Chapitre très centré romance, je l'avoue, mais nécessaire. Je vous rassure, ça dérape tout de suite après. Et donc, ça devient intéressant.

Et quand même, un événement décisif... La fin arrive à grand pas !

Bonne lecture :)


Chapitre 10, ou comment un bal peut faire des couples… Et en défaire.

Toutes les malles étaient prêtes, déjà envoyées par magie à Beauxbâtons, et tous les élèves étaient assis à leur place dans la Grande Salle. À côté de Remus, en face de Lily, Sheila commençait à s'inquiéter. Elle allait revoir tous ces anciens camarades, amis, ennemis… Tous ceux qu'elle avait connus, charmés, abandonnés. Tout ceux avec qui elle avait joué, et gagné. Elle soupira, et sourit au professeur MacGonagall qui inspectait la décence des élèves. Sirius souriait de toutes ses dents vers la table de Serdaigle, où Maria ne le regardait même pas, toute absorbée par sa conversation avec Sahra. Sahra qui elle jetait des regards fréquents vers les Serpentard, où Rogue regardait droit devant lui un point que seul lui pouvait voir et contempler. Dumbledore s'avança sur l'estrade, et s'éclaircit la gorge. Aussitôt, tout le monde se tut, même les Maraudeurs. Sheila regarda le directeur, qui se lança dans les souhaits d'usage. Ne pas faire honte à Poudlard, être décent, pas de duels, se faire des amis, s'amuser, ne pas utiliser de farces et attrapes, ne pas courir dans les couloirs… En bref, ne pas faire tout ce qu'ils ne ferraient pas à Poudlard, et faire tout ce qu'ils y ferraient. Sirius échangea un regard avec Remus, James et Peter, et ils se tapèrent dans la main. MacGonagall les vit, et fondit sur leur table comme un rapace sur sa proie. Sheila leva les yeux au ciel, et, Sirius se pencha vers elle et lui demanda avec enthousiasme :

-Au fait, qu'est ce qu'il t'a dit Dumbledore ?

En soupirant, elle commença à leur résumé son problème de nom qui en fait ne posait aucun problème, quand un bruit entre le transplanage et une forte explosion retentit. Le silence se fit aussitôt, mais ne dura pas. Au bout d'une seconde, tous les élèves parlaient, demandaient à leurs voisins ce qu'il se passait, s'interpellaient entre table…Dumbledore s'avançait lentement vers le milieu de la salle, juste à côté de Sheila, où un nuage de fumée grise se dissipait peu à peu. Sheila s'était à demi retournée, et fut au premier rang pour voir deux adolescents blessés, et titubants. Enfin, adolescents, c'était vite dit. Ils avaient l'âge d'être en 7è année. Lily plaça une main horrifiée devant sa bouche ouverte, et Remus saisit le bras de Sheila à la vitesse de l'éclair. Il était inquiet, ça se voyait, et horrifié. Mais pas seulement. Au fond de ses pupilles dilatées, on sentait quelque chose de plus, dût à sa lycanthropie. Le jeune homme qui venait d'arriver se redressa, et fouilla la salle du regard. Il regarda Sheila avec attention, la jaugea, comme s'il reconnaissait en elle une adversaire ou une proie. Avant de porter son regard sur Lily, derrière elle. Et sur ses lèvres parsemées de sang, un sourire commença à éclore…. Avant qu'il ne s'écroule à cause de blessure, son sourire déjà fâné. Sa compagne, une jeune fille blonde, était déjà évanouie, au sol. Ses cheveux blonds faisaient une auréole autour de sa tête, ses yeux étaient clos et elle semblait se reposer. Si on ne comptait pas les taches de sang sur ses traits fins et honnêtes ainsi que ses vêtements déchirés, on n'aurait pu croire qu'elle était blessée. Elle était physiquement la parfaite complémentarité de son compagnon, qui lui était brun. Tous deux avaient des traits honnêtes qui respiraient la franchise. Lily, déboussolée par ce regard, ne put rien dire. Et Sheila regarda avec inquiétude les deux corps inanimés au sol. Elle savait. Elle avait compris. Elle pâlit, sans cesser de fixer les deux inconnus. Il lui restait quelques jours, une semaine tout au plus. Ces deux adolescents qui fascinaient tous les élèves de la salle, ces deux jeunes gens si beaux et si mal en point allait causer sa perte. Elle fit un sourire crispé, et passa sa main sur son front. Une semaine pour jouer, songea-t-elle. Les moments de répit que son héritage accepterait de lui accorder serait rare. Elle regarda Remus, qui fixait les deux inconnus étendus sur le sol. Une semaine pour aimer, comprit elle d'un coup. Elle regarda à nouveau ces inconnus, perturbée. Dumbledore administrait les premiers soins avec de grands gestes avec sa baguette, MacGonagall appelait l'infirmière qui accourait avec deux brancards ensorcelés par magie. Ils firent les deux corps léviter, et Mrs Pomfresh partit en courant, suivant les deux inconnus, dans la direction de son infirmerie. Dumbledore les regarda partir, et reprit conscience de la situation. Il regarda autour de lui, murmura quelques ordres aux professeurs qui restaient au château, annonça qu'il viendrait tous les jours prendre des nouvelles des inconnus et leur ordonna de le prévenir si quoi que ce soit arriver. Ensuite, il retourna à l'estrade, et reprit son discours comme si rien n'était.

-Je pense que vous avez compris toutes les consignes de bienséance, reprit-il d'une voix forte pour couvrir le brouhaha déclenché par l'apparition des deux inconnus et pour capter une nouvelle fois l'attention des élèves. Maintenant, nous allons pouvoir rejoindre le Château de Beauxbâtons, dont la directrice est ma chère Madame Maxime, et les élèves de l'académie de Dumstrang, dirigé par Vladimir Ivanov. Maintenant, que les jeunes filles de Poufsouffle prennent place, et qu'elles soient rejointe par leurs cavaliers !

Toutes les jeunes filles de la table de Poufsouffle allèrent se mettre en rang devant l'estrade, et leurs cavaliers les rejoignirent. Peter se leva, et alla rejoindre une 6è année relativement mignonne, aux cheveux secs et frisés d'une couleur paille. Ils se correspondaient bien, remarqua Sheila en souriant. Dumbledore appela ensuite les Serdaigle, et Sirius sourit. Avec toute la grâce et la nonchalance dont il était capable, il se leva, et rejoignit Maria à qui il baisa la main comme son éducation de Sang-Pur qu'il avait toujours refoulée. Maria rougit, et se tourna vers Dumbledore, un sourire flamboyant aux lèvres. Et preuve du bonheur de Sirius et de l'envie qu'il avait que Maria soit fière de lui, il ne dit rien à Rogue, ne lui fit rien, même s'il était juste devant Sirius, tenant le bras de Sahra raidement. Il aurait souhaité être à des milles de là.

-Les Gryffondor, prenez place !

Sheila sourit, et se leva prestement. Elle se plaça entre Lily et Alexandra. Alors que James rejoignit sa dulcinée en courant, Remus se leva lentement, et alla présenter son bras à Sheila avec un parfait sourire. Il lui fit une bise sur la joue, et prit son bras dans un parfait naturel. Derrière eux, Lucius n'y croyait pas. Il rejoignit sa propre cavalière Serpentard un instant après, en se jurant de le faire payer à cet imbécile de Lupin. Lily remit le lys dans ses cheveux, Sheila dégagea quelques mèches bouclées de son chignon, Alexandra se redressa, Sirius raffermit sa prise sur Maria, et Rogue prit un visage encore plus froid, quand un portail d'une vague couleur bleu turquoise apparut devant Dumbledore. Celui-ci sourit, et sans hésiter, passa le portail et disparut. La première Poufsouffle, une 6è année du nom de Wilkes, le suivit avec courage, et tout la file s'ébranla.

Un par un, les élèves passaient le portail bleu et disparaissaient. Et lentement, ceux derrière eux avançait, le cœur serré d'appréhension ou d'excitation selon les personnes. Sirius disparut avec Maria, Severus avec Sahra, et Sheila commença à s'inquiéter. Remus lui sourit, remit tendrement en place une mèche rebelle de la coiffure de sa cavalière, et raffermit sa prise sur elle. Et, calmement, d'un pas assuré, il s'élança vers le portail. Et ils le traversèrent aussi facilement que si il n'y aurait rien eu.

En un instant, les deux jeunes gens se retrouvèrent dans un grand hall de marbre blanc, aux colonnes finement sculptées. Leurs pas résonnaient sur le sol clair, et les plafonds peints semblaient leur sourire. Tous les élèves de Beauxbâtons étaient là, sur les côtés, devant les portes, et les regardaient en souriant. Certains garçons repéraient les filles, et certaines filles repéraient les garçons. Sheila reconnaissait certaines personnes, mais elle ne s'attardait jamais à en regarder une seule, de peur d'attirer dès maintenant l'attention sur elle. Un groupe de filles gloussaient déjà avec enthousiasme en regardant Sirius, et un autre petit groupe détaillait James avec avidité. Lucius Malefoy se rengorgeait derrière Sheila, tandis que la jeune fille remarqua un groupe de quelques françaises, qui fixaient Remus avec intérêt. Sentant une bouffée de jalousie monter en elle, elle se tourna vers son cavalier, qui la regarda avec un air intrigué. Pour toute excuse, elle se serra contre lui alors qu'il passait une main possessive autour de sa taille.

-Elles te regardent.

-Ils te déshabillent du regard !

Les deux sourirent, et reprirent leur admiration, souriant. Ils se comprenaient. Sheila poussa alors un soupir de bien-être. Mine de rien, la France, Beauxbâtons, Madame Maxime… Tout ça lui avait manqué. Mais elle ne regrettait rien. Elle regardait les Français, en reconnaissait certains, d'autres noms. Et elle retint sa respiration. Il était là. Et Il ne la regardait pas. Non, Il fixait tour à tour Maria, Sahra et Narcissa Black.

Lily regardait autour d'elle avec envie. Elle était impressionnée par la beauté du lieu, par le marbre, par les statues de glace dans les coins qui étincelaient de mille feus… Elle n'en croyait pas à ses yeux. A ses côtés, James ne comprenait pas ce qui valait au Hall une telle admiration, mais il devait convenir que c'était joli. Et même très beau. Un sourire léger s'étala sur ses lèvres, et il se mit à penser que ces quelques jours en France allaient beaucoup de bien à son couple. Il rapprocha Lily de lui, et son sourire disparut quand elle lui murmura :

-Dis, tu penses que c'était grave, les blessures de l'inconnu qui est arrivé tout à l'heure ?

Souhaitant penser qu'elle parlait de la jeune fille, il hocha négativement la tête, et la détourna. La jalousie occupait son cœur à ce moment. Il regarda les Français, qui parlaient dans une langue qu'il comprenait. Alleluïa, Dumbledore avait lancé un sort de Traducteur universel… Il ne serait donc pas perdu ! Et, les instincts de dragueur et de chasseur d'un mec ne disparaissant jamais, il repéra quelques filles vraiment jolies. Avant de se souvenir qu'il tenait le bras de l'amour de sa vie, et de se retourner vers elle pour rajuster une mèche rousse de sa bien-aimée.

Sirius, de son côté, était aux anges. Non seulement il était au bras de Maria, qu'il trouvait non seulement belle, mais intelligente et avec du caractère, mais en plus beaucoup de filles le regardaient en minaudant. Son charme légendaire était donc encore présent ! Il était donc toujours aussi beau ! Se rengorgeant comme un coq, il bomba le torse et se redressa fièrement. Ce changement d'attitude ne manqua pas d'étonner Maria qui se tourna vers lui, intriguée, abandonnant sa contemplation du plafond. Il lui lança un sourire d'excuse, et tâcha de se tenir convenablement pour la suite. Mais il ne put empêcher ses yeux de parcourir la salle, ses lèvres de sourire, et ses paupières de se fermer pour des clins d'œil charmeurs et malicieux. Maria cessa de sourire, et écrasa le pied de son cavalier avec son talon. Sirius retint un cri et la regarda avec stupeur. Pour toute réponse, elle jeta un regard noir à toutes les filles de la salle, et se rapprocha de son cavalier, posant sa tête sur son épaule. Sirius sourit franchement, et regarda avec un air de victoire tous les garçons de la salle. A un instant, il posa ses yeux sur lui, qui détourna la tête pour regarda Narcissa Black, cavalière de Lucius Malefoy comme il le devait. Après tout, ils étaient fiancés.

Sahra tenait le bras de Severus Rogue, mais n'osait rien faire d'autre. Elle était trop timide, trop réservée, trop discrète. Elle avait trop peur de le gêner. Après tout, ce n'était pas comme s'il lui avait demandé de venir au bal avec lui… Non, c'était l'équipe professorale qui avait choisi. Se tenant droite à la distance dictée par les convenances, elle observait discrètement les lieux. Et étrangement, elle ne les trouva pas aussi beau que le pensaient ses amies. Bien sûr, c'était magnifique. Tout s'accordait, était un travail sûr et long. Ça donnait une atmosphère de château comme dans le conte Le belle au bois dormant, ou bien la Belle et la bête. Ça donnait une atmosphère de magie féerique dont rengorgeaient les livres pour enfants moldus qui avaient parsemé son enfance. Mais c'était trop. Trop. Trop surchargé, trop complet, trop magnifique. Sahra préférait les choses simples, la beauté simple. Un simple vase, une simple fleur pouvait faire qu'elle resterait en extase devant quelque chose. C'est pour ça qu'elle était si timide. Tellement habituée à observer les gens, à découvrir quelque chose de beau en eux, elle ne leur parlait pas. De toute façon, elle ne pouvait penser qu'ils accepteraient de lui parler, si beaux qu'ils étaient. Elle tourna son regard vers Rogue, qui observait pensivement les portes devant eux. Il avait remarqué les regards sur eux, les avait analysé, compris. Il avait calculé en fonction. Et lentement, il regarda Sahra. La détailla. Nota toute sa beauté sur ses traits, toute son inquiétude, toutes ses hésitations. Tous les détails, il les inscrivit dans sa mémoire. Et lentement, il se pencha vers elle, et dégagea l'oreille de la jeune femme dans un geste entre tendresse fraternelle et tendresse amoureuse. Et il lui murmura, son souffle chaud venant caresser la peau satinée de sa cavalière :

-Tu peux faire ce que tu veux. Tu n'es en rien attachée à moi. Tous ces garçons n'attendent que ton bon vouloir…

Et avec un sourire à double sens, il s'écarta lentement d'elle, et reprit sa contemplation des portes, sans sembler les voir. Il souriait toujours. Mortifiée, Sahra détourna rapidement le regard de Rogue. Il ne voulait pas d'elle, au point de lui souhaiter s'amuser avec les Français et les Bulgares, pour des aventures sans suite. A cet instant, elle le détestait.

Alexandra soupira. Le Hall était magnifique, ok. Même infiniment beau, d'accord. Elle était avec un garçon qu'elle avait choisi et qui était mignon, c'était vrai. Son cavalier Poufsouffle s'appelait John Marquew, et tournait autour d'elle depuis presque deux ans. Mais elle ne l'aimait pas, et elle le savait. Elle n'avait accepté que pour ne pas se retrouver avec un cavalier inconnu donné par Dumbledore. Soupirant, elle regarda Sheila et Remus, et les envia. Elle regarda James et Lily, et elle ne vit pas la lueur d'inquiétude dans les yeux de James. Elle les envia. Elle vit Sirius et Maria se chamailler, et elle les envia. Elle vit Severus Rogue se pencher à l'oreille de Sahra, et elle détourna le regard pour ne pas en voir plus. Elle les enviait. Tous ces couples qui s'aimaient, qui étaient là pour passer de bons moments ensemble… Ils étaient chanceux. Très chanceux. Et si elle n'était pas jalouse, elle ne pouvait s'empêcher de comparer sa place avec la leur.

Les derniers Serpentards arrivèrent, et la file d'élèves de Poudlard se mit en marche. Elle s'engouffra dans les deux portes, suivie près par les élèves français. Ils attendirent un instant, et les élèves de Dumstrang arrivèrent. Vêtus de lourdes capes, ils avançaient sans sourire, fiers, droits. Sheila les regarda entrer, et applaudit poliment en même temps que tout le monde. MacGonagall se dirigea vers les élèves de Poudlard, et s'appliqua un Sonorus avant de dire :

-Bien. Vous allez être entre 3 et 5 par chambres. Les maisons peuvent être mélangées, les années aussi. Non, Mr Potter et Mr Black, vous ne pouvez pas être avec des filles. Suivez Monsieur Georges, le concierge, il va vous conduire à vos chambres.

Monsieur Georges était un homme d'une trentaine d'années, blond, souriant. La perfection française, murmura Lily à Sahra alors que Sheila évitait de regarder l'homme dans les yeux. Il la connaissait assez bien pour l'avoir souvent trouvée dans les couloirs au milieu de la nuit, généralement pas seule. Et elle ne l'aimait pas. Elle se fondit dans la masse, et s'appropria la première chambre, entraînant avec elle Lily, Maria, Sahra. Un lit restait libre. Sheila s'assit sur un matelas, près d'une fenêtre donnant sur un parc travaillé et symétrique, et prit sa tête dans ses mains. Elle calma ses peurs, et la releva, souriante. Sahra discutait avec Maria, alors que Lily s'était déjà enfermée dans la salle de bains. D'expérience, Sheila savait qu'elle ne la reverrait pas avant une heure. Elle passait une main dans ses cheveux quand on frappa à la porte. Les trois filles se regardèrent, et allèrent ouvrir. Alexandra se tenait devant la porte, gênée et hésitante. Elle demanda en bafouillant :

-Je suis désolée, mais… Est-ce que je pourrais me mettre avec vous?

Elle ne donna aucune raison, aucun justificatif. Sheila savait qu'il y avait de la place ailleurs, mais elle sourit, et invita la jeune Gryffondor à entrer. Elle lui montra le dernier lit disponible en souriant. Elle n'avait besoin d'explications. Elle se moquait des raisons. Elle acceptait avec bonheur Alexandra parmi elles. Sahra et Maria se regardèrent, sourirent, et commencèrent à échanger leurs pronostiques sur le Bal qui se déroulerait le lendemain soir.


Les cinq filles sortirent de leur chambre, et se dirigèrent vers la Grande Salle locale. Il était 19h30, c'est-à-dire bien tard pour des pauvres anglaises. Seule Sheila était heureuse d'un tel horaire. Elles marchèrent en riant, souriant aux garçons qui passaient, accentuant leur démarche pour Maria qui finit par s'appuyer sur un mur pour retrouver son calme. C'était l'euphorie, et on ne savait même pas pourquoi. Elles étaient tellement heureuses qu'elles pourraient en pleurer. C'était les vacances, c'était Noël, c'était un bal, elles étaient pour certaines amoureuses, pour d'autres tout simplement heureuses d'être là. Seule Lily gardait parfois une lueur inquiète dans les yeux pour l'inconnu qui avait débarqué le matin-même dans le Grande Salle. Elle ne savait pas pourquoi, mais le regard qu'il lui avait lancé l'avait troublée. Profondément troublée. Elle avait reconnu en lui ce qu'elle cherchait depuis quelques semaines, elle avait su instinctivement qu'il serait l'aide qu'elle espérait.


Sheila, Lily, Maria, Sahra et Alexandra entrèrent dans la Grande Salle, toujours riant aux éclats, et un bon nombre de regards se tournèrent vers elles. Elles rejoignirent les Maraudeurs à leur table, mais Sahra et Alexandra avaient l'air un peu perdu. D'un signe impératif, Sheila les envoya aller chercher leur cavalier respectif. Alexandra se leva en souriant, heureuse d'avoir une occasion d'échapper à la crise de jalousie de John, mais Sahra eut l'air un peu inquiète. Lily et Sheila l'observèrent s'approcher de Rogue, l'inviter à la rejoindre en bafouillant. Elles virent Rogue hésiter, les regarder, surprendre le regard de défi de Remus qui avait décidé de jouer les intérêts de sa cavalière, et se lever. Il prit le bras de Sahra, et rejoignirent les Gryffondor à leur table. Sheila se décala, et fit asseoir Severus entre elle et Sahra, en face de Maria. Elle voulait éviter une guerre. Trêve de Noël, murmura-t-elle à l'oreille de Remus qui était à côté d'elle. Le lycanthrope éclata de rire, et passa un bras affectif autour des épaules de la jeune fille. Décourageant par le même geste quelques septièmes années Bulgares ou Français. Alexandra revint sans John, et reprit sa place à côté de Maria. Elle mangea en silence, dépitée, se sentant un peu à l'écart d'un tel nombre de couple. Heureusement pour elle, un Bulgare du nom de Maksym vint s'asseoir à côté d'elle, et commença à lui parler en anglais. Il maîtrisait parfaitement cette langue, malgré son accent très prononcé. Sheila le détailla discrètement. Il était beau avec des traits très marqués. Il se dégageait de son visage une virilité qu'il était loin de ne pas mériter. Sa cape rouge fourré faisait ressortir sa peau pâle et ses cheveux noirs coupés courts. Alexandra se laissa aller avec lui, riant, souriant. Les deux semblaient s'entendre à la perfection, Sheila les laissa donc en paix, et glissa sa main dans celle de Remus. Il lui sourit, et désigna d'un coup de tête James et Lily qui se regardaient amoureusement, yeux dans les yeux. Ils semblaient totalement perdu dans leur bulle, et Sirius murmura qu'il était contente qu'ils soient face à face, et non à côté. Il voulait éviter les visions d'échange de salive pendant ses repas. Ce à quoi Maria répondit, cinglante, que ça ne le dérangeait pas les années passées avec ses conquêtes qui gloussaient comme des poules sur ses genoux. Sirius rougit, pendant que Sheila le regardait, intriguée. Elle ne connaissait pas cette partie du caractère de Sirius, car il avait évité de recommencer de telles choses depuis la rentrée. Remus haussa les épaules. Sahra sourit, et regarda Rogue. Il la fixait, et derrière son rideau de cheveux noirs, il esquissa un sourire. Il n'avait pas desserré les lèvres depuis le début, mais à la surprise de tous, il proposa à Sahra une promenade dans le parc. Maria fit un clin d'œil à son amie, pendant que Sheila souriait de toutes ses dents, Sirius avait un air horrifié, Remus riait doucement, Alexandra donnait un coup de pied à Sahra pour qu'elle accepte, et Lily et James ne se rendaient compte de rien. Le couple partit, et Sheila laissa échapper un soupir rêveur. Les Maraudeurs et les trois filles partirent ensemble, laissant Alexandra à discuter avec Maksym qui leur promit de bien s'occuper d'elle. Sheila prit le bras de Remus et Sirius, Maria se saisit de l'autre bras de Sirius en lançant un regard faussement jaloux à Sheila. Lily agrippa James et attrapa Remus, et tous ensemble, ils partirent vers leur tour, en riant. Ensemble, tous les six, ils avançaient en souriant, tout simplement heureux. Que leur fallait-il de plus qu'être ensemble, juste ensemble, pour ces quelques jours de bonheur ?


La journée du lendemain passa à toute vitesse. 17h arriva vite, et le bal commençant à 19h, tout le monde se sépara pour se préparer.

-Dans deux heures, le bal commence, lança James en souriant.

Comme tous, il pensait à sa cavalière. Sa si belle cavalière.


Le bal allait commencer… Sheila se regarda dans une glace, et remit rapidement quelques mèches de ses cheveux noirs en place. Elle cria à Lily de se dépêcher, rassura Sahra sur sa tenue et regarda Maria avec admiration. Alexandra finissait de se maquiller devant une glace trop petite, mais les autres s'impatientaient. Elles allaient finir par être en retard, songea Sheila en soupirant. Elle tourna sur elle-même, s'admirant dans la psychée. Elle était belle, divinement belle, parfaitement envoûtante. Un sourire victorieux naquit sur les lèvres de la française. Elle était la plus belle, et elle le savait. Elle attirait les regards, l'attention, le désir. Elle l'attirait, le renvoyait, elle jouait et s'en amusait. Sans attache et sans conséquence. Lily sortit alors de la salle de bain, et toutes excitées, les filles sortirent de leur chambre.

MacGonagall leur avait communiqué le programme. Elles étaient censées descendre des escaliers pour rejoindre leurs cavaliers dans une petite pièce, et ensuite entrer dans la Grande Salle devant les regards des Français. Elles arrivèrent juste à temps, tout le monde descendait déjà. Souriante, Alexandra prit la tête de la file…


Dans la petite salle, Remus, Sirius et James s'impatientaient. Ils voyaient défiler les filles mais aucune ne les intéressait. La cavalière de Peter l'avait déjà rejoint, et ils roucoulaient dans un coin sous le regard méprisant d'Amos Diggory. Yann Freguaid, un poursuiveur de Gryffondor, vint les saluer avec sa propre cavalière, mais Sirius ne l'écoutait déjà plus. Alexandra descendait lentement les escaliers, ce qui laissait prévoir que Maria n'allait pas tarder. La jeune fille de Sixième année était vêtue d'une robe dans le style grecque d'une couleur écrue qui laissait ses avants bras nus et qui lui arrivait aux genoux. Elle avait remonté ses cheveux bruns sur sa nuque dans une coiffure sophistiquée, et s'était maquillée très légèrement. John prit son bras avec fierté, et bomba le torse sous le regard envieux des autres garçons de la salle. Mais ce qu'il ne vit pas, c'est que Maksym, du bras de sa cavalière silencieuse, venait d'adresser une légère révérence accompagnée d'un clin d'œil à Alexandra qui rougit immédiatement. Elle sourit, gênée, et se retourna pour voir apparaître Lily. La rousse descendait lentement elle aussi l'escalier, vêtue d'une robe blanche. James la regarda, se tourna vers Sirius, et murmura :

-Regarde, un ange…

Avant de regarder Lily descendre avec un regard d'admiration. Il ne la quitta pas des yeux une seule seconde, admirant tout son corps et toute sa grâce. Quand elle prit son bras avec élégance, il avait la bouche ouverte comme un poisson. Lily rit un peu, gênée, et James reprit conscience de là où il était. Et il serra sa copine dans ses bras à l'étouffer.

Sheila était déjà en haut des escaliers, et prit son courage à deux mains, en même temps qu'une grande bouffée d'air. Elle ne pouvait pas reculer… Et elle savait que cette soirée déciderait de sa relation avec Remus. Lentement, elle se mit à descendre les marches, se retenant avec peine de courir dans les bras de son cavalier et de lui sauter dessus. Remus la regardait en souriant, très calme. Il se maîtrisait très bien, résistant à l'envie d'embrasser Sheila devant tout le monde, en se foutant royalement de leurs essais. La jeune fille avait attaché ses cheveux comme Sirius le lui avait fait au début de l'année. Ils dégageaient son visage tout en retombant dans son dos en boucles parfaites. Elle s'était très peu maquillée, et son sourire timide rayonnait. Sa robe bordeaux retombait parfaitement sur ses hanches. Le tissu ondulait à chacun de ses pas, laissait voir une jambe bronzée et galbée. Remus la trouvait magnifique, et il ne put s'empêcher de le lui murmurer à l'oreille lorsqu'elle prit son bras. Elle sourit, gênée, et se tourna vers Sirius. Elle avait déjà vu Maria, mais la réaction de son ami l'intéressait au plus haut point. Et en effet, celle-ci fut remarquable. Maria descendait les escaliers dans sa robe bleue, et Sirius semblait halluciner. Les cheveux de la Serdaigle étaient laissés détachés et ils ondulaient tout doucement le long de son dos. Son maquillage faisait ressortir la beauté de sa robe, et Sirius se demanda soudain pourquoi il avait dit qu'il ne serait qu'ami avec elle. Sheila retint un rire, et posa une main réconfortante sur le bras de son ami. Sirius ne s'en rendit pas compte, et attrapa la main de Maria avec un empressement suspect. Sahra arriva ensuite, resplendissante dans sa robe bleue-verte. Elle rejoignit Severus Rogue, et prit son bras. Il ne lui sourit pas, ne la détailla pas, ne la complimenta pas. Et immédiatement, un air désolé apparut sur le visage de Sahra.

MacGonagall arriva, et lança le signal de l'entrée. Tout le monde était enfin arrivé. Les Dumstrang ouvrirent la marche, de leur pas fort. Ils en imposaient, et tous les Poudlariens imaginaient facilement les visages impressionnés des Français. Ensuite, ce furent à eux d'entrer en scène. Souriant, ils se mirent tous en file. Et les portes s'ouvrirent une nouvelle fois. Sirius, dans son égocentrisme habituel, s'était mis en tête de file, et avançait d'un pas fier. Il tenait le bras de Maria avec un grand sourire, et ses yeux déconseillaient quiconque d'approcher la jeune Serdaigle de trop près. Il dissuadait tout le monde par sa prestance, mais tout le monde les regardait. Lui, un beau jeune homme brun avec des manières nobles avec elle, une belle jeune fille châtain qui marchait avec élégance et grâce… Oui, ils formaient un beau couple. Mais le regard déviait ensuite. Derrière eux, James et Lily. L'effronté aux cheveux en bataille même pour un Bal, et la belle rousse qui avait l'air d'un ange. Deux opposés. James toisa un groupe de français, et sourit à Lily. Derrière eux, Remus et Sheila. La douceur et le tendresse formaient une sorte d'aura autour d'eux. Sheila sourit tendrement, et songea que le jeu avait cessé. Pause. Elle se redressa sensiblement, et décida qu'elle allait en profiter. Autant qu'elle pouvait, elle allait en profiter. Elle sourit à Remus, et ils suivirent James et Lily vers une table. Derrière eux, Alexandra et John. La jeune fille adressa un signe à Maksym, et lui sourit. Il s'inclina légèrement. Elle rosit de plaisir, et songea au meilleur moyen de se débarrasser de son encombrant cavalier alors qu'elle le suivait vers ses amis Poufsouffle. Sahra entraîna Rogue vers une table pour deux près de celle des Gryffondor. Elle ne le força pas à venir avec les Maraudeurs, songeant que c'était la meilleure façon pour tout gâcher. Chacun prit place. Et le bal commença.


Sheila riait avec Remus, commandant à la table ce qu'elle désirait manger, dans l'antique système traditionnel des bals. James et Lily flirtaient en riant, se prenaient la main tendrement, plus tendrement qu'ils ne l'avaient fait depuis la mort des parents de Lily. Sirius draguait discrètement Maria, échangeait avec elle des impressions... Peter se joignait à la conversation, plus aimable qu'il ne l'avait jamais été. Sheila découvrait en lui une personnalité effacée mais existante, un sens de l'observation critique et un amour profond pour sa cavalière Claire, qui n'ouvrit pas la bouche du repas. Sahra discutait paisiblement avec Rogue, qui commençait à répondre de plus en plus spontanément. Sheila lui adressa un sourire tranquille, alors qu'il la fixait avec son visage froid. Alexandra, à sa table, semblait s'ennuyer prodigieusement. Mais elle savait se taire quand il fallait, et parler quand il fallait. Dumbledore posa son regard bleu électrique sur la table, et sourit mystérieusement, avant de lancer l'ouverture du bal. Et d'appeler les préfets-en-chef sur la piste. Lily déglutit, alors que Lucius sourit de toutes ses dents. James força la força à se lever, et l'entraîna, chancelante, sur la piste. Il prit de force sa main et sa taille, alors que Lucius regardait Narcissa d'un air désolé. Il aurait voulu danser cette première valse avec quelqu'un d'autre, ça se voyait. Les équivalents des préfets en chef de Dumstrang et de Beauxbâton les rejoignirent, et la musique commença. James prit la danse en main, et mit en application toutes les leçons de danse que sa mère l'avait obligé à prendre depuis ses sept ans. Il n'avait jamais songé que ça lui servirait un jour… Ils tournoyaient sur la piste, et plus la musique avançait, plus Lily se détendait. Il la souleva dans les airs, en parfait accord avec les notes jouées par un orchestre invisible, et Lily sourit. Lucius dansait sans sentiment, sans émotion, tellement droit qu'on pourrait voir depuis l'Allemagne qu'il voulait que ça se finisse. Et ça se finit… Lily soupira, et commença à avancer vers la table quand une musique entraînante retentit. Un groupe bien connu apparut sur une petite estrade, et des cris de joie retentirent dans toute la salle… Et tout d'un coup, tout le monde se précipita sur la piste, hurlant de bonheur. Remus se tourna vers Sheila, et lança d'un ton amusé :

-Bon, on y va ?

Sirius se leva immédiatement, et ne posant aucune question à Maria, il l'entraîna vers la piste où des couples se déchaînaient déjà. Peter regarda Claire, Claire regarda Peter, et ils sourirent. Se levèrent. Y allèrent. Sheila se leva alors, et prit la main que Remus lui tendait. C'était un bal, c'était sa soirée… ils arrivèrent sur la piste, la musique de déchaînait. Sheila bougeait, se déhanchait, tournait… Elle riait, Remus la faisait tournoyer, voler… Sirius dansait tellement proche de Maria que la jeune fille rougissait. James avait entraîné Lily dans un rock qui faisait de la place autour d'eux. la jeune fille, habituellement si discrète, riait aux éclats, et se laissait totalement faire. Elle était heureuse, elle oubliait tout. Même le bel inconnu qui la perturbait tant. Même le petit sachet brun dans sa salle de bain, même le bout de verre tranchant. Tout, elle oubliait tout, tellement elle était heureuse… Elle avait retrouvé James, James l'avait retrouvée. Le bonheur était là, totalement là. Et le morceau ne finissait pas… a la fin, tous les Maraudeurs, sauf Peter et Claire, retournèrent à leur table en riant. Sirius tirait Maria par la main, hilare. Alexandra quitta précipitamment John, avec un sourire désolé, et courut vers Sheila. Arrivée près d'eux, elle lança d'un ton faussement catastrophé :

-Aidez-moi… Je vais mourir d'ennui…

Lily éclata de rire et se blottit contre James avec un soupir de bien-être. Elle regarda tout à coup derrière Alexandra, et sourit mystérieusement. Le silence se fit, et Sheila se tourna discrètement vers Remus, Sirius et Maria pour débuter une fausse conversation. Alexandra se retourna prudemment, et vit Maksym en face d'elle, souriant. Il s'inclina à demi, et tendit la main vers la piste, dans une invitation même pas déguisée. Alexandra sentit le bonheur revenir, et elle accepta avec joie. Le jeune Bulgare dansait parfaitement bien, sans se soucier des convenances ou de quoi que ce soit. La jeune Gryffondor se laissait totalement aller, ne s'occupait pas du regard de John sur elle, ou même de tout ce qu'elle avait pu souhaiter jusqu'à présent. Elle se moquait bien de se qui pourrait arriver, du départ proche, de la fin. Elle vivait le présent, parce qu'elle pouvait y être heureuse. La musique entraînante cessa, laissant place à une autre. Sahra alla danser, emmenant de force Severus, sous les regards moqueurs de Sheila et Lily. Rogue danser… Elles n'y croyaient pas. Sirius prit une gorgée d'eau fraîche, et se laissa emporter vers la musique par Maria. Tout était facile, maintenant. Il était là, avec elle, c'était la joie. Remus et Sheila les suivirent, James et Lily aussi. Il ne restait personne dans la salle, et personne n'y revenait… le temps passa sans qu'on s'en aperçoive, emporté par les notes amusées et par les rires enjoués. Au bout d'une petite heure, la musique ralentit pour la première fois. Et les notes se firent plus lentes, les paroles moins joyeuses. Un slow. Soupirant, un grand nombre de couples retournèrent s'asseoir. Alexandra hésitait. Elle ne savait que faire… Maksym avait une cavalière… Peut-être préférait-il… Le jeune homme passa ses mains autour de la taille d'Alexandra, et la rapprocha doucement de lui. Elle sourit timidement, et noua ses mains derrière le cou du Bulgare… Alexandra posa sa tête sur l'épaule de Maksym, et se laissa entraîner, doucement, tendrement. Rien ne pourrait briser cet instant.

Sheila avait immédiatement empêché Remus de s'enfuir vers la table. Elle le força à rester, passant ses mains derrière la nuque de son cavalier, et se collant à lui. Il la prit par la taille, et sourit. Elle ne put voir le sourire qu'il arborait, mais le devinait aisément… Elle avait le même.

James avait enlacé Lily doucement. Il lui laissait une occasion de partir, de se dégager. Mais elle ne la prit pas. Elle se blottit contre son torse, protégée contre tout. Et laissa les notes tristes l'emporter, souriante. C'était Noël… Enfin, presque. Sirius, lui, avait délicatement enlacé Maria en souriant. Elle se colla à lui, et posa sa tête contre l'épaule du Gryffondor, souriante. Elle avait totalement oublié ses doutes, ses promesses, ses résolutions. Elle avait oublié quelle réputation avait Sirius, ce qu'il faisait des filles avec qui il sortait. Elle avait tout omis, ne pensant qu'à elle, qu'à lui… Et qu'à la musique.


Severus Rogue sortit rapidement de la piste dès qu'il sentit que la musique allait tourner en slow, entraînant Sahra derrière lui. Il l'emmena dans le parc, avançait rapidement, tellement rapidement… Elle était obligée de courir après pour ne pas le perdre de vue dans la nuit. Elle ne comprenait pas, elle espérait. Elle voulait croire qu'il soit trop timide pour rester sur la piste, elle voulait croire qu'il avait des sentiments pour elle. Elle voulait croire que Dumbledore n'avait pas fait les couples restants au hasard. Elle voulait croire tout ça, elle voulait qu'il la regarde de la même façon qu'elle avait Remus regarder Sheila, James regarder Lily, Sirius regarder Maria, Peter regarder Claire. Elle voulait l'aimer, elle voulait qu'il l'aime. Severus s'arrêta net, et se tourna lentement vers elle. Il ouvrit la bouche pour parler, respirant trop fort, nerveux.


James faisait lentement tourner Lily. Il était amoureux, il ne voulait que son bonheur… Sans cesser de danser, il se recula légèrement, et approcha ses lèvres de la bouche de Lily. La rousse se laissa aller, et embrassa James. Elle ne l'avait jamais embrassé ainsi, jamais. Jamais aussi amoureusement, jamais avec autant de promesses… Elle resserra ses bras autour de lui, il referma sa prise autour de sa taille. Ils s'aimaient, ils s'embrassaient, ils tournaient… En accord avec le monde.

-Sahra, faut qu'on parle. Sérieusement.

-De quoi ? demanda-t-elle, intriguée.

-Écoute-moi, tout simplement. Et après, obéis, lâcha simplement Severus Rogue dans la nuit.


Maksym n'embrassa pas Alexandra. Pas maintenant, il ne voulait pas… il avait sentit le regard de John sur lui, et il ne voulait pas être la cause d'une dispute publique. Il attendrait. Mais qu'à cela ne tienne… Il voulait susciter la jalousie du Poufsouffle, le faire s'énerver rapidement, maintenant. Pour avoir le champ libre le plus vite possible. Alors, Maksym baissa la tête, et lentement, enfoui son visage dans le cou gracile de sa danseuse. Et tel un vampire, il déposa un baiser doux et amoureux juste sur la carotide d'Alexandra. En relevant la tête, il sentit le cœur de la jeune fille battre bien plus vite contre le sien. Et il vit clairement le regard rageur que lui adressait le véritable cavalier de la jeune fille. Un sourire s'étala sur les lèvres du jeune homme, et il sut qu'il avait réussi.


-Je ne sais pas ce que tu fais avec moi… Sheila n'aurait pas eu de cavaliers, elle aurait été avec moi, et Lucius aurait pu danser avec elle. C'était le plan de départ. Autrement, si j'aurais su, j'aurai laissé Fanny m'inviter. Et j'aurai accepté.

Sahra ne dit rien. Elle regarda Severus avec des yeux qui ne comprenaient rien. Elle ne le voyait pas clairement, elle ne voyait que quelques parties de son visage éclairé par la lumière blafarde de la lune.


Remus sentit que le moment était venu de faire son choix. Les essais étaient passés, il le savait. Sheila aussi. S'il ne décidait pas maintenant, sa chance passerait. Et il le regretterait sûrement toute sa vie. Alors, sans surprise pour aucun de ses amis, il regarda Sheila dans les yeux. Et l'étincelle de courage, d'orgueil et d'amour qu'il y avait au fond des yeux du lycanthrope suffit à ce que Sheila comprenne. Elle sourit, rayonnante, et répondit tendrement au baiser de Remus. Elle savait depuis longtemps. Lui aussi.


-Je ne sais pas ce que tu fais avec moi… Vraiment pas. Tu devrais pas rester là. Amuse toi. Aime. Oublie-moi. Je ne suis pas pour toi. Vraiment pas.


Peter déposait des baisers papillons dans le cou de Claire. Il l'aimait, il l'aimait depuis si longtemps… Elle, pauvre petite Serdaigle. Elle qui était dans les bras de Lestrange à Halloween. Elle qui ne le connaissait pas. Elle, il l'aimait. Elle l'aimait aussi. Alors, le jeune Gryffondor si effacé que peu le connaissait pris son courage à deux mains, ce même courage qui l'avait fait devenir animagus, ce même courage qui lui avait offert sa place parmi les Lions, et il embrassa Claire. Brièvement. Un simple effleurement. Suffisant pour communiquer tout son amour, toute sa joie. Tout son bonheur. Elle lui sourit, et reposa sa tête dans le cou de son cavalier. Elle n'aimait pas l'affection publique, il le savait. Alors, il n'insista pas. Mais son sourire montrait tout l'amour qui l'habitait.


-Tu ferrais mieux de partir, maintenant.

-Mais… Severus… Je… Je… tu… Pourquoi ?

-Dégage ! je ne t'aime pas ! Je te hais, je te méprise ! Qui t'es pour tomber dans les bras du premier venu ! Dégage ! je veux pas te voir, c'est compris ! Tu me dégoûtes ! Tu dégoûterais n'importe qui ! DEGAGE !

Sahra tomba à genoux dans l'herbe humide, les larmes coulant contre ses joues. Severus Rogue la regarda, attendri sous son masque de haine et de mépris. C'était sa chance, il le savait.


Sirius regarda Maria, plongeant son regard gris dans les yeux bleus de sa cavalière. Le geste qu'il allait faire allait décider du reste. Il allait ou tout gâcher, ou tout réussir. Mais Sirius Black reste Sirius Black, le plus grand charmeur que Poudlard ait jamais hébergé. Sirius Black est un chasseur, un traqueur. Sirius Black est un expert. Mais là, il hésitait. Les autres décidèrent pour lui. James embrassait Lily, Remus embrassait Sheila, Maksym était avec Alexandra et même Peter était amoureux. Ne voulant pas en être du reste, Sirius Black embrassa Maria. Possessivement. Presque agressivement. Violemment. Et à la surprise de tous, elle répondit à son baiser. Sensuellement. Presque amoureusement.


Sahra pleurait, effondrée dans le parc. Elle regardait la silhouette noire de son cavalier s'éloigner sans hésitation, sans regard en arrière. Quand elle ne le vit plus parce qu'il était rentré dans le château, elle gémit. Fatigue, peine, espoirs déçus, désillusions. Elle hurla son désespoir à la Lune, à la Nuit. Elle entendait de là la musique lente du slow s'éteindre au loin, la musique rythmée du rock reprendre. Elle entendait les joies, l'amour, l'amitié jusqu'ici. Et ça la poignarda en plein cœur. Jamais flèche ne fut aussi bien ajustée. Alors, elle se leva. Elle n'était pas courageuse, elle n'était pas Gryffondor. Elle n'était pas passionnée au point de supplier Severus de bien vouloir d'elle. Elle n'était rien d'autres qu'une Serdaigle intelligente et stupide, qui vivait dans ses livres par procuration. Alors, elle se leva, et prit le chemin de sa tour. De sa chambre. Espérant que personne ne remarquerait son absence au bal. Sachant que personne ne le verrait.


Maksym et Alexandra quittèrent la piste en riant. Essoufflés, ils se servirent un verre d'eau pour étancher leur soif d'avoir tant bouger. Il offrit son verre à la jeune Gryffondor, avec un geste de galanterie exagéré qui la fit rire. Et ce rire carillon atteint l'autre bout de la salle. Atteint les oreilles de John. N'en pouvant plus, il se leva, décidant de reprendre ses droits. Il se croyait révolutionnaire, militant. Il se croyait fort, puissant. Il voulait reprendre ce qui lui appartenait, ce qui lui revenait de droits. Alors il se plaça derrière Alexandra, la fit se tourner violemment. Surprise, elle ne réagit pas. Maksym, malgré ses prodigieux réflexes, ne bougea pas. Un sourire intérieur apparut en lui, pendant qu'il regardait la scène en attendant le moment propice pour intervenir. Moment propice pour lui, bien sûr. John dévisagea furieusement Alexandra. Il la voulait à lui, elle et son visage d'ange, elle et ses traits joyeux. Elle et son corps magnifique. Alors il écrasa sa bouche contre la sienne, agrippant ses hanches à lui faire mal. La jeune fille n'arrivait pas à se dégager, elle ne pouvait rien faire. Elle se débattait, mais il était bien plus fort qu'elle. Alors, Maksym bougea. Vite. Bien. Et il attira Alexandra à lui, avant de lâcher d'un ton sec et froid :

-Je n'ai pas l'impression qu'elle apprécie particulièrement la faveur que tu lui fais.

Alexandra reprit son souffle, et son caractère impétueux reprit le dessus. Elle oublia de se taire, elle parla. Avec le talent d'orateur qui était le sien .

-John ! Je ne t'appartiens pas ! tu n'es rien pour moi ! Juste un cavalier par dépit, car le seul que j'aurais voulu, je ne l'aurais jamais ! Rien ! Rien ! Alors, maintenant, laisse moi vivre ! Je ne t'aime pas, je ne t'apprécie pas, je ne te désire pas ! Je ne veux même pas danser avec toi. Je ne veux même plus te voir ! Alors, dégage de ma vie !

Tout ça sur un ton bas. À peine plus haut qu'un murmure. John, comme frappé par la foudre, s'éloigna en tremblant. Il passa les portes de la Grande Salle dans un silence complet, et se laissa couler contre le mur d'un couloir. Il prit sa tête dans ses mains, et des larmes se mirent à couler sur son visage. Il avait tout gâché.

Dans la salle, Alexandra tremblait comme une feuille. Elle ne s'était même pas dégagée des bras de Maksym, elle n'avait pas bougé. Plus personne ne les regardait, chacun était reparti vers son propre bonheur. Alors, le Bulgare la fit tourner vers lui. Exactement le même geste que John, en plus tendre. Alors, il la dévisagea. Exactement le même regard que John, en moins dangereux. Alors il l'embrassa. Exactement comme John, avec plus de douceur. Et Alexandra se laissa faire. Au beau milieu de la grande salle, elle passa ses bras dans les cheveux du Bulgare, et répondit à son baiser comme si sa vie en dépendait. Elle avait totalement oublié John. Il avait gagné. Définitivement gagné.


Le Poufsouffle la voyait embrasser ce Bulgare. Il était revenu, pâle comme un linge, pour refaire ses excuses. Mais maintenant, il ne pouvait pas. Il fuit. Aussi vite que possible, vers Merlin sait où, il s'enfuit. Laissant ce bal à ceux qui le méritent. Laissant ce bal à ceux qui sont heureux. Laissant cette soirée à ceux qui aiment… Et qui sont aimés. Ils n'étaient que deux à être tristes, dans Beauxbâton, ce soir-là. Sahra et John. Mais aucun d'eux ne le savait. Chacun croyait être seul au monde à endurer la souffrance qu'ils sentaient.


La fin du bal approchait, et tout le monde s'en rendait compte. Les couples s'éclipsaient discrètement pour profiter seuls des derniers instants, et peut-être pour tenter d'en grappiller de nouveaux. Sheila, dans les bras de Remus, était totalement perdue dans son monde. Les autres n'existaient plus, le monde n'existait plus, la terre n'existait plus. Il n'y avait que Remus et elle. Qu'elle et Remus. Elle n'avait jamais sentit ce sentiment qu'elle ressentait à cet instant, qui la rendait si pleine, si heureuse. Et peut-être triste aussi. Elle sentait que son bonheur allait dépendre de Remus Lupin, lycanthrope de son état. Elle sentait qu'elle allait devoir faire avec les doutes et les peurs de son cavalier actuel. Mais pour l'instant, c'était le bal de Beauxbâtons. Elle se moquait bien du futur, elle profitait du passé. Blottie contre le torse de Remus, elle s'agrippait à sa chaleur réconfortante et à son odeur apaisante. Elle ne bougeait plus de ses bras, persuadée que même Dumbledore ne parviendrait pas à les séparer. Elle ne vit donc pas James entraîner doucement Lily vers la porte, l'embrasser passionnément dès qu'ils furent hors de vue et rejoindre son dortoir à l'aveuglette.

Lily se perdait dans James. Dans sa bouche, dans ses bras, dans son odeur, dans sa chaleur, dans son corps. Elle ne savait pas où il l'emmenait, elle s'en moquait bien. James l'embrassait, elle embrassait James. Il embrassait comme un dieu, elle devait l'admettre… Elle songea à tout ce temps perdu à lui mettre des baffes, et elle s'en mit une intérieurement pour se punir. Avant d'oublier toute pensée, tout souvenir, tout doute ou tout regret, avant de tout oublier en passant sa main dans les cheveux en bataille incroyablement doux de son cavalier pour la soirée. Elle se rendit compte qu'ils étaient entrés dans un dortoir qui n'était pas le sien. En voyant le bazar environnant et une plaquette de chocolat traîné sur une table de nuit, elle conclut aisément que c'était celui des Maraudeurs. S'étonnant d'être encore capable de penser de telles choses, elle embrassa James encore plus passionnément, encore plus amoureusement. Elle avait perdu tous ses doutes dans la magie du moment. James, n'en croyant pas sa chance, se laissa emporter. Il verrouilla rapidement la porte, et fit basculer Lily sur son lit. Cette nuit qui allait venir allait être la plus magique et la meilleure de son existence. Il en fit le serment à la porte fermée, à la lumière de la lune qui entrait par la fenêtre et à Lily. Lily. La femme de sa vie, conclut-il en souriant.


Severus Rogue n'était pas rentré de nouveau dans la Grande Salle. Quel intérêt ? Il n'avait plus de cavalière et il ne voulait pas danser. Il fut un instant désolé pour Sahra qui n'avait vraiment pas mérité ça, mais seulement un instant. Ensuite, il se dit que c'était mieux pour elle. Il massa nerveusement son avant-bras où ne s'étalait pas encore la marque infamante des Ténèbres, et soupira. Il ne savait plus ce qu'il voulait. Il ne savait plus pourquoi il accepterait ou pourquoi il refuserait. Il ne comprenait plus en quoi consistait l'honneur que Malefoy lui décrivait si souvent. Il ne comprenait plus la justesse de la cause qu'il défendrait s'il acceptait. Il ne comprenait plus rien, et ça, grâce à elle. Ou à cause d'elle serait plus juste. Elle, jeune fille brune qui se noyait dans les bras de son cavalier. Elle, Gryffondor alors qu'elle aurait pu être avec lui, à Serpentard. Elle, qui avait fait son choix, choix étonnant. Elle aurait du le choisir lui, lui qui ne l'avait pas importunée pendant le trajet dans le Poudlard Express, mais non. Elle, dont il avait rejeté l'amitié pour se protéger. Elle qui le faisait tellement douter. Severus Rogue détourna ses yeux de Sheila, qui dansait calmement, blottie dans les bras de Lupin, et s'appuya contre le mur en soupirant. Il aperçut James Potter et Lily Evans partir en s'embrassant furieusement, et il ressentit comme un pincement au cœur. Il pourrait toujours le nier, il aurait toujours du mal à la voir avec ce Potter à la grosse tête et aux chevilles énormes. Il avait tout perdu, songea-t-il. Il avait eu deux occasions, et il avait détruit les deux avant tant d'application… Rogue baissa la tête, et s'éloigna pour rejoindre son propre dortoir. Actuellement, c'était tout ce qu'il pouvait faire…


Sirius, Remus, Maria et Sheila avançaient dans les couloirs en riant, deux par deux, enlacés. Deux couples amis, quatre jeunes amusés, une promesse de soirée excellente. Ils arrivèrent devant leur dortoir, et Sheila s'affala sur un des fauteuils qui trônaient dans l'espèce de mini-salle commune pendant que Sirius se dirigeait vers son dortoir. Il tenta d'ouvrir la porte, sans succès. Énervé passablement par cet incident, il sortit sa baguette – il était un sorcier tout de même – et voulut l'ouvrir par magie. Mais la porte resta close. Sirius se tourna vers la porte, et la regarda d'un regard intrigué. Il jaugea rapidement le groupe, et réfléchit. Ils avaient ensorcelé la porte plus tôt dans la journée pour éviter des surprises gênantes. Il tentait de décider si oui ou non James et Lily étaient à l'intérieur. Un grand sourire apparut sur son visage, et il alla s'asseoir sur le sofa, enlaçant les épaules de Maria dans un geste protecteur purement masculin. La jeune fille comprit, éclata de rire, et se blottit contre Sirius. Sheila s'installa sur les genoux de Remus, et blottie contre son torse, elle commença à discuter. Ce n'était pas encore Noël, mais presque. Et ils étaient tous heureux comme des enfants.

C'est ainsi que le jour les trouva. Et surtout Dumbledore qui faisait sa ronde pré-matinale. Il les regarda d'un air attendri, et partit d'un pas vif en sifflotant. Il ne vérifia pas dans les chambres, car ce qu'il ne savait pas ne pouvait nuire à personne… Il ignorerait donc si Lily était bien dans son propre dortoir. Ou dans celui de James.


A Poudlard, l'inconnu brun ouvrit les yeux, et se redressa vivement. Il fixa sa compagne blonde, qui le regardait en souriant doucement. Un seul coup d'œil leur permit à tous deux de savoir qu'ils étaient prêts. Les jours étaient comptés, songèrent-ils en se laissant retomber sur les oreillers de l'infirmerie.


Sheila se redressa doucement, embrassa Remus et se leva d'un bond, avant de se réfugier dans sa chambre. Elle s'adossa à la porte, et prit sa tête dans ses mains. Elle sentit une vague écraser son esprit, et s'abandonna. Elle ne voulait pas lutter. Cette nuit avait été magnifique, le meilleur de tout ce qu'elle avait jamais vécu, mais c'était révolu. Son temps était désormais compté, elle se devait de continuer à jouer. Et à perdre, dignement.


Sheila venait de retourner dans son dortoir et Remus dans le sien quand Maria et Sirius se réveillèrent en même temps, parfaitement synchronisés. La jeune Serdaigle se releva rapidement, honteuse d'avoir passé la nuit contre Sirius. Lui, en revanche, n'était absolument pas gêné. Il s'étira en soupirant d'aise, et se leva d'une démarche féline. Il s'approcha de Maria, et l'embrassa. Ou plutôt, tenta. La jeune fille avait détourné la tête, et les lèvres du Gryffondor s'étaient posées sur sa joue. Il recula légèrement, indécis. Comme pour se justifier ou s'excuser, Maria balbutia :

-Sirius, je… tu… Je suis désolée… j'ai besoin de réfléchir… Vraiment désolée…

Il s'apprêtait à répliquer, quand la porte du dortoir des Maraudeurs s'ouvrit pour laisser passer Lily, probablement chassée par Remus. Profitant de la diversion, Maria s'éclipsa. Juste avant qu'elle ne referme la porte, Sirius lança, profondément blessé dans son orgueil :

-C'est bon j'ai compris.


Les jeunes filles rejoignirent la table du petit-déjeuner en baillant. Sahra s'était jointe à elles, et elle souriait comme si rien de c'était passé. Le seul changement fut qu'en croisant le regard de Severus Rogue, elle le détourna aussitôt, sans sourire. Et que la dureté du regard avait fait baisser les yeux au Serpentard. Sheila s'assit aux côtés d'Alexandra qui passait son temps à jeter des regards en coin vers Maksym. Elles se mirent à discuter avec gaieté tout le long du repas. Sheila retrouvait avec plaisir un petit-déjeuner français complet sans régime, ce qui la mettait d'une extrême bonne humeur. Remus, James et Peter arrivèrent à la fin de leur repas. Sheila demanda où était passé Sirius, mais personne ne lui répondit, comme si leur thé ou café matinal était devenu bien plus intéressant. Soupirant et comprenant qu'elle n'obtiendrait pas de réponse, elle se leva et annonça qu'elle allait chercher une plume et un parchemin dans sa chambre. A cette idée, Alexandra leva vers elle un visage souriant. Laisser son adresse à Maksym l'enchantait visiblement. Maria lança :

-Je viens avec toi, attends !

Elle saisit une pomme dans une coupelle de fruits, et elles s'éloignèrent en riant. Remus croisa le regard de James qui lança :

-Non, Maria, attends !

Trop tard. Elles avaient déjà tourné à la sortie de la Grande Salle Française.

Le mal était fait.

C'était trop tard.

La pomme tomba au sol, petit fruit rouge à peine mordue. On y voyait la trace unique des dents de Maria qui venait, de stupeur, de laisser tomber son fruit au sol. Petit fruit rouge, symbole du mal et du péché originel. En voyant la pomme apparaître dans l'embrasure de la porte, petit point rouge presque invisible, James se rassit. Et Remus prit sa tête dans ses mains. Les discussions continuaient, comme si rien ne s'était passé. Mais en fait, rien n'était arrivé. Personne ne savait.

Maria s'était arrêté net. Elle avait pilé, totalement interdite et stupéfiée. Non, ce n'était pas possible, elle ne voulait pas y croire. Elle ne voulait pas reconnaître ces mains hâlées et fortes, elle ne voulait pas reconnaître ces cheveux noirs et mi-longs. Elle ne voulait pas admettre la vérité, car la vérité serait sa chute et sa fin. Mais quand l'homme lâcha enfin la bouche de sa partenaire, la pomme tomba au sol. Faible femme qu'elle était, elle n'avait pu écraser le fruit comme un homme. Elle n'avait pu le lancer sur lui. Elle n'avait rien pu faire, sauf le lâcher. Immobile, la bouche fermée, la saveur amère et sucrée à la fois de ce fruit de péché, Maria laissait toute sa douleur transparaître par ses yeux bleus. Elle regarda Sirius se détacher de la Française blonde qu'il embrassait. Elle le regarda comme un film au ralenti, quand l'action devient lente pour qu'on puisse bien l'apprécier et la détailler. Il l'embrassait comme il l'avait embrassé elle pendant le bal. Furieusement, violemment. Il l'embrassait comme si elle était un morceau de viande, une proie. Avec désespoir peut-être aussi. Mais il l'embrassait. Maria avait voulu le croire quand on lui avait dit qu'il avait changé pour elle, elle avait voulu espérer que Sirius Black, le grand, le beau Sirius Black s'intéresse réellement à elle. Au point de ne pas vouloir la blesser. Elle avait voulu croire que Sirius Black l'aimait. Son attention, son illusion d'amour l'avait fait voler. Maintenant, en le voyant se détacher de la pin-up blonde, elle perdait ses ailes. Et retomber au sol après avoir goûté à l'ivresse du vol et de la hauteur était immensément douloureux. Une douleur des plus intenses. Une douleur inimaginable pour tous ceux qui ne l'ont jamais ressentie. La Serdaigle sentit à peine la main de Sheila se poser sur son épaule. Elle ne vit que les yeux gris de Sirius la regarder, la fouiller sans la moindre pudeur, sans le moindre regret. Et elle, petite Serdaigle trop confiante, elle oublia de se protéger. Et dans ses yeux bleus, il vit toute la douleur et le désarroi qu'elle ressentait. Tout l'amour qu'elle avait pour lui. Toute la trahison qu'il venait d'accomplir. Et quand elle se détourna, emportée par la petite main chaude de Sheila, elle ne vit pas le soupçon de regret qui hantait les yeux du magnifique Sirius Black. Maria s'éloigna, les yeux secs, l'âme vidée, abandonnant sa pomme au sol. Et Sirius Black, pour se décharger de la culpabilité qui prenait ses droits dans son esprit, retourna à sa pin-up blonde qui devait s'appeler Mélissa. Ou Marguerite, il ne savait plus. Elle était juste une fille blonde, plaquée contre un mur qui se laissait faire. Juste une fille parmi tant d'autres.


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