10. L'Iron club
La journée du lendemain fut morne. Rien d'intéressant n'arriva, sinon une des jumelles Nerd qui déclara vouloir épouser Max. Tony grommela un bref « c'est surprenant », avant de replonger dans ses pensées. Il essayait- comme depuis un moment- de trouver une issue au problème de Stane.
Il crut tomber fou lorsque la journée se termina. Quittant la salle de science économique et sociale avec la vitesse d'une commette, Rhodey et Pepper durent courir pour le rattraper. Il jura :
-Si j'attrape celui ou celle qui est derrière tout ça, je l'étripe !
-L'ordinateur de Stane ? S'enquit Rhodey.
-Comment t'as deviné ?
-Je saurai plus tard ? Demanda Pepper.
-Promis.
Ils passèrent la porte d'un même pas et trouvèrent un jeune homme blond au teint parfait. Il portait un jean, un blazer blanc ainsi qu'une chemise blanche et des lunettes à montures trop chères. Ecarquillant les yeux, Tony oublia un instant Stane et tout le reste et alla se cacher derrière Rhodey, s'exclamant à mi-voix :
-Hammer !
-Où ? Mais où ?
-Là bas !
-Je rêve, murmura Pepper avec un sourire. Iron man prend peur devant Justin Hammer !
S'avançant vers le lycéen qui faisait les cent pas, un sourire aux lèvres, Rhodey souffla un bref « Elle est mazo ». La rousse l'apostropha :
-Justin !
Le jeune homme tourna la tête, et sembla fort surprit de voir arriver une jeune fille aussi séduisante. Essuyant ses lunettes, il attendit qu'elle soit en face de lui pour la saluer :
-Bonjour, jolie demoiselle.
-Pepper, rectifia elle, Pepper Potts.
-Enchanté. Qu'est ce que tu me veux ?
-Oh, rien ! Une de mes amies me disaient que tu étais Justin Hammer, mais je ne la croyais pas !
-Ah… Dis, tu sais où je pourrai trouver Anthony Stark ?
-Pas vraiment, mentit elle. Pourquoi ?
-Oh, je voulais prendre de ses nouvelles… Tu l'as vu depuis son retour ?
-On est dans la même classe, avoua elle haussant les épaules, Alors oui.
-Et il est comment ?
-Bah… Un mec un peu paumé, bof niveau beauté, qui est pâle comme un bout de craie…
Il consulta sa montre, grimaçant. Il sembla hésiter un instant, avant de sortir de la poche de sa veste une enveloppe bleu sur laquelle avait été tapé « Anthony Stark, si toujours vivant ».
-Tu pourrais lui donner ça ?
-Et bien… Oui ! Qu'est ce que c'est ?
-Une invitation à ma fête… Dommage que je ne puisse pas rester, j'aurai bien aimer discuter un peu avec toi… Tu crois qu'on pourra se revoir ?
-Hum… Murmura elle faisant la moue… Peut être.
Avec un sourire elle se retourna, et s'en fut jusqu'à Rhodey qui prêtait soudain un grand intérêt à un groupe de hippie. Justin se retourna, et s'en fut vers une limousine noire deux fois plus longue que la plus part des voitures de la ville. Une fois qu'il eu claqué la porte, Pepper se jeta sur le génie qui était toujours caché derrière son meilleur ami :
-C'est bon le génie ! S'exclama elle, il est partie !
-Pepper, murmura il sortant de sa cachette, je t'adore !
Avant que Rhodey ait pus dire la moindre bêtise, la lycéenne lui tendit l'enveloppe à laquelle il ne jeta pas un regard. Il hésita même à la mettre à la poubelle avant de se raviser, et de la fourrer dans sa poche.
Se redressant, il posa un regard amusé sur la rousse, et déclara :
-A tout à l'heure.
-J'ai hâte !
Cela ne se vit pas, étant donné l'heure où elle arriva à l'Atelier. Rhodey sursauta lorsque JARVIS s'exclama, le tirant de sa rêverie où il déshabillait une jeune fille magnifique aux grands yeux verts :
-Monsieur Rhodes !
-Hein ? Sursauta le lycéen.
Il dut lutter pour ne pas tomber en arrière, ce qui ne fut pas une mince affaire. Poussant un long soupir, grommelant à l'idée d'abandonner son fantasme, il demanda :
-Qu'est ce qui se passe ?
-Mademoiselle Potts est à l'entré. Dois-je lui ouvrir ?
-Bien sure !
A peine eut il prononcé ces mots que les portes furent ouvertes en un grincement métallique. La rousse entra, les yeux écarquillés, la bouche ouverte. Elle resta un instant sur le seuil, détaillant les différentes inventions qui dormaient de ci de là, leurs moteurs ronronnant parfois. Pénétrant dans la pièce, les portes se fermèrent derrière elle lorsqu'elle murmura :
-Waho…
-Bienvenu dans l'Atelier, fit Rhodey avec un sourire en sautant à bas de sa chaise.
-Où est Tony ?
-Déjà partit vadrouiller. Tu n'es pas en avance !
-Désolée. Non seulement je me suis trompé de bus, mais ensuite je ne te raconte même pas ! Je me suis retrouvé dans le car derrière une voiture conduite par un groupe de vieux qui n'avançaient pas… Un enfer.
-Ouais, ouais. Allez, viens voir !
Disant cela il l'entraina vers sa chaise où il la fit asseoir et lui donna une oreillette. Prenant un tabouret, il vint se placer prés d'elle, et déclara :
-C'est bon Tony, elle est là !
-Enfin, entendit Pepper dans son oreillette, Ce n'est pas trop tôt ! Où étais tu ?
-Avec des centenaires, n'ironisa elle qu'à demi.
-Bon, je ne vais pas chercher à comprendre ! Vous me voyez ?
Baissant les yeux vers un moniteur qui montrait Iron man volant prés de l'immeuble Hammer, son meilleur ami confirma. A des kilomètres de l'Atelier, entre ciel et terre, Tony était heureux que Pepper soit arrivée. Après tout, peut être que comme cela, Rhodey arrêterait avec ses blagues débiles à leur sujet.
Il allait prendre de l'altitude lorsqu'une voix dans son dos tonna :
-Bonsoir Iron man.
Se retournant, le jeune trouva WEPLASH en plein vole, sans ses fouets lumineux. Il entendit Rhodey hurler un grand « Ne reste pas là » alors que la créature reprenait :
-Je ne vais pas dire que tu m'as manqué.
-Ah ? Toi non plus.
-Laisse moi détruire ce bâtiment.
-Je t'ai dis « non » la dernière fois déjà, il me semble. Ce n'est pas bien de réclamer !
-C'est drôle, j'étais sure que tu dirais ça.
Sans rien ajouter, le robot se propulsa à une vitesse incongrue vers Tony, et le percuta de plein fouet. Il sentit une vive douleur transpercé sa poitrine et, étouffant un gémissement, maudit le générateur. Il sentit son épaule le bruler. Baissant les yeux, il trouva WEPLASH les poings sur son armure. Il en sortait deux lames qui se couvraient de sang, et une tige de fer qui fumait, ayant percé le plastron à l'endroit de son épaule.
Un étrange sourire se dessina sur les lèvres métalliques :
-Un homme… Murmura il… Je suis surpris.
Il arracha ses poings à l'armure, laissant un goût de sang envahir la bouche du garçon. WEPLASH, les poings dégoulinant d'hémoglobine, rangea les deux lames sanguinolentes en un bruit mat. Au bout de la tige, une pièce de métal circulaire, chauffée à blanc, fumait.
Tony sentit sa tête se mettre à tourner. Il sentait ses forces l'abandonner peu à peu et son sang couler le long de son tee-shirt. Son épaule, incandescente, lui permettait de ne pas perdre connaissance. Faisant émerger de ses avant bras ses deux fouets lumineux, qui claquèrent dans l'air avec violence, WEPLASH déclara :
-Aurevoir, Iron man.
Abatant ses fouets sur le jeune homme, il le regarda dégringoler le long de l'immeuble et s'écraser au sol, fracturant le bitume. Se repliant sur lui même, le génie vit des étoiles pendant un long moment. Sa tête tournait, sa poitrine lui faisait mal, et tout autour de lui avait pris une étrange couleur mordorée.
Il ne sut combien de temps s'écoula, mais il commençait à frissonner lorsque les voix de Rhodey et Pepper lui parvint pour la première fois, étouffée comme par un oreiller de plume :
-Tony !
-Il a peut être été assommé, commença Rhodey.
-Peut être… Tony, tu nous entends ?
-On ferait peut être mieux que se taire. Il a peut être très mal à la tête. Dans ce cas, autant le laisser retrouver ses esp…
-P… Parlez moi… Murmura le garçon.
Il se souvenait que, lorsque son corps avait rejeté le générateur, le simple fait que ses amis lui parle lui avait permis de rester contient. Et c'est ce qu'il devait faire. Incrédule, Pepper demanda :
-Quoi ?
-Parlez moi !
Il avait hurler, ou du moins essayer. Il y eu un court silence durant lequel il crut s'évanouir cent fois, avant que Rhodey ne demande, surement à Pepper :
-Qu'est ce qu'on lui raconte ?
-N'importe quoi, on s'en fiche ! Tiens, Tony, devine quoi ? Un journal Australien a publié que les kangourous noirs étaient en sureffectif. C'est intéressent, non ? Pas autant que ce que disais « Magmode » la semaine dernière ! Il paraît que Justin Bieber a cassé avec Sélèna Gomez par ce qu'elle voulait lui teindre les cheveux en roses !
-C'est vrai ? S'enquit Rhodey.
-Mais non ! Enfin, bref, ça a été une séparation difficile d'après ma voisine. Elle a presque quatre vingt dix ans, mais elle lit encore des trucs comme ça, cherchez l'erreur. Moi qui pensais qu'à son âge on ne faisait que regarder « Amour, gloire et beauté » et espionner ses voisins avec des jumelles… Je ne serai même pas surprise si elle me disait écouter Tokyo Hôtel !
-Euh… On devrait lui parler du feu, non ?
-Pas tout de suite ! Ma grand mère, quant à elle, n'a pas soixante dix ans, mais elle boit de la mente à l'eau quand même ! Comme quoi on est pas tous égo ! Eh, Oh ! Ne m'aide pas, surtout !
-Mais… Je ne sais pas quoi dire, moi !
-Invente !
-Bon… Hier je suis allé faire les courses avec ma mère : on a acheté des œufs, de la farine, du chocolat, des oranges, du lait, du beurre, de la lessive, du café, des philtres, des pansements, de la confiture, des carottes, des pattes, des yaourts, du jus de pomme, du riz, du sucre, des lardons, de la pâte brisé, de la crème fraiche, des tomates, du thé, de la salade…
-Mais arrêtes avec ta liste de course ! S'exclama Pepper.
-Dans ce cas, je vais lui parler du feu ! Tony, WEPALSH a mit feu à l'immeuble, il faut que tu fasses quelque chose.
Cette phrase sonna étrangement à ses oreilles. Il se sentait un peu mieux, en partie grâce à ses amis. Bien que du sang coulait encore sur son ventre, la pression du plastron l'avait ralenti. Se redressant, cahin caha, il trouva l'immeuble Hammer en proie aux flammes les plus hautes qu'il ait jamais vu. Il s'en dégageait un halo mordoré et une chaleur digne du souffle du moteur d'un BOING.
Il parvint à se relever, et estima que les pompiers mettraient une dizaine de minutes à arriver. Voyant la bouche à incendie qui montrait sa couleur ostentatoire un peu plus loin, il s'avança, le tordit, et envoya dessus un laser. L'objet explosa aussitôt, projetant un jet d'eau transparente sur l'immeuble. Petit à petit, de la vapeur s'éleva depuis les flammes qui, vaincues, courbaient leurs échines écarlates
Il ne décolla que lorsque les sirènes retentirent. Une fois au dessus de New York, il jeta un regard au sol où les camions de pompiers vrombissaient. Harnachés comme des astronautes, une vingtaine d'homme ordonnaient qu'on évacue les quelques voisins qui étaient descendus en robe de chambre, attirés par les flammes comme des mouches par un pot de miel. La grande échelle avait été dépliée, et un homme descendait une femme du troisième étage- qui n'était pas encore en proie aux flammes-. Tout allait bien.
-Tony ? L'appela Pepper, Ça va ?
-Oui… Ça va.
-Tu es blessé ?
-Ça me paraît… fort probable. Rhodey ?
-Qu'est ce qui se passe ?
-Demande à JARVIS de mettre le… pilote automatique. Je rentre.
A ce moment, le génie tomba dans un état second. Il ne sut jamais combien de temps s'était écoulé lorsque JARVIS lui enleva l'armure. Dés que le plastron le dégagea, il bascula en avant et s'écroula, face contre terre.
Pepper et Rhodey, écarquillant les yeux, se précipitèrent vers leur ami qui, couvert de sang, tremblait sur le sol. Ils le retournèrent. Son tee-shirt noir était imbibé d'hémoglobines jusqu'à la corde, un trou aux bords consumés laissait apparaître une brulure circulaire un peu sous son épaule. Comme on aurait ouvert les ouïes d'un poisson, deux plaies s'allongeaient sur sa poitrine.
Se penchant sur son visage rendu transparent, Pepper appela :
-Tony, ça va ?
-Eh ! Oh ! L'appela Rhodey le secouant, Debout là dedans !
Aucun ne reçu de réponse du génie. Il n'avait plus la force de murmurer quelque chose de construit. Il eu tout juste l'énergie de coller ses bras contre ses plaies pour ralentir l'hémorragie. Il se souvenait que ce médecin lui avait plus d'une fois demander de le faire, dans sa grotte. Il sentit deux mains se poser sur ses épaules. Une voix l'appela à plusieurs reprises, mais il ne comprenait pas vraiment ce qu'elle disait.
De longues minutes s'écoulèrent, jusqu'à ce que les contours redeviennent nets autour de Tony. Il trouva Rhodey et Pepper penchés sur lui. La rousse avait mit ses mains sous sa tête, et caressait doucement ses cheveux. Avec un sourire, elle demanda :
-Ça va ?
-J'ai… mal…
-Il faut appeler les pompiers, déclara Rhodey.
-Non… Ça va aller. Je dois rentrer… Fury n'est pas encore là. Je vais pouvoir…
-Hein ? S'enquit son meilleur ami, Mais on voit que tu ne t'es pas vu tomber !
-Rhodey, je vais bien.
-Non, tu ne tiens pas debout !
Se redressant doucement, le jeune homme desserra ses bras de sa poitrine. Aussitôt, une certaine quantité de sang coula, lui arrachant une grimace. Poussant un soupir, il leur demanda de l'aide. Une fois debout, il fallut toute la ferveur des lycéens pour maintenir le génie sur ses pieds.
Ordonnant à JARVIS de fermer l'Atelier derrière eux, Rhodey aida à Pepper a amener leur ami jusqu'à la porte d'entrée. Sans même sortir la clef de sa poche, Tony se dégagea et, alors que les deux lui jetaient un regard interrogateur, il déclara :
-Ça va aller. Rentrez, il est tard.
-Tu es sure que… Commença Pepper.
-Oui. Tout vas bien, rentrez chez vous.
A ces mots il poussa la porte, entra, et ferma le battant derrière lui. Une fois cela fait, il resta immobile jusqu'à ce qu'il entende ses amis partir, discutant avec empressement d'une excuse à raconter à leurs parents pour expliquer le sang sur leurs mains.
Dés qu'ils se furent éloignés, le garçon se retourna et avança vers sa chambre où il comptait aller chercher un tee-shirt propre. Sentant ses forces l'abandonner à nouveau, il compressa ses plaies avec ses bras avant de reprendre sa marche. Il allait dépasser le bar de la cuisine lorsqu'une voix, grave comme le tonnerre, appela depuis le canapé :
-Monsieur Stark, c'est à cette heure ci que vous rentrez?
Cette déclaration coupa le souffle déjà instable du lycéen. Tournant la tête, incrédule, il trouva Nick Fury assit sur le canapé, son ordinateur sur les genoux. Il portait un jean bleu et un tee-shirt blanc, ce qui était suffisamment rare pour le souligner. Il ne vit pas bien ce qu'il écrivait, mais cela se présentait comme un rapport.
Tony sentit le sol se dérober sous ses pieds. Tout mais pas ça. Pas lui, pas maintenant. Pas alors qu'il était dans cet état. Sentant à nouveau du sang lui envahir la bouche, il le vit se lever, l'œil écarquillé. Il semblait ne pas réaliser ce qu'il voyait :
-P… pas vous… Murmura Tony luttant contre la douleur… V… vous ne deviez pas être…
Il s'effondra sur le sol, livide, tremblant comme une feuille. Le carrelage blanc fut maculé de sang dés que ses bras l'eurent touchés. Le général se précipita sur lui, tous les sens en alertes, et le mit correctement sur le dos.
Dans l'étrange torpeur glacée où il tombait, le génie sentit son tuteur écarter sévèrement ses bras de sa poitrine, puis saisir sa main, et appeler :
-Monsieur Stark, est-ce que vous m'entendez ?
Il ne répondit pas, sa langue ayant la consistance d'un morceau de carton. Autour de lui, les contours étaient à nouveau flous, les couleurs pâles, les lumières aveuglantes et les sons étouffés. Il faisait très froid ici, et il se souvenait être venu une fois. Il n'y avait pas si longtemps, semblait il.
Le général eut beau broyé sa main, il le sentit à peine. Ses lèvres bougèrent, mais il n'entendit pas ce qu'elles disaient. Il l'entrevit se pencher en avant, appuyer sur chacune de ses plaies pour lui faire mal, le faire réagir. Ou tout simplement pour l'empêcher de saigner. Soudain, un grand voile noir obscurcit sa vision, et le dernier souvenir qu'il eut avant de s'évanouir fut la voix de Fury, qui, comme hors du temps, hurlait :
-Tony, reste avec moi !
Lorsque le lycéen revint à lui, il mit quelques minutes a apercevoir un fond au gouffre confortable et chaud où il était tombé. Ici, caché dans la pénombre ambiante, à l'abris de la douleur et de la fatigue, il se sentait bien. Mais il était indéniablement attiré par ce fond un peu plus clair, teinté d'une légère nuance bleutée.
Le fond se mit brusquement à élargir, avalant le gouffre comme un monstre glouton. Dés qu'il l'eut avalé, il entendit une douleur inimaginable hurler à ses oreilles, et un feu se déclarer sur son épaule. Tout son corps semblait peser une tonne.
Il finit par entrouvrir les yeux, curieux de ce qu'il allait découvrir, mais il ne trouva que sa chambre, sombre, emplie d'une douce chaleur. Au plafond, le réacteur projetait son halo bleu. Quelqu'un l'avait allongé sur son lit, coincé entre sa couverture et son oreiller. Il ne voyait plus son tee-shirt mais sa poitrine nue, reste répugnant d'une pièce de viande chez un boucher. Sur celle ci, ses deux plaies avaient été recousues, et il ne saignait plus. On avait posé une serviette pliée en quatre et imbibée d'eau glacée sur sa brulure.
Il voulut se lever, mais mit fin à son projet lorsqu'une main se posa sur le générateur et, avec fermeté, le maintint sur son matelas. Tournant doucement la tête, il trouva Nick Fury assit sur une chaise, un mug de café à la main. Ses trais étaient tirés, son visage anxieux, et il y avait du sang sur son tee-shirt.
-Restez tranquille, ordonna il.
-Q… Qu'est ce qui s'est passé ?
-Rien de grave. Tout va bien maintenant reposez vous.
-Mais… Commença il… Vous ne savez même pas…
-Où vous êtes vous fait cela ? Et bien…
Il laissa tomber sur le matelas le masque de l'armure. Dans la clarté mitigée de la pièce, il crut voir ses yeux briller. Alors Fury savait… Etrangement, il ne trouva pas cela alarmant. Le général, reprenant son café, avoua :
-… pour ne rien vous cacher, j'ai ma petite idée.
-Comment avez vous… deviné ?
-Je vous expliquerai plus tard.
-Quelle heure est il ?
-Peut importe. Vous êtes bien amoché, vous feriez mieux de vous reposer.
-Monsieur Fury…
-Oui, monsieur Stark ?
Bien qu'il sentait une fatigue éreintante le prendre, il fallait qu'il lui dise. Que ce soit la fièvre, ou la douleur, il ne savait pas exactement, mais il voulait qu'il le sache. Prenant son courage à deux mains, il murmura :
-Je vous ai vu… Je vous ai entendu… Avant que je m'évanouisse vous avez dit… « Tony, reste avec moi »…
Le général déclara « navré de vous avoir manqué de respect », ou quelque chose du même genre, mais il ne l'écouta pas. Il n'avait pas la force nécessaire pour emmagasiner une excuse qui risquait de lui faire du mal. Fermant les yeux, il laissa une douce torpeur le tirer vers le bas, concluant :
-Vous m'avez appelé « Tony »… Vous avez dis « reste »… Vous m'avez dis « Tu »… Merci.
Lorsqu'il reprit connaissance pour la seconde fois, le génie se sentait mieux. Ses plaies étaient moins douloureuses, et la faiblesse qui l'avait tenu en étaux dans ses bras puissants semblait avoir disparue. En revanche, il s'était mis à trembler.
Ouvrant les yeux, il trouva sa chambre vide, mais il ne put dire si cela le soulageait ou non. Passant une main sur sa poitrine, il remarqua qu'on l'avait pansé. Soudain la porte fut ouverte, et un rayon aveuglant de soleil se faufila dans la pièce, le forçant à plisser les yeux. Une fois le battant refermé, il put voir son tuteur qui s'avançait vers lui, une nouvelle tasse de café à la main, portant toujours son tee-shirt sale.
Il vint prendre place sur une chaise qu'il avait due amener dans la chambre, et qui ne se trouvait qu'à quelques mètres de son lit. Une étrange grimace étirait ses lèvres, et il se douta qu'il s'agissait d'un sourire. L'homme posa une main sur son front, et avoua en portant la tasse à ses lèvres :
-Vous avez de la fièvre.
-J'avais deviner, avoua il.
-Comment vous sentez vous ?
-Ça va…
Il réalisa à contre cœur que le général avait recommencé à dire « vous ». Pourquoi ne pouvait il pas l'appeler « Tony », comme tout le monde ? C'était une des seules personnes en qui il avait une confiance aveugle, et pourtant rien ne semblait les rapprocher. Comment était-ce possible ?
-Vous avez faim ?
-Non. Quelle heure est il ?
-Deux heure de l'après midi. Je crois que je devrais vous faire la morale sur le fait que jouer les justicier en métal n'est pas une bonne idée, mais je vais vous épargner cela encore un peu.
-Serait-ce de la pitié ?
-Je dirai plutôt de la bienveillance, avoua il reportant la tasse à ses lèvres. Vous avez perdu beaucoup de sang, vous avez encore besoin de vous reposer. Ce soir, j'ai bien peur qu'Iron man ne se montre pas.
Cette idée affola le lycéen plus qu'il ne l'avait jamais imaginé. Tentant de se redresser, il s'exclama :
-Et si WEPLASH revient ! Si il détruit vraiment Hammer Multinational ! Si le virus disparaît avec lui ! Si…
-Tony, Tony, murmura l'homme dont la voix se voulait rassurante, Calme toi. Rallonge toi, tu trembles.
Le garçon obéit, bon grés mal grés. Il ne pouvait pas se permettre de resté allongé dans son lit alors que, quelque part, WEPLASH était peut être en train d'infiltrer une tonne de cerise confite ou madame Arlington de faire bruler Hammer Multinational ! A moins que ce soit le contraire, il ne savait plus… Il dut s'y prendre à trois fois avant de réaliser à quel point la fièvre lui embrouillait les idées.
S'enfouissant dans son oreiller, il remarqua que Fury avait à nouveau dit « Tu ». Cela lui fit étrangement plaisir. Poussant un long soupir qui le força à grimacer, il murmura :
-Comment je vais faire…
-Pour quoi ?
-Tout. Iron man, le lycée… Je suis sensé être un super héros et je n'arrive même pas à m'asseoir.
-Tony, si tu avais été un homme adulte, ces deux plaies t'auraient percées les poumons. Tu te serais noyé dans ton sang en quelques minutes. Alors en temps que tuteur, je pense qu'il est normal que tu restes ici pour te remettre…
-Mais la première fois…
-La première fois tu étais dans une grotte Afghane, aujourd'hui tu es chez toi, à New York. Nous n'aurons qu'à inventer une excuse comme quoi tu as eu un accident de voiture !
-Mais Iron man…
-Iron man a le droit à un congé. Il a été blessé en sauvant Hammer Multinational, et tout le monde le comprendra. Quant à Anthony Stark, si il quitte son lit dans les dix prochaines heures, il aura à faire à son tuteur qui a prit quelques jours pour s'occuper de lui. Il ne l'avait pas fait depuis plus de dix ans.
-C'est un reproche ?
-Non, une menace.
Quelque chose fit comprendre au génie qu'il était ironique. Un léger sourire étira ses lèvres, alors que Fury déclarait :
-Et Hammer Multinational n'a même pas brulé. Il semble que votre intervention ait permis aux pompiers de sauver l'immeuble.
-Bon, grogna il, mettez vous d'accord ! Vous me dîtes « Monsieur Stark, vous » ou « Tony, tu » ?
-Si je disais « Anthony, tu », ça vous irait ?
-Parfait.
-Dans ce cas, Rhodey et Pepper sont passé vers midi. J'ai répondu que tu dormais, ce qui était vrai. Ils avaient l'air inquiet.
-Je crois que je leur ai fait peur… Il faudra que je m'excuse. On n'était pas préparé à ça.
-Personne ne l'est, sauf les agents du SHIELD. Et encore, nous haïssons ces moments.
-C'est vous qui m'avez recousu ?
-Avec l'aide du docteur Hubble, oui. Il a eu l'air heureux de voir que le générateur était stable. Tu ne lui avais pas dis ?
-Non, murmura il, j'avais préféré attendre un peu. Pour l'instant tout va bien, mais je ne suis pas certain que cela continue.
-En tout cas je trouve que tu as meilleure mine, depuis quelques jours. Tu as changé quelque chose ?
-Hum… Je me suis remis à manger.
-Tout s'explique. Mon omelette était bonne ?
-Oui… Et mon diner ? Vous n'avez pas été malade ?
-Non, mais je te déconseille de devenir cuisinier.
Le garçon éclata de rire, secouant sa poitrine qui ne sembla pas s'en réjouir. Grimaçant, il murmura :
-J'y penserai. Mais je comptais me tourner vers la mécanique, à vrai dire…
-C'est une excellente idée ! Tu es bien plus performant dans ce domaine ! L'armure en est l'exemple le plus flagrant…
-Comment avez vous su que … c'était moi ?
Haussant les épaules, le général replongea ses lèvres dans sa tasse de café. Il sembla réfléchir un moment, promenant son regard sur la pièce sombre, puis avoua :
-Vous m'avez… pardon, tu me semblais bizarre depuis un moment. On ne se connaît pas bien, mais je sentais que quelque chose avait changé. Tu n'étais plus l'orphelin empoisonné au cœur de palladium, tu étais plus confiant. Plus sure de toi, comme si il t'était poussé des ailes. Ou des réacteurs, en l'occurrence. Enfin, quand je t'ai vu rentré hier soir, j'ai compris que quelque chose n'allait pas, alors après t'avoir soigné, j'ai demandé à JARVIS de me dire où tu étais aller. Il a refusé, mais le chemin entre ici et… Comment l'appels-tu déjà ? « L'Atelier » ?... était couvert de sang. Après beaucoup de temps passé à menacer JARVIS sans qu'il m'ouvre, j'ai fini par lui dire que c'était toi qui m'avais envoyé. J'ai raconté que ton cœur avait été endommagé, et que tu avais un besoin d'une pièce spécial que tu avais laissé là dedans. Ça l'a décidé. Je suis entré, et j'ai tout vu. Cette armure est vraiment un travail remarquable.
-Je dois dire « merci » ou « vous n'avez pas honte d'avoir violer mon Atelier » ?
-A toi de décider je t'ai déjà dis que je te ferai la morale plus tard.
-Hum… Je vous la ferai plus tard aussi.
Un sourire étira ses lèvres. Longtemps, il avait espéré parler comme cela avec son tuteur, mais vivre était plus fort qu'imaginer. Se laissant aller contre son oreiller, il sentit ses paupières tomber toutes seules sur ses yeux. De toute évidence, il était encore fatigué. Sans rien ajouter, il laissa une douce torpeur le prendre et s'endormit.
Lorsqu'il se réveilla pour la troisième fois, il crut d'abord rêver. En effet, une lumière intense s'imposait avec force dans la pièce. Se redressant doucement, il lui fallut une dizaine de seconde pour réaliser que les volets avaient été ouvert. Dehors, le soleil était déjà haut au dessus de New York. Son épaule brulée étant douloureuse, il décida de se laisser aller contre son oreiller en attendant que son tuteur surgisse de nul part, comme à son habitude.
Il resta un moment silencieux, écoutant le silence de la pièce, puis appela :
-JARVIS ?
-Oui monsieur ?
-Quel jour sommes nous ?
-Vendredi monsieur, et il est dix heure et trois minutes.
-Il faudrait peut être que je me lève…
-Je vous le déconseille. Monsieur Fury n'avait pas l'air réjouis lorsqu'il vous a examiné.
-Je me sens mieux.
-Toute fois il est plus prudent d'attendre son feu vert, vous ne croyez pas ?
-JARVIS, il faut parfois savoir courir avant de savoir marcher.
A ces mots il se mit sur le côté, enjamba son matelas, et posa ses pieds par terre. Ses plaies n'en semblèrent pas ravies, mais il les ignora. Il prit son élan et se leva, espérant ne pas être trop faible pour tenir debout. Il fit quelques pas hésitants, tanguant à la manière d'un plaisancier sur un voilier, ce qui lui permit d'atteindre son bureau. Se laissant tomber sur sa chaise, il laissa un long soupir franchir ses lèvres.
Son ses pansements, ses plaies le tiraient à nouveau et sa brulure semblait soudain s'être réveillé. Il jura, réalisant qu'il aurait dus écouter JARVIS, comme toujours.
-Lequel de nous avait tord ? S'enquit l'intelligence artificielle.
-Oh, ça va ! Dis moi plutôt si j'ai des messages…
-Vous avez quarante sept appels manqués de monsieur Rhodes et mademoiselle Potts, ainsi que sept messages vocaux, et trente SMS non lu dont le contenus est approximativement « Comment ça va ? ».
Un demi sourire orna les lèvres du génie. Ces chiffres lui paraissaient énormes, peut être par ce que quand il était rentré d'Afghanistan, aucun message ne l'attendait, les seuls qui auraient pus lui en laisser étant mort. Mais cette fois c'était différent : on s'inquiétait pour lui. Pour des gens, en dehors de cette maison, sa survie importait. Etrangement, il trouva cela merveilleux.
-Monsieur, l'appela JARVIS, tout va bien ?
-Oui je… rien.
-Que dois-je répondre à ces messages ?
Le jeune homme resta silencieux un instant, laissant ses pensées vagabonder entre le monde réel et l'endroit doux et brumeux où il avait passé les deux derniers jours. Il finit par déclarer, se raclant la gorge :
-Envoi à Rhodey « Salut mon pote, comment ça va ? Moi je me remets doucement, je ressemble vaguement à une brochette trop cuite, sans mauvais jeu de mot. Fury a prit quelques jours de congé pour pouvoir me soigner. Je ne sais pas trop ce que je dois en penser. Je n'ai aucune idée de l'état dans lequel est l'armure, et j'espère pouvoir voler d'ici ce week-end. A plus. »
-Bien monsieur, et pour mademoiselle Potts ?
-Et bien… « Salut Pepper, comment ça va ? Désolé que ta première fois dans l'Iron club se soit si mal fini. J'espère que tu ne jugeras pas Iron man sur ce gadin, il ne le mérite pas. »
-C'est tout ? S'étonna JARVIS.
Oui, c'était tout. Simple, inexpressif, et ne donnant aucune nouvelle de son état de santé. Dans de pareil condition, il était certain que la rousse voudrait en savoir plus. Et il espérait qu'elle lui répondrait. A cette simple idée, un sourire étira ses lèvres.
JARVIS envoya les SMS sans rien demander. Se levant, le génie marcha jusqu'à son lit et s'y laissa tomber, sentant le monde se mettre à tourner autour de lui. Une dizaine de minutes plus tard, l'intelligence artificielle déclara :
-Monsieur, James Rhodes vient de vous envoyer un message.
-Lequel ?
-« Heureux de voir que tout va bien, on s'est fait un sang d'encre, je t'engueulerai si je n'étais pas aussi content. Sérieusement Tony, tu dois faire plus attention que cela. Sinon, tout va bien ici, Pepper a hurlé en voyant le message que tu lui avais envoyé. Je paris que c'est pour qu'elle t'appel… Dragueur va. Bref, fais gaffe à ton tuteur, j'essayerai de passer ce soir ou demain. A plus. » Que dois-je répondre, monsieur ?
-Répond lui simplement « Dans le mille. Dragueur sans frontière. Sérieusement, tu n'as pas honte de penser que je pourrais la draguer ? Tu es fou ! »
-Bien monsieur. Je détecte un message vocal de mademoiselle Potts… Dois-je le lire ?
-Vas y.
Il y eu un bref silence pendant quelques secondes, puis la voix de Pepper retentit, emplissant la pièce comme un ouragan :
-Tony ?! C'est moi ! Non mais est-ce que tu te fous de moi ou tu veux que je t'étrangle ?! Je t'ai laissé devant chez toi, couvert de sang et sentant le cochon grillé et il faut que je me contente d'un « Désolé » ? Mais c'est une blague ! Est-ce que tu sais que j'ai passé mon temps à me demander si tu étais mort ? A guetter le ciel pour voir si Iron man passait ? Je te déteste ! Ça va ? Comment tu te sens ? Fury a découvert ce qui t'était arrivé ? Monsieur Stark, que vous me répondiez ou pas, je vous hais !
La jeune fille raccrocha, et c'est avec un sourire franc que le génie se glissa sous sa couverture. Elle l'avait rappelé, comme il l'espérait. Laissant un instant l'idée qu'elle tenait à lui le bercer, il finit par murmurer :
-JARVIS, envoi un message à Pepper : « Pas la peine de hurler comme ça ! Ça va mieux, ou du moins un peu. Merci pour la comparaison avec le cochon, au passage. Je suis content de voir que tout va bien pour vous. Je pense revenir d'ici quelques jours. Vous devriez être un peu moins tendue, mademoiselle Potts. »
-Bien monsieur.
Une dizaine de minutes s'écoulèrent, emplissant la pièce d'un brouhaha silencieux. Tony, impatient, pianotait sur le générateur qui chauffait légèrement sous ses doigts. Finalement, l'intelligence artificielle déclara :
-Monsieur, je reçois une réponse de mademoiselle Potts.
-Qu'est ce que c'est ?
-« Je tenterai de suivre ton conseil, mais te signale au passage que tu es un abrutis fini. Ce sera tout, monsieur Stark ? »
-« Ce sera tout, mademoiselle Potts. »
Avec un nouveau sourire, le génie entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Se redressant, il trouva Fury les mains derrières le dos, portant un jean et un tee-shirt noir, qui abordait un mystérieux sourire. Dévoilant une écharpe médicale d'un bleu profond, il s'approcha du lycéen en un grand :
-Bonjour Anthony.
-Bonjour monsieur Fury.
-Bien dormi ?
-Ça va.
-Tu as mal ?
-Hum… Ça va.
-Tu as faim ?
-Un peu, pour être tout à fait franc.
-Très bien. Tiens, j'ai demandé au docteur Hubble hier soir ce que je pouvais faire pour ton épaule : il m'a répondu que le mieux était de l'immobiliser. Alors je suis allé à la pharmacie, et j'ai acheté ça.
-Vous avez l'air heureux, remarqua le garçon.
-Je n'étais pas entrer dans une pharmacie depuis vingt cinq ans, il y a de quoi !
Saisissant l'écharpe, Tony la passa dans son dos, attacha les scratchs sur sa poitrine, puis enveloppa son bras dans le tissus rugueux. Aussitôt, la brulure que lui infligeait sa blessure sembla se calmer, et il put demander :
-Vous avez fait de l'œil à la pharmacienne?
-Je te demande pardon ?
-Oh… C'est une vieille expression de Rhodey ! Bref, vous l'avez dragué ?
Il ne sut pas si le regard que le général lui lança était surprit, provocateur ou amusé. Toute fois, il finit par déclarer, perdant son sourire :
-Moi ? Tu es fou.
-J'ai dis exactement la même chose à mon meilleur ami ce matin, remarqua il.
-C'était à propos de la pharmacienne ?
-Euh… Non. Pas du tout.
Se levant, le jeune homme fit quelques pas, testant sa stabilité. Lorsqu'il vit qu'il semblait tenir debout, un sourire se peignit sur ses lèvres. Se tournant vers son tuteur, il demanda :
-Vous avez pris beaucoup de jour de congés ?
-Trois ou quatre.
-Dans ce cas je crois que vous pouvez en rendre deux… Enfin, si c'est possible. Et si c'est comme cela que l'on dit…
L'homme eut un petit rire, ce qui amusa Tony lui aussi. Il faudrait qu'il s'intéresse à autre chose que la mécanique un jour, pour voir. Comme cela il pourrait peut être apprendre les bases de la vie en entreprises, et paradoxalement la vie en communauté.
Fury reprit :
-On ne dit pas comme cela, et ce n'est pas possible. Mais on s'en fiche, nous avons du travail, et je ne suis pas sure que deux jours de congés suffisent à le terminer…
-Qu'est ce que vous voulez dire ?
-Pendant ton sommeil, tu as parlé de l'ordinateur de Stane, et du dossier « Mission ARK ». Mais aussi d'autre chose… Ce n'était pas très distinct, mais je suis à peu prés certain que c'était au sujet de WEPLASH…
A la simple prononciation de ce mot, Tony le sol se dérober sous ses pieds. Basculant en arrière, il tomba sans réellement s'en rendre compte. Alors que Fury accourait pour voir si tout allait bien, il sentit son estomac se retourner. Tout était clair à présent… Les mots hurlaient dans sa tête avec la violence d'un cyclone. « La mission est presque abolie. J'aurai bientôt finit mon travail. Tout serait même aller très bien sans Iron man. Cet énergumène ne mérite que le châtiment que je lui prépare. Il souffrira, qu'il soit homme ou machine. Avec mon plus profond respect. ».
Il se souvenait du contenu du mail que Banks avait envoyé. Il se félicita d'avoir retenu son nom, avant de se souvenir de ce qu'avait dit WEPLASH, en retirant ses lames de son torse « Un homme… Je suis surpris… ». A présent, il comprenait pourquoi ces plaies à ces endroits, et cette blessure à l'épaule.
Comme l'avait dit Fury, si il avait été un homme adulte, ces plaies lui auraient percé les poumons. Quant à la brulure, il s'en voulait de ne pas avoir comprit plus tôt. En effet, quoi de plus facile que de la chaleur pour entrainer une fonte des circuits imprimés ?
-Anthony, l'appela Fury, Tout va bien ?
-Ça va…
WEPLASH avait écrit ce mail. Il l'avait envoyé sur l'ordinateur de Stane, et celui qui l'avait rallumé devait le payer. Tout s'expliquait à présent plus ou moins, à par le fait que Banks connaisse WEPLASH.
Poussant un soupir, le génie grommela :
-Mais qu'est ce que Hammer viendrait faire là dedans, en plus de cela ?
-Anthony, tu es sûre que ça va ?
-Je… oui. Enfin non, je réfléchis. Et j'en ai assez, cette histoire n'a ni queue ni tête ! Si WEPLASH a été payé par celui qui a rallumé l'ordinateur de Stane, alors pourquoi est-ce qu'il avait besoin de transféré le virus sur le PC d'Hammer, puis sur celui de Stane avant de l'implanter dans l'immeuble ? Ça n'a pas de sens !
-Ecoute, je ne comprends rien à ce que tu racontes. Qu'est ce que…
-… A moins que l'ordinateur d'Hammer ne contenait déjà le virus. Dans ce cas, pourquoi il aurait été envoyé sur l'ordinateur de Stane ? Et pourquoi est-ce que certains dossiers sont sortis de nul part ?
S'asseillant sur le sol, comprenant que son protégé n'était pas prés à tout lui expliquer, Fury tenta de rassembler ses pensées avant de murmurer :
-Peut être que quelqu'un a…
-Insérer un logiciel de renforcement du disque dure, je sais ! Sauf que c'est impossible : il n'y a pas dix milles personnes sur Terre capable de faire cela. Et le seul qui aurait pus créer le virus et faire ce truc est Banks…
-Dans ce cas, tu as ton coupable.
-… mais Banks est mort !
-Dans ce cas, ce n'est pas Banks. Tu as déjà envisagé le fait qu'il ne soit pas mort ?
-Oui, mais si il a encore une activité cérébrale, c'est tout ! Il a eu un accident de parachute, ou un truc comme ça… Tout ce qui reste de Banks est une cervelle ! Son squelette est partit en poussière, et…
Le jeune homme se tut un instant. Squelette. Cervelle. Il avait déjà entendu ces mots dans une même phrase, mais laquelle ? Il se concentra au maximum, mettant en ébullition chaque micron de son cerveau. Il parvint à se souvenir que Pepper les avait employé pour décrire WEPLASH.
Il sentit à nouveau le sol se dérober sous lui, mais il se força à ne pas y penser. Comment avait il put être aussi bête ? Fury posa ses mains sur ses épaules et décréta, le soulevant avec fermeté :
-Ça suffit Anthony, va te recoucher. Tu es encore faible…
-Comment j'ai pus… Banks et WEPLASH…
-Quoi Banks et WEPALSH ?
-Non, murmura il se levant, je veux dire… Banks est WEPLASH. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais c'est comme cela.
-Je propose que tu reposes encore un peu. Tu n'es pas en état pour réfléchir là dessus.
-J'ai réfléchis à un réacteur nucléaire dans une…
-Je sais, je sais. Mais ici tu n'es pas dans ta grotte, tu es à New York. Tu n'es pas aux portes de la mort, mais dans ton lit. Alors tu vas te reposer, vu ?
-Vu, soupira il.
Le général ne semblait pas convaincu. Se levant, il resta songeur un moment avant de décréter :
-Tu vas manger quelque chose, puis tu dormiras.
-Je ne sais pas cuisiner…
-Ce n'est pas grave, je m'en charge. Tu mangeras certainement une omelette, c'est tout ce que je sais concocter.
Cela amusa le garçon, sans qu'il sache pourquoi. Avec un sourire, il se laissa tomber en arrière et regarda son tuteur quitter la pièce. Sentant la fatigue titiller ses paupières, il réalisa qu'il n'avait pas si faim, finalement.
Alors qu'il se laissait gagner par une agréable torpeur où sa poitrine n'était plus douloureuse, une question lui vint à l'esprit, sans qu'il sache pourquoi. Qui avait put transformé Alfred Banks en WEPLASH ?
