Auteur : Shiakän.
Genre : Romance/Drama.
Pairing : HPDM.
Credits : Tout est à J.K. Rowling, sauf l'histoire.
Note de l'auteur : Devinez qui c'eeeeeest ! -zbaaaff-
Ça fait quatre mois que je n'ai rien posté et je m'en excuse, mais je n'avais vraiment pas le temps d'écrire avec mes études... Mais puisque je suis enfin en vacances, me voilà avec un nouveau chapitre ! J'aurai peut-être le temps d'en écrire un autre avant la fin de la semaine (je l'espère en tout cas), mais sinon, je risque d'être très indisponible jusqu'à la première semaine de juin. Après ça, je serai en grandes vacances et je pourrai donc vous couvrir de chapitres ! J'espère que l'attente ne sera pas trop longue.
Pour en revenir à ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira, je n'en suis pas tellement satisfaite, mais ça c'est assez habituel, dirons-nous. Je tiens encore à tous vous remercier pour vos reviews, qui me font vraiment plaisir et qui me permettent de réfléchir à beaucoup de choses. Si cette histoire évolue, c'est en partie grâce à vous. J'ai conscience de beaucoup vous faire attendre entre chaque chapitres et je m'en excuse. Si je pouvais passer ma vie à écrire et rien qu'à écrire, je vous assure que je le ferais mais malheureusement, si je ne veux pas finir sous un pont, j'ai des études à terminer. XD
REPONSES AUX REVIEWS :
Haru-carnage : Je le pense aussi ! :p
Daxy : Merci beaucoup pour ta review, je suis ravie que mon histoire te plaise et surtout, que tu la trouves bien construite. Je pense que tu vas trouver la réponse à pas mal de questions ici, disons que ce chapitre va révéler quelques petites choses. Pour ce qui est du nombre de chapitres, pour être honnête, je n'en ai absolument aucune idée... A chaque fois que je tente d'estimer un nombre, je finis par en écrire plus, en rajouter et me rendre compte que je dépasse mes prévisions alors... j'arrête tout simplement XD. J'espère que ce chapitre te plaira !
Nijimi : Ah, j'ai l'impression que l'on ne s'est pas écrit depuis des lustres et ça me manquait !:D
Concernant Pénitence d'Ilyès, je n'ai pas encore eu l'occasion de la lire, mais je pense le faire, merci du conseil !
Sinon oui, Harry a un peu craqué dans le chapitre précédent, je pense que ça ne sera pas la dernière fois. Comme tu le soulignes, il a toujours du être indépendant et se débrouiller seul, ainsi cette situation est vraiment difficile pour lui. D'un autre côté, il a été terriblement manipulé, notamment par Dumbledore depuis toujours et je pense que ça accroît son désir d'être seul, tranquille et surtout, totalement indépendant. Il n'a plus envie que l'on décide pour lui et malheureusement, sa condition ne permet pas vraiment cela.
Pour Ginny oui, c'était encore hier pour lui... Il était amoureux, prêt à se sacrifier (encore que...) mais certainement pas à rater dix ans de sa vie et à se réveiller pour voir que celle qu'il aimait a refait sa vie... Hélas Ginny ne pouvait pas continuer d'aimer un fantôme et c'est ce qu'il va devoir accepter.
Concernant Hermione, elle le fait au début du septième tome afin que ses parents soient en sécurité mais aussi pour ne pas leur briser le cœur si elle venait à mourir dans la quête des Horcruxes. Elle les envoie même en Australie. Techniquement, elle était censée lever le sort si elle revenait vivante, mais j'ai eu l'idée que les choses ne s'étaient pas passées comme prévu, puisque je suis un monstre sans cœur. -zbaaaff-
Harry n'a pas encore surpris ce genre de conversation non, mais il ne peut pas se prendre tout d'un coup en pleine face, n'est-ce pas ?:D
Je pense en effet développer le personnage d'Andromeda. Elle a tout perdu à cause de cette guerre... Son mari, sa fille et son gendre, même Sirius qui était après tout, le seul cousin dont elle était proche. J'aime les femmes fortes et du coup, je pense que je vais m'amuser avec elle.
Concernant la nouvelle chambre de Harry, je vois que nous avons le même esprit tordu ! Je n'en dirai pas plus, je pense que tu as très bien compris. Je vais beaucoup me servir de ces murs qui changent de couleur, tout au long de la fanfiction, je ne sais pas encore qui ira fouiner dans les émotions de Harry, mais ça promet d'être intéressant, je pense.
J'ai aimé écrire la scène entre Narcissa et Harry, je pense que ça ne sera pas la dernière. Je trouve que certains personnages ont du potentiel et méritent d'être développés dans des histoires comme celle-ci alors j'en profite !
Pour la SALE, oui, les Elfes de Maison sont désormais rémunérés et choisissent pour quel sorcier ils veulent travailler ! Je pense que certains sont même devenus d'excellents assistants dans certaines boutiques, Hermione s'est certainement battue becs et ongles pour ça.
Et oui, quand Harry va apprendre qu'il est la raison de tous les malheurs de Scorpius, ça va jeter un froid... mais bon, comme tu l'as soulevé plusieurs fois, nos braves héros ont tout un tas d'obstacles qui se dresse devant eux. Souhaitons-leur bien du courage !:D
J'espère que ce chapitre te plaira, je suis toujours impatiente de lire ton avis à ce sujet. Je te souhaite une bonne lecture !
Stormtrooper2 : Disons que Ginny s'inquiète beaucoup. Pour son fils, pour Harry, de sa capacité à agir normalement avec lui... Alors elle fait tout pour protéger tout le monde, même si elle ne s'y prend pas forcément de la meilleure manière. J'espère que ce chapitre te plaira et merci pour ta review !
Brigitte26 : Ouiiii, Teddy est une vraie fripouille, je m'amuse beaucoup à écrire sur ce petit gars ! Quant à Scorpius, je ne peux pas m'empêcher de le rendre attendrissant, il faut bien qu'il prouve que les Malfoy peuvent être des gens biens ! J'espère que ce chapitre te plaira, bonne lecture.
Carotte : Merci beaucoup pour ta review et surtout pour tes compliments, ils me touchent beaucoup ! Je pense que ce chapitre va répondre à pas mal de questions que tu te poses, j'espère que ça n'arrive pas trop vite mais d'un côté, je pense qu'au neuvième chapitre, il est temps que les choses bougent un peu ! Bonne lecture et n'hésite pas à me faire part de ton avis.
Natom : Je pense aussi que le Refuge fera du bien à Harry, nous verrons bien, n'est-ce pas ? J'espère que ce nouveau chapitre te plaira, merci pour ta review !
Ascella Black : Hé oui, si seulement... Et en même temps, est-ce vraiment une bonne idée qu'il le sache ? :p Quant à Draco, je ne sais pas s'il va arranger ça mais en tout cas, il va se bouger, c'est certain !
Guest : Haha, ton impatience me touche, malheureusement comme je l'expliquais plus haut, mes études me prennent beaucoup de temps et si j'aimerais ne faire qu'écrire, je ne peux pas me le permettre. Quoi qu'il en soit, je te remercie énormément pour tes compliments et j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes ! N'hésite pas à me donner ton avis, positif ou négatif, je prends tout en compte et je fais de mon mieux pour m'améliorer !
— ϾҨϿ —
Chapitre IX : A moitié moins.
Teddy se redressa d'un bond et jeta les couvertures dans lesquelles il s'était empêtré ans son sommeil. Un large sourire aux lèvres, il sauta de son lit et se dépêcha de sortir de sa chambre. Il dévala les escaliers, manquant presque de se rétamer et ricana en songeant à ce que sa grand-mère lui aurait dit si elle l'avait vu, mais l'odeur qu'il perçut en arrivant dans le salon lui confirma qu'elle était dans la cuisine, en train de préparer le petit-déjeuner. Le garçon entra dans la cuisine pour y trouver Andromeda qui préparait des œufs brouillés et des saucisses. « Bonjour Mamie ! » s'exclama-t-il avant de sauter sur une chaise, prêt à dévorer un bon petit-déjeuner. Sa grand-mère continua de s'affairer sans se tourner vers lui : « Tu as le pas aussi léger qu'un Géant mon garçon, qu'est-ce que j'ai dit sur le fait de courir dans les escaliers ? » le réprimanda-t-elle et le garçon afficha une mine contrite. « Oui Mamie, désolé, » marmonna-t-il.
« Ce n'est pas encore prêt, et si tu allais réveiller Harry ? » suggéra-t-elle et les yeux rouges de Teddy s'allumèrent d'une lueur joviale. « Tout de suite ! » s'exclama-t-il avant de bondir de sa chaise pour se précipiter vers la chambre de son parrain. Andromeda leva les yeux au ciel, mais ne retint pas un petit sourire amusé. Le garçon se planta devant la porte de la chambre de Harry et toqua à plusieurs reprises. « Haaaaarryyyyy, petit-déjeuneeeeeeeeeeeer ! » cria-t-il en approchant sa bouche de la serrure, comme si cela allait lui permettre d'être mieux entendu. Un grognement sourd lui répondit et Teddy décida que c'était le signe qu'il pouvait entrer.
Il pénétra dans une pièce aux murs d'un vert forêt éclatant et trouva son parrain emmitouflé dans ses couvertures. Seule une touffe de cheveux noirs et emmêlés dépassait des draps blancs, ce qui amusa fortement le petit garçon. Alors il n'hésita pas plus longtemps et sauta sur le lit pour arracher la couverture. « Debouuuut, Mamie n'aime pas qu'on soit en retard pour le petit-déjeuner ! » s'exclama-t-il avant de recevoir un autre grognement en guise de réponse. L'enfant fit la moue tandis que son parrain tentait de lui arracher les couvertures des mains avec une force de mouche, tant il était endormi. Teddy tint bon en riant aux éclats et Harry finit par ouvrir les yeux, l'air profondément agacé. « Lunettes, » grogna-t-il d'une voix rauque et le garçon pouffa avant de se pencher vers la table de nuit pour attraper les lunettes de son parrain. Il les déplia soigneusement et entreprit de les jucher sur le nez de leur propriétaire, ce qui finit bien évidemment par lui donner une allure complètement stupide, puisqu'il s'avéra difficile pour lui de les mettre droites. Harry se retrouva donc les cheveux en bataille, les lunettes de travers et l'air endormi, sans comprendre pourquoi son filleul se roulait de rire à côté de lui.
Avec un nouveau grognement, il s'empara des branches de ses lunettes et les remit droites sur ses oreilles. Y voyant enfin plus clair, il put observer Teddy, ses cheveux flamboyants en bataille, son pyjama de la même couleur. Tout était rouge chez ce gamin, c'était incroyable – et un peu agressif, au réveil. Ses joues rondes et son nez mutin lui rappelaient indéniablement sa mère, lorsqu'elle ne s'amusait pas à grossir ses traits ou à se donner un groin de cochon. Harry n'était pas du matin, il avait tendance à se montrer grognon tant qu'il n'avait pas bu son café et mangé quelque chose, mais il devait bien admettre que la bonne humeur du garçon était contagieuse.
Il finit par esquisser un sourire et glissa une main dans les cheveux bien trop rouges de Teddy pour les ébouriffer un peu plus. « Bon, la sauterelle, pousse-toi, j'ai faim, » marmonna-t-il et le garçon sauta du lit, lui donnant vraiment l'impression d'être incapable de tenir en place. Harry leva les yeux au ciel et se redressa à son tour. Il attrapa le tee-shirt qui se trouvait sur son fauteuil roulant et l'enfila avant de poser ses pieds sur le sol. Il se sentait un peu plus en forme, physiquement, depuis la veille, aussi décida-t-il de se lever doucement. Une fois sur ses deux jambes, il réalisa avec bonheur qu'il était plutôt stable et se dit qu'il pourrait peut-être se passer de son fauteuil roulant. Avec un sourire ravis, il tenta quelques pas et constata que ce n'était pas si difficile que ça. Brusquement devenu silencieux, Teddy l'observait avec attention, à côté de lui. « En fait, il sert à rien, ce truc, » dit-il en désignant le fauteuil de son parrain qui rit légèrement. « Je me fatigue plutôt vite, donc il est quand même utile. Allez, grimpe, » dit-il au garçon qui afficha un large sourire. « Chouette ! » s'exclama-t-il avant de sauter dans le fauteuil roulant.
Harry saisit les poignées et se mit à le pousser tandis que Teddy gloussait d'un air ravis. Il se sentait un peu plus fort, mais il se voyait mal perdre l'équilibre au beau milieu du salon et se rétamer contre un meuble, aussi préférait-il prendre appuis sur quelque chose et le fauteuil s'avérait plutôt utile. Et puis, autant amuser un peu son filleul, n'est-ce pas ? Prenant son temps, le brun s'aida donc du fauteuil roulant pour avancer jusque dans le salon qu'il traversa sans trop de peines. Ils arrivèrent enfin dans la salle à manger où Andromeda les attendait, les mains sur les hanches. « Bonjour, Andromeda, » dit Harry avec un sourire et elle regarda son petit-fils d'un air désapprobateur. « Je vois que tu n'as pas attendu très longtemps avant de trouver un moyen de t'amuser avec ça, Teddy Lupin ! » s'exclama-t-elle mais ses yeux brillaient d'un air amusé. « Teddy m'aide avec ma rééducation, n'est-ce pas ? » demanda Harry et le garçon se leva avant de prendre un air hautain qui sortait tout droit du côté Malfoy de sa famille. « Exactement ! Bon, j'ai faim ! Enfin, Harry a faim, hein Harry ? » dit-il avant de s'asseoir à table.
Le brun contourna son fauteuil avec beaucoup de précaution et s'installa à son tour, plutôt satisfait d'avoir réussi à venir jusque là. Andromeda leur servit le petit-déjeuner et s'assit en face d'eux, ils commencèrent à manger en silence. « Molly m'a dit que tu avais rendez-vous à Ste Mangouste ce matin, c'est bien ça ? » le questionna-t-elle doucement. Harry prit le temps d'avaler ce qu'il avait dans la bouche en hochant la tête. « Oui, à dix heures, » répondit-il et la brune hocha la tête. « Bien, nous t'emmènerons et puis nous irons faire quelques courses avec Teddy, » dit-elle avec un regard pour le garçon qui fit la moue. L'idée d'aller faire les magasins ne l'enchantait pas tellement, mais il savait qu'il n'avait pas le choix et que ça ne servait à rien de râler.
Ils finirent de manger, puis aidé de son fauteuil et de Teddy, il se rendit dans la salle de bain où il entreprit de se laver entièrement seul. C'était une grande satisfaction pour lui, de ne plus avoir besoin d'aide pour cela. En revanche, la sortie de la douche s'avérait toujours un peu délicate et il prit son temps, s'appuyant contre le carrelage pour être certain de ne pas glisser. Il s'empara alors de la large serviette mise à sa disposition et s'enroula dedans avant de grimacer. Ses jambes l'avaient bien supporté jusqu'ici mais à présent, il avait besoin de repos. Alors il se traîna jusqu'à la porte qu'il ouvrit pour trouver Teddy planté là, derrière son fauteuil. Le garçon esquissa un large sourire auquel Harry répondit avant de s'asseoir, toujours enroulé dans l'épaisse serviette. « Merci, Teddy, » souffla-t-il doucement. « Tu peux y aller, je vais me débrouiller. »
Teddy hocha vivement la tête et quitta la pièce, laissant Harry face à l'immense armoire qui se dressait devant lui. Heureusement, la plupart de ses vêtements avait été disposée de manière à ce qu'il puisse l'atteindre depuis son fauteuil. Il sélectionna donc un boxer, un pantalon noir ainsi qu'un tee-shirt vert. Tous ces vêtements avaient été soigneusement choisis par Hermione puis arrangés correctement par Andromeda. Le Survivant n'avait jamais vu une armoire aussi bien rangée, c'en était presque dérangeant. Se redressant, il acheva de se sécher, puis enfila rapidement son boxer et son pantalon avant de se rasseoir, un peu chancelant. Il passa enfin son tee-shirt et une paire de chaussettes avant de lacer une paire de chaussures noires à ses pieds. Être capable de reconnaître les progrès faits faisait partie de sa thérapie et il avait eu un peu de mal de s'y tenir, au début. Après tout, qu'y avait-il de réjouissant à pouvoir se pencher et lacer ses chaussures sans souffler comme un bœuf par l'effort fourni ? Ça le devenait, lorsque l'on réalisait que ça signifiait que plus personne n'avait besoin de le faire pour lui. Que petit à petit, il regagnait son indépendance.
Harry fit pivoter son fauteuil et se retrouva face au grand miroir qui se trouvait là. Il avait pris du poids, depuis sa sortie de l'hôpital. Oh c'était loin d'être parfait, mais il n'était pas plus maigre que lorsqu'il vivait chez les Dursley et il considérait cela comme un énorme progrès, même si Molly ne semblait pas de cet avis. Il prit le temps de s'observer, une chose qu'il faisait rarement et sur laquelle il devait travailler également, d'après Baxter. Ses cheveux noirs étaient toujours en bataille, c'était une chose qui ne changerait certainement jamais et il en était plutôt heureux. Ses yeux verts n'avaient pas tellement changés non plus. En revanche, les traits de son visage lui donnaient l'impression d'avoir un étranger en face de lui. Ou plutôt, il voyait son père, tel qu'il l'avait imaginé s'il avait dépassé la vingtaine. Une barbe d'un ou deux jours commençait à recouvrir sa mâchoire, lui donnant un air plus âgé encore, mais il n'était pas habitué à devoir se raser. Sa pilosité s'était développée très tardivement et à Poudlard, il n'avait eu l'occasion de se raser que quelques fois. Un sujet de moquerie évident au sein de son dortoir, puisque tous les autres avaient commencé à le faire régulièrement dés l'âge de quinze ans.
Harry avait commencé à réellement avoir de la barbe l'année de ses dix-sept ans et durant sa chasse aux Horcruxes, il n'avait pas tellement eu le temps de s'occuper de ça. Alors non, il n'était pas à l'aise avec un rasoir. De son index, il remonta ses lunettes sur son nez. Il ne portait plus ses verres ronds depuis un moment maintenant. A sa grande surprise – et celle de Baxter – sa vue s'était améliorée. Oh de peu, il avait toujours besoin de lunettes et Hermione avait saisi l'occasion pour lui proposer une paire plus moderne, rectangulaire, avec d'épaisses montures noires. Il devait admettre qu'elles lui allaient bien mieux que ses précédentes lunettes. Se détournant enfin de son reflet, Harry sortit de sa chambre pour retourner dans le salon où Teddy et Andromeda l'attendaient déjà. « Tu es prêt, Harry ? » lui demanda-t-elle avec un petit sourire. Alors il hocha la tête et s'approcha d'eux. « Molly m'a confié le portoloin que vous utilisiez pour aller à Ste Mangouste, » dit-elle en désignant la théière ébréchée qui se trouvait sur le meuble près de l'entrée. Ils s'avancèrent vers l'objet et après un signe de tête d'Andromeda, posèrent leur main sur la théière.
Comme à chaque fois, Harry eut l'impression qu'un fil l'entraînait par le nombril et ils se retrouvèrent brusquement dans l'immense hall de l'hôpital sorcier. Aussitôt, il reconnut le large sourire de Rose Jenkins qui s'avançait vers eux. « Bonjour Harry ! Comment vas-tu, aujourd'hui ? » demanda-t-elle gaiement et il répondit à son sourire. « Bien, » répondit-il franchement. « Parfait, je vais te conduire au docteur Baxter. Mrs Tonks, vous nous accompagnez ? » fit-elle en se tournant vers Andromeda qui secoua la tête. « Teddy et moi avons des courses à faire, nous repasserons lorsqu'il aura terminé. » Rose hocha doucement la tête et ils se saluèrent avant qu'elle ne pousse son fauteuil à travers les couloirs de Ste Mangouste. « Alors, comment ça se passe chez Mrs Tonks ? » demanda Rose tandis qu'ils attendaient qu'un groupe de médicomages aient traversé le couloir avec un lit sur lequel se trouvait un patient mal en point. « Je ne suis arrivé qu'hier, mais pour le moment c'est parfait, » assura-t-il avec un petit sourire.
Après le départ de Mrs Malfoy et de son petit fils, Harry s'était senti plus en forme que jamais. Teddy et lui s'étaient donc rendus dans le jardin pour profiter du beau temps et pendant un moment, le garçon et lui s'étaient passé un souaffle pour s'amuser. Il avait réussi à tenir debout et à suivre le rythme de son filleul pendant près d'une heure, ce qui l'avait plus qu'enchanté. Bien évidemment, il avait fini par l'épuiser et lorsqu'Andromeda leur avait proposé de faire une pause pour boire un peu de jus de citrouille bien frais, il avait été incapable de refuser. Teddy avait continué de s'amuser seul après cela, tandis que sa grand-mère et Harry s'étaient installés à la table du jardin pour discuter.
Le jeune homme fut tiré de ses pensées lorsqu'ils arrivèrent dans une salle d'examen où le docteur Baxter les attendait déjà. « Ah, Mr Potter ! » s'exclama-t-il en le voyant entrer. Ils se serrèrent la main et sans l'aide de personne, Harry parvint à monter sur la table d'examen, tirant ainsi un sourire à son Médicomage et son infirmière. A l'aide de sa baguette, il entreprit d'ausculter son patient. « Mmmh, vous avez repris du poids et des muscles, c'est très bien Harry, » dit-il en continuant de l'observer sous toutes les coutures. « Vous parvenez à vous déplacer plus longtemps ? » demanda-t-il et le Survivant hocha la tête. « Oui, j'en ai un peu trop fait hier avec mon filleul, je suis un peu fatigué aujourd'hui mais sinon, je sens que je deviens plus résistant, » dit-il avec un petit sourire gêné.
« Oui oui, c'est exact, fit Baxter, l'air songeur. Je pense que vous n'aurez bientôt plus besoin de vos séances de rééducation, vous progressez très bien, Harry. » Il agita sa baguette et un étrange fil argenté la relia à Harry. « Alors ça c'est... » balbutia-t-il, les yeux écarquillés. « Quoi? » interrogea le brun, inquiet par la réaction de son médicomage. « Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-il en désignant l'étrange fil qui le reliait à la baguette de Baxter. « Le sortilège que je viens de lancer permet d'estimer la puissance du flux magique d'un sorcier. En général, nous nous en servons pour confirmer ou non les craintes de parents sorciers qui pensent que leur enfant est un Cracmol. Vous vous en doutez, lorsque le diagnostique est le bon, ce fil que vous voyez n'apparaît pas. Lorsque je l'ai effectué sur vous après votre réveil, ce fil possédait une légère teinte blanchâtre que je n'ai cessé de voir décroître au fil des semaines, ce dont je vous ai fait part, » dit-il en levant les yeux vers Harry qui hocha la tête. Oui, il se souvenait des propos de Baxter à ce sujet. Le Médicomage avait craint que ses batteries finissent par se décharger complètement et qu'il retombe dans le coma. « Pourtant, ça a fini par se stabiliser, c'est pourquoi je vous ai autorisé à quitter l'hôpital. Jusqu'à la semaine dernière, tout était parfaitement normal et là... Si j'en crois la couleur de ce fil Harry, vous avez la puissance magique d'un sorcier certes faible, mais d'un sorcier tout de même. »
Harry écarquilla les yeux, la gorge nouée. « Vous voulez dire que... je pourrais faire de la magie ? » souffla-t-il d'une voix rauque. Un soupir franchit la barrière des lèvres de John, tandis qu'un pli soucieux barrait son front. « Je ne sais pas. Peut-être oui, vos sortilèges seraient d'une puissance plus que moindre, mais vous en seriez capable... En revanche, je vous le déconseille. » Harry fronça les sourcils, prêt à répliquer, mais Baxter l'interrompit bien vite. « Harry, je vous ai dit que ce phénomène ne s'était jamais produit auparavant. J'ai effectué de nombreuses recherches afin de comprendre ce qui vous arrive, mais tant que je n'aurai pas la réponse à toutes ces questions, je vous déconseille fortement de tenter quoi que ce soit. Vous pourriez très bien essayer de produire un sortilège très simple et... »
« Et sombrer à nouveau dans le coma ? » le coupa Harry en essayant de contenir la colère qui s'emparait de lui. John soupira et hocha la tête, à contrecœur. « Oui, je crains que cela soit une possibilité. Qu'avez-vous fait cette semaine, Harry ? » demanda-t-il alors avec un sourire. Chassant sa colère de son esprit, le jeune homme réfléchit. « J'ai quitté le Terrier, comme Molly vous l'a dit, j'habite désormais chez Andromeda Tonks, je... » Il fronça les sourcils. « Il est vrai que je me sens un peu plus en forme depuis que je suis là-bas, mais je pense que c'est plus une question de moral, » admit-il en continuant de réfléchir. Il ne pensait pas avoir fait quoi que ce soit qui aurait pu augmenter ainsi sa puissance magique. Quand il y réfléchissait, il se sentait un peu mieux chaque jour, mais il n'y avait pas eu de gros changements, sinon lorsque... Ses yeux s'écarquillèrent. Il avait bien trop bu, ce soir-là. Ses souvenirs à son réveil avaient été plus que confus et là encore, il n'était plus sûr de ce qu'il avait réellement éprouvé. Avait-il rêvé, imaginé cela, lorsque Malfoy... ? « Harry ? » appela le médicomage en voyant la confusion qui s'était emparée des traits de son patient. Il sursauta presque et leva les yeux vers Baxter.
Pouvait-il lui parler de cela ? Si ça pouvait aider son médecin à comprendre ce qu'il traversait, il devait lui en faire part, non ? Mais comment pouvait-il être certain de ce qu'il s'était réellement passé, ce soir-là ? Il se souvenait de la chaleur, de cette puissance, mais c'était impossible. Comment aurait-il pu éprouver cela en compagnie de Malfoy ? Parce qu'ils se détestaient, cela aurait provoqué quelque chose chez lui ? C'était parfaitement ridicule. « Je... » commença-t-il, hésitant, puis il secoua la tête. « Non, rien, » bafouilla-t-il maladroitement et Baxter plongea son regard dans le sien. « Vous en êtes sûr, Harry ? » Sa gorge se noua. Il s'en voulait de mentir ainsi à son médicomage, mais il ne voulait pas passer pour un timbré. Pas encore. « Oui, certain. » John l'observa silencieusement durant quelques secondes, puis se détourna de lui.
« Je vais vous laisser faire vos exercices avec Miss Jenkins, je reviens vous voir plus tard, » dit-il avant de sortir de la pièce, laissant Rose et Harry seuls.
ϾҨϿ —
John soupira et passa une main sur son visage. En devenant Médicomage, il avait juré de sauver des vies mais également d'être honnête avec ses patients et il ne l'était pas avec Harry Potter. Pas totalement. Il ignorait réellement si le jeune homme était en mesure de faire de la magie sans risquer de sombrer à nouveau dans le coma, sur ce point, il était sincère. Il l'était également en affirmant qu'il n'avait jamais vu pareil phénomène, mais il mentait terriblement lorsqu'il disait qu'il ne savait rien à ce sujet. Une part de lui voulait dire la vérité au Survivant, mais il avait fait une promesse et John Baxter était du genre à tenir sa parole. Avec un autre soupir, il transplana hors de l'hôpital pour se retrouver face à une large porte en bois à laquelle il frappa. Il n'attendit pas de réponse et pénétra dans la pièce où se tenait Draco Malfoy, le nez plongé dans un tas de parchemins.
« John ! Je ne t'ai pas entendu... » Le médicomage l'interrompit d'un regard sombre et le blond soupira avant de lui faire signe de s'asseoir. Mais l'homme refusa et contourna immédiatement le bureau pour saisir le menton du Malfoy entre son pouce et son index. « T'as une mine affreuse, tu dors suffisamment ? » siffla-t-il entre ses dents et Draco se dégagea de sa prise. « T'en fais pas pour moi. Comment va-t-il ? » demanda-t-il en détournant le regard. « Mieux que toi, » répliqua-t-il sèchement. « Je t'avais dit que c'était une mauvaise idée, Draco. Je t'avais dit d'attendre, que nous devions en savoir plus. Mais toi, non, il a fallu que tu le fasses quand même. Regarde-toi, à présent ! Tu es allé le voir à ce fichu gala, n'est-ce pas ? » demanda-t-il en cherchant le regard de Draco qui arqua un sourcil, visiblement surpris. « Comment... ? »
« La puissance magique de Potter a augmenté. Lorsque je lui ai demandé ce qu'il avait fait cette semaine, il a semblé confus, puis il n'a rien voulu me dire. Il me cache quelque chose, mais toi, tu vas me dire de quoi il s'agit, parce que tu sais que c'est dans son intérêt, » dit-il durement et le blond se leva de sa chaise avec un soupir. Il fit quelques pas et lui tourna le dos, croisant les bras devant son torse. « Je l'ai touché, dit-il enfin. Quand ça s'est produit... Je ne sais pas, c'était comme si chaque fibre de mon corps réagissait à sa présence. Je suis sûr qu'il l'a ressenti aussi, » avoua-t-il et il entendit John soupirer derrière lui.
« Je t'avais dit que le risque était que tu te retrouves irrémédiablement lié à lui et de toute évidence, j'avais raison. Draco, tu dépéris à vue d'œil et il est certes sorti de son coma, mais il est loin d'être en forme. Je t'ai promis de ne rien lui révéler, mais si les choses ne s'améliorent pas, je vais finir par ne plus avoir le choix, » déclara-t-il doucement et Draco fit brusquement volte-face. « Non ! » s'exclama-t-il en s'approchant de John pour saisir sa blouse de médicomage. « Il n'a pas besoin de savoir, il n'a... »
« Draco, atterris trente secondes, » le coupa le médicomage d'un ton dur. Il posa ses mains sur celles du blond et plongea son regard dans le sien. « Tu t'es servi d'une forme de magie ancienne, extrêmement compliquée et dangereuse. Si je t'avais déconseillé de l'utiliser, c'était parce que nous n'en savions pas assez. Je suis paumé, là. Je cherche des solutions qui n'existent peut-être pas et j'avance en étant complètement aveugle, parce que tu ne m'en dis pas assez et parce que je ne peux rien révéler à Potter. » Il libéra les mains du jeune homme et soupira longuement, l'air épuisé. « De toute évidence, il a récupéré des forces après avoir été en ta présence. Et toi, alors ? » Draco détourna le regard. « Un peu, oui, » admit-il difficilement. « C'est bien ce que je craignais. Ton petit tour de magie avec cette fleur lui a permis de tenir, mais c'est en train de te tuer toi, et ça ne sera jamais suffisant pour le maintenir en vie. Draco, j'ai bien peur que ce que tu as fait ne te condamne à rester proche de lui, si tu ne veux pas que vous y passiez tous les deux. » Draco libéra la blouse de John et chancela avant de s'écarter de quelques pas, plus pâle que jamais.
« Je sais, » souffla-t-il enfin d'une voix rauque. « Je m'en suis rendu compte, je... Il doit y avoir une solution, John. » Le médicomage secoua la tête et prit un air navré. « Je n'en vois aucune pour le moment et nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le temps de réfléchir. Tu ne peux pas te le permettre. » Draco alla meurtrir sa lèvre inférieure et passa une main dans ses cheveux blonds, un peu tremblant. « Il ne peut pas savoir, il... Par Salazar, à ses yeux, hier encore j'étais celui qui a permis aux Mangemorts d'envahir Poudlard, celui qui a fait de sa vie et de celle de ses amis un enfer. Tu espères que je lui dise qu'il est sorti du coma parce que je lui ai offert la moitié de ma puissance magique, qu'à cause de cela, il ne peut pas trop s'éloigner de moi sous peine d'en mourir et qu'il le prenne bien ? » Il ricana, un rire jaune, ses yeux gris dénués du moindre éclat.
« Dis-lui que tu as fait ça à cause de la dette que tu avais envers lui, » intervint John sans grands espoirs. « Oh pitié ! Même Potter n'est pas si stupide ! Je ne peux pas, sérieusement, je ne peux pas faire ça, John. » Les traits du médicomage se durcirent et ce fut à son tour d'empoigner la robe de sorcier du blond qui se figea. « Tu t'es mis là-dedans tout seul, Draco, tu dois assumer à présent. Je refuse de perdre ce patient et je refuse que tu me claques entre les pattes, c'est bien compris ? Je vais dire à Potter qu'il doit prendre une potion qui permettra de stabiliser sa magie. Une potion que toi seul est en mesure de doser et de faire, qu'il devra prendre chaque jour. Non, ne m'interromps pas ! Tu te rendras chez Andromeda Tonks, c'est là qu'il vit à présent, tu lui donneras cette potion et tu t'arrangeras pour faire croire que c'est ça qui lui redonne des forces. Donne-lui un tonifiant, du jus de citrouille, je m'en contrefiche, mais tu vas faire ce que je te dis, c'est bien clair ? » Draco s'empourpra et résista de toutes ses forces contre son envie de dire à John d'aller se faire foutre. Par Merlin, il n'avait aucune envie de faire cela et pourtant... Pourtant il n'avait pas le choix, il s'était fichu dans ce pétrin tout seul, John avait raison. Alors il baissa la tête et acquiesça d'un grognement sourd. « Je continuerai d'ausculter Potter une fois par semaine, mais je veux te voir également. Ne discute même pas, je n'hésiterai pas à venir te chercher. » Le blond grimaça, mais il hocha la tête, penaud.
John relâcha l'ancien Serpentard et s'éloigna pour sortir de son bureau. « Je te recontacterai plus tard. Et par Merlin, Draco, sors de ce bureau et occupe-toi de ton gamin, » siffla-t-il avant de sortir en claquant la porte derrière lui.
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Harry se laissa retomber sur son fauteuil, transpirant mais heureux. Malgré la fatigue de la veille, il avait réussi à faire tous les exercices que Rose lui avait demandé d'effectuer et il en était plus que satisfait. Il allait se vanter un peu de ses exploits auprès de la jeune infirmière lorsque la porte s'ouvrit brusquement sur son médicomage qui semblait pensif. Contrarié, même. Mais son visage s'éclaira en les voyant là et il se força à afficher un large sourire en s'avançant vers eux. « Ah, Harry ! Comment s'est passée cette séance ? » demanda-t-il et Harry fronça les sourcils. Le médicomage n'avait pas l'air dans son assiette. Est-ce que ça avait un rapport avec lui, ou était-ce autre chose ? « Très bien, docteur. Quelque chose ne va pas ? » ne put-il s'empêcher de demander. Baxter afficha un air embarrassé et s'avança pour s'asseoir devant Harry. « Disons que j'ai une nouvelle qui ne va peut-être pas vous plaire, » admit-il avec une grimace. « Voilà, je pense avoir une idée pour vous aider avec cette histoire de magie, mais cela va vous forcer à collaborer une personne avec laquelle vous ne vous entendez pas très bien, » dit-il et Harry arqua un sourcil, intrigué. « J'ignore si vous le saviez, mais Draco Malfoy est le meilleur potioniste de Grande Bretagne. Je pense qu'il est en mesure de vous aider à stabiliser votre puissance magique à l'aide d'une potion de son cru. » Le Survivant le regarda comme si une deuxième tête lui avait poussé sur les épaules. « Malfoy n'acceptera jamais de... »
« Oh détrompez-vous, Mr Malfoy a déjà accepté de vous aider. Je sais que vous étiez loin d'être amis à Poudlard, mais je peux vous assurer qu'il est votre meilleure option, à l'heure actuelle. » Harry détourna le regard, cherchant désespérément un moyen de se tirer de là. Collaborer avec Malfoy, sérieusement ? « Il... il n'y a personne d'autre ? » s'entendit-il demander, presque suppliant. Baxter laissa échapper un rire amusé. « Non, il est le meilleur, Harry. » Le jeune homme grimaça à ces paroles. Que Malfoy soit devenu le meilleur potioniste de Grande Bretagne ne l'étonnait pas tellement, après tout, c'était certainement la seule matière dans laquelle il parvenait à battre Hermione. Qu'il ait accepté de l'aider en revanche, ça c'était étrange. D'un autre côté, dix années s'étaient écoulées depuis Poudlard. Il agissait encore comme si Malfoy était son pire ennemi, mais le blond avait eu le temps de l'oublier et de passer à autre chose. Peut-être devait-il faire preuve de maturité et laisser une chance à l'ancien Serpentard ? C'était ce que l'on attendait de lui, de toute manière.
« D'accord, » dit-il finalement, bien qu'un peu à contrecœur. « Je suppose que je le verrai ici, alors ? » demanda-t-il mais Baxter secoua la tête. « Non, Mr Malfoy vous rendra directement visite. Il aura besoin de données importantes pour concocter cette potion, mais également de procéder à un suivi et je pense que vous serez bien mieux chez Mrs Tonks pour cela. » Oh, génial. « Quand commencerons-nous ? » grommela le Survivant, guère enchanté à l'idée d'avoir Malfoy au Refuge. « Dés demain, vous avez besoin d'un peu de repos après votre séance de rééducation. Je vais bien évidemment prévenir Mrs Tonks de tout cela, » lui assura le médicomage avec un sourire.
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Draco se prit la tête entre les mains, le cœur battant la chamade. Il luttait de toutes ses forces contre les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux, mais il ne parvenait pas à les retenir complètement. D'un geste rageur, il balaya tous les parchemins qui recouvraient son bureau, envoyant par la même occasion voler le portrait de Scorpius qui alla se briser au sol. Incapable de lutter plus longtemps, il laissa les larmes dévaler la pente de ses joues et s'agenouilla pour ramasser le cadre de ses doigts tremblants. Il retira les débris de verre et observa la photo de son fils qui souriait largement face à l'objectif et le saluait de sa minuscule main. Las, il le laissa tomber à nouveau et se dirigea vers sa cheminée où il jeta une poignée de Poudre de Cheminette. « Bureau de Pansy Parkinson, » maugréa-t-il avant de plonger sa tête dans l'âtre. Au Ministère de la Magie, Pansy sursauta en entendant un crépitement provenir de sa cheminée. Elle se tourna vers l'âtre pour y apercevoir le visage de Draco et se leva d'un bond. « Pansy, viens, s'il te plaît, » murmura-t-il d'une voix brisée et la jeune femme transplana immédiatement pour le trouver agenouillé devant les flammes, le visage baigné de larmes. Elle se précipita vers lui et s'agenouilla à côté de son meilleur ami pour poser une main sur son épaule, mais il alla directement enfouir son visage dans le creux de son épaule, secoué de sanglots. « Pans, j'aurais pas dû, » hoqueta-t-il dans un souffle.
La gorge nouée, la jeune femme glissa ses doigts dans les cheveux du Serpentard, dans une caresse tendre. « Qu'est-ce que tu as fait, Dray ? » murmura-t-elle doucement en redoutant sa réponse. « J'ai... Potter, c'est moi qui... » Son cœur manqua un battement. Elle s'en doutait. Dés qu'elle avait appris que le Survivant était sorti de son coma, elle avait su que Draco y était pour quelque chose. Elle n'avait pas posé de question, parce qu'elle savait qu'il n'y répondrait pas, elle avait joué à l'idiote, comme toujours, mais elle l'avait su dés qu'elle avait avait posé les yeux sur la couverture de la Gazette ce jour-là. « Comment tu as fait ? » demanda-t-elle d'une voix blanche. « La moitié, » murmura-t-il d'une toute petite voix et elle lui demanda de répéter, les sourcils froncés. « La moitié de ma magie, Pansy, j'ai... » La jeune femme écarquilla les yeux et saisit le visage de Draco pour le forcer à le regarder.
« Tu as QUOI ? » s'exclama-t-elle et le regretta aussitôt, en voyant les yeux gris du jeune homme se remplir de larmes à nouveau. « C'est pour ça que tu es dans cet état ? Que tu as perdu autant de poids ? Que tes sortilèges manquent à ce point de puissance ? » Il détourna le regard et hocha la tête. « Comment... comment as-tu pu faire ça ? » demanda-t-elle durement. « Un vieux sortilège, j'ai... C'était la seule piste, la seule possibilité, j'ai... Je l'ai fait, c'est tout, » bafouilla-t-il et la jeune femme resserra sa prise sur les joues de son ami.
« Tu es en train de me dire que tu as lancé ce sort sans réfléchir aux conséquences ? Draco Malfoy, réponds ! » s'écria-t-elle, presque hystérique. « C'était le seul moyen, je... »
« Oh par Salazar, Draco ! Et si ça t'avait tué ? Et si c'était en train de te tuer ? Regarde-toi ! Merlin Draco, regarde-toi ! Tu as réussi à avoir un bon métier, à te faire une bonne réputation malgré tout ce qu'il s'est passé, tu... Tu as un fils, bordel de merde ! Je t'ai dit d'arrêter, je t'ai dit de laisser tomber ces conneries, tu... Pourquoi ? Pourquoi tu ne t'es pas arrêté ? » C'était à son tour de pleurer et lorsque Draco leva un regard orageux tourmenté par le désespoir vers elle, Pansy crut que son cœur allait cesser de battre. « Tu sais pourquoi, » murmura-t-il d'une voix brisée. « Oh Dray, je sais, je sais, je suis désolée, » sanglota-t-elle en déposant un baiser sur sa joue, puis son front. « Dis-moi que ça ne va pas te tuer, je t'en prie. » Il secoua la tête et ferma les yeux. « Ça nous a liés. Je ne peux pas... Je ne peux pas rester loin de lui trop longtemps, c'est... C'est ça qui m'épuise, c'est... John veut que j'aille le voir tous les jours, que... Que je lui fasse croire que je lui donne une potion qui stabilise sa magie, il... Il ne m'a pas laissé le choix, sinon... Sinon il lui dira tout. Pansy, je peux pas, je peux pas faire ça. » Ses doigts s'accrochèrent aux avant-bras de la jeune femme, désespérément. « Pansy, je peux pas le voir tous les jours, je le supporterai pas, je... » Sa voix se brisa et il détourna le regard, mais Pansy le força à la regarder de nouveau en luttant contre ses larmes.
« Draco, tu peux le faire.Tu vas le faire. Tu es déjà si pâle, si maigre... Si tu ne fais pas ce que John t'a dit, tu vas certainement... » Elle s'interrompit, incapable de dire cela à voix haute. « Dray, je sais que c'est contre ta nature, mais sois courageux. S'il te plaît, pour une fois dans ta vie, sois courageux, rien qu'un tout petit peu. Si tu ne le fais pas pour toi... fais-le pour ton fils ou... ou fais-le pour lui, » murmura-t-elle d'une voix rauque. « Je ne peux pas te perdre, pas maintenant, pas après tout ça, pas pour lui, pas encore, » continua-t-elle en secouant la tête.
« Et si il comprend ? » dit-il, plus pâle que jamais. « Et si il comprend que c'est moi qui ai fait tout ça ? Et si... et s'il me demande la vérité, et... »
« Tu lui mentiras. Ou tu lui diras la vérité, qu'importe ! Que veux-tu qu'il se passe ? Qu'il te déteste ? » fit-elle plus durement qu'elle ne l'aurait souhaité. Mais cela sembla être efficace, puisque les traits de Draco s'assombrirent considérablement et il s'écarta d'elle avant de la toiser froidement. Les joues toujours humides de larmes, il recomposa ce masque qu'il affichait toujours face aux autres et se redressa en maîtrisant ses tremblements. « Merci, » dit-il simplement avant de lever sa baguette pour tout remettre en ordre dans son bureau. Le cadre contenant la photo de Scorpius se répara de lui-même et alla se reposer sur le meuble en bois, à sa place. Alors Draco ouvrit la porte et quitta la pièce d'un pas raide, laissant Pansy à genoux au milieu de son bureau. La jeune femme se prit le visage entre les mains et se laissa aller à pleurer toute la peine qu'elle contenait depuis trop longtemps.
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C'est déjà la fin ! Désolée, ce n'est pas bien long, mais je pense qu'il y a pas mal de matière dans ce chapitre alors je ne préfère pas m'étaler plus longtemps et en garder pour la suite !
J'espère que vous avez aimé, si oui, n'hésitez pas à me le dire et si non, faites pareil, si je veux continuer à faire plaisir avec cette fanfiction, je dois savoir ce qui cloche, n'est-ce pas ?:)
A cause des cours, je n'avais pas écrit depuis un moment alors j'espère ne pas trop m'être rouillée. Sinon, je m'en excuse et je vous assure que ça ira mieux au prochain chapitre !
Je vous embrasse et encore merci de suivre l'auteure irrégulière que je suis !
