Hello Gleeks!
Ceci est mon dernier chapitre... et j'ai galéré pour l'écrire (comme Quinn et son discours, vous allez comprendre!), alors j'espère que vous serez indulgents, toujours dur de clore une histoire...
Mais un épilogue est à suivre! A très vite!
Chapitre 10
Quinn entra dans la salle de répétition sous les applaudissements des autres membres du Glee Club. Un peu surprise, elle dit tout en avançant vers eux: « Je vais finir par rougir, arrêtez !
- Ce n'est qu'une répétition pour samedi ! », fit remarquer Kurt tout en passant un coup de chiffon sur leur trophée rapporté des Nationals 10 jours auparavant. Après avoir jeté un dernier regard énamouré sur l'objet, il se retourna vers Quinn avec une expression surexcitée : « Plus que deux jours avant ton discours ! T'es prête ? »
Quinn poussa un profond soupir. Le principal Figgins lui avait annoncé quelques jours plus tôt qu'en tant que future étudiante d'une « prestigieuse université » avait-il dit, des étoiles dans les yeux, elle ferait parti des élèves qui prononceront un discours à l'issue de la remise des diplômes. Et Quinn n'avait strictement aucune idée de ce qu'elle allait bien pouvoir raconter.
« Qu'est-ce que ça veut dire, exactement ? demanda Rory avec curiosité.
- Chaque année, on a droit à un ramassis de clichés débités sur les « bienfaits du lycée », tu vois le genre. Et les quelques étudiants admis dans d'excellentes universités, en gros Harvard, Yale, Princeton, Cornell… et quelques autres, sont aussi invités sur scène à nous faire un discours pour nous dire à quel point EUX, ils sont fabuleux ! expliqua Mercedes tout en adressant un clin d'œil à Quinn.
- Enfin, je veux pas être vache, mais… » continua Rory prudemment, « Ca n'arrive pas souvent, non ?
- HERESIE ! » hurla littéralement Artie (tout le monde sursauta, et Rory pâlit légèrement), avant d'enchaîner tranquillement : « Non, c'est très rare. La dernière personne d'ici acceptée dans une université de l'Ivy League, ça doit remonter à 7 ans.
- Le farfadet n'a pas tort, on ne peut pas dire que Lima High produise beaucoup de gros cerveaux… » lança Santana, qui venait d'arriver. Après avoir posé son sac, elle regarda à nouveau Quinn, émit un sifflement et dit avec un sourire : « Pas mal le look, Fabray. Très Dr House ! »
Désormais, Quinn avait retrouvé toutes ses capacités musculaires dans la jambe droite, et elle était en passe de récupérer l'ensemble des sensations fonctionnelles dans la jambe gauche. Son kiné le lui avait affirmé, ce n'était plus qu'une question de semaines avant de remarcher comme avant. « Pas pour la cérémonie de remise des diplômes, mais sans doute pour la rentrée à Yale. » lui avait-il dit. En attendant, et malgré ses quelques protestations, Quinn n'avait plus besoin pour s'aider que d'une seule béquille. « Pourquoi une seule ? Ca me donne un de ces dégaines ! » avait-elle demandé à Eric, d'un ton suppliant. Mais le kiné était resté ferme : marcher avec une béquille permettait de stimuler la jambe valide, tout en favorisant l'équilibre. Ou quelque chose comme ça. Depuis, elle devait se farcir un nombre certain de blagues en lien avec le Dr House, les gens se sentant désormais plus libres de plaisanter sur sa condition. Ce n'était pas méchant, bien sûr. C'était juste … lourd. Quinn avait toujours détesté cette série.
« Ou Kerry Weaver… » dit alors Mike. Tous le regardèrent.
- Qui ?
- Ben, Weaver, la chef des urgences ! précisa Tina, en venant à la rescousse de Mike
- Mais d'où ? insista Finn
- Tu le fais exprès ou quoi ? demanda Mike avec mauvaise humeur
- Ah, « Urgences » ! dit Finn avec un sourire
- C'est pas trop tôt… commenta Santana
- Moi je préfère « House », fit Puck
- Alors ça c'est une vraie hérésie ! C'est la série mère de toutes les séries médicales, un peu de respect ! »
Sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi, Puck et Mike se lancèrent dans un grand débat comparatif sur les deux séries. Tous deux étant de grands fans, le ton commença à monter, à tel point que Santana finit se lever en disant qu'elle allait chercher du pop corn pour assister à la fin du match, « et je parie sur une victoire de Mike ! ».
« Pourquoi on parle de séries médicales ? chuchota alors Brittany à l'oreille d'Artie, alors que la discussion était déjà largement entamée.
- Ah, parce que les séries télé ou les films, y'a pas mieux pour s'identifier avec les personnages. Dans une série ou un film que tu aimes, tu trouveras presque toujours un élément qui te parle, te renvoie à une situation que tu connais. C'est universel ! »
Brit lança un regard perplexe à Artie, mais Quinn avait compris. Mieux, elle avait une idée.
Et puis le samedi arriva rapidement. L'affreux costume bordeaux informe sur les épaules et le chapeau ridicule sur la tête, ils s'avancèrent tour à tour sur le podium installé en extérieur, sur le terrain de football. Et même si elle devait toujours s'aider de sa béquille, Quinn n'eut pas de difficulté à s'avancer vers la scène. Elle s'installa devant le pupitre, fit un signe de la main à sa mère qui s'essuyait les yeux, et commença.
« Merci beaucoup. » Quinn attendit que les applaudissements s'évanouissent, puis reprit : « Très franchement, je n'ai jamais eu autant de difficultés à écrire un texte que celui que je m'apprête à vous lire. J'avais envie d'écrire quelque chose de beau, de spirituel, de fin. Ou tout du moins de correct. Je rêvais d'être capable de dire quelque chose dont vous pourriez peut-être vous rappeler quelques bribes dans quelques années. Je ne cherche pas à rester, moi Quinn Fabray, dans vos mémoires. Mais que ce que je dise puisse vous marquer un tant soit peu. Etre, je ne sais pas, inspirante, pertinente, marquante, au moins pour quelques uns d'entre vous. Mais bien évidemment, quand on a un objectif aussi ambitieux que celui-là, on se retrouve vite devant une page blanche. Tout ce que j'écrivais était tout simplement…NIAIS ! ».
Son insistance sur le dernier mot déclencha quelques rires et murmures d'approbation dans les rangs. Elle vit Santana lever le pouce en signe d'acquiescement, et la plupart des professeurs hausser les sourcils. Quinn continua : « Du déjà-vu, des platitudes, bref, rien qui ne vous laisserait de souvenirs impérissables. Vous savez déjà qu'une époque se termine et qu'une autre s'ouvre à nous. Que nous regarderons ces années lycée, avec un peu de recul, et quoi qu'il arrive, avec beaucoup de nostalgie. Que jeunesse bien vite se passe, blablabla… » ne put-elle s'empêcher de rajouter avec une légère grimace. Elle entendit alors un discret rire de Sam. « Rien ne convenait. J'ai consommé un certain nombre de feuilles de papier, que j'ai déchiré presque aussitôt avec frustration. Je commençais sérieusement à désespérer… Quand d'un coup, la solution est venue. Et comme souvent, elle est venue de mon ami Artie Abrams. » Quinn lui adressa un sourire. Beaucoup de gens se retournèrent avec curiosité pour apercevoir ce fameux Artie. Toujours plein de dignité, il se contenta d'afficher un vague air intéressé, avec une expression qui semblait demander « Qui me parle ? » sur son visage. Puis il regarda Quinn et un « Merci » silencieux se dessina sur ses lèvres. Pas besoin d'en dire plus, elle savait qu'il était touché. Elle reprit donc le fil de son discours : « Il y a quelques jours, je l'ai entendu affirmer que, quelque soit le problème rencontré, on trouvait toujours un film ou une série télé pour nous aider. Que ce n'était peut-être pas toujours de la culture au sens noble du terme, mais que pour avancer dans la vie, c'était déjà pas mal. Et bien moi, ça me plait ! » lança Quinn avec un sourire à son auditoire.
Visiblement, le public semblait conquis, et attendait la suite. Quinn s'éclaircit la gorge et reprit : « J'aimerais donc dans ce discours faire appel à deux citations que je trouve particulièrement appropriées à la circonstance, et qui exprime tout à fait ce que j'ai envie de vous faire passer comme message. Et croyez-moi, j'ai regardé un certain nombre de teen movies particulièrement mauvais pour trouver la perle rare… » Tout le monde ria, y compris le principal Figgins. « La citation avec laquelle je commencerai est issue du film « Ghost World », que je recommande d'ailleurs à tout le monde… » Quinn fit alors un léger signe de tête à Tina, qui lui avait prêté le film lors de sa convalescence. Tina lui rendit son signe de tête avec un sourire. Quinn savait qu'elle adorait ce film. « C'est la remise des diplômes, une des élèves est invitée à faire un discours. Elle est en fauteuil à la suite d'un accident de voiture survenu pendant l'année ». Quinn marqua une pause. Le silence était total. Pour alléger l'ambiance, elle continua : « Après un discours des plus conventionnels sur l'importance des années lycée, elle finit par cette phrase : « J'ai appris que pour surmonter les obstacles de la vie, on a besoin d'avoir la foi, de l'espoir, mais surtout un bon sens de l'humour. » ». Elle entendit alors quelques rires dans le public. Elle se sentit un peu rassurée, et continua : « Je voulais absolument vous la citer, car je trouve que c'est tout à fait vrai. Je sais que beaucoup ne savait pas comment se comporter avec moi après l'accident. Sans doute car ces gens pensaient que j'avais tout perdu dans l'accident, et je les comprends. Vu l'image que j'ai renvoyé de moi pendant 3 ans, je comprends ces réactions. Non, je ne suis plus vraiment populaire. Non, je ne suis plus une cheerleader. Oui, je mettrai encore quelques semaines avant de remarcher normalement. On pourrait logiquement penser que j'ai beaucoup perdu cette année. Et pourtant, ce fut sans doute ma meilleure année. Je me serais certes passée de l'accident… ». Elle vit alors plusieurs personnes lui sourirent gentiment, ce qu'elle prit comme un encouragement à continuer : « … mais j'ai trouvé des ressources en moi que je n'aurais jamais soupçonné, si je n'avais pas fait un choix. Celui du Glee Club. En rencontrant ces gens-là, j'ai appris énormément sur moi-même. J'ai appris à assumer mes choix. Je me suis dit : « Je peux peut-être être plus qu'une fille qui ne quittera jamais Lima ». J'ai renoncé à une bonne partie de ma popularité, et franchement, aujourd'hui je n'ai pas un seul regret. J'espère que vous aussi, vous êtes capable de vous dire la même chose aujourd'hui : je m'en vais, et je n'ai pas un seul regret. » répéta-t-elle. Elle eut droit à quelques applaudissements discrets. Elle vit les membres des New Directions avec un large sourire.
« Enfin, je terminerai mon discours comme je l'ai commencé, par une citation. C'est extrait du dernier épisode de la série « Daria », encore une découverte que j'ai faite grâce à Artie, que décidemment je ne remercierais jamais assez pour avoir grandement contribué à mon éducation culturelle. L'héroïne est dans ma situation, à recevoir un prix lors de la remise des diplômes, et bien que jamais je n'oserais comparer mon intelligence à la sienne, je suis tout à fait d'accord avec son discours, je vais donc conclure en la citant. « Mon conseil est : croyez fermement à ce en quoi vous croyez, n'en démordez pas jusqu'à ce que ou l'évidence ou bien l'expérience vous prouve que vous avez tort, n'oubliez pas que si l'empereur semble être à poil, c'est que l'empereur est à poil, que dans la vie le mensonge et la vérité ne font pas bon ménage et par ailleurs qu'il n'est aucune facette de l'existence, pas une petite misère ou une grande, qu'on ne puisse relativiser devant une pizza. Merci, au revoir ! ». Sous le regard un peu interloqué de Figgins, Quinn prit son diplôme et quitta la scène sous un tonnerre d'applaudissements.
« A Quinn et à son discours merveilleux ! » dit Rachel avec un large sourire. Ils trinquèrent avec un ponch que Puck prétendait être « non trafiqué », mais personne n'était dupe. Surement tout aussi ému que ses élèves d'être réunis dans la salle de répétition pour la dernière fois, Mr Shue n'avait rien trouvé à redire.
« Je n'ai qu'une chose à rajouter… » dit Quinn tandis que Sam mettait un peu de musique. « Tina, j'ai vraiment hâte d'entendre ton solo l'année prochaine aux Nationals…
- Oh, ce sera peut-être Blaine …
- La compétition risque d'être relevée ! » rajouta Blaine en riant tout en prenant Tina par l'épaule
Quinn n'arrivait pas à se dire que c'était fini. Elle sourit à Joe, assis sur une chaise qui discutait avec Artie. « On se tient au courant… » avait-il dit d'un air énigmatique après la cérémonie, tout en glissant ses coordonnées Skype dans sa poche. Puis il s'était éloigné. Oui, on verra ça plus tard, s'était alors dit Quinn, serrant le papier entre ses doigts.
Puck la tira alors de sa rêverie. « Allez, tu me dois au moins une danse…
- C'est vrai ! On ne peut pas dire qu'on ait beaucoup dansé au bal de promo !
- Ici c'est mieux… » dit Puck d'une voix un peu étranglé par l'émotion
Tout en dansant sur « All I want is you » de U2, Quinn balaya la pièce du regard. Rachel & Finn, Sam & Mercedes, Blaine & Kurt, Brit & Santana, Rory et Sugar dansaient également. Mike et Tina riaient avec Artie et Joe.
Oui, ici c'était mieux.
