Avant toute chose, je tiens à m'excuser. Je viens de me rendre compte que depuis le début j'écris "Isengard" avec un "t"...
Le dixième chapitre! Je m'étonne moi-même O_o mais ça ne serait jamais allé aussi loin sans votre soutien, et je tiens à remercier Mimi70 et Tsuki-no-ryu qui me suivent depuis le début et ne m'ont jamais laché, ainsi qu'Armelle, nouvelle venue depuis quelques chapitres!
Nous arrivons donc à la bataille de Fort-le-Cor, dont la version de Peter Jackson a été si controversée... J'ai donc emprunté des éléments du livre et du film en essayant de suivre la chronologie de la bataille (à peu près) et d'équilibrer l'apport de chaque source.
Mimi70: Jamais je ne dirais qu'une review peut être trop longue, et surtout pas venant de toi ;) quant au rôle de Boromir, eh bien pour le moment il n'est pas très développé (même s'il est bien présent), mais les changements surviendront surtout certainement à Minas Tirith ^^
Armelle: Merci du soutien!
Tsuki-no-ryu: Je peux pas non plus sauver tout le monde... xP
Et maintenant je cède la place au chapitre!
Chapitre 10 : Guerre ouverte
- Je suis affamé.
A peine Mablung eut-il prononcé ces mots qu'une longue rangée de torches apparut à l'orée de leur champ de vision. Les défenseurs se raidirent, voyant enfin leurs ennemis… et l'immensité de leur armée. Des lueurs toujours plus nombreuses venaient éclairer l'horizon, et bientôt on put distinguer les longues piques des ourouks depuis les remparts. La vallée fut rapidement emplie des soldats de l'Isengart, qui s'arrêtèrent juste à portée de flèche du mur. Un long silence emplit le champ de bataille, chaque camp semblant défier l'autre du regard. Aragorn commença à arpenter le mur, encourageant ses hommes à se battre.
- N'ayez pas de pitié, car ils n'en auront pas pour vous ! Tirez jusqu'à votre dernière flèche ! Lancez jusqu'à votre dernier javelot ! Et quand vous n'aurez plus ni l'un ni l'autre, battez-vous !
En contrebas, les ourouks commencèrent à frapper le sol de leurs piques en vociférant à qui mieux-mieux. Gimli, dont la tête ne dépassait pas les créneaux du fait de sa petite taille, commença à râler.
- Vous auriez pu choisir un meilleur endroit !
- On a fait ce qu'on a pu, répliqua Mablung sans quitter les orques des yeux.
- Mais qu'est-ce qui se passe ?
- Doit-on vraiment tout vous décrire, ou vous trouver un marchepied ? demanda Legolas.
Le nain éclata de rire, suivi par Boromir et Mablung, dernier moment de détente avant la bataille.
- Tengado a chadad ! ordonna Aragorn.
- A vos arcs ! traduit Mablung pour les archers rohirrims qui ne parlaient vraisemblablement pas elfique au vu de leur air surpris aux paroles du rôdeur.
Les elfes et les hommes encochèrent leurs flèches et visèrent la masse d'ourouks en bas des murs.
- Faeg y varv dîn na lang a nu ranc, souffla Legolas.
- Leur armure a une faille au cou et sous les bras !
Une goutte d'eau s'écrasa sur la muraille devant le chasseur, suivie d'une multitude d'autres qui firent raisonner les armures elfiques, créant une mélodie cristalline qui emplit bientôt tout le Gouffre. Devant le bastion, sur le second rempart, Théoden soupira.
- La bataille commence.
Les ourouks continuaient leur cacophonie guerrière, tandis que les archers gardaient toujours leurs arcs baissés, prêts à décocher. Aucun des deux camps ne semblait vouloir lancer les hostilités. C'est alors que les forces d'un vieil archer rohirrim craquèrent, et sa flèche partit pour transpercer la gorge d'un ourouk, qui s'écrasa au sol.
- Dartho ! Attendez ! ordonna Aragorn.
Les orques se turent et contemplèrent leur compagnon abattu. Ils crièrent alors de plus belle, et leur capitaine balança son cimeterre en avant, faisant signe d'attaquer. La masse des créatures se lança commença alors à courir vers le mur.
- Hado i phillin !
- Tirez ! traduit Mablung en décochant sa propre flèche.
Une pluie mortelle décima alors les assaillants, freinant pour un temps la vague d'assaut. Mais les orques se précipitaient toujours plus nombreux, même quand le bataillon de galadhrims placés derrière le mur leur eut décoché également une volée, suivis des rohirrims entourant Théoden. Chaque soldat commença alors à tirer comme il pouvait, sans aucun semblant d'ordre, espérant arrêter l'attaque, alors que la panique ne faisait que l'accélérer. Dans les rangs ennemis, des arbalétriers firent leur apparition, fauchant les premiers rangs de galadhrims. Mablung les prit alors pour cible, avant de ressentir lui-même la désagréable sensation d'un carreau dans la poitrine.
- Pendraith !
- Des échelles !
- C'est bien ! se réjouit Gimli. C'est bien !
- Voyons ce que ces choses ont dans le ventre, dit Boromir avec un sourire sinistre. J'ai un petit compte à régler avec les pantins de Saroumane.
Une échelle s'abaissa juste devant lui, et le Gondorien transperça sans perdre de temps l'ourouk qui se trouvait au sommet, avant de la repousser d'un coup de pied. Néanmoins, la plupart des autres échelles avait rencontré plus de succès, et les bersekers abattirent un grand nombre d'elfes avant d'être stoppés. Mais leur diversion avait fait son effet, et des ourouks grimpaient déjà sur le mur, alourdissant les échelles que les défenseurs ne pouvaient désormais plus décrocher. Le corps à corps s'engagea.
Mablung rangea calmement son arc et commença à tailler progressivement les ourouks montant de d'une échelle à proximité. Suivant son exemple, Gimli sauta sur les créneaux entre deux échelles et alterna les coups de hache de chaque côté, abattant tous ceux qui tentaient de monter. Les galadhrims derrière le mur continuaient de tirer leurs mortels projectiles, formant des trainées argentées dans le ciel pluvieux. C'est alors qu'un bélier avança sur la chaussée, couvert par de nombreux boucliers serrés les uns contre les autres afin de ne laisser qu'un minimum de failles. Aragorn attira l'attention des elfes qui tiraient encore sur les remparts, qui se détournèrent de leurs cibles pour prendre l'ennemi par le flanc. Malgré leur intervention, le bélier continua son avance et commença ses allers et venues, frappant sur la porte comme le glas de la défaite pour les rohirrims. Ceux-ci ne perdirent pas de temps et vinrent se coller en nombre de l'autre côté de la porte afin de contrer la pression des ourouks.
C'est à ce moment que Mablung remarqua un trafic étrange en contrebas. Les orques posaient des sortes de grosses sphères dans le caveau qui permettait à la rivière de s'écouler hors du Gouffre. Dans un premier temps, il continua à se battre, sans trop s'en préoccuper. Mais quand une dizaine de ces choses furent amassées en bas, il fit signe à Boromir, qui combattait pile à la verticale de l'endroit, de s'en écarter un peu. Si le danger n'était pas immédiat, mieux valait prévenir que guérir.
- Est-ce tout ? Tout ce que votre magie peut faire, Saroumane ? railla Théoden.
Une allée se forma dans les rangs des orques. Une berseker commença à y courir, une torche à la main.
- Oh, merde ! jura Mablung en tirant son arc.
Aragorn se retourna vers lui et entrevit sa cible, toujours courant vers les sphères entreposées au pied du mur.
- Tuez-le, Legolas ! Abattez-le !
Les deux elfes décochèrent chacun une flèche qui se plantèrent dans le torse et l'épaule de l'ourouk, qui continua sa course. Priant pour que son projectile touche au but, Mablung décocha un dernier trait qui se figea dans la gorge du berseker, qui tomba à genoux. Et lança sa torche sur le mur.
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Leanne avait refusé de rejoindre les grottes avec le reste des femmes et des enfants. Elle savait pourtant ce qu'elle risquait : si la forteresse tombait, elle ne pourrait pas s'enfuir, et elle serait condamnée à mourir. Ou peut-être pire. Elle frissonna à cette pensée, toute seule dans la tour de Fort-le-Cor, dans la chambre qui lui avait été attribuée avec Eowyn. La nièce du roi avait quant à elle été forcée de rejoindre les grottes, pour guider les réfugiés dans les montagnes si la bataille tournait mal.
De la fenêtre montait tous les bruits du combat : les cris, le sifflement des flèches, les crissements des épées. Et au-dessus de tout cela, un concentré de souffrance indicible, qui la torturait profondément. La princesse s'efforçait de tout son être de faire abstraction : ses compagnons étaient en contrebas, peut-être déjà morts. Elle s'empressa d'étendre sa conscience au cœur de la bataille pour les retrouver, ce qu'elle réussit rapidement, à son grand soulagement. Ils étaient tous vivants. Pour le moment. Car soudainement, deux des flammes animant la pensée de ses amis disparurent, en même temps qu'une grande déflagration se faisait entendre au-dehors. L'ange ne put s'empêcher de hurler quand elle comprit que deux de ses amis venaient de se faire tuer.
'-'
L'explosion réduisit tout le centre du mur en pièce, envoyant valser de nombreux galadhrims en même temps que de gigantesques blocs de pierre qui se suspendirent un moment dans les airs avant de retomber brutalement parmi les ourouks, en écrasant un grand nombre. Les Isengardiens tentèrent aussitôt de profiter de la brèche, ce en quoi ils eurent tort : brutalement libérées, les eaux qui passaient sou le mur formèrent une grande vague qui noya les orques empêtrés dans leurs lourdes amures.
Boromir fut projeté à plusieurs mètres de là, mais toujours sur les remparts, alors qu'Aragorn et Mablung tombèrent dans la rivière qui serpentait maintenant tranquillement entre les débris. Il se releva péniblement, encore sonné par son atterrissage plutôt rude sur les pierres du rempart. Il vit alors les ourouks entrer par la brèche, malgré le tir nourri des galadhrims. Il remarque aussi deux formes familières parmi les corps des elfes soufflés par l'explosion. Aragorn et Mablung avait eu moins de chance que lui et avait été envoyés en bas, directement sur le chemin des Ourouks-Haï. Son regard croisa celui de Gimli, qui avait atterrit de l'autre côté de la brèche, et la même idée germa dans leur esprit. Ils se saluèrent d'un signe de tête et coururent tous deux vers le trou béant dans l'enceinte protectrice, et sautèrent sur les orques qui la franchissaient.
Les orques furent grandement déstabilisés par cette manœuvre doublement improbable : premièrement, personne n'aurait dû être assez fou pour sauter délibérément d'aussi haut, et deuxièmement ce n'était que pure folie de se dresser contre une horde d'ourouks en furie. Ils allaient l'apprendre tout de suite. Redoublant de cris et de vociférations, les assaillants se jetèrent sur l'homme et le nain qui avaient profité de l'effet de surprise pour se relever.
- Ça va me permettre d'augmenter mon compte, dit Gimli avec un sourire féroce. Et vingt-cinq ! cria-t-il en lançant une de ses haches sur le premier orque.
- Si vous voulez jouer à ça… trente-trois ! rigola Boromir en décapitant son propre adversaire.
Et contre toute attente, l'assaut fut ainsi momentanément stoppé par deux fous qui comptaient gaiement à tour de rôle les cadavres qui allaient compléter le monticule qui se formaient à leurs pieds.
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Mablung se frotta longuement la tête avant de se relever. Peu importait s'il était en plein milieu d'une bataille. Un de ses amis lui avait un jour dit que la précipitation amenait forcément l'erreur, et se relever alors que le sens de l'équilibre n'est pas encore rétabli reste le meilleur moyen de retomber instantanément au sol. Une fois que son pauvre crâne eut absorbé le choc qu'il venait de recevoir, il se mit à genoux et chercha un instant son épée dans la boue, avant de se décider à empoigner plutôt la hampe de sa lance. Il serait bien temps de retrouver Aranruth après. S'il survivait. S'aidant du manche de son arme pour se remettre debout, il contempla un instant le spectacle qui s'offrait à lui : les défenseurs tenaient toujours bon sur les remparts, et aucun orque n'avait encore passé la brèche. « Tiens, c'est pas normal ça. Ils devraient déjà avoir envahi la cour ! », pensa-t-il avant de voir Boromir et Gimli taillader les orques à tour de bras. Il eut alors un sourire carnassier et les rejoignit en courant, et en lançant un retentissant « attendez-moi ! ».
Les ourouks se décidèrent à procéder autrement quand ils se rendirent compte que leurs assauts brutaux ne servaient à rien face aux trois défenseurs hétéroclites de la brèche. Ils envoyèrent donc leurs derniers arbalétriers régler le problème.
Quand une flèche siffla à son oreille, Mablung se tourna vers le lanceur, qui n'était plus seul. Une dizaine d'ourouks rechargeaient leurs arbalètes le plus rapidement qu'ils le pouvaient, c'est-à-dire à une vitesse assez réduite étant donné la taille de l'engin. Se rendant compte du danger, l'elfe agrippa Gimli et l'aplatit par terre avant d'ordonner à Boromir de se coucher et de se laisser tomber également dans l'eau rouge de sang. Le Gondorien posa un genoux à terre et brandit son bouclier juste à temps pour stopper la course de trois carreaux tandis que les autres passaient au-dessus de l'elfe et du nain.
- Hado i phillin ! Herio ! cria une voix derrière eux.
Aragorn, qui s'était relevé, brandit son épée en direction des ourouks qui recommençaient à charger, et les galadhrims derrière lui lâchèrent une volée qui arrêta net l'avancée des orques. Puis il abaissa sa lame et courut vers la brèche, suivi de tous les elfes qui tirèrent leurs grands sabres et délaissèrent leurs arcs.
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Les flammes des consciences de ses compagnons se rallumèrent, et Leanne comprit avec soulagement qu'ils n'étaient qu'évanouis et venaient de se réveiller. Elle s'assit sur le rebord de son lit et sa tête se tourna vers un grand arc d'if déposé dans un coin. Pendant toute l'après-midi, pour se faire pardonner, Mablung lui avait appris les rudiments du tir à l'arc tout en lui décrivant son ancienne patrie. Elle n'était pas une grande tireuse, et que pouvait bien faire un arc de plus dans une bataille d'un tel ordre ?
Mais au moins ne resterait-elle pas en arrière.
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Alors que la situation de la brèche stagnait, l'Isengard dévoila son dernier atout : les ourouks apportèrent de grandes balistes qu'ils placèrent en face du bastion, dont les murs étaient trop hauts pour des échelles traditionnelles. Ils attachèrent de grosses cordes aux projectiles des engins de siège, et à l'autre bout de gigantesques échelles munies de crans en acier abaissables afin d'éviter que les échelles soient repoussées sur l'armée. Ainsi, ils parvinrent à mettre en place de nouveaux moyens de monter directement sur les murs, et purent prendre les galadhrims en tenaille, les forçant soit à descendre dans la cour soit à rejoindre le bastion et à combattre avec les rohirrims.
Profitant de la confusion semée par les balistes, un nouveau bélier fut amené aux portes, cette fois non couvertes par les elfes. Les coups firent rapidement leur effet, et Théoden descendit de son porte d'observation pour aider à défendre l'entrée du fort.
- Gamelin, ordonnez le repli !
Les orques débordèrent les défenseurs, qui s'efforçaient néanmoins de renforcer la porte à l'aide de solides madriers. Le souverain se jeta dans la mêlée et abattit plusieurs orques avant qu'une pique ne vienne se planter dans son épaule, le forçant à battre en retraite. Alors que l'entrée semblait perdue, Une volée de flèches décochées à une vitesse impressionnante fendit l'air pour faire refluer les assaillants.
- Refermez la porte ! cria Legolas en continuant son tir nourri.
Alors que le combat faisait rage un peu partout autour de lui, Aragorn vit Gamelin lui faire de grands signes du bastion, et hocha la tête pour lui signifier qu'il avait compris.
- Repli ! Au bastion ! Repli !
Mablung acheva son adversaire en criant un « trente-huit » et courut vers le mur, suivit des elfes encore vivants et de Boromir qui trainait Gimli, le nain refusant de quitter le champ de bataille. Il monta sur les remparts et se fraya un chemin en faisant des moulinets avec sa lance, dévastant les rangs ennemis et permettant aux elfes de le suivre sans encombre tout en arrosant les ourouks de flèches. Il rejoignit Haldir et lui évita une pénible fin en empalant un orque qui allait lui fracasser le crâne, et tous les survivants se retrouvèrent autour de la porte principale.
- On y arrivera pas comme ça ! leur cria Théoden.
- Il n'y a pas moyen de prendre les ourouks par surprise en attaquant par les flancs ? demanda Mablung en se tournant vers le roi blessé.
- La poterne !
Aragorn et Gimli se précipitèrent sur la petite porte dérobée, et le rôdeur se tourna une dernière fois vers le souverain avant de sortir du fort.
- De combien de temps avez-vous besoin ?
- Autant que vous pourrez me donner !
Mablung reprit son arc et se plaça aux côtés de Legolas pour harceler les orques qui essayaient toujours de passer, avant qu'Aragorn et Gimli n'apparaisse devant son champ de vision et ne commencent à faire tomber les assaillants de la chaussée. Prit d'une inspiration subite, le chasseur remonta sur les remparts et brisa le haut d'une échelle afin d'en détacher les accroches qui la maintenait au mur. Avec un salut théâtral envers son compagnon elfe vert sidéré, il bascula dans le vide avec l'échelle et la lâcha juste avant qu'elle ne s'écrase au sol pour sauter au milieu d'Aragorn et de Gimli et de les aider dans leur tâche gargantuesque.
- Il est fou, souffla Legolas.
- Peut-être, mais il ne manque pas non plus de courage, rajouta Haldir.
Un dernier madrier fut posé en travers de la porte afin de reboucher le trou fait par les impacts du bélier, et au dernier moment, Théoden y passa la tête pour avertir les trois combattants.
- Sortez de là !
Puis la planche de bois fut posée et son visage disparut. Legolas et Haldir s'empressèrent de faire parvenir une corde à leurs compagnons, mais les ourouks les voyant isolés se jetèrent encore plus nombreux sur eux. Mablung lança sa pique et ramassa deux cimeterres d'orques tombés à terre. Les ourouks ralentirent, approchant en marchant de ces proies si faciles. Aragorn agrippa la corde, mais se retourna vers le chasseur sans comprendre.
- Mais qu'est-ce que vous faîtes ?
- Montez, Aragorn. Il n'y a pas de temps à perdre.
- Vous venez avec nous !
- Non. Vous savez très bien que c'est impossible, ils sont trop nombreux. L'heure est venue de payer ma dette.
- Quelle dette ? Ne jouez pas au héros et venez !
- Partez d'ici ! Je les retiendrais le temps qu'il faudra pour vous permettre de fuir. Tirez, Legolas !
Comprenant que le sacrifice du chasseur était inévitable, le prince ramena la corde vers lui, et avec elle Aragorn et Gimli. Voyant leurs cibles s'échapper, les orques se jetèrent sur Mablung qui les devança en allant à leur rencontre. Tuant ses ennemis deux par deux, il avança progressivement dans leurs rangs sans faiblir, permettant à ses amis de s'en sortir tout en y restant, lui. Mais il avait toujours voulu mourir comme ça. Un sacrifice noble et beau. Il avait prévu depuis longtemps que cette bataille serait sans doute sa dernière.
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Boromir arracha une arbalète ourouk au cadavre de son propriétaire et remonta sur les murs pour élargir son compte. Il comptait bien montrer à Legolas, Mablung et Gimli que les hommes savaient aux aussi sa battre comme des lions quand il le fallait. C'est en commençant à viser qu'il remarqua Mablung qui se battait tout en continuant à avancer. Mais l'elfe avait fait demi-tour à la fin de la chaussée pour maintenant revenir vers le mur… Et l'échelle qui y était accrochée. Souriant à l'ingéniosité de son ami (et à son impétuosité), il ajusta son tir pour créer un passage au chasseur.
Bientôt, il fut rejoint par un autre tireur sur la deuxième enceinte, et se retourna pour découvrir avec surprise Leanne, qui parvenait étonnamment à viser malgré la distance. Reprenant son méthodique travail, il amena son compte à quarante-et-un.
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Aragorn ruminait de sombres pensées tout en retenant la porte de nouveau sujette aux assauts d'un bélier. Si c'était le cas, cela voulait dire que Mablung était mort, submergé par le nombre. Mort pour le sauver, Gimli et lui. Une larme coula le long de sa joue, et une soudaine envie d'en découdre le prit à la gorge. Ils allaient payer. C'est alors qu'une main se posa sur son épaule.
- Ne m'enterrez pas trop vite, fit une voix railleuse.
- Mais comment… cela ne se peut !
- Je suis aussi increvable que vous, à ce qu'il semble, dit Mablung en souriant. Et j'ai amené mon compte à cinquante-trois, dit-il en se tournant vers Gimli.
- Cinquante-trois ! Ah ! Je ne laisserais pas d'oreilles pointues me dépasser !
- Pour ce qui est de la taille c'est déjà fait, fit Boromir, en redescendant avec son arbalète.
Une grande clameur retentit d'en haut, et des ourouks commencèrent à descendre du mur.
- Quoi ? s'exclama Mablung.
- Le mur est tombé ! les prévint Gamelin du bastion. Repliez-vous au fort !
'-'
Les coups de bélier faisaient trembler la mince porte de la citadelle. La tête basse, Théoden était assis, abattu, sur un des bancs de la grande salle, tandis que les autres étaient entassés en guise de madriers derrière la porte.
- A quoi bon se battre ? Tout est fini…
- Vous avez dit que cette forteresse ne tomberait pas tant que ses hommes la défendraient ! l'exhorta Aragorn. Ils la défendent encore !
- Ils sont morts en la défendant, rajouta Mablung.
Devant le manque de réaction du roi, le rôdeur le prit par les épaules et le força à se relever, le fixant droit dans les yeux.
- Tirons l'épée ensemble. Allons à leur rencontre.
- Pour la mort et la gloire…
- Pour votre peuple.
- Le soleil se lève, souffla Leanne.
Attendez ma venue aux premières lueurs du cinquième jour. A l'aube, regardez à l'est. Ces paroles revinrent à l'esprit de tous les hommes présents, et Théoden se redressa, empli d'une énergie nouvelle.
- Le cor de Helm, mes amis, va retentir dans le Gouffre… Une dernière fois ! Gamelin, sellez les chevaux ! Mablung, Haldir, Gimli, viendrez-vous avec nous ?
- Je ne suis pas à l'aise sur un cheval, répondit le nain. Je serais plus utile ici, à empêcher les orques de saccager la citadelle.
- Moi aussi, agréa Mablung. Bonne chance à vous.
Théoden, Aragorn et Legolas montèrent sur leurs chevaux, tandis qu'Haldir déclinait lui aussi l'offre du roi et que Gimli montait pour aller sonner du cor. Mablung s'approcha de Leanne.
- Allez vous mettre à l'abri, lui ordonna-t-il. Je ne souffrirais pas de vous voir mourir avant moi.
- Hors de question. Je suis là, et j'y resterais pour me battre.
- Comme vous voudrez, abandonna le chasseur.
Il prit la jeune femme par les épaules et sous les yeux ébahis de l'assistance (et de l'ange), il l'embrassa. Profitant de la diversion ainsi acquise, il l'assomma d'un coup du pommeau de son cimeterre, alors que la jeune femme commençait à s'abandonner au baiser. Suivi des yeux par tous ses compagnons, il monta à l'étage supérieur et l'y déposa, avant de redescendre juste à temps pour entendre la première plainte retentir. La porte s'ouvrit à la volée et les cavaliers sortirent au galop, se frayant un chemin sanglant au milieu des orques de l'Isengard.
Jugeant moins dangereux de piller la citadelle, les ourouks entrèrent dès que les cavaliers furent sortis, laissant à leurs compagnons d'arme le soin de les arrêter. Mais ils se retrouvèrent tétanisés face à la ligne formée d'Haldir, de Boromir et de Mablung, bientôt rejoints par Gimli qui revenait du cor. Boromir leva son épée et son bouclier devant lui. Mablung posa son cimeterre sur son cœur. Haldir brandit son sabre vers les ourouks. Et Gimli leur sauta dessus, et une fois leur salut terminé, tous les autres le suivirent.
'-'
Mablung cherchait à tâtons son épée, quelque part derrière la brèche. Gandalf était bel et bien revenu, avec Eomer, et les ourouks avaient été mis en fuite dans une forêt apparue miraculeusement à l'extrémité de la vallée. Tout s'était donc bien terminé, en fin de compte. A part la mort de cent-cinquante des galadhrims, et des trois quarts des rohirrims. L'elfe retrouva enfin Aranruth sous le cadavre d'un ourouk particulièrement gros, et rejoignit Gimli, assis sur un autre corps, entouré de Legolas et Boromir.
- J'en suis à quarante-et-un, annonça fièrement l'elfe vert.
- Pas mal, pour un elfe des sombres forêts du nord. Je suis pour ma part assis sur mon quarante-deuxième.
Legolas attrapa son arc et tira une flèche dans le corps de l'ourouk.
- Quarante-deux.
- Il était déjà mort !
- Il bougeait encore.
- Normal, il a ma hache enfoncée dans son système nerveux ! s'énerva le nain en bougeant le manche de son arme, ce qui en effet fit palpiter les membres de l'orque.
- Pour ma part, annonça fièrement Mablung, j'en suis à soixante-trois. Qui dit mieux ?
- Soixante-seize.
Tous lancèrent un regard abasourdi à Boromir, qui avait un sourire narquois étalé de long en large sur le visage.
- Quoi ? J'avais une revanche à prendre !
'-'
La fin de la bataille de Fort-le-Cor! Alors, qu'en avez-vous pensé? Ai-je bien retranscrit les évènements divers tout en laissant un certain intérêt au récit? Toutes les réactions sont bienvenues!
Et merci à tous pour votre soutien!
