Une discussion, un moment, la découverte d'un lien...
Chapitre 10
Cachée à l'ombre d'un arbre, elle surveille une maison. A l'intérieur, une famille finit de prendre son repas. Elle n'a qu'à patienter, bientôt ils sortiront. La porte s'ouvre, c'est un garçon. Elle doit bien reconnaître qu'il ressemble à son père. Bien que ses cheveux ait pris une teinte rousse voir rouge. De part son attirail, elle devine qu'il s'est tourné vers la médecine. Il part surement en mission vu son paquetage. La deuxième est cette fille. Sa demi-sœur comme elle l'avait deviné. Elle a pris plus de sa mère que de son père. Bizarrement, elle ne l'apprécie pas. Peut-être devrait-elle apprendre à la connaître. Mais ce n'est pas son envie. Elle veut se tenir éloigner des enfants de son père. Après que Sakurako ait disparu au coin de la rue, elle descend de son promontoire. Naruto ne devrait pas tarder à quitter la demeure pour se rendre à son bureau. Dix minutes plus tard, son père fait son apparition. Cependant il n'est pas seul au pas de la porte. Cette femme est aussi présente. Elle se dévisage quelques secondes, elle détourne son regard vers son père.
La fleur de cerisier détaille la jeune femme qui se présente à elle. Son mari lui en avait parlé mais la voir est différent. Il a bien raison, Koiko a bien grandi. Sa chevelure et la couleur des yeux lui rappellent bien son mari mais le reste, elle le tient de cette femme. Teint de porcelaine, douceur du visage, silhouette et un regard transperçant. Il est indéniable que la petite fille de cinq ans est devenue une belle femme. En plus, elle peut ressentir le pouvoir écrasant qu'il sommeille dans ce corps. Une guerrière de grande valeur. Elle comprend pourquoi Naruto est fière de sa fille. Pourtant Koiko ne semble pas vouloir faire connaissance. Elle peut voir le dédain dans ses yeux d'un bleu translucide. Son mari lui jette un regard navré et l'embrasse tendrement avant de partir avec sa fille. A cette dernière, il lui offre un regard de reproche qu'elle a vite fait d'ignorer. Bien qu'elle n'aime pas Sakura, elle doit bien avouer que cette femme est dotée d'un magnétisme. Un physique hors norme avec cette chevelure rose et ces yeux étincelants comme les émeraudes. Mais il n'empêche qu'elle n'aime pas cette kunoichi de renom. Elève de Tsunade, grande med-nin à la force dévastatrice. Son père a beau lui reprocher son comportement, elle ne le changera pas. C'est sa vie, sa décision.
Le père et la fille continue leur marche vers le bureau de l'Hokage. Le trajet se fait dans le silence. Il est gêné. Il ne sait pas comment commencer la conversation. Devrait-il entrer dans le sujet directement ou y aller en douceur ? Il désespère face à son incompétence. Son lien avec sa fille est si différent d'avec Hinata. Les deux, une fois réunies, sont si… étincelantes. Alors que lui, il a l'impression que leur éclat est fade. Il repense à la conversation qu'il a eue avec Hinata, après la levée du sceau.
- Naruto, il faut que tu lui parles. Elle ne pourra contrôler sa pleine puissance qu'en sachant d'où elle vient et comment l'utiliser.
- Est-ce vraiment nécessaire ? Je ne tiens pas à ce qu'elle ait accès à ce pouvoir.
- Ça ne m'enchante guère mais plongée dans l'ignorance, elle n'en sera que plus dangereuse. Nous ne serons pas indéfiniment présents pour remettre les choses en ordres.
- Tu as bien raison. Bien, dans ce cas, je lui parlerai de notre pouvoir. Concède-t-il
La nouvelle lui fait plaisir. Elle dépose une main sur sa joue.
- Je savais que tu ferais un bon père. Murmure-t-elle
Il n'avait rien répondu. La malice se lisait dans le regard blanc et la confiance. Il y a longtemps qu'il n'avait eu droit à un tel geste de sa part. Gêné, il a fait demi-tour, la laissant seule avec l'enfant représentant leur amour.
- Tu penses à quoi ? L'interrompe la voix de sa fille
- A toi de me le dire.
- Hmmm… tu revivais un moment précis avec maman. Ton visage s'est adouci et cette expression, tu ne l'as prend que pour elle. Quand tu parles de Sakura Haruno, ton visage est tendre mais tes yeux pétillent. Alors que maman, c'est différent. Explique-t-elle
- Je vois que même sans le Byacugan, tu déchiffres avec facilité les expressions des personnes. Conclu Naruto
- C'est pour cela que l'on redoute le clan de maman ? Moi, je pense que tout le monde peut mettre à jour les sentiments des autres avec un tant soit peu d'observation. Mais je dois avouer que c'est la fluctuation de vos chacra qui me renseigne.
- Petite maligne. Plaisante-t-il.
- Maman t'a demandé de me parler n'est-ce pas ?
- Pourquoi ne serait-ce pas ton père qui entame la démarche ?
- Tu te souviens de notre premier face à face ? Moi, oui. Je m'en rappelle dans les moindres détails. Tu n'arrivais pas à venir de front, me craignant. Il a fallu que ça soit Sasuke-san qui m'emmène vers toi. Et là, c'est la même chose. Tu ne sais pas comment te comporter avec moi.
- Il n'est pas facile pour des parents de savoir la façon d'aborder un enfant qui nous connaît à peine. Vingt-trois ans nous sépare de notre rencontre et pourtant, c'est comme si tu n'avais jamais quitté ta mère.
Koiko dévisage son père. Bizarrement, elle lui trouve un air fatigué. Il semble plus âgé ainsi. Elle doit l'avouer, la relation de son père n'est pas identique à celle de sa mère. Quand elle plonge dans le regard blanc d'Hinata Uchiwa, elle est absorbée. Le bien être l'envahit. Enfant, il lui a suffit d'un échange pour voir qui était réellement cette femme. Le pouvoir du Dragon Blanc les relie indéniablement. Alors qu'avec Naruto, la situation est bien plus complexe. Même si elle ressent aussi ce bien être, elle n'est pas autant attiré. Evidemment qu'elle se sent à l'abri dans ses bras musclés mais ce n'est pas la même situation. Une barrière s'est formée entre eux. Un obstacle qu'ils ne franchiront qu'après s'être expliqués. Comme elle avait répondu à Uchiwa Sasuke, au fond elle régnait une force qui faisait qu'Uzumaki Naruto ne pouvait qu'être son père. Ils arrivent dans le bureau et s'installent dans le canapé. L'Uzumaki dévisage son enfant avec angoisse. Bon Gamin, tu vas cracher le morceau ? Ou je dois y mettre de ma personne ? Il pouffe face à l'arrogance de Kurama. Décidément, ce renard est toujours aussi impatient. Koiko lève un sourcil d'étonnement. Elle a senti une fluctuation bien étrange, même une voix. Et maintenant son père qui rit tout seul.
- Désolé, un moment d'égarement. Bon, par où commencer…
- Si tu me disais d'où vient ce second chacra, identique au tien. Pourquoi, dans mes cauchemars, je vois ce rouge à la forme d'un renard ?
- Je suis le jinchuriki de Kyubi, le démon renard à neuf queues. Il vit en moi et j'ai accès à sa puissance. En temps normal, seul un jinchuriki peut prendre possession des pouvoirs de son démon mais ce n'est plus le cas pour Kyubi.
- Que veux-tu dire ?
- … Ta mère est tombée enceinte un peu avant notre séparation, je ne le savais pas. Et il semblerait que Kyubi ait décidé de te faire don de son pouvoir. Cependant, on ne s'approprie pas facilement cette puissance. La preuve est faite après… ton règlement de compte.
- Alors dans mon chacra, une partie appartient à Kyubi. Je suis…comme toi ?
- Non, tu n'es pas une jinchuriki. Regarde.
Il attrape la main de sa fille pour la déposer sur son ventre. Le sceau du Yondaime apparaît au contact de Koiko. Elle se sent étonnement bien. C'est chaud. Elle reconnaît la signature. Dans sa tête, une voix résonne. Elle est caverneuse mais elle ne l'a craint pas. Elle lui rappelle son autre. Sauf que la force est multipliée par cent voir plus dans ce sceau. Alors c'est ça son lien avec son père. Ensemble, il partage le pouvoir d'une bête. Kurama, gamine. On m'appelle Kurama et pas bête. On ne t'a pas appris à être polie ? Elle ne répond pas. Cette voix, elle veut la rejoindre. Qu'il la laisse entrer dans ce monde. Après tout, ils sont liés. Elle doit pouvoir y arriver. Elle sent la main de son père se poser sur la sienne. Elle le regarde.
- Ensemble.
Koiko ferme les yeux à sa suite et le monde disparaît. Elle se retrouve en face d'immenses colonnes. Derrière, une ombre imposante se cache. Elle devine qu'il s'agit de Kurama. Il est bien imposant. Son père s'approche sans crainte et tape sur l'une des colonnes.
- Hey, elle est venue jusqu'ici alors montre toi.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, Gamin.
L'ombre se montre à la lumière pour révéler un Renard au neuf queues, d'un pelage roux. Quel bel animal. Son père lui fait signe d'avancer. Elle s'approche lentement. Alors le voilà. Le renard penche son museau vers son corps. Elle se sent si minuscule face à lui. Sa main se tend pour toucher le pelage. Comme elle le pensait, il est doux. Naruto lui sourit fièrement. Voilà, c'est ce visage qui l'envoute. Un sourire éblouissant qui éloigne les malheurs du monde. Elle étire elle-même les lèvres. Mais il est temps de quitter le renard. Elle sent que son autre souhaite sortir. Elle s'incline devant le renard et le salue.
- Ravie d'avoir fait ta connaissance Kurama. Tu vois, on m'a appris la politesse.
Elle disparaît en lui adressant un clin d'œil. Le Renard ricane sous l'impertinence de la gamine. Elle lui rappelle un certain petit garçon qui avait osé lui demander un loyer. Décidément, ce trait de caractère est de famille.
Elle respire un grand coup et enlève sa main. C'est… extraordinaire. Une expérience qu'elle aimerait refaire. Son père ne se formalise pas de son euphorie et continue dans ses explications.
- C'est la raison qui a poussé ta mère a scellé tes pouvoirs. Tu n'utilises que le Dragon Blanc, le nombre de queue montre ta limite. Au-delà de trois, le pouvoir de Kurama prend le dessus et tu n'as aucun contrôle.
- Quand pourrais-je me libérer de cette limite ?
- Le moment viendra. Il ne faut pas que le pouvoir te monte à la tête. Je sais très bien la sensation que l'on ressent mais ce n'est pas bon. Avant d'avoir un contrôle sur les pouvoirs de Kurama, il a fallu que je passe des étapes. Et tu vas devoir en faire de même.
- Le scellement de mes pouvoirs se défera automatiquement ? S'interroge-t-elle
- Je pense que oui. Au pire des cas, tu sauras t'en défaire. Je vais te recommander à un ami, il sera où t'emmener.
- Quel est son nom ? S'excite Koiko
- Je te le donnerai qu'à ton départ.
Son visage prend une moue déçue. Qu'elle est craquante ainsi. Il l'attrape dans ses bras. Il veut sentir le corps de sa fille près de lui. Il sait que bientôt elle s'en ira. Chaque moment est précieux. Il veut s'imprégner de sa présence. Ses yeux océans se tournent vers la fenêtre pour voir une silhouette aux cheveux nuit. Ses lèvres forment un mot, la silhouette disparaît. Elle a vu ce qu'elle souhaitait. Il referme les yeux pour savourer cet instant. Ce mot qu'il a prononcé, Merci.
