Chapitre 10 : Bête ou humain ?

Bonjour à tous ! Je reviens avec un chapitre un peu particulier… Rated M. Faites attention à vous.


Flo974 : Je conçois, Jim a été hyper optimiste xD Mais il croit en la justice avant tout. Pour la séparation du Caskett qui n'en est pas une réelle à mon sens ici, tu verras que nous ferons un pas en avant et deux en arrière. Bonne lecture et merci pour les commentaires.

Mam : Tu es bien optimiste… Katherine enceinte, un jour peut-être… Par contre, encore de terribles moments à affronter. Bonne lecture et merci pour ta review.

Sarha : L'idée d'un cauchemar... C'est intéressant mais est-ce la voie que j'ai choisi ? Tu le découvriras. Merci pour ton commentaire, agréable à lire.

Bonne lecture !


4 mois, plus tard.

Comme chaque matin, le lit me parait trop grand.

Comme chaque matin, les draps sont trop froids.

Comme chaque matin, je me suis réveillée après un cauchemar devenu familier qui m'attend tous les soirs, tapi sous la couette. Comme chaque matin, j'ai mal dormi.

Comme chaque matin, j'ai mal à lui… Comme chaque matin, j'ai mal à moi… Comme chaque matin, il n'est pas là.

Cela faisait un moment, un long moment que Beckett n'avait pas vu Castle. Par bonté et pour honorer le nom d'épouse qu'elle portait désormais, elle avait donné ses trois derniers parloirs à Martha et Alexis. Elle ne le regrettait pas, loin d'elle cette idée, toutefois, elle en avait également besoin. Bien sûr qu'il lui avait cruellement manqué, seulement aujourd'hui, elle allait, ils allaient se rattraper. C'était la première visite conjugale depuis l'incarcération de Rick, il y a de ça, sept-huit mois. Une période d'abstinence que Katherine maudissait, haïssait… Et qu'elle appréhendait maintenant de rompre. Elle mourrait d'envie d'entendre sa voix, de se perdre dans ses yeux, de ressentir les frissons qu'il faisait naitre en elle mais allaient-ils réussir à dépasser l'atmosphère et l'ambiance aseptisé des lieux ? Un seul moyen de la savoir, tenter l'expérience.

Au même moment à Sing-Sing.

Castle avait changé de quartier à son plus grand désarroi. Plus de protection, plus d'ami, uniquement des ennemis. Sa nourriture si l'on pouvait qualifier ainsi un morceau de biscotte et un bouillon clair, étaient régulièrement interceptées. Des tessons de verre, des morceaux de lames de rasoirs et des liquides non identifiés parsemaient ses repas quand ils arrivaient enfin à destination dans sa cellule. Si ce n'était que ça… Il n'aurait que perdu ses 25 kilos mais ses ennemis ne s'arrêtaient pas là. Il n'était pas un trajet où une vérification de cellule sans qu'il ne reçoive un coup de poing, un coup de couteau ou un coup de pied. Néanmoins, malgré ces sombres considérations, il arrivait à sourire, à garder espoir car aujourd'hui, c'était visite conjugale avec sa femme. Il craignait de ne pas avoir la force ou que Kate prenne peur mais, essayer était devenu sa devise du jour.

-Matricule 7895 ! C'est l'heure de la visite conjugale !

L'écrivain se mit sur ses jambes, tant bien que mal et attendit que le déverrouillage de la pièce veuille bien s'effectuer. C'était devenu un rituel, un passage obligatoire pour gagner un brin de liberté loin de ses quatre murs.

-Les poignets !

Il tendit ses mains devant lui et ainsi menotté, il se laissa guider à travers les longs et crasseux couloirs de la prison.

-J'ai vu ta copine, elle est vraiment mignonne.

Richard ne releva pas cette remarque, tellement habitué à ce que ses geôliers l'attisent pour mieux le punir par la suite.

-A coup sûr, tu vas prendre ton pied, rigola le garde.

Remarque graveleuse, qu'une nouvelle fois, il ne releva pas.

-On est arrivé.

L'officier lui retira les bracelets et le fit entrer dans la pièce. Elle était là, bien présente… Et ce n'était pas un rêve, un énième fantasme de sa part. Elle s'était arrêtée de faire le tour de cette pièce quand la porte s'était ouverte sur lui, son époux.

-Rick, s'émut la jeune femme.

-Kate…

Elle combla les derniers mètres les séparant et se cala entre ses bras. Elle recherchait sa sérénité, la sécurité qu'il dégageait, malheureusement, plus rien n'était pareil. Beaucoup de choses avaient changé. Elle le sentait musclé, fort mais pas aussi protecteur, rassurant comme si son aura l'avait quitté.

-Babe.

Elle releva son visage baignée de larmes, lui répondant sans un mot que l'émotion la submergeait. Les mots se figeaient dans sa gorge, incapables de sortir. Elle les sentait, les entendait, les voyait dans sa tête, mais ils y étaient bloqués, comme si sa parole était déconnectée de ses lèvres.

-Je suis fatigué.

Il aurait voulu rester ce pilier pour son cœur mais il ne cessait de tanguer sous la faiblesse de son corps. Il aurait voulu être cette épaule rassurante et forte. Il aurait voulu être cet homme qu'il était avant. Il aurait voulu tant de choses qu'il prit violemment conscience qu'il n'était plus qu'un vulgaire bateau en papier prenant l'eau.

-Viens.

La main dans la sienne, elle le fit s'asseoir au pied du matelas et attendit ne serait-ce qu'un signe, qu'un mot, qu'un regard pour poursuivre. Le principe de la visite conjugale ne lui plaisait guère, ressemblant de trop près à une passe dans une vulgaire chambre d'hôtel de seconde zone où tout le monde savait ce qui allait s'y passer mais tant pis, elle ferait avec. Le lieutenant Beckett serait désormais assimilée à une femme qui… Non. A une épouse faisant l'amour avec son mari. Elle n'avait pas à chercher plus loin, elle n'avait pas à se torturer davantage l'esprit.

-Katherine, gémit-il en la rapprochant de lui.

Son cœur rata un battement. Elle voyait dans ses yeux une émotion qui reflétait la sienne. Elle frotta sa main contre sa joue mal rasée et sans le quitter du regard défit les boutons de son chemisier un à un. Une lenteur que Rick prenait plaisir à regarder et surtout apprenait à redécouvrir. Les boutons défaits, elle entreprit de retirer son haut quand les mains de son mari prirent le relais. D'une infime délicatesse, il glissa sa chemise le long de ses épaules puis de ses bras pour venir déposer ses lèvres entre ses seins. Il crut un instant être au loft, vivant une nouvelle fois leur première fois quand le néon juste au-dessus de leurs têtes le sortit de son oasis de désir.

-Hum…

Un gémissement lâché d'entre les lèvres sensuelles de sa muse et l'écrivain repartit sur les douces contrées offertes par sa femme. Une magnifique vallée courant de sa ceinture à l'orée de sa poitrine longuement chevauchée et deux sublimes collines gravies et dévalées maintes et maintes fois.

-Tu es sublime, souffla-t-il contre son sein.

Elle frissonna à cette caresse mais touchée par l'infime tendresse et la patience avec laquelle Rick la faisait peu à peu sienne, elle l'intima à sceller leurs lèvres. Ses mains de chaque côté de sa mâchoire, elle se saisit de sa bouche l'emportant loin, très loin de ce lieu inhumain.

-Je tiens à te prévenir… J'ai changé, chuchota-t-il alors qu'elle avait sa main sur la fermeture éclair de sa combinaison orange.

-Non. Tu n'as pas changé, tu es toujours mon mari.

Emu, il la laissa faire. Il n'avait pas à avoir peur du regard de sa femme sur son corps. La fermeture glissa de son torse à ses cuisses pour s'arrêter à ses jambes. Elle lui retira complètement, il était nu. Elle le regardait, il la regardait. Il pouvait lire en elle cette culpabilité infondée, cette tristesse affective mais que pouvait-il y faire ? Lui redire pour la énième fois qu'elle n'y était pour rien ? Qu'il l'aimait de toutes ses forces ? Non, cela ne servait à rien. Il fallait que le temps fasse son travail d'acceptation en réapprenant peu à peu à faire avec… Ou plutôt sans.

La jeune femme souffla. Il avait changé, elle ne pouvait pas le nier. Rick n'était pas moins beau, moins séduisant, moins attirant, il était simplement différent. Ses os saillaient de sa poitrine et de ses épaules, sa peau était sèche, rêche, marquée de nombreuses cicatrices et autres blessures. Ses doigts parcoururent ses plaies à moitié refermées où elle aurait pu sans mal les relier, afin de faire un dessin comme ce jeu d'enfant où il fallait joindre les chiffres entre eux pour faire apparaitre un lapin ou une carotte, mais ses dix petits curieux s'attardèrent sur un pansement d'où le sang s'écoulait encore.

-Tu as mal ? S'enquit-elle, accroupie devant lui.

-Plus maintenant Kate… Plus maintenant, murmura-t-il en glissant ses mains dans ses cheveux.

Elle releva le visage vers ses magnifiques yeux et entamant une remontée des plus sensuelle, accompagnée, encouragée par la main romantique de son homme entre ses mèches. Elle embrassait ses cuisses, caressait ses jambes, ses genoux jusqu'à atteindre l'évidence de son désir. Honnêtement, elle ne l'avais vu si… Vigoureux, si prêt. Elle ne résista pas et glissa son sexe dans sa main, le caressant de son pouce.

-Pas aujourd'hui… Se retint-il dans un râle.

Kate relâcha la pression, ses deux mains glissant lentement sur chacune de ses cuisses. Remontant sur ses abdominaux durs comme de la pierre, ses pectoraux désormais parfaitement dessinés… Le temps s'était oublié le temps d'un silence.

-Je t'aime…

Un souffle chaud contre ses lèvres, Rick entoura sa nuque de ses doigts, son autre main sur sa hanche, la rapprochant de son corps.

-Always.

Un doux murmure écho au sien, venait de lui chatouillait le cou, lui envoyant une onde de plaisir alors que ses formes épousaient la bouche brûlante de son mari. Il se promenait nulle part et partout à la fois tant ses baisers semblaient irréels, sortis tout droit de ses fantasmes les plus exquis.

-Babe, gémit-elle sous la pression des lèvres de Castle sous le bouton sauté de son jean.

Amusé, heureux, il continua son périple fantastique au croisement de son aine respirant ses frissons à mesure de sa mise à nu. Ses muscles contractés sous ses caresses, ses ongles griffant son cuir chevelu, elle devenait peu à peu sienne.

Son pantalon et son string au bas des chevilles, elle les écarta d'un coup de pied et jeta ses chaussures sur le côté. Complètement nue, Katherine rougit en surprenant son regard balayer son corps tant ses yeux s'accrochaient à la moindre parcelle de ses formes. Comme si elle retrouvait, perdue dans un coin de ses souvenirs, un peu de sa pudeur de fille vierge ou plus récemment, son appréhension de sauter le pas avec son écrivain.

Confus, fébrile, l'instant se chargeait d'une drôle d'hésitation ou la frénésie ne prenait guère. Devait-elle le laisser dominer l'échange ? Devait-elle prendre en charge leur plaisir ? Et si… Et si elle laissait parler son envie. Elle déposa ses jambes de part et d'autre des siennes, ses pieds frôlant ses mollets et s'assit sur lui, ses lèvres contre les siennes.

-Ça va ?

-Parfait… Tu es parfaite.

Le rouge lui monta aux joues telle une midinette vivant ses premiers émois mais la réaction de son corps contre la peau de son homme n'avait rien à voir avec celle d'une jeune fille en fleur. Ses mains l'appelaient dans l'audace, sa bouche le goutait dans l'ivresse et ses hanches ondulaient sous l'ardeur d'un caprice d'amant.

-Chérie…

Un râle plus prononcé et l'auteur se saisit soudainement de la nuque de sa muse, sa joue soudée à la sienne avec rudesse, son regard posté vers le bas, stoppant les mouvements de leurs corps s'unissant sous leurs yeux pantois et charmés. Katherine se mordit la lèvre presque jusqu'au sang tant la vision merveilleuse du sexe de Rick la faisant sienne surpassait tous ses fantasmes inavoués.

-Han…

Un tremblement, une reprise d'air, elle crut qu'il allait défaillir, succomber mais non. Il se ressaisit, se retira légèrement pour reprendre de la contenance, un magnifique sourire sur le visage, celui d'un homme libre… Libre d'aimer.

-Je ne pourrais jamais me passer de toi.

Quelques minutes plus tard…

Rick étendu aux côtés de sa femme, l'enlaçait délicatement, sachant trop bien que ses émotions, rendues à fleur de peau par leurs orgasmes méritaient encore toute son attention et sa prévenance. Leurs visages se touchaient, leurs regards se confondaient, leurs yeux si proches que leurs cils se frôlaient. Ils ne voyaient plus rien, ils percevaient uniquement une lueur vacillante longuement consumée. Leurs sourires s'entremêlaient tout comme leurs souffles. Ils ne parlaient pas, ils n'avaient plus rien à se dire ou plutôt trop à rattraper. De toute manière, en cet instant, peu importait. Le silence était le même. Ils étaient bien, blottis ainsi l'un contre l'autre, hors temps, hors espace, hors désir, dans le nu de l'amour.

-Tu lis ? L'interrogea-t-il au bout d'un temps.

-Oui tes livres… Mais pourquoi cette question ?

-Je n'ai pas le droit d'écrire.

-Ça te manque ? S'enquit-elle en appui sur son torse.

-Oui… Il est déjà assez rare que mon esprit s'évade ces derniers temps alors quand une idée me vient, j'aimerai l'écrire, la développer, la travailler, la réécrire.

Kate ressentait la peine de l'écrivain, presque aussi triste que celle de l'homme. Ici, il était privé de liberté, de sa liberté mais bien plus encore, il était censuré. Les mots qui faisaient de Castle cet auteur de talent lui étaient en cet endroit ôtés.

Une veine se dessina sur son front, elle grimaça. Nikky Heat… Jameson Rook…Ses livres… Une folle idée lui vint en tête. Depuis que l'affaire de Castle était publique, jamais les ventes n'avaient été si fructueuses et jamais leurs comptes en banque n'avait été si hauts. Un lien ? Un début de piste ? Elle ne pouvait se permettre d'en discuter avec Rick. Une énième fausse-joie, il ne pourrait s'en remettre.

-Babe…Ecris-moi notre histoire. Marque-moi, murmura-t-elle d'une voix sensuelle caressant de son index le pourtour de son visage.

De retour au 12th

Elle y avait pensé tout le long du trajet, encore une fois grâce à Castle. Ce n'était peut-être pas une piste solide voire une piste tout court, mais elle valait la peine d'être vérifiée. Depuis ces nombreuses années de partenariat avec Richard, elle savait que les idées saugrenues de son époux étaient souvent la clef de ses enquêtes et dans ce cas-là, de son enquête. Et sans vouloir se voiler la face, elle n'avait rien d'autre à se mettre sous la dent. Jusque-là, elle avait été incapable de sortir son propre mari de ce maudit centre de détention.

Un gobelet à la main, l'ascenseur désert, Katherine sourit. Non pas que le lieu était rigolo en soit, seulement elle venait de réaliser qu'une nouvelle fois, faire l'amour avec Rick allait peut-être permettre de résoudre une affaire. Il n'était pas rare qu'en pleine nuit après une douce ou torride étreinte avec son homme, la lumière s'éclaire dans son esprit ou qu'un indice la frappe de plein fouet mais cela la surprenait toujours. Comme si son écrivain tournait les pages une à une d'une journée infructueuse et que par la magie d'un lâché prise total, elle y voyait plus clair.

-Gina, décrocha son interlocutrice.

-C'est Beckett.

-Ah ! Cela faisait un petit moment.

-Oui, avec l'incarcération de Rick, je n'ai pas le temps aux futilités.

-J'en conclus que vous avez encore des questions ou des requêtes à me faire ?

-Vous avez tout compris.

-Je vous écoute.

-Avez-vous vu l'augmentation des ventes des livres de Castle ces derniers temps ?

-Quelle question ! S'amusa l'éditrice. La courbe ne cesse de croitre, c'est fantastique.

Cowell était enthousiaste. Normale me direz-vous pour une chargée de parution dans l'une des plus grandes maisons d'édition de la ville où sa devise « Vendre et toujours vendre » se vérifiait aujourd'hui. Chaque fois qu'une main prenait une livre du maître du macabre, c'était de l'argent en plus et de la notoriété à revendre à chaque auteur en devenir. En somme, une carte de visite en or.

-Cela ne dérange en rien Black Pawn ? Rick est en prison…

-Certes mais un auteur controversé dans sa vie personnelle, c'est toujours bon pour les affaires et ne faites pas votre insurgée, les affaires restent les affaires en toute circonstance.

Kate lutta, se fit même violence pour ne pas lui hurler dessus et lui sortir ses quatre vérités. Comment pouvait-on faire passer l'argent et la célébrité avant l'intégrité d'un homme ? Il fallait qu'elle garde son sang-froid quitte à faire des concessions sur son éthique sinon, son plan allait foirer.

-Vous avez raison. De toute manière, ses fans doivent en profiter car à sa sortie, Rick arrêtera d'écrire, lâcha naturellement la jeune femme.

-Pardon ? S'exclama Gina surprise.

-Vous ne le saviez pas ?

-Non, maugréa-t-elle. Pouvez-vous m'expliquer d'où vient cette nouvelle lubie ?

-Nous voulons un enfant alors nous allons tous les deux mettre un terme à nos carrières.

-Je vais demander un parloir, il faut que je parle à Rick ! Ce n'est pas possible ! Ce n'est pas possible !

La lieutenant bluffait mais cela lui confirmait ses doutes. Castle était sa poule aux œufs d'or et peu de chose semblait l'arrêter sur sa quête de popularité. Maintenant à voir, si sa théorie était fondée.

Au même moment à Sing-Sing

Les tringles à rideaux de douche étaient rouillées, oxydées, quasiment en lambeaux, et les portes des toilettes ne fermaient pas toutes. Ce n'étaient toutefois pas ces défauts qui faisaient des douches de la prison un vrai calvaire. C'était l'infection qui interdisait quoi que ce soit d'autre qu'un rapide pipi ou un brossage de dents sommaire et rapide. Les douches collectives n'étaient pas grandes, pas particulièrement propres seulement agrémentées de ces carreaux blancs usés au mur et au sol. Cela faisait maintenant plus de 6 mois que Rick se lavait ici. Crainte, peur, angoisse, ce lieu ne lui inspirait pas confiance. Il ne mettait pas longtemps. Très peu de temps en réalité. Il savait ce qu'il pouvait y arriver. Il en avait déjà été témoin mais les gardes ne prenaient pas la peine d'intervenir. A quoi bon ? Dans le milieu carcérale, ce tabou n'en était plus un, il était rentré dans les codes, les mœurs et personne ne croyait sensé de s'occuper de ce problème, véritable fléau.

Deux fois par semaine, séance de douche obligatoire, où il fallait faire attention au rassemblement des gros durs, tout émoustillés de se retrouver à poil entre garçons, et surtout prenant un malin plaisir à jouer avec les savonnettes.

-Mais c'est Richard Castle.

Rick ne releva pas, sentant que les choses pouvaient déraper d'un moment à l'autre.

-On t'a pris tes mots, l'écrivain !

Répondre ? Se taire ? Discuter ? Il ne savait que faire et se sentait désemparé. Dans tous les cas, il était dans de beaux draps. Il se retourna et vit trois autres hommes, comme lui, nus. Ils l'encerclaient.

-Vous voulez quoi ? De l'argent ? Mon plateau repas ?

-Des propositions intéressantes, non ?

Ses sbires acquiescèrent mais le caïd se reconcentra sur Castle, l'unique objet de ses pensées perverses.

-Dommage pour toi, c'est une toute autre chose qui m'intéresse aujourd'hui.

Rick serra les dents, anticipant, appréhendant la suite des évènements.

-Tu as de la chance, tu es écrivain donc je vais t'épargner le coup de la savonnette.

Richard déglutit difficilement, son heure était venue. Son regard s'attarda à droite, à gauche, en bas, en haut, derrière… Il était foutu, il le sentait. Il pouvait hurler, personne ne viendrait l'aider. Il pouvait tenter de se débattre, seule solution restante.

Il commença donc à longer le mur ne se préoccupant des trois sbires du caïd suivant sa progression à mesure qu'il s'éloignait.

-Tu ne pourras pas t'échapper.

Effectivement, c'était trop tard. Deux des hommes de main du caïd maintenaient ses bras et l'autre une sorte de couteau artisanale, fabriquée d'un bout de stylo et d'une pointe de fourchette aiguisée, au niveau de sa carotide.

-Tu es tout à moi.

Une douleur harassante le foudroya.

La scène se déroula vite… Mais pour l'écrivain, c'était long, extrêmement long. Une larme solitaire perla le long de sa joue, tandis que ses muscles se contractaient, ses mâchoires se serraient… Il sentait son souffle erratique contre son oreille, ses mains sur ses hanches.

Il n'imaginait pas. Son cerveau était déconnecté.

Il ne bougeait pas. Il n'avait pas besoin. Le caïd se chargeait de tout.

Une violente douleur, un gémissement et il sentit que c'était la fin.

-Allez les gars, on se casse. Et merci Castle !

L'écrivain releva la tête, s'appuya contre le mur et se mit à pleurer. Il passa bien une heure, voire deux à se laver, à essuyer les traces de ce connard, sur lui en lui mais rien n'y faisait. Il était sale. A l'intérieur, à l'extérieur, il était sale, crasseux, impure.


Je dois courir vite et loin ? C'est une solution mais je dois dire que j'assume complètement ce chapitre. Je suis prête à lire tous vos commentaires et vos réactions mais pas de gros mots… Restons courtois.

A très vite.