Et voilà le chapitre suivant !
Disclamer : le monde d'Harry Potter est à J.K Rowling
Bonne lecture !
Chapitre 9 : « Le monde semble sombre quand on a les yeux fermés. » Proverbe Indien
Journal de Cybèle Carrow : « Je mange mal, je dors mal, je vis mal. Où est mon ami quand j'ai besoin de lui ? »
- Vous rendrez ce devoir dans deux jours, trois parchemins sur les propriétés des plumes d'hyppogriffe et trois de leurs utilisations dans l'art ancien des philtres.
Cybèle sourit à son professeur avant de déposer à son bureau la potion qu'elle avait préparé durant la matinée. Elle salua Rogue d'un geste de la main et sortit dans le couloir. Sur le chemin de la classe de la salle commune, elle se remémora la scène qui avait eu lieu un peu plus tôt. Drago avait tenté par tous les moyens de la déconcentrer, la narguant, ajoutant n'importe quels ingrédients dans ses potions. Elle serra les dents en repensant à cette scène, elle aurait aimé en parler avec quelqu'un. Durant un instant, l'idée d'écrire à Lupin lui effleura l'esprit, comme s'il pouvait être du moindre secours... elle n'avait même pas reçu de réponse à sa lettre, envoyée depuis près d'un mois. Elle aurait aimé penser que cela lui importait peu, mais elle ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir, d'en vouloir à Drago... En fait, elle ne savait même plus à qui elle en voulait le plus.
- Crétins, crétins, crétins, cré...
- Est-ce que tu m'insultes dans mon dos, Carrow ?
Elle soupira en entendant cette voix qui revenait un peu trop souvent à son avis.
- Techniquement, c'est toi qui es dans mon dos, Nott.
Le garçon eut un rire en entendant sa réplique et la jeune fille se tourna vers lui.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Je pensais qu'on aurait pu travailler ensemble, pour le devoir de potions, comme la dernière fois ?
Elle l'observa un instant, tachant de comprendre ce qu'il pouvait bien avoir derrière la tête. Il haussa un sourcil, sachant pertinemment ce qu'elle faisait.
- Je suppose qu'on pourrait faire ça.
- Génial, on se retrouve dans le hall vers 14h ? On ira bosser dans une des salles du couloir de divination.
Il disparut dans le couloir et l'idée qu'elle pourrait être amie avec ce type traversa l'esprit de la jeune fille. Un petit sourire vint orner ses lèvres et elle décida d'aller choisir une salle pour le travail de l'après-midi. Elle monta dans les étages et le calme qui régnait laissait son esprit vagabonder un peu partout. La tête ailleurs, Cybèle arpentait le couloir de divination avec un sentiment d'insécurité qui lui tenait au cœur. Prise dans ses souvenirs, elle ne faisait pas réellement attention au silence qui régnait dans cette aile du château jusqu'à ce qu'une voix rauque et familière brise le calme du couloir.
- Alohomora !
Elle voulut se retourner mais fut brutalement poussée sur le côté. Elle eut à peine le temps de se redresser que la porte du cagibi dans lequel on l'avait éjectée se referma, la privant de lumière. Elle prit une profonde inspiration et laissa glisser ses mains contre les parois du placard. Il était exigu, sombre et une odeur de désinfectant régnait, venant lui marteler les tempes. Cybèle s'acharna quelques instants sur la porte mais se calma rapidement, elle ne connaissait que trop bien le sentiment qui lui étreignait le cœur, le nœud qu'il lui serrait le ventre et les picotements qui naissaient au fond de ses yeux. Elle se laissa glisser contre le mur opposé à la porte et enfonça sa tête au creux de ses bras. Il fallait attendre... juste attendre.
Dans le hall de l'école, Théodore attendait l'arrivée de Cybèle depuis près de vingt minutes lorsqu'il décida qu'il avait autre chose à faire. Il monta dans les étages bien décidé à faire ce devoir de potions sans l'aide de la jeune fille. Il arriva dans le couloir de divination et chercha la première salle de libre qu'il puisse trouver pour travailler tranquillement, mais alors qu'il allait pénétrer à l'intérieur, il entendit un bruit étrange, comme un gémissement étouffé. Il recula de quelques pas et tendit l'oreille. Le bruit retentit à nouveau et Théo fronça des sourcils. Il se tourna vers l'endroit d'où provenait le son et aperçut la porte d'un placard à balai. Le garçon tenta de faire pivoter la poignée et une petite voix rauque retentit dans un chuchotement à peine perceptible :
- Il y a quelqu'un ?
Théo se redressa et lança un «Alohomora» précipité avant d'ouvrir la porte. Le contraste entre la luminosité du couloir et l'obscurité du placard l'empêcha de discerner quoi que ce soit mais ses yeux s'y habituèrent et il put discerner la silhouette tremblante d'une jeune fille.
- Cybèle ?
Un glapissement échappa à la petite blonde qui leva son regard embué de larmes vers le garçon, elle fit un geste en direction de lui mais ne bougea pas. Théodore s'accroupit et attrapa la main qu'elle lui tendait. Cybèle leva à nouveau la tête et croisant le regard chaud de son camarade, elle se précipita contre lui, agrippant sa chemise d'une main ferme. Il pouvait sentir les tremblements de la jeune fille jusqu'au tréfonds de son âme et il l'enlaça dans une étreinte chaude et rassurante.
- Du calme, lui chuchota-t-il gentiment, du calme, ça va maintenant.
Théodore ignorait depuis combien de temps il tenait Cybèle dans ses bras lorsque ses tremblements cessèrent. Elle se retira rapidement de son étreinte, l'air gêné, et recula jusqu'à s'adosser contre le mur d'à côté. Il se leva et ferma la porte du cagibi, comme il aurait fermé la porte d'un souvenir et vint s'asseoir près d'elle. Il hésita un instant avant de prendre la parole.
- Qui t'as enfermée là-dedans ?
Cybèle haussa les épaules en signe d'ignorance.
- Est-ce que tu te sens mieux ?
A nouveau, le silence lui répondit.
- C'est quoi le bruit que tu aimes le moins ?
- Quoi ?
- Je cherche une question à laquelle tu daigneras répondre : Sujet, verbe, complément...
Il y eut un petit moment de flottement et Théodore soupira devant le manque de coopération évident de la jeune fille.
- Le bruit des malles qui se ferment lorsque quelqu'un s'en va...
- Pardon ?
- C'est ça, le bruit que j'aime le moins.
- Oh...
- Ouais...
Théo donna une petite claque sur la cuisse de Cybèle avant de se relever et de lui tendre la main pour la remettre sur ses pieds. Elle le fixa d'un air sceptique et il eut un rictus.
- Eh ben ? On va le faire ce devoir de Potions ?
Un sourire éclaira le visage de la petite Carrow, ravie de voir Théo changer de sujet.
- Bien sûr !
Elle saisit sa main avec un petit rire et l'entraîna dans la première salle libre qui leur tomba sous la main. Les deux adolescents s'installèrent sur le sol carrelé de noir et étalèrent livres et parchemins autour d'eux.
- Bien, alors, trois utilisations des plumes d'hyppogriffe …débuta Théo.
- Le professeur Rogue a dit trois !
- Ce qui veut dire qu'il en faut cinq.
- Tu es sûre ?
- C'est la raison pour laquelle je n'ai que des Optimals, là où tu n'as que des Acceptables. rétorqua-t-elle en souriant.
Théo bougonna un moment, pestant contre les adolescentes trop excessives et les professeurs fournis sans décodeurs. Il observa Cybèle qui, penchée sur sa feuille, avait déjà commencé à rédiger ce devoir. Ce n'est que lorsqu'elle atteignit la moitié de son premier parchemin qu'il se mit au travail. Il louchait de temps en temps sur le livre de la jeune fille qui regorgeait de petites notes sur parchemin libre, rattachées au livre par un sortilège de Glu Perpétuelle.
- Philtre d'Amortentia, Philtre de Confusion, Pimentine et Poussos...
- Il t'en manque encore un...
- Eh bien, vas-y, toi qui es si maligne !
Sans un mot, elle poussa un parchemin vers lui.
- Tu n'en as pas un seul en commun avec moi ! J'ai faux ?
- Non, non... mais tu as pris les plus simples.
Théodore ouvrit la bouche sans pouvoir en faire sortir un mot. Il avait mis près de deux heures à trouver ces quatre usages et voilà que, non contente d'avoir écrit près de deux parchemins de plus que lui, Cybèle lui annonçait avec un petit air innocent qu'il avait choisi les plus « simples ». Sans lever les yeux de sa feuille, elle reprit la parole.
- Potion d'amnésie, vue en première année. Veritaserum, abordée l'an dernier. Potion d'Enflure, le chaudron plein de Goyle avait explosé en seconde année. Potion de sommeil sans rêve, utilisée à l'infirmerie : les ingrédients sont sur le flacon. Et enfin, un mythe dont seul deux ingrédients sont connus : l'élixir de Longue Vie, basé sur l'hypothétique existence de la Pierre Philosophale.
- Tu es impressionnante.
- C'était un exercice facile, argua-t-elle en haussant les épaules.
- Non, tu es vraiment impressionnante, je t'assure.
Deux rougeurs vinrent s'installer sur les joues de la petite blonde, faisant sourire le fils Nott. Il compléta son devoir sous l'œil attentif de Cybèle qui s'assurait de la véracité de ses propos, lui indiquant du bout du doigt les erreurs mais refusant de les corriger pour lui. A plusieurs reprises, il put entendre un rictus moqueur lorsqu'il tentait de remplacer ses fautes.
- Bon, et je t'emprunte une de tes potions pour compléter ?
- Ah non ! Réfléchis un peu, ce n'est vraiment pas compliqué.
Si je réfléchis encore, mon cerveau va exploser et je ressemblerais à Crabbe !
- C'est un risque à courir...
Il rit devant sa réplique et continua à se creuser les méninges pour trouver l'ultime usage des plumes d'hyppogriffes et puis ce fut l'illumination :
- La potion qu'on a préparé le mois dernier... c'était quoi son nom ?
- Potion de Mémoire... Tu aurais peut-être dû en boire...
- Ah ah ! ironisa t-il, on a utilisé les plumes, n'est-ce pas ?
- Merlin soit loué, il a trouvé !
- Ris tant que tu peux, ensuite on passe à la Métamorphose.
Cybèle protesta longuement mais devant l'inutilité de ses arguments, elle se résigna et lui tira la langue avant d'attraper sa baguette dans une main et le livre de la matière honnie dans l'autre. Théodore ricana.
- C'est parti …
A Londres, deux autres amis faisaient leurs devoirs sous le regard amusé de Nymphadora Tonks, mais bien loin de l'ambiance studieuse de Poudlard, Remus et Sirius ne pouvaient s'empêcher de ressasser leurs meilleurs souvenirs de potaches. Ils avaient dans l'intention d'écrire une nouvelle lettre à Cybèle suite à la réponse qu'ils avaient reçue quelques temps auparavant. Remus avait écrit la première sous l'impulsion de Sirius qui lui avait rappelé que la jeune fille ne risquait pas de demander son adresse à Harry mais lui avait interdit de participer à l'écriture du courrier, et l'Animagus se réjouissait de pouvoir participer à la suivante. La jeune fille voulait en savoir plus sur son père et ils avaient donc décidé de lui raconter quelques-uns de leurs meilleurs souvenirs d'école.
- Et la fois où on a suspendu Rogue au-dessus du lac, jusqu'à ce qu'il nous demande de le laisser redescendre ! Celle où on l'a enfermé dans un placard à balais dans le couloir de divination ?
- Elle est à Serpentard, Sirius, je ne suis pas sûr qu'elle apprécie ce que tu as fait à son directeur de maison...
- J'avais occulté cet état de fait.
Le loup-garou eut un sourire devant la mine boudeuse de son meilleur ami et lui proposa d'autres souvenirs. Tonks les écoutait en riant de leurs commentaires. Ils y avaient passé l'après-midi mais n'avaient toujours pas marqué plus de deux phrases sur le parchemin qu'ils destinaient à la jeune fille. Hedwige leur offrit une distraction bienvenue en venant frapper à la fenêtre. Nymphadora récupéra la lettre et la tendit aux deux compères. Remus s'en saisit le premier et la parcourut rapidement avant de la tendre à Sirius avec un soupir las. La femme l'interrogea du regard et il répondit :
- Harry suit les traces de son parrain...
- Comment ça ?
- Il a …
- QUOI ?
Nymphadora se tourna vers Sirius qui avait l'air livide. Elle l'avait rarement vu comme ça et s'inquiétait de ce qui avait pu arriver au filleul de son cousin. Il se leva et arpenta le salon dans un sens puis dans l'autre en marmonnant.
- Harry et Ron ont enfermé Cybèle dans un placard à balais du couloir de divination... Non attends... Mon filleul a enfermé ma fille dans un placard…
L'annonce jeta un froid sur l'ambiance chaleureuse qui avait animé le square Grimmaurd. Tonks grimaça et Remus se réinstalla dans le fond de son fauteuil, les bras croisés sur sa poitrine.
- Pourquoi ?
Sirius se tourna vers sa cousine.
- Sans doute pour les mêmes raisons que je l'avais fait à Snivellus...Est-ce que je suis censé lui dire un jour qui elle est pour moi ? Écoute ça : « Depuis quelques temps, il semble que le blondinet et le sac d'os ne soient plus aussi proches qu'avant, on en discutait avec Ron et c'est là, qu'il a eu une idée brillante.»
- Et il ne parle que de ça ?
- Un peu d'Ombrage aussi... je suppose que son ami a voulu le distraire mais j'aurais préféré que ce ne soit pas aux dépens de ma fille...
Il vint se rasseoir à côté de Remus et lui tendit une feuille.
- On écrit à Cybèle, je veux voir si elle en parlera.
Une longue semaine s'écoula pour Sirius et Remus qui attendaient avec hâte la réponse de Cybèle à leur lettre. Ils eurent le temps de débattre plusieurs fois, l'un soutenant que Harry devait être mis au courant de la véritable identité de la jeune Carrow, l'autre assurant qu'il s'agissait d'une réelle mauvaise idée. Le garçon venait de retrouver son parrain, un embryon de sa famille passée et il aurait l'impression qu'on le lui enlevait. D'autant plus qu'il ne pouvait supporter la jeune fille et que, comme son père et son parrain avant lui, ses préjugés au sujet des Serpentard étaient plus qu'ancrés dans le cœur du Gryffondor.
Tous deux étaient dans la cuisine lorsqu'ils entendirent quelque chose toquer à la porte d'entrée de la maison. Les hiboux étaient les seules créatures vivantes capables de passer le sortilège qui protégeait la maison sans briser le secret, mais, incapables d'ouvrir une porte, ils devaient se contenter de frapper sur le bois, attendant que quelqu'un vienne récupérer le courrier. Remus s'y précipita. Sur le perron, une petite chouette effraie l'attendait, le fixant de ses grands yeux dorés, les couleurs de Poudlard flottant sur un petit ruban enroulé autour d'une des serres de l'oiseau. Il se baissa et ramassa l'enveloppe beige cernée d'un liseré vert et argent qui ne laissait que peu de mystère sur l'identité de l'expéditrice. Il revint lentement dans le salon et s'assit dans l'un des fauteuils sous le regard attentif de son ami. Le loup-garou sortit la feuille et commença la lecture à voix haute :
« Professeur,
Oserais-je dire que votre lettre s'est faite attendre ? Sans aucun doute. C'est la première pensée qui m'est venue lorsque j'ai vu votre hibou arriver dans la Grande Salle. Pourtant, vous êtes venus me sortir de l'ennui dans lequel je suis tombée ces derniers temps. Les discussions de mes camarades m'ennuyaient au plus haut point, mais maintenant que je les ai délaissé, il arrive qu'elles me manquent. Oh, je ne regrette pas les questions de politique, mais je donnerais n'importe quoi pour les ragots de Pansy et les sourires de Blaise. N'importe quoi... sauf ma fierté... c'est elle qui m'empêche d'y retourner et à juste titre.
Je suppose que Saint Potter a dû vous parler du nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal : Dolores Ombrage ou la bonbonnière sur pattes... Vous la connaissez ? Un monstre du ministère, rose, courte sur pattes et portée sur les toussotements impolis. Chaque année, je me dis que le professeur est pire que les années précédentes et chaque année je suis surprise de voir qu'on peut encore faire mieux.. Ne vous sentez pas insulté, vous avez sans doute été notre meilleur professeur jusque-là, je le dis sans complaisance, même Drago Malefoy était d'accord avec moi !
Je ne sais pas trop quoi dire, sur votre lettre... je ne m'aventurerai pas à commenter l'un après l'autre vos souvenirs qui sont si riches et optimistes que je pouvais sentir la chaleur de votre amitié à travers le papier. J'ai du mal à croire que l'adolescent que vous dépeignez puisse être l'homme qui s'est échappé d'Azkaban.
Cette semaine a démarré sur les chapeaux de roues, saviez-vous que certains élèves s'amusent à graver leurs noms au fond des placards du couloir de Divination ? J'y ai même vu le nom de mon professeur de Potions, Severus Rogue... il était dans votre année pas vrai ? Vous n'avez rien à dire là-dessus ?
Le même jour, un camarade m'a demandé quel était le bruit que je détestais le plus, j'ai pensé que mon père répondrait « le lugubre sifflement des Détraqueurs ». Qu'aurait-il répondu avant ? Pendant votre scolarité ? Et vous ?
Cette lettre s'achève ici, il est près de 22h et j'ai raté le couvre-feu, une chance que vous ne soyez plus professeur : je peux aller braver l'interdit pour poster ma lettre sans craindre des représailles (hardie mais pas Gryffondor ).
Bonne soirée Professeur,
C.B.C »
La fin de la lecture se fit dans un soupir, Sirius releva la tête et croisa le regard las de son ami.
- Je déteste cette distance... Je voudrais pouvoir lui dire qu'elle est ma filleule et non cette inconnue qui me vouvoie froidement.
- Ça viendra... j'en ai le sentiment.
Et voilà, un chapitre de plus qui s'achève,
A bientôt,
Len.
