Chapitre 9
Tous se rejoignirent le soir venu dans la grande salle du trône d'Hilda. Lorsque Athéna et ses chevaliers arrivèrent, Hilda, très pâle mais souriante, s'y trouvait entourée de ses guerriers et des soeurs. Visiblement les présentations avaient été faites. Les cinq soeurs semblaient en forme à peine quelques heures après leur réveil. Seules une certaine pâleur similaire à celle d'Hilda et des ecchymoses et coupures sur leurs visages et leurs bras témoignaient du terrible affrontement qui avait eu lieu.
Hilda aperçu Saori et l'invita de suite à ses côtés.
– Entre Saori et viens t'installer à mes côtés. Mime allait nous faire une démonstration de ses talents.
– Oui. Mu m'a fait part de sa requête auprès de ton chevalier et je serai ravie de l'écouter. Il ne tarit pas d'éloges à son sujet.
Mime sembla gêné d'être soudain le centre d'intérêt de l'attention générale. Il préférait de loin être dans le fond de la salle, appuyé contre un mur, un pied replié et jouant de son instrument préféré. Il s'avança néanmoins, prit place au pied de l'estrade et se mit à jouer. Sa mélopée harmonieuse s'éleva et transporta aussitôt tous les chevaliers d'or au Sanctuaire, du temps où Orphée leur jouait de semblables mélodies, tristes ou joyeuses, gaies ou sombres selon son humeur du moment.
Mime commença par une envolée de notes légères et joyeuses évoquant des jours heureux, le printemps, le soleil jouant dans les feuilles des arbres, les fleurs fraîchement coupées et embaumant l'atmosphère du renouveau. Les notes se firent de plus en plus douces tandis qu'il entamait une balade lente et calme. Les accents devenaient plus chaleureux et ardents évoquant le soleil chaud de l'été et le temps des moissons. La musique se modifia sensiblement, jusqu'à devenir lascive et caressante, empreinte de sensualité.
La voix cristalline d'Essylt s'éleva. Elle chanta d'une voix suave et envoûtante l'amour de deux amants qui se retrouvaient après une longue séparation. Elle chantait leurs promesses d'amour et de bonheur à venir, leurs voeux de mariage échangés et scellés par leurs baisers. Plus la musique devenait envoûtante et sensuelle, semblable à un parfum entêtant, plus les paroles de la chanson décrivaient le moment qui rapprochait les deux jeunes mariés de la couche nuptiale.
Tous retenaient leurs souffles tant l'histoire parraissait réellement se dérouler sous leurs yeux. La musique de Mime et la voix chaude d'Essylt se mariaient à la perfection. Soudain, la musique se fit plus brutale, plus heurtée, plus forte. Elle annonçait l'orage, la tempête et les tourments à venir. La séparation était proche. La voix d'Essylt devint frémissante comme une feuille sous le vent alors que ses mots étaient ceux que l'amante prononçait à son chevalier la veille de son départ. La voix grave et mélancolique de Cyd prononçant les paroles du chevalier répondit à celle d'Essylt. La musique se fit de plus en plus triste, les adieux furent déchirants ... leurs voix se turent au même moment où la musique cessa.
Saori applaudit, les yeux embués.
– C'était magnifique ... je n'ai jamais rien entendu de plus beau ... ni de plus triste !
– Je connaissais cette chanson, renchérit Hilda émue. Mais ta musique, Mime, et vos voix l'ont rendue magique ...
– Et si réelle qu'on aurait cru les voir en chair et en os, compléta Freya, les larmes coulant sur ses joues.
Un soupir ému parcourut l'assistance, Cyd leva le menton d'Essylt du bout des doigts vers son visage et l'observa intensément, les yeux mi-clos.
– Je suis votre serviteur, belle demoinselle. Votre voix est splendide.
– Vous n'êtes pas mal non plus, chevalier; une vraie voix de baryton ... peut-être avez-vous manqué votre vocation ?
– Non, répondit-il en lui prenant sa main délicate et en y apposant un baiser léger. Cela m'aurait privé de notre rencontre et de votre présence ici. Mime, peux-tu nous jouer une mélodie pour quelques pas de danse ?
– Bien sûr ... Aurais-tu quelque conquête à charmer ? Ajouta le chevalier blond, feignant l'innocence.
Cyd haussa les épaules avant de se concentrer sur la belle blonde qui avait laissé sa main dans la sienne.
– Puis-je vous inviter à danser ? Etes-vous aussi bonne danseuse que chanteuse ?
Essylt sourit, un air mutin dans ses prunelles bleu pâle.
– Sans aucun doute, chevalier ... Vous verrez que je bouge très bien ... sous réserve que mon cavalier soit bon ...
Mime sourit en suivant l'échange entre les deux charmeurs et entama une danse enjouée.
– Elle chante toujours aussi bien. Un vrai rossignol, commenta Lydwina
– Hmm ... et elle reste une chatte en chaleur ! Maugréa Illyana. Mais quelle belle musique. Ce chevalier est exceptionnellement doué.
– Çà, c'est certain ! Renchérit Myrna.
– Il est effectivement très doué ! ... pour la musique ... pour le reste, çà reste à prouver.
La voix d'Albérich résonnant dans le dos des soeurs les interrompirent. Il était là, un sourire affable sur le visage, mais toujours une lueur maline dans ses prunelles émeraudes.
– Puis-je inviter mon élève pour quelques pas de danse et peut-être faire un peu mieux connaissance ?
Myrna fronça les sourcils mais accepta néanmoins la main tendue vers elle.
– Votre élève ? Disons cela pour aujourd'hui. J'accepte mais ne tentez pas de me faire subir un lavage de cerveau. Çà ne fonctionnera pas sur moi !
– Me voilà prévenu, consentit Albérich, un sourire aux lèvres.
– Eh bien, s'il croit que ce sera simple de l'embobiner, il en sera pour ses frais ! Je crois que notre soeur ne se laissera pas facilement manipuler, observa Illyana, tous sourire.
Une ombre s'était portée dans son dos et la dominait de toute sa hauteur.
– Cela lui fera le plus grand bien ! Commenta la voix calme de Siegfried.
Illyana se retourna brusquement pour se trouver nez à nez avec le grand guerrier d'Asgard. Elle serait tombée de son siège s'il ne l'avait pas rattrappée par le bras.
– Je ne voulais pas vous faire peur, s'excusa-t-il
– Je n'ai pas eu peur ! Juste surprise par votre soudaine apparition ! Lâcha-t-elle irritée. Que voulez-vous ?
Siegfried soupira discrètement, un éclair triste voila brièvement son regard clair.
– Une pause, s'il vous plaît Illyana, juste pour ce soir. Puis-je vous inviter à danser ? Nous reprendrons la guerre Odalwar – Friydland demain ...
Illyana était abasourdie et en perdit momentanément la parole. Lydwina la pinça avant de la pousser dans les bras du guerrier.
– Il ne va pas te manger Illyana, fit-elle exédée. File ! Tu me donnes la migraine !
Siegfried voulut ajouter quelque chose mais Lydwina le devança.
– Ne me remerciez pas ! Elle n'est pas un cadeau, croyez-moi !
– Lydwina ... commença Illyana, menaçante.
Elle ne put finir sa phrase car Siegfried l'entraînait déjà vers la piste de danse. Freya et Hagen, Hilda et Camus ainsi que Saori entraînée par Hyga, qui lui jurait que les pas étaient faciles, rejoignaient les trois couples déjà formés. Mime poussa encore sa musique, jouant de plus en plus rapidement et gaiement.
Milo, Aioros et Aiolia suivaient la scène avec intérêt et allaient bon train en commentaires. Shura et Aphrodite les rejoignirent et le groupe se mit à rire joyeusement tout en se servant généreusement en vin de pays. Fenril et Thor s'approchèrent et happés par la discussion se retrouvèrent bien vite au centre du groupe, un verre à la main. Thor entama aussitôt une chason paillarde du coin.
Mu s'était un peu éloigné de l'agitation joyeuse de la salle et s'était posté silencieusement devant une fenêtre, admirant la lune dont le disque se découpait sur le ciel étoilé, au-dessus de la cime des sapins. Il avait été profondément touché par la musique de Mime et l'histoire triste de ces deux amants. Tout le touchait dans ce pays, çà en devenait presque douloureux. Mais sans doute la fatigue qu'il ressentait exacerbait sa sensibilité.
Une main se posa sur son épaule, le détournant de ses pensées.
– Que t'arrive-t-il mon ami ?
Shaka avait suivi son ami qu'il sentait très perturbé depuis leur entrée en Asgard.
– Souhaites-tu en parler ?
– Je ne sais même pas, lui confia Mu dans un souffle. J'ai tenté de méditer mais je ne suis pas parvenu à la sérénité. Pourtant, j'ai insisté.
– Il faut d'abord faire le point en toi, reconnaître tes propres faiblesses et ne pas te voiler la face. La sérénité viendra dès que tu seras honnête avec toi-même ... et que tu cesseras ce combat perdu d'avance.
– Quel combat ?
Shaka émit un doux rire et reprit d'une voix égale.
– Celui que se livrent ton coeur, ta raison et ton corps. Tu ne parviens plus à la sérénité et à l'apaisement car tu n'es plus en accord avec toi-même. N'insiste pas et plonge en toi-même pour trouver les réponses à tes questions.
Mu se retourna et Shaka fut frappé par ses traits tirés et ses yeux, d'ordinaire si limpides, marqués par la lassitude et la douleur.
– J'ai peur de ce que je pourrais trouver au fond de moi. Pourquoi ne puis-je être comme toi ou Camus ?
De rage, il envoya un coup de poing dans le mur qui s'ébrècha. Shaka fut surpris mais n'en montra rien.
– Mu ... Pourquoi cherches-tu à ressembler à quelqu'un ? Tu es un être humain unique comme nous tous sur Terre.
– Oui, mais vous deux ne souffrez pas ou du moins vous ne le montrez pas. Depuis Hadès, depuis que j'ai revu mon maître, je me sens faible, moins sûr de moi.
– Tu ne l'es pas, lui assura le chevalier blond. Tu as été troublé par tous ces combats et la venue de Sion. Personne ne peut te le reprocher. Camus a souffert, comme nous tous, mais sa défense c'est son masque d'indifférence et d'impassibilité. J'ai également souffert mais j'ai fait la paix avec moi-même suite à mon retour. Mon moyen est la méditation mais ce n'est pas forcément le tien. En fait, conclut-il en ouvrant les yeux et en contemplant son ami, tu te découvres des sentiments que ton corps et ton esprit avaient rejetés après la mort de Sion. Dans ta solitude à Jamir, puis durant nos lourdes batailles, il était plus facile d'ériger des barrières et de se protéger. L'esprit et la raison sont alors maîtres par nécessité.
Il s'interrompit avant de reprendre et observa que Mu l'écoutait avec attention.
– En période de paix, entourés d'amis et de personnes tout simplement heureuses de vivre, il est plus difficile de se blinder. Ton coeur réclame quelque chose dont il a été privé durant tes années d'exil ; l'amour, le besoin des autres, le besoin d'être aimé en retour. Accepte le, Mu, comme un cadeau précieux.
Mu serrait les poings conscient que tout sonnait juste dans les propos de Shaka. En peu de mots, il avait réussi à décrire ce qu'il ressentait sans vouloir l'admettre. En proie à un profond désarroi, il se tourna vers son ami.
– Et toi Shaka ? N'as-tu donc jamais ressenti tout cela ?
Le regard de l'homme le plus proche des dieux se voila légèrement.
– Je suis humain comme tous. Oui, j'ai ressenti ce dilemme, je l'ai vécu ... et j'ai beaucoup appris et mûri après ce passage. Cela m'a encore rapproché de ma foi et de mes convictions et m'a renforcé.
Mu fut profondément surpris et touché de la confidence, car de lui-même le chevalier blond ne parlait que très peu. Shaka se racla la gorge afin de s'éclaircir la voix et poursuivit sur un ton plus neutre.
– Le peuple d'Asgard et ses guerriers sont bien plus humains que nous autres chevaliers d'Athéna. Leur condition de vie extrême et leur croyance en des dieux qui mourront lors d'un ultime combat les rendent bien plus humbles que nous. En période de paix comme aujourd'hui, ils s'amusent, chantent, dansent, boivent comme si c'était leur dernier jour. Cette vision du monde les libère de toutes les contraintes que nous nous créons.
– Ils seraient plus authentiques que nous ?
– Dans un certain sens, oui je crois. Ils sont durs, sensibles, touchants, volontaires.
– Tout ce qui en fait des humains en somme, résuma Mu qui commençait à trouver un début de réponse en lui. A travers toutes ces batailles que nous avons menées contre des dieux puissants et immortels, nous aurions perdu une part d'humanité et de sensibilité.
– La part la plus douce ét légère, oui. Nous avons conservé ce qu'il nous fallait pour vaincre : le sens du sacrifice, l'élévation de nos âmes, la pureté absolue de notre coeur. Nous avons tous atteints des idéaux.
Shaka haussa les épaules et ajouta avec un sourire.
– Seuls les chevaliers de bronze, plus jeunes et tout à fait incomparables dans la force de leurs sentiments sont restés eux-mêmes. Nous, les sages, avons plus de mal à nous ouvrir aux autres. Nous avons été trop habitués à être des guides et non à être guidés.
– Je comprends mieux ... C'est un peu la peur de l'inconnu ...
Mu était plus détendu à présent, son cerveau se remettait à fonctionner normalement et une nouvelle sérénité l'emplissait.
– Je vois que je n'ai pas parlé dans le vide, commenta Shaka. Tu parais apaisé.
– Oui, merci mon ami. Excuse-moi auprès des autres, je vais me reposer. Une rude journée m'attend demain et je préfère être au mieux de ma forme.
Shaka suivit du regard la silhouette longiligne de Mu qui s'éloignait en direction du grand escalier, ses cheveux mauves balayant souplement son dos à chacun de ses pas.
– Votre sagesse est remarquable, chevalier de la Vierge, s'éleva une voix douce dans son dos.
Il se retourna et croisa le regard émeraude de Nelliana, la seule des cinq soeurs qui n'était pas encore apparue dans la journée. Ses longs cheveux blonds prenaient des reflets dorés sous les torches. Elle portait une longue jupe blanche ornée d'un galon noir brodé de motifs runiques mauves. Son corsage noir à longues manches se finissait par des galons mauves rebrodés d'argent et une longue ceinture mauve était nouée à sa taille.
– Vous avez su trouver les mots pour apaiser votre ami et vous avez remarquablement décrit notre peuple. Je n'aurai su trouver mots plus justes.
– Vous écoutiez aux portes ? Sourit Shaka, sûr de la mettre mal à l'aise.
Touchée ! Elle rosit avant de reprendre.
– Non, je vous ai suivie, nia-t-elle en prenant conscience de s'enfoncer d'avantage. Enfin je voulais dire ... enfin vous demander ...
Voilà qu'elle se mettait à bégayer comme une idiote à présent, Shaka avait croisé les bras et incliné la tête, visiblement amusé de son embarras.
– Je voudrais que vous m'initiez à votre art de la méditation, reprit-elle avec courage
– Pourquoi ?
– Pourquoi ? Répéta-t-elle bêtement. Décidémment il devait la trouver bien sotte !
– Vous avez déjà des convictions religieuses et je suis certain que vous vous adonniez déjà à la méditation, bien avant mon arrivée.
– C'est exact. Mais je n'ai jamais eu une facilité aussi grande que la vôtre à la pratiquer. Et depuis ce qui nous est arrivé, je me sens différente. Elle avait passé ses doigts sans s'en apercevoir sur la marque en W de sa nuque. J'ai peur d'éveiller quelque chose qui me dépasserait ...
– De trouver votre cosmos et d'y être confrontée seule ? Compléta Shaka, plus sérieux.
– Oui, avoua-t-elle dans un souffle.
– C'est d'accord, mademoiselle. Je vous guiderais et vous protégerais en cas de besoin ... à une condition, ajouta-t-il. Je voudrais tout connaître de l'histoire des différents peuples d'Asgard. Nous avons peu de détails concernant vos différentes contrées au Sanctuaire.
– C'est entendu, je vous apprendrais, conclut-elle, visiblement soulagée.
Ils entendirent un rire cristallin et des pas qui venaient dans leur direction. Shaka saisit le poignet de Nelliana et l'attira vers lui dans un renfoncement plus sombre. Il avait agit d'instinct, sans même y réfléchir, même s'il n'y avait aucun danger. Elle était plus petite que lui et sa tête lui arrivait juste au menton. Le parfum léger émanant de ses cheveux lui chatouillait agréablement le nez. Il la sentait nerveuse, un peu tendue. Mu avait raison, ce pays avait décidément quelque chose de spécial qui leur montait tous à la tête comme un vin capiteux.
Nelliana, bien loin des pensées de Shaka, tourna la tête et vit Essylt et Cyd débouler, l'un coursant l'autre dans le couloir. Ce dernier réussit à immobiliser la belle contre le mur. Ses prunelles à la couleur si particulière brillaient d'une lueur féline lorsqu'il chuchota quelques mots à l'oreille d'Essylt qui rit de plus belle avant jeter ses bras autour du cou du guerrier. Il l'emprisonna dans ses bras puissants, la soulevant légèrement du sol et l'embrassa fougueusement. Elle lui le rendit avec fièvre et enroula ses jambes autour de sa taille, sa robe fendue de chaque côté dévoila ses jambes nues jusqu'à mi-cuisse. Cyd mit fin au baiser et lui murmura encore quelques mots auxquels elle répondit par un sourire polisson. Il l'enleva dans ses bras et monta rapidement le grand escalier, son précieux fardeau dans les bras.
Le silence retomba dans le couloir. Nelliana était rouge comme une pivoine d'avoir surpris une scène aussi intime. Même si ses trois soeurs ne se formalisaient plus guère du comportement libertin d'Essylt, elle en était toujours aussi gênée. Plus encore aujourd'hui, blottie contre le torse d'un chevalier dont elle pouvait sentir la douce chaleur et qu'elle connaissait à peine.
– Votre soeur semble savoir ce qu'elle veut et comment faire pour y parvenir, commenta Shaka en souriant, brisant le silence.
– Euh oui ... C'est assez habituel pour elle, confirma-t-elle du bout des lèvres en rougissant encore d'avantage. Vous pouvez me lâcher à présent ...
Shaka la lâcha et s'éloigna d'un pas. Sa douce chaleur partie, elle eut un frisson involontaire. Il dut s'en rendre compte car d'un geste fluide il ôta sa cape et en drapa les épaules de la jeune femme.
– Mais, je ... commença-t-elle en bredouillant.
– Vous me la rendrez demain ... ajouta-t-il en levant son visage vers le sien, plongeant dans ses magnifiques prunelles émeraudes. Dormez bien, mademoiselle.
Nelliana resta plantée là, enroulée dans la cape et regarda le chevalier s'éloigner. Quel bel homme, d'une assurance si tranquille !
