Attention !! Désormais, risques de spoilers de Tome7 !! (même si tout n'est pas encore cohérent avec l'histoire de JK Rowling !

Auteur : Rose Potter

Titre de la fic : Ma vie assassinée

Genre : Mytery/Adventure/Tragedy

Rating : T (ancien PG-13)

Disclaimer : Beaucoup de choses ne m'appartiennent pas : le monde Harry Potter et donc bon nombre de personnages appartiennent à JK Rowling ! Le titre de la fiction est le titre d'un livre écrit par Agnès Ruiz et les titres des chapitres sont référentiels, le plus souvent tirés d'une chanson, ou du titre d'un livre dont je mettrai à chaque fois les paroles, ou le titre du contenu car celui-ci peut éclairer le chapitre. Enfin, je ne touche aucun revenu, si ce n'est les éventuelles reviews que vous me laissez !

Avertissement : Désormais, risque de certains spoiler du tome 7 qui sont encore adaptables dans la fic (vu qu'à la base elle a été écrite à la sortie du tome 5, beaucoup de choses ne correspondent pas !) ! Mais beaucoup de choses sont encore très différentes. Cette fic est loin de raconter la septième année d'étude à Poudlard de nos jeunes amis ! Enfin, mon sadisme, entre l'écriture de l'Enfant Secret et cette fic n'est certainement pas parti .

Résumé général de l'histoire : Et si, en 2017, une jeune femme d'une vingtaine d'année tentait de découvrir les circonstances exactes (celles qu'on lui a toujours cachées) de la mort de son père, un certain Harry Potter ? Que va-t-elle découvrir ? Quelle réalité effrayante se cache derrière ces questions non élucidées ? Alors que les forces du Mal semblent renforcer leur activité qui était presque inexistante quelques années auparavant, elle se lance dans des recherches qui vont faire basculer sa vie à un point qu'elle n'aurait jamais imaginé. Mais tout cela a un prix, qu'il lui faudra payer… Car après tout, n'est-il pas mieux parfois de ne pas connaître la vérité et de penser à construire son avenir plutôt que de rassembler les vestiges du passé ?

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Résumé des chapitres précédents :

Prologue: Description de la vie dans un orphelinat tenu par une vieille femme Moldue (même s'il semble qu'elle ait déjà entendu parler de Voldemort autour d'elle), Sofia, et son assistante, Elena. Le réveillon de Noël se prépare alors que dehors une tempête de neige fait rage. Une petite fille d'environ quatre ans, les cheveux noirs et emmêlés et les yeux vert émeraude, frappe à la porte de l'orphelinat et déclare « papa est mort ».

Chapitre 1 : Zoëlina reçoit chez elle son amie et collègue Andréa. Elle lui a avoué son secret, qu'elle est une sorcière, et lui présente le monde magique. Plusieurs allusions à Harry sont faites mais Zoëlina fait tout pour rester évasive. A dix heures le soir, la Gazette du Sorcier arrive (alors que Zoë n'est pas abonnée) avec un article sur Hermione, disant qu'il y a eu une attaque au Ministère de la Magie la veille et que Hermione étant Auror, est blessée et a été transportée à un hôpital Ste Eulalie. Bien décidée à saisir sa chance, Zoëlina décide qu'elle lui rendra visite pour tenter d'en apprendre plus sur son père.

Chapitre 2 : Zoëlina va à l'hôpital Ste Eulalie après avoir laissé la biographie de son père à Andréa qui a passé la nuit dans le salon. Elle rencontre un infirmier nommé Andrew puis Hermione qui ne se souvenait plus d'elle. Zoë lui raconte comment elle a vécu jusque là. Zoë se demande qui est sa mère. On lui a seulement dit que c'était « une femme bien », « une très grande sorcière ». Hermione, elle, ne sait pas non plus. Hermione lui annonce qu'elle va mourir de ses blessures et qu'aucun transfert à Ste Mangouste n'est possible. Hermy donne un papier à Zoëlina qu'elle devra remettre à McGonagall. Andrew raccompagne Zoë qui lui dit que son père est mort. Zoë est troublée par Andrew. Elle revient chez elle. Andréa est partie en lui laissant un mot. Invitation de McGo pour devenir prof de DCFM avancé. Andrew lui tel pour l'inviter à faire un tour dans le parc. Zoë furieuse de ne pas pouvoir lui résister.

Chapitre 3 : Andrew vient chercher Zoëlina pour une promenade dans le parc avec Andrew. Lors de son retour chez elle, Stephen (son collègue Moldu amoureux d'elle) lui téléphone et s'impose chez elle le lendemain. Elle parvient à lui faire croire que tout est normal malgré les objets magiques qui sont présents chez elle. Arrive Andrew et c'est le clash entre les deux hommes, même si l'infirmier venait pour donner des nouvelles d'Hermione. Après avoir mis Stephen à la porte, Zoë se rend à Poudlard et atterrit dans la cheminée du prof Rogue qu'il l'emmène voir le professeur MacGonagall. Après un entretient, elle retourne chez elle et fait un étrange rêve : la mort de Sirius Black.

Chapitre 4 : Zoë repense à son rêve sur Sirius. Elle va voir Hermione pour lui annoncer que McGo ira la voir dès que possible et qu'elle a été prise à Poudlard comme professeur de DCFM avancé. Hermione lui avoue qu'elle commence à retrouver la mémoire mais ne veut rien lui dire pour le moment. Elles se disputent un peu et Zoë repart chez elle. Elle va à Poudlard, est présentée aux élèves, et fait la connaissance du professeur de métamorphose, McDowel, qui lui montre sa chambre (qui n'est autre que son repère secret lorsqu'elle était étudiante). Son amie, Elena, professeurs de Sortilèges et Enchantements vient la voir. Premier cours : les Détraqueurs et production de Patronus. De retour chez elle, Stephen l'invite à dîner le samedi soir suivant. A Poudlard, elle fait un rêve étrange : les hommes du Ministère sont chez elle, avec son père, et semblent rechercher quelqu'un. Elle est sur le point de se faire attaquer par un Détraqueur (toujours dans son rêve) et se réveille brusquement.

Chapitre 5 : Rogue propose à Zoëlina de l'aider dans ses recherches sur Harry, proposition qu'elle ignore. Dans la Grande Salle, McGonagall donne une lettre d'Andrew à Zoëlina (elle a donc rendu visite à Hermione), et Zoëlina la lit enfin lorsqu'elle arrive à se soustraire au harcellement moral d'Elena. Il s'agit d'une invitation pour la fête foraine de Nutley Hutching le vendredi soir. Dispute avec Elena qui l'incite à y aller et à arrête de penser trop au passé. Le vendredi soir, Zoë va donc avec Andrew à la foire, et, installés dans une bouée, ils se rapprochent l'un de l'autre (Zoëlina a d'ailleurs des soupçons sur l'identité d'Andrew et se demande s'il n'appartient pas au monde de la Magie). Mais ils sont dérangés par Malefoy et Rosier qui se lancent à leur poursuite. Cachés, ils voient Elena et Andréa. Les deux sorcières partent à la poursuite des deux mangemorts et Zoë, après avoir vu des étincelles dans le ciel se rend sur le parking pour sauver Elena qui est en danger, mais se fait assommer par Malefoy.

Chapitre 6 : Zoëlina se réveille chez elle, entourée de ses amis. Stephen arrive pour emmener Zoëlina au restaurant où il lui fait une déclaration (paraît beaucoup plus mature que d'habitude) et se font offrir le champagne par un couple de sorciers ayant reconnu Zoëlina. Lorsqu'ils reviennent chez elle, ils s'embrassent dans le hall d'entrée, sous les yeux médusés d'Andrew. Une fois que Stephen est parti, ils ont une vague discussion et Andrew s'en va. Zoëlina passe une mauvaise nuit en repensant à cela, car après tout elle ne comprend pas très bien pourquoi elle a embrassé Stephen. Le lendemain, Elena incite Zoëlina a accepter la proposition de Rogue, et, lorsqu'elles sont de retour à Poudlard, celui-ci leur présente son nouvel assistant : Drago Malefoy. Zoë le surveille depuis sa chambre grâce à la carte du Maraudeur et finit par s'endormir. Elle rêve du Détraqueur chez elle où elle se voit sauvée par Malefoy qui menace son père et toute sa famille.

Chapitre 7 : Petite rixe entre Rogue/Elena/Zoë/Drago. Début Novembre : Zoë s'absente de l'école et va à Ste Eulalie. Hermione est de plus en plus mal. Celle-ci raconte à Zoë la recherche des Horcruxes (cf. tome 7, sauf que la quête dure plus longtemps, et que lorsqu'ils ont tué Nagini, celle-ci a mordu Ron qui est mort). Harry aurait voulu attendre pour poursuivre la quête afin de protéger la vie de sa famille. En partant de l'hôpital, Zoë croise Andrew, elle essaie de le convaincre qu'il faut qu'Hermione sorte d'ici (pour l'emmener à Ste Mangouste). De retour chez elle, elle passe la soirée avec Stephen, mais lorsqu'elle s'endort, elle fait un rêve : elle avait une soeur jumelle, Zoëline, qui est morte.

Chapitre 8 : Réveil de Zoë par Stephen ; elle court voir Hermione à l'hôpital et lui demande des explications sur sa soeur jumelle. Cela déclenche une crise chez Hermione, qui, malgré tous les efforts d'Andrew et de Stew meurt. Zoë trouve de la pensine qu'Hermione avait dissimulé à son arrivée. Andrew veut la réconforter : elle savait qu'elle allait mourir aujourd'hui. Zoë est sur le point de trahir son origine sorcière et s'enfuit chez elle où, après avoir congédié Stephen, elle regarde dans la pensine d'Hermione : elle se voit, à l'âge de 4 ans, être interrogée par des mangemorts et Voldemort lui-même. Malgré les cours d'Occlumencie que lui avait donnés Harry, Voldemort parvient à savoir où est caché le manoir des Potter, en fouillant dans ses pensées. De retour à Poudlard, Zoë cherche dans les archives, et elle retrouve l'adresse où a habité son père durant son enfance, chez les Dursley (qu'elle croit s'appeler Darklay.

Remerciements : A tous ceux qui me soutiennent pour cette fic mais aussi tous les jours ! Merci aussi aux lecteurs éventuels de venir vous aventurer ici ! Réponses aux reviews à la fin du chapitre . (lisez-les seulement après avoir lu le chapitre ;) )

Où en sommes-nous dans l'histoire : 9/17

A propos du titre du chapitre : Mon nom, chanson de Lynda Lemay, en référence bien entendu au nom "Potter"

Si vous me demandez mon nom

Je vais vous donner mon adresse

Puis si vous me demandez l'heure

Je vais vous raconter ma vie

Sans retenue et sans pudeur

Comme si vous étiez mon ami

Si vous me demandez mon nom

J'peux bien vous donner mon corps

Et si vous en voulez encore

Je recommencerai pour vous

Sans retenue et sans remords

Comme si vous étiez mon mari

Si vous me demandez mon nom

Je vais vous parler de mon père

Qui était toujours à la maison

À la même heure après l'travail

J'vous raconterai des feux qui ne sont pas de paille

Qui brûlent encore longtemps après les fiançailles

J'vous raconterai la vie que je voudrais connaître

Une main dans la vôtre, peut-être

Si vous me demandez mon nom

Je vais me confondre en franchise

Si vous me demandez mon âge

Alors j'vais me mettre à pleurer

M'élancer de tout mon visage

Dans un coin de votre chemise

Si vous demandez la main

Je vais vous accorder mon âme

Mes demains, mes surlendemains

Mes insécurités de femme

Tout cet amour tellement lourd

Que vous l'porterez comme un blâme

Si vous me dmandez mon nom

Faites gaffe à la suite des choses

Je vais m'offrir au grand complet

Et sûrement pas à petites doses

Je serai la plus vraie et la plus vulnérable

J'vous dirai mes secrets les plus inavouables

Ces pactes que j'ai faits avec toutes sortes de diables

Si vous me demandez mon nom

Je vais vous montrer mes blessures

Chaque trace de chaque déception

Chaque marque de chaque aventure

J'vous raconterai des feux qui ont été de paille

Accrochée à vos cheveux et à votre chandail

J'vous raconterai la mort que je voudrais connaître

Une main dans la vôtre peut-être

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Chapitre 9 : Mon nom

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BOUM !

Je suis tellement surprise par ce bruit incongru que la plume que je tiens à la main vient écraser sa pointe contre le parchemin que je rédige en prévision de mon cours suivant. Relevant vivement la tête, je vois un élève de Serpentard, répondant au nom de Aegerus Walkstorn, un jeune homme assez chétif, dont la croissance semble s'être arrêtée prématurément, au visage anguleux et au teint pâle. Il tourne la tête vers moi comme pour s'assurer que je n'ai rien relevé. Mais voyant que je le regarde, il baisse les yeux aussi rapidement et entreprend de remettre sur pieds les tables et chaises qu'il a envoyé valdinguer lorsqu'il a tenté de réaliser son sortilège de repousse venin (« reicere venimus »). Les autres élèves paraissent tétanisés, mais je ne fais aucune remarque, me reportant sur mon cours.

BOUM !

Je sursaute de nouveau et cette fois me lève d'un bond, saisis ma baguette et me précipite vers Walkstorn pour voir ce qu'il s'est encore passé.

- Qu'y a-t-il ici ?

Personne ne me répond à part l'élève concerné qui me dit précipitamment que « c'était juste un accident » qu'il ne l'a « pas fait exprès ». Un gémissement se fait pourtant entendre à ma droite et je vois avec horreur Noa Rookwood, une élève de Gryffondor, très méchamment brûlée sur une joue. A côté d'elle, un autre élève dont le nom ne me revient pas paraît stupéfixé tellement son regard et son être entier paraissent figés.

- Que s'est-il passé ? demandé-je à nouveau mais cette fois-ci beaucoup plus inquiète. Arrêtez tout ! ajouté-je à l'intention des autre.

Je me précipite vers la jeune fille et regarde de plus près sa brûlure. Indéniablement, elle est brûlée au deuxième ou au troisième degré et la marque s'étale largement sur sa joue droite. Je pointe alors ma baguette vers elle et murmure un sort qui, s'il ne guérit pas, soulage momentanément la douleur, sans la faire entièrement disparaître.

- Comment est-ce arrivé ? demandé-je à Walkstorn. C'est ton sortilège ?

- O… oui ! Je ne l'ai pas fait exprès ! répète-t-il sûrement dans la peur de se voir mettre une retenue ou de me voir enlever des points à Serpentard.

Mais je n'ai pas le temps de dire quoi que ce soit que j'aperçois l'élève-dont-je-n'arrive-pas-à-retrouver-le-nom passer devant moi à toute vitesse et se ruer sur le Serpentard.

- Enfoiré ! hurle-t-il.

Tous deux tombent à terre et le Serpentard ne tarde pas à se faire rouer de coup avant que je n'aie le temps de faire quoi que ce soit. Je les atteins peu après et les sépare avec difficulté.

- Lâche-le, exhorté-je le Gryffondor. Il dit qu'il ne l'a pas fait exprès.

- Cet enfoiré ? Il savait parfaitement ce qu'il faisait ! Pendant tout le cours il a essayé de la toucher avec un sortilège !! Un tout autre que celui que vous ne nous aviez demandé de faire !!!

- Comment ça ? demandé-je totalement paralysée et oubliant totalement de lui rappeler de ne pas employer de mots grossiers.

Personne n'ose dire un seul mot, le silence se fait pesant sur la salle et tout le monde s'est retourné vers le Gryffondor. Dire que depuis le début de l'année je « priais » pour qu'aucun conflit de ce genre, c'est-à-dire Gryffondor vs Serpentard, n'éclate… Mais cette fois j'ai bien l'impression que ça va beaucoup plus loin qu'un simple conflit de maisons.

- Abruti menteur ! lui jette le Serpentard à la figure.

- Ça suffit ! crié-je à mon tour. Excuse-moi, ton nom… ? demandé-je au Gryffondor.

- … Derosus Black… dit-il à mi-voix après une assez longue hésitation.

- Black ?! m'écrié-je malgré moi.

- Je… oui… désolée, mademoiselle.

- Tu… tu es de la famille de Sirius Black ?

Une lueur d'espoir s'insinue en moi. Sirius, le parrain de mon père… peut-être que lui sait quelque chose, après tout ? Je suis tellement déroutée par la mort d'Hermione que je serais capable de me retenir à n'importe quelle branche me reliant à ma famille, même si elle est instable et fragile.

- ... oui, grogne-t-il en réponse. Mais éloigné, et ça fait bien longtemps que la famille l'a renié.

Je ne m'attendais pas à ça, mais au moins cela me fait revenir à la réalité. Sirius n'a jamais été innocenté et les gens continuent à penser qu'il était un dangereux assassin… Je n'apprendrai rien par ce garçon. Enfin, la situation actuelle est beaucoup plus urgente, je me ressaisi donc vite.

- Bien, Derosus, pourquoi l'accuses-tu de l'avoir fait exprès ?

- Je l'ai vu, tout simplement. Vous avez les moyens de vérifier, ajoute-t-il comme argument ultime.

- Tu as raison, avoué-je en me retournant vers le Serpentard. Walkstorn, ta baguette s'il te plaît.

- Quoi ?!? s'écrie ce dernier.

- Ta baguette, dis-je d'un ton un peu plus autoritaire. Si tu es innocent, et que le sort qui a blessé cette jeune fille était bien celui que je vous ai demandé d'exécuter, tu n'as aucune raison d'avoir peur. Sauf bien sûr si tu n'as pas vraiment suivi mes consignes…

Mais le Serpentard se contente de me fixer, sans rien exprimer de particulier, le visage impassible, ou presque. Une légère gêne peut se distinguer moyennant une bonne observation.

- Expelliarmus, dis-je tout simplement, à bout de patience, pour recevoir sa baguette qui lui échappe instantanément des mains. Merci, ajouté-je ironiquement.

Je considère la baguette quelques instants, hésitante à devoir jeter le sort devant toute la classe… mais je finis par trancher que si rien n'est prouvé devant eux, cela générera inévitablement un conflit encore plus virulent entre les deux maisons qui s'accuseront entres elles. D'autant plus que je pourrai être accusée de favoriser la maison Gryffondor, venant moi-même de celle-ci.

- Prior incanto !

Une fumée violacée sort de la baguette et, prenant une teinte rouge, imite un jaillissement de sang, que je suis apparemment la seule, à comprendre… en même temps que le propriétaire de la baguette. Le souffle légèrement accéléré par la stupéfaction, je plonge mon regard dans celui de ce dernier. Pourtant, devant les autres, je mets tout en œuvre pour garder un semblant de calme.

- Que ce soit bien clair. Ici, il s'agit d'un cours de Défense Contre les Forces du Mal… La Magie Noire est totalement exclue ici, et je suis la seule habilité à la pratiquer afin de vous aider à monter des techniques de défense ! Heureusement que tu es apparemment nul, sinon les conséquences de ton geste auraient pu t'amener à Azkaban ! lui crié-je.

Le reste de la classe nous regarde successivement, l'un et l'autre, dans la plus totale incompréhension. Mais je n'ai aucune envie de donner plus d'explications, ce n'est vraiment pas la priorité pour le moment.

- Wirton, emmène mademoiselle Rookwood à l'infirmerie !

- Bien, mademoiselle, obéit aussitôt celui-ci en commençant à guider la jeune fille vers la sortie.

- Quant à toi, Walkstorn, tu viens avec moi.

- Où ça ?

- Chez ton directeur, il pourra lui-même constater quel genre d'abruti il a dans sa maison. Une occasion pour lui de montrer un tant soit peu de conscience professionnelle. Pour les autres, le cours est fini, je ne veux plus qu'aucun sort soit jeté jusqu'à votre prochain cours et sans la présence d'un professeur. Je ne vous donne rien à faire pour la prochaine fois. Black, j'aimerais vous voir un peu plus tard ! ajouté-je avant de quitter la classe avec le Serpentard à mes côtés.

Nous marchons en silence pour commencer, en direction des cachots, le seul bruit fait par mes talons venant rompre le calme. De toute évidence, pour lui, aller voir Rogue ne comporte aucun risque pour lui, ce dernier étant bien trop habitué à avantager les élèves de sa maison.

- Tu te rends compte de la gravité de ton acte ? lui demandé-je finalement, à mi-chemin.

- Non, mais je me rends compte de la gravité du sien.

- Noa ? Qu'a-t-elle fait ?

- Quelque chose qui vous concerne pas.

- Oh… bien. Comment avez-vous appris à faire ce sortilège ?

- Allez vous faire voir ! me répond-il amer.

Trop énervée par son insolence, je m'arrête et le plaque contre le mur un peu violemment ; force que je ne soupçonnais même pas chez moi.

- Ecoute-moi bien maintenant. Voldemort est peut être définitivement mort, dis-je sans faire attention à son tressaillement dû au nom de l'ancien Maître des Ténèbres, mais je sais très bien, ainsi que d'autres sorciers, que les Mangemorts sont toujours agités, et n'ont pas cessé leurs activités. Fais ce que tu veux de ta vie, mais je peux t'assurer que le côté Noir n'est pas la meilleure voie à prendre, car sa montée et son apogée sont souvent de courte durée. Et vu l'étendue de tes capacités en Magie Noire, à ce que j'ai pu en voir à l'instant, il vaut mieux pour toi ne pas trop t'engager dans cette voie.

Nous restons quelques secondes comme ça, je crois voir une sorte de doute planer rapidement sur son visage, probablement à cause de mes doutes sur ses capacités, et redevient très vite rigide et impénétrable. Je le lâche enfin et nous reprenons notre marche silencieuse, pour arriver en quelques minutes au cachot de Rogue. Lorsque nous entrons, le front se ce dernier se plisse, révélant les rides profondes qui ont peu à peu tracé leur sillon sur ce visage cireux où trônait, en son milieu, un nez des plus crochus du monde Sorcier.

- Que se passe-t-il ? demande-t-il calmement d'une voix plus froide que d'habitude… ou plutôt que celle qu'il avait prise avec moi depuis que j'étais devenue sa collègue.

- Il se passe que monsieur Walkstorn a eu l'idée fantastique d'utiliser le sortilège sectumsempra sur Noa Rookwood. Heureusement que ses talents limités ne lui ont permis « que » de la brûler aux alentours du troisième degré sur la joue.

- Je vois, répond celui calmement.

Je savais Rogue totalement indifférent à la misère humaine, sans cœur et froid comme une pierre tombale, mais je ne pensais pas qu'il garderait son impassibilité dans un tel cas.

- Bien…

J'ouvre grands les yeux, effarée tout à coup que les remontrances ne s'arrêtent à cela.

- … J'enlève donc cinquante points à Serpentard, et vous aurez une retenue chaque soir pendant deux semaines, Walkstorn, poursuit-il toutefois. J'avoue avoir toujours été enclin à avantager les élèves de ma maison, mais je ne saurais tolérer la pratique de la Magie Noire par mes élèves. Merci beaucoup Miss Potter.

Je soupire de soulagement. Punir les élèves n'est pas mon but à vrai dire… mais je n'aurai jamais pu accepter qu'on ne fasse rien contre ce genre d'attitude. Cependant, l'attitude de Rogue me désarçonne. Je pensais qu'il me demanderait plus de détails sur l'histoire, qu'il interrogerait Walkstorn, ou je ne sais quoi d'autre !

- Oui ? me demande-t-il, percevant mon trouble.

- Je… non… enfin, j'aurai aimé vous parler, dis-je finalement sans réfléchir.

- Oui, bien sûr. Walkstorn, dégagez d'ici, le renvoie-t-il sans plus de cérémonie.

Il attend patiemment que ce dernier soit sorti et ait fermé la lourde porte en bois du cachot, puis se permet un pâle sourire à mon intention.

- Je vous écoute.

Bingo. Me voilà bien ! Que vais-je lui dire maintenant ? Pourquoi lui ai-je sorti ça ? Je me ressaisi un peu lorsqu'il me montre la chaise en face de son bureau, m'invitant à venir m'y asseoir.

- Merci, commencé-je. Je ne savais pas vraiment quoi faire de lui en fait…

- Pas plus qu'avec moi, dit-il calmement en esquissant un sourire fantomatique.

- Je vous demande pardon ? dis-je. Je ne comprends pas.

- Vous avez pensé à ma proposition ? dit-il finalement sans plus d'explications.

- Oh, oui… enfin… pas vraiment. Je veux dire… je ne sais pas trop quoi en penser.

- Je veux simplement vous aider à trouver des informations sur votre père.

- Mais pourquoi ? Quel est votre intérêt en faisant ça ? m'écrié-je.

Son regard soutient le mien, aucun de nous ne baisse les yeux, une sorte d'affrontement pacifique, de refus de soumission, ce refus qui nous a poursuivi pendant sept ans, tout le long de ma scolarité.

- Peut être une sorte de culpabilité que je veux éradiquer. J'ai toujours eu un comportement exécrable avec votre famille, et elle me le rendait bien… Mais en voyant tout ce qu'elle a accompli… je me dis que j'ai certaines dettes à régler.

- Vous avez pitié !?

- Non.

Sa réponse est on ne peut plus courte, sèche, sans appel et me fait aussitôt regretter ce que j'ai dis. C'est toujours comme ça, avec Rogue.

- C'est d'accord, finis-je par lâcher. J'accepte votre aide.

- Bien, se contente-t-il de répondre, me prenant au dépourvu.

- Et comment comptez-vous vous y prendre ?

- Cela ne regarde et n'engage que moi.

- Pardon, mais il me semble que vous m'avez demandé de vous tenir au courant de mes recherches et avancées, je pensais que vous pourriez en faire autant !

- Oui, et donc qu'avez-vous trouvé ? me coupe-t-il pour ne pas avoir à fournir d'explications.

- Rien.

Trop agacée par son comportement envers moi, je sors en trombe de son bureau après avoir pris soin de claquer la porte.

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Dans la soirée, après un bon repas pris sans la présence de Rogue, Derosus Black me rejoint dans mon bureau comme je le lui avais demandé un peu plus tôt dans la journée.

- Bonsoir Mademoiselle, vous vouliez me voir ?

- Oui, lui répondis-je d'un ton enjoué pour lui indiquer qu'il n'avait pas à avoir peur. Merci beaucoup d'être venu si vite !

- Vous avez des nouvelles de Noa ? me demande-t-il finalement.

- Oui, je suis passé à l'infirmerie cet après-midi. Madame Pomfresh a pu faire le nécessaire. Elle devrait être complètement rétablie d'ici une semaine. Il lui faut seulement un peu de repos et de soins pour sa joue.

- D'accord… répond-il un peu mal à l'aise.

- Je voulais seulement te poser quelques questions, lui dis-je enfin. Est-ce que tu sais pourquoi Walkstorn s'en est pris à Noa ? Elle avait déjà eu des problèmes avec lui ?

Je vois à son visage qu'il est soulagé ; visiblement il s'attendait à une autre question. Ce dont il ne se doute pas, c'est que je la lui poserait tout de même plus tard.

- Oui, je sais pourquoi. En fait, Noa est la fille de Augustus Rookwood un fidèle de Celui-dont-on-ne-devait-pas-prononcer-le-nom. Mais elle a refusé de prendre cette voie et de faire parti de cette nouvelle génération de Mangemort… contrairement à Walkstorn, en fait. Depuis il la persécute pour la faire changer d'avis. Heureusement elle ne se laisse pas faire. Mais elle risque gros.

- Je vois, elle est très courageuse d'avoir fait tout cela. Merci beaucoup de m'avoir précisé tout cela.

- De rien, mademoiselle.

Je le vois esquisser un geste pour se lever ; il est mal à l'aise et pressé de quitter ma compagnie. C'est maintenant où jamais... j'inspire rapidement et me lance.

- Excuse-moi si j'abuse de ton temps mais… tu penses vraiment tout ce que tu as dit tout à l'heure à propos de Sirius Black ?

- Oui, dit-il d'une voix étrange, un peu rocailleuse.

Que faire ? Il n'est sûrement pas au courant de tout ce qui s'est passé. Pourtant, je me sentirais un peu coupable de le laisser ainsi dans l'ignorance… Et qui sait si un jour l'innocence de Sirius sera prouvée ? Peut être vaut-il mieux… l'informer…

- C'est un traître, non seulement à sa famille qui était du côté du Bien, mais aussi au monde sorcier entier. Une honte.

- Qui t'a dit qu'il était un traître ?

- Mais voyons... tout le monde la sait !

- Crois-tu vraiment tout ce que le Ministère de la Magie raconte ?

- ... pourquoi ?

- Le ministère avait nié le retour de Voldemort, en 1995, il a menti au monde des sorciers pendant toute une année, il est tombé aux mains des forces du Mal pendant plus d'une année. Le Ministère ment, omet, triche...

- Il y a eu des témoins ! On n'a retrouvé que le doigt de Peter Pettigrow ! Il a fait tuer les parents de votre père !

- Derosus, Sirius était innocent... Il n'a jamais dénoncé mes grands-parents, James et Lily Potter. Ce n'était pas lui leur Gardien du Secret.

Le Gryffondor cesse aussitôt tout mouvement et me regarde interloqué. Ses cheveux noirs lui retombant légèrement en dessous du visage me laisse tout juste entrevoir ses yeux de la même couleur, inquiets.

- Qui ? me répond-il alors avec difficulté, apparemment incrédule.

- Peter Pettigrow, justement. Je ne sais toujours pas comment, mais il a réussi à faire accuser Sirius, notamment en se coupant un doigt... et il a disparu, pendant de longues années. Sirius n'a jamais été innocenté, mais saches que tu n'as aucune honte à avoir de t'appeler Black, bien au contraire. Mon père connaissait aussi son innocence.

- Vous savez ce qu'il est devenu ? me demande-t-il bouleversé.

- … Oui, réponds-je un peu hésitante. Il… il est mort, en aidant mon père… Je suis désolée. Je ne sais pas si tu as entendu parler de l'affaire du Département des Mystère, en 1996…

- Oh… d'accord. Merci beaucoup, mademoiselle.

- De rien. Tu peux y aller, fis-je en souriant doucement. J'imagine que tu as un tas de chose à faire. Bonne soirée.

- Bonne soirée à vous aussi !

Je le regarde sortir de mon bureau d'un pas beaucoup plus léger et souris. Sirius Black est mort, ça, les journaux n'en ont jamais parlé... mais étrangement, on n'avait plus jamais entendu parler de lui à partir de ce moment-là. Quelle tristesse cela avait dû être pour mon père ! Bientôt, un autre visiteur s'annonce, le professeur McGonagall entre et d'un air bienveillant vient s'asseoir en face de moi. Je lui explique alors les événements de la journée, tout ce que je sais à ce sujet, selon sa demande. Elle ne paraît pas vraiment surprise, apparemment, ce n'est pas le premier affrontement de ce genre qui éclate à Poudlard depuis qu'elle occupe le poste de Directrice.

- Il n'y a jamais eu d'accident grave, bien sûr. Mais nous devons toujours rester vigilants. Il a beau avoir disparu à jamais, il arrive encore à semer le trouble et la pagaille dans le monde des sorciers.

- Je surveillerai cela, vous avez raison. Vous voulez d'autres informations ?

- Non, en fait, je venais surtout pour vous parler de Miss Granger.

- Oh…

La peine que je ressens depuis la veille, jour de sa mort, remonte tout à coup à la surface…

- Excusez-moi de remuer tout cela, mais le jour et l'heure de son enterrement ont été fixés. Ça sera jeudi, à dix-sept heures.

- D'accord, merci beaucoup… Jeudi seulement ? Pourquoi autant de temps ? lui demandé-je, trouvant cela étrange.

- Et bien, les Médiccomages veulent effectuer une autopsie assez poussée… afin de vérifier les circonstances de sa mort, et voir s'ils peuvent en apprendre plus sur le sortilège qui lui a été lancé.

- D'accord, je vois, me contenté-je de répondre.

Finalement cette mesure ne m'étonnait pas vraiment ; cela me paraît être une formalité normale après un meurtre… ou un double meurtre ? Les Médicomages craignent que sa mort n'ait été « accélérée » en plus du sortilège premier… comment cela serait-il possible ? Cela voudrait dire que les Mangemorts ont pu pénétrer dans le service hospitalier, ce qui finalement ne serait pas si difficile pour eux… Ou alors ils ont un point de ralliement là-bas, ce qui est encore plus grave. Mais cela me paraît un peu tordu. Et puis le résultat est de toute façon le même, et irrémédiable. Mon esprit dérive progressivement vers flacon qu'elle m'a laissé, puis à mes fouilles dans les archives de l'école. L'adresse des Darklay que j'y ai obtenue. Je dois aller les voir au plus tôt !

- Professeur McGonagall, excusez-moi, je n'ai pas cours demain après-midi, pourrai-je m'absenter de l'école ? J'ai quelques affaires à régler.

- Oui, bien sûr, accepte-t-elle avec un sourire indulgent. Et profites-en aussi pour te reposer. Tu sembles éreintée !

- Merci beaucoup professeur.

- Passe une bonne nuit, Zoëlina.

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J'ai passé une très bonne nuit, sans rêve (du moins pas que je me souvienne) et d'un sommeil profond qui m'a permis de dormir d'une seule traite. Une nuit parfaite. Les cours de la matinée ont passé à toute vitesse, sans incident cette fois-ci, et me voilà déjà sur le point de partir chez moi pour l'après-midi. Enfin plutôt chez les Darklay. L'ancienne adresse de mon père bien en tête, je reviens donc chez moi et appelle un taxi pour qu'il m'emmène au numéro 4 Privet Drive. Mais alors que je termine de me préparer en attendant son arrivée, un coup de téléphone retenti dans le salon. A croire que les gens ont un sixième sens quant il s'agit de téléphoner pile au moment où je suis là et prête à repartir.

- Allo ?

- Ah, Zoëlina ! Je suis content que vous répondiez !

- Andrew ?!?!? m'écrié-je regrettant tout de suite cette étrange expression de joie qui pointe dans ma voix.

- Oui ! On vous a mise au courant ?

- Pour l'enterrement ? dis-je d'une voix tout de suite beaucoup plus triste. Oui.

- Bien. J'aimerai vous voir cet après-midi.

- C'est-à-dire que je m'en vais d'ici quelques minutes. J'ai retrouvé une piste à propos de mon père, et je compte rendre visite à une certaine partie de sa famille que je n'ai jamais connue, cet après-midi.

- A quelle heure ?

- Mon taxi devrait arriver d'ici dix minutes, je suppose.

- D'accord. Je viens avec vous. J'arrive.

- Quoi ? Mais… vous ne travaillez pas cet… ?

Le bip rapide du combiné me fait deviner que c'est trop tard, qu'il a déjà raccroché. Mon seul espoir maintenant pour me tirer de ce mauvais pas est qu'Andrew soit en retard… ou plutôt le taxi en avance. J'attends dans le salon, anxieuse, lorsque, tout juste huit minutes plus tard le taxi en question vient se garer devant chez moi. Je sors donc dans l'intention de disparaître rapidement à l'intérieur, mais j'y ai tout juste mis un pied qu'Andrew arrive, et se retrouve très vite au niveau de la voiture. Il monte à l'intérieur sans plus de cérémonie. Le taxi démarre sans se poser de question, je lui avais déjà donné l'adresse lorsque je l'avais eu au téléphone.

- Bonjour, me dit Andrew avec un léger sourire aux lèvres. Comment allez-vous ? Je suis inquiet !

- Ça va, merci, réponds-je touchée par son attention à mon égard.

- Vous êtes partie précipitamment dimanche. Mais je comprends... C'est pourquoi j'aimerai que vous passiez le moins de temps possible seule. Et j'avais peur que ça n'aille pas cet après-midi, en renouant avec votre passé et celui de votre père. Désolée si je vous donne l'impression de m'imposer.

Que puis-je répondre à cela ? Et comment pourrais-je lui en vouloir ? Je me contente toutefois de sourire ; je suis assez stressée à vrai dire. J'ai peur que quelque chose ne soit révélé devant Andrew ; quelque chose qu'il n'est pas censé apprendre. Comme l'existence d'un monde Sorcier, « par exemple ».

- Dans combien de temps arriverons-nous ? demandé-je au chauffeur.

- D'ici une petite heure probablement. Moins, si jamais il n'y a pas trop de circulation.

- Merci.

Le reste du trajet, Andrew me fait la conversation. Mais j'ai du mal à me concentrer, l'idée de rencontrer les Darklay me rend nerveuse. Nous arrivons enfin, au bout de trois bons quarts d'heure, dans une petite rue proprette, aux arbres bien taillés, aux gazons coupés ras, et aux jardins trop biens entretenus. Je paie le taxi et nous passons le petit portillon de la maison portant le numéro quatre, une maison exactement semblable à toute les autres et parfaitement bien intégrée dans l'ambiance de propreté qui règne ici. C'en est presque effrayant.

- Pas trop peur ? me demande doucement Andrew.

- Morte de trouille, vous voulez dire, lui réponds-je d'une voix un peu tremblante.

Je parviens à trouver assez de courage pour appuyer sur la sonnette de l'entrée et nous attendons, sans un mot, sans un regard l'un envers l'autre. J'ai l'impression que lui aussi stresse pour moi. Nous entendons enfin quelques pas précipités derrière la porte, un trousseau de clefs tinte, on entend la serrure être tournée par deux fois, et on nous ouvre enfin.

- Bonjour… ?

Une femme d'une quarantaine d'années se tient dans l'encadrement de la porte. Ses cheveux mi-longs, raides et blonds sont rassemblés en une queue de cheval plantée sur le sommet de son crâne. Ses yeux bleus trop clairs donnent un air fade à son visage sans couleur si ce n'est celui du maquillage d'un goût médiocre. Un large sourire plutôt vide et marquant l'incompréhension de notre venu s'étire sur son visage ovale et fin. J'effectue un calcul rapide dans ma tête. Mon père lui-même devrait avoir quarante ans, l'âge même que semble avoir cette femme… Elle ne peut pas être sa tante, Pétunia ! C'est impossible.

- Je peux quelque chose pour vous ? demande-t-elle voyant que nous ne disons rien.

- Euh oui, pardonnez-moi. Vous êtes Madame Darklay ? demandé-je quand même dans un vague espoir.

- Ah non, désolée. Je suis Madame Dursley. Il n'y a pas de Darklay ici.

- Pas même dans le voisinage ? questionne Andrew venant à ma rescousse.

- Non, personne de ce nom-là par ici, je suis désolée, vous avez dû faire une erreur.

- Sans doute, dis-je en soupirant de déception et en commençant à reculer pour reprendre le chemin de la sortie. Désolée de vous avoir dérangée, madame

- Ce n'est rien, répondit-elle.

- Attendez ! s'exclame Andrew. Nous venons au sujet de monsieur Potter, peut être le connaissez-vous ou avez-vous entendu parler de lui !

Je me retourne vers lui un peu surprise.

- Hm… Il me semble que me mari en connaissait un oui… Son cousin il me semble. Il ne m'en a jamais beaucoup parlé.

Je remercie Andrew en le gratifiant d'un sourire.

- Excusez-moi, je ne me suis pas présentée. Mon nom est Zoëlina Potter, je suis la fille du cousin de votre mari, et voici Andrew Hodowal, un ami. Peut-être pourrai-je rencontrer votre mari, lui demandé-je poliment. Je pense m'être trompée dans votre nom de famille, excusez-moi.

- Il n'y a pas de mal. Entrez ! Dudley travaille pour le moment, mais il devrait revenir d'ici une heure. Vous pouvez l'attendre ici si vous voulez !

Je regarde Andrew pour savoir si cela lui convient, s'il n'a rien d'autre de prévu et lui-même répond à la femme que nous sommes d'accord. Je le remercie intérieurement pour cette initiative. Nous entrons donc à l'intérieur de la maison, où une douce chaleur nous accueille. Derrière nous, je l'entends verrouiller la porte à double tour.

- Le coin à l'air tranquille pourtant ! Il y a des voleurs par ici ? lui demandé-je en souriant, étonnée de ce surplus de précaution.

- Oh non, mais mon mari insiste pour que je ferme toujours la porte. Il dit qu'il existe des gens trop bizarres pour qu'on laisse la porte ouverte, même quand nous sommes à la maison. Je n'ai jamais vraiment bien compris mais bon… Allez-y, le salon est par ici, dit-elle en nous désignant une pièce sur la gauche.

Je crois comprendre, pour ma part, que le « cher cousin » de mon père craignait un peu une visite surprise de la part de celui-ci… Ou de toute autre personne appartenant au monde Sorcier. Mais ce comportement ridicule ne me fait pas vraiment rire car il signifie aussi que la tâche ne va pas être aisée. La maison est propre, trop rangée, et trop froide pour paraître habitée par des individus un tant soit peu normaux. Aucune étrangeté ne semble être admise ici, aucune chose de travers ; tout est trop à sa place. On croirait une de ces nouvelles maisons prototypes… Je m'y sens mal à l'aise, peut-être a fortiori par ma propre étrangeté au yeux de ce genre de personnes. Après avoir observé le hall, je commence à suivre Andrew, mais je m'arrête cependant à la porte du salon, contrairement à lui. Sur la droite, un escalier. Et dessous, une petite porte, fermée, capte mon attention.

- Zoëlina ?

C'est le placard. Celui où mon père a été logé durant dix années de sa vie, selon les dires du professeur McGonagall. J'en suis certaine ! J'aimerai m'approcher plus, le toucher, toucher ce bois qui renferme la jeunesse de mon père. J'aimerai ouvrir cette porte et m'engouffrer à l'intérieur, et qu'on m'y enferme, dans le noir, comme on l'a fait pour lui. Son lit y est-il toujours ? J'aimerais m'y allonger… Je commence à esquisser un pas dans sa direction, mais la femme m'appelle pour que je vienne m'installer dans le salon. A regret, je m'éloigne donc du placard et les rejoins, m'asseyant aux côtés d'Andrew dans un confortable canapé en cuir de couleur marron foncé.

- Au fait, pourquoi voulez-vous voir mon mari à propos de ce monsieur Potter ? demande-t-elle visiblement piquée par la curiosité depuis le début.

- Eh bien comme je vous l'ai dit, c'est mon père. Il est mort il y a dix-huit ans, et je fais des recherches sur lui. Je pense que votre mari pourrait m'aider. C'est vraiment important pour moi.

- Je suis navrée pour vous. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, reprend-elle, Dudley et lui ne semblaient pas être très proches. Il ne me l'a jamais fait rencontrer et il n'en parlait pour ainsi dire jamais. Enfin, vous verrez cela avec lui. Puis-je vous servir quelque chose ?

- Un thé pour moi, merci, accepte Andrew visiblement à l'aise.

Je demande la même chose et nous nous retrouvons seuls dans le salon, alors qu'elle prépare nos thés.

- Ça va aller ? Je vous sens un peu tendue, me demande-t-il alors de cette voix inquiète qui a tendance à me faire fondre bien malgré moi.

- Très tendue, lui avoué-je. Je ne sais pas comment cela va se passer. Je sais bien que mon père n'a jamais entretenu de bonnes relations avec ce côté-là de la famille. J'ai peur que son mari n'accepte pas de m'aider.

Tout en lui parlant, je me penche un peu en avant pour voir, par l'encadrement de la porte du salon que madame Dursley a laissée ouverte en sortant, le placard de mon père. Il exerce sur moi une étrange fascination, une abstraction incroyable. Il faut que je le voie, que je le touche, que je l'ouvre. Je dois trouver comment y parvenir.

- Andrew, je peux vous demander un service ? demandé après quelques secondes de silence.

- Bien sûr !

- Quand elle reviendra, il faudrait que j'arrive à sortir d'ici en étant sûre qu'elle ne me suivra pas, ou ne m'interrompra pas. Vous pourriez l'occuper pendant ce temps ?

Comme il ne répond pas tout de suite, je m'empresse d'ajouter que j'ai cru voir quelque chose au sujet de mon père et que j'aimerai pouvoir vérifier, ce qui n'est pas un mensonge, après tout.

- D'accord, je ferai mon possible, m'assure-t-il. Mais vous ne feriez pas mieux de demander directement ?

Madame Dursley revient avant que je n'aie le temps de lui répondre, avec toutes sortes de petits gâteaux et trois thés posés sur un large plateau. Elle est plutôt accueillante, contrairement à ce que j'avais eu tendance à penser de la famille de mon père. L'explication réside sûrement dans le fait qu'elle n'en fasse partie que par alliance. Ça ne peut être que ça, oui. Nous buvons tranquillement, en discutant de tout et de rien pour éviter qu'un silence gênant ne s'installe.

- Pourrai-je savoir où sont vos toilettes, s'il vous plaît ? demandé-je en me lançant enfin.

- Oui, prenez sur la gauche quand vous sortez du salon, et encore en gauche, c'est la porte du fond ! Voulez-vous que je vous montre ?

- Merci ça ira, dis-je sans avoir vraiment écouté sa réponse.

Je sors du salon, prends soin de refermer la porte derrière moi afin d'être sûre de ne pas être vue, et m'approche du placard qui se trouve presque en face. Quelques pas en avant et je pose doucement la main sur la poignée, un léger frisson parcourant mon échine. Fermé. Heureusement, nous avions laissées toutes nos affaires dans l'entrée, je peux alors y prendre ma baguette, bien cachée dans une sorte de double fond dans mon sac, et je chuchote un alohomora qui débloque instantanément la porte. Le cœur palpitant, je l'ouvre, mais n'y vois presque rien à cause de la faiblesse de la lumière dans le hall d'entrée.

- Lumos !

Gagné. Je parierais que rien n'a changé ici. Une sorte de lit de camp miteux occupe presque tout l'espace du réduit. Et dessus, un amas d'objets sans grands attraits en première apparence. A croire que Dudley y avait rassemblé toutes les quelques affaires de mon père qui restaient ici, et qu'il avait fermé la porte en la verrouillant à tout jamais. Je commence à brasser les affaires poussiéreuses pour essayer de trouver un indice. Il faut faire vite, je n'ai pas beaucoup de temps. Je pousse quelques jouets minables représentant des figurines de cow-boys et d'indiens, sûrement les anciens jouets de Dudley que mon père avait dû malencontreusement toucher, ce qui devait en faire des objets maudits à ses yeux d'enfant gâté. Quelques feuilles de parchemins recouvertes de sortilèges qu'on apprend durant la première année d'étude à Poudlard et d'autres objets peu importants. Cependant, une enveloppe attire mon attention. Elle n'est pas adressée à mon père, mais à Dudley Dursley. Je la retourne et voit que l'expéditeur a écrit son nom… et cette fois-ci c'est mon père. Mais je commence à paniquer en croyant entendre un bruit provenant de l'extérieur.

- Ah le voilà ! Il ramène nos deux enfants de l'école, vous allez pouvoir rencontrer tout le monde ! entends-je la femme dire à Andrew.

- Merde, murmuré-je pour moi-même.

Je n'ai plus le temps. Je lâche la lettre en rageant et me précipite pour fermer la porte du placard.

- Nox !

J'entends les bruits de pas au dehors se rapprocher. Vite je fourre ma baguette dans mon sac, le referme alors que j'entends la clé s'introduire dans la serrure. Un tour. Je repose mon sac et commence à me rediriger vers le salon. Deux tours. La porte s'ouvre, je me retourne sachant que de toutes façons je n'ai plus le temps de retourner dans le salon. Au moins, je suis assez bien placée pour faire croire qu'effectivement je reviens des toilettes. Les deux enfants qui précédaient leur père se mettent à crier, pensant sans doute que je suis une voleuse, ou je ne sais quoi encore, et l'homme sursaute.

- Qui êtes-vous ? Que faîtes-vous ici ?

- Excusez-moi, votre femme est dans le salon, elle sait que je suis ici, dis-je aussitôt pour le rassurer.

Sans un mot il entre donc, ses enfants, une fille et un garçon qui ressemblent de toute évidence plus à leur mère qu'à leur père (et heureusement), se précipitent dans l'escalier pour, très certainement, se réfugier dans leur chambre. Lui, par contre, pose ses affaires rapidement, d'une main un peu tremblante et s'approche de moi. Arrivée à moins d'un mètre, il s'arrête et me détaille le visage, ses sourcils se fronçant de plus de plus, et prend un air renfrogné. Il a une quarantaine d'années lui aussi, des moustaches proéminentes et complètement rétro, un visage rougeâtre, des cheveux blonds et courts qui commencent à grisonner, des petits yeux enfoncés dans leurs orbites. De manière générale, on dirait un homme à qui un sorcier aurait fait une blague de mauvais goût en voulant le transformer en porc, mais qui aurait raté son sort, de manière irrémédiable.

- Hum, grommelle-t-il. C'est bien ce que je craignais.

- Pardon ? lui demandé-je offensée.

- Partez d'ici. Je ne veux pas avoir affaire avec votre famille ! éructe-t-il.

- ... C'est pourtant aussi la votre ! lui lancé-je en retour après avoir été désarçonnée pendant plusieurs secondes.

- Non, pas lui. Il n'a jamais fait parti de ma famille.

- S'il vous plaît, j'ai juste quelques questions à vous poser, ça ne sera pas long !

Mais nous sommes interrompus par sa femme qui ouvre la porte du salon.

- Duddy ? Tout va bien ? s'inquiète-t-elle.

- Pourquoi l'as-tu fais entrer ?

- Mais je… elle voulait juste te parler de son père ! répond-elle apeurée.

- Je m'en contrefiche de son père, je ne veux plus entendre parler de lui !!! C'est bien clair ? ajoute-t-il en se tournant vers moi.

Alors que je commence à me recroqueviller sur moi-même, Andrew qui n'était pas encore venu dans le hall passe l'embrasure de la porte et pose sa main sur une de mes épaules, comme pour me donner courage.

- Bonjour monsieur, dit-il poliment.

Mais Dudley continue à me fixer, sans lui accorder plus d'importance que ça.

- Je ne vous ennuierai pas longtemps, lui assuré-je dans un dernier espoir qu'il daigne m'écouter.

Sans un mot toujours, il passe dans le salon et sa femme nous fait signe de le suivre, qu'il veut bien m'écouter pour un court instant. Sa femme s'empresse d'aller lui servir un café pendant qu'il assoit son gros derrière dans le fauteuil le plus éloigné du canapé sur lequel nous sommes.

- Alors ? demande-t-il abruptement.

- Voilà, je m'appelle Zoëlina Potter, je suis la fille de Harry…

- Ça je m'en serais douté… grogne-t-il en signe d'impatience.

- … eh euh… il est décédé quand j'avais quatre ans, continué-je sans me préoccuper de son interruption.

- Oh… je ne savais pas, dit-il visiblement un peu troublé malgré tout par cette nouvelle. Comment est-ce arrivé ?

Zut ! Comment répondre à cela devant Andrew et sa femme ? J'essaie de réfléchir à toutes les solutions, mais je n'en vois vraiment aucune. Mais étrangement, c'est Dudley lui-même qui me vient en aide, à sa manière.

- Enfin soit, je m'en fiche après tout. Que voulez-vous savoir ?

- Je fais des recherches sur lui, sur les circonstances de sa mort justement, et j'essaie de retrouver les personnes et les lieux qui ont eu un rapport avec lui par le passé. Je voulais vous demander si vous aviez des informations pour moi, à son sujet.

- Je n'ai pas grand-chose à vous dire. Il a passé dix ans ici, à partir de ses un an, ensuite il ne venait plus que pour les vacances d'été, le reste du temps il était dans son école de cinglés. Et puis à ses dix-sept ans il est parti et je ne l'ai jamais revu.

C'est le moment de voir s'il est honnête avec moi.

- Vous ne vous êtes jamais contacté par la suite ?

- Non, nous n'avions plus rien à voir ensemble, m'assure-t-il.

Pas vraiment concluant. Je suis pourtant certaine qu'il connaît l'existence de cette lettre dans le placard de mon père, et que c'est lui-même qui l'y a mise.

- Et vous ne saviez donc rien de sa mort ?

- Vous venez de me l'apprendre. Je ne peux rien faire pour vous.

Gentille façon de nous mettre à la porte ; il est peut-être un plus courtois que ses parents, si j'en crois ce qu'ont pu me raconter Hermione et le professeur McGonagall.

- Mais que ce soit bien clair, une fois que vous aurez passé le pas de cette porte, je ne veux plus jamais entendre parler de vous. Je ne veux plus recevoir de visites de votre bande de cinglés chez moi ! C'est bien compris ? se met-il à nous menacer en prenant une teinte rougeâtre, presque violacée.

- J'ai compris. Mais nous ne sommes pas des cinglés.

- Si. Et lui ? C'en est un aussi ? demande-t-il en montrant Andrew d'un geste dédaigneux du menton.

Alors que je m'apprête à lui répondre que non, je sens Andrew se pencher un peu en avant, prêt à lui répondre.

- Oui, j'en suis un.

Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Un quoi ? Un sorcier ? Andrew ??? Je le regarde avec ahurissement. Non, c'est impossible, cela ferait longtemps alors qu'il m'en aurait parlé. Je doute que dans le monde sorcier quelqu'un ignore qui je suis rien qu'en me regardant... Mais cela semble aussi faire de l'effet à Dudley qui paraît rentrer aussitôt dans sa coquille. Je me rends compte dès lors que la situation est devenue très dangereuse. Comme il pense désormais qu'Andrew est aussi un sorcier, il pourrait se mettre à évoquer la Magie et notre monde plus librement. Or je n'ai aucune envie de jeter de sortilège d'amnésie à Andrew… Car quelque part j'en souffrirai. Réagir, vite. Je saisis un papier qui traînait sur la table, de même qu'un crayon et griffonne mon numéro de téléphone, puis le tend à Dudley.

- Si jamais vous vous souveniez de quelque chose, pourriez-vous m'appeler à ce numéro ? Je suis absente la semaine mais n'hésitez pas à laisser un message.

Comme il ne le prend pas, je remet le papier sur la table, puis me lève.

- Allons-y Andrew, je ne voudrai pas que nous dérangions… même si c'est un peu tard.

Cependant, il ne nous décroche plus un seul mot, alors sa femme, gênée, nous reconduit à la porte d'entrée.

Je suis vraiment désolée pour vous, me dit-elle sur le ton de la pitié une fois que nous sommes de nouveau sur le seuil de la maison.

En sortant, j'ai jeté un nouveau coup d'oeil sur la porte du placard de mon père avec un léger pincement au coeur.

- Je vous en prie. C'est moi qui suis désolée, j'espère ne pas avoir créé de tensions entre vous, lui réponds-je avec un sourire.

- Ne vous en faites pas pour cela. Bonne journée.

Et elle referme la porte derrière nous qui nous éloignons déjà dans l'allée. Je n'ai pas de téléphone portable, mais Andrew, lui, si. Il contacte alors un taxi pour nous ramener à mon appartement. Nous nous installons dans la voiture, renseignons le chauffeur en lui donnant mon adresse et la voiture s'élance.

- Vous ne m'aviez pas dit, murmuré-je à Andrew d'une voix un peu timide.

- De quoi ? me demande-t-il en souriant.

- Eh bien ce qu'a dit Dudley... que vous étiez un...

- Ah ! Oui ! m'interrompe-t-il.

- Je ne savais pas. Vous auriez pu me le dire !

Il se met à rire aux éclats, me plongeant dans l'incompréhension totale.

- Mais maintenant vous le savez, je suis cinglé ! Je ne sais pas en quoi votre père l'était, mais moi aussi je le suis, je peux vous l'assurer.

Je ne peux m'empêcher de froncer les sourcils. Je ressens de plus en plus l'impression d'un mal entendu. Il faut éclaircir ça au plus vite, avant que je ne fasse une bourde.

- Excusez-moi, mais… en quoi êtes vous cinglé ?

Son air se fait un peu plus grave, seul un mince sourire un peu triste subsiste sur son visage aux traits si doux.

- Cinglé d'aimer une femme qui en aime un autre, dit-il tout simplement.

Je n'ai aucune peine à comprendre qu'il s'agit de moi, simplement par notre situation, mais aussi par le regard qu'il pose sur moi, protecteur, aimant, mais mélancolique. Je suis gênée, d'autant plus que je ne sais toujours pas quelle est la nature de mes sentiments pour lui… ni pour Stephen, d'ailleurs.

- Peut-être… peut-être que cette femme ne sait pas très bien où elle en est, et qu'elle est en train de faire une erreur, lui intimé-je doucement.

- Je ne peux, ni ne veux l'obliger en rien. Pour le moment, je suis là pour elle, je veux qu'elle soit heureuse, même si ça fait mal. Je ne peux pas m'imposer à elle... enfin pas plus que je ne l'ai fait cet après-midi ! ajoute-t-il en riant.

Je ne trouve plus rien à lui dire. Je ne veux même plus lui dire quoi que ce soit, car je sens mon cœur osciller dangereusement. Un sourire esquissé, et je me remets droite sur mon siège afin de regarder devant moi. Le reste du voyage se fait en silence, et à peine une heure plus tard nous arrivons devant chez moi.

- Vous voulez entrer, boire ou manger quelque chose, lui demandé-je ?

- Merci, ça va aller… dit-il un peu gêné. Je crois qu'on vous attend, je ferais mieux de ne pas tarder.

Je me retourne juste à temps pour voir un pan de rideau retomber derrière la fenêtre de mon salon. On dirait que Stephen est là depuis un petit moment à m'attendre. Peut-être que je n'aurai pas dû lui donner un double des clés, il a toujours eu tendance à être un peu trop envahissant, et ce dès le jour où nous nous sommes rencontrés.

- Merci beaucoup de m'avoir accompagnée, heureusement que vous étiez là.

- Je vous en prie, c'est normal, m'assure-t-il dans un demi sourire. Passez une bonne soirée.

Je serre la main qu'il me tend, alors qu'une sensation étrange me parcoure au contact de sa paume si douce et si chaude. Puis nous nous retournons et je remonte la petite allée sans me retourner, au cas où Stephen regarderait encore à l'extérieur. J'ai à peine le temps de mettre ma clé dans la serrure que la porte s'ouvre et Stephen me soulève, referme la porte derrière lui et me porte sur le canapé du salon. Je suis plutôt surprise, je m'attendais à un accueil plutôt froid et lourd de reproches…

- Bonsoir ma douce ! Tu m'as tellement manquée cette semaine ! Je pensais te voir plus tôt aujourd'hui : c'est pour ça que je suis déjà là !

- Oui, je suis désolée, lui répondis-je en l'embrassant, heureuse de le retrouver. J'ai un peu avancé dans mes recherches sur mon père, et je me rendais dans une branche de sa famille… assez éloignée finalement, et qui n'a pas pu beaucoup de renseigner, lui avoué-je.

- Et pourquoi l'infirmer t'a accompagné ? continue-t-il avec la pointe de jalousie que j'attendais dans la voix.

- Il est arrivé au moment où je partais… mais heureusement qu'il est venu, tu sais. L'homme là-bas n'était pas très aimable, j'étais contente de ne pas être toute seule !

- Tu aurais dû m'appeler je serais venu avec toi ! s'exclame-t-il.

Je laisse planer un petit silence, surprise de n'avoir pas pensé à cette éventualité.

- Oui, c'est vrai…

Je ne trouve rien d'autre à dire… peut être parce que ma raison me dit qu'après tout, Andrew en sait plus sur mon père que lui, et qu'il était donc normal que ce soit lui qui m'accompagne et non Stephen, alors que mon cœur, lui, me dit que je n'avais pas vraiment envie que lui m'accompagne… et que j'étais bien aise que ce soit Andrew. Mais je n'aime pas penser cela. C'est laid. Je n'aime pas tromper les gens, en amitié, en amour ou en quoi que ce soit… et c'est ce que j'ai l'impression de faire en pensant des choses comme ça.

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Me voici déjà de retour à Poudlard. Dans ma chambre, qui me servait de repère secret durant mes études, je corrige les parchemins que j'avais donnés en devoir du soir, sur les effets de la Pierre de Lune et de l'argent sur les loups-garous. Ils sont plutôt bien réussis dans l'ensemble et en professeur satisfait, je m'étire à l'extrême sur ma chaise, manquant presque de glisser à terre. Après une rapide toilette, et un déshabillage éclair, je me glisse dans mon lit et ouvre un livre de poésie Moldue, car j'y avais pris goût en tant qu'enseignante dans des classes primaires, aux côtés d'Andrea.

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Poète prends ton luth ; c'est moi, ton immortelle,

Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux,

Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle,

Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux.

Viens, tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire

Te ronge, quelque chose a gémi dans ton cœur ;

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Mais mon esprit dérive très rapidement pour s'axer sur Stephen. Je repense à notre soirée, hier… il a tenu à rester, nous ne sommes pas montés dans ma chambre mais sommes restés sur le canapé, dans le salon. Je ne sais pas pourquoi je rebute à ce que nous allions à l'étage… peut être la peur qu'il voie ça comme une invitation. Hier soir, j'ai dû retenir ses gestes, il commençait à devenir un peu trop pressant pour moi. Je ne veux pas. Je veux qu'il continue à ne rien se passer de plus que nos gestes d'affection et nos embrassades. Je ne veux pas aller plus loin. C'est étrange, j'ai pourtant pour lui… une grande affection, de la tendresse, de la sympathie, une certaine attirance…

Quelque amour t'est venu, comme on en voit sur terre,

… mais de l'amour ?

Aussitôt ce mot pensé, l'image d'Andrew s'impose à moi… et d'une manière trop violente, trop évidente.

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Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur.

Viens, chantons devant Dieu ; chantons dans tes pensées,

Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées ;

Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu.

Eveillons au hasard les échos de ta vie,

Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie,

Et que ce soit un rêve, et le premier venu.

Inventons quelque part des lieux où l'on oublie ;

Partons, nous sommes seuls, l'univers est à nous.

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Alors que ma gorge se serre subitement et que je sens des larmes s'échapper de mes yeux, je jette le livre de poésie. Par terre La nuit de Mai. Par terre Alfred de Musset. D'une pensée, j'éteins la lumière et, sur allongée sur le ventre, je remonte les couvertures par-dessus ma tête. C'est comme ça que je me couchais pour dormir, à l'orphelinat, alors que j'avais peur… hantée par tant de souvenirs ou de leur manque même.

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Demain, c'est l'enterrement d'Hermione. Une page se tournera.

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FIN DU CHAPITRE

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9 chapitres sur 17 de publiés... ça file, ça file !! Dès que j'aurais un peu plus le temps, il faut que je reprenne l'écriture du chapitre 14, sinon je vais finir par être dépassée O.o" N'hésitez pas à me donner votre avis sur cette fic ou sur un chapitre plus particulièrement, ça me ferait énormément plaisir !! Merciiiiiiii :x

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owitchygirl/karine : Merci :p Pourquoi frapper Rogue où ça fait mal ? o J'espère que ce nouveau chapitre t'a plu ! Donne-moi ton avis et tes impressions ! ;) Merci beaucoup pour toujours m'envoyer une gentille review :x A bientôt !!!