glaciaux et l'impossibilité de l'atteindre émotionnellement étaient censés être ses spécialités.
Le blond décida de la solution parfaite pour montrer sa supériorité et faire oublier son moment de faiblesse de la veille. En d'autres mots, il allait revêtir son expression glaciale.
- « Potter. » , fit-il, de manière presque colérique en serrant les dents.
L'interpellé roula des yeux et soupira devant l'attitude, qui aurait facilement pu être caractérisée de princière, du blond.
Finalement, Harry décida de s'éviter une crise de la part de son coéquipier. Il devait déjà s'occuper d'un bébé, il n'avait pas besoin d'un deuxième. Le brun prit Adélaïde dans ses bras et la déposa dans sa coquille. Il donna un dernier baiser sur le ventre du bébé, qui se mit à battre de ses petites jambes potelées joyeusement en tendant les bras vers son père, avant d'aller rejoindre le blond.
En levant les yeux au plafond devant le ridicule de la situation, Harry attrapa l'une des boîtes qui lévitaient derrière le Serpentard. Le sort de lévitation se rompit sur celle-ci. Harry fut surpris du poids de la charge à présent dans ses mains. Toutefois, son aide était plutôt inutile, le sort de lévitation aurait très bien pu se charger seul de la tâche de transportation des cartons.
Le brun déposa son paquet sur la table de la cuisine. Les autres boîtes tombèrent dans un bruit sourd à côté.
Drago termina sa tâche en déposant la paire de ciseaux, qu'il tenait entre ses mains, sur un petit coin encore libre de la table. Sans remercier son coéquipier, le blond se dirigea vers sa fille pour la saluer d'un baiser sur le front. Il eut comme réponse un grand sourire sans dents duquel il était possible d'apercevoir les gencives adorablement roses du bébé.
Harry reprit alors sa place à la table, qui était, maintenant, recouverte de quelques boîtes contenant mille et une choses.
Il fut suivi par le blond qui s'assit en face de lui. Celui-ci lança un sort qui fit s'ouvrir les nombreux cartons.
Celui à la cicatrice d'éclair était ébahi devant tous les objets divers que son coéquipier avait réussi à trouver au courant d'une matinée. Il pouvait voir une panoplie de couleurs, de motifs, de textures sur les nombreux tissus, vêtements et accessoires dénichés par Drago qui, surprenaient, intéressaient et inspiraient abondamment le Gryffondor. Harry n'avait jamais pensé avoir le sens de la mode, encore moins de la créativité, mais créer une pièce unique pour sa fille et lui - et son coéquipier, bien sûr - lui donnait une bouffée d'idées assez incroyables et diverses.
Sans attendre pour la permission du blond, le brun plongea la main dans l'une des boîtes, sous l'emprise de sa soudaine vague d'inspiration. Excité, Harry sortit rapidement des paquets plusieurs costumes de bébé de toutes les teintes de blancs, deux paires d'ailes, des rubans dorés, roses et d'autres blancs, ainsi qu'une paire de délicats petits souliers de bébé blancs avec une boucle rose pastel, qu'il posa autour de lui sur l'espace restant de la table.
Il reconnut aussitôt, au fond de la boîte, une tunique pour bébé blanche et dorée qui composait l'un des costumes qu'il avait vu dans l'une des revues de la veille. Son coéquipier l'empoigna pour mieux l'observer sous le regard surpris du brun. Harry n'en croyait pas ses yeux.
Le froid Serpentard - qu'il croyait, cependant, à présent, connaître un peu plus - avait pris le temps d'acheter ce que Harry avait bien aimé et choisi dans les tonnes de revues de la veille, comme cette petite robe.
Harry ne put s'empêcher de sourire tout en baissant les yeux, sentant une légère chaleur dans sa poitrine se dissiper dans tout son corps. Il voulut reposer les yeux sur la magnifique petite tunique, mais à la place de rencontrer le morceau de vêtement du regard, ce fut les prunelles si souvent glaciales, mais cette fois-ci intriguées, de l'héritier Malefoy, qui entrèrent en contact avec les iris émeraude du brun.
Ils se regardèrent quelques instants avant que Drago ne brise le contact en secouant la tête et en plongeant ses mains dans un autre carton pour avoir l'air de s'intéresser à quelque chose d'autre que son hypnotisant coéquipier. Il essaya sans succès d'ignorer le regard flamboyant qui le regardait, et qui le rendait, étrangement, tout drôle - ce qui le terrifiait presque.
Voyant que le blond ne lui prêtait plus attention et qu'il avait l'air de vouloir porter celle-ci uniquement sur les costumes, comme pour l'ignorer, Harry décida lui aussi de se plonger dans les tissus, habits et accessoires. Il commença à rendre son rêve de costume commun en une réalité pleine de surprises.
Deux piles se créaient peu à peu sur le plancher de l'appartement, l'une pour le costume d'Adélaïde et l'autre pour les costumes de ses deux magnifiques pères plus qu'enthousiastes de fêter l'Halloween et de montrer leurs costumes à l'école en entier.
Un doux sourire aux lèvres, qui était apparu sans même qu'il s'en rende compte, Harry se dirigea soudainement vers Adélaïde qui gémissait sous le manque d'attention de ses parents. Il se rappela alors qu'elle avait passé beaucoup de temps sur son dos, ce qui n'était pas trop bon pour les bébés, qui devaient passer du temps sur leurs ventres pour développer leurs muscles des jambes, mais particulièrement des bras et du cou. Il la prit dans ses bras et calma son début de crise.
Harry enchanta l'un des tapis de jeu de sa petite d'un mur de protection qui empêcherait sa fille de ramper à sa façon et trop loin - elle ne rampait pas encore, mais on ne pouvait jamais être trop prudent. Ces barrières invisibles l'avertiraient si Adélaïde se faisait mal. Il la déposa donc sur son ventre, près de quelques jouets en s'assurant qu'elle était encore bien visible dans son champ de vision avant de retourner vers le blond, qui portait un regard aussi protecteur que lui sur leur bébé.
Le blond avait déjà commencé à déchirer des bouts de costumes. Une pile de tissus soigneusement découpée commençait déjà à s'accumuler à sa gauche. Les bretelles d'une mignonne petite robe dorée allèrent rejoindre une jupe en tulle et en plume blanche, plusieurs couches de dentelle blanche, un haut incrusté de perles blanches, une couture délicate de roses rouges et une boucle blanche.
Voyant l'ampleur du projet de son coéquipier, Harry décida de se rendre utile en transformant l'une des chaises en un mannequin qui avait magiquement les mesures de sa fille, par contre, juste un peu plus grandes, pour s'assurer que le costume fera à l'enfant qui grandissait excessivement rapidement. Drago, de son côté, s'approcha et observa le quasi-chef-d'oeuvre du griffon. Il s'arrêta, sur le point d'acquiescer, intérieurement satisfait du travail de son partenaire de binôme. Il tendit un morceau de vêtement vers le brun pour débuter ce projet d'ampleur et d'une importance capitale.
Le Gryffondor approcha sa main de celle que lui tendait le blond. En prenant le bout de tissus, leurs doigts s'effleurèrent, envoyant des frissons jusqu'aux orteils des deux jeunes hommes. La main de Drago se referma contre les doigts du brun, le bout de costume entre leurs paumes.
Pour une fois, ils ne brisèrent pas leur contact physique, animés par cette soudaine réaction fascinante de leurs corps. Leurs regards se croisèrent. Sans aucune gêne, Drago sentit un sourire sincère s'afficher sur ses lèvres. Les joues d'Harry se colorèrent délicatement de rose, alors qu'il répondit au sourire du blond par un semblable. Tous deux avaient oublié leur précédente et lointaine haine, qui paraissait tant futile et enfantine.
Pour une fois, ils avaient un but commun, une base d'entraide et d'amitié se formant peu à peu. Un air de confiance flottait dans la pièce. Ils furent pris d'une constatation inattendue devant leur nouvelle alchimie. Les yeux dans les yeux, le temps avait semblé s'arrêter pendant quelques secondes.
Tous deux incertains et légèrement terrifiés du futur et des surprises de leur nouvelle alliance, ils sentaient pourtant que la relation qu'ils avaient réussi à établir était précieuse. N'était-ce pas là l'agréable sensation d'incertitude devant la nouveauté? Devant toutes ces possibilités aussi incroyables que terrifiantes qui hantaient leurs rêves les plus fous?
Aucun des deux ne voulait retourner à l'époque où ils brûlaient de haine l'un envers l'autre. Une nouvelle flamme les réchauffait, un peu contre eux, maintenant à l'intérieur de leurs âmes.
Après tous ces moments de patience, d'écoute et de coopération depuis le début du projet, ils pouvaient enfin dire qu'ils n'étaient plus du tout des ennemis - même si aucun d'entre eux ne voulait le dire à voix haute pour vraiment l'admettre, comme si les mots porteurs de vérité allaient détruire l'illusion qui avait guidé les dernières années de leurs vies.
Drago laissa doucement les doigts d'Harry, son sourire encore plaqué sur ses lèvres. Celui-ci plaça le bout de costume contre le mannequin et le fit tenir par un sort. Le blond retourna fouiller dans la pile de tissus avant d'en ramener d'autres au brun, pour lui demander son avis.
Ensuite, Harry commença à placer quelques morceaux choisis pour le costume d'Adélaïde sur le mannequin, voyant peu à peu son idée et celle du blond se concrétiser sous ses yeux. Le résultat était époustouflant. Les deux parents avaient très hâte de voir leur petit ange dans son costume.
En voyant le succès du costume de leur fille prendre vie sous ses yeux, Drago décida qu'avoir un mannequin de lui-même et un du Survivant pourrait faciliter la tâche de création. Il jeta donc un sort sur deux des trois boîtes qu'il avait apportées, celles-ci étant maintenant vides et parfaites pour être transformées en deux mannequins personnels.
Fier du résultat du sort, le blond rangea sa baguette dans sa poche, puis se dirigea vers la cuisine pour se rafraîchir. Décidément, réfléchir et créer étaient des activités assez demandantes.
Au même moment, Harry délaissa le costume de sa fille et, à la place, s'approcha des mannequins qu'avait invoqués le blond. Un « H » était cousu délicatement sur l'un d'eux, alors que l'autre abordait un « D » d'une écriture très fine et cursive. Même sans les lettres pour les différencier, le brun aurait pu reconnaître le moule à la limite de la perfection du torse du Serpentard. Inconsciemment, il posa les doigts sur le tissu. La ressemblance était irréprochable, mais le torse du blond était toujours plus agréable et magnifique en vrai.
Harry rougit presque à cette pensée, mais réussit à contenir ses émotions, celles-ci de plus en plus courantes et indescriptibles, présentes depuis qu'il vivait si près d'un certain blond aux yeux d'argent.
Rapidement, les morceaux de tissus s'accumulèrent sur les deux mannequins, composant petit à petit les costumes qui allaient impressionner tous et chacun.
Il en restait pourtant encore beaucoup à faire, comme vraiment finaliser les déguisements en les soudant avec de la magie, ou encore, s'assurer qu'ils étaient assez élastiques pour permettre à leurs propriétaires de pouvoir danser le jour et la nuit de la soirée déterminée. Il restait aussi à enchanter ceux-ci pour qu'ils créent une belle surprise imprévisible, mais exceptionnelle.
Les costumes n'étant pas encore complètement terminés, il allait falloir encore quelques jours au binôme Malefoy-Potter pour les compléter pour qu'ils soient au sommet de leurs attentes. Ils étaient si impatients de descendre les marches de la Grande Salle transformée pour l'occasion en une salle de réception pour le bal d'Halloween et de défiler devant tous, présentant leur petite famille au monde entier.
Fiers de leurs efforts communs, les coéquipiers commencèrent à ranger le désordre qu'ils avaient fait lors de leur moment d'inspiration et de confection. Heureusement pour eux, ils avaient l'aide de leur magie. L'appartement fut impeccable en quelques minutes.
Ils mangèrent un petit repas simple apporté par des elfes de maison des cuisines pour clore leur après-midi et leur début de soirée bien remplis.
Souriant, le blond ayant maintenant rassasié sa faim, se dirigea vers leur fille, qui fut très heureuse de retrouver la chaleur des bras de son père, qu'elle avait peu vu de la journée. Pendant ce temps, comme d'un accord silencieux, Harry alla préparer le bain de sa petite pour la préparer à son rituel de coucher, laissant au Serpentard un moment seul avec Adélaïde.
Lorsque le bain fut enfin prêt, le brun alla chercher le bébé. Son coéquipier donna un baiser sur le front de la petite avant de la mettre dans les bras du Gryffondor. Pour une fois, il lui faisait entièrement confiance.
Harry entra dans la salle de bain avec sa petite princesse dans les bras. Celle-ci était captivée par une mèche rebelle qui sortait de la chevelure de jais de son papa griffon, qui lui, tentait, avec un peu de difficulté, de retirer l'ensemble deux-pièces jaune soleil - qui avait beaucoup trop de boutons pression selon lui - dans lequel était habillée Adélaïde. Il retira par la suite ses vêtements jusqu'à son caleçon.
L'eau étant maintenant à la parfaite température, Harry s'installa tranquillement avec sa petite collée contre son torse. Il s'assit dans le bain, le dos contre l'une des extrémités de la baignoire et les pieds touchant l'autre, pour avoir la meilleure stabilité possible pour s'assurer que la vie d'Adélaïde n'allait pas être en danger.
Le brun prit ensuite une débarbouillette, la plaça juste au-dessus de ses parties intimes, celles-ci pouvant être compromettantes si quelqu'un venait à entrer sans sa permission. Il installa ensuite sa fille, son dos contre ses avant-bras, et l'approcha tranquillement du peu d'eau dans le bain, juste au-dessus de ses propres cuisses. La peau du poupon entra en contact avec l'eau tiède du bain, le surprenant, mais le calmant instantanément.
Harry regardait son petit ange qui souriait à présent et il ne pouvait que faire de même. Celui-ci avait vécu toutes sortes de choses avec sa fille, mais ce bain, juste les deux ensemble, sans rien pour séparer le petit corps chaud si fragile et mignon de sa petite du sien, si musclé et grand, ne pouvait pas plus le combler de joie. Il ne pensait pas pouvoir partager un moment comme celui-là, si naturel et symbolique avec un de ses enfants, en l'occurrence, sa seule et unique fille.
Il tenait entre ses bras un petit être qui, il le savait, irait loin et, pour qui, il serait toujours là quoiqu'il arrive. Un petit être qui, il le voyait, lui ressemblait et continuerait à lui ressembler, pas seulement physiquement, mais aussi dans ses actions futures et dans ses pensées éventuelles. Un petit être qu'il aimait, aime et aimerait, et qui, sans un seul doute, l'aimait tout autant.
Le papa brun continua à observer l'enfant le plus cher à ses yeux tout en le lavant, en commençant par nettoyer tranquillement et précautionneusement, à l'aide d'un gant de toilette très doux, son visage, jusqu'au derrière de ses petites oreilles.
Harry passa par la suite à la mince chevelure de sa petite, essayant de faire sortir, à l'aide d'une seule main, du shampoing pour bébé de la bouteille. Il entreprit de frotter tendrement la tête de son poupon avec le savon et réalisa rapidement qu'elle avait beaucoup plus de cheveux qu'elle ne laissait paraître. Son petit crâne était recouvert de mèches blondes très pâles, identiques à la chevelure culte de son père Serpentard.
Regardant de plus près les cheveux de sa petite tout en retirant le reste de shampoing avec un peu d'eau, Harry remarqua encore qu'Adélaïde, lui ressemblait, mais qu'elle ressemblait aussi énormément à son autre père. Cette pensée l'aurait enragé, il y avait de cela pas très longtemps, mais maintenant, en voyant le bijou que créaient leurs gênes ensemble, il ne pouvait plus être fâché: il adorait sa fille et il ne voyait aucun autre enfant à sa place, même si cela impliquait qu'elle était moitié Malefoy.
Le griffon termina de laver son enfant: son ventre, ses bras, ses jambes, et ses parties génitales. Il regarda autour de lui, dans la salle de bain, s'il ne pouvait pas trouver une serviette.
Il avait complètement oublié de regarder pour cela et il lui en fallait une absolument pour pas qu'Ada ait froid et attrape quelque chose. Ça ne lui dérangeait pas de ne pas avoir de serviette pour lui-même, mais Adélaïde devait absolument se faire sécher avant de se faire habiller dans un de ses douillets pyjamas.
Harry chercha sa baguette, mais il l'avait laissé sur le bord de l'évier qui lui était hors d'atteinte, surtout avec sa princesse entre ses bras. Il n'avait pas d'autre choix...
- « Malefoy? », cria-t-il presque, « J'aurais absolument besoin d'une serviette! Apportes-moi en une, ne m'en apportes pas une, fais ce que tu veux, mais apportes-en au moins une pour Ada, il n'y en a plus aucune dans la salle de bain! »
Aucune réponse. Le brun crut, malgré tout, entendre le faible son de pas dans la pièce voisine. Soupirant, ne sachant aucunement si son coéquipier allait venir à sa rescousse ou s'amuser à le voir résoudre sa situation sans serviette, il décida de prendre quelques dernières minutes de plus dans la baignoire avec sa petite, s'assurant tout de même de ne pas rester trop longtemps.
Il n'entendit pas la porte de la salle de bain s'ouvrir, continuant à s'amuser à donner tout plein de petits bisous à sa fille et à observer sa bouille adorable et ses grands sourires.
Drago, à la grande surprise de son coéquipier, était allé chercher pas qu'une, mais bien deux serviettes - une pour sa fille et une autre pour le Gryffondor. Le blond n'aurait jamais offert ce service à n'importe qui, mais pour Adélaïde, il faisait tout. Tant qu'à y être, faire plaisir à Potter leur empêcherait, à tous les deux, de créer une ambiance oppressante pour leur bébé, ce que le blond voulait à tout prix éviter. Mais en même temps, peut-être que faire plaisir à son partenaire de binôme lui faisait plaisir à lui-même, non?
Le Serpentard s'approcha de son coéquipier, le regard bas pour respecter l'intimité du brun, qui remarqua enfin sa présence du coin de l'œil, conservant toujours son regard sur sa fille, avant de s'adresser au blond:
- « Oh Malefoy! Merci! Tu peux déposer les serviettes ici. »
Harry pointa d'un doigt le tapis devant le bain, conservant à tout moment un bras protecteur sous Adélaïde, avant de dire, un peu plus bas, un sincère: « S'il te plait », que Drago apprécia plus qu'il ne l'aurait cru, malgré le fait qu'il ne le montra aucunement.
Le blond se dirigea vers la porte menant vers la chambre, mais à la place de la passer et de la refermer, il la maintint entrebâillée et laissa son cœur fondre devant le magnifique petit moment simple, mais en même temps sublime, que partageait sa fille avec son père à la cicatrice d'éclair.
Son regard s'attarda aussi à une débarbouillette blanche qui avait changée de place lorsque Harry avait pointé à Drago où mettre les serviettes. Le blond regardait plutôt, plus particulièrement, où la débarbouillette était avant...
Ayant maintenant ses serviettes, Harry était donc fin prêt à sortir du bain. Lorsqu'il fut sur le point de se relever, après avoir replacé Adélaïde sur son torse, le blond le dérangea et ouvrit la bouche pour parler:
- « Tu sais Potter, tu n'avais pas réellement besoin d'une serviette... », le concerné lança au Serpentard un regard rempli de questions, « Tu n'avais qu'à utiliser la petite qui est dans le bain à tes pieds, voyons! », termina Drago avec un gros sourire, apportant même sa main à sa bouche pour essayer de couvrir son hilarité.
Le visage d'Harry devint rouge en le temps de le dire. Il était plus que gêné, mais il était aussi excessivement fâché: ça devait faire un bon trente secondes que le blond le regardait par l'entrebâillement de la porte - à ce point-ci, ça l'embarrassait au plus haut point. Il s'empressa de rapprocher ses genoux de son ventre pour empêcher au blond d'avoir une belle vue sur son sexe, se maudissant intérieurement de ne pas avoir apporté des serviettes plus tôt et d'avoir pris un bain avec sa fille complètement nu.
Voyant le malaise et la colère du brun, Drago plaisanta avant de, cette fois-ci, vraiment partir :
- « Ris un peu, Potter! Ce n'est qu'une blague et je suis certain que je ne suis pas le seul qui apprécierait ce spectacle que tu me donnes! »
La remarque du blond ne fit guère, aux premiers abords, plaisir au brun qui pensait que le Serpentard se moquait encore de lui, mais celui-ci réalisa vraiment ce qu'avait dit son coéquipier et comment il l'avait dit.
L'héritier Malefoy ne portait pas son masque de glace lorsqu'il lui avait parlé. Il s'amusait vraiment avec lui, d'une façon bien plus amicale et ouverte. Étrangement, cela plaisait énormément à Harry, qui oublia les blagues de mauvais goût du blond, se rappelant la dernière phrase de celui-ci, se disant soudainement, mais éliminant très vite l'idée, que sa relation avec le Serpentard tournait vers quelque chose de bien plus qu'une simple amitié...
Une serviette autour de la taille et une autre autour de sa fille qu'il tenait contre son épaule, Harry entra dans la chambre où l'attendait le blond, déjà prêt à aller dormir. Il installa la petite sur le lit et entreprit de l'essuyer doucement avant de la crémer, de la poudrer et de lui mettre une couche. Le Serpentard avait déjà choisi un pyjama pour la petite: un pyjama lavande orné d'un motif composé de petits coeurs blancs. Celui-ci se chargea d'habiller Adélaïde, alors que Harry se mettait lui-même en pyjama et se préparait pour la nuit.
Enfin propre et calme, Adélaïde tétait sa dernière bouteille de lait de la journée, assise sur le lit de ses parents, entre les jambes de son père aux cheveux de jais, son dos appuyé contre le torse de celui-ci. Sans interrompre ce moment privilégié Père-Fille, Drago vint prendre place aux côtés de sa famille, son regard protecteur sur sa petite dont les yeux commençaient déjà à papillonner, lourds de sommeil. Elle était simplement trop mignonne, toute somnolente, contre le torse de son père, dans son petit pyjama violet.
Sa douce odeur de bébé, mélangée aux fragrances de son shampoing et de son savon fait pour sa peau sensible, le remplit d'un calme intérieur.
Lorsqu'elle eut terminé sa bouteille, Drago s'installa en face de son coéquipier et entreprit de peigner excessivement doucement les fins cheveux blonds et légèrement humides de sa fille, qui se faisaient de plus en plus nombreux au fur et à mesure que les jours passaient. Le blond était plus que certain qu'elle allait avoir une magnifique chevelure épaisse et blonde, comme tous les Malefoys. Peut-être même allait-elle hériter des boucles indomptables de son autre père? Il l'espérait presque. Ce mélange des traits du Gryffondor et des siens allait créer une petite beauté.
Ce ne fut pas très long, mais Drago apprécia ce moment familial précieux, alors que toute son attention était mise sur sa délicate action. Sa petite s'endormait de plus en plus profondément contre le torse d'Harry. Le silence qui les entourait était rassurant.
Le blond ne réalisa même pas qu'il s'était mis doucement à chantonner une berceuse, sous le sourire serein du brun, qui attendit que la petite fût bien endormie dans ses bras avant de la passer au blond, qui alla la coucher dans son berceau, avant de le rejoindre entre les draps de leur lit.
PDV BLAISE
Je souris devant la vision de Pansy, endormie. Ses longs cheveux bruns entremêlés s'étalaient autour de sa tête, me ramenant en mémoire les activités passionnantes de la nuit dernière. Le projet des bébés-plantes nous donnait beaucoup de temps tous les deux, en plus de me laisser imaginer ce qu'allait être mon futur.
Malgré le fait que nous semblions beaucoup nous chamailler, Pansy et moi finissions toujours par nous réconcilier, d'une manière qui me plaisait beaucoup, je ne pouvais le nier. Nous nous connaissions depuis trop longtemps, avions vécu trop d'épreuves ensemble, pour laisser de petites disputes éclater notre relation. Nous avions appris à nous aimer de la manière qui nous avait été enseignée: à coups de répliques, de sarcasme et de moments intimes en privé. Je ne doutais pas une seule seconde que Pansy savait que je l'aimais du mieux que j'en étais capable, même si ça ne paraissait pas en public, car je pouvais être une toute autre personne lorsque j'avais, devant moi, des spectateurs. Elle était comme ma lune dans mes moments les plus sombres, elle l'avait toujours été.
J'aimais particulièrement le projet cette année pour tous ces petits moments qu'il m'accordait avec ma petite-amie. Même si nous voir vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, pouvait nous amener à nous énerver l'un et l'autre, je n'échangerais pour rien au monde cette précieuse expérience.
Mon fils bébé-plante, Axel, grandissait si vite qu'il me donnait presque envie de faire des enfants à Pansy pour profiter du moment où les bébés sont encore tous petits. Dans quelques années, il était certain que j'allais fonder une famille avec celle qui avait volé mon coeur avec ses répliques sarcastiques et cyniques, ainsi que, sans oublier, ses magnifiques courbes harmonieuses.
Je me dépris de l'étreinte du corps nu de ma Verte et Argent et me levai du lit, exposant ma nudité au monde. Une nouvelle idée pour énerver mon meilleur ami, Drago, dans son hilarante situation qui consiste à élever un enfant avec son pire ennemi, avait germé dans ma tête depuis quelques jours, et je tenais absolument à la mettre en exécution.
Me promenant nu dans mes appartements sans aucun souci, je m'assurai que tout était à l'ordre pour la parfaite réalisation de mon petit plan - qui était certain de créer encore plus de malaises entre Drago et Potter. Je jetai un regard à Axel, dans son berceau que nous avions déplacé dans l'espace salon pour être certains de ne jamais le réveiller lors de nos activités nocturnes. Il dormait profondément. C'était parfait. J'allais pouvoir laisser Pansy s'en occuper ce matin. J'avais un malaise à préparer et à créer.
Lorsque je fus certain que tout était prêt, j'allai m'habiller et me préparer rapidement, en faisant bien attention à ne pas réveiller les deux amours de ma vie.
Déposant un dernier petit baiser sur le front d'Axel qui dormait encore à poings fermés - son activité de prédilection comme maints nourrissons-, je partis sur la pointe des pieds et sortis silencieusement de l'appartement que je partageais avec ma petite famille.
Dans mes bras, je tenais une boîte noire rectangulaire d'une vingtaine de centimètres. Celle-ci était destinée à nul autre que mon fabuleux meilleur ami blond qui était probablement encore dans son appartement avec son coéquipier et son bébé. C'est donc vers là-bas que je me dirigeais.
J'avais très hâte de voir sa réaction lorsque j'allais lui montrer le contenu de la boîte, mais j'étais aussi particulièrement intéressé par la réaction de Potter. J'adorais m'amuser avec eux: enrager Dray et énerver ou gêner son partenaire de binôme étaient parmi mes passe-temps favoris.
Un grand sourire aux lèvres, je cognai trois fois à la porte des appartements des Malefoy-Potter et j'entrai sans que personne ne vienne m'ouvrir la porte. Après tout, ils n'avaient qu'à barrer celle-ci s'ils ne voulaient pas que personne n'entre. Pourvu que je ne les interrompe pas lors d'une activité pas très catholique. Quoique...
Les deux hommes dans l'appartement sursautèrent à mon entrée. Potter me regarda de haut en bas, se demandant sûrement ce que je faisais chez lui. Drago se retourna pour voir qui venait de déranger son moment de détente matinal, avant de voir que ce n'était que moi et de lever les yeux au ciel.
Je trouvai Potter, en simple bas de pyjama, assis sur une chaise de la dinette avec la petite Adélaïde dans les bras, la nourrissant au biberon. Mon meilleur ami, pour sa part, était en train de siroter un thé assis dans le salon, sur le divan-lit dont il n'avait pas l'air de plus utiliser qu'avant. Étrange... Je me promis intérieurement d'y repenser et d'essayer de ramener le sujet éventuellement avec Dray, ou même devant Potter.
Je m'approchai de l'autre Serpentard dans la pièce, qui me tournait maintenant le dos, ayant repris sa position précédente sur le sofa, prêt à mettre mon plan à exécution.
Souriant, j'offris la boîte au blond, qui ne voulut même pas y toucher. Il me connaissait trop bien. Je la forçai entre ses mains, lui qui avait déposé sa tasse de thé, l'obligeant à tenir le paquet.
- « Allez, Dray, ne fais pas ton timide! J'ai un beau cadeau pour toi. », dis-je, en menaçant à tout instant d'éclater de rire.
Mon ami me lança un dernier regard en soupirant, avant de poser celui-ci sur ce qui se trouvait entre ses mains et ouvrir la boîte à contrecœur, sachant pertinemment que son contenu n'était pas un incroyable cadeau comme je lui avais promis.
Sa réaction fut de toute beauté. Il avait les deux sourcils froncés, la bouche grande ouverte. Il regardait l'objet dans la boîte sans savoir ce qu'il était. Il voulut donc avoir une meilleure vue sur celui-ci. Il prit alors l'objet entre ses mains, réalisant peu à peu ce qu'il tenait. Potter, assis plus loin, se rapprocha, curieux. Adélaïde faillit lui glisser des bras lorsqu'il aperçut le contenu de la boîte. Heureusement pour l'adorable petite blondinette, il avait d'excellents réflexes d'Attrapeur. Il déglutit, les yeux ouverts grands comme des soucoupes, sous le choc.
Le visage désormais rouge à force de m'empêcher de m'esclaffer, ne pouvant plus retenir mon envie de pouffer de rire face à la situation et aux deux expressions choquées de mon binôme préféré, je laissai libre cours à mon hilarité, me penchant même en avant, riant à n'en plus finir.
- « Blaise... Si c'est un moulage de ta bite, ce n'est pas très réaliste... C'est même un peu trop long, on le sait tous les deux! », fit le blond, déconcerté, en faisant tourner le vibrateur entre ses mains, l'observant sous tous ses angles.
Le pauvre ne connaissait pas l'utilité de cet objet - les sorciers n'ayant pas accès aux jouets sexuels moldus pour combler leurs plaisirs et fantasmes. Nous utilisions des sorts qui activaient nos zones érogènes selon nos envies pour nous faire monter graduellement au septième ciel - j'étais un professionnel de ces dits sorts, et j'étais prêt à parier que mon meilleur ami en avait fait l'usage à de nombreuses reprises. Mais essayer quelque chose de nouveau, même moldu, ne pourrait que lui faire du bien!
Drago tournait l'objet de forme phallique entre ses mains. Il découvrit rapidement la présence de boutons sur l'appareil. Curieux comme jamais, sous le regard choqué de son coéquipier, il appuya sur la bosse, ne connaissant probablement pas sa fonction, et ne sachant sans doute pas que peser sur ce bouton activerait le mode "vibrations".
Au moment où son doigt enfonça la touche, le vibrateur commença - sans surprise pour moi, ni pour Potter, mais clairement une pour Dray - à vibrer. Drago cria et lança le gadget sexuel à travers la pièce, n'ayant pas prévu que celui-ci se mette à bouger. Le blond sauta sur ses deux pieds, prit sa baguette, les yeux grands ouverts fixés sur le faux-pénis rose qui se tortillait maintenant dans tous les sens sur le plancher de son appartement.
Il s'avança vers Potter et Adélaïde qui regardait, pour sa part, l'objet mouvant avec fascination, et plaça un bras protecteur devant ceux-ci.
- « Recule Potter! Par Salazar! Cet objet en forme de pénis est vivant! Je n'ai jamais vu ça! Qui sait s'il ne peut pas attaquer? Fais attention! », s'écria mon meilleur ami, un regard presque affolé sur le visage.
La réplique de Dray me coupa dans mon rire, mais que pour une seconde. C'en était trop, je ne m'attendais pas du tout à une telle réaction! Je ne pouvais à présent plus arrêter de rire, même Potter pouffa devant l'attitude apeurée, protectrice et excessive du prince des serpents.
Drago lança un Petrificus Totalus sur l'appareil - ironiquement le maléfice du saucisson - et nous regarda tous les deux, Potter et moi, ne comprenant pas tout de suite pourquoi nous trouvions la situation si hilarante.
Il s'attendait clairement à ce que nous l'acclamions de son bon comportement et son action rapide pour vaincre le mal - autrement dit, ce simple jouet sexuel rose en forme d'un sexe masculin. Le plus drôle c'était que le blond, lui, n'en savait rien. Il s'approcha donc lentement de l'objet maintenant inerte, encore sur ses gardes, commençant peu à peu à se remettre de ses émotions, sans doute à cause de mon rire et mon allure décontractée. Il savait que je pouvais lui faire de vilaines blagues, mais de là à le mettre lui et sa famille en danger? Non, c'était trop loin, et il savait que je n'irais jamais jusque-là. D'un autre côté, je ne sais pas ce qu'il lui ait passé par la tête pour qu'il pense qu'un pénis rose veule l'attaquer! C'en était complètement absurde et hilarant!
Reprenant le vibrateur en main, Drago fixa son coéquipier, qui était rouge jusqu'à la pointe des oreilles, s'imaginant sûrement quelques scénarios coquins en compagnie du blond. Devant mon fou rire, il savait que je n'allais jamais répondre aux mille et une questions qu'il avait.
- « Mais, sérieusement, pourquoi? Quel est le but de cette chose? Et pourquoi mon imbécile de meilleur ami a l'air de trouver la situation tellement amusante? C'est seulement un objet en forme de pénis. Ce n'est pas comme si c'est la première fois que je vois un pénis. On en a tous un, dans cette pièce, sauf Ada bien sûr. Je ne vois pas ce qu'il y a de si drôle. C'est juste complètement immature. », fit Drago qui n'avait toujours pas compris, ce qui me fit rire de plus belle.
J'étais plié en deux, incapable de formuler un mot, devant l'expression extrêmement malaisée du Gryffondor. Il prit une grande respiration, alors que Drago continuait de jouer avec le vibrateur entre ses mains, encore perplexe, le palpant curieusement, surpris par sa texture. Potter finit toutefois par lui répondre, sans doute pour tenter de passer par-dessus l'énorme malaise que j'avais fièrement créé.
- « Malefoy... Ce que tu tiens entre tes mains, c'est un vibrateur... »
- « J'avais compris pour cette partie: ça vibre! Mais sa fonction m'est toujours mystérieuse. Qui voudrait d'un objet en forme de pénis qui vibre? Si c'était un moule de pénis adéquat et ressemblant pour afficher comme bibelot par exemple, ça pouvait être bien, mais je ne comprends pas pourquoi ce bibelot de pénis doit vibrer... », le coupa aussitôt le blond.
- « S'il te plait, Malefoy, arrête de dire le mot...``pénis`` ... En fait... Hum... ce que tu tiens entre tes mains, c'est un vibrateur, comme un pénis... »
Le blond lui jeta un regard qui semblait vouloir dire: me prends-tu pour un imbécile?
- « C'est ce que je viens de dire. Je sais ce à quoi ressemble un pénis, Potter. Merci de la précision. »
Je ne pus m'empêcher de redoubler de rire devant l'innocence de mon meilleur ami - qui n'était pas très innocent à la base.
- « C'est comme un pénis, Malefoy! » , fit le brun, en appuyant sur le mot de comparaison et en évitant le regard du blond, les joues en feu.
Le blond porta le vibrateur au niveau de son regard, perplexe. Il glissa ses mains sur la longueur de l'objet, faisant déglutir Potter. Je pouvais sentir la tension sexuelle dans l'air. Le brun était décidément un petit coquin - en plus d'avoir un joli petit cul. À le voir, je pouvais clairement savoir que des fantasmes prenaient place à l'intérieur de sa tête. La bosse qui s'était formée devant ses pantalons n'aidait pas sa cause. Ma présence allait probablement contribuer à aider à amener ses rêves en réalité. Le pauvre Potter, qui était pris constamment avec la bombe sexuelle qu'était mon meilleur ami, devait être tellement frustré sexuellement.
- « Quoi? Bien sûr que c'est comme un pénis! », il regarda Potter comme s'il était un nargol, puis, d'un coup, ses yeux s'ouvrirent en grand et il les reposa sur le gadget, « Attends une seconde... », il fronça les sourcils, réalisant enfin, « Oh... Oh… Par les couilles de Salazard! », s'exclama Drago, dégoûté, en laissant tomber au sol le vibrateur.
Il tenta d'essuyer ses mains sur son chandail de pyjama en faisant toutes sortes de grimaces, alors que Potter se retourna, se dirigeant vers la cuisinette, dépassé par la situation - ou probablement trop allumé par celle-ci.
- « Beurk! Non, mais tu es dégueulasse Blaise! Je te connais! Tu as utilisé cet horrible objet et tu l'as foutu dans je-ne-sais-quel-trou et tu me l'as donné pour avoir le fou rire de ta vie! », m'insulta le blond.
Reprenant mon souffle après mon interminable moment d'hilarité, je m'approchai de mon meilleur ami, lui prenant la main devant son regard encore dégoûté, mais aussi maintenant confus et le tirai derrière moi.
- « Ne t'inquiète pas Dray, je n'ai foutu ce vibrateur dans aucun trou. Par contre, cela ne t'empêche pas de le mettre dans d'autres, comme celui-ci! », dis-je en terminant ma phrase en mordant ma lèvre du bas, souriant plus que jamais, et en plaçant la main du blond sur la fesse droite de son coéquipier. La main de Drago se referma automatiquement et peut-être involontairement - ce dont je doutais - contre la chair ferme du joli petit cul de Potter. Celui-ci se tendit aussitôt au contact.
- « Qu'est-ce que tu penses que tu fais Malefoy? », s'exclama soudainement le brun, en se retournant brusquement.
J'éclatai une nouvelle fois de rire devant la bouche et les yeux grands ouverts de Drago et l'expression choquée et un peu malaisée du brun. Les laissant sur ce glorieux moment, je m'empressai de sortir de leurs appartements, plié en deux.
Après tous ses fantasmes sur le joli petit cul de Potter, Drago méritait bien un peu d'encouragements...
PDV DRAGO
Après ce moment, je m'étais empressé de laisser Potter s'occuper d'Adélaïde. J'avais d'autres choses à faire que de gérer la situation dans laquelle mon imbécile de meilleur ami m'avait foutu. Sans un mot, je sortis de mes appartements, ne pouvant toujours pas croire que, quelques secondes plus tôt, je tenais le ferme fessier de mon coéquipier entre ma main. Un million de scénarios m'étaient venus en tête lors de ce dit moment plus qu'agréable - scénarios qui, je le sentais, allaient se retrouver dans mes rêves la nuit prochaine.
Je n'étais pas capable de sortir l'expression choquée de Potter de ma tête et encore moins celle du stupide Serpentard prit d'un fou rire incontrôlable qui s'était incrusté chez moi dans l'unique but de me faire passer pour un royal ignorant. Il allait regretter de s'être moqué de moi comme ça, surtout devant Potter. Je n'allais plus pouvoir regarder ce balafré en face, ma réputation était gâchée à tout jamais. Blaise allait devoir se cacher, car si je le trouvais, il allait repartir sans ses deux couilles, je pouvais lui promettre.
Heureusement pour moi, Potter ne m'avait pas retenu lors de mon départ. Même si son fessier avait toujours hanté plusieurs de mes fantasmes, je n'avais jamais pu m'imaginer un jour le tenir ainsi entre ma main. Je n'étais pas prêt à le revoir ni à avoir une discussion avec lui. À cause de Blaise, j'avais franchi une barrière invisible dans notre binôme qui venait de tout changer.
J'essayai de m'éloigner le plus possible de l'appartement et, ainsi, de Potter, sans vraiment avoir de destination en tête. Je flânai dans les couloirs pendant une bonne demi-heure, essayant sans succès de me changer les idées ainsi que l'envie folle d'aller reprendre le derrière de Potter et de lui faire vivre des heures et des heures de débauche sans fin.
Mes pas me guidèrent vers les appartements de Théo. Je fus surpris d'y trouver, devant ceux-ci, le basané, en pleine discussion avec mon deuxième meilleur ami. Je m'approchai discrètement pour essayer d'entendre ce qu'ils se racontaient. Je sursautai lorsque tous les deux commencèrent à rire. Ça ne me prit qu'une seconde pour déterminer le sujet de leur conversation, qui était, sans surprise, mon ignorance sur les jouets sexuels moldus et, au contraire, la connaissance de mon coéquipier sur ceux-ci, deux vérités qui avaient mené à un malaise haut en couleur.
Je me raclai la gorge, leur faisant savoir que j'étais présent. Leurs yeux se tournèrent vers moi et ils éclatèrent de rire simultanément. Théo essaya de dire quelque chose, mais il en était complètement incapable. Il ne pouvait cesser de pouffer de rire, ce qui me fit lever les yeux au ciel. Cette situation me dépassait.
- « Bon, arrêtez, par Merlin! Oui, je ne savais pas ce qu'était qu'un vibrateur. Oui, j'ai pris les fesses de Potter. Le monde n'a pas arrêté de tourner pour autant! », dis-je, irrité.
Théo me fixa un instant avant de pouffer une nouvelle fois de rire.
- « Tu... tu... tu as pris les fesses de Potter? Hé bien, Blaise, tu ne m'avais pas dit ça! », s'exclama-t-il.
Par Salazard, je ne pouvais pas me taire pour une fois? J'étais vraiment le pire des idiots.
- « Bah, pas besoin de te le raconter, notre très cher Drago était tellement fier d'avoir touché le précieux joli petit cul de Potter qu'il voulait nous le dire lui-même! », répondit Blaise avec un immense sourire aux lèvres, m'envoyant même un clin d'œil pour bien me sortir de mes gonds.
Je pris une grande inspiration, ne voulant surtout pas faire une fois de plus un fou de moi-même.
- « Je te signale que je ne ressens aucune fierté à avoir été obligé de toucher le fessier de Saint-Potter par un perfide coup monté de Zabini. »
- « C'est étrange, j'étais certain d'avoir vu ta main se fermer sur le joli petit cul de Potter et même le tripoter! »
Je rougis en repensant à mes actions involontaires. Voyant mon malaise, Théo eut la gentillesse de venir à ma rescousse. Lui était un bon ami, au moins.
- « Sinon, Daphnée et moi, ça ne va pas en s'améliorant. On n'a toujours pas baisé! On baisait tout le temps avant ce foutu projet. C'est comme si notre bébé m'avait volé toute ma libido, je suis en manque de sexe c'est horrible! Je ne veux pas retourner à utiliser ma main droite quand j'ai un magnifique corps chaud et prêt à m'accueillir qui dort à côté de moi tous les soirs. Je ne sais pas quoi penser de ce projet. J'aime mon enfant, je ne peux pas le nier, mais cette responsabilité et ce sentiment nouveaux ont tellement changé mon quotidien que j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de ma vie d'avant. Je sais que ça sonne abominable ce que je vais dire, mais je pense presque que j'aurais préféré que ça reste comme avant... »
Il eut un moment de silence où les paroles plutôt sombres de Théo prirent le temps de bien peser dans l'air.
- « Hé bien, Théo, j'espère que ce n'est pas trop lourd. C'est certain qu'on ne va pas vous voir en costumes thématiques à Halloween. Pansy et moi nous sommes partants pour des costumes en lien avec les félins. Elle est à croquer dans son joli ensemble de cuir avec deux petites oreilles de chats. J'ai bien hâte que vous la voyiez, vous allez baver quand elle va passer devant vous. Moi, je vais être déguisé en panthère. Une panthère noire. Il faut bien que je libère le chaton en moi! Roar! », fit Blaise, en imitant les mouvements de griffes d'un félin.
Je me retins de rire face à l'imitation étrange et très dévouée de mon ami. J'avais bien hâte de le voir dans son costume. J'étais excessivement soulagé de ne plus être le sujet au centre de la conversation.
- « Nous avons peu parlé d'Halloween... Et toi, Dray, en quoi vas-tu te déguiser? »
- « C'est un secret. Vous verrez le jour venu! », déclarai-je, avec un sourire narquois aux lèvres.
Les deux haussèrent les sourcils, curieux. Notre conversation se termina rapidement après cela. Comme l'heure des cours approchait, de nombreuses personnes commençaient à sortir de leurs appartements pour se diriger vers la Grande Salle pour déjeuner avant d'aller en classe. Je n'avais aucune envie que des oreilles indiscrètes écoutent nos sujets de conversations privés.
Je saluai mes deux amis et rentrai vers mes appartements afin d'aller chercher mon sac pour la journée. Malheureusement pour moi, mon coéquipier m'attendait et n'avait pas apprécié ma petite escapade matinale après le malaise qu'il pouvait facilement définir comme une fuite. Il ne fit pas de commentaires, puisqu'il ne restait plus beaucoup de temps avant les premiers cours. Il essaya tout de même de revenir sur l'évènement, mais je gardai le silence, en n'accordant ma précieuse attention qu'à ma fille, ignorant mon coéquipier. Je partis sans lui adresser un mot.
PDV HARRY
J'eus à peine le temps de déjeuner que je dus déjà aller en cours. J'avais été tant surpris des actions indécentes de Malefoy ce matin que je n'avais pas pu m'empêcher de l'attendre dans nos appartements, après sa fuite, dans l'espoir d'avoir des explications. Il m'avait pris le derrière, ce n'était pas rien!
Je ne savais pas quoi ressentir à propos de ce rapprochement. Sur le coup, j'avais été excessivement surpris et confus du geste de mon partenaire de binôme, mais maintenant, j'étais surtout troublé par ce que je ressentais et ce que mon corps me criait de faire. J'avais apprécié ce contact, j'en demandais d'autres. La forte poigne du blond semblait avoir été faite pour tenir mes fesses. Ses mains masculines, me possédant par une simple prise, avaient fait émerger des scénarios plutôt agréables dans ma tête.
La présence de Zabini ce matin avait été un rappel de calmer mes ardeurs devant un tel geste - qui m'avait troublé plus que j'étais prêt à me l'admettre. Je ne pus m'empêcher de m'imaginer que si c'était ce que Malefoy était prêt à faire devant Zabini, qu'allait-il faire la prochaine fois que nous allions être seuls?
Ça m'inquiétait un peu, mais je pouvais sentir en moi monter une anticipation grandissante et du désir brûlant. J'essayais de me convaincre que cette passion qui se propageait en moi n'était présente que parce que mon coéquipier était un homme avec un corps envié de tous - un fait que je ne pouvais nier, malheureusement - et non en raison de tous ces petits moments que l'on passait ensemble tous les deux où je pouvais enfin percevoir sa vraie nature sous son bouclier de glace qu'il portait depuis toujours. Je me promis de briser un jour ce masque. J'avais goûté à ce qu'était réellement Drago Lucius Malefoy. Malgré ce dont j'essayais de me convaincre, je voulais en avoir plus et je voulais l'avoir en entier.
Rares étaient ceux qui n'avaient jamais eu de fantasmes qui incluaient le blond qui me servait de coéquipier. Je sentais que ma nuit n'allait pas être reposante, maintenant que nous venions de franchir une nouvelle barrière dans notre intimité.
Je voulais ses mains sur mon corps. Je voulais qu'il m'empoigne par les fesses et me soulève contre un mur, son corps musclé contre le mien. Je voulais ses lèvres contre la peau de mon cou. Je voulais vérifier toutes les rumeurs que j'avais entendues à propos du blond. Était-il si bon au lit qu'il prétendait l'être? Je voulais voir nos limites, jusqu'où nous pouvions aller. Mon imagination était sans limites depuis l'incident de ce matin. Avait-il fait exprès? Le voulait-il ? J'étais à la fois surpris de ma réaction vis-à-vis le blond, et à la fois curieux. Extrêmement curieux. Je ne pouvais plus le nier,
- « Avez-vous besoin que j'ouvre une fenêtre, Mr. Potter ? Vous semblez avoir chaud. », fit soudainement McGonagall d'un ton sarcastique, attirant ainsi l'attention de tous, tournant toutes leurs têtes vers moi.
Elle avait raison. J'avais chaud. Je sentais mon visage se réchauffer sous les mille idées qui avaient envahies mon esprit en repensant à ce qui s'était passé le matin même. Heureusement pour moi, Malefoy était dans un autre cours et n'avait pas entendu la remarque presque moqueuse de McGonagall.
Je gardai mon regard bas, honteux d'avoir été pris en pleine fantaisie, et murmurai à ma professeure de continuer son cours.
L'heure suivante, lorsque Malefoy me tendit Adélaïde dans le couloir, je ne pus même pas croiser son regard tant les nombreux fantasmes que j'avais eus hantaient encore mon esprit. Je me dirigeai ensuite vers mon prochain cours, alors que le blond allait en Soins aux Créatures Magiques. En y réfléchissant, malgré les nombreuses crises de Malefoy pour ne pas amener Adélaïde à moins de cinq cents mètres des animaux dits « sauvages et dangereux », je n'avais jamais présenté ma petite princesse à Hagrid. Il allait bien falloir que je la lui montre un jour. Avec ou sans l'accord de Malefoy, j'allais emmener Adélaïde voir mon ami demi-géant - en, toutefois, attendant qu'elle soit un peu plus vieille pour être certain que son système immunitaire soit prêt à tout. J'avais tellement hâte qu'il la rencontre, j'étais certain qu'il allait la trouver adorable. Personne ne pouvait résister à la petite bouille d'ange d'Ada.
Au dîner, j'avais refoulé toutes mes pensées homo-érotiques au fond de mon esprit. Je pus dignement faire face à mon coéquipier sans trop m'imaginer des situations qui impliquaient beaucoup moins de vêtements et de gens. À la table des Gryffondors, Malefoy nourrit tranquillement Adélaïde, assise sur ses genoux. Le blond semblait s'être habitué à notre routine. Être assis entouré de Gryffondors ne le dérangeait plus autant. Il avait simplement appris à tous les ignorer, sauf, si j'avais de la chance, moi.
Je ne revins pas sur la conversation que je mourrais d'impatience d'avoir, sachant que le blond n'apprécierait pas que je parle d'un tel sujet sensible en présence de ses « ennemis ». Ma curiosité de savoir ce qui lui avait pris ce matin était, néanmoins, toujours présente.
Je le laissai partir à son avant-dernier cours avec notre fille, qui s'était endormie dans les bras de son père. Adélaïde contre une épaule et des sacs sur l'autre, Malefoy avait l'air d'un parent responsable et mature - ce qui ne me fit que le trouver plus séduisant qu'il ne l'était déjà.
À la fin de ce cours, je n'eus pas à attendre Malefoy comme je l'aurais pensé. En tapant impatiemment du pied, il m'attendait devant ma porte de classe. Il me passa rapidement Adélaïde, sans un mot - sans surprise -, avant de se précipiter vers son dernier cours.
Je comprenais son impatience en plus de son envie de s'éloigner le plus possible de moi pour ne pas que je débute une conversation remplie de malaises sur ce qui s'était passé en matinée. Alors que je le regardai s'éloigner, je me souvins qu'il m'avait dit la veille qu'il avait un match de Quidditch à la suite de son cours.
C'était l'un des premiers matchs de l'année scolaire : Serpentard contre Poufsouffle. Je pouvais voir, simplement dans son attitude, qu'il avait hâte de voler et qu'il était prêt à faire gagner son équipe pour la première fois cette année. Je mordis mes lèvres en le regardant se faufiler entre les nombreux élèves. J'avais autant envie que lui de monter un balai. Et, en songeant à ce qui m'avait tracassé toute la journée, mon Éclair de Feu n'était pas le seul que j'avais envie de monter...
oOo
Il pouvait être excessivement énervant des fois celui-là! Arg! Je n'avais pas que cela à faire de lui courir après! C'était si difficile de rester à son affaire? Non!
Adélaïde pleurait à chaudes larmes dans mes bras, la couche pleine. Comme le sac de couches n'était pas en ma possession, je ne pouvais cesser sa crise et la soulager de l'irritation qu'elle ressentait sur ses pauvres petites fesses.
Ce foutu Serpentard m'avait donné Ada sans son sac de couches et était parti en vitesse pour aller se préparer pour sa partie. Il ne m'avait même pas donné le temps de me rendre compte que je n'avais pas le nécessaire pour m'occuper de notre bébé! Il s'était sûrement confondu avec son sac de Quidditch et n'avait pas remarqué qu'il avait le sac d'Ada.
Je devais maintenant trouver Malefoy dans cette montagne d'élèves qui se déplaçaient tous vers les gradins. Même si les Gryffondors ne jouaient pas, la majorité d'entre eux se dirigeaient vers le stade pour observer la première partie de Quidditch de l'année scolaire et encourager leurs amis des autres maisons qui jouaient. Furieux et incapable de consoler Adélaïde, qui pleurait et se débattait dans mes bras, je suivis le flot d'élèves vers le stade, espérant croiser Malefoy avant la partie pour, au moins, pouvoir répondre aux besoins de ma fille.
- « Alors Harry, tu viens encourager Malefoy? », fit Hermione, en me rejoignant rapidement, trainant derrière elle Ron et Hugo, qui dormait profondément dans sa coquille malgré le bruit infernal qui l'entourait. Ce bébé était bien le fils de Ron.
En soupirant, je lui expliquai rapidement la situation. Elle arrêta alors ses insinuations et m'offrit de surveiller Ada jusqu'à ce que j'obtienne enfin l'objet de ma quête. Je lui passai doucement ma fille, dont les pleurs redoublèrent lorsqu'elle quitta la chaleur de mes bras. La situation me brisait le coeur. Ma pauvre petite fille!
Je jetai un dernier regard à ma princesse et mes amis avant de rebrousser chemin, me dirigeant cette fois-ci vers les vestiaires de Quidditch où devait se cacher mon satané coéquipier.
- « Harry! N'oublie pas de donner un baiser de bonne chance à Malefoy! », me cria Hermione, morte de rire, alors que je tentais de me faufiler à travers l'énorme foule d'élèves et de professeurs.
Pardon? Est-ce qu'Hermione venait tout juste de me souhaiter bonne chance pour BAISER Malefoy!? Quoi?
J'observai incrédule ma meilleure amie qui, devant ma confusion répéta son message en plaçant ses mains des deux côtés de sa bouche pour créer un porte-voix afin que je puisse bien entendre ce qu'elle voulait me dire.
Bien sûr, tous les gens se tournèrent vers moi pour me dévisager et apprécier la honte que je vivais en ce moment. Merci encore, Mione, commentais-je intérieurement avec sarcasme. Au moins, elle n'avait pas dit ce que je pensais. Pourtant, qu'est-ce qui me prouvait que personne d'autre n'avait pensé comme moi?
Quelques rires sur mon passage me prouvèrent mon hypothèse. Je secouai la tête pour arrêter de m'inventer toutes sortes d'histoires. Je continuai à jouer du coude pour essayer de me diriger tant bien que mal à travers le flot d'élèves vers mon coéquipier. Ma frustration n'avait qu'augmentée.
J'arrivai en quelques minutes devant la porte des vestiaires de l'équipe de Serpentard de Quidditch. Je pris mon courage à deux mains et ouvris la porte en grand avant de m'entraîner à l'intérieur.
Ça ne prit pas beaucoup de temps avant que les Serpentards présents me remarquent. Après tout, j'étais le seul en uniforme de Gryffondor, contrairement aux autres qui portaient tous fièrement leurs habits de Quidditch de Serpentard ou qui étaient en train de les mettre...
Mon cerveau cessa toutes pensées cohérentes lorsque j'aperçus enfin Malefoy. Cependant, lui ne m'avait pas encore vu. J'en profitai pour le détailler du regard. Son uniforme de Quidditch, impeccable et presque brillant, lui allait comme un gant, moulant chacun de ses muscles. Il avait tout le nécessaire pour bien remplir son uniforme, me laissant voir la courbe de son derrière ferme, qui me donnait envie de faire la même chose qu'il m'avait faite le matin même.
Il n'avait pas encore mis ses protège-genoux et protège-coudes, ni ses gants, ni sa cape, laissant voir le magnifique contraste entre sa peau blanchâtre et son uniforme de Quidditch vert Serpentard. Ses cheveux étaient légèrement ébouriffés, me laissant percevoir son excitation et son impatience d'aller voler. Il était simplement magnifique, l'adrénaline coulant déjà dans ses veines, prêt à aller gagner ce match.
Pour une fois, j'espérais vraiment qu'il gagne. Je savais à quel point il allait être heureux et fier. Même si j'allais en entendre parler pendant des jours, je savais que son sourire allait en valoir la peine. Échanger des regards haineux à chaque occasion, j'en avais assez. Le voir sourire était une image beaucoup plus plaisante et enivrante.
- « Joli petit cul! Ferme ta bouche, tu vas donner envie à Dray de la remplir! », m'accueillit Blaise en riant, tournant, une fois de plus, tous les regards sur moi - y compris celui du blond que je dévorais du regard depuis un moment.
Mon visage rougi à la vitesse d'un éclair. Son regard d'acier se leva pour rencontrer le mien. Une pointe de questionnement pouvait être perçue dans ses yeux, malgré qu'il tentait si bien de le cacher.
Il sourit en coin, expression que je connaissais si bien, celle qu'il prenait juste avant de me lancer une réplique acerbe - aucunement comme celui qu'il pouvait si souvent montrer devant Ada et, si j'étais chanceux, devant moi.
Il s'approcha lentement vers moi, aussi lentement qu'un prédateur qui s'approche de sa proie, les yeux fixant le sol. Le silence régnait maintenant dans les vestiaires, ses coéquipiers de Serpentards excessivement intéressés de savoir ce que leur prince allait faire.
Malefoy s'arrêta à une bonne dizaine de centimètres de moi, avant de relever tranquillement son regard vers ma personne, me faisant peu à peu perdre tous mes repères. Je déglutis sous le poids de son regard et sa proximité. Son odeur mentholée enveloppa aussitôt mes sens.
J'oubliai complètement tous les autres Serpentards qui nous entouraient. Il n'y avait plus que lui. Ma respiration se bloqua dans ma gorge et mon coeur manqua un battement avant de se mettre à battre de plus en plus fort. Il me fixa une seconde avant de se mordre la lèvre du bas et me lancer en un souffle un:
- « En même temps, ce n'est pas comme s'il était capable de me prendre au complet en bouche. »
Je n'eus même pas le temps de profiter - en un certain sens - de la honte qu'il venait de m'infliger qu'une pensée surgit dans ma tête : celle de lui prouver le contraire. Il y avait bien des choses que mon coéquipier de binôme ne savait pas sur moi.
Décidant d'entrer dans son petit jeu, j'arquai les sourcils et me mordillai la lèvre inférieure. Autour de nous, des rires se firent entendre, mais je n'y portais pas attention. Je comblai les quelques centimètres entre nous et levai ma main vers son visage. Malefoy crut sûrement que j'allais le frapper. Il recula donc instinctivement sa tête vers l'arrière.
Ses deux yeux s'écarquillèrent lorsque je posai doucement ma paume contre la courbe de sa joue. Sa peau était aussi douce qu'elle en avait l'air et étrangement chaude - et non froide comme son tempérament si souvent glacial.
- « Es-tu absolument certain que je ne suis pas capable de te donner la fellation de ta vie, mon cher? », chuchotai-je presque, juste assez fort pour que tous les gens présents puissent entendre ce que je venais de dire.
Mon coéquipier hoqueta de surprise face à ma réplique et à notre proximité. Le voir aussi perdu et démuni allumait quelque chose en moi: une chaleur indescriptible qui grandissait et qui menaçait de s'échapper à tout moment.
Pour encore plus troubler mon coéquipier, je descendis mon pouce vers son menton et caressai avec une lenteur sans pareille ses lèvres pulpeuses, les entre-ouvrant légèrement, me permettant de réaliser en même temps à quel point son souffle était court, tout comme le mien.
- « Ah oui! Parce que vous avez déjà essayé? Dray, tu ne m'avais pas raconté ça! », interrompit Blaise, mort de rire, comme la plupart des autres coéquipiers de l'équipe de Quidditch de Serpentard.
Réalisant soudainement que nous n'étions pas seuls, je retirai ma main rapidement, comme si je venais de me brûler. En même temps, Malefoy était tellement chaud dans son uniforme de Quidditch que ça aurait pu être possible. Mais qu'est-ce qui m'avait pris? Foutues hormones et foutu Malefoy avec son uniforme moulant!
En se reculant, le blond jeta un regard noir vers son meilleur ami et les autres Serpentards qui se moquaient presque de lui. Les rires se turent assez vite, à l'exception de celui de Blaise.
Mon regard parcourut la pièce, voulant éviter ceux des Verts et Argents présents. Je vis alors le fruit de ma quête. Le maudit sac que j'étais venu chercher était à quelques pas de moi sur un des bancs dans le vestiaire. Je m'en approchais d'un coup, ignorant le blond, et l'empoignant de ma main droite. Furieux de m'être fait prendre au jeu par le Serpentard blond, ce qui m'avait fait oublier pendant un instant ma fille qui avait tant besoin de moi, je me dirigeai vers la porte, sans ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit.
- « Potter! Tu pars sans lui donner un baiser de bonne chance? », me lança Blaise alors que je franchissais la porte.
C'était quoi toute cette histoire de baisers de bonne chance? Nous n'étions même pas en couple, pour l'amour de Merlin!
J'en avais assez de tous ces commentaires! L'envie d'embrasser Malefoy était présente en moi, mais jamais je n'allais la mettre à exécution. Des fantasmes n'étaient que des fantasmes, et je n'appréciais pas que les miens soient exposés au grand jour - même si je doutais que tout le monde connût mon envie de plaquer le blond contre un mur et de lui faire des choses pas très catholiques. Ça m'enrageait, et j'avais d'autres choses à faire que de répliquer aux idiots qui insinuaient que Malefoy et moi étions en couple par le simple fait que nous élevions un bébé ensemble.
Je ne me retournai même pas à sa réplique et offrit un doigt d'honneur à Zabini, qui éclata de rire aussitôt. Derrière lui, Malefoy s'autorisa un petit ricanement devant ma colère.
- « Pas tout de suite, Potter, tu vois bien que j'ai un match de Quidditch à gagner! », répondit mon coéquipier face à mon doigt d'honneur, qui voulait littéralement dire d'aller se faire foutre.
Je soupirai devant sa stupidité en sortant des vestiaires. Je me dépêchai d'aller rejoindre mes amis et ma fille, pour pouvoir enfin changer sa couche. Heureusement pour moi, la partie allait commencer dans une quinzaine de minutes et la plupart des spectateurs étaient déjà installés.
J'arrivai en vitesse dans les gradins et montai dans ceux de Gryffondors. Je ne mis pas longtemps avant de trouver mes deux meilleurs amis, leur petit et ma fille. Celle-ci était étrangement calme, calée dans les bras d'Hermione qui la berçait tendrement. Je pris place à côté de la brunette pour être le plus près d'Adélaïde pour pouvoir éventuellement changer sa couche sale.
J'ouvris la bouche pour saluer mes amis, mais je me fis couper Hermione qui commença à parler à une vitesse incroyable:
- « Harry! Ne me dis pas que tu as vu Malefoy tout nu? En fait, oui, si tu l'as vu, j'aimerais bien que tu me le dises. », j'essayai de l'interrompre pour lui dire que non, je n'avais pas vu mon coéquipier à poil, aujourd'hui - toutefois, ce n'était pas l'envie qui manquait et je ne pouvais nier que je ne l'avais pas déjà vu -, mais la Gryffondor repartit sur d'autres théories aussi farfelues les unes que les autres, « Oh! J'y pense, ce n'est pas grave si tu n'as pas vu Malefoy nu aujourd'hui, vous vivez ensemble, tu as sûrement déjà aperçu ou entre-aperçu son sexe! Ou bien même, au moins, quelques centimètres de peau! », Ron hoqueta un ''Quoi?'', mais Hermione continua sur sa lancée, « Dis-moi, est-ce qu'il en a un gros? Quelque chose qui pourrait bien te combler. »
J'étais certain que ma meilleure amie aurait continué à parler et à me harceler de questions si son petit-ami ne s'était pas levé d'un coup en la regardant complètement abasourdi par ses propos en lançant un flot de paroles incompréhensibles, signe de son irritabilité et stupéfaction.
Il fut vite interrompu par ma fille qui se mit à geindre devant tant de bruits. J'indiquai à Hermione de me la passer afin de je puisse enfin aller changer sa couche avant le début du match, mais elle me regarda d'un air étrange.
- « Voyons Harry! Tu ne pensais tout de même pas que j'allais laisser cette pauvre enfant tout ce temps dans une couche sale! », riposta-t-elle.
J'aurais pu attendre que Malefoy revienne avec le sac et ainsi m'éviter toute cette mésaventure dans les vestiaires de Serpentard en prenant simplement une des couches d'Hugo dans le sac de mes amis. La brunette me regardait innocemment, mais je pouvais voir la malice dans ses yeux et à quel point le fait que j'étais allé voir mon coéquipier qui se changeait l'inspirait grandement.
Je me tournai vers le terrain en soupirant. J'avais besoin d'une pause de tout ce qui entourait le projet-bébé, à l'exception du bébé. Malgré tout ce qu'Adélaïde pouvait me faire endurer, je ne pourrais jamais me séparer d'elle, elle était ma chair et mon sang - et d'autres composantes de plantes et bien sûr des gènes de mon coéquipier aussi - et je l'aimais du plus profond de mon coeur. Mais parfois, Malefoy pouvait tellement m'énerver! Et j'avais vraiment besoin d'une pause de toutes les remarques dont j'étais la victime quotidiennement.
Nous attendîmes qu'une quinzaine de minutes avant que les joueurs de Poufsouffle et ceux de Serpentard, dont mon coéquipier et son ami basané, défilèrent sur le terrain, déjà sur leurs balais. Malgré ma précédente colère, mon regard était fixé sur le blond, qui faisait gracieusement quelques tours de terrain pour s'échauffer.
Mme Bibine arriva à pied au milieu du terrain en tenant entre ses deux mains la boîte contenant les balles du jeu, entourée par les joueurs placés en cercle à quelques mètres de hauteur d'elle. La professeure ouvrit le coffre et les deux Cognards ainsi que le Vif d'or en sortirent. Elle prit le Souaffle entre ses mains, se positionna parfaitement au centre du stade et lança la balle dans les airs, faisant, par conséquent, commencer la partie. L'ambiance dans les gradins était festive.
D'un coup, tous les joueurs commencèrent à bouger. Les Poursuiveurs fonçant tous vers le Souaffle qui venait d'être lancé, les Batteurs zigzaguant vers les Cognards pour essayer de déstabiliser les joueurs adverses et protéger les leurs et les deux Attrapeurs - un certain Summerby pour Poufsouffle et celui de Serpentard que je connaissais plutôt bien - montèrent dans les airs à la recherche d'une petite balle dorée, brillante et volante.
Le Quidditch m'avait tant manqué que ça ne me prit pas longtemps avant d'entrer dans l'ambiance du jeu. Mes réflexes d'Attrapeur prirent le dessus et je cherchai, en même temps que les deux attrapeurs, le Vif d'or du regard.
Au-dessus du terrain, Zacharias Smith s'empara du Souaffle juste sous le nez de Zabini qui, lui aussi étant Poursuiveur, se mis à accélérer pour rattraper le joueur de Poufsouffle. L'unique Souaffle se faisait lancer de tous bords, tous côtés, traversant de près l'un des six cerceaux qui servaient de buts sur le terrain, bien protégés par leur gardien respectif.
Smith envoya le Souaffle à Cadwallader, un autre des trois Poursuiveurs de son équipe, mais le ballon n'arriva jamais à destination. Cadwallader fut obligé de changer de trajectoire à la dernière seconde, recevant presque un Cognard envoyé par Goyle en pleine tête. Voyant les deux Cognards se promener et être frappés un peu partout, une légère crainte s'insinua en moi...
Mon regard se porta vers mon coéquipier de binôme. Il avait les deux joues légèrement rouges à cause de la température fraîche. Ses sourcils étaient légèrement froncés par la concentration. Ses prunelles d'acier fixaient le terrain de long en large. J'eus soudainement peur que quelque chose lui arrive. Un Cognard pouvait le heurter, il pouvait tomber de son balai ou un autre joueur pouvait même l'attaquer.
L'observant de plus près, je reconnus tout de même sa stratégie principale : fixer l'autre Attrapeur tout en surveillant le terrain. Malefoy était plus le genre de personne qui laissait les autres faire tous les efforts à sa place et qui réclamait ensuite les gains. Donc, dans ce cas-ci, laisser l'autre Attrapeur trouver le Vif d'Or et l'attraper en premier.
L'équipe de Serpentard marqua un but, provoquant une excitation générale dans les gradins. Quelques minutes plus tard, les Poufsouffles répliquèrent, mais le Souaffle fut intercepté par le gardien de l'équipe des Verts et Argents. Ni Malefoy, ni Summerby n'avaient vu le Vif d'or pour le moment.
Je gardai l'oeil ouvert pour trouver la petite balle dorée, mes réflexes d'Attrapeur se manifestant sans même que je m'en rende compte. Alors que je scannais du regard le terrain, les spectateurs furent pris d'un nouvel élan de joie alors que l'équipe de Poufsouffle marqua deux buts d'affilés, amenant le pointage total du match à 70-90 en faveur des Verts et Argents.
Pendant que les joueurs des deux équipes redoublèrent d'ardeur pour faire gagner leur équipe respective, je remarquai que l'attention du père de ma fille venait d'être attirée par quelque chose. À quelques mètres de lui volait une petite balle dorée.
En un claquement de doigts, Malefoy se propulsa vers l'avant, les cheveux balayés vers l'arrière en raison du vent. Summerby ne prit pas de temps à remarquer le changement d'attitude de la part de l'attrapeur de Serpentard et partit à sa poursuite en un élan.
Autour d'eux, le jeu s'intensifiait, le Souaffle et les Cognards se promenant partout, mais les deux Attrapeurs ne s'occupaient pas de ces autres balles, une seule leur importait. Ils avaient repéré le Vif d'or et chacun ferait tout pour être le premier à l'attraper, et ainsi, remporter la partie.
Malefoy, sur son nouveau Nimbus, piquait à travers le terrain, suivant de près le Vif d'or qui changeait de direction à tout moment, l'autre Attrapeur lui collant toujours aux fesses.
La foule, réalisant que le résultat du match dépendait de celui qui allait attraper la petite balle dorée, criait et encourageait les deux joueurs. Les Serpentards scandaient le nom de mon coéquipier pour montrer leur support. L'euphorie de la foule m'envahit petit à petit. Je me retenus de peu pour scander le nom du blond à mon tour. Assise sur mes genoux, Adélaïde semblait elle aussi dans un état festif, un grand sourire sur les lèvres. J'embrassai doucement le dessus de sa tête et reportai mon attention sur Malefoy, qui tenait en haleine la foule avec sa poursuite exaltante.
Je crus même percevoir un petit sourire satisfait sur les lèvres du blond qui entendait son nom être crié par tous - ou, du moins, par les élèves de sa maison.
Voyant que le Vif remontait en altitude, Malefoy fit de même. Gardant toujours l'oeil sur la petite boule dorée, il exécuta une boucle sur lui-même dans les airs ce qui rendit tous ses supporters complètement fous et euphoriques. Mon coeur fit un bon dans ma poitrine devant la figure de vol.
Malefoy savait parfaitement comment voler, l'air était pratiquement son élément. Il semblait si léger et comblé là-haut. Il me donnait envie de voler en sa compagnie, de jouer contre lui. L'adrénaline d'une poursuite pour attraper le Vif d'or me manquait terriblement. Sous les acclamations de la foule, Malefoy prit de la vitesse.
Ses doigts effleurèrent la balle dorée, qui s'échappa rapidement en plongeant vers le sol. Malefoy la suivit aussitôt, effectuant une manœuvre dangereuse en piquant rapidement au sol, ce qui me fit retenir mon souffle pendant une seconde. Les Serpentards acclamèrent l'audace de leur Attrapeur.
Il allait réussir, il était si près de son objectif. Son air à la fois amusé et concentré fit monter une chaleur dans mon visage. Il était magnifique à voir. Rien ne pouvait l'arrêter. L'attrapeur de Poufsouffle n'avait aucune chance devant la détermination et le courage de mon coéquipier. Pour l'une des premières fois de ma vie, j'espérais vraiment qu'il allait attraper le Vif.
Il ne jeta même pas un coup d'oeil vers Summerby qui était derrière lui. Il fonça tout droit vers l'objet qu'il devait attraper, déterminé à gagner sa première partie de Quidditch de l'année.
Après quelques minutes de voltige et de stress pour les gens dans les gradins, Malefoy tendit rapidement la main vers l'avant. D'un coup, sa paume se referma sur le précieux Vif.
Un petit "oui" s'échappa involontairement de mes lèvres, mais personne, heureusement, ne sembla l'entendre. Les cris de bonheur et de fierté des Serpentards couvraient tous les autres bruits.
Le sourire jusqu'aux oreilles, Malefoy leva son poing dans lequel le Vif d'or était prisonnier. Il cria qu'il avait attrapé celui-ci pour s'assurer que tout le monde le sache, même si c'était assez évident avec tous les Serpentards qui criaient et sautaient partout.
- « Le Vif d'or a été attrapé par Malefoy, ce qui met fin à la première partie de Quidditch de l'année. Félicitations à tous les joueurs et toutes mes félicitations à l'équipe de Serpentard qui remportent ce match avec un pointage de 240 points contre 70 pour Poufsouffle! On se reverra bientôt pour le premier match de Gryffondor qui affrontera Serdaigle! Bonne chance à tous! », déclara mon cher directeur Dumbledore avec l'aide du sort Sonorus pour augmenter les décibels de sa voix.
Après la fin officielle de cette mémorable partie, les gradins se vidèrent petits à petits. Le chaos euphorique des conversations des spectateurs m'étourdit un peu. J'attendis que la plupart des étudiants aient quitté le stade avant de partir à mon tour, tenant Adélaïde contre ma hanche droite et ses sacs, ainsi que sa coquille dans ma main gauche.
J'eus à peine le temps de saluer mes deux meilleurs amis et leur bébé que je me fis presque mener de force par une Serpentard qui venait tout juste d'apparaître à côté de moi et que je commençais à bien connaître. Parkinson ne me laissa pas une seconde pour me plaindre qu'elle m'entraîna vers le terrain de Quidditch où tous les joueurs se serraient la main pour témoigner de leur respect vis-à-vis l'équipe adverse.
J'essayai tant bien que mal de la suivre. Elle se faufilait à travers tous les élèves sans difficulté en me guidant sans lâcher mon bras. Je la suivis, n'ayant pas vraiment le choix. Nous dévalâmes sur le terrain, nous approchant des joueurs de Serpentard - ceux de Poufsouffle, les ayant déjà félicités, étaient partis de leur côté pour aller se changer et retrouver leurs pairs.
Parkinson lâcha enfin son emprise sur moi pour aller sauter dans les bras de son petit copain, Blaise Zabini. Elle le couvrit de baisers, ce qui le fit rire aux éclats. Il embrassa sa copine encore plus passionnément. Ils étaient vraiment mignons tous les deux - ou devrais-je dire, tous les trois, puisque Zabini venait de sortir le petit Axel de sa coquille et de le prendre dans l'un de ses bras, l'autre enroulé autour de la taille de sa petite-amie. Dans les bras du basané, la Serpentard se pâmait gaiement de la magnifique performance de son petit-ami et de la victoire de sa maison.
J'observai autour de moi et réalisai que tous les élèves, autres que les joueurs de Quidditch, sur le terrain étaient tous les copains ou copines des dits joueurs. J'étais certain que mes joues prenaient peu à peu une couleur légèrement rosée, malgré le fait que j'essayais sans succès de conserver une allure stoïque. Je ne me sentis, en un instant, pas du tout à ma place. Inconsciemment, mon regard dévia sur un certain blond encore dans son uniforme de Quidditch.
Des gouttes de sueur perlaient sur son front et un grand sourire illuminait son visage, pour une fois, si détendu. Mon coeur manqua un battement devant son masque de glace complètement fondu. L'un de ses coéquipiers lui donna un léger coup de coude et il se tourna vers moi. Il remarqua rapidement que je le regardais. Lorsqu'il posa son regard sur moi, je lui répondis avec un petit sourire pour le féliciter silencieusement de sa victoire. Il semblait réellement étonné de ma présence. Le rouge lui monta aux joues. Ses pommettes rosées étaient accentuées par la pâleur de sa peau, ce qui me fit réaliser que je ne l'avais jamais vraiment vu autant rougir. Malefoy cligna des yeux à quelques reprises, comme pour s'assurer que je lui souriais vraiment. Lorsqu'il sembla le réaliser enfin, il baissa d'un coup les yeux.
Je fronçai les sourcils. Je ne m'attendais pas à cette réaction de la part de mon coéquipier. Il soutenait toujours mon regard, et ce n'était habituellement pas lui qui baissait les yeux durant nos quasi-combats visuels. J'avais peut-être fait quelque chose de mal? Pourtant, je ne lui avais que souri. Je fus tenté de me rapprocher de lui, pour le lui demander, mais je me retins. Trop d'yeux étaient posés sur ma personne. J'avais assez été le centre de l'attention pour la journée.
Mon regard ne lâcha pas Malefoy alors qu'il se dirigea vers la sortie sans un mot. Zabini le remarqua et lui demanda où il allait. Mon coéquipier lui répondit qu'il allait se laver et se changer - réponse qui fit hausser les épaules au meilleur ami du blond qui reporta prestement son attention sur la brunette dans ses bras. Les démarcations d'affection des deux meilleurs amis de mon coéquipier me firent réfléchir.
Peut-être Malefoy avait-il interprété ma présence sur le terrain après la partie comme une déclaration de ma part du fait absurde que je nous identifiais en tant que "couple"? Ce que je ne pensais aucunement!
Les joues encore rouges, je décidai de rentrer vers mes appartements avec Adélaïde. Malefoy allait nous rejoindre lorsqu'il allait avoir terminé de se changer.
Je nourris tranquillement Adélaïde en terminant mes devoirs. Il commençait à se faire tard, dans quelques heures, j'allais aller la coucher.
Je finis rapidement mes dix centimètres de parchemin pour mon cours de Potions le lendemain. J'espérais ne pas avoir fait trop d'erreurs et écris n'importe quoi pour, qu'ensuite, mon coéquipier se moque encore de moi s'il le voyait. À part pour les grattements de plume sur le papier et les gazouillements d'Ada, l'appartement était silencieux. Toujours aucune trace de Malefoy.
Il prenait vraiment son temps pour se changer et revenir aux appartements. Quoi que, le connaissant, le blond était probablement en train de prendre une très longue douche en suivant sa routine avec ses multiples shampoings, gels douche, savons et exfoliants.
J'avais hâte à son retour. Je voulais le féliciter pour son excellente performance durant le match. Il mettait la barre haute pour les attentes des prochaines parties pour les autres Attrapeurs. Il était surement très fier de lui-même, avec raison. Je m'installai dans l'espace salon de mes appartements pour jouer avec ma fille, qui attendait aussi impatiemment que moi le retour de son autre père.
Malefoy entra soudainement dans l'appartement, un grand sourire encore aux lèvres. Sa joie fut contagieuse et je ne pus empêcher un sourire d'illuminer mon visage en le voyant.
Il s'approcha d'Adélaïde qui était calée dans mes bras. En conservant, cette fois-ci, mon regard, il déposa un petit baiser sur le front de notre fille qui gazouilla et leva ses petits bras et mains en l'air en le reconnaissant. Il caressa la main tendue d'Ada, ses yeux maintenant rivés sur elle. Il ne me dit pas un seul mot. Si je n'avais pas brisé le silence qui régnait dans la pièce à cette seconde près, je ne pense pas qu'il l'aurait fait.
- « Félicitations Malefoy. Tu étais magnifique à regarder sur ton balai ce soir. », je déglutis et rougis à ces paroles qui sortaient de ma bouche sans que je m'en rendre compte, « Je suis certain qu'Ada est très fière de son papa... »
Dans mes bras, Ada lâcha un gazouillement, comme pour approuver mes mots. Un éclat de joie fit briller les pupilles grises de Malefoy, comme si, malgré leur teinte neutre, elles représentaient, à ce moment présent, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Je fus attiré par cette lumière qui traversait si rarement ses prunelles et réalisai que je pourrais si facilement me perdre dans cet océan argenté qui m'inspirait étrangement confiance et quelque chose d'autre que j'étais incapable de nommer. Mon coeur résonnait dans mes oreilles. Le silence régna un instant dans l'appartement, me laissant quelques secondes pour peser l'impact de mes mots. Je baisai les yeux, mon regard s'arrêtant sur les lèvres roses du blond qui s'étaient étirées en un doux sourire qui fit monter une chaleur dans mon être. Nous étions si proches que je pouvais sentir l'odeur de ses dizaines de produits qui se complétaient parfaitement.
La bouche de Malefoy s'entrouvrit, comme une invitation, et je faillis faire quelque chose que j'allais regretter. Le blond m'en empêcha en m'adressant la parole pour me répondre avec un simple mot qui me fit chaud au coeur.
- « Merci. », murmura-t-il, en un souffle.
Je reçus sa réponse comme une surprise. Il avait l'air sincère. Mon compliment, qui était très simple, me donna l'impression que je venais de lui offrir la lune. Je ne savais pas s'il était au courant qu'un grand sourire s'étalait sur son visage. Il avait l'air si heureux que je me promis intérieurement de le complimenter plus souvent - mais, seulement lorsqu'il le méritait vraiment, son ego était déjà assez enflé comme ça et personne ne savait comment il allait réagir.
Le regard du blond se perdit dans le décor. Je fronçai les sourcils. Quelque chose semblait le tracasser. Il avait l'air en plein dilemme mental. Je laissai un silence tomber dans l'appartement. Il finit par relever les yeux vers moi. Une lueur qui m'était inconnue semblait briller dans ceux-ci.
- « Pour fêter la victoire, il y a une fête organisée dans la Salle sur Demande... Il y aura bien des élèves… Majoritairement de Serpentards, car ce sont eux qui ont planifié l'évènement, mais plusieurs autres aussi. » , fit soudainement Malefoy, d'un ton timide qui ne lui ressemblait pas du tout.
Il allait encore me laisser passer la soirée seul avec Adélaïde. Elle avait deux parents, pas seulement un. Il devait vraiment cesser de me prendre pour une simple baby-sitter attitrée pour garder notre fille dans les moments où il désirait aller faire la fête. Moi aussi j'avais envie de faire la fête, et je ne la faisais jamais, parce que Malefoy sortait toujours, en oubliant ses responsabilités vis-à-vis notre fille. Toutefois, je pouvais comprendre la raison pour laquelle il voulait aller à cette fête-ci: son équipe venait de gagner le premier match de Quidditch de l'année à cause de lui. Au moins, songeais-je, pour une fois, je savais où il allait disparaître pendant quelques heures.
- « Tu devrais y aller, après tout, tu viens de gagner ton premier match de Quidditch, tu le mérites. », lui dis-je sincèrement.
Je ne savais pas d'où tous ces mots provenaient, ni la raison pour laquelle je ressentais le besoin de faire plaisir à mon soi-disant ennemi juré, mais je le voulais tout simplement. Je n'avais pas d'explications à ce soudain sentiment pour le moment. De toute façon, je ne croyais pas en avoir besoin, je faisais juste preuve de gentillesse. J'avais entièrement le droit de traiter mon coéquipier de manière respectueuse et amicale, malgré notre passé tumultueux. Ça faisait du bien de dire quelque chose à Malefoy et ne pas s'attendre à entendre une réplique cinglante tout de suite après. Cette complicité - qui, à mon avis, allait se transformer en début d'amitié bien vite - était si agréable après toutes ces années passées à s'insulter et à se battre.
- « Je ne veux pas te laisser seul avec Ada. », me répondit-il.
Il ne voulait pas me laisser seul avec Ada? Ce n'était pas le contraire d'habitude? Combien de fois m'avait-il laissé seul avec notre fille alors qu'il sortait sans se soucier une seule seconde de ce que je ressentais ?
Je dus le dévisager sans m'en rendre compte puisqu'il crut utile d'ajouter:
- « Je n'irais pas sans toi. », termina-t-il, le regard ferme et déterminé.
Je restai bouche bée. Je ne savais pas du tout quoi répondre. Est-ce que le blond venait de m'inviter à la fête? Ou parlait-il d'Ada? Un léger sentiment au plus profond de mon âme souhaitait qu'il voulût que je vienne avec lui, mais un brin de réalité me fit reprendre mes esprits. Draco Malefoy n'allait jamais au grand jamais m'inviter à aller à un évènement quelconque avec lui.
- « Je n'irais pas sans toi, Potter. »
Mon coeur manqua un battement. Pendant quelques secondes, je ne sus quoi répondre, les yeux complètement ronds, fixant ardemment le Vert et Argent qui avait l'air d'attendre impatiemment ma réponse. Son regard se fit plus pressant. Il se racla la gorge. Je repris rapidement mes esprits.
- « Je ne vais... », Malefoy fronça les sourcils lorsque je commençai ma phrase qui ne sembla pas, étrangement, être la réponse qu'il souhaitait, car la lueur de bonheur que je croyais avoir aperçue dans son regard semblait se dissiper. Ce simple point de douleur que je crus percevoir dans ses deux prunelles acier me firent changer d'idée sans même que je ne puisse y réfléchir deux secondes.
- « Mais... Ada? On ne peut pas l'amener à une fête! », dis-je en guise d'excuse. J'avais appris à apprécier la présence du blond, et aller à une fête en sa compagnie me dérangeait peu, mais je n'avais pas oublié mes responsabilités vis-à-vis notre fille, qui avait besoin d'une constante surveillance.
Le blond me jeta un air qui semblait vouloir dire « oh, vraiment, Potter? ». Il me fixa de son regard d'acier. Ses yeux rencontrèrent les miens et ne les lâchèrent pas. La force de son regard me fit baisser la tête. Je me mordillai la lèvre inférieure alors qu'une idée traversa mon cerveau.
- « Hermione pourrait garder Ada? », Malefoy grimaça au nom de ma meilleure amie, « Elle s'était déjà portée volontaire. Je suis certain qu'elle serait ravie de prendre soin de notre fille. »
Malefoy sembla peser mentalement les avantages et désavantages à laisser Adélaïde seule avec ma brunette préférée. Il soupira, puis ouvrit la bouche, ayant finalement pris une décision.
- « C'est réglé alors! Tu m'accompagnes à la soirée. Va te préparer! Et pour l'amour de Merlin, va prendre une douche, tu sens le chien mouillé », répondit le blond avant de me prendre notre fille des bras et de se diriger vers notre chambre pour faire un sac pour Adélaïde puisqu'elle allait passer la soirée hors de sa maison.
Je levai les yeux à sa remarque exagérée, mais me dirigeai tout de même vers la salle de bain pour aller me laver. Je ne sentais pas « le chien mouillé », comme l'affirmait mon coéquipier, mais une bonne douche chaude n'allait pas me faire de mal.
L'eau chaude dégoulinant sur mon corps m'apaisait et me fit oublier tous mes soucis. J'essayai de faire le vide dans ma tête, mais une certaine personne n'arrêtait inexplicablement pas d'apparaître à chaque fois que je fermais les paupières. Comme dans un rayon de lumière éclatant, je pouvais voir sa chevelure blonde presque blanche, ses hautes pommettes, sa mâchoire carrée, son nez juste assez retroussé, ses lèvres invitantes et ses deux yeux d'un gris d'acier qui faisait penser à la couleur de certains aimants et qui étaient tout autant attirants.
Ça allait être la toute première fois que nous allions passer du temps ensemble sans la présence de notre fille. Je savais que le blond allait agir différemment que lorsque Adélaïde était présente, mais une petite partie de moi espérait tout de même qu'il allait rester celui que j'avais appris à connaître dans l'intimité de nos appartements. Mon coeur ne pouvait s'empêcher de s'emballer. Décidément, cette sortie avec Malefoy m'affectait plus que je ne l'aurais cru.
Alors que je venais de fermer l'eau de la douche, je crus entendre mon coéquipier parler à notre fille. Il faisait souvent ça lorsqu'il avait l'impression d'être seul avec elle. Je trouvais ça absolument trop adorable. Je sortis de la douche, des gouttes d'eau coulant encore sur mon torse. J'attrapai une serviette que je m'enroulai aussitôt autour de la taille. En passant une main dans mes cheveux humides pour tenter de les mettre un peu en ordre, je m'approchai de la porte qui séparait les deux pièces. Je portais une oreille attentive, avide de savoir les secrets que murmurait le blond à Adélaïde.
- « Ma belle Ada, ton papa a gagné le match de Quidditch tout à l'heure, as-tu vu? Papa a gagné le match juste pour toi! Parce que tu es la plus belle, la plus adorable, des petites filles du monde et tu mérites que Papa gagne tous les matchs de Quidditch juste pour toi. Es-tu fière de ton papa, mon ange? », entendis-je, à travers la porte de bois.
Mon coeur fondit devant les paroles du blond. Il ne dirait jamais cela à Adélaïde s'il savait que je pouvais l'entendre. Ça m'attristait un peu de savoir qu'il était incapable de se montrer tel qu'il était vraiment en ma compagnie. Il pouvait être tellement aimant lorsqu'il laissait tomber son masque de glace et d'indifférence. Ses actions démontraient à quel point il était un père dévoué qui aimait profondément notre fille, malgré tout.
Je continuai de l'écouter, sa voix douce me faisant sourire. Je me sentais un peu coupable de l'espionner en quelque sorte, mais ma curiosité avait pris possession de moi. C'était son moment avec notre petite et ce n'était qu'avec elle qu'il le partageait. Je le comprenais tout à fait, faisant de même, mais en même temps, je souhaitais pouvoir aussi être là avec les deux et dire aussi des beaux petits mots. Au plus profond de moi, je voulais que nous devenions une vraie famille, sans aucune gêne entre Malefoy et moi. Cette idée me faisait rêver.
Je me séchai rapidement, enfilai mes sous-vêtements, mes pantalons bordeaux et ma chemise blanche à motifs bleu marin. Pour une fois que je ne portais pas l'uniforme de l'école, j'avais fait un petit effort pour bien paraître. Je laissai la chemise hors de mes pantalons, après tout, je n'allais pas en cours et je ne croyais pas qu'une tenue de soirée était obligatoire pour la fête.
En sortant, je remarquai que Malefoy s'était lui aussi changé. Je ne pus m'empêcher de le fixer.
Il portait un chandail blanc froid qui descendait dans en "v" sur ses omoplates, laissant voir un peu de son torse. Sa peau pâle, presque du même blanc que son chandail, faisait ressortir doucement celui-ci. Par-dessus son chandail, il avait enfilé un cardigan vert très foncé où sur les manches étaient placées, au-dessus de ses coudes, deux lignes blanches, lui donnant un certain style distingué. Il portait encore une des couleurs de sa maison. Il allait, après tout, à un rassemblement de Serpentards, il se devait bien de porter celles-ci. À bien y penser, il était rare que les vêtements du blond ne soient pas des teintes de sa maison. Plusieurs personnes pouvaient porter la couleur verte sans pour autant être resplendissant, mais la couleur semblait avoir était faite pour être portée par mon coéquipier. Ces couleurs lui allaient ridiculement bien, faisant ressortir son teint pâle, ses magnifiques yeux et ses cheveux blonds.
Mes yeux descendirent sur le corps du blond, notant chaque détail de sa tenue - et surtout le fait que ladite tenue lui allait à merveille. Pour terminer l'ensemble, il portait des jeans noirs serrés qui moulaient très bien tout ce qui pouvait l'être et une de ses nombreuses montres sorcières de marques - celles-ci pouvant lui montrer toutes sortes de choses autres que la simple heure. Le blond savait définitivement comment bien s'habiller. Existait-il quelque chose capable de ne pas faire ressortir sa beauté digne d'un Dieu grec?
Malefoy leva les yeux vers moi - je crus presque qu'il allait me lancer un petit sourire, mais son visage resta de marbre. Par contre, encore une fois, ses prunelles semblaient briller pour moi. Je remarquai fièrement tout de même la légère couleur rose qui avait colorée ses joues en me voyant. Mon coeur se mit à battre démentiellement dans ma poitrine. Sans s'en rendre compte, il venait de me confirmer que je l'affectais. J'avais fait un effort pour bien paraître, mais cette rougeur sur ses joues avait augmenté ma confiance en moi. Nous restâmes quelques secondes à se fixer, détaillant l'autre du regard. Après tout, c'était la première soirée à laquelle nous allions tous les deux, ensemble.
Finalement, il se leva, sans dire un mot, avant de se diriger vers la sortie. Je le suivis jusqu'à la porte de la chambre, puis celle d'entrée qui menait au corridor. Le prince des serpents sortit avec la coquille d'Ada dans les bras et moi à ses talons.
Alors que nous nous dirigeâmes vers les appartements de mes deux meilleurs amis, je croisai les doigts pour qu'ils nous accordent ce grand service. J'espérais vraiment ne pas les déranger, même si je savais éperdument que ça n'allait que faire plaisir à Hermione - elle qui attendait le moment où Malefoy et moi allions passer du temps que tous les deux. Elle voulait réellement que nous nous rapprochions, car selon elle, nous possédions une alchimie hors du commun. Mon amie nous imaginait déjà en couple, et si auparavant cette pensée me faisait grincer des dents, en ce moment, je ne pouvais m'empêcher d'avoir la même idée. Ça ne devait pas être si mal être la copine ou le copain de Drago Malefoy, non? pensai-je.
Comme nous marchions en silence, mon esprit eut le temps d'imaginer mille et une hypothèses sur le futur déroulement de la soirée. Nerveux, je jouais avec la sangle du sac que mon coéquipier avait préparé pour combler les besoins de notre fille lorsqu'elle allait passer la soirée avec mes amis. Je devais me l'avouer, j'étais étonné que le blond ait accepté que des Gryffondors surveillent Adélaïde, sans ajouter que c'était d'Hermione Granger et Ron Weasley dont il était question. En plus, ça allait être la toute première fois que nous allions être séparés de notre fille. J'anticipais la soirée pour deux raisons. La première, qui fit monter une boule d'anxiété dans ma gorge, était que j'allais la passer seul avec mon coéquipier - je ne savais pas du tout comment réagir à ce fait -, alors que la deuxième, qui augmentait mon malaise, était le fait que ma petite fille allait être sans la surveillance et la protection de ses parents. Une peur se faufilait en moi. Personne ne savait si elle n'allait pas être malheureuse de ne pas avoir ni Malefoy ni moi en sa compagnie. Elle était si jeune et j'avais peur que quelque chose lui arrive en compagnie de Ron et Hermione - ce qui était ridicule puisqu'il s'agissait des deux personnes à qui je faisais le plus confiance au monde. C'était un risque à prendre et, de toute façon, d'un jour ou l'autre nous aurions été obligés de faire face à cette situation.
Arrivés devant les appartements de Ron et Hermione, je pris mon courage de Gryffondors à deux mains et toquai faiblement, devant le regard indifférent du blond. Je dus cogner une autre fois avant que quelqu'un ne m'ouvre.
Hermione m'ouvrit la porte en me saluant en bâillant. Ignorant mon coéquipier, qui fixait le mur devant lui, en silence, clairement inconfortable, je saluai ma meilleure amie. Je m'approchai d'Hermione pour l'enlacer et lui expliquai brièvement la situation: nous avions besoin d'une gardienne pour Adélaïde ce soir, car Malefoy allait à une sortie avec...
- « Pardon? », me coupa la brunette, les yeux grands ouverts, « Vous allez tous les deux à une soirée? », elle sautilla un peu sur elle-même, un gros sourire maintenant sur les lèvres, ce qui m'embarrassa au plus haut point, « Alors si c'est pour que vous passiez une belle petite soirée ensembles, aucun problème Harry, je prendrai bien soin de votre petite avec plaisir! »
Elle s'approcha donc de Malefoy pour qu'il lui donne la coquille où Ada dormait qu'il tenait, mais il était figé sur place. Son regard était sur la brunette et il semblait presque dégoûté.
Hermione soupira et lui enleva le porte-bébé de force des bras avant de dire:
- « Ce ne doit pas être la première fois que tu vois une femme en pyjama Malefoy. Bon, j'avoue, je ne porte qu'un long chandail délavé et pas de soutien-gorge, mais j'en ai tout à fait le droit, donc arrête de me regarder comme si j'étais une bête de cirque si c'est trop choquant pour toi. Salut! »
La brunette ferma la porte juste avant de me dire, en me lançant un clin d'oeil, de bien en profiter à la fête avec Malefoy et qu'elle allait dire à Ron que j'étais passé. Je la remerciai rapidement de prendre soin de ma fille. Ce ne fut pas long avant que mon coéquipier et moi-même partîmes en direction de la Salle sur Demande. En silence, je suivis le blond dans le labyrinthe des couloirs de notre école.
Tout le long du trajet vers la Salle sur Demande, je sentais une petite boule de stress grossir dans mon estomac. Je lançais des petits regards furtifs vers mon coéquipier pour essayer de déceler une once de préoccupation dans son visage, mais c'était peine perdue, le blond portait son masque froid et insensible et personne ne pouvait savoir ce qu'il cachait derrière. J'espérais vraiment que son masque allait disparaître au cours de la soirée, car sinon, celle-ci allait être interminable.
Je stressais légèrement parce que je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Je ne savais pas qui allait être là, à l'exception d'un bon nombre de serpents. Je n'avais aucune idée de ce que nous allions faire ou même s'il y avait quelque chose de prévu. Mais, par-dessus tout, je ne connaissais pas les intentions de mon coéquipier.
Sur le coup, lorsqu'il m'avait demandé de l'accompagner, j'avais presque tout de suite accepté. Je n'avais jamais vu de telles émotions dans les yeux de Malefoy ou de quiconque, elles ne pouvaient qu'être réelles, du moins, je l'espérais. Ces sentiments qui avaient relui dans ses deux iris pouvaient tout aussi bien être un des nombreux jeux que jouait le Prince des Serpentards avec moi dans ses temps libres. Une partie de moi ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il m'avait invité à passer la soirée avec lui que pour se moquer de moi. Je croyais pourtant que nous avions passé par-dessus toutes ses années de chamailleries incessantes, mais qui sait, il n'était peut-être pas du même avis.
Toutes ces pensées négatives commençaient vraiment à me bouleverser. J'étais même rendu à penser à faire demi-tour et de ne plus parler à ce satané de belette. Mais une autre partie de moi voulait presque m'accrocher à lui pour voir, une autre fois, ce petit sourire si rare et vrai que j'avais déjà eu la chance de voir. J'espérais vraiment qu'il était sincère. Je voulais aussi me perdre dans ses yeux qui pouvaient briller de bonheur et qui s'ouvraient si rarement à moi. Je ne savais plus du tout quoi penser, tant que je m'arrêtai de marcher pour me prendre la tête dans les mains et réfléchir à la vitesse de l'éclair.
Malefoy fit quelques pas encore vers sa destination, sans se rendre compte que je ne le suivais plus. Cependant, d'un coup, ayant pris ma décision, je m'avançais rapidement vers lui et lui empoigna le bras pour le faire tourner vers moi pour qu'il me fasse face. J'avais besoin de savoir. Je ne pouvais plus me baser sur des espoirs qui étaient peut-être faux. Il sursauta sur le coup et me lança un regard froid et confus qui avait, pour l'écart d'une seconde, semblé inquiet.
Ne lui laissant pas le temps de réagir, je divulguai tout ce que je voulais lui dire d'un ton dur pour qu'il comprenne la gravité de la situation et de mes incertitudes:
- « Sérieusement, j'espère vraiment que tu ne m'emmènes pas à cette fête seulement pour te moquer de moi, ça serait ton genre, non? Parce que si tu te fous de ma gueule, Drago Malefoy, tu vas le regretter. »
En lui révélant mes inquiétudes, sur un ton de voix beaucoup plus rude, sec et fort que je ne l'aurais cru, je réalisai que je sonnais comme si je l'attaquais. Malgré que je susse que Malefoy allait prendre ce commentaire très mal, je tins ma part et attendis sa réponse - ou sa révolte, au choix. J'espérais tout de même ne pas débuter une querelle qui allait affecter notre futur, car nous venions tout juste de développer une complicité.
À ma plus grande surprise, le blond ne fit que baisser les yeux et respirer un grand coup. En rouvrant ses paupières, ses prunelles gris sombre me transpercèrent du regard. Je hoquetai presque de surprise comme à chaque fois que Malefoy me regardait de cette façon. C'était comme s'il me dénudait de son simple regard et je ne pouvais nier qu'une partie de moi en demandait encore plus.
- « Potter, je viens de passer pour le plus grand idiot à te demander de m'accompagner à cet évènement, ne sachant aucunement comment tu allais réagir, en plus d'avoir laissé notre fille entre les mains d'une personne en qui je n'ai aucunement confiance. Penses-tu vraiment que tout cela n'est qu'un gros spectacle? Je n'ai pas juste ça à faire... Peut-être que j'ai juste vraiment et littéralement souhaité que tu viennes avec moi au party, qui sait? », c'est vrai? Il veut vraiment passer du temps seul avec moi?, pensai-je, « Je ne vais pas te dire que je voulais absolument que tu te pointes avec moi, de toute façon, tu ne me croirais sûrement pas, mais dis-toi au moins que je pense à Adélaïde, car elle mérite de vivre avec des parents qui sont capables de vivre sans commencer à s'insulter n'importe quand sur n'importe quoi. Cette soirée est un début. Tu peux continuer à me détester si tu veux, mais pour Ada, et pour notre santé mentale, essayons de se tolérer et de s'entendre un minimum. », termina Malefoy en reprenant son souffle après sa longue tirade.
Je lâchai son bras et passai ma main dans mes cheveux, soudain légèrement mal à l'aise, mais tout de même étrangement soulagé. Je dus me forcer pour ne pas sourire devant ses paroles. Mon esprit se mit à tourner à mille à l'heure. Je n'étais pas le seul à vouloir une complicité avec le blond. Pour le moment, j'étais simplement heureux, Malefoy voulait que je vienne avec lui à la fête; c'était tout ce que je voulais savoir.
Il me lança un autre coup d'oeil en levant un sourcil, attendant une réponse. Je haussai les épaules et lui répondis avec un petit: « Allons-y. », avant de le dépasser et de continuer notre chemin. Le blond me rejoignit en quelques pas et nous arrivâmes rapidement à notre destination.
En passant devant le mur de la Salle sur Demande, personne n'aurait pu s'imaginer qu'une fête avait présentement lieu de l'autre côté. Seuls dans le corridor, l'atmosphère qui nous entourait était presque magique. Encore honteux d'avoir eu des inquiétudes vis-à-vis les intentions de mon coéquipier, je gardai le silence pendant que nous passâmes trois fois devant le mur. Une porte apparut aussitôt. Malefoy prit l'initiative de l'ouvrir, avant de me faire signe de la main de passer devant lui. Je me mordillai la lèvre devant ce geste inattendu et galant de sa part.
Une forte musique se fit tout de suite entendre lorsque nous entrâmes dans la pièce. Je fus encore une fois étonné par la magie de la Salle sur Demande. La grande salle, remplie pleine à craquer d'étudiants, était plongée dans une semi-pénombre, qui me rappela aussitôt les boîtes de nuit moldues. Dans un coin, un bar qui étincelait sous la lumière des projecteurs était aménagé, alors que contre le mur opposé, plusieurs divans et fauteuils prenaient place. Je reconnus d'un coup plusieurs élèves de Serpentards, ainsi que quelques Pouffsouffles et Serdaigles éparpillés un peu partout dans la pièce. À ma plus grande surprise, j'aperçus aussi quelques étudiants de la maison des Rouges et Or. Suivant le rythme de la musique, certains dansaient déjà, un verre en main. L'ambiance était libre et festive. La vue des corps qui bougeaient d'une manière presque sensuelle entre eux, sans se soucier une seule seconde des différences de leurs maisons, me fit sourire. Malefoy et moi allions nous terminer ainsi après quelques verres? Qui sait ce que j'allais faire sous l'influence de la boisson? Cette pensée me fit un peu peur, mais voyant tous les gens autour de moi qui s'amusaient, je voulus aussi faire de même.
Même si j'étais un peu inquiet d'avoir laissé notre fille seule, la soirée semblait en valoir la peine. J'allais m'amuser et profiter une peu de la vie ce soir, c'était certain.
À peine nous fûmes entrés que notre présence fut remarquée. Zabini, Parkinson et Nott s'approchèrent de nous. Le trio semblait déjà avoir pris un bon nombre de verres.
- « Notre champion est arrivé! », clama aussitôt le basané en nous accueillant.
De nombreux élèves se tournèrent vers nous et félicitèrent le blond sous un concert d'acclamations et de sifflements. Un sourire effleura les lèvres de Malefoy et sa poitrine se gonfla de fierté. Zabini se précipita vers lui et le serra dans ses bras, euphorique. Il me jeta ensuite un regard avant de me faire un clin d'oeil. Sa petite-amie remarqua alors en même temps ma présence.
- « Par Merlin! Il a amené un rencard! Un reeeencaaaard! Un très sexy rencard en plus! », cria hystériquement Parkinson, un grand sourire aux lèvres en sautillant, excitée.
Les yeux de tous se tournèrent encore vers nous et je crus entendre quelques rires, alors que mes joues tournèrent inconsciemment au rouge. Pourquoi est-ce que tout le monde assumait que le blond et moi étions plus que des partenaires de binôme?
- « Non... nous ne sommes pas... », commença le blond, en dévisageant son ami.
- « Vermont! », le coupa Zabini, en s'adressant à un élève, probablement de sixième ou cinquième année, qui dansait avec ses amis près de nous, « Va chercher un verre pour mon champion et son rencard Joli Petit Cul. »
L'élève concerné cessa de danser et obéit sur-le-champ sans questionner l'autorité du Serpentard. Le pouvoir qu'avaient les membres de la cour du Prince des Serpentards sur les autres élèves plus jeunes me troublait, mais je l'oubliai assez vite, déterminé à avoir du plaisir ce soir.
Le basané passa ses bras derrière nos dos et nous amena vers le centre de la pièce. Nott et Parkinson nous suivirent, riant aux éclats pour une raison que j'ignorais. Les élèves se déplaçaient sur notre passage, nous laissant passer. Nous reçûmes plusieurs regards curieux. Pour une fois, ça ne me dérangeait pas. J'en avais assez et j'avais décidé de les ignorer ce soir. À quoi bon s'en faire des jugements des autres? L'important était que je m'amuse et que rien ni personne ne m'en empêche.
Au milieu de la salle, Zabini nous lâcha - en n'oubliant pas de me prendre une fesse au passage, il était réellement obsédé par mon fessier, c'en était perturbant. Devant mon visage surpris, il éclata de rire. Le basané attrapa ensuite les mains de sa petite-amie et commença à danser avec elle. Nott les accompagna, en prenant par la taille la première jeune fille qu'il aperçut et en dansant d'une manière extrêmement sensuelle contre celle-ci.
Vermont revint avec deux grands verres de punch pour mon coéquipier et moi-même. Je pris aussitôt l'un des verres et remercia gentiment l'étudiant, qui devint rouge comme une tomate. Le blond lâcha un petit rire avant de prendre à son tour son verre. Il me surprit en s'approchant de moi. Il posa l'une de ses mains sur mon épaule et en fixa intensément Vermont jusqu'à ce que celui-ci aille retrouver sa bande d'amis.
Le blond approcha ensuite sa bouche de mon oreille. Un frisson me passa à travers le corps. Mes sens étaient submergés par la forte musique, la foule envahissante et la proximité du corps musclé de Malefoy.
- « Que la fête commence! », me murmura-t-il, d'un ton espiègle, avant de boire une gorgée de son verre de punch et de commencer à remuer au rythme de la musique.
Je lâchai un éclat de rire, soudainement euphorique, avant d'imiter mon coéquipier. Le punch était simplement délicieux d'un goût exotique d'oranges, d'ananas et de lime. Je pouvais toutefois m'imaginer que ce mélange était traître puisqu'il ne goûtait pas l'alcool, mais qu'il devait sans surprise en contenir. J'oubliai lentement mes soucis, alors que je me laissais emporter par l'ambiance de la fête, mon verre se vidant petit à petit. J'étais simplement bien, là, à danser en compagnie de Malefoy et de ses amis. De temps en temps, même si mon verre de punch était encore rempli, un jeune étudiant passait nous offrir des shooters, que nous acceptions allégrement. Je finis lentement mon verre de punch en dansant, presque chaque gorgée entrecoupée d'un de ces shooters.
Voyant soudainement que mon verre de punch était vide, Malefoy ordonna à un élève d'aller en chercher d'autres. Je ne remarquai même pas que l'élève était revenu avant que le blond me tende un verre. Surpris, je remerciai le blond et finis en quelques gorgées ce nouveau verre. Pour une fois, je me sentais libre. Je me remis bien vite à danser. Je pouvais sentir sur moi le poids du regard du blond, amusé par mon attitude. Un élan me prit soudainement et je lui fis une grimace. Le blond éclata de rire et m'offrit de nouveau un verre. Il était vraiment discret lorsqu'il demandait aux autres de nous fournir en alcool. Je l'obligeai à trinquer ce verre, me rappelant aussitôt les superstitions moldues.
- « Malefoy, il faut que tu me regardes dans les yeux quand on trinque nos verres! Sinon, c'est sept ans de mauvais sexe! Et je ne veux pas ça! Non, non, non! », fis-je, sentant très bien l'alcool dans mon organisme faire petit à petit son effet et m'empêcher bien rapidement d'avoir un filtre dans ce que je disais.
Le blond me fixa drôlement, se demandant sûrement d'où je sortais toutes ces conneries.
- « C'est une tradition moldue! Mais ce n'est pas grave! Je ne veux pas prendre de chances! Allez, trinque ton verre avec le mien! », lui ordonnais-je, très sérieux.
Le regard acier du blond plongea dans le mien et je mordillai ma lèvre inférieure. Son verre cogna doucement contre le mien. J'étais maintenant assuré de passer des bons moments au lit pour les sept prochaines années, la question, par contre était: avec qui?
Mon esprit commençait à être engourdi par la boisson. Ça ne m'empêcha aucunement de finir mon verre sans lâcher des yeux le blond. Celui-ci était relativement près de moi et j'avais une folle envie de danser avec lui comme dansaient Zabini et Parkinson, un peu plus loin. Je refoulai rapidement cette envie, me contentant simplement de le dévorer du regard et de profiter du moment. Le blond dansait si bien! La tentation devenait trop forte. Je fermai les yeux, tentant vainement d'oublier la présence de mon coéquipier, et de ses stupides yeux métalliques, et de son stupide torse musclé moulé par ses vêtements qui lui allait à merveille, et de son fessier qu'il trémoussait sensuellement, et de ... Les yeux fermés, envahi par la musique, je savais qu'il était incapable de me lâcher lui aussi des yeux. Pour le provoquer, j'osai quelques mouvements de hanches, sur le rythme de la musique, ayant de plus en plus chaud. Soudain, son ami basané vint nous voir.
- « Les gars! Pansy se porte volontaire pour qu'on fasse des bodyshots sur elle! Vous êtes obligés de venir! », annonça-t-il, enthousiasme.
Je fixai le basané avant d'éclater de rire. Mais à quel genre de fête absurde étais-je? Pourquoi les Gryffondors n'avaient-ils jamais fait de telles fêtes après un match de Quidditch?
Coupant court à mes questionnements intérieurs, le blond me prit alors l'avant-bras et me traîna à travers la foule en suivant son ami. Près du bar, un petit groupe de gens s'attroupait, tous excité et déjà bien ivre. Assise sur le comptoir du bar, Parkinson tenait sa poitrine entre ses mains, n'ayant ni son chandail ni son soutien-gorge. Des dizaines de verres à shooters prenaient place autour d'elle. Je manquai de m'étouffer en la voyant. Les fêtes des Serpentards étaient réellement complètement folles et déjantées.
Malefoy me traîna en file en riant. Ça faisait du bien de le voir ainsi libre et joyeux.
Curieux, j'observai Zabini prendre le premier shooter entre la poitrine de sa petite-amie. Ayant bu le petit verre, il laissa une trainée de baisers de la poitrine de Parkinson jusque dans son cou avant de l'embrasser fougueusement sur les lèvres. Il lui fit ensuite un clin d'oeil avant de laisser la place au suivant. Je ne regardais pas le spectacle, occupé à fixer mon coéquipier qui était mort de rire et qui continuait de danser en attendant son tour. Sous la lumière des projecteurs, il avait l'air d'un ange tentateur, un ange qui incitait au pêché.
Rapidement, ce fut à son tour. Mon regard ne le quitta pas lorsqu'il prit, entre ses dents, le petit verre rempli de whiskey d'entre les seins de sa meilleure amie. D'un mouvement de tête, il envoya le contenu du verre au fond de sa gorge. Je me mordillai la lèvre devant la sensualité avec laquelle il effectuait chaque action. Il posa ensuite le verre sur le comptoir et plaqua un gros baiser sur la joue de la brunette qui gloussa de bonheur. Le blond s'approcha de moi et posa sa main sur mon épaule, m'incitant à y aller. C'était à mon tour. Un sourire aux lèvres, Malefoy avança à mes côtés et plaça lui-même le shooter entre la poitrine de Parkinson. Malgré le fait que je n'étais pas attiré envers la gent féminine, je pouvais voir l'érotisme de la situation. Je descendis lentement ma tête contre la poitrine de la Serpentard, les yeux rivés sur le blond qui m'observait curieusement. Je pris le verre entre mes dents et avala son contenu. L'alcool coula dans ma gorge, me réchauffant à l'intérieur.
- « Potter, tu sembles prêt pour une deuxième ronde! Dray, monte sur le comptoir avec moi! », proclama d'un coup la brunette.
Le blond la regarda un instant, les sourcils arqués de surprise. Il tenta de murmurer une excuse, mais finit tout de même par s'asseoir aux côtés de sa meilleure amie sur le comptoir du bar. J'étais si enivré par l'alcool que j'observai la situation, indifférent. Parkinson lâcha soudainement sa poitrine, offrant la vue de sa quasi-nudité à tous. Elle poussa l'épaule du blond, qui tomba aussitôt par-derrière, à moitié allongé sur le comptoir du bar, tenant sur ses coudes. Elle me fit signe avec son doigt d'approcher, ce que je fis, comme hypnotisé par sa confiance et son audace, mes yeux ne pouvant pas quitter le blond allongé dans une position si soumise.
Parkinson me fit un sourire avant de remplir un verre à shooter de whiskey et de le poser au-dessus de l'entrejambe du blond. Elle releva ensuite son regard vers moi, comme pour me mettre au défi.
- « Chéri, où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir!», m'encouragea-t-elle, radieuse.
Je m'approchai encore plus du bar et me plaçai entre les jambes de Malefoy. Je le vis déglutir, sa pomme d'Adam se mouvait doucement et me donnant une folle envie d'aller y poser mes lèvres. Je me concentrai plutôt sur le petit verre de vitre posé sous la boucle de la ceinture du jean noir du blond. Comme son pantalon était excessivement moulant, je pouvais apercevoir la bosse qui en ornait le devant. Je haussai les sourcils, soudainement amusés. D'un coup, il n'y avait plus que Malefoy et moi. La présence de tous les autres ne m'importait pas.
Je posai mes mains sur les hanches du blond qui se soulevèrent d'elle-même sous mon contact. Je pouvais voir la respiration du blond par son ventre plat qui se soulevait et descendait à une vitesse folle. Dans sa petite chute, son chandail s'était relevé, ce qui me laissait voir quelques centimètres de peau où prenait place un fin duvet blond sur son bas-ventre. Je m'autorisai un sourire devant la vue excitante et descendit tranquillement ma tête. Les jambes du blond vinrent se croiser derrière mes hanches, m'emprisonnant contre le bar, et par la même occasion, contre lui. Je croisai le regard d'acier du blond. J'y lus de la stupéfaction et de la fascination, ainsi que quelque chose qui me semblait être de la convoitise. Mes lèvres effleurèrent le bord du verre. Ma respiration se fit sentir contre la peau nue de son bas-ventre. Le blond se mordilla la lèvre, ses jambes se resserrant encore plus contre mes hanches. Je profitai du moment encore un peu avant de saisir le verre entre mes dents. Mes pouces contre les hanches de Malefoy caressèrent doucement sa peau nue et chaude.
Je me relevai lentement, le verre entre les dents et fit descendre l'alcool d'un coup de tête vers l'arrière. Je lâchai ensuite les hanches du blond pour retirer le verre de ma bouche. Je jetai un coup d'oeil à Malefoy. Ses joues étaient adorablement roses et sa respiration était courte. J'avais eu cet effet sur lui. Je lui souris de plus belle. Il se releva précautionneusement du comptoir, ses jambes toujours entourées autour de moi. Lorsqu'il fut complètement assis, nous restâmes une seconde à se fixer les yeux dans les yeux. Son regard tomba sur mes lèvres avant de retourner se plonger dans mes prunelles. J'eus soudainement vraiment chaud.
- « Wow... Ça, c'était un bodyshot! Est-ce que je suis la seule qui a chaud? Ouf! », nous interrompit Pansy, en admiration. Heureusement, elle avait remis son soutien-gorge ainsi que son chandail.
Les jambes de Malefoy se délièrent aussitôt, me libérant de son emprise. Il tourna sa tête vers sa meilleure amie, hargneux. Je me reculai rapidement du bar, les joues rouges, venant juste de réaliser ce que je venais de faire. L'alcool me fit tourner la tête et je faillis tomber. En quelques secondes, Malefoy descendit du comptoir et vint me soutenir.
- « Potter, tu devrais peut-être arrêter l'alcool pendant un moment... Et si tu allais boire un verre d'eau? », me proposa-t-il, l'air inquiet.
Je ne fis que hocher la tête, étourdi et maladroit en raison de toute la boisson que j'avais ingérée. Malefoy m'amena dans un coin où il me fit apparaître de l'eau dans un verre vide. Il me le tendit et me força à le boire.
Une jeune Serdaigle que j'avais déjà aperçue quelque part vint le voir pour lui parler. Je réalisai avec stupeur qu'il s'agissait d'Arianne, que j'avais déjà surpris dans mes appartements, dans mon lit, avec mon coéquipier. Piaillant en se tenant au bras du blond, elle me rendit vraiment mal à l'aise. Cette fille avait clairement un problème. À ma grande surprise, le blond se mit à lui chuchoter à l'oreille. Bien vite, je me sentis de trop. Ma présence les importunait clairement. Je décidai donc d'aller explorer la salle, à la recherche de visages familiers.
Je sirotais tranquillement mon verre d'eau en regardant les alentours lorsque Zabini me sauta presque dessus. Je savais qu'il me parlait - sa bouche bougeait -, mais je ne comprenais rien de ce qu'il disait, principalement parce que la musique était excessivement forte et qu'il n'était tout simplement incapable d'articuler étant saoul. Je réussis cependant à comprendre que "Dray", autrement dit Malefoy, me cherchait. Le Serpentard pompette me traîna alors jusqu'à l'une des aires composées de sofas dans la pièce, sûrement là où se cachait mon coéquipier qui aurait très bien pu venir me chercher lui-même.
Nous arrivâmes dans le cercle de divans et Zabini me prit par les épaules pour que je sois parfaitement devant lui. Je tentai de me défaire de son emprise, troublé, mais sa poigne était trop forte, malgré son ivresse. Il commença à avancer, me faisant marcher maladroitement à reculons, risquant de me faire trébucher à tout moment. Après quelques pas, il s'arrêta enfin dans sa démarche. J'allais lui demander ce qui lui passait pas la tête, mais ma question se coinça dans ma gorge et ce fut un cri qui en sortit à sa place. Le satané Serpentard m'avait carrément poussé vers l'arrière.
J'atterris lourdement sur quelque chose d'assez rigide et inconnu. Je réalisai assez vite que ce n'était pas quelque chose, mais bien quelqu'un. Je me retournai pour faire face à la pauvre personne que j'écrasais, pour m'excuser, plaçant même une de mes mains sur son torse pour ne pas tomber. Surprenament - ou pas tant que ça si je pensais au fait que c'était par la faute de Zabini que j'étais tombé dans cette malencontreuse situation - mon visage se retrouva à quelques centimètres de celui de Malefoy. Ses yeux étaient animés d'une joie intimement liée à la consommation d'alcool tout comme la rougeur qui colorait ses hautes pommettes. Je réalisai en un instant que ma bouche était aussi à quelques centimètres de celle du blond, si près que je pouvais goûter son haleine d'alcool qui se mélangeait à la mienne.
Le temps sembla s'arrêter et une seule pulsion voulut prendre possession de mon corps à ce moment précis: je voulais embrasser Drago Malefoy. Je ne savais pas pourquoi et n'avais aucune idée d'où venait cet instinct qui me hurlait de coller mes lèvres sur celles du blond et de lui faire ouvrir la bouche sans que j'aie à lui demander pour aller taquiner sa langue avec la mienne. J'avais envie de découvrir le goût de ses baisers, le goût de sa peau, de son corps. Je voulais le sentir près de moi, avec moi. L'embrasser était l'option logique et si facile d'accès qui me permettrait cela. Si je l'embrassais, le brasier dans mon bas-ventre allait peut-être se taire. Pourtant, je ne voulais pas que cette sensation disparaisse, je m'en délectais agréablement. J'en voulais plus, encore. La proximité entre le Serpentard et moi me faisait presque trembler tant je me languissais pour un baiser. Je sentais tout mon corps qui criait de franchir les quelques centimètres qui nous séparaient pour enfin laisser libre cours à ce désir qui me brûlait lentement de l'intérieur.
Malefoy, de son côté, ne pensait pas du tout à la même chose et tourna sa tête vers son meilleur ami, m'empêchant toute tentative de baiser. Il commença à insulter et à crier après Zabini qui, en me propulsant sur le Prince des Serpentards, avait fait renverser le verre de Sa Majesté.
J'essayai de ne pas bouger et de ne pas entrer dans la dispute entre le basané et le blond. Je restai donc assis sur Malefoy, pas du tout à mon aise jusqu'à ce qu'un bras timide, mais fort, me prenne par les hanches. Je n'osai même pas regarder. Je savais que c'était mon partenaire de binôme qui venait de poser sa main juste un peu en haut de ma fesse. Je tentai de rester calme et de conserver une respiration normale, mais je ne savais pas du tout quoi faire. Mon souffle irrégulier se répercutait contre la peau de son cou. Son odeur m'hypnotisait. Mon coeur battait si fort que j'avais peur que le blond l'entende malgré la forte musique qui résonnait dans la pièce. Je ne m'attendais aucunement à ce revirement de situation. Même si ce n'était que sa main qui me touchait, je la sentais parfaitement, comme si elle me réchauffait tout entier, sa chaleur se diffusant tranquillement.
Puis, d'un coup, Malefoy la retira et je me retournai instinctivement vers lui, prêt à lui demander de reposer sa main sur moi et pas juste sur ma hanche.
J'ouvris la bouche, mais aucun son n'en sortit. La vue du visage de Malefoy encore si proche me faisait sentir tout drôle. Je me sentais en même temps puissant, mais si vulnérable face à ses yeux incroyables. Antérieurement, j'aurais essayé de combiner toute la haine que j'avais accumulée à son égard et de la lui jeter en pleine figure, mais maintenant c'était complètement différent. Une passion me guidait et celle-ci me guidait vers lui. L'observant encore et encore, perdu dans la beauté de son visage, la démangeaison d'une certaine pulsion remonta en moi. Je voulus encore voir le blond fermer tranquillement les yeux et ouvrir doucement la bouche pour me laisser lui faire faire tout ce que je voulais. C'est donc sans pouvoir me contrôler, n'ayant qu'un seul but, que je plongeai sur les lèvres de Malefoy qui m'appelaient, prêt à l'embrasser jusqu'à ce que le temps reprenne un cours normal, celui-ci s'arrêtant à chaque fois que j'étais en présence du Serpentard, celui qui devenait peu à peu plus que mon simple partenaire de binôme.
Blabla des Auteures:
(Fred, les yeux pleins d'étoiles) Eh bien, un autre chapitre de terminé, si ce n'est pas assez fantastique! (Sam, qui s'approche en chuchotant) C'est surtout vraiment érotique! (Fred) Héhéhé, mais oui! Et c'est surtout bien bien long à écrire parce qu'on aime beaucoup créer des chapitres dans nos chapitres existants et élaborer sur des scènes qu'on étaient même pas supposées écrire à la base! (Sam, les poings sur les hanches) Don't get me started on that, calisse! (Fred, sirotant sa bouteille de sirop d'érable) Sam, va te coucher, ton Québéc is showing! Mine aussi God dammit! (Sam et Fred) Ok ok, avant qu'on se transforme en orignaux ou en ours polaires, on va aller faire des dodos! On espère que vous avez particulièrement aimé ce chapitre - parce que nous oui! Laissez-nous des reviews, car c'est très gentil et très apprécié! On vous aime!
Fred, votre auteure en herbe, et Sam, votre cutiepie.
