Bonjour à tous et à toutes!
Tout d'abord, un tout grand sorry pour vous avoir fait attendre aussi longtemps: ce chapitre m'a vraiment donné du mal, je ne l'ai fini qu'il y a quelques minutes et je n'en suis pas encore tout à fait satisfaite...
Comme toujours, vos avis sont les bienvenus, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
Bonne lecture !
Sunrai
Chapitre 9 : Les pieds dans l'eau
A 10h, Sybyl ouvrit lentement les yeux, savourant la sensation d'un réveil en douceur. Elle s'étira longuement, roula sur le ventre et jeta un coup d'œil par la fenêtre : le soleil brillait et le ciel était d'un beau bleu azur, sans trace de nuage à l'horizon ; la première journée des vacances s'annonçait bien !
Elle se leva sans se presser et, après un rapide saut dans la salle de bain pour se débarbouiller, descendit à la cuisine : elle se servit une tasse de lait et alla ouvrir la grande baie vitrée donnant sur le jardin. S'accoudant à l'appui de fenêtre, elle se laissa bercer par le gazouillement des oiseaux, savourant la brise légère et douce qui jouait dans ses cheveux.
« Hé, salut le loir ! Enfin réveillée ! »
La jeune femme sursauta, manquant renverser son verre : regardant par-dessus son épaule, elle aperçut sa cousine qui s'affairait bruyamment dans le salon.
« Bonjour Tata. Qu'est-ce que tu fais, à t'agiter comme ça ? »
« J'ai pas chômé depuis ce matin ! Pendant que mademoiselle jouait à la Belle au bois dormant, j'ai fait la vaisselle, le ménage et la lessive ! »
« Et ça a du être épuisant, de remplir le lave-vaisselle, ranger les deux magazines qui traînaient sur la table basse et faire tourner le lave-linge ! », répondit Sybyl ironiquement.
« Ah, je suis contente que tu me comprennes ! », fit-elle en se perchant sur un tabouret de la cuisine. « Une idée de ce que tu vas faire de tes vacances ? L'entraînement mis à part, évidemment. »
« Non, rien en particulier. J'avais pensé aller à la plage. J'irai peut-être avec d'autres élèves. »
« Ne compte pas trop sur ma présence cette semaine en tout cas, j'ai prévu d'avancer dans mon projet de vacances ! »
« Pas de souci. Je te souhaite bonne chance. »
« Oh non, chérie, non, ça n'a rien à voir avec la chance ! Il faut avoir de l'intuition, du flair, de l'inventivité, de la créativité, du … »
« Ca va, ça va, j'ai compris. Tu es formidable. »
« Absolument ! », dit-elle, rayonnante.
La jeune femme leva les yeux au ciel, moitié amusée, moitié exaspérée, et jeta un regard à l'horloge : 11h30.
*Je peux envoyer un message à Castiel, il doit être levé, maintenant.*, pensa-t-elle avec un sourire idiot.
Secouant la tête, elle se mit à la recherche de son portable : elle fouilla son sac, sa veste, sa chambre et revint au salon, perplexe.
*Réfléchissons… Où est-ce que je l'ai laissé… Quand je suis rentrée, hier, il était dans mon jean… Et je ne me rappelle pas l'avoir utilisé depuis…*
« Tata ! Tu as mis mon pantalon d'hier au linge ? »
« Bien sûr, mon ange ! Qu'est-ce que tu crois ! »
« Et… Tu as pensé à vider les poches ? »
« Mais non enfin ! Je ne voudrais pas fouiller dans ton intimité ! »
*Nom de … ! Pitié, non, non, non ! Faites que ce ne soit pas ça !*
La jeune femme se précipita à la buanderie, interrompit le programme et ouvrit la machine : elle éparpilla frénétiquement les vêtements trempés et savonneux, priant intérieurement pour se tromper. Soudain, en retournant un pantalon, elle tomba sur un petit téléphone noir.
*C'est pas vrai !*
Elle ramassa délicatement l'appareil inondé et le déposa sur un essuie : après avoir remis le linge dans le tambour et avoir relancé le cycle, elle tamponna avec précaution son portable. Même si elle n'y croyait pas vraiment, elle ne perdait rien à essayer de le récupérer. Dès que l'eau cessa de ruisseler hors du GSM, elle l'emmena dans la salle de bains, sépara les différents éléments et, s'armant d'un sèche-cheveux et, surtout, de patience, entreprit de chasser la moindre goutte d'eau.
Deux heures plus tard, elle poussa un profond soupir et reposa l'appareil électrique : très attentivement, elle réassembla le téléphone et appuya sur le bouton d'allumage. Elle retint son souffle quelques instants, croisant mentalement les doigts, mais rien ne se produisit. Dépitée, elle balança son mobile désormais inutile sur son lit.
*Génial ! Reste à prévenir les parents et Damien. Heureusement que je garde leurs numéros sur mon bureau !*
Sybyl s'empara du fixe, appela son père et son entraîneur puis descendit avec la ferme intention de passer un savon à la responsable de son malheur… Qui, heureusement pour elle, avait disparu.
*Tu ne perds rien pour attendre, Tata ! Et comment je vais m'arranger avec les copains pour aller à la plage ? Et prévenir Castiel ! Il va être furieux… Tu parles d'un début de journée pourri !*, songea-t-elle en grimaçant.
Elle monta s'habiller puis sortit et, suivant les conseils de ses parents, alla s'acheter un nouveau téléphone ainsi qu'une nouvelle carte SIM.
*Dire que je venais à peine de mémoriser mon numéro ! La poisse !*
De retour chez elle, elle mit en charge son achat et se laissa tomber dans le canapé en ronchonnant.
Trois heures plus tard, elle envoya un sms à ses parents et à Damien afin de leur communiquer son nouveau numéro et passa le reste de la journée étendue dans le hamac du jardin à lire, attendant le retour de sa cousine, mais, lorsqu'elle monta finalement se coucher, elle n'était toujours pas rentrée. En se mettant au lit, elle pensa que, si le temps était toujours au beau fixe le lendemain, elle irait à la plage et, qui sait, elle y croiserait peut-être certains de ses camarades de classe. Et, avec un peu de chance, elle parviendrait peut-être même à récupérer le numéro de Castiel…
*L'espoir fait vivre…*, pensa-t-elle ironiquement.
A peine éveillée, Sybyl sauta hors de son lit et alla tirer les rideaux : comme la veille, le soleil trônait dans une étendue bleue sans taches et le thermomètre extérieur annonçait déjà 14°C. Après une rapide douche, elle passa son maillot, enfila des vêtements par-dessus et fourra un tube de crème solaire, des lunettes de soleil, un livre et deux essuies de plage dans un sac qu'elle mit en bandoulière sur son épaule. Descendant les escaliers, elle aperçut sa cousine dans le vestibule, concentrée sur le laçage de ses bottines : encore fâchée contre elle, elle se contenta d'un rapide bonjour et se hâta vers la cuisine sans attendre de réponse. Elle se prépara quelques sandwichs et emballait le dernier lorsque la porte d'entrée claqua, signalant le départ de Tata ; poussant un soupir, la jeune femme sortit une bouteille d'eau du frigo et, après avoir rangé son pique-nique, chaussa des sandales, attrapa un gilet et sortit prendre le bus.
Une heure plus tard, elle arrivait à l'arrêt Belle-Ile sous un soleil radieux : souriant jusqu'aux oreilles, elle mit ses lunettes et parcourut rapidement l'avenue centrale, puis la seconde rue à droite et descendit finalement une petite allée pavée menant directement à la plage. Parvenue à destination, elle se déchaussa, enfouit ses orteils dans le sable chaud et, fermant un instant les yeux, poussa un soupir de contentement. Mettant sa main en visière, elle parcourut la plage des yeux et, repérant un coin ombragé libre, alla y étendre sa serviette : elle se déshabilla, s'assit, posa son sac et, se saisissant de sa crème, s'enduisit méthodiquement de protection solaire en grimaçant.
*Ce serait idiot de me transformer en écrevisse simplement parce que je n'aime pas la sensation de ce… truc.*, pensa-t-elle en fronçant légèrement le nez.
Dès qu'elle eut rangé le tube, elle s'empara de son livre et, s'étendant sur le ventre, se plongea dans sa lecture. Une demi-heure plus tard, ayant envie de se baigner, elle reposa son ouvrage et se releva : elle s'étira longuement, savourant la chaleur du soleil sur sa peau, puis posa son sac sur sa serviette pour éviter qu'elle ne s'envole sous un coup de vent et se dirigea vers la mer. Arrivée au bord de l'eau, elle y trempa les pieds en riant, chatouillée par le flux et le reflux des vagues sur ses chevilles. Elle était sur le point d'avancer quand elle entendit une voix familière crier son nom.
« Sybyl ! SYYYBYYYYYL ! »
Se retournant vivement, elle aperçut une jeune femme aux longs cheveux argent se diriger vers elle en lui faisant de grands signes.
« Rosalya ! », la salua-t-elle en souriant.
« Comment vas-tu ? Tu es ici toute seule ? »
« Bien merci, et toi ? Oui, ma cousine est fort occupée cette semaine. Et toi ? »
« Ca va aussi. Je suis venue avec Leigh et Lysandre. Tu veux te joindre à nous ? La plage seule, c'est pas drôle ! »
« C'est gentil mais je ne risque pas de m'ennuyer, tu sais : j'ai un livre et puis, j'ai l'habitude d'être seule. Je ne voudrais pas vous déranger. »
« Que tu es bête ! Si tu risquais de nous déranger, je ne t'aurais pas proposé de rester avec nous ! Allez, viens ! », ajouta Rosa en lui saisissant le bras d'autorité et en l'entraînant.
« D'accord, si tu insistes. Ca tombe bien, en fait, j'ai quelque chose à demander à Lysandre ! », fit Sybyl en ramassant ses affaires avant de suivre son amie.
« Ah oui ? Quoi ? »
« Le numéro de Castiel. »
« J'étais pourtant sûre qu'il te l'avait donné ! Après tout, vous êtes assez proches. », dit Rosalya, étonnée.
« Oh, il l'a fait ! Le souci, c'est qu'il était enregistré dans mon téléphone. Et que le dit téléphone a été victime d'une rencontre malheureuse et fatale avec le lave-linge… »
« Tu l'as oublié dans tes vêtements ? Tu es pire que Lysandre ! », s'exclama son amie en riant.
« Oh non, je n'y suis pour rien ! Ma cousine adorée s'est mise en tête de se transformer en fée du logis et… Enfin, disons que niveau distraction, elle bat ton futur beau-frère à plate couture ! Et ce n'est pas drôle ! », grogna-t-elle, ce qui ne fit que redoubler l'hilarité de Rosa.
Tout en discutant, elles dépassèrent les cabines de douche et arrivèrent à une étendue de sable doux donnant sur une petite crique et entourée de dunes, où étaient étendues trois serviettes sous deux grands parasols.
« Waw, vous êtes installés comme des rois ! », fit Sybyl, admirative. « Je n'aurais jamais trouvé cet endroit, sans toi ! »
« Oui, c'est notre petit coin de paradis. On y est tranquilles et au calme. », sourit Rosalya. « Tiens, voilà les garçons ! Leigh ! Lysandre ! Regardez qui j'ai trouvé ! »
« Sybyl, bonjour. Je ne t'ai plus vue depuis un bout de temps. Comment vas-tu ? », demanda Leigh en prenant sa fiancée dans ses bras.
« Bonjour. Très bien, merci. Et toi ? »
« Tant que Rosa est près de moi, je ne pourrais aller mieux. », répondit-il en souriant, faisant rougir la concernée.
« Bonjour Sybyl. Content de te voir. Castiel n'est pas avec toi ? »
« Lysandre, ça me fait plaisir aussi. Non, je suis venue seule. D'ailleurs, en parlant de Castiel, est-ce que tu aurais son numéro ? »
« Oui, bien sûr. Pourquoi ? », répondit-il en fronçant les sourcils.
« Sa cousine a lessivé son portable ! », révéla Rosalya, hilare.
« Rosa ! Ce n'est vraiment pas drôle ! Enfin, voilà, ma carte SIM et mon téléphone sont morts. Et je n'ai pas eu le temps de le mémoriser. J'avais à peine retenu le mien, d'ailleurs ! », souffla la jeune femme, exaspérée.
« Je vois. C'est assez contrariant, effectivement. Je te le donnerais volontiers mais je ne le connais pas par cœur et je n'ai pas emporté mon GSM. »
« Oh… D'accord. Tant pis. J'espère juste qu'il ne sera pas trop fâché… », répondit-elle en faisant la moue.
« Ecoute, ce que je vais faire, c'est lui envoyer un message pour le prévenir de la situation dès que nous serons rentrés. Et je lui communiquerai ton nouveau numéro, comme ça, il pourra te contacter. Ca te va ? »
« Tu ferais ça ? C'est super, Lysandre, merci beaucoup ! Attends, je vais te noter ça ! », s'écria-t-elle, en farfouillant dans son sac à la recherche d'un bic et d'un bout de papier.
Dès qu'elle eut trouvé ce dont elle avait besoin, elle griffonna rapidement les quelques chiffres correspondant à son numéro et tendit le tout à Lysandre avec un grand sourire.
Le jeune homme lui rendit son sourire et empocha le papier.
« Bon, c'est pas tout ça, mais si on allait s'assoir ? », demanda Rosa.
Les quatre jeunes gens gagnèrent les parasols et s'installèrent dessous pour se protéger du soleil : ils discutèrent un moment avant que Sybyl ne suggère une baignade. Sans surprise, les deux garçons déclinèrent la proposition mais Rosa, elle, sauta sur l'occasion.
« Laisse-moi juste un instant pour mettre de la crème et je suis à toi ! »
Rosalya fouilla rapidement son sac et son sourire se mua en une grimace déçue.
« Mince… J'ai oublié ma crème solaire… »
« Pas de souci, prend la mienne ! », fit Sybyl en lui tendant son tube. « Indice de protection maximale ! Avec des peaux claires comme les nôtres, y a pas le choix ! »
La jeune fille sourit et s'enduisit rapidement de crème pendant que Leigh lui badigeonnait le dos.
« Tu veux que je fasse ton dos ? », proposa gentiment Lysandre.
« Je l'ai déjà fait, mais merci d'y penser. », sourit Sybyl.
« Allez, allez, je suis prête maintenant, en avant ! », s'impatienta Rosalya.
Les deux amies passèrent un long moment à nager et à s'éclabousser en riant et ne sortirent de l'eau que lorsque leurs estomacs se rappelèrent à leurs bons souvenirs. Essoufflées et ruisselantes, elles regagnèrent les serviettes et se séchèrent sommairement. Les garçons ayant disparu, les filles s'accordèrent sur le fait que l'une irait chercher de quoi manger tandis que l'autre resterait sur place au cas où les déserteurs reviendraient entre-temps.
Ayant envie de se promener un peu, Sybyl se porta volontaire pour le ravitaillement et partit à la recherche d'un marchand quelconque : très vite, elle tomba sur un vendeur ambulant qui lui proposa des beignets à l'air délicieux. Son achat fait, elle rebroussa chemin et avait atteint les cabines de douche quand une petite balle en plastique tomba juste devant ses pieds : surprise, elle la ramassa et chercha des yeux le propriétaire. Un jeune homme blond, les cheveux en bataille, lui fit signe et s'approcha, l'air gêné.
« Ca alors, Nathaniel ! Comment vas-tu ? », demanda la jeune fille avec un grand sourire.
« Sy… Sybyl ? C'est toi ? »
« Bah oui, quoi, tu m'as déjà oubliée ? », le taquina-t-elle.
« Non ! Non, bien sûr que je me souviens de toi ! C'est juste que je… Euh… Que tu… Enfin bon, je ne t'avais pas reconnue, c'est tout. », bégaya-t-il en rougissant.
« Tu es venu avec tes parents ? »
« Non. Juste avec… »
« Nathaniel ! Qu'est-ce que tu fais, enfin, je t'attends ! », fit une voix plaintive.
« Tu es là avec ta sœur ? Waw… Même en vacances, tu fais dans les bonnes œuvres ! », rit Sybyl.
« Disons qu'elle se sent un peu délaissée depuis le début de l'année et… Enfin, je lui ai promis de lui consacrer un peu plus de temps cette semaine. »
« C'est très gentil à toi. »
« Et toi ? Tu es seule ? »
« Hé oui, ma cousine est fort occupée et mes parents sont à l'étranger. »
« Je m'attendais à te voir en compagnie de Castiel… Tout va bien ? »
« Oui, bien sûr. J'ai eu un souci de téléphone, ce qui fait que je n'ai pas su m'arranger avec lui. Au fait, il faudra que je te communique mon nouveau numéro de portable. »
« Hein ? Pourquoi ? »
« Ben pour mettre à jour mon dossier scolaire. C'est bien toi qui t'occupes de tout ça, non ? »
« Ah euh oui, oui, c'est moi. »
« Super. Bon, je ne vais pas te retenir plus longtemps. Ambre s'impatiente. »
« Ca… Ca te dirait de te joindre à nous pour une partie ? Ca ne doit pas être très drôle d'être à la plage toute seule. »
« C'est gentil mais ça va. J'ai croisé Rosa et elle m'a plus ou moins forcée à passer la journée avec elle. En plus, je suis certaine que ça ne plairait pas à ta sœur. Inutile de chercher les ennuis. D'ailleurs, j'ai plutôt intérêt à me dépêcher si je ne veux pas manger froid ! »
« Oh… Oui, tu as raison… Mais si tu changes d'avis, n'hésite pas. »
« Merci Nath, tu es vraiment gentil. », dit la jeune fille en souriant, le faisant rougir.
« NATHANIEL ! »
Sybyl éclata de rire devant l'air décomposé de son ami et lui posa la main sur le bras avec un grand sourire : « Ah, comment résister à cette voix si douce ! Courage, je compatis ! »
Pour toute réponse, il se passa une main dans les cheveux et jeta un œil hésitant par-dessus son épaule : « Oui bon… Je ferais mieux d'y aller… »
« Hé ! N'oublies pas ça ! », fit la jeune fille en lui rendant la balle en plastique.
« Ah, oui, merci ! »
« Sur ce, je file apporter tout ça à Rosa et aux garçons ! Passe une bonne journée ! », le salua-t-elle en s'en allant.
La jeune fille se hâta de rejoindre ses amis, les garçons ayant réapparu durant son absence : les beignets furent rapidement engloutis et les quatre adolescents digérèrent tranquillement en se dorant au soleil.
Deux heures plus tard, l'heure du retour sonna pour Rosalya, Leigh et Lysandre.
« Tu es sûre que tu ne veux pas rentrer avec nous ? », demanda pour la dixième fois l'adolescente.
« Sûre et certaine, Rosa, ne t'en fais pas. »
« Mais tu vas t'ennuyer, toute seule ici. »
« Aucun risque, j'ai mon livre. Et puis, je devais passer la journée seule, au début, tu te rappelles ? C'est déjà bien gentil d'avoir passé du temps avec moi. J'ai passé un très bon moment grâce à vous, merci. »
« Bon… Si tu es décidée… »
« Absolument. En plus, je ne vais plus trop traîner non plus. Je vais lire un peu, peut-être me baigner encore une fois puis je rentrerai. Ne t'en fais pas pour moi, tout ira bien. »
« D'accord. Dans ce cas, on se verra à la rentrée. »
« Oui. Au revoir vous trois. Et, Lysandre… N'oublie pas le message pour Castiel, s'il te plaît. »
« Le message ? Quel… », commença le jeune homme, perplexe.
« Ne t'en fais pas, je m'en occupe ! », affirma Rosalya en roulant des yeux.
« Merci ! », dit Sybyl en souriant, soulagée.
Les trois jeunes gens s'en allèrent et l'adolescente, s'étendant sur sa serviette, reprit sa lecture. Un chapitre plus loin, elle sentit la température baisser légèrement : jetant un œil à son portable, elle remarqua qu'il était déjà 16h30.
*Mince, j'ai pas vu le temps passer ! Si je veux pouvoir profiter une dernière fois de l'eau, j'ai intérêt à y aller maintenant !*
Rangeant ses affaires, elle cacha son sac sous un arbuste et se dirigea vers la mer : elle y entra et nagea un moment, savourant la caresse de l'eau tiède, le balancement des vagues, la brise légère qui s'était levée depuis peu. Elle fit la planche, se laissant porter brièvement par le courant, et ferma les yeux, s'immergeant totalement dans les sensations provoquées par l'océan. Soudain, une ombre la surplomba, lui cachant le soleil : rouvrant brusquement les yeux et abandonnant sa position relaxante, elle se retrouva face à un jeune homme aux longs cheveux blonds attachés à la va-vite, assez musclé, bronzé et aux superbes yeux bleu-verts qui la regardait, assis sur une planche de surf.
« Tout va bien, mademoiselle ? », s'enquit-il d'une voix agréable.
« Oui, merci. »
« Ah, tant mieux. On te voyant flotter comme ça, immobile, je me suis inquiété. Au fait, moi, c'est Dake. »
« Enchantée, je m'appelle Sybyl. »
« Tu es nouvelle ici ? Je ne t'ai jamais vue dans le coin. Une aussi jolie fille, je m'en souviendrais ! », ajouta-t-il d'un air charmeur.
« Euh… Pas exactement non. Je vis en ville, je suis simplement venue profiter un peu du beau temps. »
« Ah, et tu es venue seule ? »
« Eh bien… Oui. J'ai passé la journée avec des amis mais ils sont rentrés. D'ailleurs, je vais y aller aussi, il se fait tard. », ajouta-t-elle en esquissant un geste pour partir.
« Attends ! », fit Dake en lui saisissant le poignet.
Sybyl étrécit les yeux, appréciant peu d'être ainsi retenue, surtout par un illustre inconnu : il avait beau être séduisant et avenant, ça ne lui donnait pas tous les droits ! Elle le foudroya donc du regard mais visiblement, il ne comprit pas le message parce qu'il se contenta de lui décocher un sourire séducteur.
« Ca te dirait, de t'essayer au surf ? »
« Maintenant ? Il n'y a quasi pas de vagues. », répondit-elle en haussant un sourcil, sceptique.
« Ah, ah, c'est vrai, c'est ce qui me manque le plus de mon pays natal. Là d'où je viens, il y a des vagues immenses, des rouleaux, des étendues planes à pertes de vue… Le bonheur de tous les surfeurs ! Mais bon, au moins tu ne prendrais aucun risque en essayant ici. »
La jeune fille réfléchit un instant à sa proposition : ça pouvait être sympa… Et puis, à part être un peu trop collant, il n'avait pas l'air d'un mauvais bougre…. Au pire, elle pourrait toujours lui coller son genou là où il le sentirait passer s'il devenait trop entreprenant…
« Ok, ça me va. », dit-elle en souriant légèrement.
« Super ! Allez, viens, on doit avoir pied pour commencer. »
Dès qu'ils eurent gagné un endroit moins profond, le jeune homme lui prit la main et l'aida à se hisser sur sa planche.
« Bon, mets-toi à genoux d'abord. Voilà. Tu sens le mouvement de l'eau ? Tu dois l'accompagner. Quand tu te sens prête, tu peux te redresser. Voilà, doucement. »
Dès qu'elle eut calqué sa respiration sur le ressac, elle se redressa lentement en station accroupie. Dake en profita pour glisser sa main de son bras à sa taille tandis que l'autre maintenait la planche en place. Elle se crispa sous le contact mais ne put décemment pas lui dire quoique ce soit : après tout, pour l'instant, il se contentait réellement de l'aider à conserver son équilibre… Elle serra donc les dents et ravala les mots acerbes qui lui venaient à la bouche, se concentrant à la place sur sa position.
« Détends-toi, tu te débrouilles très bien. », l'encouragea son professeur improvisé, se méprenant sur l'origine de sa tension.
Levant les yeux au ciel, la jeune fille décida d'en finir et, lentement, se redressa totalement, adoptant d'instinct une posture stable et souple. La main du garçon passa de sa taille à sa cheville, effleurant sa hanche et sa jambe sur toute sa longueur. Exaspérée, elle s'apprêtait à lui dire vertement de garder ses mains loin d'elle lorsqu'une vague plus forte que les autres renversa la planche, l'envoyant boire la tasse. Crachant et toussant, elle refit surface dans la seconde : encore aveuglée par l'eau salée, elle sentit deux bras musclés entourer vivement sa taille et l'attirer contre un torse ferme et chaud. S'essuyant les yeux, elle posa ses deux mains sur ses pectoraux et poussa, tentant de se dégager de son étreinte : pour toute réponse, il se contenta de la serrer un peu plus fort.
« Tu vas bien ? », s'enquit le jeune homme d'un ton inquiet, lui posant une main sur la joue pour lui faire relever la tête, plongeant son regard dans le sien.
« Ou… Oui. Oui bien sûr. Ce n'est qu'un peu d'eau. Tu peux me lâcher, s'il te plaît ? »
Avant que Dake n'ait eu l'occasion de lui répondre, un puissant aboiement leur fit tourner la tête vers la berge où un énorme molosse noir et feu les fixait d'un air réprobateur.
« Démon ! », s'écria Sybyl, ravie de revoir l'animal.
Elle se dégagea lestement et couru rejoindre le chien qui bondissait joyeusement sur la plage: à peine eut-elle quitté la mer que le beauceron lui sautait dessus, la faisant tomber sur le dos, et lui léchait allègrement le visage, la faisant rire aux éclats.
« Hé, le chien ! Bouge-toi de là ! Allez, laisse-la tranquille ! », intervint Dake, qui l'avait suivie hors de l'eau.
Lorsqu'il fit mine d'empoigner l'animal par le collier, celui-ci lui fit face en montrant les crocs et grogna d'un air mauvais.
« Touche pas à mon chien toi ! », claqua soudain une voix dure.
Surpris, le jeune homme retira vivement sa main et recula de plusieurs pas ; toujours couchée sur le sable, Démon campé défensivement au-dessus d'elle, Sybyl leva les yeux et aperçut l'adolescent rebelle. A l'envers et visiblement en colère, mais cela ne l'empêcha pas de sourire béatement.
« Castiel ! »
Il lui adressa à peine un regard avant de reporter son attention sur le surfeur.
« Démon ! File, mon grand, tu m'empêches de me relever ! », dit la jeune fille en le poussant gentiment.
Le molosse renifla un coup et la fixa d'un air songeur avant de faire un pas de côté et de s'assoir près d'elle : elle le caressa en riant et se releva en chassant les grains de sable qui s'étaient collés à son corps. A peine fut-elle debout que Dake lui prit la main et la tira contre lui : déséquilibrée, elle atterrit contre son torse et fut aussitôt entourée de ses bras. Entre ses mèches, elle aperçut Castiel crisper les poings, sa mâchoire se durcir et ses yeux lancer des éclairs.
*Aie… Ca s'annonce mal…*
« Tu devrais tenir ta bête en laisse si elle ne t'obéit pas ! C'est dangereux, elle aurait pu la blesser ! »
« Démon ne m'aurait rien fait, il est gentil ! », protesta la jeune fille en essayant de se soustraire à l'emprise du blond.
« A toi, peut-être. Mais il aurait pu blesser quelqu'un d'autre. », répliqua-t-il.
« Et t'es qui au juste, le surveillant de cette plage ? », ironisa Castiel.
« Non, simplement quelqu'un qui se soucie des gens. »
«Et tu veilles sur tout le monde d'aussi près ? », cingla-t-il en désignant Sybyl du menton.
L'expression du surfeur s'adoucit et, baissant les yeux sur la jeune fille dans ses bras, sourit.
« Non, elle, c'est un cas à part. »
Sans trop savoir pourquoi, elle rougit furieusement et, gigotant de plus belle, parvint enfin à se libérer. Plaquant ses cheveux humides en arrière, elle sourit au jeune homme et le remercia de ses leçons.
« Pas de quoi. Je peux t'offrir quelque chose à manger ? »
« Non, merci, c'est très gentil, mais j'ai déjà mangé. Et maintenant que mon copain est arrivé, je vais profiter un peu de sa présence avant de devoir rentrer. »
« Attends… Ce gars, c'est ton mec ? », demanda-t-il, visiblement stupéfait.
« Oui. C'est Castiel. », répondit-elle avec un grand sourire heureux.
« Tu aurais pu me dire que t'étais casée ! »
« Tu ne m'as pas laissé en placer une, je te signale. », grommela-t-elle en roulant des yeux.
« Ouais, si tu le dis… Bon ben moi j'y vais. Salut les amoureux ! »
Il fit un geste de la main et, ayant récupéré sa planche, retourna surfer. Un silence gênant s'abattit sur le duo : remarquant que le jeune homme semblait absolument furieux, Sybyl se décida à le dérider un peu.
« Bonjour toi. », dit-elle d'une voix douce, « Ca va ? »
« Ca n'a jamais été mieux : ma copine ne m'a pas donné de nouvelles depuis 3 jours et je lui tombe dessus en train de fricoter avec un surfeur peroxydé ! Pas la peine de te demander comment tu vas, toi ! », cracha-t-il. « Démon, au pied, on rentre ! »
Le beauceron, toujours assis près de la jeune fille, lança à son propriétaire un regard torve, se laissa tomber sur place et, posant sa truffe entre ses pattes, ferma les yeux, déclenchant l'hilarité de l'adolescente, ce qui ne fit que redoubler la colère de Castiel. Jetant la prudence aux orties, elle se jeta contre lui et le serra dans ses bras, enfouissant sa tête dans son cou : fermant les yeux, elle prit une grande inspiration, savourant son odeur et la sensation de son corps contre le sien. Dieu ce qu'il lui avait manqué ! Elle le sentit se crisper un peu plus et pensa avec amusement que s'il continuait ainsi, il allait se bloquer un muscle.
« Tu m'as manqué, tu sais. Vraiment. Pour ta gouverne, je ne flirtais pas avec Dake, j'essayais de m'en faire quitte. Mais il était particulièrement collant ! »
Penchant légèrement la tête en arrière, elle leva les yeux vers son visage : rencontrant son regard, elle y planta le sien, souhaitant lui faire passer tout son amour et sa sincérité.
« Et je suis désolée de ne pas t'avoir contacté. Je voulais, vraiment. Mais j'ai eu un problème avec mon téléphone : j'ai perdu tous mes contacts et je n'avais pas noté ton numéro ailleurs. D'ailleurs, tu devrais bientôt recevoir un message de Lysandre pour te l'expliquer et te transmettre mon nouveau numéro. S'il n'oublie pas, bien sûr ! »
L'incertitude passa dans les prunelles brunes du rockeur : la jeune femme appuya sa paume sur le cœur de son ami.
« Je t'assure que c'est vrai. Si tu veux qu'on fasse un bout de chemin ensemble, que ce soit en tant qu'amis ou… », elle fit une pause en rougissant, « … qu'autre chose, il va falloir que tu me fasses un peu confiance. »
Castiel ouvrait la bouche pour répondre lorsque son GSM sonna : il le sortit brusquement de la poche de son jean et lut rapidement le message entrant.
Salut ! J'ai croisé Sybyl sur la plage aujourd'hui, elle était seule alors elle a passé la journée avec Rosalya, Leigh et moi. Elle a eu un souci avec son téléphone, elle n'a plus aucun numéro et le sien a changé. Elle m'a fait promettre de te le communiquer et de te demander de la contacter au plus vite. Apparemment, tu lui manques. Heureusement que Rosa m'a rappelé de te prévenir sinon… A bientôt !
Poussant un soupir, il rangea son portable et se retrouva face au sourire taquin de la jeune femme : il détourna les yeux et rougit, clairement gêné.
« Je dirais bien ''je te l'avais bien dit'' mais… », rit-elle.
Il eut la bonne grâce de paraître embarrassé et, marmonnant des excuses, se cacha dans les cheveux argentés.
« Excuses acceptées. Pour cette fois. », l'avertit-elle, mi-moqueuse mi-sérieuse.
« Ouais, ouais, ok, j'ai compris. Par contre, j'ai vraiment pas apprécié de te voir te faire tourner autour par cet abruti ! »
« Et j'ai détesté ses mains baladeuses ! Je ne savais pas comment me débarrasser de lui ! »
Le regard de Castiel se fit meurtrier et il l'attrapa par les épaules.
*Aie… J'aurais pas du dire ça !*, songea-t-elle en grimaçant.
« Quoi ? Comment ça, ''ses mains baladeuses'' ? Je vais lui casser les dents ! »
« C'est rien, laisse tomber ! Il ne s'est rien passé, ne te tracasse pas ! Tu penses, je lui en aurais collé une vite fait s'il avait été trop loin. Je suis là, avec toi. C'est tout ce qui compte, non ? », lui dit-elle avec un gentil sourire en lui posant une main sur sa joue.
Il prit une grande inspiration et souffla un bon coup, se détendant lentement : il secoua la tête et se passa une main dans les cheveux, les ébouriffant un peu plus.
« Ouais, ok. T'as raison. »
« Comme toujours ! », rit-elle en lui faisant un clin d'œil.
Il haussa les épaules et leva les yeux au ciel avant de lui rendre son sourire.
« Ca te dirait de faire un tour avec moi ? J'étais venu pour promener le gros et je n'en ai pas encore eu l'occasion. »
« J'adorerais. En avant ! »
Elle récupéra son sac puis il lui prit la main, les faisant rougir tous les deux, et ils remontèrent la plage vers la jetée, faisant courir le chien en lui lançant un bâton pour lequel ils devaient se battre pour le récupérer et pouvoir le relancer. Une heure et demie plus tard, Démon commençant à fatiguer, les adolescents décidèrent de prendre le chemin du retour. En route, ils passèrent devant un glacier et s'en achetèrent une, chacun s'horrifiant du choix de l'autre.
« Mais enfin, regarde ce truc, c'est tout… Rose ! », fit Castiel d'un air dégoûté.
« Parce que ton chocolat-banane est mieux peut-être ? », rigola-t-elle en léchant son sorbet.
Il lui lança un regard amusé et, soudain, plongea sur le cornet de la jeune fille et donna un coup de langue à la boule framboise, surprenant Sybyl qui manqua de faire tomber sa sucrerie.
« Hé ! », protesta-t-elle en lui lançant un faux air outragé.
L'adolescent l'ignora, testant consciencieusement le goût de la glace.
« Alors ? », l'interrogea-t-elle finalement.
« Mouais. C'est pas aussi horrible que ça en a l'air. », concéda-t-il avec un sourire en coin.
« J'étais sûre que ça te plairait ! »
« Oh, t'emballes pas, j'ai pas dit ça ! »
« Bah, c'est juste parce que tu es trop timide pour l'avouer ! »
Ils continuèrent leur route en riant et en discutant de tout et de rien : de retour en ville, elle se tourna vers lui, s'apprêtant à lui dire au revoir, mais il lui reprit la main et se remit en marche.
« Ben… Tu vas où ? »
« Je te ramène chez toi. »
« Ah, j'étais sûre que tu étais un gentleman, en fait ! »
« Ne m'insulte pas, s'il te plaît. »
Sybyl ricana mais ne dit rien de plus, se contentant de le suivre en profitant de leurs derniers instants ensemble. Vite, trop vite à son goût, ils arrivèrent chez elle.
« Et voila, madame est arrivée. »
« Merci de m'avoir raccompagnée. »
« Aucun problème. C'est sur mon chemin, de toute façon. »
« Merci quand même. On reste en contact, hein ? »
« Si une nouvelle catastrophe ne s'abat pas sur ton portable. », répondit-il avec un petit sourire moqueur.
« Très drôle ! »
« Je sais, je suis irrésistible ! »
« J'aurai vraiment tout entendu ! »
Démon soupira profondément et tira sur sa laisse, faisant rire les deux adolescents.
« Espèce de casse-pieds ! »
« Je crois qu'il veut y aller. Rentre bien. »
Il se pencha et l'embrassa sur la joue : il se redressait quand la jeune fille l'attrapa par le col de son blouson, se haussa sur la pointe des pieds et, profitant de sa surprise, le tira doucement mais fermement vers elle et posa tendrement sa bouche sur la sienne. Elle maintint le contact quelques secondes, frôlant ses lèvres avec les siennes, puis le relâcha et s'écarta, souriant devant son expression stupéfaite.
« A plus tard, Castiel. », murmura-t-elle.
Elle fit une caresse au beauceron et, avec un dernier sourire au jeune homme toujours figé sur place, referma la porte de sa maison.
Elle passa le reste de la soirée dans un état second, extatique et rêveuse, rejouant sans cesse leur baiser (son premier !) dans sa tête, riant lorsque son air incrédule lui revenait en mémoire.
*J'espère que je ne l'ai pas choqué à lui en faire perdre la parole !*, songea-t-elle en pouffant comme une enfant.
Elle dîna sommairement, prit une longue douche bien chaude et, épuisée, se glissa dans son lit vers 22h. Elle envoya un message au jeune homme pour lui souhaiter une bonne nuit et, fermant les yeux, s'endormit presqu'aussitôt, un sourire heureux aux lèvres.
