Tatadaaaaaaaaa ! Et voici le deuxième chapitre de cette nouvelle année scolaire ! Celle-ci est très courte, il n'y a que trois chapitres qui lui sont consacrée.

Comme toujours, je précise que rien ne m'appartient, sinon les choses terribles (et belles aussi, hein ! Promis !) que je vais faire vivre à la Nouvelle Génération.

J'apporterais des précisions si nécessaires au fur et à mesure, et je rappelle qu'il y aura du H/H dans cette fiction, donc homophobe, passez votre chemin !

Bonne lecture !


Chapitre 2 : J'apprends tout seul à faire mes arts

Scorpius se disait vraiment qu'il était maudit. Ou que le professeure Sanders était folle, au choix. Elle venait de constituer les groupes pour l'examen de potion : il fallait élaborer une potion et faire un dossier sur ses propriétés, les caractéristiques de sa conception etc… Et oh surprise, Sanders l'avait mis avec James Potter. Non, vraiment, il devait être maudit. James le rejoignit là où il était assis, posa son chaudron et déroula un morceau de parchemin. Scorpius ne pouvait s'empêcher de l'observer. Depuis maintenant trois mois et demi que les cours avaient repris, le comportement de James évoluait, « s'adaptait » constamment. Albus et lui s'ignoraient la plupart du temps, parfois s'envoyaient des piques dans la salle commune, mais évitaient ne serait-ce que de se tourner dans la direction de l'autre lorsqu'ils étaient dans la Grande Salle. Scorpius trouvait ça déplorable.

James se tourna vers lui, lui adressa un bref sourire, puis se pencha sur son parchemin.

- On pourrait commencer par lister les ingrédients, t'en penses quoi ?

Oui, il trouvait vraiment ça stupide, d'autant que James se comportait tout autrement avec lui. Au cours de ces trois mois, il avait progressivement fait un pas vers lui. Plus de ton désagréable, des regards, une plume prêtée, un bonjour le matin… Des signes de sympathie qui faisaient qu'aux yeux de Scorpius, James n'était plus aussi arrogant qu'il en avait l'air.

- Ouais, c'est une bonne idée.

Scorpius prit sa plume et recopia les ingrédients notés au tableau.

- On pourrait peut-être récapituler brièvement leurs propriétés.

James considéra la proposition de Scorpius, son stylo à encre posé sur ses lèvres, les yeux passant rapidement les ingrédients en revue.

- Oui, mais il va falloir garder les principales pour certains. Il y en a trop.

Scorpius hocha la tête et commença à lister les principales utilisations du dictame.

- Alors, tu as commandé quoi pour Noël ?

Scorpius se tourna vers James et sourit, content qu'il veuille discuter avec lui.

- Mon père a toujours de bonnes idées, donc d'habitude je ne dis rien, mais cette année, je crois que je vais lui demander un stylo à encre.

James se tourna vers lui et hocha la tête en souriant.

- T'as vu, c'est cool, hein ?

- J'aime bien, oui, ça change de ces foutues plumes. Comment tu as découvert ça ?

- Mon grand-père est passionné par les objets moldus. Alors quand il a découvert ça, il m'en a acheté un et il se trouve, comme je te l'ai dit, que ça se développe chez nous, les sorciers.

Scorpius était très attentif. C'était la première fois qu'il approchait, même de loin, la famille d'Albus. A part la famille d'Hermione.

- Tu rentres chez toi pour les vacances de Noël ?

Scorpius hocha la tête.

- Oui, je passe les fêtes de fin d'année avec mon père.

- Et le mien.

Scorpius s'arrêta et se tourna vers James, les sourcils froncés d'inquiétude. James se mordillait la lèvre.

- James…

- Potter, Malfoy, on travaille en silence s'il vous plaît !

James se redressa et commença à couper les ingrédients dont ils avaient besoin. Scorpius fit de même, tentant tant bien que mal de se concentrer sur ce qu'il avait à faire.

.

.

- Scorpius, je te parle !

Le sorcier sursauta et se tourna vers Jensen qui le fixait, un sourcil haussé.

- Parle pas si fort, chuchota Scorpius en cherchant la bibliothécaire stagiaire du regard. On va se faire jeter.

Jensen leva les yeux au ciel et ferma son livre.

- On travaillera quand tu seras plus concentré. De toute manière, j'ai entraînement de Quidditch. A plus.

Scorpius le salua vaguement, puis rassembla ses affaires lui aussi. Il retourna dans la salle commune des Serpentards, puis monta les marches pour rejoindre Albus dans leur dortoir. Celui-ci était installé sur son lit, marmonnant des mots affectueux à Jessy. Scorpius se laissa tomber sur son lit et s'allongea.

- Enfin le week-end, soupira-t-il.

Albus haussa un sourcil et sourit, amusé.

- T'étais pas censé travailler avec Jensen ?

Scorpius haussa les épaules.

- J'arrivais pas à me concentrer. De toute manière, en tant que batteur suppléant, il est allé rejoindre le terrain de Quidditch.

Jessy grimpa sur Scorpius et vint lui léchouiller le menton.

- Albus, est-ce que James a un jour vu son père ?

Le jeune Potter ne se tourna même pas vers son ami. Il continua à tirer sur un fil de sa couverture.

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- Par curiosité.

Un silence s'installa. Scorpius gratouillait les oreilles de Jessy, gardant obstinément ses yeux sur la ratte pour rester détaché. Mais il sentait bien que la pièce était chargée de tension.

- J'en sais rien.

Scorpius se tourna enfin. Il sentait que ce n'était pas pour se débarrasser de sa question qu'Albus avait répondu cela. Il ne savait vraiment pas et semblait réaliser lui-même qu'il ignorait cette information. Pire, il ne s'était jamais posé la question.

.

.

Le dernier cours d'Histoire avant les vacances de Noël, Rolf Scamander était venu les voir, apportant des premières éditions des livres de son grand-père. Les élèves étaient fascinés, avides de questions en tout genre. Abelforth observait les jeunes sorciers avec fierté. Leurs questions étaient pertinentes. Elles portaient sur Grindelwald, sur Newt Scamander, sur ses voyages et ses découvertes, ce qu'ils pouvaient faire pour faire le même métier que Rolf… A lui, personne n'avait eu le courage de lui poser des questions sur Grindelwald. Certains, voir la plupart des sorciers de cette génération devaient savoir que les rêves fous de Gellert Grindelwald avaient un temps été suivis de près par son frère. Il se tourna vers James. L'enfant semblait plus refermé sur lui-même qu'à l'accoutumée. Pourtant, il avait été témoin d'un ou deux accrochages avec Albus, il avait vu de la colère dans leurs yeux et l'adolescence n'arrangerait rien. Ils souffraient ces enfants, ils ne comprenaient pas pourquoi leur famille était si compliquée, pourquoi ils n'avaient rien qui semblait les lier, sinon le sang. Il soupira imperceptiblement. Deux frères qui se disputent… cela le ramenait à un temps passé…

- Psst, Scorpius.

Le blond se pencha en souriant vers Jensen.

- On dit que Grindelwald et Dumbledore étaient amoureux.

Scorpius pouffa de rire.

- J'y crois pas.

- Moi si, insista Jensen. Les histoires d'amour avec de la bagarre, c'est toujours plus savoureux.

.

.

Harry manqua renverser son café lorsque deux adolescents hurlant de rire passèrent dans le couloir.

- Eh ! Mais ça va pas la tête ?!

- Pardon papa, hurla Albus en continuant de courir.

Harry secoua la tête et alla dans son bureau. Autant il ne semblait pas y avoir de débordements au collège, à la maison, Scorpius et Albus étaient intenables. Harry posa son café sur le bureau et prit la lettre que Molly lui avait envoyé. Il s'appuya contre son bureau et ouvrit l'enveloppe :

Mon cher Harry,

Comment vas-tu ? Cela fait un moment que je n'ai plus eu de tes nouvelles. Hermione et Ron m'ont dit que vous passerez le Nouvel an ensemble, j'en suis heureuse. Tu sais, il ne faut pas en vouloir à Rose pour le comportement qu'elle a eu ces derniers temps, je pense qu'elle est perturbée par l'aspect « original » de notre famille. Mais tout s'arrangera, mon chéri, tout s'arrange toujours.

Comment va mon petit-fils ? Comment se passe ses études à Poudlard ? Je sais bien qu'il m'en parlera lorsqu'il viendra à la maison et que nous aurons tout le loisir de discuter le soir du réveillon de Noël, mais je le sens préoccupé. A-t-il des soucis ?

Harry, je te vois déjà sourire face à mon attitude de grand-mère excessivement protective. Peu importe, je ne changerais plus, déjà face à toi je me sentais fondre de tendresse.

Aussi, je voudrais te faire une proposition. Plus exactement, vous faire une proposition à Draco et toi : que penses-tu de proposer à Albus de venir un jour plus tôt au Terrier et d'inviter Scorpius à venir avec lui ? J'aimerais beaucoup rencontrer le meilleur ami de mon petit-fils et je sais à quel point il compte pour lui. Parfois, il aimerait nous en parler mais il n'ose pas, même lorsque nous sommes simplement tous les trois.

Qu'en penses-tu, Harry ? Je serais très heureuse d'avoir les garçons chez moi, et de te voir aussi !

Réponds-moi au plus vite !

Avec tout mon amour, Molly

Harry replia la lettre dans un doux sourire. Il ne savait pas exactement exprimer ce que ces mots lui faisaient, c'était flou pour lui lorsque la personne n'était pas face à lui, mais les mots « les garçons » exprimaient à eux seuls la sincérité de Molly.

- Draco ! Tu peux venir un moment ?

.

.

Harry inspira profondément le parfum que portait Molly Weasley. Ses bras autour de ses épaules, malgré qu'il faisait deux têtes de plus qu'elle (elle tirait sur ses épaules, le forçant à se courber), étaient rassurants et protecteurs. Elle avait toujours été une maman pour lui, envers et contre tout. Parfois, Harry se surprenait à observer Narcissa avec la même tendresse. Elle lui avait sauvé la vie et c'était une femme qu'il admirait beaucoup pour son courage, sa force de caractère, le regard protecteur et à la fois si combatif qu'elle posait sur les deux garçons qu'elle aimait le plus au Monde : Draco et Scorpius.

Molly s'écarta, puis embrassa son petit-fils.

- Bonjour Albus, comment vas-tu ?

- Bonjour mamie, répondit le garçon en fermant les yeux, très bien et toi ?

La sorcière s'écarta, hocha la tête, puis baissa les yeux sur Scorpius. Le fils de Draco n'osait pas fixer Molly dans les yeux de peur d'avoir l'air provocateur. Mais il craignait aussi de donner l'impression de la mépriser s'il fuyait son regard. Alors, serrant les mains sur son sac à dos, il fixait le sol.

- Bonjour Madame Weasley.

Molly frictionna ses cheveux.

- Appelle-moi Molly !

Scorpius releva enfin la tête et vit le sourire rayonnant de la sorcière.

- Je suis enchantée de faire ta connaissance, Scorpius.

Il se tourna vers son ami qui souriait fièrement. Il craignait qu'Albus refuse qu'il vienne avec. Après tout, c'était sa vie, et Scorpius, même étant son meilleur ami, ne se sentait pas intégré à tout ce qui concernait Albus. Non, une part de son cœur lui était défendu. Pour lui, cela avait toujours été une évidence : comment pouvait-il imaginer franchir cette frontière si délicate, ce mur de non-dits alors que le simple prénom de James était à bannir de Poudlard ?

Mais non, Albus et lui étaient unis, ils se soutenaient mutuellement, à chaque instant, et Albus souhaitait qu'il rencontre celle qui avait veillé sur lui dès sa plus tendre enfance.

- Super, merci Molly.

Albus attrapa la main de Scorpius.

- Viens, je vais te montrer ma chambre !

- Eh ! Dites au moins au revoir à-

Mais les enfants étaient déjà bien loin.

.

.

Scorpius observa leur bonhomme de neige d'un œil critique.

- Si seulement on pouvait l'animer.

- Allez, bientôt tu pourras utiliser la magie hors de Poudlard. Du moins, un an avant moi.

Scorpius se retourna vers son ami qui battait des bras et des pieds, couché dans la neige.

- Tu vas être complètement trempé.

Albus s'arrêta et releva la tête.

- Eh, t'as vu la raclée que tu m'as mis quand on a fait une bataille avant ? Là, ça ne te posait pas de problème !

Scorpius ricana.

- Scorpius ! Al' ! Le goûter est prêt !

Les deux adolescents s'élancèrent d'un même mouvement dans la maison. Molly les accueillit immédiatement d'un cri les intimant d'enlever chaussures, chaussettes, vestes, tout ce qui était un tant soit peu mouillé ou recouvert de neige. Scorpius prit la direction du salon et laissa échapper un soupire de bien-être en découvrant le délicieux goûter que leur avait préparé Molly : des tartines, deux chocolats chauds, des sucettes en chocolat. Sans oublier la délicieuse odeur de gâteaux de Noël qui flottait dans l'air.

- Merci beaucoup Molly.

- Avec plaisir, mes chéris, installez-vous.

Albus et Scorpius se laissèrent tomber sur le canapé et se mirent à goûter, réchauffant leurs mains autour de leurs boissons chaudes.

- Mamie, c'est assez fin comme ça ?

Scorpius et Albus se tournèrent et prirent conscience de la présence de James aux côtés de Molly, l'aidant à faire des gâteaux. Le garçon savait qu'Albus et Scorpius seraient là, sa grand-mère l'avait prévenu et il lui en était reconnaissant. Mais il avait décidé de venir lui rendre visite, il voulait l'aider à cuisiner et ne voulait pas changer ses plans à cause de la présence de son petit-frère. Il avait autant le droit d'être là que lui.

- Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Albus en se levant.

- Albus, on commence par dire bonjour, fit remarquer Molly sans grande conviction. C'est bien, mon chéri, ajouta-t-elle à l'intention de James.

James mit le plat de côté et alla se laver les mains.

- J'ai dit à mamie que je l'aiderais à faire des gâteaux.

Il se retourna et adressa un sourire hésitant à l'intention de Scorpius. Celui-ci répondit par un geste de la main et les yeux de Molly se mirent à briller. Peut-être que, par le respect, voir l'amitié qui semblait lier James et Scorpius, ses deux petits-fils se réconcilieraient ?

Albus toisa son frère encore un instant, puis décida de l'ignorer et alla se rassoir à côté de Scorpius.

- James, tu es sûr que tu ne veux rien boire ou manger ? demanda Molly dans la cuisine.

- Merci Mamie, j'ai pris le goûter chez maman, avant.

Molly entra dans le salon et posa une assiette de biscuits devant eux.

- C'est James qui les a faits.

Elle lança un regard d'avertissement à Albus, mais celui-ci ne fit aucun commentaire, continuant à tourner une cuillère dans son chocolat chaud. Scorpius se tourna vers James, or celui-ci ne leur accorda aucun regard. Ni Scorpius, ni Albus ne remarquèrent son regard et son sourire lorsqu'ils apprécièrent ses biscuits.

.

.

Flash Back

Molly se tourna vers la table des enfants et observa ses petits-fils et petites-filles. Victoire mangeait tranquillement, prenant au sérieux son rôle d'aînée. Fred, lui, se chamaillait comme toujours avec sa petite sœur Roxanne, qui riait aux éclats. Lucy, Molly et Hugo riaient et chantaient en observant un lutin qu'Arthur avait animé au centre de leur table.

Molly avait toujours adoré avoir une grande famille, parce qu'ils étaient liés, mais elle avait toujours eu du mal à voir des écarts se creuser, et la situation actuelle était vraiment compliquée pour elle. Elle surveillait Rose, James et Albus d'un œil inquiet. Rose et James parlaient tous les deux, mais Albus essayait désespérément d'attirer l'attention de son grand-frère. Elle ne détourna le regard que cinq minutes et sursauta lorsque Ginny se leva de table pour disputer James qui s'était levé et hurlait.

- James ! Non mais ça va pas ?! Qu'est-ce qui te prend ?

- Mais il m'embête lui ! Fiche-moi la paix ! cria le petit garçon en se penchant sur Albus.

Albus plaqua ses mains sur ses oreilles et adressa un regard noir à son grand frère. Ses yeux étaient brouillés de larmes et il reniflait bruyamment. Molly sentit sa vue se brouiller, son cœur se gonfler de chagrin. Ginny poussa un soupir agacé et rassit son fils aîné, sans accorder le moindre regard à Albus. James, même assis, se tourna à nouveau vers son frère.

- J'ai pas envie de te parler, ok ?! Je t'aime pas !

- James !

A table, tout le monde préférait ignorer l'éclat de colère qui se jouait. Kingsley, invité par Arthur à fêter Nouvel An avec eux, essaya de changer de sujet. Quelle erreur.

- Au fait, Andromeda et Teddy ne voulaient pas se joindre à nous ?

Ginny se stoppa net et se tourna vers sa mère, qui avait évincé le sujet lorsqu'elles en avaient parlé. Malheureusement Victoire, trop heureuse d'entendre le nom de son coup de cœur, ne put s'empêcher de répondre, fièrement (sang de Vélane oblige) :

- Teddy m'a envoyé une lettre il y a deux jours. Il fête Nouvel An avec son parrain.

Le visage de Ginny s'assombrit et tous les enfants frémirent.

Fin flash back