(BPOV)
Je m'agenouillai à ses côtés, n'osant pas le toucher. Depuis que mes pouvoirs étaient apparus, je ne l'avais plus touché, de peur de lui faire du mal, sauf pour le ramener ici.
Il était allongé sur mon lit beige, son visage avait encore vieilli. Il semblait avoir cent ans maintenant. Sa peau se desséchait doucement, se ridant progressivement. Ses cheveux étaient blancs. Il ouvrit difficilement les paupières, laissant apparaître des yeux d'un bleu très pâle qui avait remplacé le noir onyx, prouvant que la magie nécromancienne ne se déversait plus en torrent dans ses veines. Ainsi, il perdait ses pouvoirs. Je relevai les yeux vers Carlisle.
-Il meurt, n'est-ce pas? demandai-je tout bas en relevant les yeux vers Carlisle qui se tenait debout près de la porte avec les autres Cullen.
Le médecin acquiesça, un sourire triste sur le visage.
-Isabella...ma Bella...mon enfant...murmura mon père en levant la main vers mon visage.
-Non, Père, je ne veux pas vous blesser. dis-je en reculant légèrement.
-Ne dis pas de bêtise, mon enfant. Je vais mourir. Laisse-moi te toucher. Ne pleure pas. Un soldat ne pleure pas.
J'abdiquai et essuyai mes yeux emplis de larmes. J'attrapai doucement la main levée de mon père et la déposai sur ma joue. Le contact avec sa peau, pourtant sèche, me ramena des siècles en arrière, chez nous, en Italie. Malgré moi, des larmes coulèrent de nouveau, mouillant la peau de Charlie.
-Bella…
-Je suis désolée, maître…mais je ne peux pas m'en empêcher.
-Cesse de m'appeler ainsi, Bella. Te rappelles-tu de notre maison et du champ de fleurs que tu aimais traverser à toute vitesse lorsque le soleil brillait haut dans le ciel ?
J'acquiesçai à ce souvenir de cette dernière période de paix et d'insouciance, avec mes deux parents.
-Bella, mon enfant, s'il te plait, appelle-moi comme tu m'appelais à cette époque. murmura-t-il, ému.
Sans ôter ma main de sa joue, je me penchai en avant et l'embrassai tendrement sur le front.
-Merci, papa. murmurai-je avant de me rasseoir.
Derrière moi, je perçus l'émotion de mes amis.
-Papa, pourquoi avoir voulu me sauver ? demandai-je.
Je voulais absolument savoir pourquoi. Pourquoi s'être jeté devant moi ?
-Tu es mon enfant, Bella. Ils allaient te tuer. Et tu es la seule à pouvoir reprendre le contrôle.
-Mais, papa, comment pourrais-je savoir faire ce qu'il faut sans me venger de tout ce qu'ils nous ont fait subir ? Comment….
-Tu n'es pas seule, Isabella. Tu as à tes côtés une nouvelle famille. Et Edward saura t'y aider. me coupa Charlie en appuyant sa main contre ma joue.
Je me tus, embrassant la paume de sa main. Je ne pouvais plus retarder l'inéluctable.
-Je dois terminer ce que j'ai commencé. reprit-il en souriant. Prépare ce qu'il faut.
J'acquiesçai et me relevai pour sortir de la chambre. Au moment où je passai à côté de Carlisle, ce dernier voulut poser sa main sur mon épaule mais j'évitai subtilement le geste et me retrouvai au beau milieu du salon, réajustant ma cuirasse autour de mon torse alors que les Cullen m'avaient rejointe. Je devais effacer toute émotion pour faire ce que j'avais à faire.
-Bella, pouvons-nous faire quelque chose pour t'aider ? demanda Carlisle
-Non, çà...çà va aller. Je voudrais juste que vous vous rassembliez sous le porche et que vous n'en bougiez plus jusqu'à ce que les boucliers ne tombent. expliquai-je alors que je nouai mon manteau autour de mon cou.
-Que vas-tu faire ? chuchota Edward, visiblement inquiet face à mon revirement dans mon comportement.
Pour supporter ce qui allait se passer, je devais remettre mon masque de guerrier. Masquer mes émotions. Les oublier pour faire ce que j'avais à faire, sans faiblir.
-Je...Je vais tuer mon père...chuchotai-je d'une voix étranglée.
Je levai les yeux sur eux et je pus y voir la surprise et la tristesse qui les emplissaient. Edward me fixait, ses yeux ne lâchant pas les miens. Alors que je passai à côté de lui pour rejoindre l'extérieur, ma main attrapa la sienne quelques secondes. Sans un mot, sans le regarder, je profitai de la tiédeur qui émanait de notre prise. Ce toucher suffit à me donner du courage et je sortis dans le jardin enneigé. Le silence y régnait. Me plaçant au beau milieu de la pelouse, je traçais les contours du pentagramme où Charlie et moi allions devoir prendre place. Une fois fait, je dessinais les symboles de protection aux quatre points cardinaux et tirai ma dague que je fis glisser dans ma paume. Le sang perla aussitôt et je fermai le cercle lentement, versant mon sang goutte à goutte sur la neige immaculée. Une fois le cercle complet fermé, une forte vague de pouvoir apparut. Il était l'heure. Je le savais. Et Charlie le savait également. Je sentis un regain dans son aura. Il m'attendait. J'allais devoir être forte.
Mais là, à cette seconde, je sentis ma conviction flancher. Sur le perron, je me blottis quelques secondes contre Jasper puis contre Edward, sans un mot, et rejoignis mon père à l'étage. Il avait déjà réendossé son armure. Je voulus le porter mais il refusa, par fierté. Il restait le dernier maitre-nécromancien, même mourant.
Prenant mon bras, nous marchâmes en silence jusqu'à la porte d'entrée où Charlie me stoppa.
-Tu ressembles tellement à ta mère, Bella. Je suis fier de t'avoir eu comme fille et élève. Tu seras un extraordinaire maitre-nécromancien. me dit-il en posant sa main sur ma joue.
-Je t'aime, papa. chuchotai-je en embrassant sa joue, ne trouvant aucun autre mot tellement l'émotion m'étreignait.
(EPOV)
Bella était ressortie de la maison, son père accroché à son bras. Malgré les souffrances qui parcouraient son corps, le maitre-nécromancien avait tenu à porter son armure et à se tenir debout. Il s'était arrêté devant nous, forçant Bella à stopper sa marche pour ne pas le faire tomber.
-Merci Carlisle. Didyme avait raison à ton propos. Et je m'allie à son avis quant à votre rôle auprès d'Isabella. Que ta famille reste en paix. dit Charlie en regardant notre père.
-Ce fut un honneur de te rencontrer Charlie. Isabella pourra éternellement compter sur nous. répondit le vampire, visiblement ému.
Puis il refit quelques pas avant de s'arrêter de nouveau, devant moi. Il tendit une main vers moi pour que je lui donne la mienne.
-Jeune Edward. Ton aura est vraiment particulière. Tu as su toucher l'âme et le cœur de ma fille, tout comme sa mère a touché la mienne. Alors…dit-il alors qu'il déposait la main de Bella sur la mienne avant de laisser la sienne sur les nôtres.
-Père…chuchota Bella mais Charlie poursuivit.
-Edward, ne parle pas et ne bouge pas. m'avertit alors Bella.
-Isabella Swan, je te délie de notre lien. Edward, tu as désormais la charge de veiller pour l'éternité et de seconder Isabella Swan, le dernier maitre-nécromancien. Ce lien soudé par les pouvoirs de deux maitres-nécromanciens ne pourra disparaitre, même dans la mort. annonça-t-il alors qu'une sensation de brulure prenait nos mains.
Bella releva la tête vers son père, des larmes s'échappant de ses yeux, puis me regarda en souriant.
-Père nous a unis selon le rite nécromancien. pensa Bella à l'intention de ma famille pour que nous comprenions. Puis la voix mentale de Bella se modifia et résonna encore une fois dans ma tête, juste pour moi : « Je t'aime ».
-Isabella, il est temps. intervint Charlie, brisant notre connexion.
Ma belle acquiesça, reprit délicatement le bras de son père pour le poser sur le sien et ils marchèrent jusqu'au cercle.
Placés tous les deux en son centre, face à face, Bella ôta son manteau, nous dévoilant son dos sur lequel était accroché sa dague. Puis elle enleva celui de Charlie qui tenait difficilement sur ses jambes. Bella psalmodia quelques phrases et nous pûmes voir la fine membrane bleutée du bouclier de protection qu'elle avait établi autour de la propriété briller de plus belle.
-Elle renforce son bouclier. chuchota Jasper qui avait longuement discuté de toutes ces techniques défensives avec sa sœur, quelques semaines auparavant.
Bella et Charlie, debout face à face, se tenaient les mains désormais, têtes baissées, psalmodiant à voix basse. Le vent se leva et vint tournoyer sous le bouclier. Leurs voix se modifièrent alors que leurs litanies accéléraient. Au sol, les dessins tracés plus tôt par ma belle se colorèrent, brillant d'un rouge sombre sur la neige blanche. Un nouveau bouclier apparut, juste autour de Charlie et Bella alors qu'une chaleur digne de l'été envahissait le jardin. La voix de Bella s'éteignit, laissant résonner celle de son père, profonde, ancienne, ténébreuse. La tête toujours baissée, un mouvement de Bella attira mon attention. Sa main droite venait de saisir le manche de la dague fixée dans son dos pour la sortir de son fourreau. La lame argentée, sortie de son écrin, toujours cachée derrière le dos de Bella, se mit à briller intensément. A cet instant, un éclair éclaira le ciel et le tonnerre gronda. Alors que l'écho faiblissait, la voix de Bella résonna de nouveau sous la bulle. Puis, elle s'approcha de Charlie, le serrant contre elle de son bras gauche. Il se pencha vers elle jusqu'à poser son front sur celui de sa fille qui se tut quelques secondes. C'est alors que la voix de Bella se fit de nouveau entendre, légère et aérienne…Elle chantait. Doucement, elle fredonnait l'air dans lequel elle s'était perdue cette fameuse nuit d'orage à la villa. Un sourire se dessina sur le visage épuisé de Charlie. Et tout alla très vite. Renforçant sa prise sur son père, Bella tira de son dos la dague et sa main droite disparut entre leurs deux corps. Ce n'est qu'au moment où elle chuchota « Pardon papa », la voix emplie de sanglots, avant d'accompagner le corps de Charlie vers le sol après avoir laissé tomber la dague ensanglantée à ses pieds, que nous comprîmes ce qu'il s'était passé sous nos yeux.
Devant nous, au beau milieu de la pelouse, Bella était accroupie, tenant fermement contre elle Charlie, désormais allongé dans la neige blanche qui se teintait progressivement de rouge, les yeux fermés alors que sa main gauche était posée sur son thorax, au-dessus de la blessure. Une phrase de Bella me revint en mémoire : « je vais tuer mon père »…
-Pardon, papa. ne cessait-elle de murmurer, son front posé sur celui de Charlie.
Le vieil homme murmura quelques mots incompréhensibles en levant une main vers le visage de Bella. Elle la saisit et baisa délicatement la paume.
-Je ferais ce qu'il faut, papa. Je te le jure. Je t'aime. dit Bella un peu plus fort, les larmes coulant désormais.
Nous ne bougions toujours pas, respectant la demande d'Isabella mais je n'avais qu'une envie, ressentant sa douleur : la serrer contre moi et l'emmener loin d'ici, loin de tout cela. Mais, nous restions là.
Charlie sourit une dernière fois et ferma les yeux avant de rendre son dernier souffle. A cet instant, Bella plongea son visage dans le cou de son père, pleurant à chaudes larmes. Le bouclier le plus proche d'eux brilla intensément et se resserra autour de Bella avant de disparaitre, tout comme celui qui protégeait la résidence une seconde plus tard.
Ce fut le signal que j'attendais pour la rejoindre. La seconde suivante, je m'agenouillai à ses côtés et déposai doucement une main sur son épaule. Blottie contre Charlie, refusant de le lâcher, elle tremblait alors qu'elle ne cessait de murmurer « pardon, papa ».
-Bella…tentai-je d'une voix douce mais elle ne semblait pas m'entendre.
Jasper me rejoignit, suivi de Carlisle, alors qu'Emmett tenait tout contre lui mes sœurs et notre mère, visiblement choquées de la situation.
-Bella…repris-je, alors que Jasper s'agenouillait de l'autre côté, tentant de la calmer.
Ce ne fut que lorsque j'osai caresser ses longs cheveux bruns qu'elle releva la tête. Les yeux noyés de larmes, elle me fixa puis regarda rapidement Jasper et Carlisle avant de porter de nouveau son regard sur moi.
-Oh, Edward…se mit-elle à pleurer alors que je m'approchai au plus près d'elle.
(BPOV)
J'avais tué mon propre père…Il était mort de ma propre main…Je l'avais tué…
Bien entendu, ce geste faisait partie du rituel mais il n'empêchait que la culpabilité me rongeait et me rongerait toute l'éternité…
A chaque instant, je revoyais son visage détendu, son sourire mais surtout son regard empli d'amour lorsque j'avais saisi ma dague. Et ces images étaient en conflit avec mes émotions. Son bonheur et sa plénitude face à mon désespoir et mon sentiment de trahison...
Après le rituel, je suis restée blottie contre son cadavre, le serrant contre mon torse, attendant un miracle qui ne viendrait jamais. Charlie était mort. Comme ma mère…
J'étais désormais une orpheline. Vraiment orpheline...La douleur que j'avais ressentie il y a deux siècles avait été horrible mais au regard de celle qui ravageait mon cœur et mon âme, elle n'était rien...car au fond, j'avais peut-être toujours su que Charlie n'était pas réellement mort...alors qu'aujourd'hui...
Après un long moment dehors, agenouillée au beau milieu de la neige rougie par le sang de mon parricide, Edward avait enfin réussi à me détacher du corps de celui qui avait été mon monde pendant des siècles, mon seul repère. Doucement. Prudemment. Aidé par Jasper, ils avaient réussi à me sortir de ma transe morbide et à m'éloigner un peu du jardin. Aucun mot n'avait été échangé. Je m'étais juste blottie contre Edward et Jasper, les serrant tous les deux contre moi comme si les lâcher signifiait ma perte, et m'étais calmée dans cette étreinte emplie d'amour. Peu à peu, les larmes s'étaient taries et mon esprit reprenait peu à peu pied dans la réalité.
-Il me reste encore une chose à accomplir pour terminer le rituel. dis-je, la voix cassée par les sanglots qui avaient enfin disparu.
Je me séparai d'Edward et Jasper à regret et me dirigeai vers le corps de Charlie que Carlisle avait recouvert de son long manteau sombre.
Quelques minutes plus tard, après avoir regardé une dernière fois le visage détendu et souriant de celui qui restera éternellement pour moi le dernier maitre-nécromancien de notre peuple, après avoir une dernière fois posé doucement ma main nue sur sa joue dorénavant froide, j'embrasai par mon pouvoir le bûcher qu'Emmett et Carlisle avaient accepté d'installer pour moi. Alors que de grandes flammes orangées emportaient le corps de cet être plus que millénaire, une immense vague de pouvoir s'abattit sur moi, me faisant mettre genou à terre sous sa puissance. Je n'eus que le temps d'articuler d'une faible voix « Edward… » avant de sombrer dans les ténèbres.
Lorsque je rouvris les yeux, je me trouvais dans ma chambre, Edward, assis tout contre moi, serrant mes mains dans les siennes.
-Hé ! dit-il doucement lorsqu'il vit mes paupières s'entrouvrir.
-Hé...répétai-je de la même manière avant de refermer les yeux quelques secondes tout en serrant plus fort ses mains.
Je rouvris les yeux, observant attentivement le visage de celui qui emplissait mes pensées, et voulus m'asseoir mais Edward stoppa mon geste.
-Tu es épuisée, Bella. Tu devrais te reposer un peu. me dit-il de sa voix si douce.
-J'ai promis aux loups que je les retrouverai sur la frontière...
-Carlisle a prévenu Jacob par téléphone. Il a accepté de repousser le rendez-vous. Nous irons avec toi. En attendant, reste allongée. me coupa-t-il.
J'obtempérai silencieusement alors qu'Edward caressait le dos de ma main de son pouce.
-Ce n'étais pas un rêve, n'est-ce pas, Edward ? chuchotai-je en regardant par la fenêtre la pelouse sur laquelle Charlie avait passé ses derniers instants.
Edward ne répondit rien mais vint s'asseoir tout contre les oreillers, me permettant de poser ma tête sur son torse alors qu'il refermait autour de mon corps ses bras puissants pour me serrer dans une étreinte qui se voulait rassurante. Alors, des sanglots emplirent ma gorge tandis que des larmes salées coulaient telles des torrents sur mes joues, allant s'écraser sur le torse de mon âme-soeur, trempant sa chemise.
Je ne sais combien de temps je restais ainsi mais je dus surement m'endormir tout contre Edward. Lorsque je repris pied, j'étais seule dans la chambre d'Edward. Aucun bruit dans la villa. Les Cullen avaient surement dû se rendre sur la frontière à ma place. Et il me fallait les rejoindre. Je descendis donc rapidement au rez-de-chaussée et ouvris la porte d'entrée à la volée, prête à courir aussi vite que le vent. Mais le spectacle qui m'attendait là me stoppa net : les corps d'Esmée et Carlisle gisaient sous le porche alors que ceux d'Alice, Emmett et Rosalie se trouvaient dans l'allée menant à la villa. Et là, debout en rang au milieu de la pelouse se tenait le Trium Vira, revêtus de leurs longs manteaux. Aux pieds des trois rois, Jasper et Edward étaient maintenus au sol par le pouvoir de Jane.
-Enfin Isabella ! Tu n'es pas facile à débusquer ! gronda Aro. Tu vas venir gentiment ici et ce Cullen aura la vie sauve.
-Non, Bella ! Va-t-en ! Sauve-toi ! me dirent en même temps Edward et Jasper.
-Quel dommage ! Tant de dons et de pouvoirs gâchés à cause de toi, sordide petite chose ! Erreur de la nature ! clama Marcus, le même rictus que celui lors de l'assassinat de ma mère sur les lèvres.
-Isabella, tu devrais savoir qu'on ne fait pas attendre les Volturi. tonna de nouveau Aro. Jane, rappelle à notre invitée cette règle, je te prie.
Et avant même que je n'ai eu le temps de bouger, Jane saisit la tête de Jasper dans ses mains et la lui arracha alors que Jasper poussait un cri déchirant.
-Jasper ! Non ! hurlai-je en m'élançant pour le rejoindre mais mes mouvements furent stoppés par six mains puissantes.
-Bella ! Ouvre les yeux ! Bella ! criait une voix qui fit battre plus vite mon cœur.
J'ouvris les yeux. Autour de moi, Edward, Jasper et Emmett me maintenaient solidement sur le lit. Je fis un rapide tour de la pièce. J'étais dans la chambre d'Edward et toute la famille se tenait dans la pièce, les filles et Esmée derrière Carlisle, prêt à intervenir.
-Jasper ! répétai-je en posant une main sur ma poitrine dans laquelle mon cœur menaçait de s'emballer alors que mon côté vampirique avait le dessus.
-Je suis là, Bella. Tout va bien. répondit-il en s'asseyant et en attrapant ma main.
-Ils étaient là, ils vous avaient tués...tentai-je d'expliquer.
-Qui était là, Bella ? me demanda Edward en s'agenouillant tout près de moi.
-Le Trium Vira. Au grand complet. Dans le jardin. Ils...vos corps gisaient eu sol et ils te retenaient ainsi que Jasper. Jane a voulu se venger pour son frère et...dis-je rapidement, toujours secouée par ce réveil brutal.
-C'était juste un cauchemar. chuchota Edward en passant sa main sur ma nuque, me permettant de me blottir dans ses bras.
Mais je n'avais pas la sensation que toutes ces images étaient irréelles. Bien trop de détails. çà ne pouvait être seulement un rêve.
Alors qu'Edward me serrait contre son torse, je fus prise d'une vision : les loups au sol, décimés, au beau milieu de la clairière où j'avais tué Félix.
-Non…non…gémis-je, me prenant la tête dans les mains alors que je sentais mon pouvoir bouillonner dans mes veines, juste avant de sombrer de nouveau dans l'inconscience.
Devant mes yeux, flottaient les images de mon père, de ma mère, de notre vie en Italie, de mes fuites incessantes…mais également des images inconnues, semblant se dérouler dans des lieux lointains. Des personnages sombres aux visages masqués par d'immenses capuches psalmodiaient autour d'un énorme brasier. Mon cœur eut un raté lorsque je reconnus la langue qu'ils utilisaient : la mienne…enfin, celle de mon peuple…A cet instant, leurs visages se tournèrent vers moi et leurs voix se modifièrent, s'amplifiant dans mon crâne…Isabella…Isabella…Isabella…ne cessaient-ils de répéter, de plus en plus fort, s'avançant vers moi…Ils m'appelaient. Alors que je sentais la panique tétaniser tous mes membres et mon esprit, une voix, connue cette fois, prit le dessus : « Isabella, tu as un devoir envers ton peuple ». Charlie ! Papa…
Son image apparut au beau milieu des autres, me souriant, et s'approcha de moi, tendant sa main et la déposant sur ma poitrine. Une chaleur douce se diffusa mais bientôt, elle se transforma en brasier, se répercutant dans tout mon corps, m'arrachant un hurlement de douleur. Puis les voix se turent. Puis le groupe s'évanouit dans les ténèbres. Et le visage de Charlie disparut.
Un murmure familier et léger, tel un léger tintement de clochettes, me ramena dans la réalité.
-Elle a eu une vision. Je l'ai perçu moi aussi, avec quelques secondes de retard. Surement à cause du lien. La meute avait été tuée… expliquait doucement cette voix fluette.
Alice…
-Alice…marmonnai-je en ouvrant difficilement les yeux.
Edward se jeta instantanément sur moi, prenant ma main dans la sienne alors que son autre main se posait sur ma joue.
-Bella…comment vas-tu ? demanda-t-il d'une voix inquiète alors que Carlisle s'approchait doucement.
-J'ai vu Charlie. répondis-je d'une voix incertaine en rivant mon regard aux prunelles d'Edward qui tremblaient encore de la peur que je lui avais occasionné.
Instantanément, je ressentis sa peine et serrai ses mains dans les miennes avant de les porter contre mon cœur.
-Bella, tu as perdu connaissance et…commença Carlisle.
-ça va aller, Carlisle. Je…Ce sont…J'ai juste un peu de mal à gérer la puissance de mes nouveaux pouvoirs nécromanciens. le coupai-je doucement. Je dois voir les loups et chasser. ajoutai-je en me relevant. Que m'arrivait-il?
Alors ? Verdict ?
