Merci encore pour vous reviews ! Je suis ravie que tout ça vous plaise, vraiment. A la fin de ce chapitre, vous découvrirez pourquoi j'ai appelé ma fic "Tu es venue" ... Quel suspens lol. Je vous laisse avec ce chapitre, et à demain !


Des voix s'échappaient d'une pièce devant lui, des cris de celle à sa gauche et de la musique de celle à sa droite. Il avait beau essayer d'ouvrir les portes, elles restaient fermées à clé et ne cédaient sous aucun sort. Il en avait pourtant essayé plusieurs, à vrai dire, tous ceux qu'il connaissait, mais rien à faire, les portes restaient closes. Les voix provenant de la pièce devant lui semblaient être deux voix masculines. Ils établissaient un plan, mais il ne parvenait pas à en entendre le sujet exact. Les cris à sa gauche quant à eux étaient plutôt féminins. Les deux femmes se disputaient. Enfin la musique à sa droite était douce. S'il n'était pas dans la situation dans laquelle il était, il aurait pu se laisser bercer par celle mélodie.

- N'aies pas peur mon grand … siffla une voix dans son dos. Je sais que tu m'as tourné le dos mais je ne t'en veux pas. Par contre maintenant il faut m'écouter.

Il se retourna brusquement, collant son dos à la porte derrière lui. Son Maître était là. Il semblait s'avancer vers lui en glissant sur le sol. Sa baguette était pointée vers lui. Il sentait son coeur battre à tout rompre dans sa poitrine comme s'il voulait en sortir. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Il essaya de ne bafouiller sous l'effet de la peur malgré son souffle saccadé :

- Je vous en supplie. Je ferai tout ce que vous voudrez mais ne lui faîtes pas de mal. Elle n'a rien demandé à personne.

Son Maître lâcha un rire tonitruant qui avait du s'entendre à l'autre bout du pays.

- Mon cher Drago. Elle n'aurait que ce qu'elle mérite … Je ne comprends pas comment tu as pu être faible à ce point.

- Ce n'est pas de la faiblesse, ni une trahison, j'ai simplement ouvert les yeux !

- C'est offensant ce que tu me dis là, Drago.

Le jeune homme blond tomba à genoux et leva des yeux suppliants vers son Maître.

- Torturez-moi. Blessez-moi. Tuez-moi. Prenez mon âme ou tout ce que vous voulez mais pour l'amour de Dieu ne la touchez pas.

- Avada Kedavra !

Au réveil, Drago ne se souvenait quasiment pas de son rêve. Il avait quelques images, quelques flashbacks mais pas suffisamment clairs pour qu'il arrive à y donner un sens. Heureusement car cela aurait rajouté d'autres questions aux dizaines qu'il se posait déjà.

C'était à une semaine des vacances de Noël. Depuis la dernière fois qu'il avait vu Granger à la bibliothèque, il n'avait pas eu l'occasion de la revoir. Il faut dire qu'il n'avait pas énormément cherché à la voir non plus. Il attendait juste le dernier moment pour lui annoncer qu'elle devait venir passer Noël avec lui au Manoir. Lorsqu'il la croisa, seule, dans la cour intérieure du château, il pensa à une aubaine. Elle n'avait pas Potter et le rouquin qui la suivaient comme deux toutous, c'était le moment opportun.

- Granger ? lâcha-t-il alors qu'elle était dos à lui.

Elle se retourna, surprise qu'il lui adresse ainsi la parole.

- Tiens, Malefoy. Tu te souviens que j'existe ?

- Excuse moi … grommela-t-il en regardant le bout de ses chaussures. J'ai eu la tête ailleurs.

- Qu'est ce que tu me veux ?

Drago ne réfléchit pas trop longtemps avant de tout lancer d'une traite.

- J'ai pu parler à ma mère. Elle m'a dit beaucoup de choses. Elle veut que j'aille chez moi, au Manoir, pendant les vacances pour chercher des réponses dans un grimoire, et il faut que tu viennes avec moi.

Hermione ne put retenir un rire. Malefoy lui proposait de passer les vacances de Noël avec lui au Manoir Malefoy ? Il avait perdu la tête. Cette proposition lui semblait tellement improbable qu'elle crut à une blague.

- Tu me surprendras toujours. Écoute, je n'ai pas de temps à perdre avec tes bêtises.

- Ce ne sont pas des bêtises Granger ! J'ai réellement envie d'enfin comprendre toutes les énigmes de ma mère et aller regarder dans ces grimoires est la seule solution. Il faut que tu viennes avec moi.

- Malefoy. Je t'ai donné quelques pistes maintenant je pense que tu dois te débrouiller seul. J'aimerais t'aider mais je ne peux pas, c'est plus fort que moi. Après tout ce que tu m'as dit en sept ans, tout ce que tu m'as fait, les brimades, les insultes, les coups bas, à moi, à Harry ou à Ron, c'est impossible pour moi de te faire confiance et de t'aider. Excuse-moi.

Elle lui lança un regard sincèrement désolé avant de tourner les talons et de retourner à l'intérieur du château. Défaitiste, Drago s'assit sur un banc. Après tout, il ne pouvait que comprendre la réaction de la Gryffondor. À sa place il ne se ferait absolument pas confiance avec la réputation qu'il s'était soigneusement forgé. Il appuya ses coudes sur ses genoux et prit sa tête dans ses mains. Il allait quand même se rendre au Manoir pour ces vacances, même si c'était seul, et mettrait un point final à cette histoire.

Hermione marchait d'un pas rapide vers la bibliothèque. La proposition de Malefoy tournait sans cesse dans sa tête. Elle était pourtant certaine de ne pas vouloir l'aider, mais lorsqu'elle s'affirmait à elle même ne pas vouloir le faire, elle revoyait son regard gris plein d'espoir à la bibliothèque quelques jours plus tôt. Ce regard gris d'habitude si froid, si arrogant, elle l'avait découvert d'une manière différente. Ce regard avait changé et ce n'était pas la seule chose. Elle l'avait également découvert investi dans quelque chose et souriant. Le fait de le voir sourire était quelque chose de nouveau pour Hermione qui l'avait plus souvent vu avec un visage terne et assez inexpressif. Il fallait qu'elle s'avoue que de voir ce sourire et ce regard illuminé l'avait amené à penser que finalement, au fond de lui, Drago Malefoy était peut être quelqu'un de bien.

Inconsciemment, elle avait dévié ses pas vers la salle commune des Gryffondor. Elle n'avait plus envie de travailler. Dans le canapé de la salle commune, elle trouva Harry et Ron qui discutaient Quidditch.

- Hermione ? Tu ne devais pas aller travailler à la bibliothèque ? demanda Harry en voyant son amie arriver.

- Si … Si je devais mais j'ai changé d'avis.

- Tu as changé d'avis ? lança Ron en riant. Normalement tu dis toujours oui à un peu de travail.

- Et bien si, Ron, j'ai changé d'avis je n'avais plus envie de travailler.

Elle vint s'assoir sur le fauteuil à côté du canapé. Ses deux amis lui racontaient leur dernière mésaventure sur le terrain de Quidditch lors de leur entraînement mais Hermione n'écoutait que d'une oreille. Son cerveau était majoritairement préoccupé par Malefoy et sa proposition. « Depuis quand tu penses si souvent à lui ? » questionna son subconscient. Malheureusement, elle pensait trop souvent à lui depuis leur entrevue à la bibliothèque.

- Hermione ? Hermione ! Tu ne nous écoutes absolument pas en fait ? bouda Ron.

- Hein ? Si … Bien sûr que je vous écoute.

Sous les regards de ses meilleurs amis, elle fut bien obligée de craquer. Elle soupira.

- Effectivement non, je ne vous écoutais pas. Je pensais à autre chose.

- Et à quoi, je te prie ? demanda Ron. Qu'est ce qui peut être plus important qu'Harry qui se vautre de son balai à cause d'un souafle ?

Les deux amis se mirent à rire et Hermione feint un rire qui n'avait pas l'air très convaincant puisque Ron insista pour savoir ce qui la préoccupait autant. Elle s'assit en tailleur dans le fauteuil, légèrement recroquevillée sur elle-même. Elle ne pouvait décemment pas leur dire la vérité, ils ne comprendraient pas. Si elle avait toujours été éduquée de façon à essayer de voir le bien en chaque être humain, ce n'était pas le cas d'Harry et Ron. Ils allaient avoir bien du mal à comprendre qu'elle puisse voir une once de bien chez Malefoy, bien qu'elle était sure que quelque part enfouie au fond de lui, se cachait une parcelle de bonté et de gentillesse.

- Ce n'est pas important. Je pensais au dernier cours de Défense contre les forces du mal. J'ai beaucoup de mal avec les méthodes de Rogue, pas vous ?

Son mensonge n'était pas très crédible. Ses amis n'avaient pas l'air de la croire mais comme ils étaient toujours les premiers volontaires pour critiquer et dire du mal de leur professeur, ils ne cherchèrent pas plus loin. Pendant près d'une heure, ils prirent tous les trois un malin plaisir à critiquer les manières de Rogue, et Rogue lui-même, jusqu'à ce que vienne l'heure d'aller dîner. Hermione ne mangea pas trop, contrairement à Ron qui ne changeait jamais ses habitudes en matière de nourriture. Elle pensait encore et toujours à Malefoy, mais finit par prendre une décision ferme et définitive : elle ne l'accompagnerait pas. Elle passerait ses vacances de Noël à Londres, avec ses parents et son chat.

Drago comptait les jours jusqu'au départ en vacances. Il trépignait d'impatience de quitter enfin Poudlard, ne serait-ce que pour deux semaines. Deux semaines où il serait seul au Manoir, où il pourrait faire de la magie comme bon lui semble et où, entre deux sorts, il chercherait dans les grimoires familiaux des réponses à ses questions.

Il avait décidé de quitter Poudlard le samedi matin tôt, par le Poudlard Express comme tous les autres élèves. Le trajet jusqu'à Londres durant approximativement sept heures, il profiterait de ce temps pour avancer un peu dans les recherches entamées avec Granger. De toute façon, ni Zabini, ni Goyle, ni Parkinson n'avaient décidé de passer leurs vacances dans leur famille, il serait donc seul dans son compartiment pour réfléchir.

Il prépara sa malle, son hibou et rejoint le quai du train. Il regardait un à un les élèves sur ce quai, constatant que finalement, ils n'étaient pas beaucoup à rentrer à Londres pour Noël. Enfin Noël, pour ce qu'il comptait fêter Noël … Pour lui, ces vacances étaient surtout l'occasion de déconnecter de cette maudite école pendant deux semaines.

Les portes du train s'ouvrirent, il posa un pied sur le marche-pied et alors qu'il s'apprêtait à entrer dans le train, il sentit un main se poser sur son épaule. Il se tourna vers la personne qui le stoppait ainsi.
Granger, un sourire satisfait sur le visage. Elle avait finalement décidé de l'accompagner ?

- Tu es venue ? demanda-t-il alors que petit à petit, sa bouche s'étirait en un sourire assez convaincant.

- Et je vais certainement le regretter alors monte dans ce train avant que je ne change d'avis.