CH10 « L'inlassable victime du bonheur des autres »
Remus ne savait plus où donner de la tête. Il se trouvait au beau milieu de la foule, celle qui semblait être devenue une gigantesque fourmilière au sein de laquelle chaque petite fourmi cherchait un siège sur lequel poser ses fesses et celles de ses amis, le tout dans une agitation et une excitation donnant le tournis. Il s'empressa de réprimander deux élèves qui allaient en venir aux mains, juste devant lui, "J'étais là le premier !" se défendit un jeune serpent, "les serpentards sont tous des menteurs, Monsieur ! Il a profité que je sois debout pour prendre mon siège !" protesta l'autre. La baguette de Remus fit apparaître un siège supplémentaire et il continua son chemin sans un mot de plus. Il n'allait quand même pas superposer son propre flot de paroles à celui des élèves... Ça aurait été irresponsable de sa part. Il y avait déjà bien trop de bruit pour que ses oreilles en ressortent indemnes. Il n'avait pas envie de rendre quelqu'un sourd en ajoutant le moindre décibel à ce remue-ménage insoutenable.
Allait-il trouver une place, à la fin ? Il était seul mais il ne pouvait pas se permettre de rajouter encore un siège pour lui-même. Dumbledore avait dit "Trente par professeur, pas plus". Il en avait fait apparaître 29 en tout. Le dernier, il souhaitait le garder pour un élève uniquement. On ne savait pas combien de temps la première épreuve durerait... Et les enfants avaient les nerfs à feu et à sang à cause de ce Tournoi. Il était préférable que chacun d'eux ait la possibilité de s'asseoir... Le seul à qui on ne pourrait pas garantir cette chance... Harry. Stop. Il devait arrêter de penser à Harry tout de suite. Un peu plus, et il se sentait hurler à tout le Château "Arrêtez tout !"... ce qui n'était pas fondé. Du calme, du calme...
La réverbération soudaine du soleil sur les cheveux d'une femme blonde, quelques mètres devant lui et lui tournant le dos, l'aveugla. Il se doutait parfaitement de l'identité de leur propriétaire. Son estomac se tordant n'était pas juste la version angoissée d'un petit creux. Il la vit tourner la tête vers les gradins, les sourcils froncés, comme la majorité des gens qui n'avait pas encore trouvé de place où cherchaient des connaissances. Elle tenait son fils par les épaules pour ne pas le perdre.
Il fendit la foule.
- Bonjour, vous êtes la mère de Drago ? Puis-je vous aider tous les deux ? " Une paire d'yeux purs et froids rencontrèrent les siens. Une douce chaleur s'écoula dans les veines de Remus quand il comprit qu'elle tentait tant bien que mal de garder son attitude supérieure devant son fil. Mais le coin de ses lèvres rouges venait de se recourber.
- Drago, qui est-ce ? lui demanda-t-elle, feignant l'incompréhension.
- Juste un prof, Mère." Drago roula des yeux. "Le professeur Lupin, compléta-t-il.
Narcissa releva les yeux vers Remus. "Ah, bien sûr. Professeur Lupin, Drago et moi cherchons une place loin des Gryffondors, l'informa-t-elle, une brève lueur amusée sublimant l'azur magnétique de ses pupilles.
- Je vous conseille alors de rester loin de moi, plaisanta-t-il. Ou de faire demi-tour ! Les Gryffons se sont regroupés justement dans cette partie des gradins.
- Mère ! gémit Drago. Laissez-moi rejoindre Blaise, là-bas ! Je l'ai vu, il me fait signe qu'il a une place pour moi.
Narcissa déclara avec inquiétude : "D'accord Drago, mais promets moi d'être sage. Ne te le laisse pas entraîner à nouveau dans une bagarre.
Drago, d'un air grave, le lui promit avant de souffler avec exaspération et s'en aller.
- Et voilà ! s'exclama Narcissa à voix basse. La tranquillité est retrouvée !
Remus sourit avec ce mélange de tendresse et d'amusement qui lui était si caractéristique. Il n'avait pas bien dû réaliser hier à quel point elle était encore plus belle que dans ses souvenirs.
- Professeur Lupin, j'ai l'impression qu'il y a des places, là-haut ! fit-elle en pointant du doigts les quelques sièges libres. Venez !
Il la suivit. Et il sentait qu'il l'aurait suivi partout.
- La proximité des Gryffondors ne vous révulse plus ? se moqua-t-il en arrivant à son niveau, tous les deux au milieu d'un gradin rempli de cravates rouge-et-or.
- Remus, voyons, je suis au-dessus de ces clichés ! Je suis au-dessus de tout ! lui glissa-t-elle dans l'oreille au moment où la foule se faisait moins dense, avant de repartir devant lui.
Évidemment. Il répondit d'un sourire poli, feignant devant ses élèves que "la mère de Drago" ne venait pas de lui faire part d'autre chose que des paroles purement professionnelles.
- Vous ne cherchez pas Severus ? demanda-t-il en s'installant sur le siège à côté du sien, la voyant prendre place.
- Se faire vouvoyer est absolument charmant, Remus, plaisanta-t-elle. Mais je pense qu'ici, ça devrait aller. Personne n'est derrière nous.
Remus tentait de réguler son souffle. Il se haïssait pour rougir aussi vite et pour presque rien. Après tout... c'était juste Narcissa. Qui lui parlait comme elle l'aurait fait des années plus tôt. Car de toute évidence ils avaient la chance d'être de ces amis qui se retrouvent sans que rien n'ait changé. Non ?
- Oui. Ça devrait aller. Du coup tu... ne voulais pas rester avec Severus ?
Elle fronça le nez et détourna le regard. "Non... répondit-elle vaguement.
- Un problème avec lui ?" Il s'en voulut pour sa curiosité. Narcissa gardait les yeux fixés sur tout autre chose que lui.
- Mmh. En quelque sorte, oui." Elle balaya le sujet d'un revers de main gracieux. "Rien de bien grave, assura-t-elle. Alors ?" Son visage était plein de malice. "Pas trop surpris de me voir débarquer là, comme promis ? Ne me sous-estimes plus jamais.
Remus rit. "Je ne m'y attendais pas, c'est vrai.
- En réalité ce n'était pas prévu pour si tôt. Mais Merlin... Ça fait du bien." Elle souffla en laissant ses yeux s'imprégner du paysage. Le cœur de Remus s'arrêta. Ses lèvres rondes et cette expiration...
- Et toi ? J'ai été surprise de te trouver sans mon cousin démoniaque...
- Sirius n'est pas démoniaque ! s'exclama-t-il, faussement indigné. Puis il se racla la gorge. "Nous avons... préférés rester séparés.
Narcissa se moqua de sa grimace embarrassée. "-Et pourquoi ?
- Nous sommes incompatibles." Remus tordait ses doigts de nervosité. "En période de stress, c'est une catastrophe. On se refile notre énervement mutuel... Je ressens le sien, il ressent le mien, tout s'additionne et on finit par devenir... invivable l'un pour l'autre.
- Oh. Je vois. C'est Potter Junior qui vous met dans cet état, je présume.
- Ne m'en parle pas... Plus le début de l'épreuve se rapproche, et plus..." Il toussa nerveusement.
- Je ne peux même pas imaginer ce que je ressentirais si mon fils était à sa place...
- Oh crois moi, il vaut mieux ne même pas essayer d'imaginer !" Les mains de Remus tremblaient sur ses genoux. Narcissa pensa à ce qu'elle aurait fait, avant... Elle aurait peut-être osé prendre ces mains qu'elle se rappelait si douces, autant ses paumes que le dos, et ne plus les lâcher jusqu'à la fin du Tournoi. Mais les choses avaient changé. Elle avait changé, surtout. Les contacts physiques...
- Respire Remus, lui murmura-t-elle à l'oreille, se penchant légèrement vers lui. Attends de voir ce qu'il va se passer... C'est dangereux, mais il y a aussi une possibilité que ça se passe... bien, toute proportion gardée.
Il expira longuement. "-Oui. Oui, bien sûr." Il n'avait pas l'air très convaincu. C'est surtout parce que son cœur explosait en milliards de morceaux, dans sa poitrine, dès qu'elle s'approchait pour faire raisonner sa voix pleine de mots qu'il devinait gentils dans son oreille. Et maintenant, il s'en voulait de laisser traîner des regards aussi... appréciateurs, sur tout le corps d'une femme... mariée, sans même s'en rendre compte. Et qu'il n'avait pas revu depuis des années, de surcroît. Mais Merlin... Est-ce qu'il était normal ?... En "manque" ou quelque chose ? Ou alors ça n'était que le stress du Tournoi qui le faisait délirer ?
- Allez ! On parle de Potter, quand même ! insista-t-elle.
- On parle d'un enfant, corrigea-t-il.
xx
Le jeune Potter venait de disparaître derrière une énorme pierre. Que foutait-il ? Cette question méritait d'être posée. Même si Remus montrait la ferme volonté qu'il y reste. "C'est bien, Harry" l'entendait murmurer pour lui-même Narcissa. Si cela pouvait vite se terminer...
Au début, elle avait trouvé l'inquiétude de Remus touchante, tout à fait charmante pour dire vrai. Et encore maintenant, sa bouche légèrement ouverte de stupeur quand Potter apparaissait, pourchassé de cette bête vingt fois plus grande que lui, suivie de cette main qu'il tentait d'empêcher de venir cacher ses yeux quand la situation se faisait plus critique... tout ça était un cadeau de douceur, si on prenait ses gestes hors de contexte. Mais là... Le contexte était que son inquiétude avait contaminé Narcissa, subitement, sans la prévenir. Son sang-froid n'avait pas complètement disparu, n'allez pas vous faire de fausses idées sur son légendaire contrôle d'elle-même ! C'est juste qu'elle espérait que Potter réussirait pour que Remus exprime autre chose que de l'angoisse, sur ce visage pâle et décoré de cicatrices dont elle n'ignorait plus l'origine à présent.
Potter venait de sortir de sa cachette sur un balais. Ah. L'espoir n'était pas mort. Mais pourquoi se dirigeait-il... droit vers eux ? Le... dragon à ses trousses ? N'avait-il aucun bon sens ! Elle capta le regard légèrement affolé de Remus. La suite arriva très vite. Potter rasant le toit en tissu au-dessus d'eux, les griffes gigantesques du dragon qui auraient certainement coupé des têtes si Remus n'avait pas crié un "Protecto" salvateur, avant de retomber sur son siège et de se masser violemment les tempes.
- Là... Ça commence à faire vraiment beaucoup." Il expira d'un souffle tremblant. Son regard scrutait les visages choqués de ses élèves.
- Remus... Quel réflexe, articula lentement Narcissa, ayant des difficultés à réaliser la rapidité de son geste.
Il l'interrogea du regard avant de tourner la tête, gêné. "Je suis là pour ça" répondit-il machinalement.
Narcissa resta muette.
- Mais pourquoi il ne revient toujours pas ? s'écria Remus, à voix basse. Est-ce que... Merlin, il lui est arrivé quelque chose !
xx
- Sirius, sors de là. Je ne me répéterai pas.
- Non.
Dumbledore ferma un instant les yeux pour s'octroyer une pause et conserver sa patience.
- Sirius. Harry est sortit de cette tente il y a bien trente minutes. Tu n'as plus à être là. Vas surveiller l'épreuve, comme tout le monde !
- Non.
- Je ne peux pas te laisser seul ici.
- Pourquoi ?
- Je ne veux pas.
- Pourquoi ?
- SIRIUS BLACK ! s'énerva le directeur.
- Albus ! répondit Sirius. Je refuse de voir mon filleul se faire décapiter par un dragon, est-ce bien clair ? Je n'ai pas signé pour ça ! Alors laissez-moi vivre mes derniers instants en paix dans cette foutue tente. Merde !
- Ne me parle pas sur ce ton, gronda Dumbledore, désespéré. Tu as intérêt à ne rien manigancer dans ton coin pour changer l'issue de cette épreuve. Si encore Remus était resté avec toi, je n'aurais rien dit ! Mais toi tout seul ! J'ai assez de souvenirs à l'appui pour te rappeler que j'ai de bonnes raisons de me méfier de ton comportement ! Les consignes que l'on te donne, j'ai l'impression que tu crois qu'elles sont optionnelles. Ce n'est pas le cas, Sirius. J'attends de toi une attitude responsable.
Le gryffondor tapa du pied, les sourcils froncés d'agacement.
- Alors là ! Je ne suis pas Rogue, bon sang ! Pourquoi pensez-vous que je vais désobéir ? Je n'ai plus quatorze ans !
Dumbledore haussa un sourcil. C'était la première fois qu'il l'entendait mentionner le nom de son ancien amant devant lui depuis son arrivée au Château.
- Figure toi que Severus m'a prouvé à de nombreuses occasions que je ne place pas ma confiance en lui à tord. Tandis que toi...
- Quoi, moi ?" Sirius croisa les bras.
- Ruzard est obligé de te surveiller plus attentivement qu'un élève, les soirs de rondes ! Alors que tu es sensé faire le même job que lui !
- Cette accusation est infondée. Ruzard ne vous a rien dit de la sorte.
Dumbledore roula des yeux. "- Parce que tu le forces à ne rien me dire !
Sirius se tut.
Dumbledore soupira une nouvelle fois. "-Je sais bien que c'est juste pour le plaisir de fouiner que tu t'introduis dans la Bibliothèque au lieu de surveiller les dortoirs... ce qui n'est évidemment qu'un exemple parmi d'autres... mais ne commence pas à me mentir, c'est clair ? Et ne menace plus Ruzard. Certes, vous vous êtes tous les deux menés la vie dure par le passé et tu reviens d'Azkaban, d'où tu as rapporté quelques mauvaises habitudes qui te rendent l'amabilité difficile en présence de tes « ennemis ». Mais je t'en prie, vois les choses avec un regard un peu plus... Tu sais, avec un peu plus de professionnalisme. Cela pourrait vous rendre tous les deux beaucoup plus efficaces." Sirius hocha la tête à contrecœur. "Maintenant... Je vais regagner les gradins pour m'assurer que tout va bien. Ceci est un test. Prouve moi que j'ai réellement raison de te confier des responsabilités et surveille cette tente des autres et de toi-même. C'est clair ?
Le gryffondor le regardait sortir d'ici avec soulagement. Il gérait bien mieux la panique tout seul ! Il commença à faire les cent pas, à tourner en rond. Peut-être que s'il faisait un footing dans cette tente il arriverait à se détendre ? Merlin ! Quelle mauvaise idée. Il fallait qu'il se calme et non qu'il se mette à gesticuler comme il ne lui était pas permis de le faire ! Il n'était pas sous sa forme canine, là ! Horrible. Tout son corps était parcouru par l'angoisse, de haut en bas, ses doigts, son estomac, sa tête, tout était si lourd et désagréable. Un dragon ! Lui, observer sereinement son filleul et un putain de dragon, côte à côte ? Il fallait lancer une saga : « A la recherche du bon sens de Dumbledore » !
Il se coucha précipitamment sur un banc et ferma les yeux. Il essayait de reprendre en main sa respiration en expirant par la bouche. En ce moment, il félicitait réellement James et Lily d'être morts... Ça y est, il reperdait la tête. C'était le genre de trucs qu'il avait pour habitude de se dire en prison.
Il essaya de se concentrer uniquement sur sa respiration et d'oublier les cris déjantés qui s'élevaient au dehors.
Soudain, il crut entendre un léger crissement de semelles sur le sol. Ses yeux s'ouvrirent. Rogue. Juste au-dessus de lui, légèrement penché. Il allait mourir.
- Non, je n'ai pas l'intention de te tuer." Haussement de sourcil narquois.
Sirius se releva d'un coup et le repoussa. "-Mais tu te crois où ! beugla-t-il. J'ai bien failli y passer à cause de toi ! Ne me refais plus jamais une peur pareille !
Rogue fit un pas en arrière.
- Et d'abord qu'est-ce que tu viens faire là ? C'est Dumbledore, c'est ça ?" Il exultait. Mais son énervement lui donnait une excuse pour pouvoir observer Rogue sous toutes les coutures... pour s'imprégner de cette taille mince qu'il avait foutrement envie de...
- Non, c'est pas Dumbledore. C'est la fin de l'épreuve. Ton filleul a réussi.
Sirius se leva d'un seul homme. Il bouscula brutalement Severus et sortit en courant.
Il avait voulu, l'espace d'une seconde de pure folie, lui sauter dans les bras. Il avait bien fallu rectifier le tir avant de se payer la honte de sa vie.
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-Narcissa… attends." Remus avait touché son bras pour qu'elle se retourne. Les yeux de la concernée remontèrent jusqu'à son visage. "Je… l'ai fait, souffla Remus. Ce dont on avait discuté.
C'était comme un coup de poing dans l'estomac. Mais différent de ceux de Lucius… Evidemment. "-Tu l'as fait ? répéta-t-elle, abasourdie. Mais on avait dit…
-Je sais ce qu'on avait dit, chuchota Remus. Mais Rogue ne t'a pas raconté ?
-Raconter quoi ? demanda Narcissa, les yeux plissés. Il s'est passé quelque chose entre les deux ?" Remus hocha la tête. "Oh. Il ne m'a rien dit de ça… on s'est disputé… lâcha-t-elle laconiquement.
Les gradins commençaient à se vider autour d'eux. Remus fit semblant de chercher quelque chose en voyant Dumbledore au loin, attendant visiblement qu'ils descendent.
-Je suppose que ce serait indiscret de te demander pourquoi. Mais en tout cas, oui, ils se sont… embrassés" Remus soupira avant de reprendre. "Et Rogue lui a laissé sous-entendre certaines choses, ensuite. C'est mieux que tu le saches. Pour l'instant, Sirius m'a juré de faire « comme si »… mais on sait tous les deux que ce n'est pas la solution… ni même possible. C'est ce que je lui ai dit, mais…
-Remus… tu n'aurais jamais du. Ils auraient fini par craquer tous les deux." Elle le regardait avec désapprobation. "Tu t'es mis dans une sale situation."
"Tant pis" Il fit un signe à Dumbledore et s'éloigna après l'avoir saluée.
Et voilà. Elle se retrouvait obligée d'inventer une bonne excuse pour expliquer à Severus d'où venaient tous ses bleus, pour après tout faire pour qu'il ne s'en prenne pas à Remus. Elle devrait réussir à camoufler la vérité, et d'une façon convaincante cette fois… sinon, Remus resterait l'inlassable victime du bonheur des autres.
Narcissa avait perçu la façon dont il la regardait. Hier aussi. Et des années plus tôt, aussi, sans qu'elle ait accepté de donner un sens aux nombreux indices qui volaient devant ses yeux, la narguant presque, et qui l'avaient rendu inconsciemment si pleine de vie, de ce bonheur serein et enthousiaste à la fois, plein d'espoirs et de confiance, ce bonheur joyeux qu'elle avait attribué à tord à sa relation Lucius. Et bien sûr, bien sûr, elle avait été trop préoccupée à organiser cette chute dans les enfers avec « l'homme de sa vie » pour le comprendre. Pouvait-elle dire qu'elle était une victime, elle aussi ? Quand tout ce qu'elle avait su faire, c'était piétiner les rêves de Remus afin de se hisser elle-même vers un bonheur illusoire avec un homme infecté jusqu'à la moelle d'idées malsaines au possible ? Ne l'avait-elle pas cherchée, ne l'avait-elle pas voulue, cette situation, au fond ?
Maintenant, elle ne pourrait jamais plus aimer personne comme avant. Tous ses choix puériles et égoïstes s'étaient retournés contre elle pour la blesser au plus profond, lui enlevant tout, dignité, espoir de se rattraper peut-être, d'oublier surtout. L'irréparable droit derrière et devant elle. Entre deux murs faits de gâchis.
You could be happy,
I won't know
But you weren't happy
The day I watched you go
You could be happy
I hope you are
You made me happier
Than I'd been by far
Il n'y aura pas de chapitre la semaine prochaine. Et d'ailleurs peut-être pas avant que j'aille un peu mieux et que je puisse de nouveau écrire. L'état d'esprit n'est juste pas le bon…
