Les trois jours suivants, Sirius les vécut comme en accéléré. Tout les matins il se réveillait vers 8

heure, heure à laquelle son oncle quittait son repère pour prendre son petit déjeuner avec sa

femme.

Pendant ce temps, Sirius, étudiait la serrure de la porte sans parvenir à l'ouvrir. Le jeune homme

avait donc décidé de demander l'avis de Remus ainsi que de James.

Bon bien sûre Remus avait posé trente six mille questions, mais, finalement, il lui avait dit de

trouver la vrai clef , puis il lui avait appris le sort «accumulo» qui permettait de multiplier un objet

mais, l'effet ne durait pas plus de 24 heures.

Sirius remercia mille fois Remus sans toutefois répondre à ses questions.

Quant à James, il avait envoyé une lettre avec une seule phrase : « demande à Remus ».

Après avoir pris connaissance du sortilège, Sirius s'entraîna pendant tout le reste de la journée à

multiplier des objets: désormais il avait des dizaine de chaussettes, plusieurs brosses à dents et il ne

savait plus combien de feuilles de papiers. Bien qu'au début, ses chaussettes étaient quelques peu

déformées, ses brosses à dent tordues et ses feuilles trouées, Sirius progressa très vite. Il essaya

aussi de multiplier le fauteuil mais il ne réussit qu'à faire apparaître que la moitié.

Bien sûre, tout les jours les copies disparaissaient, si bien qu'un matin , en se brossant les dents

après avoir pris son petit déjeuner, sa brosse à dents disparue entre ses mains. Le jeune homme

s'était alors écroulé de rire. Il rit pendant de longues minutes si bien que son frère avait jeté un

coup d'œil dans la chambre : et il fut surpris de voir son frère torse nu, assis par terre mort de rire.

Après, tout n'était pas rose durant ces trois jours. Il assistait toujours aux repas de sa famille. Il

supportait toujours les petites remarques de son oncle sur les moldus, les discutions enflammées

sur les « grandes » qualités du Seigneurs des Ténèbres, les regards de sa mère dès que Sirius serrait

les dents et sa fourchette quand ils parlaient de Dumbledore et de tous les traîtres, et les moqueries

de sa cousines Bellatrixe.

Mais Remus serait fière de lui, de voir à quel point il réussissait à se maîtriser.

Et la raison était simple et se nommait: Harmonie Larance. Il supportait cet enfer pour revoir ses

yeux si purs, si transperçants.

Tout les soirs vers minuit, Sirius la retrouvait. Dès qu'il la voyait, il s'apaisait tout de suite.

Il avait entendu James dire que l'amour était fatiguant, avec qu'elle c'était tout le contraire. Sirius

passait des heures à parler avec elle, à lui dire des choses qu'il n'avait jamais révélées à personne:

sa jalousie envers son frère d'être aimé de leurs parents, la haine qu'il éprouvait envers sa mère: de

ne pas être une véritable mère, de ne pas lui demander comment il allait, de ne pas l'embrassait le

soir, de ne pas lui faire son goûter ... de ne pas être comme la mère de James.

La plus part du temps, quand ils abordaient ce sujet, Sirius fondait en larme. Et il n'avait pas honte,

bien au contraire. Harmonie lui répétait qu'il ne fallait pas garder toute sa tristesse au fond de lui,

c'était comme garder tout les malheurs du monde sur ses épaules, un jour ou l'autre il craquerait

dans un cas comme dans l'autre. Mais elle ne disait pas grand chose, elle était là, et pour Sirius

c'était l'essentiel. Bien sûre, qu'il aurait pu parler avec ses amis, mais il ne savait pas pourquoi, la

simple présence de la jeune femme, lui donnait envie de tout lui dire, de raconter chaque détail de

sa vie, pour qu'elle soit la seule personne à le connaître, vraiment.

Il voulu connaître, lui aussi, les détailles de la vie de sa confidente, mais elle ne parlait jamais

beaucoup. Elle se contentait de plonger son regard aussi bleu que le ciel dans celui de Sirius. Et le

jeune homme s'y perdait volontiers.

Parfois, Harmonie était ailleurs, ou semblait perdue, mais Sirius était tellement occupé à

contempler se visage si parfait qu'il ne pouvait penser à rien d'autre.

Et le troisième soir, Sirius embrassa Harmonie. Pour Sirius ce fut la plus belle expérience de sa

vie.

Sentir les lèvres délicates de sa mystérieuse amie, sentir la peau de ses joues sous ses mains, Sirius

s'entait toute au fond de lui, tout au fond de son cœur, une sensation de bonheur qui lui était alors

inconnue.

Et à chaque fois, comme dans un rêve, la jeune femme disparaissait dans la brume du matin.