Muarf... Il ya 2 ou 3 situations que j'adore décrire... Le premier baiser... Ce qu'éprouvent les artistes en faisant leur métier... Les confidences... Et les disputes XD. C'est comme ça, j'y peux rien, je suis passée en mode 'sadique' pour ce chapitre :). Alors ne me faites pas de mal, promis, je me rattraperai. En plus, outre Nakamaru, le pauvre Kame passe vraiment pour je ne sais pas quoi... Moi qui l'adore... TT. Heureusement que je me suis fait plaisir avec Ueda, qui a son heure de gloire XD
L'ambiance s'était nettement refroidie, dans le coin. Le local des KAT-TUN avait pris des allures de grand conseil, tout à coup. Ce n'était pas encore l'Inquisition, mais malgré tout... Tous assis autour de la table, dans le silence le plus complet. Certains les bras croisés, d'autres les coudes en appui sur la table, le menton calé dedans... Et Nakamaru qui se frottait nerveusement les cuisses à se les faire chauffer, trainant un mal de ventre proportionnel au stress qu'il éprouvait. Bien sûr qu'il voulait leur dire, il y avait déjà pensé... Mais pas comme ça ! Là, il n'avait rien préparé, rien eu le temps de prévoir... Il fallait improviser. Et le silence commençait à devenir pesant, lourd même... Ce fut Jin qui le brisa le premier :
Euh... Qu'est-ce que tu entendais par 'entre Tetsu et toi' ? Je veux dire... Je suis le seul ici à m'imaginer... ?
Sa voix mourut dans sa gorge. C'était idiot, comme approche : à l'évidence, il n'y avait pas 36 interprétations possibles... Et ses camarades pensaient à la même chose que lui. Mais il en était resté au fait que Nakamaru et Tetsu avaient fini par sympathiser, après des débuts difficiles, et voilà tout. Jamais il n'aurait pensé... Il se remémora le comportement inexplicablement heureux de leur ami ces derniers temps... Son aller et retour pour aller voir ce concert... C'était aussi facile que d'additionner 2 + 2, tout ça... Cependant... Nakamaru ? Etre avec un homme ? Et pas n'importe lequel, surtout. Tetsu, le même qu'ils avaient reçu à leur émission ? Vraiment ?... Pour autant, Jin était un homme simple, qui n'avait pas de grands principes ni d'idées toutes faites. Il partait du principe que si la personne en face de lui sait ce qu'elle fait, où elle va, et si elle est heureuse, alors ça lui va. Mais il voulait tout de même être sûr...
Je... commença Nakamaru, se sentant tellement écarlate qu'il crut que sa température crevait le plafond, désormais. Je... Ce que j'ai dit... A quoi bon le nier ? On... On est ensemble.
Il s'arrêta, comme si le dire à voix haute, malgré la situation, le rendait heureux. La gêne repris le dessus 5 secondes plus tard, mais l'espace d'un instant, il sourit, heureux de se l'entendre dire et heureux que ça soit vrai. Mais il n'était pas dans un film, où il pourrait aller le crier sur tous les toits de manière héroïque. Là, il pouvait seulement attendre le verdict.
Et... poursuivit Jin, tu... Vous... Ca fait combien de temps ?
Le soir où je suis allé les voir à Saitama...
Quelques jours, donc, conclut l'autre.
Nakamaru hocha la tête, se croyant au bord de l'évanouissement. Du calme, allons. Il allait leur expliquer, en parler, et ça passerait. Ils étaient ses amis, ils ne pouvaient qu'accepter. Et s'ils n'y arrivaient pas, et bien... Mieux valait ne pas y penser pour l'instant. Oui, mieux valait ne pas y penser, surtout que Kame n'avait visiblement pas digéré ce qu'il avait vu. Par égard pour Tetsu, il avait sans doute pris sur lui tout à l'heure, pour se ressaisir un instant, mais là...
Excuse-moi si je suis brutal, Naka-chan, mais... commença-t-il.Tu te rends compte de ce que tu es en train de faire ?
Q... Quoi ?
Mais enfin, Tetsu-kun n'est pas un parfait inconnu. Il est célèbre, je ne t'apprends rien ! Et toi, tu l'es aussi ! Je veux dire... Les gens... Les médias... Tu y as pensé ?!
Non... Je... J'ai... On n'y a pas pensé.
Non, il n'y avait pas pensé. Il n'avait pensé à rien d'autre qu'à Tetsu. A sa voix, à sa musique, à ses mots, à ses baisers... Il n'avait pensé qu'à son petit nuage, son monde parfait, son cocon qu'il se construisait doucement avec la personne qu'il voulait... Mais pouvait-il expliquer ça à Kame ? Heureusement, il lui restait un allié fidèle dans la place : Koki. Koki, qui releva la tête au ton de la voix de son meilleur ami, qu'il connaîssait bien. Emotif comme pas deux, toujours les nerfs à fleur de peau, Nakamaru était encore un enfant par certains côtés, il le savait. Il le savait également très sensible. Et cette petite voix ne lui disait rien qui vaille, aussi résolut-il de réagir :
Enfin, Kame ! Il débute une histoire avec quelqu'un, tu crois que sa priorité a été de penser au 'qu'en dira-t-on ?'. Ce n'est pas à ça qu'on pense, quand on trouve quelqu'un !
Mais bon sang, ce n'est pas 'quelqu'un' ! fit Kame en haussant la voix. 'Y a que moi que ça fait disjoncter, ou quoi ?! Acheva-t-il en regardant tour à tour ses camarades.
Non, déclara Junno, qui n'avait encore rien dit. Je veux dire... Excuse-moi Naka-chan... Ca n'a rien à voir avec le fait qu'il soit un homme et tout ça... Ca, je m'en fiche, même si j'avoue que c'est surprenant. Mais Kame n'a pas tort : tu as songé à l'impact que ça aura non seulement sur vos carrières respectives, mais carrément sur vos vies ?
'Vos vies'... N'exagères pas... intervint Jin en levant les yeux au ciel.
Oui forcément, lui lança Kame, toi, tu prends tout à la légère.
Parce que monter sur ses grands chevaux c'est mieux, d'après toi ? Oh mais j'oubliais : Kame détient la science infuse... persifla Jin, visiblement pas décidé à se laisser marcher dessus.
Retire ce que tu as dit ou...
Arrêtez ça ! Intervint brusquement Ueda en se levant. Non mais où vous allez, là ? Vous allez vous engueuler maintenant ? Plus que jamais, l'instant est mal choisit. S'il vous reste des différends, vous les réglerez plus tard, et seuls. Ne nous mettez pas dans vos histoires d'orgueil mal placé !
Là, tous se tournèrent vers lui, le 'leader officiel', supplanté médiatiquement par les deux autres... Il l'ouvrait rarement, mais son calme était toujours étonnant, même lorsqu'il était en réalité hors de lui... Et personne ne songea à le contredire, sur le coup. Nakamaru le remercia intérieurement, se sentant à deux doigts de craquer. Il ne supporterait pas qu'on se dispute à cause de lui. Quand bien même c'était fréquent entre Kame et Jin, il ne voulait pas en être le point de départ.
Ok... soupira Kame. J'suis désolé.
'Moi aussi... répondit Jin du bout des lèvres.
Bon, parfait, fit Junno, lassé de leurs éternelles querelles. Ecoute, Yui-chan. Dans un groupe d'amis 'normal', tout ça ne nous regarderait en rien, je le sais bien. Mais là, on est tous dans le même bateau, tu vois, et...
Je sais ça ! s'écria Nakamaru. Je n'ai jamais voulu vous faire du tort, je vous le jure ! Mais je n'y ai pas du tout pensé, je dois bien le reconnaître... Je savais juste que... Je voulais être avec lui. Je n'ai rien fait pour que ça arrive, mais quand le moment est venu, je n'ai même pas songé à dire non, puisque je le veux...
Bon sang, mais qu'avait-il fait de mal, au juste ? Il n'y comprenait plus rien. Il était sur le banc des accusés, et pour quel crime, au fait ? Bien sûr, on ne l'accusait pas directement, mais enfin, on ne pouvait pas non plus dire qu'il était soutenu... Sa seule erreur avait été de tomber sous le charme de quelqu'un d'autre, et de se laisser porter par les mêmes vents que lui. Et jusque là, il flottait... Mais l'attérissage promettait moins de douceur... Et tout s'entrechoqua dans sa tête, comme une cassette enclenchée sur un retour rapide, d'où il percevait des images et des phrases. La tête de Kame quand il les avait surpris... Les paroles de Kame... Les mots de Tetsu, qui lui avait échappé... Il en avait mal à la tête, tout d'un coup. Et c'est de manière distraite qu'il écouta la suite, tout d'abord.
Et si... continua prudemment Junno, je ne veux pas te heurter, surtout pas, hein... Mais supposons, j'ai bien dit supposons... que ce ne soit pas ce que tu crois ?
Comment ça ? Demanda Nakamaru, pas sûr de bien comprendre.
Je veux dire... Je sais l'admiration que tu as pour Tetsu-kun, et depuis longtemps. Je sais aussi qu'il est vraiment quelqu'un de bien. Et serait-il possible qu'en devenant son ami, tu aies... confondu ? Je veux dire... Peut-être que ça te passera, et...
Tu parles comme si j'étais malade... murmura Nakamaru d'une voix blanche.
'Ca te passera' ? Et avec quel traitement est-ce qu'on 'guérit' de ça ? Il existe une méthode, pour 'désaimer' quelqu'un ? Ah, la bonne nouvelle... Ecoeuré, Nakamaru sentit la moutarde lui monter au nez, et il se préparait une colère telle qu'il n'en avait jamais connu... Pas contre Junno spécialement, mais contre eux tous. Contre eux, qui ne réagissaient pas comme il le voulait -mais Nakamaru était trop énervé pour comprendre certains comportements, qu'ils prenaient comme des jugements-. Contre Tetsu aussi, tant qu'à faire. Contre lui-même, qui laissait son angoisse prendre le dessus et l'empêchait de leur dire leurs quatre vérités, à tous.
Non, Naka-chan, répondit Junno. Je ne me suis pas bien exprimé, ce que je voulais dire, c'est que...
Je sais bien ce que tu veux dire ! Éclata-t-il. Ne tournez pas autour du pot comme ça, dites franchement que ça vous dérange, que je sois avec lui ! Mais dites-le !
Du calme Yui-chan, personne n'a dit ça... dit Koki d'une voix posée.
Il ne servait à rien d'intervenir maintenant. Il avait manqué le coche. Nakamaru était en colère maintenant, et il ne se calmerait pas. Il attendrait que le débalage soit terminé pour tous les envoyer sur les roses et s'occuper de lui.
Moi je le dis.
Kame ?! Interrogea Koki.
Je suis désolé, mais il a dit qu'il voulait qu'on soit honnêtes, non ? Moi je le dis : je suis contre. Ca ne changera rien, peut-être bien, mais je m'oppose à... votre histoire.
Et pourquoi, s'il te plaît ? Demanda Koki, se demandant s'il n'allait pas lui en coller une, juste pour le plaisir.
J'ai mes raisons.
D'accord, on pouvait très bien avoir son avis sur la question... Mais venant d'une personne à l'esprit aussi ouvert que Kame... et qui aimait beaucoup Tetsu, qui plus est. Pas une personne autour de la table ne compris sa position aussi extrême, et le silence gardé sur ses motivations. Le cauchemar continuait pour un Nakamaru qui serrait les poings, qui sentait la colère le submerger à tel point qu'il en tremblait. Et Jin revint à la charge, pour faire oublier les dires de Kame :
Bon, euh... ok... Mais dis-moi, Naka-chan... Tu l'aimes ?
Bon, moi je me casse.
Ueda venait de parler. Il s'était levé tranquillement, avait remis sa chaise en place, et lancé cela comme s'il leur disait une banalité.
Attends Ueda, tu nous fait quoi, là ? Demanda Koki en attrapant son bras.
Ce n'était pas après lui que leur 'leader' en avait, aussi se contenta-t-il de lui signifier qu'il pouvait le lâcher, avec un regard. Mais il regarda tour à tour Kame, Junno et Jin, avec un regard si méprisant que chacun d'entre eux sentit qu'ils allaient en prendre pour leur grade. Effectivement, il cria presque :
Je m'en vais avant de m'énerver et d'en prendre un pour cogner sur l'autre ! Vous êtes... Vous êtes... méprisables. Tous ! L'un qui s'y oppose, mais de quel droit ?! De quel droit ! Hurla-t-il en regardant Kame, qui baissa la tête. L'autre qui demande des détails croustillants, parce que sa vie affective est tellement pauvre qu'il a besoin de celle des autres, les magazines people ne lui suffisant plus...
Hé ! Protesta Jin, qui se sentit visé -et il n'avait pas tort-.
... L'autre, poursuivit Ueda à l'adresse de Junno, qui se permet de jouer les psychologues de bas étage pour décripter les sentiments de Naka-chan, sentiment qu'il n'a peut-être même pas encore défini lui-même. Tous, vous ne valez pas mieux les uns que les autres ! Ca ne nous regarde pas ! Tout ça, si Nakamaru veut en parler, on devrait s'y intéresser comme des amis, comme lorsqu'on le fait quand l'un de nous a une copine, pas agir comme un tribunal !
Ils n'en menaient pas large, c'était sûr. Koki se retint d'applaudir ou d'aller l'embrasser. Lui n'était pas doué pour ça, il n'aurait jamais pu le dire aussi clairement... Mais Ueda avait parlé en son nom et en celui de Nakamaru. Néanmoins, Kame et son sang-froid, ainsi que son amour-propre, revinrent à la charge :
Ca te va bien, de parler comme la justice descendue de son socle, mais je te rappelle, au risque de passer pour l'horrible matérialiste du groupe, qu'on a un contrat. On ne doit pas se montrer avec nos copines, c'est comme ça. On le savait, non ?
Quand tu auras autre chose qu'un tiroir-caisse à la place du coeur, Kame, alors tu viendras me trouver, et là on pourra discuter, lui rétorqua Ueda avec un regard si méprisant que Kame en rougit. Nakamaru-kun, écoute-moi : si tu as besoin, tu sais où me trouver. Et sache que moi, je suis juste heureux pour toi. Tetsu-kun est quelqu'un de formidable, et je suis sûr qu'il sera parfait pour toi.
Nakamaru, déconnecté depuis longtemps, compris toutefois et hocha la tête en souriant. Puis Ueda joignit le geste à la parole, et s'en alla, comme annoncé plus tôt. Sa seule intervention, et celle de Koki également, ne suffirent pas à remonter le moral de Nakamaru, qui s'enfonçait plus qu'autre chose. Il se leva à son tour, avec le réel besoin de rentrer chez lui, de se rouler en boule dans son lit et de dormir. Et ses yeux devinrent humides tout à coup, puis les larmes s'en échappèrent. Pas que Junno ou même Jin aient été réellement désagréables, mais Kame... Et toujours les mots de Tetsu qui martelaient sa tête, qui allait exploser... La colère laissait doucement place à l'abattement le plus total. La seule chose certaine à l'heure actuelle, était qu'il ne voulait pas rester ici. Se rendant compte de la façon dont ses propos avaient été interprété et de l'état de son ami, Kame voulut s'expliquer :
Naka-chan, attends... Ne vas pas croire...
Je ne crois rien, Kame. Rien du tout. Je sais juste que je n'ai pas envie de te parler pour le moment. Ni à toi, ni à personne.
Tant de lassitude dans sa voix, que Koki foudroya ses camarades du regard. Il ne put que regarder Nakamaru quitter la table. Il lui lança son regard qui disait 'je peux venir avec toi, on va en discuter', et Nakamaru lui signifia que non, il ne voulait pas qu'il le suive, cette fois. Mais parce qu'un dernier zeste de rage subsistait, Nakamaru se retourna avant de quitter le local, et lança :
Vous savez... Je viens à l'instant d'y penser, à ce 'qu'en dira-t-on ?'. Ca me fait une peur incroyable, c'est certain. Mais je n'abandonnerai pas. J'en suis bien incapable, et je ne le veux pas, de toute façon... Alors 'opposez-vous'. Moi je m'en fiche, je n'ai jamais été aussi bien avec personne, et on ne m'enlèvera pas ça.
Au moins, c'était plein de panache... Ca aurait même été excellent, si Nakamaru ne pleurait pas à chaudes larmes, épuisé nerveusement. Il sortit, décidé à rejoindre son refuge et à effacer cet instant de sa tête, au moins pour un moment...
L'obscurité tombait sur Tokyo, alors que le jeune homme était toujours au même endroit, depuis des heures. Assis sur le toit, les bras passés autour de ses jambes repliées, il avait le nez en l'air depuis un bon moment. Il attendait que les étoiles arrivent, et en attendant, il s'était contenté des nuages... Ce n'était pas si mal. Il était calmé, maintenant. Juste abattu. Il n'entendit pas des pas derrière lui, ne s'apercevant d'une présence que lorsqu'on s'assit à ses côtés. Tetsu l'avait trouvé sans peine, quand il avait sonné à sa porte et qu'on ne lui avait pas ouvert... Savoir où il était relevait d'un jeu d'enfants. Surpris, Nakamaru lui adressa un sourire et demanda :
Comment tu as pu arriver là ?
Parce que tu crois être le seul à pouvoir te procurer un passe-partout ? Lança Tetsu, fier de lui.
Nakamaru sourit. Ca faisait du bien de le voir. Sa présence lui faisait toujours du bien, après tout. Et là, il en avait vraiment besoin, de se sentir bien. Quant à Tetsu, nul besoin d'être grand psychologue pour comprendre, avec la petite mine qu'il avait, que ça ne s'était pas passé exactement comme il l'aurait voulu...
Tu veux me raconter ? Demanda-t-il doucement.
Pour que tu déprimes avec moi ? Je ne crois pas, non...
Trop tard... A te voir comme ça, ça ne me réjouit pas, je t'avouerai...
C'est qu'il y avait quelque chose de déstabilisant, dans le fait que Nakamaru ait un air triste. Son visage n'était pas fait pour ça, tellement on avait l'habitude de le voir joyeux... Et Tetsu n'aimait pas ça. Alors, Nakamaru lui raconta tout. Ce dont il se souvenait, du moins. Et de rapporter ce qu'il avait vécu, loin de le soulager, lui fit plus de mal encore. A la fin, il ne savait même plus quoi dire pour conclure. Il était juste fatigué. Alors Tetsu passa un bras autour de ses épaules pour l'ammener contre lui et lui caresser la tête en chuchotant :
Ca va aller, t'en fais pas... C'est normal que tu ne te sentes pas bien... Mais ça va aller...
Tu dirais ça toi, si Yukihiro-san, Ken-san et Hyde-kun t'avaient traîté comme ça ?
Touché. C'est sûr, à y penser, Tetsu le prendrait vraiment mal. Si ses amis à lui avaient tenu ce genre de discours, il serait franchement enragé, à l'heure qu'il est... Mais parce qu'il était moins impliqué justement, il pouvait analyser la situation plus froidement, et se montrer objectif.
Yuichi... Je pense que demain, tu devrais aller leur parler à nouveau...
C'est déjà fait et tu as vu ce que...
Non, j'ai dis leur parler, insista Tetsu en s'écartant de lui pour le voir. A t'écouter, tu les as laissé parler. Toi, tu t'es juste énervé. Je comprends tes réactions, sois-en sûr, mais tu dois t'exprimer. Pas te défendre ni contre-attaquer, mais t'exprimer. Ne sois pas aussi impulsif. On peut comprendre que l'avenir de votre groupe les préoccupe...
Je sais... reconnut-il. Je sais que je n'ai pas réagi comme il le fallait... Mais j'ai perdu les pédales quand... Je te t'ai pas tout dit.
Quoi d'autre ?
Junno a dit... commença Nakamaru avec difficulté. Que ça passerait. Qu'on s'était trompés tous les deux, et que... Et je me suis souvenu des mots que tu avais dit...
Là, ça recommençait à s'embrouiller dans sa tête. Franchement, il ne savait plus ce qu'il disait, ce que ça signifiait. Juste qu'il en avait marre et qu'il voulait être rassuré, avant de péter définitivement les plombs. Tetsu se mordilla la lèvre, énervé contre lui-même, qui n'avait décidément aucun tact. Mais cette fois, il trouverait les bons mots.
Yuichi, je suis désolé. Tu sais que je ne les pensais pas.
Justement... Ce n'est pas que je doute de toi... Mais je n'ai aucune certitude. On se voit, je sais qu'il n'y a que moi, mais... Moi, je... Je n'ai même pas une idée d'à quel point tu en es. Peut-être que j'ai moins d'importance que tu n'en as pour moi ? Et tu as vu aujourd'hui, comme je suis maladroit... Et peut-être que tu n'as pas envie de continuer avec quelqu'un comme moi, qui n'apporte que des problèmes...
Tout ça n'avait aucune cohérence, aucun lien. C'était un concentré de tout ce qui faisait peur à Nakamaru, et ce depuis longtemps. Il le livrait en vrac, et Tetsu devait décoder. Il devait absolument le rassurer. Mais auparavant, il était plus du genre à secouer les gens, plutôt qu'à les plaindre. Surtout s'il savait que la personne en question pouvait faire face sans problème.
D'où tu sors des idées pareilles, Yuichi ? Ne te laisse pas abattre si facilement... Ce n'est pas parce que tu subis un choc que tu as perdu. C'est maintenant que ça se joue : tu dois rebondir. Si tu n'arrives même pas à parler à tes amis, comment feras-tu dans la vie ?
C'est vrai, tu as raison... murmura Nakamaru, un peu honteux.
D'autant que je sais que tu as du caractère, hein ? Murmura Tetsu en l'embrassant sur la joue, ce qui le fit sourire. Plus sérieusement : j'ai l'impression que je te fais peur !
Hein ?
Tu me balances tout ça aujourd'hui, c'est une découverte ! Comment je peux m'occuper de toi, si je ne vois pas que tu doutes... ? C'est en partie ma faute, parce que je ne l'ai pas compris, mais malgré tout... Il faut le dire, si tu as un problème avec moi ! S'écria Tetsu, qui sentit qu'ils n'étaient pas plus doués l'un que l'autre.
Promis... dit Nakamaru, conscient qu'il avait ses torts.
Tetsu se décala pour se mettre en face de lui, et lui pris la main, qu'il pressa doucement. Il y arrivait... Nakamaru se calmait... Alors c'était le moment où jamais pour lui dire, tant pis si sa timidité devait en prendre un sérieux coup.
Ecoute-moi bien, commença-t-il doucement. A votre émission, j'ai pourri la journée de Hyde-chan en lui parlant de toi sans arrêt. Parce que je pensais que tu me détestais, à te comporter bizarrement avec moi. Je m'en suis rendu malade.
Q... Quoi ? Demanda Nakamaru, surpris.
Les premières fois où l'on s'est vu, j'en tremblais, tellement j'étais impatient que tu arrives. J'étais tellement stressé parfois que j'ai failli me déshydrater plus d'une fois. Au téléphone, j'avais un sourire qui ne me quittait pas, tout le long. Quand on a débuté la tournée, j'ai usé mon portable à force de le regarder pour voir si tu ne m'avais pas laissé un message... déballa-t-il le plus calmement possible.
Je... Ne savais pas, balbutia Nakamaru, en sentant ses joues rosir.
Parce que je ne le dis pas, je suis comme ça. Je vais essayer de me corriger, c'est promis. Depuis le début, Yuichi, et même si je ne le comprenais, pas, j'étais attiré par toi. Attiré, intéressé... J'employais ce genre de mots. Mais là encore, je me trompais. En fait, je vais te dire un petit secret, tu veux ?
Nakamaru hocha la tête machinalement, sentant le sang lui monter à la tête. Il n'essayait même pas d'assimiler tous ça, c'était juste trop beau pour être vrai. Tetsu sourit, content de son effet, et se pencha pour parler à son oreille, le plus bas possible.
Je t'aime...
Heureusement que Nakamaru était assis, sans quoi... Ca n'empêcha pas son coeur de taper comme un sourd dans sa poitrine, ni ses joues de s'enflammer davantage. C'était tellement adorable, et ça faisait tellement de bien... Et puis c'était rassurant. Il n'en espérait pas tant, à dire vrai. Mais Tetsu était comme lui, alors ? Depuis le début... Des lèvres se pressèrent contre les siennes, finalement. Deux lèvres douces auxquelles il mis un temps à réagir, étant certain de rêver les yeux ouverts. Tetsu était curieusement à l'aise, pas tellement embarrassé de s'être livré de la sorte... Il se sentait juste bien, à l'aise, très amoureux... Bien sûr au fond de lui, il savait qu'une partie des problèmes n'était pas encore réglée, mais il faisait confiance à Yuichi pour se montrer à la hauteur. Il lui avait déjà prêté un endroit génial pour les fois où il aurait le cafard, et ce n'était pas là sa seule réussite.
