Bonjour tout le monde!
Merci mille fois pour toutes vos reviews, follows et rajouts en favoris. Ça fait super plaisir et c'est très encourageant pour nous. Et puis, on a encore plus envie de partager notre fic avec vous.
Maintenant, sans plus attendre et après le twisted ending que nous a laissé Pouki au chapitre précédent, je viens très humblement vous soumettre le nouveau chapitre.
Attention Driamar, je dis ça...je dis rien...
Auteure : DianeMoon.
En pénétrant dans le loft silencieux, chargé de son bel endormi, Derek se sentit l'âme d'un conquérant. Le cœur battant à tout rompre, non pas tant à cause de l'effort que de la proximité avec le sujet de ses tourments, il se débarrassa des sacs de courses qui l'encombraient, les laissant glisser le long de sa jambe jusque sur le sol. L'adrénaline dans les veines et l'esprit embrumé, l'homme se savait damné à jamais par la faute de cet être frêle reposant avec insouciance dans ses bras.
À défaut de pouvoir lui appartenir, au moins le protégerait-il contre ceux qui voudraient lui faire du mal, et de quelque manière que ce soit. S'il le fallait, le brun n'hésiterait pas à se dresser contre tous les Danny du monde et qu'importe leurs bonnes intentions. Car comment Derek pourrait-il seulement espérer lutter contre ses sentiments -beaucoup trop forts- à l'égard de Stiles ? Il mériterait une médaille pour chérir ainsi celui qui était désormais sa géhenne personnelle. Jules César lui même ne prit pas autant de risques jadis en franchissant le Rubicon !
Mais en cet instant, le maître des lieux faisait un supplicié bien plus crédible que tous les Tantale réunis, se refusant lui-même un bonheur qu'il savait déjà vain. Qu'avait-il donc espéré ? Stiles avait une fiancée (certes infidèle), une famille et des amis. Il avait une vie, bordel ! Lui, n'avait rien de tout ça. Il n'était qu'un simple écorché de la vie, dont les meurtrissures avaient été laissées à vif. Alors c'était rêver d'imaginer que Stiles puisse l'aimer un jour.
D'ailleurs, que pouvait-il concrètement apporter de plus au jeune homme ? Ils étaient tous les deux semblables au jour et à la nuit, tellement différents que même une éclipse n'y changerait rien. Vraiment, Derek pensait avoir le chic pour tomber amoureux des personnes dont il ne fallait pas. Et qu'est-ce que ça faisait mal, putain ! Ça faisait un mal de chien et il ne pourrait jamais rien y faire… ou peut être seulement chialer en silence à la tombée de la nuit. Mais ça, ce n'était clairement pas son genre. Et de toute façon, il y avait déjà bien longtemps que toutes ses larmes avaient tarit, asséchées par le feu de la folie meurtrière de Kate.
Resserrant hâtivement sa prise sur le jeune homme, en prenant bien garde à ne pas le réveiller dans la manœuvre, le brun se dirigea vers l'escalier en colimaçon, combattant l'envie stupide et totalement masochiste d'admirer le visage serein appuyé tout contre son torse. Pas besoin de rajouter aux fêlures silencieuses qui commençaient à fleurir traîtreusement dans son âme.
- Tu aurais dû me réveiller…
Retenant Derek par le bras d'un geste fébrile, Stiles fixait l'homme avec un regard doux quoiqu'ensommeillé. L'hyperactif avait en effet ouvert les yeux dès que ce dernier l'avait précautionneusement déposé dans le lit qu'il occupait depuis maintenant un mois, lui offrant un sourire fatigué. Pour sa part, troublé plus qu'il ne l'aurait dû par ce visage souriant à seulement quelques centimètres du sien, le brun se redressa précipitamment, jugeant préférable pour son salut de s'éloigner de la tentation.
Et alors que le jeune homme allait imiter son mouvement, commençant péniblement à se mettre sur son séant –par crainte que Derek ne le laisse seul dans la chambre- ce dernier reprit rapidement contenance et vint s'asseoir calmement sur le matelas à côté de lui, le repoussant gentiment d'une main pour qu'il s'allonge de nouveau.
- Ne te lève pas ! Comment te sens-tu ? Lui demanda-t-il, concerné, un air impassible figé sur son visage, dissimulant parfaitement son trouble.
- Fatigué. Souffla Stiles, rassuré, en laissant retomber sa tête sur l'oreiller dans un bruit sourd.
Derek fronça légèrement ses sourcils broussailleux, puis dans un geste tremblant, un peu comme s'il était sur le point de commettre une abomination, allongea lentement le bras pour poser la paume de sa main sur le front nu de Stiles. Il redoutait bêtement de toucher le jeune homme maintenant qu'il était éveillé. Mais par dessus tout, l'homme redoutait véritablement cette espèce d'atmosphère plutôt particulière qui s'était furtivement installée entre eux.
- Tu as de la fièvre. Murmura-t-il d'une voix rauque, promenant son regard azur sur le visage blême de son invité.
L'hyperactif ouvrit les yeux, qu'il ne se souvenait pas avoir fermés, appréciant la fraicheur de la peau de son hôte sur la sienne, avant de scruter son regard de printemps qui le fixait.
- Derek…on…on devrait peut être en parler. Prononça-t-il difficilement, les prunelles subitement rendues plus brillantes par leur proximité.
- Rien ne presse. Lui répondit le susnommé, en retirant instantanément sa main de sa peau brûlante. Tu ferais mieux de te reposer pour le moment. Continua-t-il en détournant le regard, faisant mine de se lever pour sortir de la chambre.
- Derek ?
Stiles s'était furtivement redressé, arrêtant l'homme par le cuir de sa veste et posait maintenant sur lui ses prunelles noisette, où semblaient chanceler deux flammes. Le cœur du brun se serra. Il le trouvait magnifique. Le jeune homme, sa voix, toute sa personne l'attirait malgré lui. Il le voulait. Et à cet instant il aurait tout fait pour le garder auprès de lui, même si cela signifiait la perte définitive de sa mémoire passée. Même s'il devrait voir la destruction successive de toutes les motos qu'il pourrait se procurer. Ou même si encore il aurait fallu l'assommer tous les jours afin de provoquer une petite commotion cérébrale. Oui, l'homme était prêt à tout, à condition d'être le seul dont l'hyperactif aurait encore le souvenir…
- Merci. Souffla ce dernier, reconnaissant. Pour tout.
La voix de son interlocuteur le sortant brutalement de sa torpeur, Derek chassa fermement toutes ses pensées égoïstes, préférant poursuivre dans la voie sage de ses résolutions premières. Il n'avait pas le droit de l'arracher à sa vie passée. Il n'avait pas le droit de le garder pour lui.
- On a un deal. Claqua-t-il le visage fermé, comme si c'était la seule vraie raison du déploiement de tout son zèle à l'égard du jeune homme.
- Oui c'est vrai. Sourit Stiles en posant une main sur la joue drue de son vis-à-vis.
Le geste figea le brun qui ne comprenait plus quand ni comment la situation avait pu ainsi dégénérer entre eux. Aussi ne put-il esquisser le moindre mouvement quand l'hyperactif, les yeux noyés dans les siens, le souffle court, approcha lentement son visage de lui. Il ne comprit pas non plus quand ses lèvres se retrouvèrent à seulement quelques centimètres des siennes. Mais il ne chercha plus à comprendre quand Stiles combla l'espace entre leurs deux bouches, les paupières closes. Et son cœur s'emballa quand il finit par réaliser que le jeune homme était réellement en train de lui offrir un baiser, caressant sa joue tendrement du bout des doigts.
Le corps parcouru de frissons, Derek cru que sa cage thoracique ne pourrait plus contenir son palpitant, tant celui-ci semblait sur le point d'exploser. Les lèvres de Stiles contre les siennes étaient si douces, si chastes et si agréables qu'elles semblaient avoir été faites pour s'embrasser. C'est à cet instant précis que son cerveau se déconnecta de son corps et qu'il se sentit défaillir. Il se faisait embrassé par celui dont il était éperdument amoureux. De son côté, ne rencontrant aucune résistance, l'hyperactif pressa un peu plus sa bouche contre celle du brun avant de se reculer légèrement, reposant son front sur le sien, son souffle chaud caressant ses lèvres humides.
- Merci. Répéta-t-il dans un murmure.
Reprenant maladroitement pied dans la réalité, Derek se dégagea doucement du jeune homme, le regard perdu dans le vide. Rien n'avait plus de sens à ses yeux désormais. Surtout qu'il avait été bêtement démasqué. Et même s'il l'aurait voulu très fort, il n'aurait pu se mentir à lui-même. Car le cœur ne ment jamais. Et là, son cœur était clairement affiché sur son visage.
- Repose-toi. Souffla-t-il en repoussant Stiles doucement pour qu'il s'allonge, avant de sortir de la chambre dans un état second.
L'homme referma la porte, comme si la pièce derrière lui renfermait tous les fléaux de la Terre, avant de s'y adosser. Tremblant de tous ses membres, le brun prit vaguement conscience de l'espace tout autour de lui, ne trouvant plus aucune logique à rien. L'arrière de son crâne cogna durement contre le bois de la porte, tandis qu'il se laissa glisser sur le sol, ses jambes se dérobant sous son poids. Assurément, la troisième guerre mondiale aurait pu se déclarer dans le salon de son loft, juste sous ses yeux, qu'il n'en aurait concrètement rien à foutre.
Il était déjà perdu.
oOo
- J'me suis toujours demandé à quoi tu pouvais bien passer tout ton temps libre !
La voix enjouée de Stiles claqua brièvement dans l'air lourd de l'entrepôt, surprenant quelque peu Derek qui -trop concentré sur son ouvrage- ne l'avait pas entendu arriver. Il faisait une chaleur suffocante en ce début d'après-midi, d'autant plus exacerbée par les infrastructures métalliques de cette ancienne zone industrielle. Et les quelques alizés qui aéraient l'endroit étaient tellement rares en cette chaude journée d'été, que la grande porte d'entrée ouverte sur l'extérieur, ne changeait rien à la température environnante. D'ailleurs, il y avait un moment déjà que le brun avait laissé tomber le haut, désormais noué autour de sa taille. Aussi, une fine pellicule de sueur recouvrait sa peau cuivrée, sous laquelle on pouvait aisément deviner le roulement des muscles puissants, rendus visibles par l'effort.
- Je n'y aurai jamais pensé, mais je dois avouer que mécano, ça colle assez bien au personnage. Poursuivit le jeune homme dans un rire nerveux, troublé par autant de sex-appeal.
Derek leva succinctement la tête vers lui et l'hyperactif sentit son cœur s'emballer quand l'homme le fixa de ses yeux clairs, scrutant avec attention chaque parcelle de son visage, comme pour y déceler une quelconque trace de quelque chose connu de lui seul. L'échange visuel ne dura que quelques secondes infimes, mais cela fut suffisant pour que cette espèce de gêne bizarre s'installe de nouveau. Il y avait déjà tellement de tension entre eux que c'en était insupportable. Et se composant un visage -dont la neutralité était proportionnelle à son trouble- le brun détourna rapidement le regard de la vue du jeune homme, s'affairant à l'entretien du moteur de la voiture, sur laquelle il travaillait depuis le début de la journée. Stiles le trouvait vraiment très très beau. Et bordel, il était vraiment très très amoureux de lui...
- Électromécanicien. Corrigea Derek en insistant sur le « électro ». Comment tu te sens depuis hier ? S'enquit-il, sans plus prêter la moindre attention à Stiles, qui commençait à avancer un peu plus dans la pièce.
- Mieux. Grâce à toi, merci.
- Tu remercies beaucoup trop. Grinça l'homme entre ses dents. On a un deal, n'oublie pas. Je remplis juste ma part du marché.
L'hyperactif ne pouvait se retenir de dévorer le brun du regard. Et cela n'avait concrètement rien à voir avec son corps outrageusement sexy, ou son air de beau gosse à qui on ne la fait pas… en tout cas pas totalement. Le jeune homme ressentait en effet cette sorte d'attirance physique, voir quasi épidermique, dès qu'ils étaient tous les deux dans la même pièce. Comme si le vide entre eux devait vitalement être comblé. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il n'avait pu s'empêcher de l'embrasser la veille. Ça n'avait bien sûr absolument rien à voir avec un quelconque délire hyper-thermique. La fièvre n'avait été qu'un déclencheur, une espèce d'excuse à deux balles lui donnant juste assez de couilles pour le faire. Car tel un aimant attirant le métal, Derek était son putain de centre de gravité. Et bien que le brun soit aussi expressif qu'un poisson rouge, certains signes ne trompaient pas. Depuis un mois qu'ils cohabitaient, il ne pouvait plus le tromper. Stiles voulait donc le mettre au pied du mur.
- Non, je n'ai pas oublié. Répondit-il en souriant. Et moi aussi je remplirai la mienne. Je te rembourserai ta moto, comme convenu.
- Je t'ai déjà dit que ça n'avait plus aucune importance. Contra Derek l'air ronchon, en levant les yeux vers son vis-à-vis.
- Alors pourquoi tiens-tu encore à ce deal ? Répliqua le jeune homme avec raison. S'il n'y a pas de contrepartie, le deal n'a plus lieu d'être, non ?
Acculé, le brun détourna les yeux, ignorant délibérément la question de l'hyperactif. Il ne pouvait lui répondre sans se compromettre. Et il ne voulait clairement pas se se révéler sous son vrai jour. La seule chose qu'il voulait concrètement, c'était que son putain de cœur arrête de battre aussi fort comme un con, en présence du jeune homme. Il voulait juste ne plus être amoureux de lui. Alors, tournant le dos à ce dernier, il fit mine de chercher un outil parmi ceux qui était accrochés à une paroi derrière lui, pour continuer ce qu'il faisait avant d'être interrompu.
- Derek…on…on devrait peut être en parler. Reprit Stiles hésitant, craignant d'être allé trop loin.
- Rien ne presse, je te l'ai déjà dit. Coupa le susnommé sur la défensive. Un accord reste un accord, je ne vais quand même pas te foutre dehors maintenant. Alors prend la journée pour y réfléchir ou plus s'il le faut.
- Je ne parlais pas de ça. Contredit l'hyperactif.
Derek arrêta tout mouvement et releva la tête. Sourcil levé, un questionnement muet se dégageait de son visage confus. Il ne voyait pas du tout à quoi le jeune homme faisait allusion. Puis, tout à coup, son cœur rata un battement et il fut littéralement paralysé. Stiles s'avançait lentement vers lui -sans jamais le quitter des yeux- et le brun était comme obnubilé par ce regard trop brillant. Déconnecté, il ne pouvait (voulait ?) plus bouger, aucun de ses membres ne répondant à son SOS silencieux. Le cœur battant, l'hyperactif s'arrêta juste devant lui et approcha son visage de celui de l'homme, sous le choc. Stiles effleura alors ses lèvres des siennes, les caressant par son souffle tiède, sans toutefois jamais combler l'espace entre elles.
- Je parlais de « ça ». Dit-il dans un murmure.
Affolé, mais ne voulant rien laisser paraître alors que c'était désormais inutile, Derek recula d'un pas, s'arrachant à cette proximité dérangeante. Puis, tournant le dos au jeune homme, le brun relâcha le plus calmement possible l'air qu'il ne se souvenait pas avoir retenu.
- Ce n'est pas une bonne idée Stiles. Tenta-t-il d'une voix peu assurée…et puis le gars là, Danny, a dit que Lydia…
- J'ai entendu ce qu'a dit Danny. L'interrompit l'hyperactif. Et je ne veux pas en parler maintenant.
Le palpitant alternant dangereusement entre tachycardie et bradycardie, Stiles se sentait comme transporté dans une autre dimension, où Derek et lui seraient seuls au monde. Plus rien d'autre que le brun n'existait à ses yeux et il voulait juste unir leurs lèvres encore une fois. Cette sorte de vide à combler, la sensation étrange de centre de gravité, s'empara une nouvelle fois de lui, rendant vital le besoin de toucher l'autre, de le sentir et ne plus s'en éloigner. Aussi, l'hyperactif avança-t-il d'un pas, les yeux fixés sur le tatouage de Derek, dont le motif le fascina un instant. Passé, présent, futur. Tout prenait son sens désormais. Et s'approchant du corps sculptural du brun, Stiles déposa un chaste baiser au centre du triskèle, arrachant de légers frissons à son propriétaire.
- Stiles…
Les yeux clos, Derek luttait contre sa propre volonté, combattant son envie du jeune homme, son désir de sentir la douceur de sa bouche encore une fois contre la sienne. Il le voulait. Et le brun se maudissait de le vouloir aussi fort, comme s'il n'avait jamais rien désiré d'autre de toute sa vie. Il voulait le toucher, l'embrasser, le faire tressaillir… Bordel de merde, il voulait lui faire l'amour ! À cet instant, et comme une réponse muette à ses désirs non manifestés, Stiles l'entoura fébrilement de ses bras, taquinant ses abdominaux du bout des doigts.
- Stiles...St..iles. Haleta-t-il, le souffle court, un délicieux frisson parcourant son bas-ventre.
Sans cesser ses caresses sur la peau tendre et musclée, le susnommé déposa de petits baisers langoureux sur les omoplates et dans le cou du brun, avant de venir taquiner ses tétons d'une main. Derek se mordit violemment la lèvre pour ne pas gueuler. Et le plus étonnant, c'est qu'il en voulait encore. En effet, aucun des deux hommes ne sauraient expliquer ce qui se passait, ni comment la situation venait clairement de déraper entre eux. La seule chose qu'ils savaient c'est que c'était putain de bon et qu'il ne fallait surtout pas que ça s'arrête. Percevant le désir de l'autre homme, Stiles caressa sensuellement son ventre, dessinant des arabesques invisibles du bout des doigts, avant de faire glisser sa main doucement dans le jean du brun, puis sous le boxer. En sentant l'érection de Derek, le jeune homme gémit d'excitation, avant d'en caresser très lentement la longueur. Le souffle erratique, le brun pour sa part, laissa échapper un grognement de satisfaction, celui-là même qui après quelques minutes, lui fit reprendre pied dans la réalité et se dégager brusquement de l'étreinte de Stiles, le plaquant sans douceur contre un mur. Il ne pouvait pas. Il ne devait pas céder. Aussi bon que ça pouvait être, il n'en avait pas le droit.
- A quoi tu joues ? Gronda-t-il, en colère contre lui même.
- Je ne joue pas. Répliqua le jeune homme le regard brillant.
Les yeux perdus dans les prunelles céruléennes de Derek, l'hyperactif se passa instinctivement le bout de la langue sur les lèvres. Il voulait encore plus de contact avec le brun. Il avait trouvé ça délicieux, il était excité et il en voulait encore. Mais le jeune homme n'arrivait plus à raisonner correctement, ses pensées partant dans tous les sens. Il fallait combler ce putain de vide entre eux, il lui fallait du contact, bordel ! Alors, posant une main hésitante sur la joue drue de l'homme en face de lui, Stiles se saisit de celle de son vis-à-vis avant de la poser contre sa poitrine, là même où son cœur battait à tout rompre.
- Derek…je te promets, je ne joue pas. J'ai juste envie de toi.
- Je…je ne suis pas gay Stiles. Bégaya le susnommé.
- Moi non plus. Contra le jeune homme, déboussolé. Je n'ai jamais connu qu'une seule femme. Mais je suis amoureux de toi, j'ai tellement envie de toi.
Derek n'arrivait pas à y croire. Il ne pouvait y croire. Celui dont il était éperdument amoureux depuis près d'un mois, pour qui il aurait fait n'importe quoi, pour qui il était prêt à tout sacrifier, celui dont il avait envie, ressentait la même chose que lui. A présent, il en était certain. Parce que le cœur ne ment jamais. Et là, Stiles avait clairement le cœur au bord des lèvres, lèvres qu'il alla doucement cueillir dans un soupir de soulagement, une main sur sa joue imberbe.
Enroulant ses bras autour du cou du brun, le rapprochant plus étroitement de lui, l'hyperactif entrouvrit naturellement les lèvres pour approfondir le baiser. Il ne savait plus où il se trouvait, il ne savait plus qui il était, il avait juste conscience de cette langue chaude et douce caressant sensuellement la sienne. Il ressentait le bras de Derek possessivement enroulé autour de sa taille, il ressentait sa chaleur se fondre en lui, il ressentait son excitation contre sa cuisse. Alors sans qu'il ne sache comment, ses propres mains déboutonnèrent sa chemise en tremblant, pour aller ensuite agripper fermement les cheveux du brun et le rapprocher encore plus près de lui. Plus de contact. Il en voulait plus. Toujours plus. C'est pourquoi il attrapa la main de l'homme caressant son visage, la faisant glisser lentement contre son corps.
- Derek…s'il-te-plaît…touche-moi! Je veux… j'ai besoin de sentir tes mains sur moi…
Excité plus que jamais, le brun suça goulûment la lèvre du jeune homme avant de se perdre dans son cou en baisers silencieux et humides. Puis, trop lentement, sa main glissa sur le torse offert, le débarrassant de la chemise entrouverte qui alla choir sur le sol, faisant frissonner l'hyperactif dont la main se promenait déjà dans l'entrejambe du brun. Il fallait encore plus de contact, qu'ils soient encore plus proches, que leur corps brûlants ne forment plus qu'un seul corps glissant de sueur. Aussi, quand Derek saisit le membre durci de Stiles, qu'ils furent parcourus des mêmes frissons, des mêmes gémissements, et qu'ils vinrent plusieurs fois dans les mains de l'autre, il fut sûr d'une seule chose.
C'est qu'il n'était plus sûr de rien.
oOo
Il faisait lourd. Les regards vides et las se croisaient, se jaugeaient puis se toisaient sans remords. C'était la fin du weekend. Certains essayaient d'oublier que c'était la vie qui craignait et pas juste la journée qui était mauvaise. Telles des ombres, d'autres se mouvaient lentement, se soûlant avec le bruit des corps aux alentours, plutôt qu'avec la boisson. En somme, chacun se mentait consciencieusement au son du nylon gratté avec mélancolie, sur un air de jazz oublié. Et avec un plaisir malsain, d'aucuns prenaient bien garde à appuyer là où ça faisait mal.
- Qu'est-ce que je vous sers ?
La salle empestait l'odeur de la cigarette et du parfum bon marché. Mais ça faisait du bien. C'était bon parce que ça vous arrachait la gorge, comme un alcool trop fort, un jour de pluie. C'était bon parce que, même si ça faisait un mal de chien, on se sentait vraiment vivant. Écrasé, trahi peut-être, mais putain de vivant !
Et au milieu de l'indifférence, seul, il attendait.
- Un whisky-coca s'il-vous-plaît.
Tout était molletonné de velours bordeaux. Ça faisait « cosy », même si l'endroit n'était pas très classe à la base. C'était même un bar de seconde zone à proprement parler. Et pourtant. Pourtant ils y avaient passé des heures à parler ou à se regarder. Parfois même à baiser. Mais seules les latrines ont été les gardiennes de leurs amours empressés, leur désir incontrôlé et leurs orgasmes avortés. Quoiqu'on en dise, l'endroit leur appartenait. Il n'y a pas à réfléchir, ça avait été un peu leur deuxième chez eux. Pour un simple sourire, ils pouvaient parfois y passer la nuit. Et ça durait encore et encore et encore.
Mais au milieu de l'indifférence, seul, il attendait toujours.
« J'ai ton nom tatoué sur mon cœur », « je ne pourrai pas vivre sans toi », « Tu es l'air de mes poumons et vivre sans toi c'est l'oppression …». Combien de promesses d'amour avaient-ils prononcé, en y croyant plus au moment même où elles passaient la barrière de leurs lèvres ? Combien de fois s'étaient-ils ainsi ridiculisés ? Ouais, ils ont été cons. Mais ça arrive, quand on est jeune et amoureux. Et même plus souvent qu'on ne croit.
Bref, Stiles attendait. Il l'attendait, ELLE, en pensant à Lui.
-Flashback-
- Ne m'oblige pas à te demander ce qui ne va pas.
Debout dans le petit salon face à la baie vitrée, Stiles observait calmement la zone industrielle en contrebas. Le loft était vraiment bien isolé de la ville et pas un bruit ne parvenait jusqu'ici, où tout était toujours trop calme. Le propriétaire des lieux semblait réellement tenir à sa paix.
- Ce ne sera pas nécessaire, je suis un incorrigible bavard. Sourit Stiles, en se retournant vers l'homme aux cheveux humides, qui se tenait derrière lui.
Il était bavard, c'était un fait. Mais surtout, il le savait. C'est comme quand on sait que deux plus deux font quatre ou que la terre tourne autour du soleil. Car il ne peut en être autrement. Personne ne veut le contredire puisque c'est une vérité générale. Comme quand on sait qu'on souffre d'hyperactivité ou que sa mère est morte quand on avait 10 ans. On le sait, c'est tout.
- Depuis combien de temps ? Demanda le brun, le visage neutre.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tu sais très bien de quoi je parle Stiles. Depuis quand tu sais ?
- Depuis hier soir. Soupira le susnommé, la mine contrite. Au retour du marché.
Il y avait encore cette gêne bizarre qui persistait malgré tout. Ces regards fuyants qui en disaient beaucoup trop. Malgré leurs efforts pour faire comme s'il s'en foutait pour l'un, ou que « ce n'est pas grave », pour l'autre. Quoiqu'ils fassent désormais, ils ne pourraient plus le nier ou faire « comme si » justement. Parce qu'il y avait un « ça » entre eux. Et parce qu'ils avaient quand même fait l'amour toute l'après-midi. Plusieurs fois. Dans plusieurs positions. Et ils avaient plutôt kiffé à vrai dire.
Mais il fallait maintenant regarder la réalité en face. Les deux hommes ne pourraient pas fuir cette discussion éternellement. Et Stiles en était tout à coup affreusement conscient. Comme si l'espèce de bulle, dans laquelle il vivait depuis près d'un mois, venait subitement de lui éclater à la gueule. Pourtant, il n'était plus aussi bavard présentement. À croire que les vérités générales les plus avérées ne sont pas si immuables que cela après tout.
- Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? Interrogea Derek, trop calme pour l'être réellement.
- Comment as-tu su ? Contra l'hyperactif.
- Quand on… (il repensa encore à ce qu'ils avaient fait dans l'entrepôt sans même rougir) tu m'as dit que tu n'avais connu qu'une seule femme. Expliqua le brun. Tu ne pouvais pas le savoir techniquement. A moins que tu n'aies retrouvé la mémoire…
Et là, même si le jeune homme n'avait jamais douté de l'intelligence de son hôte, il dû avouer qu'il était plutôt bluffé par sa logique. Lui même ne se souvenait pas de ce qu'il avait dit sur l'instant. Il savait juste une chose, c'est qu'il était amoureux de l'homme qui lui faisait face.
- C'est toi qui m'as dit et répété de ne pas en parler tout de suite. Que rien ne pressait. C'est toi Derek. Tenta-t-il de mauvaise foi, sachant pertinemment qu'il n'avait pas voulu parler de sa mémoire à ces moments là.
Mais c'était peut être la réplique de trop puisque le brun préféra lui tourner le dos, comme pour clore une conversation agaçante, avant de se diriger vers le canapé. Pourquoi l'hyperactif perçut-il ce geste comme un « retour à la case départ » ? Pourquoi crut-il bon de se justifier ?
- C'aurait… c'aurait été plus… facile si j'avais définitivement perdu la mémoire, pas vrai ?
Se balançant d'un pied sur l'autre, le cœur battant, le jeune homme observa le brun prendre calmement place sur le dossier de son fauteuil en lui lançant un regard assassin. Le juge s'était installé. La sentence allait tomber. Et ça allait faire mal, il en aurait mis sa main à couper.
- Et qu'est-ce que tu veux que je te dise Stiles ? Éclata Derek. Que je pense que Lydia est une salope et qu'elle ne te mérite pas ? Que j'ai adoré le mois qu'on a passé tous les deux et que je ne veux pas que tu t'en ailles ? Que je... que je ne devrais pas t'aimer ? Eh bien désolé, je ne te le dirai pas.
Oui ça faisait mal. Et peut être même plus, maintenait que le brun s'était tacitement déclaré. Parce que Stiles l'avait involontairement blessé, en tardant à lui dire la vérité. Mais seulement parce que lui même ne voulait pas s'y confronter. Parce qu'au final, il était simplement coupable d'aimer et qu'il avait eu peur de le perdre. Mais ça n'aurait servi à rien puisqu'il était effectivement en train de le perdre.
- Va donc rejoindre ta fiancée et vis ta vie comme il se doit. Claqua Derek. C'est ce qu'il y a de mieux à faire. Tu croyais quoi au juste ? On n'est pas dans un putain de Brokeback Moutain! Toi et moi c'était une erreur. On le sait tous les deux.
- Je préfère que ce soit compliqué avec toi plutôt que facile avec une autre. Tenta l'hyperactif, sincère.
- Je t'emmerde Stiles toi et ta belle gueule.
Sans même s'en rendre compte, le brun empruntait un chemin qu'il ne voulait pas suivre, proférant des paroles qu'il ne pensait pas, simplement parce qu'il avait trop d'amour pour l'hyperactif. Et aussi parce que Derek avait choisi d'interpréter le silence de Stiles comme une crainte de s'engager. Et il ne voulait surtout pas que le jeune homme regrette Lydia. Alors il préférait être en paix avec sa conscience plutôt qu'être libre de l'aimer. Il préférait le laisser partir et souffrir. Mais ça faisait un putain de mal. Alors il déversait sa colère sur lui.
- Mais on peut quand même rester amis? Demanda Stiles, les larmes aux yeux.
- Je crois que le mieux ce serait de m'oublier, Trancha Derek le visage impassible, alors que son cœur frappait contre sa poitrine. D'ailleurs, ça ne devrait pas être trop compliqué pour toi, tu sais très bien faire ça. Et de mon côté, je ferai en sorte de faire comme si tu n'avais jamais existé. Conclu-t-il. Réfléchis, que préfères-tu avoir : la paix ou la liberté ?
La question resta en suspend quelques secondes entre les deux hommes, comme si elle pourrait résoudre à elle seule le mystère de l'univers tout entier.
- Moi j'ai déjà choisi. Sors de ma vie.
-Fin flashback-
Alors Stiles attendait. Parce qu'il avait eu beau tourner le problème dans tous les sens, il ne voyait pas d'autres solutions. Il fallait qu'il retourne auprès de Derek. Mais avant, il devait mettre de l'ordre dans sa vie et affronter la réalité en face. Il devait se souvenir et parler de ce qu'il avait « essayé d'oublier ». Il fallait qu'il la revoie. Et tandis qu'il se faisait la réflexion, les lèvres trempées dans son verre de whisky-coca, elle apparut dans son champ de vision, sublime comme à son habitude, dans toute sa flamboyante gloire. Pourtant la Reine avait quelque chose de fade ce soir, tandis que -de ce lieu de souvenirs- s'écaillait lentement le vernis du charme aveugle d'autrefois.
- Bonsoir Stiles. Salua Lydia, avant de s'asseoir face au jeune homme.
En espérant que cette chose vous ait plu, je vous laisse entre les mains de Pouki pour une suite de thriller de ouf (Oops désolée, la pression sans doutes).
n'hésitez pas à me dire si j'ai vraiment dépasser les bornes. J'aime tous vos commentaires, sérieux, vous êtes géniaux.
DianeMoon.
