Bien le bonjour, Happy Halloween !

Disclaimer : tous les personnages nommés appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Et nous voilà réunis un an exactement après la parution du premier chapitre de NDS, pour son épilogue ! Ca a pris outrageusement longtemps pour une fic de si petite envergure, mais bon. Pardonnez-moi.

Pour ma part je voudrais vous remercier, vous qui avez suivi/aimé/commenté cette fic malgré les aléas de la publication. Votre fidélité et votre soutien inconditionnels font chaud au cœur! J'espère que vous aimerez cet épilogue et qu'il conclura cette histoire à votre satisfaction.

Bonne lecture !


Épilogue

Berlinale 2019

Comme à l'accoutumée, la Berlinale était un événement international couvert par de nombreuses chaînes nationales étrangères et énormément de journalistes, critiques, experts ou, en tout cas, connaisseurs revendiqués, y assistaient. Quant à Roderich, c'était la première fois qu'il s'y rendait. Il n'était pas spécialement un amateur de cinéma et, puisqu'il avait passé la majeure partie de sa vie en Autriche, il n'avait pas jugé bon de faire le déplacement jusqu'à Berlin pour ce festival. Aussi fut-il très surpris, lorsqu'il descendit d'une voiture de luxe à la suite de Natalya Arlovskaya, de voir autant de journalistes, photographes, cameramans massés sur Potsdamer Platz pour assister à l'arrivée des célébrités sur le tapis rouge. Roderich, justement, ne s'était jamais senti comme une célébrité et fut dès lors immédiatement mal à l'aise. Natalya, qui marchait à ses côtés, remarqua qu'il était tendu et lui offrit un de ses rares sourires.

La collaboration entre Gilbert, Roderich et la jeune réalisatrice avait été un succès. A eux deux, les musiciens avaient fait des propositions de composition qui avaient su charmer la réalisatrice et, avec quelques aiguillages de sa part, ils avaient pu rendre à la perfection l'atmosphère qu'elle voulait pour son drame. Cela avait donné naissance à un grand respect entre les différents artistes impliqués dans la bande originale du film. Vu le caractère des trois intéressés, il était difficile de dire qu'ils étaient « amis », mais ils s'en approchaient. Aussi Natalya glissa-t-elle à Roderich :

« Ne souriez pas si vous n'en avez pas envie. Ça ne vous rendra que plus mal à l'aise de donner des sourires forcés. »

Roderich choisit de suivre son conseil, et remarqua qu'elle-même gardait un visage de marbre -comme à l'accoutumée- alors qu'elle progressait sur le tapis rouge. Les hôtes de la soirée, qui les accueillirent avec micros et questions avant leur entrée dans le bâtiment principal, sautèrent sur Natalya et commencèrent à la bombarder de questions, avides de réponses de la part de cette habituée de la Berlinale qui, il fallait le dire, était un peu leur emblème ces dernières années puisqu'elle choisissait d'y présenter ses productions en avant-première plutôt que d'attendre Cannes ou d'autres festivals de cinéma.

Suivaient les deux têtes d'affiche du film, des acteurs fétiches de Natalya qui les avait déjà réunis dans différents films. Roderich, pour sa part, recevait les regards intrigués du public, des journalistes et des célébrités présentes, car il n'était pour ainsi dire qu'un inconnu. Il fallait être averti dans le monde musical pour le connaître, au vu de sa carrière restreinte de concertiste, et en tant que compositeur, c'était sa première sortie -la première d'une longue série puisque, dans l'intervalle, il avait planché avec Gilbert sur différents projets soumis par divers réalisateurs et qui commençaient à voir le jour et, surtout, les salles de cinéma.

« On ne reconnaît pas ce personnage mystérieux qui vous accompagne ! » remarqua l'hôte qui accaparait Natalya avec cette emphase superflue et ridicule des présentateurs.

Le cameraman qui l'accompagnait braqua son engin sur Roderich qui eut instantanément l'impression de rougir outrageusement. Fort heureusement, Natalya vint à son secours avec son froid naturel très professionnel. Elle l'amena par le bras à ses côtés et le présenta :

« Roderich Edelstein. C'est à lui qu'on doit en partie la bande originale du film, qui vous allez le voir, est exceptionnelle ! »

« Mais, alors... ? Roderich Edelstein ne ferait-il qu'un avec Hohenzollern, le compositeur énigmatique que nul ne connaît personnellement ? »

L'expression employée par la présentatrice en toute innocence fit sourire Roderich et lui arracha un rictus narquois. Oh oui, il y avait bien des cas où « il ne faisait qu'un » avec Hohenzollern. Toutefois ça n'avait rien à voir avec leurs identités qui, elles, restaient bel et bien distinctes.

« Non, Hohenzollern est celui qui m'a initié à la composition, et le véritable cerveau de nos opérations. Il me qualifie souvent de prolongation de son esprit. » répondit Roderich qui, dès qu'on parlait de Gilbert, ne se forçait plus du tout pour sourire.

Malicieuse, la présentatrice sourit :

« Je suppose qu'on ne peut pas compter sur vous pour nous divulguer son identité ? »

« Oh, certainement pas ! »

« Alors vous pouvez peut-être nous dire ce qui le pousse à rester dans l'anonymat au lieu de conquérir la renommée qu'il mérite ? A la Berlinale, on aime beaucoup son travail. » confessa-t-elle.

Roderich eut une pensée à peine émue pour ses carrières avortées de concertiste et de professeur de musique.

« Je crois que le véritable talent n'a pas besoin d'être reconnu. Tu fais ton truc parce que c'est ton truc. Le véritable talent, c'est ça. C'est comprendre ce qu'est notre raison de vivre et de l'accepter, telle qu'elle est, peu importe ce qu'elle est, peu importe les sacrifices qu'elle demande. Et l'offrir. Et si ça finit par plaire, tant mieux, mais il ne faut rien attendre en retour que le bonheur de faire ce pour quoi on est fait et vivre de la façon qui nous convient le mieux. Quand on y parvient, vous savez... La renommée c'est la dernière chose qu'on attend. »

oOo

Gilbert passait une soirée seul dans son appartement mais ne se sentait pas seul. Il ne se sentait jamais seul, mais ces deux dernières années lui avaient appris qu'il ne dédaignait pas tant que ça de partager son temps d'existence avec quelqu'un. Devant sa télévision archaïque qui renvoyait une image atroce, assis en tailleur sur son canapé, des lunettes de soleil sur le nez bien qu'il fit déjà noir dehors et qu'aucune lampe ne soit allumée dans son logis, Gilbert souriait dans le noir, à la pénombre, à l'obscurité, et surtout à l'écran. Ou plutôt, à l'image de la personne à l'écran. Roderich. Son pupille était en chaîne nationale, à la Berlinale, rien que ça ! Même Gilbert savait que c'était quelque chose.

Voir Roderich là, à l'écran, face à lui mais surtout l'entendre débiter les conclusions qu'il avait lui-même tirées à force de fréquenter Gilbert, ça le rendait incroyablement heureux. Enfin, il avait l'impression d'être compris, mais bien plus que ça, accepté tel qu'il était. Roderich avait considérablement changé sa vie au cours des deux dernières années. Ils travaillaient ensemble et vivaient plus ou moins ensemble, bien qu'ils gardaient leur appartement respectif : ils allaient tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre, et ça leur laissait un espace d'expérimentation musicale propre à chacun. Gilbert avait rendu Roderich heureux dans la mesure où il l'avait mis sur une voie professionnelle qui l'enchantait et lui offrait bien plus d'opportunités et de plaisir que d'enseigner. Roderich avait rendu Gilbert heureux par tout le reste, par tous les progrès psychologiques qu'il avait faits.

Et, dans des moments comme celui-là, Gilbert était tout de même content d'avoir accordé une chance à l'humanité et de ne pas avoir repoussé Roderich. Lui qui avait toujours vécu dans l'obscurité et s'y était complu, il ne voudrait plus jamais, pour rien au monde, que les ténèbres qui l'environnaient gagnent son cœur à nouveau. Oh non. Il était bien trop heureux d'avoir répondu à l'appel de la lumière quand Roderich était entré dans sa vie.


Fin


J'ai laissé mon carnet à éditions dans mon autre chez moi donc je suppose qu'il faudra se passer de remarques et de traductions... Qui ne m'ont pas l'air nécessaires pour ce chapitre de toute façon.

J'attends vos reviews bien entendu, encore merci ! Et, promis, on se retrouve bientôt sur d'autres projets ;)

Bis später,

Niniel.